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vers ; Malherbe en particulier en connoissoit bien le mérite, & s’en est servi souvent avec succès. Il dit au roi :

Quand la rébellion, plus qu’une hydre féconde,
Auroit pour te combattre, assemblé tout le monde,
Tout le monde assemblé s’enfuiroit devant toi.

Mais la répétition latine qui a servi de modele à Malherbe est encore meilleure.

Pan etiam Arcadiâ mecum si judice certet,
Pan etiam Arcadiâ dicet se judice victum.

(D. J.)

Répétition, (Jurisprud.) est l’action de demander en justice quelque chose qui nous appartient, ou qui nous est dû.

Quelquefois le terme de répétition signifie la réitération d’un acte ou d’un fait.

Répétition de retrait qui a lieu dans quelques coutumes, est lorsque le lignager le plus éloigné qui a été évince de son acquisition par le lignager plus prochain, retire à son tour l’héritage sur l’étranger, auquel le lignager plus prochain l’a vendu.

Répétition de témoins, est une nouvelle audition de témoins qui ont déja été entendus dans la même affaire ; ce qui arrive lorsqu’ayant déposé dans une enquête, le procès civil est converti en procès criminel ; car comme on ne convertit point les enquêtes en informations, quoique les informations puissent être converties en enquêtes, on fait entendre dans l’information les témoins qui ont été entendus dans l’enquête ; ce qui s’appelle repéter les témoins. (A)

Répétition, terme de Musique & de Théatre, c’est l’essai que l’on fait en particulier d’une piece que l’on veut exécuter en public, pour que les acteurs puissent prévoir leurs parties, pour qu’ils se concertent & s’accordent bien ensemble, & pour qu’ils puissent rendre exactement ce qu’ils ont à exprimer, soit pour le chant, soit pour la déclamation ou les gestes ; ainsi on dit répéter une comédie, un opéra, un motet, &c.

Répétition en Musique, est encore la réitération d’un même air, d’un morceau de chant, même d’une note, &c. Voyez Reprise. (S)

Répétition, (Horlogerie.) montre ou pendule à répétition ; c’est une montre ou pendule qui ne sonne l’heure & les quarts, &c. que lorsqu’on pousse le poussoir, ou que l’on tire le cordon.

On doit cette invention aux Anglois ; ce fut en 1676, vers la fin du regne de Charles II. qu’un nommé Barlous inventa les pendules à répétition : cette nouveauté excita l’émulation de la plûpart des horlogers de Londres, qui s’attacherent à l’envi à faire des pendules de cette espece ; ce qui en produisit en peu de tems un très-grand nombre construites de toutes sortes de façons. On continuoit toujours à faire de ces pendules, lorsque sur la fin du regne de Jacques II. le même Barlou ayant imagine de faire des montres de la même espece, & en ayant en conséquence fait faire une par M. Tompion, le bruit courut parmi les Horlogers, qu’il vouloit la présenter à la cour, pour obtenir un privilége exclusif pour ces sortes de montres. Là-dessus quelques-uns d’entre eux ayant appris que Quare, un des plus habiles horlogers que les Anglois ayent jamais eu, avoit inventé quelque chose de semblable, ils le solliciterent de s’opposer au privilége de Barlou. Ils s’adresserent donc tous les deux à la cour, & une montre de l’une & l’autre construction ayant été présentée au roi dans son conseil ; le roi après avoir fait l’épreuve de l’une & de l’autre, donna la préférence à celle de M. Quare ; ce qui fut rendu public dans la gazette de Londres.

Voici la différence de ces deux répétitions ; dans celle de Barlou on faisoit répéter la montre en pous-


sant en-dedans deux petites pieces situées l’une d’un côté de la boîte, l’autre de l’autre. La premiere faisoit sonner les heures, & l’autre les quarts : dans celle de Quare une seule cheville située près du pendant servoit à ces deux effets ; car en la poussant comme cela se fait encore aujourd’hui, la montre sonnoit l’heure & les quarts.

On a fait des pendules & des montres à répétition de tant de construction différentes, que ce seroit un grand travail que d’entreprendre de donner une description de chacune en particulier, nous nous contenterons de parler de celles qui sont les meilleures & le plus en usage.

Comme les pendules à répétition sont d’un plus grand volume que les montres, & que les machines en sont plus sensibles, nous commencerons par en expliquer la méchanique.

Description d’une pendule à répétition. Voyez dans nos figures, Planches de l’Horlogerie, une pendule à répétition, dont le cadran est ôté ; au moyen de quoi on voit toutes les pieces de la cadrature. La fig. 31. représente le calibre de cette répétition. ABCDE, sont les roues du mouvement, comme dans les pendules ordinaires, & FGHI, celles du rouage de la répétition, les roues GH & le volant ne servent, comme dans toutes les sonneries, qu’à ralentir la vîtesse du rouage. Voyez Sonnerie.

Le cercle 79, qui représente la grande roue du rouage d’un côté, porte 12 chevilles, 1, 2, 3, &c. & de l’autre que l’on ne voit pas, trois seulement.

Ces 12 chevilles servent pour faire sonner les heures ; les trois autres pour faire sonner les quarts ; le rochet F est adapté à un arbre de barillet, dont l’extrémité formée en quarré, passe au-travers la platine des piliers p p, figure 32, & porte la poulie b : il faut supposer cet arbre perpendiculaire au plan de la platine de dessus DD, & entrant dans un barillet attaché fixément à celle des piliers PP, ce barillet contient un ressort, qui, comme il a été expliqué à l’article Barillet, est accroché à l’arbre & au barillet, de façon qu’en tournant l’arbre ou le rochet dans le sens 3, 2, 1, figure 31, on bande le ressort. Le rochet F est adapte avec la grande roue 79, comme la fusée d’une montre avec sa grande roue, & au moyen de l’encliquetage, il peut lorsque l’on bande le ressort, tourner de 3 en 2 sous la roue ; mais lorsque le ressort se débande, tournant alors en sens contraire de 2 en 3, il entraîne la roue avec lui, & par ce moyen, ses chevilles 1, 2, 3, &c. leve la bascule K, qui sert à faire frapper le marteau : K n’est que le plan de cette bascule ; on la voit mieux en B B, figure 32, où celle-là & celles des quarts sont adaptées sur leurs tiges. Venons à la cadrature.

On la voit représentée en détail dans les figures 33 & 34. T, figure 33, est la chaussée ou roue de chaussée ; cette roue, comme on l’a dit à l’article Chaussée, fait un tour par heure, & porte l’aiguille des minutes. Sur cette roue Tt, est placé fixément le limaçon des quarts Q & q ; sur ce limaçon est joint la surprise R & r, qui y est retenue par une virolle 4, 4, figure 34. on en verra l’usage plus bas. Xx, est la roue des minutes, A est l’étoile qui fait son tour en 12 heures ; on en voit le profil en a, figure 34, Z & z est le sautoir ou valet qui fait échapper promptement une dent de l’étoile à chaque heure. Voyez Valet. Sur l’étoile A, est adapté fixément le limaçon des heures B ; D est le rateau ou la crémaillere qui est mue au moyen du pignon E, fixé sur la poulie G, & dont gei, est le profil ; ML est la main, & mlson profil.

La figure 34 représente la platine dont on a ôté toutes les pieces, & où on voit seulement leurs places, la figure 34, n°. 2. cette même platine vue de profil avec les chevilles sur lesquelles portent les pieces ;