Mémoires (Saint-Simon)/Tome 10

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TABLE DES CHAPITRES


DU DIXIÈME VOLUME.


Chapitre i. — Défaite entière du czar en personne sur le Pruth, qui se sauve avec ce qui lui reste par un traité et par l’avarice du grand vizir, qui lui coûte la tête. — Chalois ; quel ; va trouver la princesse des Ursins en Espagne. — Princesse des Ursins forme et avance le projet d’une souveraineté pour elle, et de l’usage qu’elle en fera ; se fait bâtir, sans paroître, une superbe demeure en Touraine. — Sort de cette demeure et du projet de souveraineté. — Campagne d’Espagne oisive. — Mort de Castel dos Rios, vice-roi du Pérou. — Prince de Santo-Buono lui succède. — Don Domingo Guerra rappelé en Espagne ; son caractère ; ses emplois. — Arpajon fait chevalier de la Toison d’or. — Retour de Fontainebleau. — Cardinal de Noailles interdit plusieurs jésuites ; voit le roi et le Dauphin à leur retour. — Intrigues pour allonger l’affaire, sous prétexte de la finir. — Lettres au roi de quantité d’évêques. — Le Dauphin logé a Versailles dans l’appartement de Monseigneur. — Retour du duc de Noailles par ordre du roi, qu’il salue, et est mal reçu. — Biens de France du prince de Carignan confisqués ; douze mille livres de pension dessus au prince d’Espinoy. — Chimères de M. de Chevreuse mettent en péril l’érection nouvelle de Chaulnes pour son second fils. — Vidame d’Amiens fait duc et pair de Chaulnes. — Cris de la cour. — Le Dauphin désapprouve cette grâce. — Rare réception du duc de Chaulnes au parlement. — Plénipotentiaires nommés pour la paix. — Utrecht choisi pour le lieu de la traiter. — Retour des généraux, de Tallard de sa prison en Angleterre, et du roi Jacques de ses voyages par le royaume. — Comte de Toulouse fort heureusement taillé par Maréchal ; la galerie et le grand appartement fermés jusqu’à sa parfaite guérison. — Mort et caractère de Mlle de La Rochefoucauld. — Mort et caractère de Sebville. — Mort, état, et caractère de Mme de Grancey. — Mort et singuliers mariages de la maréchale de L’Hôpital. — Abbé de Pomponne conseiller d’État d’Église. — Tremblement de terre peu perceptible. — Nouvelle tontine. — Grand prieur à Lyon.
Chapitre ii. — Mariage du czaréwitz avec la sœur de l’impératrice régnante. — Départ de l’archiduc pour l’Italie et l’Allemagne, qui laisse l’archiduchesse à Barcelone avec Staremberg. — Mohnez. Espagnol, doyen de la Rote, interdit par le pape. — Duc d’Uzeda ; sa maison ; sa grandesse ; ses emplois ; sa défection ; renvoie l’ordre du Saint-Esprit. — Sa vie et sa fin obscure. — Catastrophe, à Vienne, de son fils. — Entrevue du duc de Savoie et de l’archiduc dans la chartreuse de Pavie. — L’archiduc, élu empereur, reçoit à Milan les ambassadeurs et le légat Imperiali. — Quel étoit ce cardinal. — Étiquette prise d’Espagne sur les attelages. — L’empereur à Insprück ; y reçoit froidement le prince Eugène. — Causes de sa disgrâce et ses suites jusqu’à sa triste mort. — Tortose manqué par les Impériaux. — Mariage de la fille d’Amelot avec Tavannes, qui manque la grandesse par le roi. — Mariage du chevalier de Croissy. — Six mille livres de pension à d’O. — Trois cent mille livres de brevet de retenue au duc de Tresmes, à qui cela en fait cinq cent mille. — Causes du retour du duc de Noailles et de sa secrète disgrâce. — Embarras et fâcheuse situation du duc de Noailles à la cour. — Noailles se jette à Desmarets. — Noailles brouillé avec M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans, et pourquoi. — Noailles se propose de lier avec moi. — Caractère du duc de Noailles. — Je me laisse entraîner à la liaison du duc de Noailles. — Duc de Noailles, brouillé avec M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans, me prie de le raccommoder avec eux. — Mes raisons de le faire ; j’y réussis. — Sa délicate mesure. — Duc de Noailles me confie à sa manière la cause de son retour d’Espagne et sa situation. — Ses vues dans cette confidence. — Son extrême désir de m’engager à le rapprocher du duc de Beauvilliers, conséquemment du Dauphin. — Mes raisons de le faire ; j’y réussis. — Ma liaison avec le cardinal de Noailles, qui devient intime jusqu’à sa mort. — Scélératesse du complot des jésuites contre le cardinal de Noailles mise au net par le paquet de l’abbé de Savoie à son oncle l’évêque de Clermont, tombé entre les mains du cardinal de Noailles, qui n’en sait pas profiter. — Cris publics. — Le Dauphin ne se cache pas sur son avis de chasser le P. Tellier, et me le dit. — Affaire du cardinal renvoyée en total au Dauphin pour la finir. — Grand mot qu’il me dit en faveur du cardinal. — Il m’ordonne de m’instruire à fond sur les matières des libertés de l’Église gallicane et sur l’affaire du cardinal de Noailles, et me dit qu’il la veut finir définitivement avec moi.
