L’Encyclopédie/1re édition/SEMENCE

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SEMENCE, s. f. dans l’économie animale, humeur épaisse, blanche & visqueuse, dont la secrétion se fait dans les testicules, & qui est destinée au grand œuvre de la génération. Voyez Génération.

La semence qui a séjourné long-tems dans les testicules & dans les vésicules séminales, est plus épaisse que toutes les humeurs du corps. Il n’en est donc point dont la préparation se fasse avec tant de lenteur, dont le cours soit retardé par tant de détours, ou qui soit tenue si long-tems en repos. A moins de violer les lois de la nature & de s’épuiser, il n’est point d’humeur dont elle semble si avare. Toutes les liqueurs une fois séparées vont droit aux parties qui en font l’excrétion ; mais par quel long détour la semence y parvient-elle, & quel chemin n’a-t-elle pas à parcourir dans le testicule & son réseau, dans l’épididyme, dans le canal déférent, dans les vésicules, &c. Nous ne savons pas encore pourquoi la nature s’est servie d’un sang urineux, & qui sort presque des reins même, pour faire la semence, & pourquoi elle a placé les vésicules si proches de la vessie.

La plupart des physiciens admettent les animaux spermatiques ; & la dispute tant agitée entre Hartsoëker & Leuwenhoëk, pour savoir lequel des deux étoit l’inventeur de cette découverte, a confirmé cette expérience. Boerrhaave pria le véritable inventeur Leuwenhoëk de dire en quel lieu il découvroit d’abord, à la faveur de ses excellens microscopes, les animalcules dont il s’agit, & dans quel autre lieu on cessoit de les appercevoir. La somme de ces observations a été que le sang, le serum, l’urine, la liqueur des ventricules du cerveau, les liquides de la matrice & de la vessie, ne contenoient aucun de ces petits insectes ; mais qu’il y en avoit dans le liquide des interstices celluleux du testicule, dans le conduit Higmore, dans tout le testicule, dans tout l’épididyme, dans tout le canal déférent, dans les vésicules séminales, & dans la semence expulsée dans le coït de l’homme & des animaux. Nous ne savons pas ce qui a fait naître ces animalcules, ni pourquoi les alimens en fourniroient là plutôt qu’ailleurs.

Prenez un peu de semence délayée dans de l’eau tiede, mettez-la sur un petit morceau de tuile, & sous le plus petit microscope qui ait le plus proche foyer, alors vous verrez ces animaux vivans, se mouvoir comme des anguilles, oblongs, ayant la tête un peu grosse, & nageant dans une liqueur qui n’en contient point ; de sorte que la semence est composée de deux parties ; 1°. d’animaux qui survivent assez long-tems à leur sujet ; 2°. d’une humeur douce, visqueuse, qui se meut à peine. La liqueur des prostates ne contient point d’animalcules, ni le sperme des femmes, ni le liquide des ovaires ; la principale utilité du testicule consiste donc dans la génération.

La semence entre dans les trompes mêmes, & de-là n’a pas loin pour aller se rendre à l’ovaire. Voyez Trompe & Ovaire.

La glande prostate a douze petites follicules ; distinctes, qui s’ouvrent par autant d’émonctoires sensibles, dans la cavité de l’uretre, & entourent de toutes parts cette issue des vésicules ; ce qui fait que la semence & l’humeur des prostates se mêlent exactement en cet endroit, les vésicules & les prostates étant environnées de la même membrane musculeuse. Voyez Prostate.

La semence ne coule donc jamais qu’elle ne soit précédée, suivie, enveloppée du suc des prostates, dont l’usage est de débarquer en sureté l’homme futur. M. Littre a donné une fort bonne description de cette glande.

Les hommes sains préparent toujours à la fleur de l’âge une semence, qui retenue, est épaisse & immobile comme du blanc d’œuf, ou de l’amidon détrempé dans un peu d’eau. La liqueur des prostates est plus claire, & semblable à l’huile d’amandes douces ; ensuite il faut bien que l’animalcule qui doit former l’homme, soit long-tems caché, & à l’abri des injures de l’air, jusqu’à ce qu’il vienne germer dans la matrice. Voyez Matrice.

