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Rétrogradation du soleil, lorsque le soleil est dans la zone torride, & que sa déclinaison AM (Pl. astronom. fig. 59.) est plus grande que la latitude du lieu AZ ; soit que l’une ou l’autre soit septentrionale ou méridionale, le soleil paroît se mouvoir en arriere, ou rétrograder avant ou après midi. Voyez Soleil, Zone.

Car menez le cercle vertical ZGN, tangent au cercle direct du soleil en G, & un autre ZON par le point O où le soleil se leve ; il est évident que tous les cercles verticaux intermédiaires, coupent le cercle direct du soleil en deux endroits, sçavoir dans l’arc GO, & dans l’arc GI ; c’est pourquoi à mesure que le soleil s’éleve suivant l’arc GO, il s’approche sans cesse du vertical ZGN le plus éloigné ; mais comme il continue de s’élever sur l’arc GI, il revient à ses premiers verticaux, & paroît retrograder pendant quelque tems avant midi ; on peut démontrer pareillement qu’il fait la même chose après midi ; donc comme l’ombre tombe toujours du côté opposé au soleil, elle doit être rétrograde deux fois par jour dans tous les lieux de la zone torride, où la déclinaison du soleil excède la latitude du lieu. Voyez Ombre. Chambers. (O)

RÉTROGRADE, adj. (Phys.) se dit de ce qui va en arriere ou en un sens contraire à sa direction naturelle ; telle est la marche des écrevisses. Ce mot est formé du latin retro en arriere, & gradior marcher.

Si l’œil & l’objet se meuvent tous deux du même sens, mais que l’œil parcoure plus d’espace que l’objet, il semblera que l’objet soit rétrograde, c’est-à-dire, qu’il aille en arriere, ou dans un sens contraire à la direction qu’il suit en effet ; la raison de cela est que quand l’œil se meut sans s’appercevoir de son mouvement, comme on le suppose ici, il transporte son mouvement aux objets, mais en sens contraire ; car comme il s’éloigne des objets sans s’en appercevoir, il juge que ce sont les objets qui s’éloignent de lui ; ainsi quand un objet se meut dans le même sens que l’œil, le mouvement apparent de cet objet est composé de son mouvement réel dans le même sens que l’œil, & d’un mouvement en sens contraire égal à celui de l’œil ; si donc, comme on le suppose ici, ce dernier mouvement est plus grand que l’autre, il doit l’emporter & l’objet doit paroître rétrograder. Voyez Visible.

C’est pour cela que les planetes en quelques endroits de leurs orbites, paroissent rétrogrades. Voyez Planete & Rétrogradation.

Ordre rétrograde dans les chiffres, c’est lorsqu’au lieu de compter 1, 2, 3, 4, on compte 4, 3, 2, 1, Voyez Progression, Suite, Nombre, &c. (O)

Les vers rétrogrades, sont ceux où l’on trouve les mêmes mots & arrangés de même, soit qu’on les lise par un bout, soit qu’on les lise par l’autre. On les appelle aussi réciproques. En voici un exemple :

Signa te signa temere me tangis & angis.

RETROUSSER, v. act. (Gram.) c’est trousser une seconde fois ; mais il n’est pas toujours réduplicatif ; on dit dans le même sens, troussez & retroussez cette manche.

RETROUVER, v. act. (Gram.) c’est trouver de nouveau, recouvrir ce qu’on a perdu ; le nombre des secrets perdus n’est pas aussi grand que l’on pense.

RETS, s. m. (Pêche.) filet ou lacis de plusieurs ficelles qui forment des mailles quarrées, dont on se sert pour la chasse & pour la pêche.

