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ce qui fait l’empan, qu’en leur langue ils nomment une main. Diction. de comm. & de Trev.

RÉFECTION, s. f. dans l’économie animale, espece de réparation subite des forces, qui se fait aussitôt qu’on a pris des alimens.

L’homme le plus affamé n’a qu’à prendre un bon consommé, ou une rotie au vin, il se sentira un peu refait pour le moment, & comme fortifié avant que d’avoir rien avalé. La connoissance de l’économie animale en donne la raison ; il y a sur la langue, comme par tout le corps, des veines absorbantes qui sucent, ou pompent, ou aspirent les parties les plus mobiles & les plus nourrissantes des alimens qu’on mâche pour les porter au cœur par les jugulaires. Gonflez d’air la langue après l’avoir laissée long-tems se macérer dans l’eau, vous verrez l’air poussé par ses plus petits pores ; cette expérience réussit encore mieux dans le ventricule, & démontre assez la vérité de ce que je dis pour ne pas citer ces plantes, & autres matieres, qui comme l’achemella ou bidens sec, le suc d’orge, de réglisse, la pâte de guimauve, le sucre, le cachou même qui se fondent totalement dans la bouche, sans laisser de sédiment, ou du-moins que très-peu ; nouvelle preuve des vaisseaux absorbans.

Refection, (Jurisprud.) en matiere de visites de bâtimens & autres ouvrages, signifie reconstruction. Voyez Batiment, Réparations, Expert, Visite. (A)

RÉFECTOIRE, s. m. (Architect.) grande salle où l’on mange en communauté. Celui des peres bénédictins de S. Georges major à Venise, est un des plus beaux qu’il y ait, & celui de l’abbaye de S. Denis en France, est un des plus hardis pour la construction. Daviler. (D. J.)

REFEND, s. m. (Menuiserie.) morceau de bois, ou tringle ôtée d’une planche ou d’un ais trop large.

Refends, s. m. pl. (Architect.) ce sont les entredeux des pierres de taille, qui sont aux encoignures des murs, & autres endroits d’un bâtiment. Daviler. (D. J.)

REFENDRE, v. act. (Archit.) refendre, en Charpenterie, c’est débiter de grosses pieces de bois avec la scie, pour en faire des solives, chevrons, membrures, planches, &c. ce qui s’appelle encore scier de long.

Cela se pratique aussi en Menuiserie ; ainsi les Menuisiers nomment refend un morceau de bois, ou une tringle ôtée d’un ais trop large.

Refendre, en Serrurerie, c’est couper le fer à chaud, sur la longueur, avec la tranche & la masse.

Refendre, en couverture, c’est diviser l’ardoise par feuillets avant que de l’équarrir.

Enfin refendre, en terme de paveur, c’est partager de gros pavés en deux, pour en faire du pavé fendu, pour les cours, écuries, &c. Diction. d’archit. (D. J.)

Refendre, en terme de Cardier, c’est l’action de démêler pour-ainsi-dire les pointes en passant une fendoire (voyez Fendoire), de rangs en rangs ; cette opération a de plus l’avantage de redresser les rangées, & de rendre les pointes d’égale distance entre elles.

Refendre, (Jardinage.) on dit refendre un œillet. Voyez Ajuster.

Refendre, en terme de Metteur en œuvre, c’est ouvrir l’espace dans lequel doit entrer une autre piece, comme par exemple, les corps de bague sont refendus en haut pour y loger des rouleaux d’or ou d’argent, ou des feuillages.

REFENTE, s. f. (Jurisprud.) dans la coutume de Touraine, est une réformation que les puînés peuvent faire du partage qui leur est offert par l’aîné. Celui-ci doit avoir les deux tiers, & les deux puînés l’autre. Si les puînés ne sont pas contens de la tierce


partie qu’il leur a assignée par le partage ; l’article 273 porte, qu’ils sont tenus de faire deux portions des deux tiers retenus par l’aîné, hormis le droit d’aînesse, desquelles portions l’aîné en prendra une avec la tierce partie qu’il avoit présentée aux puînés, & l’autre portion demeurera aux puînés. Cette division que les puînés font des deux tiers que l’aîné avoit retenus pour lui, est ce que l’on appelle faire la refente du partage. Le terme de fente en Anjou & Touraine signifie partage, & refente signifie subdivision d’un lot en deux. Voyez la coutume de Touraine. (A)

REFERÉ, s. m. (Jurisprud.) terme de pratique, tiré du latin referre, qui signifie rapporter ; on appelle referé le rapport qui est fait au juge, en son hôtel, de certaines difficultés qui surviennent dans le cours des actes de justice, comme dans les appositions de scellé, confection d’inventaire, procès-verbaux de saisie, & exécution ; l’officier qui est arrêté par quelque opposition ou autre difficulté sur laquelle il ne se croit pas autorisé à passer outre, ordonne qu’il en sera referé, & en conséquence on assigne les parties à comparoir à bref délai en l’hôtel du juge, lequel rend son ordonnance sur la difficulté qui a donné lieu au referé. (A)

REFERENDAIRES, (Jurisprud.) sont des officiers de chancellerie lesquels y font le rapport des lettres qui sont de leur ministere.

Dans la chancellerie de Rome il y a des referendaires qui ont part à l’expédition des lettres pour les bénéfices.

En France, sous la premiere race de nos rois, on donnoit quelquefois le titre de referendaire à celui qui étoit dépositaire du sceau du roi, dont il scelloit les lettres.

On a depuis donné le nom de referendaires à des officiers des petites chancelleries qui font le rapport des lettres de justice.

Anciennement c’étoit douze anciens avocats qui exerçoient les fonctions de referendaires en vertu d’un brevet qui leur étoit donné à cet effet.

Mais François I. par édit du mois de Février 1522 les créa en titre d’office, & leur donna la qualité de conseillers rapporteurs & referendaires ; il y en a douze en la chancellerie du palais.

Les referendaires jouissent du droit de committimus & mêmes privileges que les autres officiers des chancelleries. Voyez Joly, des offices de France, tom. I. liv. II. tit, 7. p. 758. & aux additions, p. 355. (A)

REFERER, v. act. (Gram.) c’est renvoyer une chose à une autre. Je m’en refere à monsieur un tel ; c’est aussi rendre compte ; il en sera referé à la cour.

REFERMER, v. act. (Gramm.) c’est fermer une seconde fois. Il a refermé sa bourse. Cette blessure se referme. Il ne faut pas refermer trop tôt un ulcere.

REFERRER, v. act. (Gram.) c’est remettre les fers. Ce cheval est guéri de sa blessure, on peut le referrer.

REFEUILLER, verb. act. (Architect.) c’est faire deux feuillures en recouvrement, pour loger un dormant, ou pour recevoir les venteaux d’une porte, ou les volets d’une croisée. (D. J.)

REFICHER, v. act. (Gram.) c’est ficher de nouveau ; il faut reficher ce clou à sa place, cette cheville dans son trou ; c’est aussi remaçonner les joints d’une muraille.

REFIGER, v. n. (Gram.) c’est figer de nouveau ; ces graisses se figent, se fondent, & se refigent d’un moment à l’autre.

REFIXER, v. act. (Gram.) c’est fixer une seconde fois. Voyez les articles & Fixation.

REFLAMBER, v. act. & n. (Gram.) c’est flamber de nouveau. Voyez Flamber & Flamme.

REFLÉCHI, adj. rayon refléchi, (en Optique.) est