Chapitre iii. — Pelletier se démet de la place de premier président. — M. du Maine la fait donner au président de Mesmes. — Extraction et fortune des Mesmes. — Caractère de Mesmes, premier président. — Nos plénipotentiaires vont à Utrecht. — Cardone manqué par nos troupes. — L’empereur couronné à Francfort. — Marlborough dépouillé veut sortir d’Angleterre. — Duc d’Ormond général en sa place. — Troupes anglaises rappelées de Catalogne. — Garde-robe de la Dauphine ôtée, puis mal rendue à la comtesse de Mailly. — Éclat entre Mme la duchesse de Berry et Mme la duchesse d’Orléans pour des perles et pour la de Vienne, femme de chambre confidente, chassée. — Pierreries de Monseigneur. — Judicieux présent du Dauphin. — Dîners particuliers du roi ; musique, etc., chez Mme de Maintenon. — Tailleurs au pharaon chassés de Paris. — Voyage de Marly. — Avis de poison au Dauphin et à la Dauphine venus par Boudin et par le roi d’Espagne. — Mariage de la princesse d’Auvergne avec Mézy par l’infamie du cardinal de Bouillon. — Mort de Mme de Pomponne. — Mort de Mme de Mortagne. — Mort et caractère de Tressan, évêque du Mans ; ses neveux. — Mort de l’abbé de Saint-Jacques. — Extraction et fortune des Aligre. — Éloge de l’abbé de Saint-Jacques. — Mort de Gondrin. — Plaisant contraste de La Vallière. — Mort de Razilly et sa dépouille. — Conduite étrange de Mme la duchesse de Berry là-dessus. — Éloge et mort du maréchal Catinat. — Mort de Magnac. — Mort de Lussan, chevalier de l’ordre.
Chapitre iv. — La Dauphine à Marly pour la dernière fois. — M. le Duc éborgné. — Retour à Versailles. — Tabatière très-singulièrement perdue. — La Dauphine malade. — La Dauphine change de confesseur et reçoit les sacrements, — Mort de la Dauphine. — Éloge, fraits et caractère de la Dauphine. — Le roi à Marly. — Le Dauphin à Versailles, puis à Marly. — État du Dauphin, que je vois pour la dernière fois. — Le Dauphin malade. — Le Dauphin croit Boudin bien averti. — Bouldue ; quel ; juge Boudin bien averti. — Mort du Dauphin. — Je veux tout quitter et me retirer de la cour et du monde ; Mme de Saint-Simon m’en empêche sagement. — Éloge, traits et caractère du Dauphin.
