Page:Variétés Tome II.djvu/138

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quent pas ; il a moyen de faire bonne chère et de bien payer. Les tresors luy sont venus en dormant : il a une belle femme et de beaux escus.

— Mais c’est dommage, respondit de la Vollée, qu’il a trouvé le cabinet ouvert, et qu’il n’a pas premier fouillé dans le buffet. Toutefois, si elle a faict ouvrir la serrure, il n’y a remède. L’argent faict tout ; pourveu qu’il ne porte pas les cornes, tout va bien.

Ma femme s’est donné carrière,
Et elle a pris tous ses esbas ;
Elle est une bonne guerrière
Qui ne craint beaucoup les combats.
Encor qu’elle ayt souillé sa gloire,
Je n’en pleureray pas, pourtant ;
Je mets cela hors ma memoire :
C’est assez si j’ay de l’argent.

Une jeune camarde vient faire ses plaintes à monsieur Montrouge de ce qu’elle estoit reduicte à l’extremité. Je voulois (disoit-elle) fournir le poisson au logis de monsieur le president Chevry15 et chez monsieur Feydeau16. J’estois riche si d’aventure le roy


15. V. sur lui une longue note de notre édition des Caquets de l’Accouchee, p. 147.

16. L’un des gros financiers de ce temps-là. Son luxe ordinaire fut cause que, dans la Voix publique au roi, il est un de ceux qu’on désigne aux rigueurs royales (Recueil A–Z ; E, p. 241). Cette famille des Feydeau quitta bientôt la finance et passa dans la robe. (Journal de Marais, Rev. rétrosp. , 30 novembre 1836, p. 189.) Au XVIIe siècle, un