Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/439

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bourrache pèsent sur l’estomac, & augmentent souvent l’oppression dans les maladies inflammatoires de la poitrine, plutôt que de la diminuer. On ne sait trop par quel motif les anciens ont placé les fleurs de bourrache au rang des quatre fleurs cordiales. Il est bien prouvé qu’elles n’augmentent ni les forces vitales, ni les forces musculaires ; elles sont fades & sans odeur.

Usages. On prépare avec cette plante un syrop, une conserve, qui n’ont d’autre activité que celle procurée par le sucre. Le syrop ordinaire vaut tout autant. L’eau distillée des fleurs est inutile, & n’a aucune supériorité sur l’eau ordinaire bien pure. On donne le suc exprimé, depuis deux onces jusqu’à trois ; & pour l’animal, deux fortes poignées de feuilles en décoction.


BOURRE. On donne quelquefois ce nom aux poils de certaines plantes, lorsqu’ils sont nombreux, entrelacés les uns dans les autres, & qu’ils forment un tissu épais. (Voyez Poil)

On se sert aussi de ce mot pour exprimer la première sorte de bourgeons des vignes & des arbres fruitiers.

La graine d’anémone porte encore le nom de bourre, à cause du duvet dont elle est enveloppée. M. M.


BOURRELET, Botanique. C’est une excroissance que l’on remarque sur certaines parties des arbres, sur-tout aux greffes & aux boutures, & sur les bords des plaies faites aux arbres ; elles se referment & sont recouvertes peu à peu par le bourrelet. Dans l’arbre comme dans l’homme, il n’y a point de régénération, sinon de l’écorce, & dans celui-ci de la peau. Le muscle emporté, détruit, &c. ne se régénère pas ; la peau seule s’étend, les bords se rapprochent, & la cicatrice se forme. Le bois entaillé, coupé, mutilé, ne végète plus ; l’écorce seule recouvre la plaie : c’est pourquoi on trouve souvent dans un tronc d’arbre, très-sain d’ailleurs, des parties de bois desséchées & ensevelies sous le bourrelet.

Cette production singulière de la végétation mérite toute l’attention d’un cultivateur ; elle lui découvre une grande vérité, l’existence d’une séve descendante, & lui offre en même-tems un procédé sûr & infaillible de réussir dans ses boutures. Rien n’est inutile dans le travail de la nature ; souvent plus elle paroît s’écarter des routes ordinaires qu’elle suit, & plus son opération est admirable. Ici, au premier aspect, on ne voit qu’une difformité, qu’une monstruosité, qu’un écart ; mais observons cette nouvelle production dans son principe, sa formation, son développement, son utilité, & nous cesserons bientôt d’accuser la nature.

Nous pouvons considérer le bourrelet sous trois états différens, ou comme cicatrisant & réparant les plaies des arbres, ou comme donnant naissance à de nouvelles racines à l’extrémité des boutures, ou enfin comme servant de base aux greffes.

I. Du bourrelet des plaies des arbres & des ligatures. L’arbre, comme l’on sait, a toute sa superficie recouverte par l’écorce qui défend le