Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/555

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Un des plus rudes & des plus pénibles combats gymniques, étoit assurément le pugilat, puisque outre le danger d’y être estropiés, les athletes y couroient risque de la vie. On les voyoit quelquefois tomber morts ou mourans sur l’arène ; cela n’arrivoit pourtant que lorsque le vaincu s’opiniâtroit trop long-tems à ne pas avouer sa défaite ; mais d’ordinaire, ils sortoient du combat tellement défigurés, qu’ils en étoient presque méconnoissables, remportant de tristes marques de leur vigoureuse résistance, telles que des bosses & des contusions énormes, un œil hors de la tête, les dents & les mâchoires brisées, ou quelques autres fractures encore plus considérables ; ce qui faisoit qu’on estimoit peu cet exercice.

Les récompenses du pugilat se distribuoient avec une grande équité sans acception de personnes. Il y a plusieurs passages de Pausanias qui prouvent que le pugilat faisoit partie du pancrace. Il dit dans son voyage de l’Elide, que Théagenes fut couronné trois fois à Delphes, neuf à Némée, & dix à Corinthe, pour avoir également réussi au pugilat & au pancrace.

PUGILE, s. m. (Art gymnast.) les pugiles étoient les athletes qui combattirent d’abord à coups de poings, & ensuite à coups de ceste. Le combat des pugiles étoit sanglant ; ils se donnoient de très-dangereux coups avec leurs cestes ou gantelets. On a des médailles curieuses qui les représentent ; entre autres une médaille greque de Commode, qui est dans le cabinet du roi. Cet empereur y est représenté sous la figure ordinaire d’Hercule avec sa massue. Les Samiens passoient parmi les Grecs pour les meilleurs pugiles. Aussi ce furent les Samiens qui frapperent la médaille de Commode dont il vient d’être parlé.

PUGILLE, s. m. (Pharmacie.) en latin pugillus ; mesure de fleurs, de feuilles, de graines, & d’autres choses semblables, contenant ce qu’on en peut prendre avec trois doigts, savoir le pouce & les deux doigts suivans. Les Médecins désignent le pugille dans leurs ordonnances par pug. j. mais le vrai mot françois est pincée. (D. J.)

PUGLIENZA, (Géog. mod.) petite ville, ou pour mieux dire, bourg d’Espagne, sur la côte de l’île de Majorque, avec un assez bon port, près du cap la Pedra. On la nommoit anciennement Pollentia, & c’étoit une colonie romaine. (D. J.)

PUGNIARAN ou PUGNIATAN, (Géog. mod.) île de la mer des Indes, au-devant du détroit de la Sonde, & à 16 lieues en-deçà de Sumatra. Les naturels de cette île sont de grande taille, & d’un teint jaune comme celui des Brésiliens ; ils portent de longs cheveux lisses, & vont absolument nuds. Latit. mérid. 5. 30.

PUICELSY, (Géog. mod.) en latin du moyen âge Podium celsum, petite ville de France, dans le haut Languedoc, au diocèse d’Alby, sur une hauteur ; c’est une ancienne châtellenie qui est le siege d’un bailliage. Long. 19, 41. latit. 43. 49′.

PUISAYE la, (Géog. mod.) petit pays de France, qui a l’Auxerrois à l’orient, le Gâtinois au nord, le Berri au couchant, & le Nivernois au midi. Ce pays est entierement du diocèse d’Auxerre. Son nom latin du moyen âge est Podiacia, mot qui signifie pays de montagne ; il étoit anciennement couvert d’épaisses forêts, au point que M. le Beuf croit qu’il a dû être le centre des Gaules, où les Druïdes tenoient leurs assemblées annuelles. (D. J.)

PUISARD, s. m. (Archit.) c’est dans le corps d’un mur, ou dans le noyau d’un escalier à vis, une espece de puits avec un tuyau de plomb ou de bronze, par où s’écoulent les eaux des combles : c’est aussi au milieu d’une cour, un puits bâti à pierres seches, & recouvert d’une pierre ronde trouée, où se rendent les eaux pluviales qui se perdent dans la terre.


