L’Encyclopédie/1re édition/MARTEAU

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MARTEAU, POISSON JUIF, ou Zigene, Jouziou, en latin libella, Pl. XIII. fig. 4. (Hist. nat.) poisson de mer auquel on a donné le nom de marteau, parce qu’il ressemble beaucoup par sa forme à un vrai marteau. Il a la tête beaucoup plus large que longue, les yeux placés à chacune des extrémités latérales ; la bouche est grande & garnie de trois rangs de dents larges, pointues, fortes & dirigées vers les côtés ; les ouies sont apparentes & situées sur les côtés du corps ; la langue est large. Ce poisson a deux nageoires auprès des ouies, & deux près de la queue, qui est fourchue ; le dos est noir, & le ventre blanc. Sa chair n’est pas bonne à manger, elle a une mauvaise odeur, elle est dure & d’un mauvais goût. Rond. Hist. des poiss. part. I. liv. XIII. chap. x. Voyez Poisson cetacée.

Marteau, s. m. (Art. méchan.) instrument de fer ou de bois, qui sert à frapper ou à battre. Il est nécessaire à presque tous les ouvriers. Il y a la tête ou le marteau proprement dit, & le manche. On distingue à la tête, la panne, ou gros bout, quarré, ou rond & plat, l’œil & la queue. Voyez les articles suivans.

Marteau, en Anatomie, signifie un des os de l’oreille, ainsi nommé à cause de la ressemblance qu’il a avec un marteau. Quelques-uns assurent qu’il fut premierement découvert par Alexandre Achillinus, quoique d’autres ayent attribué mal-à-propos cette découverte à Carpi. Voyez Douglas, bibliot. anat. p. 48. Voyez aussi Oreilles.

Martiau d’arme, (Art. milit.) c’est un marteau emmanché d’un long manche, dont on se servoit anciennement dans les combats.

La différence, dit le pere Daniel, qu’il y avoit entre le mail ou maillet, & le marteau d’arme, est que le revers du maillet étoit quarré, ou un peu arrondi par les deux bouts, & que le marteau d’arme avoit un côté quarré & arrondi, & l’autre en pointe ou tranchant. (Q)

Marteau, (Hidr.) voyez Outil de Fontainier, au mot Fontainier.

Marteau, (Marine.) c’est une piece de bois plate, percée au milieu, & qui passe par la fleche de l’arbalete. Voyez Arbalete.

Marteau à dents. Marteau fourchu qui sert à arracher les clous, quand on construit ou qu’on radoube un bâtiment.

Marteau, outil d’Arquebusier ; ce marteau n’a rien de particulier, & est comme celui de plusieurs autres ouvriers. Les Arquebusiers s’en servent à différens usages, & en ont de plus petits.

Marteau a frapper devant, outil d’Arquebusier ; ce marteau est fait comme le gros marteau des Serruriers, & sert aux Arquebusiers pour forger quelques grosses pieces de fer. Ce marteau tire son nom de ce que c’est un garçon qui le tient & qui est devant l’enclume pour frapper, pendant qu’un autre est de l’autre côté qui tient le fer à forger d’une main, & que de l’autre il frappe à son tour avec le marteau à main.

Marteau a main, outil d’Arquebusier, ce marteau est un peu moins gros que le marteau à frapper devant, & a le manche plus court : il sert aux Arquebusiers pour forger des pieces de moyenne grosseur, & quand ils forgent seuls.

Marteau a emboutir, (Bijoutier.) c’est un marteau dont la plane est convexe, & qui sert à creuser un vase sur une espece de moule qui a la même forme & qu’on appelle dé. Voyez .

