Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/884

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BEQUÊNE. s. f. Sorte de mauvaise poire. La Quint. Quelquefois il dit le béquêne, au masculin, en parlant de toute l’espèce de ce fruit en général.

BÉQUETER. Voyez Becqueter.

☞ BEQUETTE. s. f. pinces ou tenailles à main, diversement façonnées, suivant les différens arts mécaniques où elles sont employées. Cet outil se nomme aussi bec-d’âne & de canne.

BÉQUILLARD. s. m. Mot comique & plaisant, pour signifier un homme qui va avec une béquille. Qui baculo supernè rostrato utitur.

Alors sortit avec grand bruit
Un béquillard de la portière.

BÉQUILLE. s. f. Bâton garni par le bout d’en-haut d’une traverse, propre pour s’appuyer en marchant. Baculum supernè rostratum. Les vieillards, les convalescens sont réduits à se servir de béquilles.

BÉQUILLER. v. n. Ce mot est comique, & signifie, aller avec une béquille. Uti baculo supernè rostrato.

Un béquillard sec & tout gris
Béquilloit de même manière
Que Boyer béquille à Paris.

Béquiller. v. a. Terme de jardinage. Donner un petit labour léger avec la houlette, ou avec la cerfouette. Terram pedo vertere. Béquiller une planche de laitues, une caisse d’arbrisseaux, c’est remuer légèrement la terre, qui paroît battue, en sorte que l’eau dont on les arrose, puisse pénétrer dans le fond, & aller servir de nourriture aux racines. Il est plus d’usage que bêchoter, en sorte que Liger n’a pas même mis celui-ci, comme s’il ne se disoit point, & La Quintinie ne le met que dans béquiller. Voyez Biner. Bêchoter ne se dit que d’un petit labour donné avec la bêche. ☞

BEQUILLON. s. m. Terme de Fauconnerie, qui se dit du bec des menus oiseaux.

Béquillon. Terme de Fleuriste. Petites feuilles arrondies qui forment la peluche de l’Anémone. La peluche de l’Anémone doit être garnie de béquillons. Un béquillon doit être large & arrondi par le bout.

BEQUIN, INE. Voyez Beguin & Beguines.

BER.

BER. s. m. Ber, Acosta. Espèce de pommier ou grand arbre des Indes, chargé de beaucoup de feuilles, de fleurs & de fruits. Ses feuilles ressemblent à celles de pommier, de couleur verte, obscure, blanchâtre par le bas, velues comme celles de la sauge, d’un goût astringent. Ses fleurs sont petites & blanches, à cinq pétales, sans odeur : ses fruits sont semblables aux jujubes, & plus agréables au goût. Cet arbre croît à Malaca, & au Malabar. On le nomme au Malaio. On le voit souvent en été chargé de fourmis ailées, qui font la gomme lacque. Ses feuilles arrêtent le cours de ventre.

BER. Vieux mot qui n’est plus en usage, & qui étoit la même chose que Baron ; de là est venu le Fief de Hautber, qui est cependant moins que Baronnie. Voyez Bouteillier en sa Somme Rurale, & S. Julien, Antiq. des Bourg. Ch. 24 & p. 410.

☞ BERA, en latin Byrrha ou Byrra. Petite rivière du haut Languedoc, qui se jette dans le lac de Sigean entre Perpignan & Narbonne. Charles Martel y remporta une victoire sur les Sarrazins.

☞ BERACA. s. m. Bénédiction que donne parmi les Juifs sur le boire & sur le manger, le plus qualifié de l’assemblée.

BERAM. s. m. Grosse toile toute de fil de coton qui vient des Indes orientales, particulièrement de Surate. Il y a des bérams blancs, unis, & d’autres rayés de couleur. Les blancs sont de neuf aunes à la pièce, sur sept à huit de large, & les rayés sont de douze & demi de long, sur trois quarts de large.

☞ BERANGÉ. Rivière de France, au Languedoc, qui a sa source au dessus de Castries, & se rend dans l’étang de Perols.

☞ BERAR. Berarum regnum. Royaume de l’Indoustan, dans l’Empire du Mogol, dans la partie méridionale.

☞ BERAUN, ou WERAUN. Berauna ou Verona. Ville d’Allemagne, dans le royaume de Bohème, peu distante de Carolstein.

