Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771/Tome 1/101-110

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Fascicules du tome 1
pages 91 à 100

Dictionnaire de Trévoux, 1771
Tome 1, pages 101 à 110

pages 111 à 120


Jésuite, a fait un Poëme en Latin, De Gestu & Voce ; du Geste & de la Voix ; c’est-à-dire, de l’Action. C’est du concert de la voix, de la prononciation, des yeux & des bras, que résulte l’action parfaite de l’Orateur. Riccoboni.

Action, en Poësie, se dit en général de ce qui fait la matière ou le sujet d’un poëme, mais plus particulièrement du principal événement qui fait le sujet d’une pièce de théâtre ou d’un poëme épique. Fabula. Il faut donner de la chaleur à l’action théâtrale. Corn. L’unité d’action est l’une des principales règles du poëme épique ; & les épisodes ajoutés à l’action principale, ne doivent point corrompre cette unité. Le Bos. La durée de l’action pour le poëme épique n’est point fixe, ni déterminée ; mais l’action tragique doit être renfermée dans le temps qu’il faut au soleil pour fournir sa carrière. Id. Le poëme théâtral est d’autant plus parfait, que l’action qui en compose le sujet, comprend moins de temps, pourvû que d’ailleurs elle soit d’une juste grandeur. Ménag. Les anciens Tragiques n’ont pas toujours contraint ou renfermé l’action dans l’espace de douze heures. Id. Racine, exact imitateur des Anciens, a suivi scrupuleusement la netteté, & la simplicité de l’action. La Bruy.

Action, se dit encore par opposition à récit. On dit qu’il y a beaucoup d’action dans une pièce de théâtre, dans un poëme dramatique, quand la plûpart des choses s’y passent en action, & non en récit, & que les événemens, qui donnent de la chaleur à l’action théâtrale, y naissent les uns des autres.

Action, se disoit autrefois d’un discours public, comme est un sermon, une harangue, un plaidoyer. Oratio. Ce Prédicateur, cet Avocat a fait une belle action. Il vieillit en ce sens. Ac. Fr. En parlant de quelques anciens Conciles, on appelle action, ce que, dans les derniers, on a appelé session. Ainsi quand on parle des Conciles d’Ephèse ou de Constantinople, on dit dans la première action du Concile Il fut délibéré, &c.

Action signifie quelquefois, vertu, force d’agir. Virtus, vis. L’aimant perd son action, quand on le laisse longtemps sans être armé.

Action, se dit aussi de ces effets momentanés qui détruisent toute la force d’agir de quelque chose. Ce pétard a fait son action ou son effort en l’air. Une mine éventée n’a plus d’action.

Action. Ce nom se donne quelquefois au Canon de la Messe. Voyez Canon.

Action, se dit aussi en Peinture, de la posture & de la disposition du corps, ou du visage, quand ils marquent quelque passion de l’ame. Habitas, status. Il étoit à genoux en action de suppliant. Il a peint Jupiter avec une action menaçante.

Action. Terme de Manège, Cheval toujours en action, est celui qui mâche son mord, qui jette beaucoup d’écume, & qui par-là se tient la bouche toujours fraîche.

Action, se dit aussi de toutes sortes de procès qu’on intente, soit en matière civile, soit en matière criminelle. En général il n’y a que deux sortes d’actions ; l’une sur la chose, & l’autre contre la personne, d’où résulte une troisième sorte, qui est l’action mixte, laquelle a pour objet la personne & la chose. Une action personnelle, est celle qui attaque seulement la personne : action réelle, celle qui l’attaque à l’égard des fonds qu’elle possède ; comme est l’action hypothécaire, ou en déclaration d’hypothèque : action mixte, celle qui est réelle & personnelle. Les personnelles se divisent en actions civiles, & en actions criminelles, selon qu’un procès est civil ou criminel. Il y a des actions mobiliaires & immobiliaires. Les actions réelles sont de deux sortes ; l’une est l’action possessoire, ou de réintégrande, qui est celle où il s’agit seulement de la possession : l’autre est l’action pétitoire, qui est intentée pour la propriété d’un héritage contre le possesseur ou le détenteur, pour le contraindre à la restitution. Les Jurisconsultes marquent d’ordinaire trois sortes d’actions mixtes : l’action de partage entre cohéritiers ; l’action de partage entre associés qui possèdent quelque chose en commun ; & l’action de bornage entre voisins, pour planter des bornes entre leurs héritages. Mais dans la pratique commune la plupart des actions réelles sont mixtes en même temps, à cause de la restitution des fruits & des intérêts auxquels le détenteur est personnellement obligé. Ainsi une action n’est purement réelle que quand elle s’attache uniquement à la chose, & que le détenteur est quitte en l’abandonnant. Quand il s’agit de servitudes, on distingue deux sortes d’actions, confessoires & négatoires. L’action confessoire, est celle par laquelle un voisin prétend un droit de servitude sur son voisin : & l’action négatoire, celle par laquelle le voisin soutient son héritage franc & libre de toute servitude. Il y a aussi entre l’acheteur & le vendeur une espèce d’action particulière : c’est l’action redhibitoire, par laquelle l’acheteur peut contraindre le vendeur à reprendre une marchandise défectueuse : par exemple, un cheval vicieux. On appelle action en complainte, celle qui est intentée en cas de saisine & de nouvelleté en matière profane, ou simplement complainte en matière bénéficiale. Action de garantie, Action de rapt, de stellionnat. On dit aussi, une action d’injures. On ne donne point d’action de larcin contre une femme, mais seulement l’action pour les choses soustraites. Il ne faut pas se mettre en possession par violence & voies de fait, mais venir par action. Le titre 6 du quatrième Livre des Institutes de Justinien, contient les plus célèbres actions introduites par le Droit Romain, qui sont en grand nombre. On trouve là dans un grand ordre toutes les divisions & subdivisions des actions, & les diverses formules dont se servoient les Romains, dans lesquelles il falloit être si prudent, & se renfermer si précisément, que celui qui y manquoit, étoit déchu de sa prétention au fond. C’est pourquoi la matière des actions est proposée dans les écoles comme un monstre invincible, à cause des obscurités & des difficultés qui s’y rencontrent. En France on ne suit point les formules, ni l’ordre judiciaire des Romains : il n’est pas besoin de qualifier positivement l’action que l’on intente ; il suffit de former la demande, & d’en exposer le sujet. Un défaut de qualification, ou dans la manière, n’annulle pas le droit & l’action du demandeur.

Action, en Jurisprudence signifie aussi un droit qu’on a de poursuivre quelque demande ou prétention en justice. Jus. Il lui a cédé une action sur un tel ; il l’a subrogé en ses droits, noms, raisons & actions.

☞ Ce mot au pluriel signifie aussi quelquefois les dettes actives d’un homme. C’est ainsi qu’on dit que les créanciers d’un marchand le sont saisis de toutes ses actions ; pour dire, qu’ils se sont saisis de toutes ses dettes actives.

Action, signifie aussi une part ou un intérêt que l’on a dans quelque société de commerce, ou dans quelqu’entreprise, pour en partager les profits à proportion de la somme qu’on y a mise. C’est une dette active sur une Compagnie. Telles sont les actions de la Compagnie des Indes. Les actions haussent & baissent suivant les circonstances.

Les actions Françoises sont présentement de trois sortes, savoir ; des actions simples, des actions rentières : & des actions intéressées.

Les actions simples, sont celles qui ont part à tous les profits de la Compagnie, mais qui en doivent aussi supporter toutes les pertes, n’ayant d’autre caution que le seul fonds de la Compagnie des Indes même.

Les actions rentières, sont celles qui ont un profit sûr de deux pour cent, dont sa Majesté s’est rendue garante, ainsi qu’elle l’étoit autrefois des rentes sur la Ville ; mais qui n’ont point de part aux répartitions ou dividendes.

Les Actions intéressées tiennent, pour ainsi dire, le milieu entre les deux ; elles ont deux pour cent de revenu fixe sous la garantie du Roi, comme les Actions rentières, & outre cela elles doivent partager l’excédant du dividende avec les Actions simples. Ces dernières Actions ont été créées en faveur des Communautés Ecclésiastiques, qui pouvoient avoir des remplacemens de deniers à faire.

On dit, Nourrir une Action. C’est payer exactement à leur échéance, les diverses sommes pour lesquelles on a fait sa soumission à la caisse de la Compagnie, suivant qu’il a été réglé par les Arrêts du Conseil, donnés pour la création des nouvelles Actions.

Une Action nourrie, est celle dont tous les payements sont faits, & qui est en droit d’avoir part aux dividendes ou répartitions des profits de la Compagnie. Jusqu’à cet entier & parfait payement, ce n’est pas proprement une Action, mais simplement une soumission. Voyez Soumission.

Fondre des Actions. C’est les vendre & s’en défaire, suivant les besoins que l’on a de fonds.

☞ ACTIONNAIRE. s. m. Celui qui a une ou plusieurs actions dans une Compagnie de commerce, dans une entreprise. Actor, creditor. Les Actionnaires se sont assemblés.

Les Hollandois emploient communément le mot d’Actioniste. Celui d’Actionnaire est adopté chez nous.

ACTIONNER. v. a. Ne se dit qu’en termes de Palais, encore est-il vieux, & signifie, intenter un procès à quelqu’un en matière purement civile. Litem intendere. S’il refuse de me payer, je le ferai Actionner.

ACTIONNÉ, ÉE. part. Il a la signification de son verbe.

ACTIVEMENT. adv. D’une manière active. Il ne se dit qu’en Grammaire. In agendi significatione. Ce verbe se prend activement:c’est-à-dire, dans un sens actif, & marque une action.

☞ ACTIVITÉ. s. f. Dans le sens propre & physique, c’est la puissance d’agir, la faculté Active. Vis agendi, activitas. On dit dans ce sens, que le feu est l’agent qui a le plus d’activité dans la nature. L’activité d’un poison. On appelle sphère d’activité, l’espace qui environne un corps, un agent naturel, & dans lequel son activité est renfermée. Cette sphère s’étend jusqu’à l’endroit où il peut produire quelque effet sensible. Au-delà de ce point, son action ne se fait plus sentir. La sphère d’activité d’un aimant. Voyez Aimant.

