Page:Xénophon - Œuvres complètes, éd. Talbot, tome 1.djvu/405

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et s’offrent aux traits. Il y en a qui se jettent dans la mer quand ils se voient serrés de près ; d’autres s’élancent dans les rivières ; d’autres perdent haleine et tombent.


CHAPITRE X.


De la chasse au sanglier.


Pour la chasse au sanglier, il faut avoir des chiens indiens, crétois, locriens, laconiens, des rets, des javelots, des épieux et des piéges. Et d’abord, on ne prendra point les premiers chiens venus de cette espèce, si l’on veut qu’ils soient en état de faire tête à cette bête. Les rets sont tissus du même lin que ceux qu’on emploie pour les lièvres ; ils se composent de quarante-cinq cordes à trois fils de quinze brins chacun. Du haut en bas du filet on fait dix nœuds, et la largeur des mailles est d’une petite coudée. Les tirants ont une fois et demie la grosseur des cordes. Aux extrémités des filets sont des anneaux qu’on passe dans les mailles ; le bout des tirants doit sortir à travers les anneaux : il suffit de quinze filets.

Les javelots se font de tout bois ; la pointe en est large, coupante, le manche solide ; les épieux ont un fer de cinq paumes de long. Au travers de la douille on passe des traverses de cuivre et bien fortes. Le manche est de cormier, de l’épaisseur d’une lance. Les piéges sont les mêmes que pour les cerfs. Les chasseurs doivent aller de compagnie ; car c’est à grand’peine que l’on prend cette bête avec beaucoup de monde. Comment on se servira de tout cet appareil de chasse, c’est ce que je vais indiquer.

Et d’abord, quand on est arrivé à l’endroit où l’on présume qu’est la bauge du gibier, on lâche un chien de Laconie, et tenant tous les autres en laisse, on suit l’autre dans ses cernes. Dès que le chien a trouvé la voie, on le suit à la piste avec tout le train. Quantité d’indices désignent la bête aux chasseurs : dans les terres molles, c’est le pas ; dans les fourrés, les branches brisées ; dans les endroits boisés, les coups de boutoir.

Le chien, en quêtant, arrivera presque toujours à un endroit couvert d’arbres : c’est là qu’est le plus souvent le fort du sanglier, ces sortes d’endroits étant chauds en hiver et frais