Page:Vie, travaux et doctrine scientifique d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire.djvu/131

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Citons des exemples.

Péron et Lesueur rapportent, en 1803, des Péramèles ; Geoffroy Saint-Hilaire les étudie ; il reconnaît chez eux une combinaison encore inconnue de caractères, et le genre est créé. Voilà la part de l'observation. Mais ce résultat est à peine acquis par elle à la zoologie spéciale, que l'auteur, l'utilisant déjà pour la zoologie générale, rectifie les idées admises sur les rapports naturels des Marsupiaux, et s'élevant plus haut encore, émet cette proposition fondamentale : « La nature ne connaît pas, à proprement parler, de séries continues, ni de chaîne dans une direction unique. » La théorie si récente encore de la multiplicité et du parallélisme des séries n'est-elle pas, en germe, dans cette proposition formulée, il y a quarante-deux ans, en termes si concis et si nets ?[1]

L'exemple inverse nous sera fourni par un autre genre de Marsupiaux, voisin des Péramèles, les Dasyures, genre créé par Geoffroy Saint-Hilaire dans l'un de ses premiers mémoires, et définitivement établi par lui en 1804. Les auteurs qui avaient étudié ces Marsupiaux d'après nature, s'accordaient à les considérer comme de véritables Didelphes. Geoffroy Saint-Hilaire, qui ne les connaissait que

  1. Dès 1796, Geoffroy Saint-Hilaire avait indiqué le parallélisme de la série des Marsupiaux et de la grande série des Mammifères. (Voyez p. 70.)