Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 1.djvu/637

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* Arbelle, (Géog. sainte.) ville de la haute Galilée, dans la tribu de Nephtali, à l’occident du lac Semachon, où l’on rencontroit des cavernes affreuses, la retraite des voleurs ou des Juifs persécutés. Hérode le grand en fit boucher quelques-unes, & mettre le feu aux autres : on lit dans Josephe, Antiq. Lib. XII. c. xviij. que l’accès en étoit rendu si difficile par des rochers & des précipices, qu’on n’en pouvoit presque aborder quand on étoit au pié, ni descendre, quand on avoit atteint le sommet. Il ajoûte qu’Hérode y fit descendre dans des coffres attachés à des chaînes de fer, des soldats armés de hallebardes qui accrochoient & tuoient ceux qui faisoient résistance.

* Arbelles, bourg d’Assyrie, sur le fleuve Lycus, célebre par la seconde victoire qu’Alexandre le Grand remporta sur Darius, roi de Perse.

* ARBENGIAN, petite ville de la campagne ou de la vallée qu’on appelle Sogde de Samarcand ; c’est proprement le territoire de cette ville.

ARBENNE, (Hist. nat. Ornithol.) Lagopus avis. Ald. Cet oiseau est de la grandeur & de la figure du pigeon domestique, ou peut-être un peu plus grand. Il pese quatorze onces ; il a environ un pié trois pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue ou des pattes ; l’envergure est d’un pié dix pouces ; le bec est court, noir, & semblable à celui d’une poule, mais un peu plus petit ; la partie supérieure est plus longue, & déborde un peu la partie inférieure ; les narines sont couvertes par de petites plumes ; il y a au-dessus des yeux en place de sourcils, une petite caroncule dégarnie de plumes, faite en forme de croissant, & de couleur de vermillon. On distingue le mâle de la femelle par un trait noir qui commence à la partie supérieure du bec des mâles, qui passe au-delà des yeux, & qui finit vers les oreilles : tout le reste du corps est d’une couleur très-blanche, à l’exception de la queue ; il y a vingt-quatre grandes plumes dans chaque aîle, dont la premiere ou l’extérieure, est plus courte que la seconde ; la seconde est aussi plus courte que la troisieme ; les six plumes extérieures ont le tuyau noir : la queue a plus d’un palme de longueur ; elle est composée de seize plumes ; les deux du milieu sont blanches, de même que les barbes extérieures de la derniere plume de chaque côté ; toutes les autres plumes sont de couleur cendrée noirâtre, à l’exception de la pointe qui est blanche ; les plumes qui sont sur la queue, sont aussi grandes que la queue même. Les pattes sont couvertes en entier jusqu’au bout des doigts de petites plumes molles posées fort près les unes des autres ; ce qui a fait donner à cet oiseau le nom de Lagopus. Les ongles sont très longs, & ressemblans à ceux de quelques quadrupedes, tels que le lievre ; ces ongles sont de couleur de corne obscure, ou de couleur de plomb ; le doigt de derriere est petit, mais son ongle est grand & recourbé ; le doigt extérieur & le doigt intérieur de devant tiennent au doigt du milieu par une membrane ; l’ongle du doigt du milieu est très-long & un peu creux ; ses bords sont tranchans ; il y a des poils longs & touffus sous les doigts.

On trouve ces oiseaux sur les Alpes qui sont couvertes de neige pendant la plus grande partie de l’année, & sur d’autres montagnes très-élevées. On a donné à cet oiseau le nom de perdrix blanche, sans doute parce que sa chair a quelque rapport à celle de la perdrix pour le goût ; car l’arbenne est un oiseau différent de la perdrix, quoiqu’il lui ressemble pour la figure & pour la grandeur. Cependant le nom de perdrix blanche a fait croire que l’oiseau dont il s’agit, étoit vraiment une perdrix : c’est pour éviter cette équivoque, que je le rapporte sous le nom d’arbenne, qu’on lui a donné en Savoie, comme celui


de perdrix blanche. Il seroit à souhaiter que l’on pût ainsi prévenir les erreurs qui viennent des noms. Willugby ; Aldrovande ; Ornit. Liv. XIII. pag. 145. Voyez Oiseau. (I)

* ARBERG, (Géog.) ville de Suisse, dans le canton de Berne, dans une espece d’île sur l’Aar. Long. 24. 45. lat. 47.

