Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1805, tome 12.djvu/174

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des draines. Au reste, malgré ces voyages de l’espèce en général, il reste, comme je l’ai dit plus haut, en tout temps, en France, une certaine quantité de grives et de draines qui habitent les bois pendant le printemps, et qui se répandent sur les plaines et les champs pendant l’automne et l’hiver : la grive sur-tout se plaît dans les bois peuplés d’érables.

Chasse aux grives. Toutes les espèces de Collets, les Raquettes, les Tendues, les Fossettes, les Pipées, et les Abreuvoirs, (Voyez ces mots) et différentes sortes de filets, sont les écueils où viennent périr, chaque année, une multitude de grives. Les chasseurs adroits se donnent aussi le plaisir de les tirer au fusil. Le collet ou lacet proprement dit, que l’on tend sur les nids mêmes de ces oiseaux, et sur ceux de beaucoup d’autres espèces, est un piège très-meurtrier, moins encore par la quantité d’oiseaux que l’on y prend, que parce que la destruction tombe presque toujours sur les mères, et qu’avec une seule mère périt un grand nombre de rejetons. Aussi ce lacet, ainsi que presque toutes les chasses du printemps, devroient n’être mis en usage que contre les espèces nuisibles, et dont on cherche purement et simplement la destruction : mais, du petit au grand, la cupidité est aveugle, et trahit ses intérêts mêmes, en voulant les porter trop loin. Au reste, ce lacet que d’autres appellent lignette, est fait de deux ou trois crins de cheval. Il ne se serre que par un nœud simple, et non par un nœud coulant, comme les collets proprement dits. On attache près du nid, à quelque branche de l’arbre sur lequel il pose, ou après un arrêt quelconque, une des extrémités du lacet ; on forme sur le reste de sa longueur un nœud simple, ou simple croisé, qu’on réduit à n’être ouvert qu’autant qu’il le faut pour que ce nœud réponde à la circonférence du nid sur les bords duquel on l’étend ; au bout qui excède après ce nœud fait, on attache un bon fil ou une petite corde fine qui se prolonge à une trentaine de pas. À cette distance se place l’oiseleur tenant le fil et se cachant jusqu’à ce qu’il aperçoive que les oiseaux sont dans le nid. C’est alors qu’il tire le fil, et le nœud mobile se serrant, prend très-souvent par le col l’oiseau qui couve, et que l’inquiétude et l’instinct de sa conservation porte à allonger à chaque instant la tête.

Les autres espèces de collets à nœud coulant ou à ressorts, tels que les raquettes, propres à saisir les oiseaux par le col ou par les pattes, ont été amplement décrits à l’article Collets ; le lecteur peut y recourir. Les habitudes et les appétits bien connus des grives devront d’ailleurs le guider dans le placement de ces pièges et le choix de l’appât convenable pour les amorcer. Des collets distribués aux environs des vignes, des aliziers, des genévriers, à la proximité d’une fontaine et d’une mare, doivent arrêter beaucoup de grives vendangeuses et de mauvis. Ces derniers, ainsi que les litornes, se trouvent l’hiver, en assez grandes bandes, dans plusieurs de nos contrées. Ils fréquentent alors les prairies et les endroits frais qui bordent es lisières des bois, dans lesquelles elles se tiennent. C’est le cas d’y multiplier les collets volants, les raquettes et les rejets amorcés de toutes sortes de baies gardées à cet effet. Les genièvres, pouillots, et sorbes, les lentisques, le myrte, le lierre, etc., fournissent de puissantes amorces qui, exposées sur le passage ou aux regards des grives, ne manquent pas de les attirer aux lieux d’où elles ne doivent plus espérer de retour. L’Aviceptologie conseille aux chasseurs peu précautionneux qui n’ont point réservé de fruits pour les chasses de l’ar-