Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 4.djvu/738

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me chose que s’il n’avoit point été accordé ; & l’on n’en délivre point d’expédition non plus que du jugement qui en ordonne le rapport ou rabat, à peine de nullité, & de 20 liv. d’amende, contre chacun des procureurs & greffiers qui les auroient obtenus & expédiés, suivant l’art. 5 du tit. xjv. de l’ordonnance de 1667. (A)

Defaut faute de reprendre, est celui que l’on accorde contre un héritier donataire ou légataire universel, ou autre successeur à titre universel, qui étant assigné en reprise d’instance au lieu & place du défunt, refuse de mettre son acte de reprise au greffe ; on ordonne en ce cas que dans trois jours pour tout délai le défaillant sera tenu de reprendre, sinon pour le profit du defaut on ordonne que l’instance sera tenue pour reprise. Voyez Reprise d’instance. (A)

Defaut sauf l’heure, est un jugement qui se donne à l’audience par défaut faute de venir plaider : le juge en prononçant défaut, ajoûte ces mots, sauf l’heure ; c’est-à dire que si le défaillant se présente dans une heure, le defaut pourra être rabattu : il est néanmoins d’usage de les rabattre jusqu’à la fin de l’audience, à moins qu’il n’y eût une fuite marquée de la part du défaillant. (A)

Defaut, (sauf) étoit une forme de jugement par défaut usitée avant l’ordonnance de 1667. Le juge donnoit défaut, mais avec une clause commençant par ce mot sauf, qui laissoit au défaillant une voie pour empêcher l’exécution du défaut. Un défaut levé sans aucun sauf étoit nul, aussi-bien que le jugement donné dans le délai ordinaire du sauf. Ces sortes de défauts ont été abrogés par l’ordonnance de 1667, tit. xj. art. 7. Voyez Basset, tome I. liv. II. ch. iij. (A)

Defaut, (second) c’est le débouté d’opposition au premier défaut. Voyez Debouté d’opposition. (A)

Defaut tillet, au parlement de Toulouse étoit un second défaut qui se levoit au greffe sur une réassignation. Voyez le style du parlement de Toulouse par Cayron, liv. IV. tit. j. (A)

Defaut à tour de rôle, est un arrêt par défaut obtenu à l’appel de la cause sur le rôle. Ces sortes de défauts ne sont pas susceptibles d’opposition, parce que le défaillant est suffisamment averti par la publication du rôle sur lequel la cause a été appellée à son tour. Voyez la bibliotheq. de Bouchel au mot Defaut ; le style du parlement dans Dumoulin, tome II. page 415. l’ordonnance de 1667, tit. iij. jv. & v. (A)

Défaut, (Escrime.) Prendre le défaut d’un mouvement, d’une attaque, &c. c’est profiter du mouvement que l’ennemi fait, pour le frapper pendant qu’il se découvre.

Exemple. Le défaut de la parade est de ne pouvoir se garantir de deux côtés en même tems, puisque (voyez Escrime, précepte 24.) un escrimeur ne peut parer dans les armes sans découvrir le dehors ; & hors les armes, sans découvrir le dedans : donc si l’on acquiert l’adresse de frapper l’ennemi dans les armes tandis qu’il pare le dehors, ou hors les armes pendant qu’il couvre le dedans, ce sera le prendre dans le défaut.

Il y en a qui prétendent que la parade du cercle, ou du contre du contre-dégagement (voyez Parade du contre du contre), couvre les deux côtés à la fois, & les garantit en même tems. Je dis au contraire que cette parade ne couvre ni le dedans ni le dehors ; car la parade du cercle décrit un cone qui a pour sommet le pommeau de l’épée, & pour base une circonférence de cercle formée par la révolution de la pointe : or il est clair que pendant la révolution de ce cone on peut faire passer par son


intérieur une infinité de lignes droites par la circonférence de la base jusqu’au sommet, sans être coupées par les côtés ; d’où il suit que cette parade n’est pas bonne, & de plus tous ceux qui s’en servent ne l’exécutent qu’en reculant.

Défaut, (Hydraulique.) est la différence qui se trouve entre la hauteur où les jets s’élevent, & celle où ils devroient s’élever. Ces défauts sont dans la raison des quarrés des hauteurs des mêmes jets, avec la hauteur des reservoirs. (K)

Défauts hereditaires, (Manege.) sont ceux que l’étalon communique aux poulains qui naissent de son accouplement, savoir tous les maux de jarret & la lune. Voyez Lunatique. (V).

Défaut, (Venerie.) être en défaut, ou demeurer en défaut ; termes de chasse qui se disent des chiens qui ont perdu les voies d’une bête qu’on chasse.

DEFECATION, s. f. (Pharm.) Ce terme s’employe pour exprimer la dépuration d’un suc de plante ou de fruit, qui se fait par résidence, ou par la précipitation spontanée des parties qui la troubloient.

Les sucs des différens fruits & de certaines plantes se clarifient par défécation. On met ces sucs dans des bouteilles de verre, que l’on remplit de façon qu’il y ait assez de vuide pour y mettre environ un travers de doigt d’huile d’amandes douces ou d’olives, & le bouchon ; on place ces bouteilles dans un endroit frais, & on les laisse en repos. Il s’excite bientôt dans la liqueur un petit mouvement de fermentation qui rompt la légere union qui retenoit suspendus les débris des petites cellules qui contenoient ce suc dans la plante ou dans le fruit, & les fait tomber au fond du vase. Ce sont ces parties précipitées qui se nomment feces, dépot ou résidence. La liqueur étant devenue claire, on enleve l’huile, & à l’aide d’un syphon ou de la décantation, on retire le suc. Voyez Décantation.

La défécation dont nous parlons s’employe plus fréquemment pour les sucs des fruits, & même on ne sauroit guere s’en passer dans ce cas, parce que ces sucs ne passent point par le filtre, & qu’ils ne s’éclaircissent pas par l’ébullition ; au lieu que ces moyens sont ordinairement suffisans pour les sucs des plantes, c’est-à-dire la filtration pour celles qui contiennent des parties volatiles, & une légere ébullition pour celles qui ne sont ni aromatiques ni alkalines.

Il est cependant certaines plantes qui fournissent des sucs qui ne se clarifient pas bien par l’ébullition ni par la filtration, quand ils sont récemment exprimés, parce qu’ils contiennent une partie mucilagineuse & visqueuse, qui leur donne une ténacité qui ne peut se détruire que par le petit mouvement de fermentation dont nous avons parlé ; & c’est aussi pour les sucs de plantes de cette espece qu’on a recours à la défécation, comme pour le suc des fruits. Voyez Suc, & les articles particuliers, où vous trouverez la façon la plus propre à purifier chaque suc usité. (b)

DEFECTIF ou DEFECTUEUX, adj. terme de Gramm. qui se dit ou d’un nom qui manque, ou de quelque nombre, ou de quelque cas. On le dit aussi des verbes qui n’ont pas tous les modes ou tous les tems qui sont en usage dans les verbes réguliers. Voy. Cas, Conjugaison, Declinaison, Verbe. (F)

Defectif, nombres défectifs, (Arithmétiq.) est la même chose que nombres déficiens. Voyez Deficient. (O)

Defectif, adj. (Géomet.) hyperboles défectives, sont des courbes du troisieme ordre, ainsi appellées par M. Newton, parce qu’ayant une seule asymptote droite, elles n’en ont qu’une de moins que l’hyperbole conique ou apollonienne. Elles sont opposées