Les rets que les pêcheurs nomment rets secrets tramaillés, sont quelquefois les vieux verqueux de toutes sortes, que les pêcheurs amarrent par un bout sur une perche qui saisit la terre. On tend le filet le long des îles, sur-tout dans les lieux où il y a des herbages que le poisson recherche pour frayer. Quand le filet est tendu, les pêcheurs battent l’eau avec un bâ-


ton garni de cuir, c’est-à-dire qu’ils la brouillent entre le filet & la terre ; par ce moyen ils pêchent tout le poisson qui se trouve dans l’enceinte du filet. Les mailles de ces filets quand on les fait exprès sont 9 lignes pour la banne ou nappe ; & pour les tramaux ou hamaux 5 pouces. Au reste il ne faut qu’un seul homme pour faire cette pêche.

On se sert encore d’une autre maniere de ces rets tramaillés qui sont plombés par le bas & garnis de flotes de liege par le haut. Les pêcheurs tendent le filet en-travers de la riviere pendant les molles eaux, ou lorsque l’eau est étalée par la marée, c’est-à-dire pendant qu’elle n’est pas fort agitée ; ce qui arrive ordinairement pendant la morte eau. On tend quand la marée commence à se faire sentir, & on releve au premier instant du reflux. Un bateau équipé d’un homme ou d’un petit garçon suffit pour cette pêche.

Le pêcheur jette le bout forain de son filet, où est amarrée une grosse pierre. Il tend son tramail en traversant ou coupant la marée, & frappe à l’autre bout une semblable pierre. Le filet ne reste tendu qu’environ une heure ou une heure & demie, parce qu’il faut relever aussi-tôt que l’ébe se fait sentir. Le pêcheur hale dans son bateau le filet par le bout où il a fini de le tendre. On y prend tout ce qui a monté avec la marée.

Cette pêche dans les rivieres ne differe pas des solles en pleine mer ; c’est une espece de filet sédentaire.

Rets à colins ; espece de cibaudiere que l’on établit sur des fonds pierreux. Ils ont pris leur nom des petits merlus, que les pêcheurs bas normands appellent colins. On y prend aussi des barbeaux de mer, des surmulets ou rougets, des barbets, des bars & des bremes.

Les rets de basse eau, qu’on appelle aussi rets à crocs, traversins, muletiers ; ils se tendent de trois différentes manieres. Pour faire la pêche du poisson rond, des maquereaux, des surmulets & autres poissons qui viennent en troupe ranger la côte en certaines saisons de l’année, on les tend de basse mer, flottés & pierrés entre des roches, d’où on les nomme traversins. La seconde maniere est de les tendre en haussiere ou à crocs. Pour cet effet, il faut un fond de sable ; & quand on s’en sert pour faire la pêche des mulets, qui pendant les chaleurs viennent ranger la côte, on les appelle alors muletiers ; ces filets forment entre les roches une espece de tournée ou bas parc dans lequel le poisson peut être retenu.

Les rets de cette espece ont 17 lignes en quarré.

Il y a une autre sorte de rets, qu’on appelle rets travissans, dont certains pêcheurs se servent furtivement pour la pêche du saumon, & qu’ils tendent d’une maniere particuliere. Ils choisissent les nuits noires & obscures. Les uns se mettent sur une rive, & ceux qui sont sur la rive opposée jettent à l’eau une perche sur laquelle est amarrée une petite corde ; & lorsque ceux qui sont de l’autre côté l’ont accrochée ou arrêtée, les premiers filent leurs tramaux, qui ont environ une brasse & demie de hauteur ; les autres en arrêtent le bout ; & ainsi traversant la riviere, ils y prennent tous les saumons qui remontent ; quelquefois aussi ils les tendent en poussant le filet avec des perches qu’ils alongent le plus qu’ils peuvent pour le faire passer à l’autre bord.

Il y a encore des rets travissans qui sont soutenus d’une ou plusieurs perches, suivant la longueur du trajet que les pêcheurs veulent faire.

Ces rets se tendent à-peu-près de la même maniere que les filets que l’on connoît le long des côtes du canal sous le nom d’étentes, étates & palis ; les pêcheurs viennent de basse-mer planter leurs perches, qui ont environ huit à dix piés de haut, suivant les fonds sur lesquels ils pêchent ; quelquefois ils se servent de leurs bateaux pour tendre les filets qui sont soutenus