Activité, se dit figurément du feu de l’esprit, de la diligence dans le travail, de la promptitude dans l’action. In agendo celeritas. L’activité de son esprit s’étendoit si loin, qu’il y avoit peu de sciences où il n’eût pénétré. Les gens du monde n’ont point d’autre vie que celles des passions qui les animent & qui font toute leur activité. Port-R. La piété a bien moins d’activité & de feu que les passions. La Plac. Le même tempéramment qui donne de la diligence, donne une certaine activité à ceux qui en sont capables, qui les oblige à se faire à eux-mêmes mille affaires difficiles. M. Scud. La modération est la langueur de l’ame, comme l’ambition en est l’activité. Rochef. Dans un jour de bataille son activité' le multiploit, pour ainsi dire, parce qu’il se trouvoit partout. Bourd.

ACTIUM. Promontoire de l’Epire, devenu fameux par la victoire qu’Auguste remporta sur Antoine & Cléopatre à la hauteur de ce Promontoire, & qui décida de l’Empire entre eux. La bataille d’Actium se donna, selon Dion Cassius, le 6 d’Août ; & selon d’autres, le second du même mois, l’année du 4e Consulat d’Auguste, la 30e avant l’Ère Chrétienne, l’an de Rome 723 ou 724. Il y avoit aussi une ville au même endroit nommée Actium, qu’Auguste fit agrandir & embellir, & qu’il nomma Nicopolis; c’est-à-dire, Ville de la Victoire, pour être un monument de celle qui lui assura l’Empire. Servius néanmoins dit que ce fut Ambracia, & il appelle Leucate, & non pas Actium, le Promontoire de l’Epire, vis-à-vis duquel elle étoit située. Une médaille de Tyr, frappée pour Marc-Aurelle porte au revers, Sept. Tyrus metro colonia actia. Et dans l’exergue fraci. M. Vaillant en a inféré que l’on avoit célébré les jeux Actiaques à Tyr en l’honneur d’Apollon. Colon. T. II. p. 72. Une autre Médaille de Tyr, frappée pour Philippe le père, a au revers dans une couronne Actia Kaicapia. Les Actiaques Césariens, ou joués à l’honneur de César. Probablement cela ne signifie autre chose que deux jeux faits sur le rivage, ou au bord de la mer. Il y avoit dans cette ville un temple d’Apollon, qu’Auguste rétablit, & rendit plus magnifique. Aussi voit-on souvent sur le revers des Médailles de ce Prince, un Apollon, avec Act. dans l’exergue. Servius, au même endroit, c’est-a-dire, sur le v. 174 du IIIe Liv. de l’Enéide, dit encore, qu’Auguste bâtit ce Temple, & non pas seulement qu’il le rétablit.

ACTON. Ville d’Angleterre, située à cinq milles de Londres, fameuse par les eaux minérales purgatives.

☞ ACTORES servi. On appeloit ainsi chez les Romains les Esclaves qui étoient les Intendans & les Economes des familles.

ACTORIDES. s. m. pl. C’étoient deux frères, qui s’appeloient ainsi du nom de leur père Actor. Ils étoient fort habiles à conduire des chars : l’un tenoit les rênes, & l’autre le fouet. Il en est parlé dans Pindare, & dans Phérécydes.

ACTRICE. Voyez Acteur.

☞ ACTUEL, ELLE. adj. Ce terme dans l’usage ordinaire, ainsi que dans le style didactique, se prend dans différentes acceptions, & par opposition à diverses choses.

Il est quelquefois synonyme de réel, effectif. Quod est, aut existit reipsa. Payement actuel, payement réel, effectif.

☞ Quelquefois synonyme de present. Etat actuel, maladie actuelle. Monnoie actuelle, qui a présentement cours.

☞ En Physique, on dit, chaleur actuelle, par opposition à la chaleur virtuelle, & ainsi de toutes les autres qualités Physiques. Une force actuelle, qui est réellement en action. Une force virtuelle, qui n’agit pas dans le moment, mais qui a la faculté d’agir. Voyez Virtuel.

☞ En Théologie, grâce actuelle par opposition à grâce habituelle. Voyez Grace. Péché actuel, que l’homme adulte commet par sa propre volonté, par opposition au péché originel, que nous contractons par origine, comme enfans d’Adam. Voyez Originel & Péché.

☞ En Chirurgie, cautère actuel par opposition à potentiel. Voyez Cautère.

ACTUELLEMENT. adv. Présentement, effectivement. Reipsa, reapse. Il l’a payé actuellement en deniers comptans. Il a toujours été à Paris, & il y est encore actuellement. Ces Casuistes indulgens ont déchargé les hommes de l’obligation d’aimer Dieu actuellement. Pasc. Selon quelques-uns, actuellement dans la première & plus ordinaire notion, signifie présentement. Il semble que dans tous les cas où il est employé, c’est la première idée qu’il fait naître, & s’il présente celle de réalité, c’est parce que ces deux idées vont nécessairement ensemble. Au reste, je ne voudrois pas dire avec les nouveaux Vocabulistes : je viens de le payer actuellement ; &, quand ce ne seroit que pour éviter le louche de cette expression, je ne joindrois pas ce mot aux temps d’un verbe qui expriment une action passée.

ACU.

ACUANITE. s. m. & f Nom de secte. Acuanita. Quelques-uns des premiers Manichéens furent ainsi nommés d’un certain Acua, disciple de Manès. Voyez S. Epiphane, Hæres. 66, & M. Fleury.

ACUDIA. s. m. Petit animal des Indes occidentales ; il est fait comme un escargot, un peu plus petit qu’un moineau. Il sert à éclairer pour écrire, peindre & faire d’autres ouvrages pendant la nuit. Il a deux étoiles ou taches lumineuses proche des yeux, & deux autres sous les ailes, qui rendent une grande clarté. Si quelqu’un se frotte la main ou le visage avec quelque humidité qu’il a dans ces étoiles, il paroîtra tout brillant tant que cette humidité durera. Les Indiens s’en servoient pour s’éclairer ; car avant l’arrivée des Castillans, ils ignoroient l’usage des chandelles & des bougies. Herrera.

ACUITZE-HUARIACUA. s. m. Plante considérables des Indes occidentales. Ses feuilles sont semblables à la porelle, & sortent de la racine même. Ses tiges sont rondes & tendres, de la hauteur de 4 à 5 pouces. Au sommet de ses rameaux naissent des petites fleurs d’un blanc tirant sur le rouge, assemblées en rond. Sa racine est ronde, blanche en dedans, jaunâtre en dehors. Cette plante croît dans les climats tempérés, ou peu chauds, & dans les lieux plats & humides. On se sert, principalement en Médecine, de sa racine, qui est d’une nature tempérée, ou un peu plus froide & plus humide que chaude & sèche, & qui est d’un goût doux & agréable. Son suc, ou la liqueur qui en découle, appaise l’ardeur de la fièvre & fortifie le cœur. C’est un contrepoison très-présent & très-sûr. Il résiste aux piqûres venimeuses, principalement à celles du scorpion. Sa racine, surtout, broyée & appliquée en emplâtres, a beaucoup de force. Outre cela, cette plante appaise les douleurs des reins, tempère l’acrimonie des urines, modère les douleurs de poitrine, donne de l’appétit, guérit les tumeurs qui naissent à la gorge ; c’est même un remède contre toutes sortes de maladies, de quelque manière que l’on en use, si l’on en croit Hernandez dans son Histoire des Plantes du Mexique, L. vii. C. 53. d’où ceci est tiré. Cet Auteur dit que cette plante croît chez les Michuacanoix ; qu’on lui donne encore d’autres noms : que quelques uns l’appellent Chipa huacaiztic, à cause de ses qualités froides, & de la blancheur de sa racine ; que d’autres la nomment Huichocataqua. Il ajoute qu’il a encore oui parler d’une autre espèce d’Acuitze-huariacua, que les gens du pays nomment Uquiro, & d’autres Scorsonere ; mais qu’il ne l’a pas vue.

ACUMULO. Bourg du royaume de Naples. Acumulum. Il est dans l’Abruzze Ultérieure, aux confins de la Marche d’Ancone & de l’Ombrie, sur la rivière de Trente, entre la ville d’Ascoli & celle de Riéti.

ACUT. s. m. & adj. Terme d’Imprimerie, qui se dit d’un caractère marqué d’un accent aigu. Littera accentu acuto notata. Un é acut est l’é fermé ou masculin, comme dans le mot probité, qu’on est obligé de marquer ainsi, pour le distinguer de l’e féminin ou de l’e ouvert, qui doit être marqué d’un accent grave, ou d’un circonflexe dans les mots bête, tête, prêt. Les e sont marqués d’un circonflexe, pour avertir que l’e est ouvert, & que la syllabe doit être alongée, parce qu’il y avoit autrefois un s après cet e, qu’on a supprimé ; & dans les mots, Procès, succès, après, on doit mettre un accent grave, pour marquer que l’e est encore ouvert, & que ces mots se doivent prononcer comme s’ils étoient écrits Proçais, sucçais, aprais.

ACUTS. s. m. pl. Ce sont les bouts des forêts & des grands pays de bois. Dict. Économ.

ACUTANGLE. adj. Terme de Géométrie. Il se dit des triangles, dont les trois angles sont aigus. Quand un triangle a les trois angles aigus, il s’appelle acutangle ou Oxygone. Le P. Pardies.

☞ ACUTANGULAIRE. adj. Acutangularis. Nom que l’on donne à une figure de Géométrie, dont les angles sont aigus.

ACZIB. Ancienne ville de la Tribu de Juda. Aczib. Elle étoit près de Céila & de Marésa.

ACZIBA. Voyez Achazie.

ACZU. Ville de la grande Tartarie, située dans le royaume de Tanguth, près du Chlamay, ou Chimol. Quelques Auteurs croient que c’est l’ancienne Auzacia.

ACZUD. Petite ville de la Valaquie. Aczudia. Elle est sur la rivière de Missowo, au midi de la ville de Braislow, & entre celle de Targoviscou & de Torgorod. L’Atlas de Samson nomme cette Ville Aczab & n’en fait qu’un village. Celui de M. Delisle n’en parle point du tout.

ADA.

☞ ADA. Ville de la Turquie Asiastique, sur la route de Constantinople, à Hispanan.

