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des piés en emplâtre, l’haleine sentira l’ail : acre, cette qualité se discerne au goût : caustique, c’est une suite de l’analyse chimique & d’autres expériences.

* AILAH, (Géog.) petite & ancienne ville d’Asie dans l’Arabie Petrée sur la mer rouge : c’est l’ancien Elath. Long. 53. 10. lat. 29. 20.

AILE, s. f. (Ecrivain.) Les Ecrivains entendent par l’aile d’une plume la partie supérieure & barbue d’une plume. Ils y distinguent le dessus & le dessous, la partie cannelée qu’ils nomment l’aile intérieure ou le dedans de l’aile, & la partie lisse qu’ils appellent l’extérieure ou le dessus.

Aile, ala. Les Hébreux sous le nom d’aile entendent non-seulement les ailes des oiseaux, mais aussi le pan des habits, l’extrémité d’un pays, les ailes d’une armée ; & dans le sens figuré & métaphorique, la protection, la défense. Dieu dit qu’il a porté son Peuple sur les ailes des aigles ; c’est-à-dire, qu’il les a tirés de l’Egypte comme un aigle porte ses petits sous ses ailes. Le Prophete prie Dieu de le protéger sous ses ailes : il dit que les enfans des hommes esperent dans la protection de ses ailes, in tegmine alarum tuarum sperabunt. Ruth prie Booz d’étendre sur elle l’aile de son habit : expande pallium tuum (Hébreu) alam tuam super famulam tuam. Dans Jérémie ij. 34, le sang s’est trouvé dans vos ailes, dans le pan de vos habits. Isaïe parlant à l’armée du Roi d’Israel & de Syrie, qui devoit venir sur les terres de Juda, dit : l’étendue de ses ailes remplira toute votre terre, ô Emmanuel. Le même Prophete nomme les sistres des Egyptiens cimbalum alarum, apparemment à cause des baguettes qui joüoient dans les trous du sistre. Exod. xix. 4. Deut. xxxij. 11. Psal. xxj. 9. xxv. 8. Ruth iij. Is. viij. 8. & xviij. 1.

Ailleurs il nomme l’aile de la terre l’extrémité du pays. Isaïe xiv. 16. Nous avons oüi les loüanges du juste de l’extrémité de la terre : à finibus terræ, (l’Hébreu) ab alis terræ. Voyez aussi Job xxxviij. 13. Tenuisti extrema terræ. Malach. vj. 2. On donne aux rayons du soleil le nom d’ailes : orietur vobis sol justitiæ & sanitas in pennis ejus : ou plûtôt on nous représente le soleil comme ayant des ailes à cause de la rapidité de sa course. Les Poëtes donnent quelquefois des ailes aux animaux qui traînent le char d’Apollon : ils en donnent aussi à Mithras, qui est le soleil. Osée iv. 19. parlant du vent, nous le représente avec des ailes : ligavit eum spiritus in alis suis. Calmet, Dict de la bib. tom. I. lettre A. pag. 88. (G)

Aile, en Anatomie, se dit de différentes parties, comme des inférieures du nez, des deux lames osseuses de l’apophyse ptérigoide, des quatre apophyses de l’os sphenoide, dont deux sont appellées les grandes ailes, & deux les petites ailes. Voyez Pterigoide, Sphenoide, Nez, &c. Voyez Pl. I. Anatomie, fig. 2. 5. HIK VX4 l’os sphenoide. VX4 les grandes ailes. H l’aile externe. I l’aile interne. K le petit crochet qui s’observe à l’extrémité de l’aile interne. (L)

Aile, partie du corps des oiseaux qui est double, & qui correspond à nos bras & aux jambes de devant des quadrupedes. C’est par le moyen des ailes que les oiseaux se soûtiennent en l’air & volent. Tout animal qui peut voler, a des ailes ou des parties de son corps qui ressemblent à des ailes pour la figure & pour le mouvement, comme on le voit dans plusieurs insectes tels que les mouches, les papillons, les scarabés, &c. On trouve même des animaux bien différens des insectes & des oiseaux, qui sont cependant conformés de façon qu’ils peuvent voler ; tels sont les chauve-souris & l’écureuil volant. Aussi y a-t-il beaucoup de différence entre toutes ces sortes d’ailes ; les unes sont membraneuses, les autres sont cutanées. Voyez Insecte, Chauve-souris, écureuil. Les ailes des oiseaux sont couvertes de plumes, ou pour mieux dire les plumes sont la principale


partie des ailes des oiseaux. Cette conformation paroît la plus favorable pour le vol : cependant il y a des oiseaux qui ne peuvent pas voler, quoiqu’ils aient des ailes ; tels sont le pingouin, l’émeu & l’autruche.