C’est à la semence que la barbe & les poils du pubis doivent leur naissance. La voix & le tempérament changent lorsque la secrétion de cette humeur commence à s’opérer. L’enfant possede toutes les parties de la génération, il n’en peut faire aucun usage ; il faut quinze ou seize ans communément pour lui : alors paroissent la barbe, une voix forte, & autres signes de virilité qui restent jusqu’au plus grand âge. Du regne de Charles II. roi d’Angleterre, un homme de 120 ans fut convaincu d’adultere.

La barbe est la premiere marque de puberté ; c’est un indice que la semence commence à se faire ; elle continue si le sang produit la même humeur prolifique ; elle cesse de pousser, ou tombe, si cette secrétion importante est empêchée. On connoît par-là pourquoi la barbe & les cheveux tombent souvent dans la vieillesse ; la voix d’un garçon ressemble à celle d’une fille avant la secrétion de la semence, après quoi elle devient grave & rauque, & ce symptome paroît avant la barbe.

Les Arabes ont expliqué de cette maniere pourquoi quelques gouttes de semence affoiblissent plus qu’une grande perte de sang, & il y a eu des modernes qui ont voulu calculer combien peu il falloit perdre de semence pour en être affoibli ; mais cet affoiblissement ne viendroit-il point de cette espece d’épilepsie qui accompagne la perte de la semence, plus que de cette perte même ? car le corps reprend constamment ses forces avant que la semence soit réparée. La viscosité du sang, & tout l’appareil que la nature emploie à la formation de la semence fait voir qu’elle ressemble moins aux esprits, que le blanc d’œuf ne ressemble à l’esprit-de-vin. Cela paroît en comparant la substance corticale du cerveau avec la structure des testicules, & l’extrème finesse des esprits avec l’épaisseur du sperme.

Il y a des auteurs qui ont prétendu que les sels volatils huileux étoient de même nature que la semence, & par conséquent étoient excellens pour la génération, ce qui a mis pendant long-tems ces sels fort en vogue. Mais tout l’effet de ces sels vient du mouvement plus violent que le sel volatil excite, & non de la semence qu’il ne peut produire ; car ils sont d’une nature la plus opposée qu’il soit possible à celle de la semence.

Hippocrate dit que la semence de la femme est plus foible que celle de l’homme ; mais qu’elle est nécessaire. Aristote admet à-peine quelque semence dans les femmes : il pense que l’humeur libidineuse qu’elles rendent pendant le coït n’en est point, & ne sert point à la conception. Galien accorde de la semence aux femmes, mais moins qu’aux hommes ; elle est, selon lui, plus imparfaite, & vient par les cornes (les trompes) dans la matrice : il parle d’une certaine veuve qui, à la suite d’une irritation au clitoris, rendit une semence fort épaisse avec une très-grande volupté ; il ajoute que cette matiere qui s’échappe quelquefois en dormant, contribue beaucoup à ce qu’on nomme paillardise. Avicenne cite une veuve aussi lubrique que celle de Galien. Colombus dit qu’il a vu de la vraie semence dans les testicules des femmes. Venete répete la même chose, ainsi que Mauriceau, qui auroit pris pour de la semence la liqueur contenue dans les œufs, ou la sérosité claire de quelque vésicule gonflée. Marchettis ajoute que la semence vient des ovaires par quelques vaisseaux blancs dans les trompes. Henrice prend aussi pour de la semence la liqueur des glandes de Naboth : c’est elle, dit-il, qui mêlée avec celle de l’homme, forme le fœtus. Voglius enseigne que la semence de la femme est produite dans ces ovaires. Sbaragli & Paitoni croyent qu’il s’y fait une liqueur spiritueuse qui se repompe dans le sang, & qui produit chez les femmes les mêmes effets que la semence chez les hommes, comme Galien l’avoit ainsi imaginé autrefois ; il pensoit que la semence de la femme se mêloit avec celle de l’homme, & lui servoit en quelque sorte d’aliment : toute l’antiquité a cru que sans l’éjaculation de la semence des deux sexes faite en même tems, on ne pourroit engendrer. Haller, comment.