ADAD, ou ADOD. s. m. Adadus. Divinité des Assyriens. Macrobe, qui en a passé au Ch. 18 de son premier Livre, dit que ce nom signifioit, un. Il s’est trompé : un en Assyrien se disoit בדא bhada, & non pas בדד bhadad qui signifioit plutôt aigu. Quelques uns croient que c’étoit un Dieu, & qu’on lui donnoit pour femme Adargatis, ou Athergaris. Selden, de Diis Syr.synt. t. i. prétend qu’Adad étoit le soleil ; que ce nom ne marque mal pas les cris, ou les exhortations, les excitations de gens qui exhortent, celcusma hortantium ; & qu’il pourroit bien avoir du rapport avec les cris des enfans, dans les sacrifices du Moloch. Il dit encore qu’il est différent de Ada, qui est du féminin, & qui pourroit bien être la même Déesse qu’Athergaris, ou Derceto. Quelques-uns ont dit que ce Dieu Adad étoit Adad Roi de Syrie, dont Josephe parle dans le ix. Livre de ses Antiquités, C. 2. où il dit qu’Adad & Azaèl qui lui succéda, après l’avoir étouffé, sont honorés comme des Dieux par les Syriens, surtout à Damas.

ADADA. Ancienne ville de la Terre-Sainte. Adada. Elle étoit dans la partie méridionale de la Tribu de Juda, près des montagnes de Seïr.

ADADREMMON. Ville de la Terre-Sainte. Adadremmon. Elle étoit dans la plaine de Mageddon, entre les villes de Jesraël & de Mageddon. Elle appartenoit à la demi-Tribu de Manassé en deçà du Jourdain. Adricomius prétend que c’est la même qui fut appelée Maximianopolis. Les LXX traduisent Adadremmon par Grenade ; en effet רמון Remmon en Hébreu, signifie une grenade, & saint Jérôme dit que la campagne où cette ville étoit située, étoit plantée de grenadiers.

☞ ADÆQUAT, ou ADEQUAT, ATE. adj. Adæquatus. Terme de Logique, synonyme avec total. L’objet adæquat d’une science est celui qui comprend les deux objets, le matériel & le formel. Voyez ces mots. En Métaphysique on le dit aussi des idées. Idée adæquate, où totale, est la vue de l’esprit occupé d’un objet tout entier, par opposition a partielle ou inadæquate, qui est une vue de l’esprit occupé d’une partie seulement d’un objet.

ADAGE. s. m. Proverbe, sentence populaire, & commune. Adagium. Il n’est en usage qu’en ces phrases. Les Adages d’Erasme. C’est un vieil Adage. Autrement on ne le dit qu’en badinant, ou pour mépriser un ouvrage chargé de vieux proverbes. Ce mot vient de ad & agor, dit Scaliger ; quod agatur ad aliud signandum, parce qu’on en use pour signifie autre chose.

☞ ADAGIO. Adverbe Italien, qui signifie à l’aise, posément. En Musique ce mot écrit à la tête d’un air désigne le plus lent de quatre principaux degrés de mouvement établis dans la musique Italienne.

☞ On le dit comme s. m. du morceau de musique, dont il détermine le mouvement. Jouer un Adagio.

ADAL. s. m. C’est, selon Paracelse, la partie des plantes qui constitue leurs propriétés médicinales, ou, ce qui revient au même, la partie pure & active des plantes ; séparée de la partie impure & terrestre.

ADALBAULD. s. m. Nom propre, Adalbaldus. S. Adalbauld étoit de la race de Dagobert. Chast. 2. Fév.

ADALBERT, ou ADELBERT. s. m. Voyez Albert.

ADALIDE. s. m. Adalis. Les Adalides sont en Espagne des Officiers de Justice pour les troupes. Rodrigue de Tolède, les Loix du Roi Alphonse, & Grégoire Lopez en parlent. Suivant les Loix d’Alphonse, les Adalides sont des Officiers qui sont chargés de conduire les troupes dans leurs marches en temps de guerre, Lopez dit que les Adalides jugent les différens qui arrivent au sujet des courses qu’on fait dans le pays ennemi, du partage du butin, & de la restitution des choses qui se perdent : c’est encore aux Adalides à mettre pendant le jour des sentinelles qui les avertissent de tout.

ADAM. s. m. Adam, æ ; Adamus. Ce nom est purement Hébreu. Dieu lui-même semble en marquer l’origine, Gen. III 19, lorsqu’il dit au premier homme : Vous mangerez votre pain à la sueur de votre corps, jusqu’à ce que vous retourniez à la terre, en Hébreu el haadama ; car c’est d’elle que vous avez été pris. Cependant on varie sur l’étymologie & le sens de ce nom. La plus commune opinion est que ce nom vient de אדמה, Adama, terre, & qu’il signifie terrestre ; de là vient que les Peres Grecs l’interprêtent γήινος ou χοικὸς. D’autres veulent qu’il signifie rouge, du verbe Hébreu אדם, Adam, être rouge, parce que la couleur de l’homme & de sa chair est rougeâtre. D’autres joignent ces deux opinions, & disent qu’Adam signifie, celui qui est pris d’une terre rouge, & qui pour cela est appelé rouge, aussi bien que la terre dont il est formé. Ludolf. Hist. d’Etiop. L. i. C. 15, croit qu’il signifie beau, parfait ; parce qu’en Ethiopien il a cette signification. Un Protestant d’Allemagne, nommé Neuman, prétend que la véritable racine de ce nom est דם, dam, verbe primitif, qui signifie acquiescer, être content, &, répond aux mots Allemands, ruhen, geruen, behuren ; qu’ainsi אדם, Adam, nom dérivé de ce verbe, signifie une chose à laquelle on acquiesce, qui fait plaisir, qui donne du contentement, qui est agréable ; que c’est pour cela qu’on a appelé le rouge, Adam, en Hébreu, comme la couleur qui plaisoit le plus ; & qu’au contraire les Arabes appellent le blanc, Adam, parce que le blanc est la couleur qui leur plait davantage ; que c’est encore pour cela que dans l’Ethiopien, Adam signifie, beau, agréable. Ainsi אדם, Adam, selon cet Auteur, signifie repos, acquiescement ; & la terre a été appelée adama, parce qu’elle est en repos, & que dans la division des élémens elle est allée à l’endroit le plus bas, où elle persiste en repos : Utpotè quæ nihil aliud est nisi quiescens semper athmosphæræ hujus, totiusque universi sedimentum, quod in prima rerum divisione ima petiit, & cui hodie omnia modo debito confirmata acquiescunt. Pour le premier homme, il a été appelé Adam, c’est-à-dire, beau, agréable aux yeux de Dieu, conforme à Dieu, qui acquiesça à cet ouvrage de ses mains, & en fut content ; & parce qu’après l’avoir fait, Dieu se reposa. Mais tout cela n’est qu’une subtilité outrée. L’écriture marque le sens & l’étymologie de ce mot, comme je l’ai dit, Gen. III, 19 & encore II. 7, où elle dit que Dieu forma Adam d’argile, & de l’haadama, c’est-à-dire, de la terre. Car c’est ainsi mot à mot que l’Hébreu s’exprime ; & ce jeu de mots, cette allusion de adam & adama, semble n’être faite que pour nous marquer le sens du nom Adam, & la raison pour laquelle il fut donné au premier homme, Voyez encore S. Paul. Cor.

Les Grecs célèbrent le 4 de février, par une espèce de deuil, & de cérémonies tristes, le bannissement d’Adam & d’Eve du Paradis terrestre ; apparemment parce que c’est le premier jour auquel l’Eglise fasse souvenir les fidèles de la sentence portée contre Adam, en leur mettant de la cendre sur la tête, & leur disant : Souvenez-vous, ô homme ! que vous êtes poussière, & que vous retournerez en poussière. Car le 4e de Février est le jour des Cendres quand Pâque est le 22 Mars. Les mêmes Grecs célèbrent la mémoire d’Adam & d’Eve, & des autres Justes, le Dimanche qui précède la Nativité de N. S. Voyez leurs Ménologes, & Bollandus, Fév. T. i. p. 440.

Adam, dans l’Ecriture, est aussi le nom de l’espèce, & signifie en général ’Homme. Gen. V, 2. Dieu les créa mâle & femelle, & appela leur nom ’Homme. Genev. & Lovan. En Hébreu Adam. Créons l’homme à notre image. Sacy.

Le second Adam, ou le second homme, dans S. Paul, c’est Jésus-Christ. i. Cor. xv, 45. Adam le premier homme a été créé avec une ame vivante, & le second Adam a été rempli d’un esprit vivifiant, v.47. Le premier homme est le terrestre formé de la terre, & le second ’homme est le céleste descendu du Ciel. Port-R.

Quelques Grecs interprètent cabalistiquement le nom Adam, & disent que A, signifie ἀνατολὴ, l’orient ; D, δύσις, le couchant : A, ἄρϰτος, le septentrion : M. μεσημβρία, le midi ; parce qu’il étoit Roi des quatre parties du monde, où qu’il devoit les peupler, & les remplir, ou qu’il étoit un petit monde, μιϰρόκοσμος.

On dit d’un homme d’un naturel heureux, de d’une grande innocence de vie, que c’est un homme en qui Adam n’a point péché, ou qui n’a point péché en Adam, comme s’il n’avoit point participé au péché originel & à ses suites, & qu’il fut dans l’état d’innocence, où étoit Adam avant son péché, & où nous serions s’il ne l’avoir point commis.

On dit proverbialement, qu’un homme n’est pas de la côte d’Adam, pour marquer qu’il est d’une condition médiocre. On dit d’une personne que l’on ne connoit pas, qu’on ne la connoît ni d’Eve, ni d’Adam.

Adam. Le pied d’Adam. Montagne de l’Ile de Ceylan. Mons adami. Elle est dans le royaume de Cande. Les habitans qui prétendent que leur île est le Paradis terrestre, disent qu’il y a sur le haut de cette montagne le vestige du pied d’un homme ; & que c’est Adam qui l’y imprima en montant au Ciel. C’est de-là qu’on lui a donné son nom.