Marteau a sertir, en terme de Bijoutier, est un marteau très-petit, ayant une tranche & une plane, la panne arrondie en goutte de suif & la tranche obtuse, avec une inclination de demi-cercle, dont on se sert pour rabattre les sertissures d’une garniture sur un caillou ou autre chose quelconque. On se sert le plus souvent de la panne pour ne pas maltraiter la sertissure qui est un morceau d’or fort mince ; on ne se sert de la tranche que pour faire obéir les endroits qui résistent trop à la plane, & où on ne peut pas s’en servir commodément, parce que la tranche du marteau faisant une cavité, il faut ensuite l’atteindre à la lime ; & que, s’il y en avoit plusieurs ou qu’elles fussent profondes, on courroit risque en l’atteignant de trop affoiblir les parties voisines, & d’ôter la solidité de la sertissure.

Marteau, (Bourrelier.) les Bourreliers se servent de deux sortes de marteaux ; l’un qu’ils appellent simplement marteau, & l’autre qu’ils nomment marteau serre-attache.

Le marteau simple des Bourreliers est fait à-peu-près comme celui des Selliers, mais un peu plus gros. La masse en est un peu allongée pour sa grosseur, arrondie par un bout & un peu applatie par l’autre, toute la masse est un peu courbée en-dedans. Le manche de ce marteau est de bois d’environ dix pouces de longueur, arrondi par en-bas & un peu plus gros que par-tout ailleurs.

Le marteau serre-attache est tout de fer, masse & manche. La masse en est droite, arrondie des deux côtés, moins longue & plus grosse que celle du marteau simple. Le manche qui est aussi de fer a un pié & demi de longueur, & se sépare par le bout en deux parties qui sont un peu écartées & qui se recourbent en-dedans. On s’en sert pour la couture des soupentes. Comme les soupentes se cousent avec des lanieres de cuir au lieu de fils, ces lanieres n’obéissent point, & ainsi la couture seroit naturellement lâche. Pour la serrer comme il faut, on commence par applatir le point en frappant dessus avec la masse, & ensuite on tortille le bout de la laniere autour du manche, & on le fait passer entre les deux crochets recourbés, ce qui donne à l’ouvrier beaucoup plus de facilité pour tirer la laniere & serrer le point. Voyez la fig. Pl. du Bourrelier.

Marteau, terme & outil de Ceinturiers, qui leur sert pour rogner le superflu de leurs ouvrages & pour river.

Ce marteau a d’un côté une tête quarrée, & de l’autre est fait en forme de hachette fort tranchante. Voyez la fig. Pl. du Ceinturier.

Marteau, terme & outil de Chaînetiers ; qui leur sert pour joindre exactement le bout des S des chaînes contre le milieu de la derniere S.

Ce marteau n’a rien de particulier, a une panne quarrée & l’autre bout plat, avec un manche assez court.

Marteau a polir, terme & outil de Chaînetiers ; c’est un marteau dont les deux bouts sont quarrés, qui peut avoir un pouce de surface. Ils l’appellent marteau à polir, parce que quand leur ouvrage est presque fait, ils en corrigent les défauts avec ce marteau, dont la surface des pannes est assez unie pour qu’ils ne craignent point de rayer ou gâter leur ouvrage.

Marteau, gros, outil de Charron ; c’est un morceau de fer quarré d’un bout & plat de l’autre bout, qui est plus mince & un peu recourbé, fendu par le milieu formant une fourchette, au milieu duquel est un œil où se place un manche assez gros & long de deux piés & demi. Les Charrons s’en servent pour chasser des chevilles de bois ou de fer, &c.

Marteau moyen, outil de Charron ; c’est un marteau dont un pan est quarré de la largeur de deux pouces, l’autre pan est plat, fendu & un peu recourbé, au milieu est un œil où se place le manche qui est long de dix-huit pouces & gros à proportion. Les Charrons s’en servent pour des ouvrages un peu moins forts.

Marteau, (Charpentier.) il sert aux Charpentiers pour faire entrer les chevilles de fer qu’ils sont obligés d’employer dans certains ouvrages. Voyez la fig. Pl. des outils du Charpentier.

Marteau, (Chauderonnier.) les Chauderonniers ont diverses sortes de marteaux, entr’autres le marteau rond, le marteau à panne, le marteau à planer, & le marteau à river.