Chapitre v. — Obsèques pontificales à Rome pour le Dauphin. — Époque et date de leur cessation à Rome et à Paris pour les papes et pour nos rois. — Étrange pensée de l’archevêque de Reims sur le duc de Noailles. — Pourquoi [il était] mal avec les Noailles. — Embarras du P. La Rue qui surprend étrangement le roi du changement de confesseur. — Appareil funèbre chez la Dauphine. — Prétentions des évêques refusées. — Règles de ces choses. — Carreau et goupillon, à qui donnés et par qui présentés. — Annonce à haute voix ; pour qui. — Garde par les dames, et quelle. — Première garde ; comment réglée par le roi entre les duchesses et la maison de Lorraine. — Eau bénite de peu du sang royal et du comte de Toulouse, et point d’autres. — Le corps du Dauphin porté sans cérémonie près de celui de la Dauphine. — Transport en cérémonie des deux cœurs au Val-de-Grâce. — Mgr le duc de Bretagne Dauphin. — Madame entre les soirs dans le cabinet du roi après le souper. — M. le duc d’Orléans, seul de tous les princes, donne en cérémonie l’eau bénite au Dauphin. — Convoi des deux corps à Saint-Denis en cérémonie. — Retour du roi à Versailles, où il voit en passant la foule des mantes et des manteaux, qui vont après chez tout le sang royal sans ordre et pour la première fois. — Privance de la duchesse du Lude. — Le roi voit à la fois tous les ministres étrangers en manteaux ; reçoit les harangues des autres. — Extrémité des deux jeunes fils de France, qui sont nommés sans cérémonie. — Mort du petit Dauphin. — Le roi d’aujourd’hui comment sauvé. — Le corps et le cœur du petit Dauphin portés sans cérémonie près de ceux de M. [le Dauphin] et de Mme la Dauphine. — M. le duc d’Anjou, aujourd’hui roi, succède au titre et au rang de Dauphin. — Douleur de M. le duc de Berry, et en Espagne. — Singularité des obsèques jusqu’à Saint-Denis. — Deuil aussi singulier que ces obsèques. — État du duc de Beauvilliers et le mien. — Cassette du Dauphin qui me met en grand péril, dont l’adresse du duc de Beauvilliers me sauve.
Chapitre vi. — Dauphine empoisonnée. — Le maréchal de Villeroy, raccommodé avec le roi, devient tout d’un coup favori. — Le Dauphin empoisonné. — Le duc du Maine et Mme de Maintenon persuadent le roi et le monde que M. le duc d’Orléans a fait empoisonner le Dauphin et la Dauphine. — Crayon de M. le duc d’Orléans. — Éclats populaires contre M. le duc d’Orléans. — Cri général contre M. le duc d’Orléans. — Conduite de la cour à son égard. — Maréchal de Villeroy et autres principaux. — Embarras du duc de Noailles, qui se dit en apoplexie et s’en va à Vichy.
Chapitre vii. — Effiat avertit M. le duc d’Orléans et lui donne un pernicieux conseil, qu’il se hâte d’exécuter. — Crayon d’Effiat. — Conduite que M. le duc d’Orléans devoit tenir. — M. le duc d’Orléans totalement déserté et seul au milieu de la cour. — Je lui reste unique. — Je l’empêche de faire un cruel affront à La Feuillade. — Crises et bruits contre M. le duc d’Orléans entretenus avec grand art et toujours. — Alarme de mes amis sur ma conduite avec M. le duc d’Orléans. — Service de Maréchal à M. le duc d’Orléans. — Deux cent trente mille livres de pensions et vingt mille livres distribuées dans la maison du Dauphin et de la Dauphine. — Mort de Seignelay ; son caractère. — Maillebois maître de la garde-robe sans qu’il lui en coûte rien, et La Salle en tire le double. — Douze mille livres de pension à Goesbriant. — Survivance des gouvernements de Béarn, Bayonne, etc., au duc de Guiche. — Tallard duc vérifié. — Appartement de Monseigneur donné à M. [le duc] et Mme la duchesse de Berry ; le leur aux fils du duc du Maine : et au prince de Dombes, la survivance du gouvernement de Languedoc. — Estaing vend sa charge dans la gendarmerie. — Chimère de ce corps sur l’ordre du Saint-Esprit. — Digression sur le prétendu droit des fils de France, etc., de présenter au roi des sujets pour être faits chevaliers de l’ordre. — Plaisante anecdote sur la promotion d’Étampes à l’ordre du Saint-Esprit.