* ARBI, petit pays de l’Amérique méridionale, près des Andes, entre le Popayan & la nouvelle Grenade.

* ARBIA, petite riviere d’Italie, qui a sa source dans le territoire de Florence, passe sur celui de Sienne, & se jette dans l’Ombrone.

ARBITRAGE, s. m. (en Droit) est le jugement d’un tiers, qui n’est établi ni par la loi ni par le magistrat, pour terminer un différend ; mais que les parties ont choisi elles-mêmes. Voyez Arbitre. (H)

Arbitrage, en matiere de Change, veut dire une combinaison ou assemblage que l’on fait de plusieurs changes pour connoître quelle place est plus avantageuse pour tirer & remettre. De la Porte, science des négocians. Voyez Change & Place.

Samuel Ricard dans son traité général de commerce, dit que les arbitrages ne sont autres qu’un pressentiment d’un avantage considérable qu’un commettant doit recevoir d’une remise ou d’une traite faite pour un lieu préférablement à un autre.

M. de Montodegni définit l’arbitrage de change un troc que deux banquiers se font mutuellement de leurs lettres de change sur différentes villes au prix & cours du change conditionné.

Suivant M. J. P. Ricard, qui a donné une nouvelle édition du traité des arbitrages, l’arbitrage est une négociation d’une somme en échange, à laquelle un banquier ne se détermine qu’après avoir examiné par plusieurs regles de quelle maniere elle lui tournera mieux à compte. M. Savari pense que ces deux dernieres définitions sont les mêmes pour le fond ; & quant aux regles ou opérations qu’on suit pour l’arbitrage, il en rapporte un exemple qu’on peut voir dans son ouvrage. Tom. I. pag. 693. (G)

ARBITRAIRE, adj. pris dans un sens général, ce qui n’est pas défini ni limité par aucune loi ou constitution expresse, mais qu’on laisse uniquement au jugement & à la discrétion des particuliers. La punition d’un tel crime est arbitraire. Ce mot vient du Latin arbitrium, volonté. Les lois ou les mesures par lesquelles le Créateur agit, sont arbitraires ; au moins toutes les lois physiques. Voyez Physique, Pouvoir arbitraire, Despotisme, Monarchie, &c. (H)

ARBITRAL, terme de Droit, se dit des décisions, sentences, ou jugemens émanés des arbitres. Voyez Arbitre, & Compromis. Les sentences arbitrales doivent être homologuées en justice, pour acquérir l’autorité d’un jugement judiciaire, & pour pouvoir emporter hypotheque sur les biens du condamné ; & lorsqu’elles le sont, elles sont exécutoires, nonobstant oppositions ou appellations quelconques.

S’il y a quelques difficultés pour l’interprétation d’une sentence arbitrale, c’est aux arbitres qu’il faut s’adresser pour l’interprétation, s’ils sont encore vivans ; sinon il faudra s’en rapporter au juge ordinaire. (H)

ARBITRATEUR, s. m. terme de Droit, est une espece d’arbitre. Voyez Arbitre.

En Angleterre, les parties en litige choisissent ordinairement deux arbitrateurs ; & en cas qu’ils ne puissent pas s’accorder, on y en ajoûte un troisieme, que l’on appelle arbitre, à la décision duquel les deux parties sont obligées d’acquiescer.

Les jurisconsultes mettent une différence entre arbitre & arbitrateur ; en ce que quoique le pouvoir de l’un & l’autre soit fondé sur le compromis des parties, néanmoins leur liberté est différente ; car un