Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/190

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


l’empêchèrent d’être brisée, et fracassée en tombant.

Oh ! que je souhaitai alors d’être secouru par ma chère Glumdalclitch, dont cet accident subit m’avait tant éloigné ! Je puis dire en vérité qu’au milieu de mes malheurs je plaignais et regrettais ma chère petite maîtresse ; que je pensais au chagrin qu’elle aurait de ma perte et au déplaisir de la reine. Je suis sûr qu’il y a très-peu de voyageurs qui se soient trouvés dans une situation aussi triste que celle où je me trouvai alors, attendant à tout moment de voir ma boîte brisée, ou au moins renversée par le premier coup de vent, et submergée par les vagues ; un carreau de vitre cassé, c’était fait de moi. Il n’y avait rien qui eût pu jusqu’alors conserver ma fenêtre, que des fils de fer assez forts dont elle était munie par dehors contre les accidens qui peuvent arriver en voyageant. Je vis l’eau entrer dans ma boîte par quelques petites fentes, que je tâchai de boucher le mieux que je pus. Hélas ! je n’avais pas la force de lever le toit de ma boîte, ce que j’aurais fait si j’avais pu, et me serais tenu assis dessus, plutôt que de rester enfermé dans une espèce de fond de cale.

Dans cette déplorable situation, j’entendis ou je crus entendre quelque sorte de bruit à