ADAMA. Adama. Les traducteurs de Genève, & les Desmarets prononcent Adma, gardant les voyelles & la prononciation hébraïques. C’est une ville de la Pentapole, proche de Sodome & de Gomorrhe, & qui fut consumée avec elles par le feu que Dieu fit pleuvoir sur ces villes infames. Les limites de Chanaan furent depuis le pays qui est en venant de Sidon à Gerara, jusqu’à Gaza, & jusqu’à ce qu’on entre dans Sodome, dans Gomorrhe, dans Adama, & de Séboin jusqu’à Lésa. Sacy.

ADAMANTÉE. s. f. Adamantæa. Nourrice de Jupiter, qui pendant qu’Ops, mere de ce Dieu, faisoit dévorer par Saturne une pierre en sa place, suspendit le berceau de ce petit enfant à un arbre, afin qu’il ne fût trouvé ni sur terre, ni sur mer ; & qui pour empêcher que les cris ne fussent entendus, rassembla sous l’arbre une troupe d’enfans, à qui elle donna de petits boucliers, sur lesquels elle les faisoit frapper avec de petites lances. Hygin. Fab. 139.

ADAMANTIS. s. f. Nom d’une plante qui croît, selon Pline, dans la Cappadoce & dans l’Arménie. Il lui donne la vertu de terrasser les lions, & de leur ôter leur férocité. Lib. XXIV, ch. 17.

ADAMI. Ancienne ville de la Terre Sainte. Adami. Elle étoit dans la partie orientale de la Tribu de Nephthali, à l’occident du Jourdain, peu éloignée du lac appelé les Eaux de Mérom.

ADAMIENS. s. m. pl. Voyez Adamites.

ADAMIQUE. adj. m. & f. Il se dit d’une espèce de terre. Voyez Terre Adamique. Adamicus, a, um.

ADAMITES. s. m. Ce sont d’anciens hérétiques, qui ont voulu imiter la nudité d’Adam, comme si l’homme avoit été rétabli dans l’état de l’innocence originelle. Adamitæ. Ils assistoient tout nus dans les temples, & se joignoient publiquement avec les femmes. S. Epiphane, S. Augustin & Isidore en font mention. Prodicus fut auteur de la secte des Adamites, au rapport de Théodoret. C’étoit une branche des Basilidiens & des Carpocratiens. Ils enseignoient les mêmes erreurs. Cette secte se renouvella vers le commencement du XV siècle. Leur chef s’appeloit Picard. Il passa de Flandre en Allemagne. Il prétendoit rétablir la loi de la nature, qui, selon lui, consistoit en deux points ; la communauté des femmes, & la nudité. Ces derniers marchoient nus dans les places publiques, au lieu que ceux dont parle S. Epiphane, & qui ne subsistoient plus de son temps, ne se dépouilloient de leurs habits que dans leurs assemblées. Il y a des Adamites, en Angleterre, qui font leurs assemblées de nuit, & qui ont pour devise ce vers latin :

Jura, perjura, secretum prodere noli.
Jure, parjure, & ne découvre point le secret. Jovet. Il y en a aussi en Allemagne qui vont nus, & refusent les habits qu’on leur présente, affectant l’innocence & la sainteté d’Adam. Ils vont errant dans les bois, rapportent le commencement de leur secte à Adam & à Eve, faisant gloire d’être appelés leurs enfans. Quelques-uns disent Adamiens ; Adamites est plus en usage.

☞ ADANE. s. m. En italien Adello, ou Adeno, en latin Attilus. Voyez Attilur.

ADANT, ANTE. adj. Vieux mot. Prosterné. C’est peut-être une corruption du mot Adorant. Il y en avoit plusieurs devant le corps de Notre Seigneur, qui étoit en la nef, tous adans & crians pardon à Dieu. Joinville.

☞ ADAOUS, ADOWS, ou QUAQUA. Peuple d’Afrique, dans la Guinée propre, à l’orient de la rivière de Suero de Costa, qui le sépare de la côte d’or.

ADAPTATION. s. f. Action par laquelle on applique une chose à une autre. Accommodatio. L’Adaptation d’un récipient au chapiteau d’une cornue. On ne le dit guère que dans le dogmatique.

ADAPTER. v. a. Appliquer, ajuster, accommoder une chose à une autre. Accommodare. On s’en sert principalement en Chimie. Adapter un récipient au chapiteau. Appliquer & ajuster seroient tout aussi bons.

Adapter, se dit encore pour appliquer un mot, un passage à une personne, à un sujet. Ce vers de Virgile lui a été bien adapté. Cette comparaison est ingénieuse, mais elle est mal adaptée. Ce mot vient du Latin, & est composé de ad & aptare.

Adapter, en Architecture, c’est ajuster une saillie, ou un ornement à quelque corps d’ouvrage de maçonnerie, de menuiserie, &c. On adapte un panier de fleurs à un chapiteau.

ADAPTÉ, ÉE. part. Accommodatus.

ADAR. s. m. Adar. Dernier mois, ou dernière lunaison de l’année hébraïque, ou juive, comme il est dit dans Esther xvi. 20. Ce nom ne se trouve point avant ce temps-là dans les Livres de l’Ecriture ; les Juifs l’avoient pris des Babyloniens. Les Hébreux d’abord ne donnèrent point de noms à leurs mois : ils disoient, le premier, le second, le troisième mois, &c. comme on le voit dans les Livres de Moyse, & dans beaucoup d’autres endroits. Dans la suite, quand ils eurent plus de commerce avec leurs voisins, ils empruntèrent d’eux les noms des mois. C’est dans l’histoire de Salomon, III. Reg. vi. i. 38, que nous trouvons pour la première fois des noms propres de mois. Ce Prince introduisit bien des coutumes étrangères ; il paroît même que l’usage ne s’en établit pas encore trop bien ; car nous n’en trouvons qu’en ce seul endroit, & deux seulement, Zio, & Bul. Mais pendant la captivité de Babylone, les Juifs prirent des Chaldéens les noms des mois, & nous en trouvons plus communément depuis ce temps-là. C’est de là que vint celui d’Adar. Comme les Juifs avoient le cycle de 19 ans, & un mois intercalaire de temps en temps, il y avoit ces années là deux mois Adar. Le premier Adar étoit de 30 jours ; le second n’en avoit que 29. Les années communes, ou non intercalaires, Adar n’avoit encore que 29 jours. Les années du cycle de 19 ans, qui avoient deux Adar, étoient la 3e, la 6e, la 8e, la 11e, la 17e, & la 19e. Voyez le Calendrier hébraïque de Munster, & celui qu’a donné Bartholocci dans la Biblioth. Rabbin. T. II. p. 302 & suiv.

Adar, étoit aussi une ville de la tribu de Juda, dans le midi de cette tribu, en tirant vers l’Idumée. On trouve aussi Addar. C’est la même chose.

ADARCE. s. f. Ecume salée qui s’amasse dans les marais pendant la sécheresse. Adarca & Adarce. Cette drogue est séche, & tellement chaude, qu’elle a une vertu caustique. L’Adarce est âcre : on se sert de adarce pour les dartres ; on mêle l’Adarce avec de la graisse.

ADARE. Ville d’Irlande. Adara. Elle est sur la rivière du Mage, dans le Comté de Limérick, qui fait partie de la Momonie.

ADARGATIS, ou ADERGATIS, ou ATERGATIS. s. f. Divinité des Syriens, dont ils faisoient la femme du Dieu Adad, & que Selden, de Diis Syriis Syntagm. II. C. 2, croit avoir été le même que le Dieu Dagon, dont les Européens, par corruption, ont fait Adirdaga, Atergatis, Adergatis, Dercéto ; & même Argatis, qui se trouve dans Tertullien. adv. Nation. L. II. C. 8. Dans ce sentiment il faut dire que Adargatis s’est formé de Adar, grand, magnifique, & de Dagon.

ADARIGE. Quelques Chimistes donnent ce nom au sel Ammoniac. Harris.

ADARME. s. m. Poids qui est environ la seizième partie de l’once parisienne. Cet Adarme est le même que le demi-gros. C’est un petit poids d’Espagne dont on se sert aussi à Buenos-Aires, & dans toute l’Amérique Espagnole. L’once de Madrid est moins forte que celle de France en cette proportion, que cent onces de Madrid n’en font que 96 de Paris. Enfin, l’once d’Espagne est d’un septième pour cent moins forte que celle de Paris.

ADARSA. Ville ancienne de la Tribu d’Ephraïm, dans la Terre-Sainte. Adarsa. Le premier Livre des Machabées, qui au ch. VII. v. 40, la nomme Adarsa, l’appelle Adazer au v. 41.

☞ ADASTAN. Ville d’Asie, sur les frontières de la Bithynie, suivant Davity & Thevet.

ADATAIS, ou ADATIS. s. m. Toile de coton, ou mousseline, venant des Indes orientales. Les plus beaux Adatis se font à Bengale. Ils sont très-fins & très-clairs ; chaque pièce a dix aunes de longueur, & trois quarts d’aune de large.

ADAZER. Voyez ADARSA.

ADD.

ADDA. Rivière d’Italie. Abduo, Addua. Elle prend sa source au mont Braulio, sur les confins du Tirol, & du pays des Grisons, coule dans la Valteline, traverse le lac de Cumes, baigne Bormio, Lodi, & se jette dans le Pô, au-dessus de Crémone.

ADDAD. s. m. Nom que les Arabes donnent à une racine d’herbe fort amère, qui se trouve en Numidie, & par toute l’Afrique, & qui est si vénéneuse, que 30 ou 40 gouttes d’eau distillées de cette racine, sont capables de faire mourir une personne en une heure. Ablanc. Trad. de Marmol, L. VII, C.i

ADDAR. Voyez Adar.

☞ ADDITION. s. f. Accessio, Adjectio. Ce mot qui vient du latin Addere, ajouter, signifie ce qui est ajouté à une chose. Par l’Addition, on joint des choses différentes, ou si elles sont de la même espèce, on les joint de façon qu’elles ne sont pas confondues ensemble, & qu’on les distingue encore l’une de l’autre après qu’elles sont jointes. ☞ Faire des Additions, de longues Additions à un livre. La plupart des Auteurs qui font réimprimer leurs livres, y font faire des Additions & des Supplémens. Ils font souvent des Additions superflues, au lieu de retrancher l’inutile.

