Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1784, tome 5.djvu/133

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bonne lune. » C’est l’à propos qui influe & non la bonne lune, soit nouvelle, soit pleine, soit en décours. Cependant les différentes positions où elle se trouve, influent sur l’atmosphère en général. Voyez le mot Almanach où est exposé le système de M. Toaldo, & le mot Lune.

Section II.

De la manière de semer.

Il ne sera pas question ici de semoirs que l’on imagina lorsque l’agriculture étoit un objet de mode en France ; j’en donnerai la description au mot semoir, quoiqu’on les ait relégués sous les hangars, ou du moins que très-peu de personnes en fassent usage. Il s’agit des préparations avant de semer, de la quantité de semences à répandre sur une étendue donnée ; enfin de la manière de la recouvrir.

§. I. Préparations avant de semer.

Si on a labouré dans les temps convenables, si les labours ont été serrés & croisés obliquement, le sol, lors des semailles, doit nécessairement être bien divisé, bien atténué & sans mottes ; en un mot, en état de recevoir le grain qu’on lui confie, à moins que des pluies battantes ou continuées n’ayent durci la superficie du sol, alors c’est le cas de labourer de nouveau, 1°. afin de rendre la terre meuble ; 2°. pour que le germe ne soit pas étouffé par des monceaux de terre ; 3°. afin que la radicule puisse s’enfoncer profondément & la plantule pénétrer avec facilité à travers les molécules terreuses qui la recouvrent ; (voyez ces mots) 4°. enfin, que la terre soit préparée en billons, (voyez ce mot) ou en tables, ou en plein, c’est-à-dire, tout à plat ; ne jamais semer que sur un labour nouvellement fait. Si elle est en billons ou en tables, les rangs à semer sont indiqués ; si elle est à plat, il faut les tracer. À cet effet, le semeur part d’une des extrémités du champ dans le sens qu’il doit semer, fait un certain nombre de pas, y plante un piquet & répète la même opération au tiers, au milieu, aux deux tiers & à l’autre extrémité du champ, suivant sa longueur. Quelquefois il faut plus de piquets & quelquefois il en faut moins. Le semeur, ou un autre homme, traîne après lui une araire légère, destinée uniquement à cette opération, sillonne en travers tout le champ, en suivant les piquets, & sillonne ainsi tout ce qu’il peut semer dans la matinée ou dans la soirée. Ensuite, repartant du dernier piquet planté, il mesure de nouveau ses pas & replante de nouveau ces piquets ; il recommence sans cesse, jusqu’à ce que tout le champ soit tracé.

Dans d’autres endroits, on ne sillonne point les champs & on se contente de placer des bouchons de paille sur un alignement égal, & de les fixer en terre. Je préfère la première méthode, parce que le sillon tracé par la petite araire & en sens contraire de ceux du labourage, fixe beaucoup mieux la vue du semeur sur toute la longueur du champ, & il sème plus également, parce qu’il se trouve, pour ainsi dire dans une espèce d’allée marquée par deux sillons latéraux. Les bouchons de paille tracent l’allée, il est