Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/479

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que la branche ne diffère nullement en ce point du reste de l’arbre.

Si une jeune branche vient à pénétrer & à sortir à travers le tronc, alors les fibres sont forcées de s’écarter pour lui laisser passage, & elles se rapprochent ensuite au-dessus pour reprendre leur première direction droite. Cette déviation des fibres longitudinales, soit dans le tronc, soit dans les grosses branches, produit cette difformité dans les bois que l’on connoît sous le nom de bois rebours.

Les branches se divisent & se subdivisent en d’autres plus petites branches, qui forment entre elles différens angles plus ou moins aigus ou plus ou moins ouverts. Les petites branches suivent à leur tour les mêmes progressions que les grosses, & les mêmes que le tronc.

Comme les boutons croissent dans l’aisselle des feuilles, (voyez Bouton) & que c’est à ces boutons que les branches doivent leur origine, les branches suivent le même ordre, dans leur distribution relative, que les feuilles & les boutons : à la vérité, cette distribution est ordinairement moins sensible dans les grosses branches, qu’elle ne l’est dans les plus petites & dans celles de moyenne grosseur ; plusieurs circonstances, qu’il seroit trop difficile à suivre, influent sur cette variation.

Nous avons cru pouvoir classer tous les boutons en cinq ordres généraux par rapport à leur position relative ; les branches suivent la même division, & ainsi nous avons des branches alternes, des branches à paires croisées ou opposées, des branches verticillées, des branches en quinconce, ou en spirales alongées, & des branches en spirales redoublées. On remarque encore à chaque branche de chaque espèce une disposition assez régulièrement observée ; les unes sont droites, lorsqu’elles forment avec la tige des angles très-aigus ; les autres sont divergentes & étalées, lorsqu’elles forment des angles presque droits. Ici elles croissent serrées & presque adhérentes à la tige ; là elles s’en écartent en formant un peu l’arc, de sorte que leur extrémité est plus basse que leur insertion : plus loin, le saule de Babylone laisse retomber ses branches jusqu’à terre, &c. &c. Que l’on fasse bien attention que nous ne parlons ici que des branches dans leur état naturel, & non pas de celles que la main de l’homme a forcé de prendre telle ou telle direction.

M. Adanson a cru remarquer dans cette disposition des branches, une régularité assez générale, pour pouvoir en faire un systême de botanique. Dans la première classe, il a placé les plantes sans branches ; dans la seconde, les plantes à branches alternes ; dans la troisième, celles à branches opposées ; dans la quatrième celles à branches verticillées ; enfin dans la cinquième, celles dont les branches sont hors des aisselles des feuilles : mais ce caractère est trop peu sensible, sujet à trop de variation, pour en faire la base d’un systême général. (Voyez au mot Botanique, ce qu’il faut penser de ces systêmes.)

Si les branches ont une sorte d’uniformité dans chaque espèce, pour l’insertion & la disposition