Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1805, tome 12.djvu/214

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tire promptement à mesure qu’ils s’y prennent.

On tend avec fruit des Collets (Voyez ce mot) autour des haies, pour prendre les lapins qui vont butiner, la nuit, dans les jardins et les enclos. Ces collets doivent être de fil de laiton, afin que les lapins qui s’y engagent ne puissent pas les couper avec leurs dents.

Un appeau fait avec un tuyau de paille, une feuille de chiendent ou de chêne vert, une pellicule d’ail, une patte de crabe, sert à attirer les lapins sous le fusil du chasseur. Cette chasse, qui est peu commune en France, mais très-usitée en Espagne, n’a lieu que dans les bois, par un temps doux et lorsque le vent souffle du midi. L’on ne doit piper que rarement et ne donner qu’un seul coup à la fois.

Si l’on veut forcer les lapins à sortir de leurs terriers, on brûle, à l’entrée, de vieux linges soufrés, de sorte que le vent y pousse la fumée ; le lapin fuit à l’autre extrémité, où il se trouve pris dans une poche ou bourse que l’on y a arrangée. Une écrevisse que l’on introduit dans le terrier en chasse aussi, dit-on, les lapins qui y sont logés, et les fait tomber dans les pièges. Mais cette méthode, si elle est sûre, a trop de lenteur pour présenter quelque agrément ou quelque utilité. (S.)


LAVANDIÈRE, (Motacilla alba Lin.), oiseau du genre des hochequeues. (Voyez l’article de la Bergeronnette.)

« La lavandière, dit Belon, cet ancien et judicieux observateur de la nature, tient cette appellation française, pour ce qu’elle est fort familière aux ruisseaux, où elle remue toujours sa queue en hochant le derrière, comme une lavandière qui bat ses drapeaux. » (Nature des oiseaux.) Ce que j’ai dit de la bergeronnette convient à la lavandière, si ce n’est que celle-ci s’approche plus volontiers de nos habitations, et qu’elle se plaît aux bords des eaux vives et courantes. Le plumage diffère aussi dans les deux espèces ; une calote noire et un plastron de la même couleur distinguent la lavandière, qui porte en outre un bandeau blanc, et dont le dessus du corps est d’un gris d’ardoise, et le dessous blanc. Ce sont, du reste, à très peu près, la même élégance dans les formes extérieures, la même empreinte de douceur et d’innocence dans la physionomie, la même vivacité et la même prestesse dans les mouvemens, les mêmes habitudes naturelles, les mêmes services rendus au cultivateur et à ses bestiaux, enfin, les mêmes droits à la reconnoissance de l’homme, et les mêmes persécutions de son industrie ou plutôt de son ingratitude.

Chasse aux lavandières. C’est en automne que ces oiseaux se rassemblent dans les campagnes, et qu’il est plus facile de s’en emparer ; c’est aussi la saison où leur chair plus grasse fait espérer à l’impitoyable chasseur un mets plus délicat. Les lavandières ont tant de disposition à la familiarité, que lorsqu’on les tire au fusil, elles ne fuient pas loin, et reviennent se poser près de leur meurtrier.

Depuis quatre heures du soir jusqu’à l’entrée de la nuit, on se place au bord des eaux, on attire les lavandières avec un appelant de leur espèce, ou, si l’on n’en a pas encore, avec quelque autre petit oiseau, et on les prend avec un filet. Cette chasse se fait communément en Italie.

L’abreuvoir avec des gluaux, des collets, des rejets et des raquettes, est souvent aussi le tombeau des lavandières ; mais il faut le choisir près des habitations. Voyez le mot Abreuvoir. (S.)


LÉGUMES, (conservation des économie domestique. Tandis que le père de famille fait croître en abondance les fruits et les légumes qui couvrent sa table dans la belle saison, la prévoyante ménagère calcule les privations que