☞ Faire des Additions à un livre, disent les Vocabulistes, c’est augmenter ce livre, c’est y ajouter de nouvelles idées, de nouveaux faits, ou c’est simplement donner plus d’étendue, plus de développement aux choses contenues dans ce livre. Cela n’est ni exact, ni vrai. Augmenter une chose, dit M. l’Abbé Girard, c’est la rendre plus grande & plus abondante, par une Addition faite de façon que ce qu’on y joint, se confonde, & ne fasse plus avec elle qu’une seule & même chose ; ou que du moins le tout ensemble ne soit considéré après la jonction que sous une idée identique. Ainsi augmenter un livre, c’est y fondre de nouvelles idées qui développent ou étendent les premières, ensorte que les unes & les autres se trouvent confondues, & ne fassent plus ensemble qu’une même chose. L’Addition au contraire est composée de parties connues & déterminées, très-souvent différentes des choses auxquelles on les joint, & qu’on peut toujours distinguer après leur jonction, si elles sont de même nature.

☞ Les Imprimeurs appellent aussi Additions, les petites notes, les explications qui se mettent a la marge, ou au bas d’une page imprimée.

Addition, en termes d’Arithmétique & d’Algèbre, est la première des quatre règles fondamentales de ces sciences : elle fait trouver la somme totale que composent plusieurs nombres, ou quantités particulièrement ajoutées ensemble. Additio. On arrange ces nombres les uns sous les autres ; ensorte que les nombres simples soient sous les nombres simples, les dixaines sous les dixaines ; ce qui forme plusieurs colonnes. On commence à compter par la dernière colonne, de haut est bas. Si les nombres de cette colonne étant assemblés n’excèdent point le nombre de 9, il faut marquer sous cette ligne, dans le rang de la même colonne, le nombre que vous avez trouvé. S’ils excèdent le nombre de 9, il faut marquer sous la même colonne le nombre qui excède, & retenir l’autre pour transporter à la colonne suivante, & le joindre avec ceux de cette colonne, comme étant de même valeur. Roh. Le nombre qui résulte de l’addition, de l’assemblage de ces nombres, s’appelle la somme.

Exemples d’additions Arithmétiques.
16 34 756 5789 9356
72 68 382 3452 13700
88 102 568 7898 78250
1706 3257 97662
20396 15628
298496

Si les nombres sont de différentes dénominations, par exemple, de livres, de sous & de deniers, il faut ajouter ensemble tous ceux d’une même dénomination, en commençant par la plus basse ; & si après l’addition il y en a assez pour faire un nombre d’une dénomination plus haute ; par exemple, assez de deniers pour faire un, ou plusieurs sous, il faut les ajouter aux chiffres de cette dénomination ; c’est-à-dire, aux sous, & ne retenir pour les deniers que les nombres qui ne montent pas jusqu’à douze, & ne peuvent par conséquent faire un sou ; & ainsi des sous par rapport aux livres.

Exemple.

135l 12s 8d
95 11 2
234 14 7

9, 2, & 8, font 19 : deniers. Dans 19 il y a une fois douze, qui fait 1 sou, plus 7 deniers. Il faut marquer 7 d. & retenir 1 s. pour le joindre à la colonne suivante, qui sont des sous. Ainsi 1 & 5 & 1 & 7 font 14. Je mets 4 & retiens 1 pour la colonne des dixaines 1 & 1 & 1 font trois dixaines de sous, ou 30 s. Dans 30 s. il y a une fois 20 s. qui font une livre, plus 10 s. J’écris 1 dans la colonne des dixaines de sous, & je retiens 1 pour la colonne des livres ; & je continue l’addition des livres, selon les règles précédentes.

En Algèbre, l’addition se fait, en joignant ensemble les quantités proposées, & conservant leurs propres marques. La marque de l’addition en Algèbre est +, que l’on suppose toujours appartenir à la quantité qui suit. Ainsi il vous voulez ajouter 2a à trois a, la somme sera 2a + 3a ; c’est-à-dire, 2a, plus 3a ou 5a. Ou si vous ajoutez a + 2b à c + bb La somme sera a + 2b + c + bb

Pour faire plus aisément l’addition en Algèbre, voici les règles qu’il faut observer.

1° Quand on veut additionner des quantités entières simples & semblables, il faut joindre en une somme tous les nombres, & joindre à cette somme les lettres par lesquelles une de ces quantités est exprimée. Par exemple.

-b
-2b
fait -3b
Et
+bcd
+2bcd
+4bcd
fait 7bcd
Et
-36dc
-4dc
La somme est -40dc


Quand deux quantités simples & semblables ont deux nombres égaux devant elles, mais des signes ou des marques différentes ; c’est-à-dire, que l’une a la marque de l’addition + & l’autre la marque de la soustraction - alors la somme est 0.

Ainsi +3a -bb
Ainsi -3a +bb
fait 00 fait 00
Et
+7dcc
-7dcc
fait 00

La raison en est manifeste, parce qu’une quantité qui a devant soi un signe négatif, est directement contraire à une égale quantité, qui aura devant soi un signe affirmatif. Ainsi elle la détruit entièrement. Si un homme a 10 l. dans sa cassette, & qu’il vienne à s’endetter de 10 livres ; c’est-à dire, si vous ajoutez à ce qui est dans la cassette - 10 l. moins dix livres, il ne reste rien. Ainsi c’est une règle générale en Algèbre, que ajouter - c’est la même chose qu’ôter + ; & ôter - c’est la même chose qu’ajouter + ; & ôter + c’est la même chose qu’ajouter -.

3° Si l’on propose des quantités simples & semblables, mais qui aient des signes différens, & des nombres inégaux, ôtez le plus petit nombre du plus grand ; & ajoutez au nombre qui reste la lettre, ou les lettres qui avoient ces deux nombres, & mettez devant ce même reste la marque du plus, d’où vous avez fait la soustraction. Ainsi

+3a -8b
-a Et +2b
+2a -6b

On en voit la raison par ce qui a été dit dans la règle précédente

4° Quand il faut additionner plusieurs quantités simples & semblables, mais qui ont des signes différens, faites une addition des quantités affirmatives, & une autre des quantités négatives ; faites ensuite l’addition de ces deux sommes, selon la troisième régle que nous venons de donner. La somme de cette dernière addition sera celle que vous cherchez. Par exemple.

-7a
}
-10a
-3a
+5a +14a
+9a
Somme +4a

Avec un peu de réflexion sur ces régles, on peut aisément faire l’addition des quantités composées. Ainsi

+3ee +7bb
}
-ee -2bb +3ee +7bb +4ff
+ff +3ff -ee -2bb
La somme +2ee +5bb +4ff. Harris.

La preuve de l’addition est la soustraction ; c’est-à-dire, que pour s’assurer que l’addition a été bien faite, il faut soustraire de la somme qu’on a trouvée par l’addition ; tous les nombres qu’on a additionnés, les soustraire, dis-je, les uns après les autres. Ainsi pour prouver que 756, 382, & 568 additionnés ensemble font 1706.

De 1706
Il faut soustraire 568
Il reste 1138
De 1138
Je soustrais 382
Il reste 756
De 756
Je soustrais 756
Il reste 000

L’addition a donc été bien faite.

De même en Algèbre. De a + b + c
Je soustrais a + b + c

Il reste a + b + c
D’où je soustrais a + b

Il reste a a
Je soustrais a a

Il reste a 0

Addition d’aunage. On appelle Addition d’aunage, celle qui se fait du nombre d’aunes que contiennent plusieurs pièces de marchandises d’une même espèce, pour en connoître le total. Voyez Bordereau.

On dit en termes de Palais, Additions premières, secondes, troisièmes : ce sont les nouvelles écritures qu’on donne après avoir fourni de défenses & de répliques. Les additions sont défendues par l’ordonnance de 1667. On dit aussi, informer par addition, quand on informe après qu’une première information est close & décrétée. ☞ A l’effet de constater davantage un fait dont la preuve n’étoit pas complète par l’enquête ou information précédemment faite.

ADDITIONNER. v. a. Terme d’Arithmétique. Addere. ☞ Mettre plusieurs nombres ensemble, les ajouter pour en savoir le total ; pour n’en faire qu’un nombre.

☞ ADDITIONNÉ, ÉE. part. Additus. Nombres additionnés. Sommes additionnées.

ADDOMESTIQUER. Voyez Adomestiquer.

ADDONNER, s’est dit autrefois pour Diriger, tourner vers un côté. Convertere. Addonner ses pas d’un côté plutôt que d’un autre.

Mais Dieu ce bien ne m’ha donné,
Que votre chemin addonné
Se soit ici.

Marot.

ADDUCTEUR. adj. Souvent employé substantivement. Est une épithète que les Médecins donnent au troisième muscle des yeux, qui les fait mouvoir du côté du nez, comme les menant de ce côté-là. On l’appelle aussi Buveur parce que c’est un mouvement qu’on fait d’ordinaire en buvant. On le dit aussi des muscles qui sont dans le pouce, & dans les autres parties du corps, qui font mouvoir en dedans les parties auxquelles ils sont attachés. Ce mot vient du Latin adducere, amener. Le second muscle de l’index est l’adducteur. Il prend son origine à la partie antérieure du premier os du pouce, & se va insérer au premier os du doigt indice, qu’il approche du pouce. Dionis. Il y a aussi des adducteurs, des jambes, & des orteils des pieds. L’adducteur du second orteil du pied est son troisième muscle, qui s’appelle encore Tenard. Id. ☞ Les fonctions des Adducteurs sont opposées à celles des Abducteurs.

ADDUCTION. s. f. Adductio. Terme d’Anatomie, qui exprime l’action par laquelle certains muscles qu’on nomme Adducteurs font mouvoir en dedans les parties auxquelles ils sont attachés. Voyez l’article précédent.

ADDULAM. Voyez Odollam.

ADDUS. Ville de la Terre-Sainte, que les Septante & Josephe appellent Adida. Elle étoit sur une montagne, au milieu de la tribu d’Ephraïm. On la nomme aussi Adiada. I. Machab. II. 38.

ADE.

☞ ADÉA. Nom d’un royaume imaginaire de la côte d’Ajan, dans l’Ethiopie supérieure.

ADEL. Ville, royaume & rivière de l’Ethiopie, en Afrique. Le royaume d’Adel est sur la côte d’Ajan. Adelium, ou Adelanum regnum. La ville d’Adel est sa capitale. Adelum, ou Adela. La rivière d’Adel arrose ce royaume, & baigne la ville d’Adel. Adelius fluvius.