☞ BERBE. s. m. Nom d’une espèce de chat de la Côte d’Or, marqueté comme la civette. Il a le museau plus pointu, & le corps plus petit que les chats ordinaires. Il aime tellement le suc vineux du Palmier, qu’on lui a donné le nom de buveur de vin.

☞ BERBERA. Ville d’Afrique, capitale d’une Province qui porte le même nom, sur la côte des Abissins.

☞ BERBERAC. Ville de France, en Languedoc, sur l’Aude, à quatre lieues de Carcassone.

BERBERIS. s. m. Arbrisseau, Épine-vinette qui porte un petit fruit rouge d’un goût. très-aigu. Syrop de berberis. On croit ce mot arabe, Voyez Épine-vinette. Berberis est dans Nicot.

BERCAIL. s. m. Vieux mot, qui signifioit autrefois bergerie. Ovile. Il n’est en usage qu’en cette phrase figurée : ramener une brebis égarée au bercail ; pour dire, convertir quelqu’un qui s’étoit perverti. Combien de brebis errantes & dispersées, qu’un Pasteur vigilant peut faire rentrer dans le bercail, ou par une douceur salutaire, ou par une discrète sévérité ! Fléch.

BERCE. s. f. Sphondylium. Sa racine est un pivot long, blanchâtre, dont l’écorce est douceâtre, & a quelque acrimonie. De son collet naissent quelques feuilles d’un vert foncé, amples, velues, découpées profondément en plusieurs segmens étroits & refendus, & plus souvent crénelés sur leurs bords. Le segment qui termine sa feuille est ordinairement divisé en trois parties. La tige est environnée dans la naissance par les queues des feuilles du bas : elle est haute de trois pieds, velue, cannelée, creuse, branchue au sortir de terre, & garnie de quelques feuilles moindres que celles qui partent immédiatement de sa racine. L’extrémité de sa tige & de ses branches est couronnée par des ombelles de fleurs blanches fleurdelisées c’est à dire, composées de pétales inégaux, échancrées ordinairement & disposées en fleur de Lis de France, sur l’extrémité d’un embryon qui devient un fruit à deux semences aplaties, ovales, échancrées par le haut, rayées sur le dos, & que l’on dépouille aisément de leur enveloppe. Le nom de spondylium a été donné à cette plante à cause de ses semences, qu’on prétend avoir l’odeur ou la figure d’un insecte appelé Sphondyle. Quelques Auteurs ont recours à d’autres ressemblances.

Les Médecins Allemands emploient les feuilles de berce au lieu de celles d’Acanthe ; c’est pourquoi ils l’ont nommée Acanthus, ou Branca arsina Germanica. On fait en Pologne & en Lithuanie une espèce de Bière avec la semence de berce. Cette sorte de boisson se nomme Parst, & il n’y a, dit-on, que les pauvres gens qui en usent. Les semences de berce sont recommandées pour les vapeurs. Il y a plusieurs espèces de berce ; & dans ce nombre il y en a une qui donne des feuilles plus larges, moins découpées que l’ordinaire qu’on vient de décrire ; la tige de celle-ci est plus haute, les fleurs plus grandes, aussi bien que les semences. Cette espèce est étrangère, & est nommée par les Botanistes Sphondilium majus, sive panax heraclium. On prétend qu’il sort de la racine de cette plante une gomme rousse d’une odeur forte, & d’un goût amer & acre. Cette gomme se nomme communément Opopanax, & par corruption Opoponax.

Berce, s. m. Petit oiseau. Il a un bec fort pointu, & son plumage est de couleur de cendre tirant sur le jaune.. Erithacus. Il vit seul dans les bois: c’est pourquoi Phavorin l’a nommé l’oiseau solitaire. Voy. Gorge rouge.

☞ BERCÉ. Ville des Indes, au royaume de Decan, à trois lieues d’Arecq & de Mirsie.

BERCEAU. s. m. Sorte de petit lit où l’on couche les enfans à la mamelle, & qui est porté sur deux pieds arrondis en forme de croissant, afin qu’on puisse le balancer aisément. Cuna, incunabula.

Ce mot vient de versus & versullus, à vertendo, selon Ménage. C’est pourquoi il soutient qu’on doit écrire berseau avec un s. On disoit autrefois bers au lieu de berceau ; &c on dit encore le bers d’une charrette, pour signifier les ridelles.