Chapitre viii. — Arras bombardé par les ennemis. — L’Écluse emporté par Broglio. — Ducasse arrive avec les galions. — Son extraction, sa fortune, son mérite ; est fait chevalier de la Toison. — Mort et caractère du comte de Brionne. — Monterey et Los Balbazes ; quels ; se font prêtres. — Raison ordinaire de cette dévotion en Espagne. — Altesse accordée en Espagne et â la princesse des Ursins et au duc de Vendôme, avec les traitements à ce dernier des deux don Juan. — Explication de ces traitements et de l’éclat qu’ils firent. — Le roi à Marly, où il rétablit le jeu et la vie ordinaire avant l’enterrement du Dauphin et de la Dauphine. — Lœwenstein fait prince de l’empire. — Abbé de Vassé ; son caractère ; refuse l’évêché du Mans. — Le roi d’Angleterre a la petite vérole à Saint-Germain ; répudie son confesseur jésuite. — Mort de la princesse d’Angleterre à Saint-Germain. — Mort et caractère de Mlle d’Armentières. — Sa famille, sa fortune, sa maison. — Mort de Mme de Villacerf, douairière. — Courageuse opération de Mme Bouchu. — Mort, caractère et famille de la marquise d’Huxelles. — Mort et caractère du bailli de Noailles. — Le roi nomme le P. La Rue confesseur de M. le duc de Berry, et retient le P. Martineau pour le petit Dauphin. — Mémoire publié du Dauphin sur l’affaire du cardinal de Noailles. — Service et enterrement du Dauphin et de la Dauphine à Saint-Denis. — Queues étranges. — Bout de l’an de Monseigneur à Saint-Denis. — Service à Notre-Dame pour le Dauphin et la Dauphine. — Le clergé y obtient le premier salut séparément de celui de l’autel. — Violet des cardinaux. — Le cardinal de Noailles mange avec Mme la duchesse de Berry. — Service à la Sainte-Chapelle, où le P. La Rue fait l’oraison funèbre. — Je vais passer un mois ou cinq semaines à la Ferté. — Causes de ce voyage. — Chalois vient d’Espagne arrêter un cordelier en Poitou ; ce qu’il devient. — Renouvellement d’horreurs sur M. le duc d’Orléans. — Adresse d’Argenson à son égard. — Mme de Gesvres demande juridiquement la cassation de son mariage pour cause d’impuissance. — Départ des généraux : Villars en Flandre, Harcourt et Besons sur le Rhin, Berwick aux Alpes, Fiennes en Catalogne. — Mariage de Bissy avec Mlle Chauvelin. — Mariage de Meuse avec Mlle de Zurlauben. — Mort, extraction, caractère de l’abbé de Sainte-Croix. — Mort, famille et caractère de Cominges, et sa dépouille. — Mort et caractère de La Fare. — Mort du président Rouillé. — Mort de l’abbé d’Uzès. — Rohan, évêque de Strasbourg, fait cardinal. — Désordres de la Loire. — Duc de Fronsac sort de la Bastille.
Chapitre ix. — La reine d’Espagne accouche d’un prince. — L’empereur couronné roi de Hongrie à Presbourg. — Mort du duc de Vendôme. — Éclaircissement sur la sépulture du duc de Vendôme. — Dames du palais en Espagne. — Mort, fin et dernier bon mot d’Harlay, ci-devant premier président. — Singularité du roi sur ses ministres. — Course d’un gros parti ennemi en Champagne. — Trêve publiée entre la France et l’Angleterre. — Porto-Ercole pris par les ennemis. — La Badie rend le Quesnoy ; est mis à la Bastille. — Broglio défait dix-huit cents chevaux. — Emo ne peut raccommoder la république de Venise avec le roi. — Voyage de Fontainebleau par Petit-Bourg. — Rohan, évêque de Strasbourg, fait cardinal, en reçoit la calotte et le bonnet. — Mme la grande-duchesse en apoplexie. — Siége de Landrecies par le prince Eugène. — Combat de Denain. — Montesquiou prend Marchiennes. — Prince Eugène lève le siège de Landrecies. — Villars prend Douai — Nos lignes de Weissembourg inutilement canonnées. — Cantons catholiques, battus par les cantons protestants, font la paix. — Cassart prend, rase, pille et brûle Santiago au cap Vert. — Échange du marquis de Villena et de Cellamare avec Stanhope et Carpenter. — Mort du fils aîné du duc de La Rocheguyon. — Mort de l’abbé Tallemant. — Mort du frère du maréchal de Villars et du fils unique de du Bourg ; leur caractère. — Albemarle, pris à Denain, renvoyé sur sa parole. — Mort, conduite, fortune, famille de M. de Soubise. — Injure espagnole qui ne se pardonne jamais. — Mort du marquis de Saint-Simon. — Mort de Mme de La Fayette. — Mort de Cassini, grand astronome. — Mort, caractère et savoir de Refuge. — Mort de Mme Herval. — Abbé Servien chassé, et pourquoi ; son caractère et sa fin. — Désordres des loups en Orléanois.