Le marteau rond n’a qu’un côté, mais qui est long de plus d’un pié, avec son diametre d’environ un pouce. Il sert à enlever les chauderons, c’est-à-dire, à en faire le fond sur la grande bigorne. Voyez la fig. Pl. du Chauderonnier.

Le marteau à planer n’a pareillement qu’un côté, mais la masse en est large, plate, unie & fort pesante : c’est avec lui qu’on plane les chauderons, en les battant sur l’enclume pour les rendre plus minces.

Le marteau à panne a deux côtés, &, à la pesanteur près, il est semblable à celui des Serruriers. Il sert à faire les bords des chauderons.

Le marteau à river est un petit marteau ordinaire avec lequel les Chauderonniers rivent leurs clous de cuivre, soit sur la bigorne d’établi, soit contre l’enclumeau. Voyez Enclumeau.

Ces quatre sortes de marteaux servent aussi aux Ferblantiers. Voyez les fig. Pl. du Ferblantier.

Marteau de bois, (Chauderonnier.) il leur sert à fermer les cors-de-chasse, les trompettes, & autres ouvrages, & à dresser leur cuivre, &c. Voyez les Pl.

Marteau a repasser, (Chauderonnier) il leur sert à polir l’ouvrage quand il est plané. Voyez Repasser.

Marteau, (Cloutier.) le marteau des Cloutiers est un peu différent des marteaux ordinaires. Sa masse est un quarré long, & le trou par où on l’emmanche n’est pas placé précisément au milieu de la masse, mais vers une de ces extrémités. Les Cloutiers ont deux marteaux qui ne different que par la grosseur de la masse, & dont ils se servent selon le plus ou moins de délicatesse des ouvrages qu’ils font. Voyez Planches du Cloutier.

Marteau, (Cordonnier.) il lui sert à attacher les clous & les chevilles de bois sous le talon. Voyez la fig. Pl. du Cordonnier-Bottier.

Marteau, (Coutelier.) les marteaux du coutelier sont les mêmes que ceux du taillandier & du serrurier. Voyez l’article Coutelier.

Marteau a ardoise, (Couvreur.) il sert à tailler l’ardoise, & à la percer ou piquer pour faire les trous des clous.

Marteau a plaquer, (Ebéniste.) dont se servent les Ebénistes, & ne differe du marteau ordinaire qu’en ce que la panne est beaucoup plus large ; on s’en sert pour appliquer les plaques en les colant. Voyez la fig. Planches de Marqueterie.

Marteau d’enlevure du forgeur, (Eperonnier.) en terme d’éperonnier, se dit d’un marteau à tranche & à panne de la grosseur ordinaire, dont le forgeur se sert lorsqu’il est question d’enlever des branches ou des embouchures d’un barreau. Voyez Forgeur, Embouchures & Branches

Marteau d’enlevure a rabattre, en terme d’Eperonnier, est le marteau dont l’ouvrier, qui est sur le côté du forgeur & frappe en rabattant, se sert. Il est plus pesant que le marteau du forgeur, & de devant. Voyez Marteau du forgeur & Marteau de devant.

Marteau d’enlevure de-devant ; parmi les Eperonniers se dit d’un marteau plus gros que le marteau du forgeur, qui tire son nom de la place que l’ouvrier qui s’en sert occupe vers l’enclume.

Marteau à panner, en terme d’Eperonnier, se dit d’un marteau d’une médiocre grosseur, dont la panne est fort mince : elle peut être ronde ou quarrée, & on s’en sert pour panner. Voyez Panner.

Marteau, outil de Ferblantier. Ce marteau est gros environ du pouce, a un pan rond & la face extrèmement unie. L’autre pan est plat, quarré, & un peu mince ; il sert aux Ferblantiers à plusieurs usages. Voyez les Planches du Ferblantier.

