Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/197

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à l’heure on ne criera plus, on hurlera ! Les leudes de Chram faisaient d’abord la petite bouche, mais à cette heure ils l’ouvrent jusqu’aux oreilles pour rire, boire et manger… Ce sont, après tout, de bons et gais compagnons ; un peu de jalousie de notre part nous avait irrités contre eux ; cette rivalité s’est noyée dans le vin, et tout à l’heure, dans son ivresse, le vieux Bertefred, poussant de monstrueux hoquets, embrassait, en pleurant comme un veau, un des brillants et jeunes guerriers de la suite royale, et l’appelait son fils mignon.

— Ah ! ah ! ah !… la bonne scène…

— Enfin, pour compléter la fête, on dit qu’on vient d’introduire dans le burg un bateleur qui montre un ours et un singe. Neroweg a proposé ce divertissement au roi Chram, et le majordome vient de donner l’ordre de faire entrer l’homme et les bêtes dans la salle du festin ; on est allé les quérir, aux trépignements de joie des convives. Je me hâte de retourner à la maison pour avoir ma part de l’amusement…

— Heureux Sigefrid ! il va voir l’ours et le singe !

— Enfants, je vous le promets, lorsque le roi se sera diverti de ce bateleur, je demanderai au comte qu’on vous envoie de ce côté l’homme et ses bêtes…

— Sigefrid, tu es un bon compagnon !

— Et surtout… veillez bien sur les prisonniers !…

— Sois tranquille, et bois tranquille… Maintenant, à nous le vin, la cervoise, la venaison ! En attendant l’homme, l’ours et le singe, vidons les pots à la santé du bon roi Chram et de Neroweg !




La lampe de fer, accrochée sous la saillie du cintre de l’antique ergastule, éclairait ses abords et les groupes de Franks, qui mangeaient, riaient, buvaient au dehors ; cette lampe éclairant aussi l’en
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