Semence, maladies de la, (Médec.) 1°. la semence, cette liqueur précieuse, élaborée dans le testicule, perfectionnée dans les épididymes & les vaisseaux déférens, enfin portée aux vésicules séminales pour passer dans l’uretre, se trouve exposée à quelques maladies.

2°. Elle est produite abondamment dans la fleur de l’âge, & par des alimens succulens. De-là naît la lubricité & le priapisme, qu’il faut traiter par la diete, les rafraîchissans, les nitreux & les acides.

3°. Lorsque cette liqueur vient à manquer dans la vieillesse, il n’y a point de remede, non plus que dans les eunuques, ou dans ceux à qui on a coupé l’organe séminal par l’opération de la lithotomie ou d’une hernie ; mais si le défaut de semence vient de l’obstruction des testicules, ou des autres organes de la génération, il faut y remédier en dissipant ces maladies. Si le défaut de cette liqueur est la suite d’une trop petite quantité d’alimens, de travaux, de la foiblesse du corps, ou de la débauche, il se réparera de lui-même, en évitant les causes qui y ont donné lieu. Si la semence vient à manquer par l’affoiblissement de l’organe, on tâchera d’y porter remede par l’usage tant intérieur qu’extérieur des aphrodisiaques.

4°. La semence retenue trop long-tems dans ses vaisseaux acquiert peut-être un trop grand degré d’épaississement ; mais il est certain qu’elle n’a point sa perfection quand on abuse des plaisirs de l’amour. Elle se corrompt, devient virulente, ichoreuse dans la gonorrhée & dans la vérole.

5°. La trop fréquente évacuation de la liqueur séminale produit des cardialgies, des anxiétés, la lassitude des lombes, le tremblement, le vertige, la froideur de tout le corps, la foiblesse, l’orgasme, la phthisie dorsale, & finalement l’impuissance.

6°. L’évacuation trop ménagée de la semence produit rarement aucune maladie ; elle cause seulement quelquefois du trouble dans l’économie de la machine. (D. J.)

Semence, s. f. (Botanique.) voyez Graine ; je n’ajoute qu’un mot en passant pour completer l’article.

Le fruit renferme la semence avec ce qui y est contenu. La semence est l’embryon de la plante avec ses diverses enveloppes ; celles-ci ont à-peu-près le même usage dans les plantes, que les membranes qui environnent les fœtus des animaux ; quelquefois il n’y a qu’une de ces enveloppes, quelquefois il y en a deux ou un plus grand nombre ; l’embryon leur est adhérent par un filet ombilical. Elles sont ordinairement remplies d’un baume renfermé dans des petites cellules destinées à cet usage. Ce baume semble être une huile portée à sa plus grande perfection, que la plante dépose ici toute préparée dans des petits reservoirs. Par le moyen de ce qu’il a d’huileux & de tenace, il écarte de l’embryon toute humidité étrangere ; par sa viscosité il retient cet esprit subtil, pur & volatil, qui est la plus parfaite production de la plante, & que les Alchimistes appellent esprit recteur, habitant du soufre archée, serviteur de la nature. (D. J.)

Semences des végétaux, (Science microscopique.) Malpighi, Leuvenhoek, Hooke, Grew & plusieurs autres, sont d’illustres témoins que le microscope a découvert de petites plantes, non seulement dans les grandes semences, comme dans le noyer, le chataignier, le chêne, le hêtre, la semence du limon, du coton, des pois, &c. mais encore dans les plus petites, celles de chanvre, de cerfeuil, de cueillerée, de moutarde.

Si l’on veut découvrir les petites plantes qui sont contenues dans les semences, il faut les préparer pour la plûpart en les faisant tremper dans l’eau chaude jusqu’à ce que leur écorce puisse se séparer, & leurs feuilles séminales s’ouvrir sans lacération. Il y en a cependant quelques-unes que l’on peut mieux disséquer étant seches ; mais les semences même sans aucune préparation, montrent une variété infinie de figures, de couleurs & de décorations.