Marteau à emboutir, outil de Ferblantier. Ce marteau est courbe en-dedans, & forme un quart de cercle, au milieu duquel est un œil dans lequel se pose un manche de bois de la longueur d’environ un pié. Les gouges ou pans de ce marteau, sont toutes rondes, & a les faces faites en tête de diamant uni & rond ; il sert aux Ferblantiers pour emboutir, c’est-à-dire pour faire prendre à un morceau de fer-blanc la figure d’une boule coupée par le milieu. Voyez les fig. Pl. du Ferblantier.

Marteau à planer & à redresser, outil de Ferblantier ; ce marteau est un morceau de fer de la longueur de six ou huit pouces, rond des deux pans & gros dans sa circonférence d’environ un pouce & demi ; les deux faces de ce marteau sont fort unies. Les Ferblantiers s’en servent pour planer & redresser les morceaux de fer-blanc qu’ils emploient, Voyez la fig. Pl. du Ferblantier.

Marteau à réparer, outil des Ferblantiers ; ce marteau tire son nom de son usage, & en fait à peu-près comme le marteau à emboutir ; excepté que le pan de ce marteau a les faces longues & plattes ; il y en a aussi qui les ont demi rondes, &c. Ils servent tous à réparer les inégalités que le marteau à emboutir a formées sur la piece que l’on travaille. Voyez la fig. Pl. du Ferblantier.

Marteau, outil de Fourbisseur ; ce marteau est long de six pouces, rond & plant d’un côté, & plat & quarré de l’autre. Il sert aux Fourbisseurs pour chasser les gardes d’épées dans la soie avec le chasse poignée, pour les assujettir au corps des lames.

Marteau, outil de Gainier ; c’est un marteau de la grosseur d’un pouce, dont un pan est rond, & l’autre est plat, qui sert aux Gainiers à différens usages. Ils en ont aussi qui ne sont pas plus gros qu’un tuyau de plume, & qui servent pour assujettir les clous d’ornement.

Marteau, (Horlogerie.) les Horlogers en ont de plusieurs especes, d’établi qui sont d’une moyenne grosseur ; ils en ont à deux têtes & à tête ronde, pour river de tranchant, pour redresser des pieces trempées & un peu revenues : enfin, ils en ont de bois & de cuivre pour frapper sur des pieces sans les gâter.

Marteau, terme d’Horlogerie, signifie en général la piece qui, dans les horloges de toutes especes, frappe sur le timbre.

On distingue dans un marteau la tête, la tige, & la queue. La tête est cette partie par laquelle il frappe sur le timbre ; la tige, celle sur laquelle il est monté, & la queue une espece d’aîle ou de palette, par laquelle la roue de la sonnerie le fait mouvoir ; mais tous les marteaux n’étant pas faits de même, cette distinction de parties ne peut avoir lieu que pour quelques-uns.

Pour qu’un marteau soit bien disposé, il faut qu’avec une puissance donnée il puisse frapper le plus grand coup. La premiere regle pour cet effet, c’est qu’il soit aussi pesant, & que son centre de percussion soit aussi éloigné de celui de son mouvement, qu’il est possible. La seconde, c’est qu’il rencontre le timbre dans une perpendiculaire, qui passeroit par ces deux centres. Les marteaux dont on se sert dans les horloges, les pendules, les réveils, les montres à répétition, &c. sont faits de différentes façons. Voyez Horloge, Pendule, Répetition, Percussion, &c.

Marteau, outil des Facteurs d’orgue, représenté dans les Pl. d’orgue est un marteau à deux têtes rondes, dont la face est très-polie & bien dressée, qui leur sert à planer sur un tas les feuilles de plomb ou d’étain qu’ils ont coulées sur le coutil.

Marteau, (Maçonnerie.) est un instrument de fer, de la même forme à-peu-près que les marteaux ordinaires ; il en differe en ce que les pannes ou extrémités de la tête sont brettelées ou dentées. C’est de cet outil dont on se sert pour tailler la pierre ; on le nomme plus communément hache.

Manier le marteau, se dit d’un habile tailleur de pierre : cet homme manie bien le marteau.