ADÉLAÏDE. s. f. Adelaïs. Nom propre. On a dit aussi Adélaïs, & par contraction, ou par corruption, Alix, car Alix est la même chose qu’Adélais ; ce qui paroît, parce que quelques femmes qui ont porté ce nom, sont appelées Adélaïs, ou Alix ; comme Adélaïs, ou Alix, femme d’Hugues Capet ; Adélaïs, ou Alix, femme de Raoul, Roi de Bourgogne au Xe siècle ; Adélaïs, ou Alix, fille du Roi Robert, & femme de Richard II. Duc de Normandie, dans l’onzième siècle. Dans le même siècle Alix, ou Adele, Comtesse de Crépi, ou de Valois, mere d’Alix, qui porta ses terres à Hugues le grand, fils d’Henri I, &c. On trouve quelque-fois Adelheis & Adelis. De-là s’est fait Adlis, puis Alis, que l’on trouve en effet pour Alix. & M. Chastelain dit dans ses notes sur le Martyrologe, 5 Février, qu’à Cologne le petit peuple au lieu de sainte Adélaïs la nomme sainte Alez.

ADELARD. Voyez ALLARD.

☞ ADELBERG. Adelberga, ou Mons Nobilis. Petite ville d’Allemagne dans le Duché de Wirtemberg, dans une presqu’ile que forment les deux sources d’une petite rivière.

ADELBERT. s. m. Adelbertus. Nom propre. Voyez Albert.

ADÉLITES. s. m. & plur. Adelitæ. Les Espagnols appellent ainsi certains peuples qui font profession de deviner les choses futures, par le vol ou le chant des oiseaux, par la rencontre des bêtes sauvages, & autres moyens semblables. Ils les appellent encore Almoganens. Les Adélites conservent parmi eux des livres de cette prétendue science. C’est ce qu’en rapporte Valla, I. I. Histor.

ADEMAR, ADIMAR, ou ADHEMAR. Ademarus, Adimarus, Adhemarus. Noms propres d’hommes & de familles, qui sont tous trois la même chose.

ADEMPTION. s. f. Terme de Jurisprudence. Révocation d’un privilége, d’une donation ou autre chose semblable Ademptio. L’ademption d’un legs peut être ou expresse, ou tacite. Elle est expresse, si le testateur déclare formellement qu’il révoque ce qu’il avoit légué ; & tacite, lorsque le testateur ne révoque qu’indirectement le legs.

ADEN. Aden, Adena, Adenium. Ville de l’Arabie heureuse, & non pas de la haute Ethiopie. Cornelius l’a dit dans le Marmol François. Aden est un port de mer célébre, depuis sur-tout que les Portugais ont détruit Adel, dont tout le commerce a passé à Aden. Marmol. Aden est dans une presqu’ile de la côte méridionale, vis-à-vis du cap de Guadarfui. Les Portugais assiégerent inutilement Aden en 1513. Les Turcs la prirent en 1538. Maty. Ce nom est Arabe, le même qu’Eden en Hébreu, dont il vient originairement. Il signifie un lieu délicieux. On l’a donné dans l’Orient à plusieurs lieux différens, à cause de leur beauté, de même que le nom de Baulieu en notre langue ; עדן La montagne d’Aden qui a des mines d’argent, est dans le royaume de Fez. La ville d’Aden, capitale du royaume d’Aden, est dans l’Arabie heureuse, & appartient au Prince de la Mecque. Elle porte ce nom à juste titre ; car on dit qu’elle est une des plus belles & des plus délicieuses du pays. Tel est ce port célébre nommé Adana, ou Aden, si fréquenté depuis plusieurs siècles, qui pour avoir été le lieu le plus délicieux d’une région très-délicieuse, je veux dire de l’Arabie heureuse, a été nommé lui-même l’Arabie heureuse, comme renfermant en soi toutes les beautés de cette contrée ; quoiqu’outre cet Adana il y en eût encore une autre méditerranée dans le même pays, portant le même nom que la première, & pour la même raison. Huet.

ADENA, ou ADANA. Aujourd’hui Malmistra. Ville archiépiscopale de Cilicie, dans l’Anatolie. Un fleuve nommé Géhon, c’est le Pyramus des Anciens, passe par la ville d’Adana. Huet. Le nom Adana est le même que celui d’Eden. Id. & que celui d’Aden.

ADÉNÉRER. v. a. Vieux terme de Pratique & de Coutume, dont on se servoit dans les licitations, pour dire, mettre à prix. Pretium statuere.

☞ ADÉNOGRAPHIE. s. f. Description des Glandes. Voyez son étymologie au mot Adénologie.

☞ ADÉNOÏDES. adj. plur. Glanduleux, Glandiformes. Epithète que l’on donne aux Prostates.

ADÉNOIS, OISE. s. m. & f. Qui est d’Aden. Adenensis, e. Aden, l’une des plus fortes villes de l’Arabie heureuse, est située au pied d’une haute montagne qui aboutit à la mer par une longue & étroite pointe de terre. Ce poste est fort propre pour fermer le passage des Indes aux Turcs & aux Sarrasins, qui y vont par la mer rouge, & de-là vient qu’Albuquerque le Grand voulut l’occuper l’an 1513 ; mais la résistance vigoureuse des Adénois le contraignit de lever le siége. Bouh. Xav. L. IV.

ADÉNOLOGIE. s. f. C’est une partie de l’Anatomie, qui traite des glandes. Ce mot est Grec, composé de ἀδὴν, ένος, glande, & de λόγος, discours.

☞ AOÉNOPHARYNGIEN. adj. pris subst. En Anatomie. Nom d’une paire de muscles formés par un paquet de fibres qui se détache de la glande Thyroïde, & s’unit de chaque côté avec le Thyropharyngien. Vinslow.

ADÉNOS. s. m. Coton qui vient d’Alep. Dict. de l’Ort.

ADENT. s. m. Terme de charpenterie & de menuiserie, qui se dit de certaines entailles ou emboîtures qui se font en forme de dents, pour mieux lier & assembler des pièces de bois, ou des tenons dans des mortoises. Assemblage en adent.

ADENTER. v. a. Adenter un vaisseau, c’est mettre son orifice en bas & le fond en haut. Ce terme est populaire. On adente les vaisseaux, de peur qu’il n’y tombe quelque chose de malpropre.

ADÉODAT. s. m. Adeodatus. Nom, ou surnom qu’on a donné à plusieurs hommes, & qui est formé du Latin, & signifie, Donné de Dieu, ou, comme on a dit en François, Dieu-donné, ou de Dieu-donné. Le Pape Adéodat fut élu en 671, après Vitalien. Philippe-Auguste & Louis XIV ont été surnommés Adéodat.

ADÉONE. s. f. Adeona. Déesse à laquelle les Romains se recommandoient quand ils alloient quelque part, comme témoigne S. Augustin dans la Cité de Dieu, L. IV. C.22. Ils se recommandoient à la Déesse Abeone, quand ils se mettoient en voyage pour s’en aller. On voit par-là que les Vocabulistes ont tort de dire qu’Adéone & Abéone sont la même chose.

Ce mot a été formé du verbe Adco, je vais ; j’entre.

ADÉPHAGE. s. f. Déesse de la gourmandise, à laquelle les Siciliens rendirent un culte religieux. Ils lui avoient élevé un temple, dans lequel sa statue se trouvoit auprès de celle de Cérès. Ἅδη pour ἡδυ, volupté, φαγεῖν, manger.

☞ ADEPHAGUS. adj. Surnom d’Hercule ; c’est-à-dire, Hercule le vorace.

ADEPTE. s. m. Adeptus. Les Adeptes. Nom de certains Alchimistes, qui prétendent avoir trouvé le secret de la transmutation des métaux, ou la pierre philosophale. Harr.

Ce nom vient du participe adeptus, du verbe latin adipiscor, qui signifie, trouver, acquérir, parce qu’ils prétendent avoir trouvé le grand secret de la transformation des métaux. Ces Alchimistes disent qu’il y a toujours douze Adeptes, qui sont remplacés par d’autres, lorsqu’il plaît à quelqu’un de la fraternité de mourir, ou de se transporter lui-même quelque part où il puisse faire usage de son or ; car dans ce mauvais monde-ci, disent-ils, il ne leur procure pas une chemise. Harr. La folie des Alchimistes est, dit on, de trouver le grand-œuvre dans les Livres Saints. M. M. de la Monnerie n’a pas manqué de prêter leur langage au Prophète-Roi, dans les endroits de ses Odes sacrées qu’il a jugées favorables à l’Alchimie, & d’y joindre une glose fort étrange. Je ne sais si quelque Adepte a porté la singularité plus loin. Observat. sur les Ecrits mod. tom. 21, p. 175. Dans la recherche du grand-œuvre on a un langage tout particulier pour les adeptes & les enfans de l’art, & un autre pour les prophanes. Bayle.

M. Rousseau, dans sa huitième Epître, nomme Adeptes, les Auteurs du Théâtre qui veulent se singulariser en s’écartant des règles ordinaires.

A nos Auteurs, ce n’est point entre nous,
L’esprit qui manque, ils en ont presque tous ;
Mais je voudrais, dans ces nouveaux Adeptes,
Voir une humeur moins rétive aux préceptes.

☞ On peut appeler Adepte, quiconque est initié dans les mystères d’une secte, d’une science, quoique ce nom convienne particulièrement aux Alchimistes.

☞ ADEQUAT.Voyez Adæquat.

ADER. Voyez la Tour d’Ader ; car c’est une erreur de prendre Ader seul pour tout le nom de ce lieu, & de dire qu’il signifie la Tour du troupeau ; car Ader signifie seulement Troupeau.

ADERBORGH. Ville de la Poméranie Royale, en Allemagne. Aderborna. Elle est sur l’Oder au-dessous de Stétin.

ADERBOURG. Ville d’Allemagne. Aderburgum. Elle est sur l’Oder, dans la moyenne Marche de Brandebourg. Zeiler nomme indistinctement ces deux villes Aderberg.

☞ ADERSLEBEN. Ville de la principauté de Halberstadt, sur la rivière de Salke.