Il ne sera ici question que des ailes des oiseaux. Voici ce que dit à ce sujet M. Formey, Secrétaire de l’Académie Royale des Sciences de Berlin, dans un manuscrit qu’il nous a remis.

« Ailes, parties du corps des oiseaux, qui sont les instrumens du vol, & qui sont façonnées pour cet effet avec beaucoup d’art, placées à l’endroit le plus commode du corps, & le plus propre à le tenir dans un exact équilibre au milieu d’un fluide aussi subtil que l’air. En général, toute la structure des ailes est parfaitement convenable à leur méchanisme

» Elles sont façonnées avec beaucoup d’art. Cet art incomparable brille dans la construction de chaque plume. Le tuyau en est extrèmement roide & creux par le bas, ce qui le rend en même tems fort & léger. Vers le haut il n’est pas moins dur, & il est rempli d’une espece de parenchyme, ou de moelle, ce qui contribue aussi beaucoup à sa force & à sa légereté. La barbe des plumes est rangée régulierement des deux côtés, large d’un côté & étroite de l’autre. On ne sauroit assez admirer l’exactitude du sage Auteur de la nature dans le soin exact qu’il a pris d’une partie aussi peu considérable que le paroît cette barbe des plumes qui sont aux ailes. On y peut observer entr’autres ces deux choses. 1°. Que les bords des filets extérieurs & étroits de la barbe se courbent en bas ; au lieu que ceux des intérieurs & plus larges, se courbent en haut. Par ce moyen les filets tiennent fortement ensemble ; ils sont clos & serrés, lorsque l’aile est étendue, de sorte qu’aucune plume ne perd rien de la force ou de l’impression qu’elle fait sur l’air. 2°. On peut remarquer une adresse & une exactitude qui ne sont pas moins grandes, dans la maniere dont les plumes sont coupées à leur bord. Les intérieures vont en se rétrécissant, & se terminent en pointe vers la partie supérieure de l’aile. Les extérieures se rétrécissent d’un sens contraire, de la partie supérieure de l’aile vers le corps, du moins en beaucoup d’oiseaux. Celles du milieu de l’aile ayant une barbe partout égale ne sont gueres coupées de biais ; de sorte que l’aile soit étendue, soit resserrée, est toujours façonnée & taillée aussi exactement que si elle avoit été coupée avec des ciseaux. Mais pour revenir à la rissure même de cette barbe dont nous avons entrepris l’examen, elle est composée de filets si artistement travaillés, entrelaçés d’une maniere si curieuse, que la vûe n’en peut qu’exciter l’admiration, sur-tout lorsqu’on les regarde avec des microscopes. Cette barbe ne consiste pas dans une seule membrane continue ; car alors, cette membrane étant une fois rompue, ne se remettroit en ordre qu’avec beaucoup de peine : mais elle est composée de quantité de petites lames, ou de filets minces & roides, qui tiennent un peu de la nature d’un petit tuyau de plume. Vers la tige ou le tuyau (sur-tout dans les grosses plumes de l’aile) ces petites lames sont plus larges & creusées dans leur largeur en demi-cercle ; ce qui contribue beaucoup à leur force, & à serrer davantage ces lames les unes sur les autres, lorsque l’aile fait ses battemens sur l’air. Vers le bord ou la partie extérieure de la plume, ces lames deviennent très-minces, & se terminent presqu’en pointe ; en dessous elles sont minces & polies, mais en dessus leur extrémité se divise en deux parties, garnies de petits poils, chaque côté ayant une différente sorte de poils. Ces poils sont larges à leur