Chapitre x. — Renonciations exigées par les alliés en la meilleure et plus authentique et sûre forme pour empêcher à jamais la réunion sur la même tête des monarchies de France et d’Espagne. — Mesures sur ces formes, — Formes des renonciations traitées entre les ducs de Chevreuse, de Beauvilliers et moi, puis avec le duc de Noailles, qui s’offre à en faire un mémoire, et qui le fait faire, et enfin le donne pour sien. — Intérêt de M. le duc de Berry et de M. le duc d’Orléans à la solidité des Renonciations et de leurs formes, qui n’ont que moi pour conseil là-dessus. — Sentiments de M. le duc de Berry à l’égard du duc de Beauvilliers. — Aux instances du duc de Beauvilliers, je fais un mémoire sur les formes à donner aux renonciations ; le voir parmi les Pièces. — Division de sentiment sur un point des formes entre le duc de Noailles et moi. — Sa conduite là-dessus. — Le duc de Noailles gagne à son avis le duc de Chevreuse. — Danger de sa manière de raisonner. — Le duc de Chevreuse nous propose d’en passer par l’avis du duc de Beauvilliers, qui nous assemble chez le duc de Chevreuse. — Le duc de Chevreuse, et moi après, exposons à la compagnie nos différentes raisons. — Le duc de Beauvilliers se déclare de mon avis et malmène fort le duc de Chevreuse, qui se rend, et le duc de Noailles aussi.
Chapitre xi. — Conférences sur les formes des renonciations entre le duc de Beauvilliers et moi. — Différence essentielle de validité entre celle du roi d’Espagne et celle des ducs de Berry et d’Orléans. — Le roi non susceptible d’aucune autre forme que d’un enregistrement ordinaire. — Peine extrême du duc de Beauvilliers là-dessus, sur ce que je lui représente. — Le duc de Beauvilliers de plus en plus en peine. — Je lui propose une façon inouïe d’en sortir. — Je m’anéantis au duc de Beauvilliers. — Puissants moyens des ducs de Berry et d’Orléans d’appuyer les justes formes valides en leur faveur. — Je ramène les ducs de Berry et d’Orléans à laisser le roi régler sans nulle résistance la forme des renonciations. — Caractère, état et friponnerie de Nancré. — Il ne tient pas à lui et à Torcy de me faire une affaire cruelle auprès du roi sur les renonciations. — Ducs d’Hamilton et d’Aumont ambassadeurs en France et en Angleterre. — Grand traitement de ce dernier, qui, avant son départ, est fait seul chevalier de l’ordre. — Extraction et mort du duc d’Hamilton. — Duc de Shrewsbury ambassadeur en France. — Bailli de La Vieuville ambassadeur de Malte, au lieu du feu bailli de Noailles. — Course de l’électeur de Bavière à Fontainebleau. — Retour du roi par Petit-Bourg à Versailles. — Départ de la duchesse d’Albe pour l’Espagne. — Abbé de Castillon ; quel. — Il l’épouse, et sa fortune. — La Salle ; son extraction, son caractère, sa fortune, son mariage. — Quelques anciennes et courtes anecdotes.
Chapitre xii. — Le roi à Rambouillet. — Mort de Ribeire, conseiller d’État ; sa place donnée à La Bourdonnaie, son gendre. — Mort de Godolphin. — Le Quesnoy rendu à discrétion. — Bouchain ; la garnison prisonnière. — Valory et Varennes gouverneurs. — Châtillon brigadier, depuis duc et pair et gouverneur de Mgr le Dauphin. — Perte de la Quenoque. — Les campagnes finies. — Retour des généraux d’armée à la cour. — Montesquiou demeure à commander en Flandre. — Princesse des Ursins aux eaux de Bagnères ; Chalois l’y va trouver ; pompe de cette dame. — Survivance du gouvernement de Lyon, etc., au duc de Villeroy, et les lieutenances à ses fils. — Villars gouverneur de Provence ; Saillant gouverneur de Metz ; Tessé général des galères. — Les frères Broglio gouverneurs de Gravelines