Les semences des fraises sortent de la pulpe du fruit ; & lorsqu’on les observe, elles paroissent elles-mêmes comme des fraises.

Les semences du pavot ressemblent par leur figure à des petits rognons avec des sillons à leur surface, qui forment des côtés & des angles réguliers. On peut tirer de ces semences une poussiere qui, mise devant le microscope, a presque la même apparence que la surface des semences, avec l’avantage d’être transparentes. Cette poussiere n’est aussi que la fine membrane qui est entre les semences, laquelle par la pression des semences contre elle, a reçu des marques correspondantes aux sillons qui sont sur les semences mêmes.

Les semences du tabac, de la laitue, du thym, du cerfeuil, du persil & cent autres, peuvent amuser agréablement un observateur.

Les anciens s’imaginoient que les plantes capillaires & plusieurs autres especes n’avoient point de semences, & la vue simple n’auroit jamais pû corriger leur erreur ; mais le microscope a découvert que toutes les différentes especes de fougeres, de langues de cerf ou scolopendres, de capillaires, &c. abondent en graines. Leurs vaisseaux séminaux sont au dos des feuilles, & la poussiere qui en sort lorsqu’on les touche, n’est autre chose que les petites semences ; ces vaisseaux séminaux paroissent à la vue simple comme une galle noire ou brune sur le dos de la feuille, mais par le microscope, ils ressemblent à des petits tubes circulaires, divisés en plusieurs cellules, qui contiennent les graines en-dehors de tous les côtés en forme de poussiere ; quelques-uns de ces petits vaisseaux contiennent au-moins cent semences qui sont invisibles à la vue simple. (D. J.)

Semence, voyez Fruit.

Semence des Perles, voyez Perles.

Semences, (Médecine.) les semences sont de plusieurs especes, & fort employées en médecine. Les semences médicinales, particulierement celles que l’on apporte des Indes, du Levant, &c. sont décrites chacune en particulier, à leurs articles respectifs. Voyez-les.

Parmi celles que l’on cultive en ce pays, les principales sont les quatre semences les plus chaudes, & les quatre semences les plus froides : les premieres sont les semences d’anis, de fenouil, de cumin, de carvi : les dernieres sont les semences de courge, de citrouille, de melon & de concombre.

Les quatre semences froides servent principalement à faire des émulsions, des boissons rafraîchissantes, des pâtes pour les mains, & des huiles dont les dames se servent pour leur teint.

En général les semences froides majeures ne doivent point être ordonnées à l’intérieur que dans les cas de chaleur, & encore après avoir désempli les vaisseaux, encore avec beaucoup de modération.

Les semences froides majeures sont les suivantes, celles de chicorée, de laitue, d’endive & de pourpier, ces semences ont peu d’efficacité, on les ordonne rarement. Voyez l’article suivant.

Les semences chaudes majeures ne conviennent que dans l’humidité & le relâchement ; elles sont bonnes dans la résolution de l’estomac & des nerfs, elles sont de peu d’usage. Voyez l’article suivant.

Les semences chaudes mineures qui sont la poivretre, l’amomum, le persil & le daucus, sont employées dans les mêmes indications ; mais elles sont aussi de peu d’usage.

Semences chaudes, les quatre grandes, (Médec.) sont celles d’anis, de fenouil, de cumin & de carvi. Ces semences entrent dans plusieurs compositions, & sur-tout dans les ratafiats, on en fait des infusions dans l’esprit-de-vin, dont on fait un grand usage. Mais ces remedes ne sont bons que dans le cas où les carminatifs sont indiqués ; hors cette indication ces remedes sont fort dangereux, lorsqu’on en prend habituellement, ils sont irritans, stimulans & échauffans. Cependant lorsqu’ils sont pris à petite dose, & par intervalle ils deviennent salutaires, d’autant qu’ils redonnent du ressort aux parties qu’ils fortifient & raniment. Voyez Anis, Fenouil, &c.