ADÉS, ou ADEZ. Vieux mot, qui veut dire, selon Pasquier, incontinent, maintenant, alors. Dans les poësies du Roi de Navarre, il signifie, tellement, entièrement.

Et tout adés en regardant.

Rom. De la Rose.

Adés sera précédé à la requête du diligent. Boutiller.

ADESER. Vieux v. a. Il vient du Latin adesse, aller au secours de quelqu’un, l’aider, le panser.

ADESSÉNAIRES. s. m. & f. Adessenarii. Hérétiques qui croient que Jésus-Christ est dans l’Eucharistie, mais dans un sens différent de celui des Catholiques Romains. Les Adessénaires sont de quatre différentes opinions sur cela. Les uns soutiennent qu’il faut dire que le corps de Jésus-Christ est au pain, les autres qu’il est à l’entour du pain ; les autres qu’il est avec le pain ; & les autres enfin, qu’il est sous le pain. Les Adessénaires, comme il paroît par-là, sont ceux qu’on appelle autrement Impanateurs. Adessénaire, est un nom forgé par Pratéole. Il vient du verbe latin adesse, adsum. Je suis présent. Mais il n’a jamais été dans l’usage ordinaire, & nulle secte ne l’a porté. Quelques-uns de nos Auteurs s’en servent néanmoins, comme Jovet & le Dictionnaire Historique.

ADEXTRÉ, ÉE, adj. Terme de blason, qui se dit des pièces qui se mettent au côté dextre de l’Écu ; comme au contraire, ce qui se mer au côté sénestre se dit senestré. Habens ad dexteram, ad sinistram. On le dit aussi, lorsque l’on blasonne la partie droite de l’Ecu, & qu’elle est d’un émail différent de la gauche.

On dit encore d’un pal, ou autre pièce, qui a, par exemple, un lion à sa droite, qu’il est adextré de ce lion.

ADEXTRE. adj. m. & f. Vieux mot. Adroit. Dexter, a, um. Callidus. Marot a dit dans l’épitaphe d’un joueur de farces.

Il fut en son jeu si adextre
Qu’à le voir on le pensoit être
Yvrogne quand il s’y prenoit,
Ou badin, s’il l’entreprenoit.

Il se prend aussi pour agréable, bien composé. Dexter, jucundus, benè compositus.

Serait-ce point votre port tant adextre ? Marot.

ADGIAMI-OGLAN. Voyez ADAMOGLAN.

ADH.

ADHASTA. Bourg du Bergamasque, autrefois ville de Lombardie, appelée Juvenatium.

ADHATODA. s. m. Noyer de Malabar. Ses feuilles croissent opposées les unes aux autres. Le calice de la fleur est oblong, & composé d’une seule pièce oblongue : la fleur est divisée en deux lèvres. L’ovaire se change en un fruit d’une écorce ligneuse partagée en deux cellules, qui contiennent chacune une semence aplatie en forme de cœur. Dict. de James.

☞ ADHÉRENCE. s. f. Vient du Latin adhærere qui signifie être attaché à quelque chose. Ainsi dans le sens propre & littéral, ce mot présente l’idée d’union, de jonction. Adhærentia, adhæsio.

En Physique on s’en sert pour désigner l’état de deux corps qui tiennent ensemble, de façon que ces deux corps paroissent n’en faire plus qu’un ; ou bien l’état des parties d’un corps entre elles, qui sont contiguës ou engagées les unes avec les autres ; d’où il résulte que ce corps s’attache facilement à ceux qu’il touche.

☞ Musschenbroek & beaucoup d’autres Physiciens attribuent l’adhérence des parties des corps principalement à leur attraction mutuelle. Voyez Adhérent.

☞ On dit à peu-près dans le même sens, en Médecine & en Anatomie, l’adhérence de la peau, l’adhérence des poumons aux côtés ; l’adhérence de la pierre à la vessie. Les poumons sont quelquefois attachés à la plèvre & au diaphragme, par des ligamens fibreux. La cause de cette adhérence embarrasse les Anatomistes. Dionis.

Adhérence, au figuré. Adhæsio, désigne l’attachement à un parti, à un sentiment, qu’un peu de complaisance nous fait approuver. Son adhérence au parti des rebelles l’a rendu coupable. L’adhérence d’un amant aux caprices de sa maîtresse, le rend ridicule. Les nouveaux Vocabulistes ne donnent qu’un sens odieux à ce mot, en le définissant d’après le Dict. de l’Acad. Fr. Attachement à un mauvais parti. Quoique cela soit généralement vrai, ce sens odieux n’entre point dans l’idée du mot adhérence qui désigne seulement un attachement à une chose bonne ou mauvaise, mais qui provient de la complaisance. Au reste ce mot n’est pas d’un usage bien fréquent.

ADHÉRENCE, en Peinture. Voyez Adhérent.

☞ ADHÉRENT, ENTE. adj. Adhærens. Dans le sens propre & littéral signifie, ce qui est uni, attaché à une chose, ce qui y tient de quelque manière que ce soit. Les dents sont adhérentes aux gencives, la pierre à la vessie, les branches au tronc.

☞ Dans le grand Vocabulaire, on nous donne encore ce mot comme synonyme de contigu. Cette maison est adhérente à la mienne. Je ne voudrois pas m’en servir sur la parole de ces Auteurs.

Adhérent, se dit en physique de deux corps qui sont tellement attachés l’un à l’autre, qu’il est difficile de les séparer. Deux surfaces bien polies, après un léger frottement, sont tellement adhérentes, qu’il faut souvent les plus grands efforts pour les séparer.

☞ On le dit aussi des corps qui s’attachent & tiennent à ceux qu’ils touchent. Les parties de l’air, de l’eau &c. sont adhérentes aux autres corps.

☞ On le dit aussi des parties des corps qui sont unies, engagées, embarrassées les unes dans les autres. C’est ainsi que l’on dit que les parties de l’air, de l’eau, &c. sont adhérentes entre elles. On dit que les parties des corps sont adhérentes entre elles, si fortement unies, qu’elles résistent à leur division. Plusieurs Physiciens cherchent la cause de cette adhérence dans l’attraction mutuelle des parties.

Adhérent, attaché, annexé. Adhærens, inhærens. Une chose est adhérente à une autre par l’union que la nature a produite, ou par celle que le tissu & la continuité ont mise entre elles. Elle est attachée par des liens arbitraires, mais qui la fixent dans la place où l’on veut qu’elle demeure. Elle est annexée par un effet de la volonté, & une loi d’institution, & cette sorte de réunion est morale.

☞ Les branches sont adhérentes au tronc, & la statue l’est à son piédestal, lorsque le tout est fondu d’un seul jet : mais les voiles sont attachées au mât, les tapisseries aux murs. Certains bénéfices & emplois sont annexés à d’autres. M. Diderot.

Adhérent, en Peinture, se dit des parties d’un tableau qui ne sont pas assez saillantes, qui ne paroissent pas assez détachées de la toile. Les plis de ces draperies sont trop adhérens, trop collés à la toile.

☞ ADHÉRENT. s. m. Terme de Jurisprudence, se dit au figuré de ceux qui suivent un même parti, qui sont du même sentiment, de la même opinion. Studiosus. Tous les adhérens d’Antoine furent déclarés ennemis du Sénat. Ablanc. On a excommunié cet hérétique avec ses fauteurs & adhérens. Ce mot ne se prend point nécessairement en mauvaise part, comme complice ; il a d’ailleurs une signification moins étendue, & ne s’emploie guère que dans les cas de crime d’état, rébellion, trahison &c. Voyez Complice & Fauteur.

Quelques Auteurs écrivent adhérant, ante, comme étant participe du verbe adhérer. La peau est plus adhérante à l’homme qu’à certains animaux, ce qui fait qu’ils la meuvent plus aisément. Dionis. La chaux ne vaut rien quand elle est éteinte en certaines eaux ; au lieu que d’autres la rendent beaucoup plus liée, plus forte & plus adhérante. Le P. le Comte.

☞ ADHÉRER. v. n. Être joint, attaché à quelque chose Adhærere. Il est peu usité au propre. On dit que le poumon adhère aux côtes, la pierre à la vessie. Encore dit-on plus souvent être adhérent.

Adhérer, au figuré, signifie être attaché au parti, au sentiment de quelqu’un, autoriser ce qui est fait & conclu par d’autres, en s’y joignant. Studere, studiosum esse. Il adhère à tout ce que vous dites. Pourquoi poussez-vous la complaisance jusqu’à adhérer à toutes ses fantaisies ? On ne prend point de part aux choses auxquelles on ne veut pas adhérer.

☞ M. l’Abbé Girard caractérise ainsi les mots consentir, acquiescer, adhérer, tomber d’accord, que l’on confond souvent. Nous consentons à ce que les autres veulent, en l’agréant & en le permettant. Nous acquiescons à ce qu’on nous propose, en l’acceptant & en nous y conformant. Nous adhérons à ce qui est fait & conclu par les autres, en l’autorisant & en nous y joignant. Nous tombons d’accord de ce qu’on nous dit, en l’avouant & en l’approuvant.

☞ Les parens consentent à l’établissement de leurs enfans. Les parties acquiescent au jugement d’un arbitre. Les amans adhérent aux caprices de leurs maîtresses. Les bonnes-gens tombent d’accord de tout.

Consentir, paroît emporter un peu de supériorité ; acquiescer, un peu de soumission ; adhérer, un peu de complaisance ; tomber d’accord, un peu d’aversion pour la dispute.

Adhérer, se dit aussi en termes de Pratique, & signifie, confirmer un premier acte par un subséquent. Interjeter une appellation nouvelle, en adhérant à la première. La Cour adhérant aux conclusions du Procureur-Général.

☞ ADHÉSION. s. f. Adhæsio. En Physique est la même chose qu’adhérence. Voyez ce mot.

Adhésion, en Logique. Adhæsio. Les Scholastiques, & nommément S. Bonaventure, distinguent deux certitudes : l’une de spéculation, qui naît de l’évidence de la chose ; & l’autre d’adhésion, qui nait, non pas de l’évidence, mais de l’importance de la chose, & de l’intérêt qu’on y a. Ainsi la volonté adhère fortement à la vérité, à cause de l’intérêt qu’elle a à la croire. C’est là ce que les Scholastiques appellent certitude d’adhésion. Voyez Certitude.