et du Mont-Dauphin. — Dangeau donne à son fils son gouvernement de Touraine. — Comte de Toulouse et d’Antin achètent leurs maisons à Paris. — Quatre cent mille livres d’augmentation de pension à M. le duc de Berry ; il entre au conseil de dépêches. — La musique du roi à la messe de Mme la duchesse de Berry. — Hammer à la cour ; merveilleusement reçu ; quel est cet Anglois. — Duchesses, etc., conservent leur nom et leur rang en se remariant au-dessous de leur premier mari en Angleterre. — Marlborough se retire en Allemagne : quelle y étoit sa principauté de l’empire. — Renonciation du roi d’Espagne à la couronne de France en pleines cortès. — Lettre tendre qu’il écrit là-dessus à M. le duc de Berry. — Mort de l’abbé d’Armagnac. — Mort du duc de Chevreuse. — Anecdotes sur sa famille, sur lui, sur la duchesse sa femme. — Mort du duc Mazarin. — Anecdotes sur lui, sur sa famille, sur leur fortune. — Mort de la duchesse de Charost. — Mort du duc de Sully. — Berwick en Roussillon, etc. — Chamillart revoit le roi. — Plénipotentiaires d’Espagne. — Besons joué par Mme la duchesse de Berry. — Mme de Pompadour gouvernante des enfants de M. le duc de Berry. — La Mouchy et son mariage. — Mariage de Meuse avec Mlle de Zurlauben. — Musiques et scènes de comédies chez Mme de Maintenon. — Le maréchal de Villeroy y est admis. — Dessein sur lui. — Gouvernement de Guyenne donné au comte d’Eu. — Conduite des ducs de La Rochefoucauld dans leur famille. — État de cette famille. — Désir, jalousie, vains efforts des ducs de La Rochefoucauld pour le rang de prince étranger. — Duc de La Rochefoucauld obtient la distraction du duché de La Rocheguyon avec la dignité pour son second petit-fils et sa postérité, au préjudice de l’aîné. — Ce cadet duc par démission de son père. — Nouveaux efforts inutiles sur l’abbé de La Rochefoucauld, qui, moyennant un bref, prend l’épée et va mourir à Bude.
Chapitre xiii. — 1713. — Victoire de Steinbok sur les Danois, qui brûle Altona. — La Porte secourt le roi de Suède d’argent, et change à son gré son ministère. — Ragotzi en France. — Digression sur sa manière d’y être ; son extraction, sa famille, sa fortune et de ses proches, de Serini et Tékéli ; son traitement ; son caractère. — Trente mille livres de pension à Mlle d’Armagnac. — Trois mille livres de pension rendues à Mlle de Chausseraye. — Trois mille livres de pension à Mme de Vaugué. — Girone délivré et ravitaillé. — Berwick de retour à la cour. — Bockley brigadier. — Brancas chevalier de la Toison d’or et ambassadeur en Espagne. — Amusements multipliés chez Mme de Maintenon. — Matignon cède à son fils ses charges de Normandie. — Mariage de Maillebois avec une fille d’Alegre. — Mariage de Châteaurenauld avec une fille de la maréchale de Noailles. — Mariage de M. d’Isenghien avec Mlle de Rhodes. — Arias, Polignac, Odescalchi, Sala, expectorés cardinaux ; quels les trois étrangers ; pourquoi in petto ; pourquoi expectorés. — Polignac, seul rappelé d’Utrecht, arrive et reçoit de la main du roi sa calotte rouge. — Jacques II, sous le nom de chevalier de Saint-Georges, se retire pour toujours de France par la paix, et va en Lorraine. — Faiblesse du roi pour les cardinaux, qui leur marque une place à la chapelle pour le sermon. — Adoucissements sur les preuves pour entrer dans le chapitre de Strasbourg, et ses causes. — Bévue à l’égard des ducs. — Mort de la marquise de Mailly et sa conduite dans sa famille. — Mort de l’évêque de Lavaur, son fils. — Mort de Brissac, ci-devant major des gardes du corps. — Sa fortune ; son caractère. — Plaisant tour de Brissac aux dames dévotes de la cour.