Les quatre semences chaudes mineures sont celles d’ache, de persil, d’ammi & de daucus. Elles sont moins actives que les précédentes ; on en fait peu d’usage. Elles entrent dans quelques électuaires, comme l’orvietan, & quelques autres. Voyez Ache, &c.

Semences froides, les quatre grandes, (Médec.) sont celles de courge, de citrouille, de melon & de concombre. Elles servent dans les émulsions pour tempérer, calmer, rafraîchir dans l’ardeur, la sécheresse & l’ardeur des humeurs. On les ordonne toutes ensemble à la dose d’une once, de demi-once, ou de deux gros dans une pinte d’émulsion. On les fait entrer dans les bouillons de veau ou de poulet que l’on émulsionne avec elles, ou on en farcit un poulet que l’on fait bouillir ensuite : on nous les envoie des provinces méridionales du royame. Voyez chacun des articles Courge, &c.

Les quatre semences froides mineures sont celles de laitue, de pourpier, d’endive & de chicorée. Voyez ces articles.

Ces semences sont moins froides que les précédentes. On s’en sert assez rarement, les premieres sont plus en usage.

Semence, Semer, (Jardinage.) avant de semer dans la pépiniere, la terre doit être bien labourée & bien fumée, on fait ensuite ouvrir, suivant un cordeau, des rigoles d’un fer de bêche de deux piés en deux piés ; on y seme les graines en Novembre, Février & Mars, excepté la graine d’orme, qui se recueille en Mai, & se seme en même tems, ensuite on recouvre de terre les rigoles avec le gros rateau, sans vous arrêter aux pleines lunes, choisissez pour semer un tems doux, peu venteux & qui promet dans peu de la pluie.

Les graines doivent être fraîches & de la même année que l’on seme les fruits, tels que le gland, le marron d’Inde, la châtaigne, la faîne, la noisette, la noix : les noyaux de pêche, de prune, d’abricot, l’amande douce n’auront point été mis dans la bouche, & seront sans rides ni piquure de vers.

Le gland peut se semer tout-d’un-coup dans le bois, ainsi que la plûpart des fruits que l’on vient d’indiquer.

Les pepins se sement au mois de Mars sur des planches bien préparées ; ils poussent des jets assez forts pour être transplantés au printems suivant ; les pepins d’orangers se sement, ainsi que plusieurs noyaux de fruits, dans des pots remplis de terre bien préparée, & on les serre pendant l’hiver.

Dans des années rudes on répand de grandes litieres sur ce qui est semé ; on peut même faire tremper les grosses graines pour les faire gonfler quelques jours avant de les semer, & on aura soin de bien labourer & sarcler les pépinieres.

Les graines de potagers se sement en différentes saisons, & se cultivent comme les autres.

Les graines des fleurs se sement à claire voie dans de grands pots plats, ou de longues caisses que l’on saupoudre de terreau en ne les couvrant qu’à-demi ; on recommence à semer, & on saupoudre cette semence jusqu’à ce qu’elle soit couverte d’un pouce d’épaisseur ; on arrose & on couvre le tout de grande paille, sous laquelle, quinze jours après, la graine doit être levée, & ces plantes, deux ans après, se replanteront sur une planche neuve, & au bout de trois ans formeront de véritables oignons portant fleurs.

Comme les graines des arbres verds ne levent pas si aisément dans ces climats que dans les pays chauds, il n’y auroit que l’excellente terre qui les feroit réussir ; c’est par cette raison qu’on préfere à les marcotter au pié des grands arbres, ce qui réussit parfaitement sur-tout au sujet des ifs & des picéa. On observera seulement que les graines délicates, après avoir été six semaines sous les cloches, demandent à être éclaircies ou levées en plantes pour être mises en rigoles sous d’autres couches chaudes, & seulement plantées au plantoir, ce qui les avance & les empêche de monter si haut ; enfin lorsqu’elles sont assez sortes, on les leve en motte avec la houlette, & on les transporte dans des brouettes, pour les placer dans les parterres, dans les pots & dans les potagers.