Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 7.djvu/303

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garde la ville, personne ne la défend. — Les croisés sans avoir combattu, se précipitent en tumulte dans les rues de la cité, — dans les maisons. — Il n’y a personne dans les rues de la cité, — il n’y a personne dans les maisons. — Le silence des tombeaux plane sur Carcassonne.

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— Le silence des tombeaux plane sur Carcassonne. — Les croisés fouillent les caves, les greniers, les réduits, — et enfin, ils trouvent çà et là, cachés, -— des blessés infirmes, des malades, des vieillards, — ou des femmes prêtes à mettre au jour un enfant ; — les croisés trouvent aussi des épouses, des filles, des mères, — qui n’ont voulu abandonner un père, un fils, un mari, — trop blessés ou trop vieux pour fuir, — pour fuir à travers les bois, les montagnes, — et là rester errants ou cachés — pendant des jours, pendant des mois. — Fuir ! Ils ont donc fui tous les habitants de Carcassonne !

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Ils ont donc fui tous les habitants de Carcassonne ? — Oui, avertis pendant la nuit du sort du vicomte et des consuls, — redoutant l’extermination dont la ville est menacée, — ils ont tous fui ; — les blessés se traînant, — les femmes emportant leurs petits enfants sur leur dos, — les hommes se chargeant de quelques provisions ; — oui, tous, abandonnant leurs foyers, leurs biens, — ils ont fui par un secret souterrain, — ils ont fui les habitants de Carcassonne.

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— Ils ont fui par un secret souterrain, — les hérétiques de Carcassonne. — Les halliers des forêts, — les cavernes des montagnes seront leur refuge — durant des jours, durant des mois, — et s’ils revoient jamais leur ville, — combien reviendront du fond des bois et des rochers ? — combien auront échappé à la fatigue, — à la misère, aux maladies, à la faim ? — Ils sont partis vingt mille et