Marteau à sertir, en terme de Metteur en œuvre ; c’est une petite masse de fer platte, tantôt ronde, tantôt quarrée, montée sur un brin de baleine plat, ou sur une branche d’acier assez longue ; ce qui lui donne plus de coup. On l’appelle marteau à sertir, parce que son principal usage est de sertir. Voyez Sertir, Pl. du Metteur en œuvre.

Marteau, ancien terme de Monnoyage, exprimoit la manutention des monnoies avant la découverte du laminoir & du balancier. Voyez Monnoie au marteau.

Marteau a bouges, (Orfevre.) sont des marteaux dont les tranches plus ou moins épaisses sont fort arrondies ; ils prennent ce nom de leur usage, servant à former les bouges des pieces d’orfévrerie : ces marteaux sont tantôt minces, tantôt quarrés, tantôt ronds, &c. selon les bouges qu’on a à travailler. Voyez les Pl.

Marteau a achever, en terme d’Orfévre en grosserie, est un marteau à tranche arrondie dont on se sert pour commencer à enfoncer une piece. Voyez Enfoncer, voyez les Pl.

Marteau a devant, en terme d’Orfevre en grosserie, c’est un gros marteau à tranche & à panne, ainsi nommé, parce qu’il n’y a que ceux qui forgent sur le devant de l’enclume qui s’en servent. Voyez les Pl.

Marteau de bois, en terme d’Orfevre en grosserie, est un marteau qui ne differe du marteau de fer que par son usage, qui est de dresser une piece sur laquelle les marteaux de fer ont imprimé leurs coups. Voyez Dresser, voyez les Pl. Ils sont ou de bouis ou de frene.

Marteau a retraindre, (Orfevre.) est parmi les Orfevres en grosserie un marteau tranchant par les deux bouts, mais d’une tranche un peu arrondie, afin d’étendre la matiere sans la couper, ou marquer des coups trop profonds. Voyez les Planches & Retraindre.

Marteau de paveur, (Art méchan.) il differe des autres marteaux en ce que la partie depuis l’œil jusqu’à la tête est plus longue qu’à l’ordinaire, & est façonnée à huit pans. La partie depuis l’œil jusqu’à la pointe s’appelle pioche : elle est en forme de feuille de sauge. Elle sert à remuer le sable ou la serre avant que de pousser le pavé. Pour faire ce marteau, le taillandier prend une barre de fer quarrée, de grosseur convenable ; il perce l’œil à la distance du bout nécessaire pour pouvoir y souder la pioche : il soude la pioche. Il en fait autant à la tête, & il acheve ensuite le marteau comme ses autres ouvrages. Il faut savoir que la tête & la pioche sont aciérées.

Marteau a bouges, en terme de Planeur, sont des marteaux dont la panne est tant soit peu arrondie, pour creuser la piece & former le bouge.

Marteau a marlie, en terme ce Planeur, signifie un marteau à bouge, dont la panne est arrondie proportionnellement à la grandeur de la marlie.

Marteau a planer, en terme de Planeur, est un marteau qui sert à effacer les coups trop sensibles des marteaux tranchans de la forge. Ils ont la panne fort unie & plate. Voyez les Pl.

Marteau a battre les livres. Cet outil des Relieurs doit être de fer, ayant la tête plus menue que le bas, que l’on nomme la platine, cette platine doit être toute des plus polies. Voyez les Pl. de la Relieure, & la fig. qui représente un ouvrier qui bat plusieurs feuilles d’un livre.

Marteau à endosser est un marteau ordinaire, avec cette différence que la queue n’en doit pas être fendue. Il sert aussi à coigner les ficelles.

Marteau, (Serrurerie.) c’est l’instrument dont ils se servent pour donner la forme premiere à froid ou à chaud à leurs ouvrages.

Ils en ont pour la forge à main, de panne & de traverse ; ils ont dix-neuf à vingt-deux lignes en quarré par la tête, & sept à huit pouces de long.

