Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/139

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heureux évêque Cautin, descendre du ciel sur les ailes des anges ?

— Nous l’avons vu, clerc, nous l’avons vu… ou peu s’en faut.

— Et ce grand miracle nous a frappés tous d’admiration et de frayeur…

— Avez-vous remarqué, mes chers frères en Dieu, l’espèce d’auréole dont était encore entourée la rayonnante face de mon protecteur, à sa descente du paradis ? quelques-uns l’ont vue et la disent éblouissante…

— Moi et mon ami Sigivald, nous avons remarqué quelque chose d’approchant.

— Mais, pour revenir à ces Vagres maudits, ils ont été, avec plusieurs de leurs camarades, morts depuis dans l’ergastule, amenés ici prisonniers parce qu’ils étaient trop gravement blessés pour supporter le voyage de Clermont.

— Et c’est là qu’ils doivent être bientôt conduits pour y être jugés, torturés et suppliciés ; ils sont maintenant en état de supporter voyage, torture et supplice…

— Ah ! que n’ont-ils mille membres à brûler, à tenailler, pour expier la mort de nos compagnons d’armes qu’ils ont tués dans ce combat des gorges d’Allange et dans d’autres batailles !…

— Veux-tu donc, comte, qu’ils soient jugés ici et non à Clermont ?

— Non, non… ils seront jugés à Clermont ; l’évêque Cautin, mon patron, tient à avoir sa part du jugement ; oh ! par l’Aigle terrible ! mon aïeul, qui écorchait vifs ses prisonniers, le Vagre, l’ermite renégat et les deux sorcières seront voués à de terribles supplices ; mais ce n’est point d’eux qu’il s’agit ce soir… En vous parlant des prisonniers de l’ergastule, mes bons leudes, je voulais dire que nous avons là un de mes esclaves domestiques accusé de larcin par l’esclave cuisinier : celui-ci affirme le vol, l’autre le nie, qui des deux ment ? Si, pour connaître la vérité, nous nous amusions, avant de nous aller coucher, à soumettre ces deux renardeaux à l’épreuve de l’eau froide