Puisards d’aqueduc, ce sont dans les aqueducs qui portent des conduits de fer ou de plomb, certains trous pour vuider l’eau qui peut s’échapper des tuyaux dans le canal. Il y a un de ces puisards à l’aqueduc de Maintenon.

Puisards de sources, ce sont certains puits qu’on fait d’espace en espace pour la recherche des sources, & qui se communiquent par des pierrées qui portent toutes leurs eaux dans un regard ou receptacle, d’où elles entrent dans un aqueduc. (D. J.)

Puisard, s. m. (Minéralogie.) c’est ainsi qu’on nomme dans les mines, des especes de réservoirs où vont se rendre les eaux que l’on rencontre dans les souterreins, d’où elles sont épuisées par le moyen des pompes qui les élevent jusqu’à la surface de la terre. Voyez l’article Mines.

PUISEAUX, (Géog. mod.) petite ville, ou plutôt bourg de France dans l’Orléanois, élection de Pithiviers, sur les confins du Dunois. Une inondation en renversa la plus grande partie des maisons en 1698. (D. J.)

PUISER, v. act. (Gram.) c’est enlever de l’eau d’un puits. On a généralisé l’expression ; on puise dans une riviere, dans un seau, dans un vase… Il se prend au simple & au figuré. On puise dans les modernes & dans les anciens, on pardonne celui-ci, on blâme celui-là ; il faut toujours puiser dans les sources, &c.

Puiser par les sabords ou par les Dalots, (Marine.) c’est quand l’eau entre dans un vaisseau qui cargue. Puiser l’eau du fond de cale avec des seilleaux, puiser par le haut ou par le bord, c’est quand le vaisseau cargue si fort que l’eau y entre par le côté.

PUISNÉS, s. m. (Jurisprud.) ce sont tous les enfans qui sont nés depuis le premier qu’on appelle aîné.

Pour ce qui concerne les droits des puînés, voyez Fief, Part, Avantage, Partage, Préciput, Quint datif, Quint naturel. (A)

PUISOIR, s. m. instrument de Salpétrier, c’est un instrument fait en forme de grande cuilliere, qui sert à tirer des chaudieres l’eau des cuites, lorsqu’elle a suffisamment bouilli, & qu’elle est en état de se crystalliser. Le puisoir est toujours de cuivre, garni de sa douille aussi de cuivre, & le manche est ordinairement de bois. (D. J.)

PUISSANCE, s. f. en Méchanique, se dit d’une force, laquelle étant appliquée à une machine, tend à produire du mouvement, soit qu’elle le produise actuellement ou non. Voyez Machine.

Dans le premier cas, elle s’appelle puissance mouvante ou mobile ; & dans le second, elle est nommée puissance résistante.

Si la puissance est un homme ou un animal, elle est dite puissance animée.

Si c’est l’air, l’eau, le feu, la pesanteur, l’élasticité ou le ressort, on la nomme puissance inanimée.

Puissances conspirantes. Voyez Conspirant.

Le mot puissance est aussi d’usage dans les méchaniques, pour exprimer quelqu’une des six machines simples, comme le levier, la vis, le plan incliné, le tour, le coin & la poulie, que l’on appelle particulierement puissances méchaniques ou forces mouvantes. Voyez Puissances méchaniques.

Voyez aussi chaque puissance à l’article qui lui est particulier, comme aux mots Levier, Balance, &c.

Il est à propos de remarquer que les puissances ou forces qui meuvent les corps, ne peuvent agir les unes sur les autres que par l’entremise des corps mêmes qu’elles tendent à mouvoir : d’où il s’ensuit que l’action mutuelle de ces puissances n’est autre chose que l’action même des corps animés par les vitesses qu’elles leur donnent, ou qu’elles tendent à leur