Les marteaux de devant, ou de ceux qui sont placés à la forge devant l’enclume, sont aussi de deux sortes, à panne & à traverse, & ont vingt-huit à vingt-neuf lignes en quarré par la tête, sur six à sept pouces de long.

Ils sont tous emmanchés de bois de cornouillier, de deux piés & demi de long ou environ.

Le marteau à panne a cette partie parallele au manche.

Le marteau à traverse a sa panne perpendiculaire au manche.

Si le forgeron se propose de diminuer ou d’élargir, ou d’allonger une partie de sa barre, il fait servir la panne.

S’il faut la diminuer sans l’élargir, celui qui frappe devant prend un marteau à panne, & ceux qui sont à ses côtés chacun un marteau de traverse.

S’il s’agissoit au contraire d’élargir, se frappeur du milieu prend un marteau de traverse, & les deux autres des marteaux à panne.

Lorsque le forgeron a réduit la piece à la largeur convenable, il dit de tête, & tous les batteurs retournent leurs marteaux.

Le marteau du forgeron est toujours le même que celui de l’ouvrier qui frappe devant ; il est seulement plus petit.

Le marteau à bigorner est à panne, mais plus petit que le marteau à main. Il prend son nom de la partie de l’enclume où l’on travaille quand on s’en sert.

Le marteau à tête plate est ordinairement à deux têtes ; il sert à planer & à redresser les pieces qui sont minces & qui ont une certaine étendue, comme les platines des targettes ; elles en deviennent plus faciles à blanchir à la lime, & sont plus achevées au cas qu’elles doivent rester noires.

Marteau, (Taillandier.) Les marteaux du taillandier sont les mêmes que ceux du coutelier & du serrurier, mais c’est lui qui en pourvoit tous les ouvriers. Il prend un ou plusieurs morceaux de fer qu’il soude ; il en forme le corps du marteau, il aciere ensuite la tête & la panne ; il perce l’œil ; il lime ensuite son ouvrage, le trempe, & finit par le polir au grès.

Marteau du tailleur de pierre ; il y en a de formes & de noms différens : l’un s’appelle pioche, & il y a la pioche pour la pierre dure, & la pioche pour la pierre tendre. La premiere a son extrémité pointue, la seconde l’a en tranche. L’autre, hache, la hache a les deux extrémités tranchantes, mais une de ces extrémités est à dents ou entelée. Pour les forger on prend une barre de fer plat de longueur convenable, à l’extrémité de laquelle on soude, une mise de la largeur de la barre & de la longueur que doit avoir la partie du marteau comprise depuis l’œil jusqu’au tranchant. Cette mise sera prise encore assez forte pour donner, quand elle sera fendue, l’épaisseur nécessaire à l’œil. On prend en suite une autre barre de fer de la largeur & épaisseur que la premiere ; à l’extrémité de celle-ci on soude une seconde mise de la solidité de la premiere. Lorsque ces deux pieces sont ainsi préparées, on fait chauffer les parties de l’une & de l’autre barre où les mises ont été soudées ; lorsqu’elles sont assez chaudes, on les applique l’une sur l’autre pour les faire prendre & les corroyer ensemble. Notez que les deux mises ne doivent point se toucher à l’endroit où l’œil doit être formé, & que là il doit rester un vuide entr’elles. Lorsque cette partie du marteaux est ainsi faite, en travaille à l’autre de la même maniere, on finit l’œil avec un mandrin ; l’œil achevé, on forme le tranchant : pour cet effet on ouvre le bout avec la tranche, & dans cette ouverture l’on insere une bille d’acier que l’on nomme aciérure : on en fait autant à l’autre bout. Lorsque le forgeron aciere une partie, il la finit tout de suite : cela fait, il répare au marteau, à la lime ; il trempe, & l’ouvrage est à sa fin, &c.

Marteau, (Vitrier.) Le marteau des Vitriers est de même que celui des Tapissiers, mais plus fort.