Adhésion, se prend encore au figuré simplement pour le consentement qu’on donne à une chose, & dans lequel on persiste. Dans ce sens, il se dit principalement d’un acte par lequel une puissance adhère à un traité qui lui est proposé. Par son adhésion au traité. Acte d’adhésion. Acad.

☞ On le dit dans le même sens de l’acte par lequel on autorise ce qui a été fait & conclu par d’autres, en se joignant à eux. C’est ainsi qu’on dit que les Evêques ont donné, & que plusieurs ont refusé leur adhésion aux actes de la dernière assemblée du Clergé.

☞ On nous donne encore dans le grand Vocabulaire ce mot comme synonyme d’attachement. L’adhésion de Cicéron au parti de Pompée manqua de lui être funeste. Pourquoi ne pas dire tout uniment l’attachement de Cicéron ? Il paroît au reste qu’adhésion dit quelque chose de plus que ce qu’on lui fait dire ici, & présente l’idée d’un attachement constant, persévérant.

AD HONORES. Cette expression latine, adoptée dans notre langue, se dit de ceux qui sont décorés d’un titre sans en faire les fonctions, ou sans en avoir les appointemens. Il signifie encore pour garder le décorum ; pour observer les loix de la bienséance. Madame Deshoulières, en faisant sentir dans une balade les inconvéniens qu’il y a d’épouser une belle femme qui n’est pas riche, dit avec esprit :

Tendresse alors est en bref terminée,
S’il en paroît, ce n’est qu’ad honores.
Par maints grands clercs l’affaire examinée,
L’amour languit sans Bacchus & Cérès.

Etant dans le carosse de M, le Cardinal de Retz, & passant sur le pont-neuf, je mis la tête hors de la portière, comme pour regarder quelle heure il étoit, M. le Cardinal me dit, c’est ad honores : il avoit raison, car je ne vois que de près. Menagiana. Dans la Comédie du bal de Regnard, Sotancour ayant appris l’attachement de Léonore pour Valère, déclare nettement qu’il ne veut point être époux ad honores.

ADI.

ADIABÈNE. Adiabene. Contrée d’Asie toute entière à l’orient du Tigre, & non entre le Tigre & l’Euphrate, comme l’a prétendu Etienne le Géographe, & après lui Suidas qui disent qu’elle s’appelle aussi Messène, Μεσσήνη, parce qu’elle étoit entre ces deux fleuves, Voyez Messene. Pline met l’Adiabène au-delà de l’Arménie ; & dit au Liv. VI, Chap. 9, qu’elle est entourée de montagnes d’un côté, & du Tigre de l’autre. Pinet, son traducteur, au lieu d’Adiabène, dit la région du Diarbeck, ou Mosul. Pline ne dit point que l’Adiabène fut une partie de l’Assyrie ; mais l’Assyrie elle-même, qui avoit changé de nom. Voyez L. V. C. 12. Ammien Marcellin en dit autant, L. XXIII. C. VI. Ainsi les Dictionnaires, qui disent que c’est une contrée de l’ancienne Assyrie, se trompent. Et quoique Pline, L. VI, C. 13, dise, Adiabene Assyriorum initium, cela ne signifie pas que ce n’est qu’une partie de l’Assyrie ; mais que ce n’est qu’une partie de l’empire des Assyriens qui commença par-là ; & à quoi ils ajoutèrent ensuite bien d’autres provinces ; & par conséquent que c’est là proprement l’Assyrie. Dans le sens étroit, l’Assyrie étoit une province assez bornée, dont Ninive étoit la capitale ; & c’est cette province qui a depuis été nommée Adiabène. Huet. Les Grecs ont dérivé ce nom de ἀδιάβατος, qui signifie inaccessible ; & ils ont cru qu’elle avoit ce nom à cause des fleuves dont elle est toute entrecoupée. Ammien Marcellin prétend avec plus d’apparence, que ce nom vient du fleuve Diava, qui est celui que les Grecs appellent Lycus ; car Deva ou Diava, est la même chose en Chaldéen que Lycus en Grec, & veut dire Loup. de Diava, en y ajoutant l’article ha, on fait Hadiaba, & ensuite Hadiabène. les Juifs l’appellent Hadiab ; ainsi ce nom signifie la même chose que Lycie, ou région des Loups.

ADIABÉNIEN, ENNE. Adiabenus. Homme d’Adiabène, habitant de l’Adiabène, ainsi appellé dans des temps postérieurs. Tigrane étant sorti de l’Arménie, étoit entré dans les terres des Adiabéniens, qui est une nation limitrophe. De Harlay.

ADJACENT, ENTE. adj. Contigu, situé auprès, ou très-proche. Adjacens, continens atque adjunctum. Il a le gouvernement d’une telle province, & des îles adjacentes. Ce mot vient du Latin ad & jacere. On ne s’en sert guère que dans la Pratique.

En Géométrie, on dit qu’un angle est adjacent à un autre angle, quand l’un est immédiatement contigu à l’autre, de sorte que les deux angles ont un côté commun, & on le dit plus particulièrement encore, lorsque les deux autres côtés forment une même ligne droite.

ADIANTE. s. m. Adiantum. Plante, qui est une espèce des cinq capillaires. Elle croit ordinairement autour des puits ; les Espagnols l’appellent Sargasso; ils donnent le même nom à une herbe, dont toute la mer est couverte au Cap Vert, & aux îles de Cuba & d’Hispaniola. Ce mot est composé de la particule privative α & du verbe διαίνω, humesco, Je deviens humide, ou, je suis mouillé. Ainsi on la nomme Adiantum, parce que lorsqu’on verse de l’eau sur ses feuilles, elles paroissent toujours sèches, & ne se mouillent point. Voyez Capillaire.

ADIAPHORE. s. m. Adiaphorus. C’est-à-dire, indifférent. C’est le nom que M. Boyle donne à une espèce d’esprit qu’il tiroit du tartre par distillation, & de quelques autres corps végétaux, & qui n’étoit ni acide, ni vineux, ni urineux. Voici comment il le fait. Premièrement on distille dans une retorte des copeaux de buis, de gayac, ou de quelqu’autre bois pesant : ensuite on rectifie la liqueur aigre en la séparant du flegme ; après cela on jette une quantité de poudre de corail, &c. dans l’esprit aigre, qui le dissout incontinent, & les parties acides du menstrue s’unissent de telle manière avec le corail, qu’il reste une partie de la liqueur, qui n’est nullement de la nature des acides ; mais qui, lorsqu’on en a doucement tiré le corail, a une odeur forte, & quelque acidité, qui est en toute manière différente de presque tous les autres esprits ordinaires.

ADIAPHORISTE. s. m. & f. Adiaphorista. Ce nom est originairement Grec, & a été formé d’ἀδιάφορος, indifférent. On l’a donné dans le XVIe siècle aux Luthériens mitigés, qui suivoient les sentimens de Mélanchthon, & ensuite à ceux qui souscrivirent à l’Intérim de Charles V. On pourroit encore appeler Adiaphoristes ceux qu’on nomme encore aujourd’hui en Allemagne Indifférentistes. Indifferentistæ. Voyez ce mot. M. Jovet écrit Adiaphorite. Les Adiaphorites, ou Indifférens, reçoivent tantôt une sorte de cérémonie, tantôt une autre, selon le cours du monde. Jovet.

☞ ADIAZZO, ADIAZZE, ou AJAZZO. Ville de l’île de Corse, sur la côte occidentale, au midi du Golfe de même nom.

ADJECTIF. adj. Souvent employé substantivement. Terme de Grammaire. C’est un nom qui est toujours joint avec un substantif exprimé, ou sous-entendu, pour en marquer la manière d’être ; c’est-à-dire, les accidens ou les qualités ; ou, suivant les principes généraux & raisonnés de la Grammaire Françoise, c’est un nom qui exprime un objet vague, considéré comme revêtu de quelque qualité. Ainsi quand on prononce le mot grand, on veut parler d’une chose, quelle qu’elle puisse être, qui a la qualité de grandeur. Adjectivum nomen. Le P. Buffier, dans sa Grammaire Françoise, définit autrement l’adjectif, & prend les choses d’une manière nouvelle & différente du commun des Grammairiens. Les noms, selon lui, sont substantifs, quand les objets qu’ils désignent, sont considérés simplement en eux-mêmes, & sans rapport à leurs qualités. Ils sont dits au contraire noms adjectifs, quand ils désignent la qualité d’un objet. Ainsi quand je dis simplement le cœur, ce mot cœur, est dit nom substantif, parce qu’on n’exprime aucune de ses qualités : mais si je dis, le cœur généreux, ou le cœur perfide, ces noms généreux, & perfide, sont dits adjectifs, parce qu’ils ajoutent une qualité à l’objet. Ainsi, selon cet Auteur, les adjectifs ne sont que des modificatifs ; & les Grammairiens auroient mieux fait connoître la nature de ces noms, s’ils les avoient considérés sous cette qualité. En effet, dit le P. Buffier dans ses principes, la nature du nom adjectif étant d’exprimer la qualité d’un objet si cette qualité est l’objet même dont on parle, alors ce sera un nom substantif. Si je dis, un principe vrai, ce mot vrai, est ici adjectif, mais si je dis, le vrai est toujours agréable, il est évident que vrai est ici le sujet dont je parle, autant que si je disois, la vérité est toujours agréable; & par conséquent vrai est, dans cet endroit, nom substantif. Souvent aussi, selon le P. Buffier, le nom qu’on nomme substantif, devient adjectif. Par exemple, on demande si le nom Roi est substantif ou adjectif. Il est l’un & l’autre, selon l’emploi qu’on en fait. Dans cette phrase : Le Roi est un modèle pour ses Sujets, le mot Roi est substantif. Dans cette autre phrase : Un Prince vainqueur & Roi, comme Alexandre, le mot Roi est adjectif, aussi-bien que le mot vainqueur. Au reste, dans ce nouveau plan de Grammaire, tous les noms, qui d’eux-mêmes sont adjectifs, ne sont pas censés tels dans l’usage commun de la Grammaire, qui dépend en ce point, comme en une infinité d’autres, d’un usage arbitraire ; car elle n’appelle ordinairement adjectifs que ceux qui sans changer, ou presque changer, se joignent indifféremment à des noms substantifs de divers genres.