Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/155

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n’eusse pas été arrêté par une grosse épingle qui était fichée dans le tablier de cette femme. La tête de l’épingle passa entre ma chemise et la ceinture de ma culotte, et ainsi je fus suspendu en l’air par mon derrière, jusqu’à ce que Glumdalclitch accourût à mon secours.

Une autre fois, un des domestiques, dont la fonction était de remplir mon auge d’eau fraîche de trois jours en trois jours, fut si négligent, qu’il laissa échapper de son eau une grenouille très grosse sans l’apercevoir. La grenouille se tint cachée jusqu’à ce que je fusse dans mon navire ; alors, voyant un endroit pour se reposer, elle y grimpa, et le fit tellement pencher, que je me trouvai obligé de faire le contre-poids de l’autre côté pour l’empêcher de s’enfoncer ; mais je l’obligeai à coups de rames de sauter dehors.

Voici le plus grand péril que je courus dans ce royaume. Glumdalclitch m’avait enfermé au verrou dans son cabinet, étant sortie pour des affaires, ou pour faire une visite. Le temps était très-chaud, et la fenêtre du cabinet était ouverte, aussi bien que les fenêtres et la porte de ma boîte ; pendant que j’étais assis tranquillement et mélancoliquement près de ma table, j’entendis quelque chose entrer dans le cabinet par la fenêtre, et sauter çà et là. Quoique j’en fusse