Page:Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844.djvu/184

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la Flandre et la Franche-Comté. François Blondel s’exprime ainsi dans son Cours d’architecture publié en 1698 : « Dans la construction de la porte Saint-Denis, qui est peut-être un des plus grands ouvrages qui soient de cette nature au reste du monde, sa masse ayant plus dfe 23 m. 40 c. de hauteur et autant de largeur, avec une ouverture de plus de 7 m. 80 c. dans le milieu, je me suis principalement appliqué à la rendre plus considérable par la justesse des proportions qu’elle a, du tout à ses parties et de ses parties entr’elles, que par la quantité d’ornements dont elle aurait pu être chargée. J’ai même recherché avec soin que le peu d’ornements dont elle est parée fut extraordinaire et choisi parmi ceux qui ont eu et ont encore le plus de réputation dans les ouvrages des anciens. Et comme tout le monde tombe d’accord qu’il n’y a rien de plus beau parmi les restes de l’antique que la colonne Trajane, que les obélisques qui ont été transférés d’Égypte en la ville de Rome, et ce reste de la colonne rostrale que l’on voit encore au Capitole, j’ai voulu que l’ornement de la porte Saint-Saint-Denis fut composé de parties copiées sur ces beaux originaux. Pour cet effet j’ai placé deux pyramides aux côtés de l’ouverture de la porte, que j’ai engagées suffisamment dans le mur du massif et qui, posées sur des piédestaux semblables à celui de la colonne Trajane, s’étendent avec leur amortissement jusqu’au-dessous de l’architrave du grand entablement, et tiennent pour ainsi dire la place des colonnes, sans être néanmoins obligées de rien porter, parce que l’entablement n’a de saillie que ce qui lui en faut pour être distingué du massif sur lequel il est entièrement assis. Pour donner plus de grâce aux pyramides, je les avais fait accompagner de trois rangs de rostres, c’est-à-dire de proues ou de pouppes de galères antiques semblables à celle de la colonne rostrale, et faisant face de trois côtés dans chaque rang, c’est-à-dire sur le devant de la pyramide… Mais la rapidité des conquêtes du roi dans son voyage de Hollande, et ce fameux passage du Rhin à Tholus, qui arriva dans l’année que la porte Saint-Denis fut commencée, nous obligea de prendre d’autres mesures. Messieurs les prévôt des marchands et échevins crurent que l’on ne pouvait point accompagner la porte Saint-Denis d’autres ornements, ni plus heureux, ni plus magnifiques que de ceux qui pourraient servir de marques de ces grandes actions et de ces victoires. J’ai cru que je ne pouvais mieux faire que d’attacher sur les pyramides et aux distances où j’avais voulu placer les rostres des galères, des masses de trophées antiques, pendues à des cordons noués à leur sommet, entremêlés de boucliers chargés des armes des provinces et des villes principales que le roi avait subjuguées. J’ai même fait asseoir des figures colossales au bas des mêmes pyramides, à l’exemple des excellents revers de médailles que nous avons d’Auguste et de Titus, où l’on voit des figures de femmes assises aux pieds des trophées ou des palmiers, et qui marquent ou la conquête de l’Égypte par Auguste ou celle de la Judée par Titus. C’est ainsi que d’un côté j’ai fait mettre une statue de femme affligée assise sur un lion demi-mort qui d’une de ses pattes tient une épée rompue et de l’autre un trousseau de flèches brisées et en partie renversées, et de l’autre la figure d’un fleuve étonné. Et dans l’espace qui se trouve entre le haut de l’arc de la porte et l’entablement, j’ai trouvé place pour un grand cadre de bas relief où j’ai fait tracer cette action si surprenante du passage du Rhin à Tholus. »

La ville de Paris fit les frais de cette construction. Ils s’élevèrent à 500 122 fr. Les sculptures, commencées par Girardon et d’après les dessins donnés par François Blondel, furent achevées par Michel Anguier. Cet arc de triomphe a été restauré en 1807 par M. Cellerier.

Denis (rue de la barrière Saint-).

Commence à la rue de La Fayette ; finit à la rue de l’Abattoir. Pas de numéro. Sa longueur est de 192 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Elle a été ouverte en 1827 sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance royale qui autorise ce percement est à la date du 31 janvier 1827 (voyez Abattoir, rue de l’). Sa largeur est fixée à 15 m. Elle se prolonge comme impasse dans la rue de l’Abattoir sur une longueur de 28 m. Cette voie publique a reçu la dénomination de rue de la Barrière-Saint-Denis, parce qu’elle se dirige vers cette barrière. — Portion d’égout du côté de la rue de La Fayette.

Denis (rue du Faubourg-Saint-).

Commence aux boulevarts Bonne-Nouvelle, no 2, et Saint-Denis, no 32 ; finit aux chemins de ronde des barrières Saint-Denis et des Vertus. Le dernier impair est 193 bis ; le dernier pair, 224. Sa longueur est de 1 672 m. — Les numéros impairs sont du 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière ; les numéros pairs, du 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

On ne peut préciser l’époque de la construction de cette rue. Ce n’était dans l’origine qu’un chemin qui conduisait à la ville de Saint-Denis. Presque toutes les grandes communications des faubourgs de Paris doivent leur origine à des abbayes célèbres. De la maison Saint-Lazare à la barrière, cette voie publique porta les noms de rue du Faubourg-Saint-Lazare et du Faubourg-de-Gloire. En 1793, on la nomma Franciade, ainsi que la ville de Saint-Denis. — Une décision ministérielle, à la date du 26 brumaire an XI, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 22 août 1837, ont fixé la moindre largeur de la rue du Faubourg-Saint-Denis à 14 m. 60 c. Les maisons ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 37, 39, 41, 43, 49, 79, 101,