Chapitre xiv. — Mort, état et caractère du comte de Nassau-Saarbrück. — Mort et singularité de Chambonas, évêque de Viviers. — Singularité étrange de Desmarets, archevêque d’Auch. — Mort du connétable de Castille. — Villena, majordome-major du roi d’Espagne, en sa place. — Chalois reconduit son cordelier prisonnier en Espagne. — Duc et duchesse de Shrewsbury à la cour. — État et nom de cet ambassadeur et de l’ambassadrice ; caractère de la duchesse, qui change entièrement les coiffures des femmes, dont le roi n’avoit pu venir à bout. — Maison du duc d’Aumont, à Londres, brûlée. — Caractère du duc d’Aumont. — L’incendie coûte cinq cent cinquante mille livres au roi. — Bout de l’an à Saint-Denis du Dauphin et de la Dauphine. — Histoire de la compagnie de Jésus, du P. Jouvency. — Scandale de ce livre, dont les jésuites se tirent à bon marché. — Abbé de Castries premier aumônier de Mme la duchesse de Berry. — Son caractère ; sa fortune. — Longepierre secrétaire des commandements de Mme la duchesse de Berry ; son caractère. — Mort de l’électeur de Brandebourg, premier roi de Prusse. — Électeurs de Cologne et de Bavière à Paris et à Suresne ; voient le roi. — Règlement en vingt-cinq articles, fait par le roi, entre les gouverneurs ou commandants généraux de Guyenne et le gouverneur de Blaye, dont je gagne vingt-quatre articles, de l’avis du duc du Maine, contre le maréchal de Montrevel. — Ténébreuse noirceur de Pontchartrain, qui me fait éclater. — La Chapelle ; quel ; je lui fais une étrange déclaration. — Conversation étrange entre le chancelier et moi. — Même conversation avec la chanceliere. — Mme de Saint-Simon vainement attaquée. — L’intimité entière subsiste entre le chancelier, la chanceliere, et Mme de Saint-Simon et moi.
Chapitre xv. — Extraction abrégée de Tallard. — Mariage de son fils avec une fille du prince de Rohan. — Fiançailles du duc de Tallard et de la fille du prince de Rohan dans le cabinet du roi, et la cause de cet honneur. — Signature du roi par lui déclarée de nul poids aux contrats de mariage hors sa famille. — Adresse, puis hardiesse des secrétaires d’État pour se décrasser de leur qualité essentielle de notaires publics et de secrétaires du roi. — Maréchal de Tallard signe partout au-dessus du prince de Rohan, et le duc de Tallard au-dessus de sa future. — Abus faux d’une galanterie du roi dont les Rohan tâchent d’abuser le monde. — Renonciations. — Réflexions sommaires. — Pairs conviés de la part du roi, chacun par le premier maître des cérémonies, de se trouver au parlement. — Embarras de M. le duc de Berry pour répondre au compliment du premier président ; comment levé. — Ducs de Berry et d’Orléans vont de Versailles au parlement. — Messe à la Sainte-Chapelle. — Marche de la Sainte-Chapelle à la grand’chambre. — Séance en bas. — Pairs séants et absents ; nombre de pairs et de pairies. — M. le duc de Berry demeure court. — Entre-deux de séance. — M. le duc de Berry et tous pairs en séance en haut. — Orgueilleuse lenteur des présidents à revenir en place, pour lesquels nul ne se lève. — Séance en haut. — Deux petites aventures risibles. — Levée de la séance et sortie. — Dîner au Palais- Royal. — Retour à Versailles. — Indiscret compliment de Mme de Montauban à M. le duc de Berry. — Désespoir et réflexions de M. le duc de Berry.
Chapitre xvi. — L’impératrice va de Barcelone à Vienne par l’Italie fort incognito. — Plénipotentiaires d’Espagne reçus à Utrecht. — Orry rappelé en Espagne. — Bassesse, caractère et fortune du duc de Bournonville. — La paix signée, publiée ; fêtes à Paris. — Hardie politique de M. et de Mme du Maine. — Bailliage d’Haguenau assuré à M. de Châtillon. — Quarante-huit mille livres d’augmentation de pension à Madame. — Douze mille livres de pension au duc de Charost. — Vingt mille livres de pension assurées à Mme de Monasterol. — Fiefmarcon lieutenant général de Roussillon. — Lueurs trompeuses sur l’archevêque de Cambrai. — Mort de Montgaillard, évêque de Saint-Pons. — Mort de L’Aigle ; son caractère. — Mort et caractère de Sévigné. — Mort, caractère et fortune du vieux Clérembault. — Mort de la marquise de Mirepoix. — Mort de la comtesse d’Uzes. — Mort, fortune et caractère du cardinal de Janson. — Beauvois donné à l’abbé de Saint-Aignan, malgré le duc de Beauvilliers.— Adresse hardie de Rome sur ses bulles. — Naissance et mort du duc d’Alençon. — Électeurs de Cologne et de Bavière voient le roi plusieurs fois. — Princesse de Conti, fille du roi, achète l’hôtel de Lorges, à Paris. — Mariage d’Aubigny avec Mlle de Villandry. — Villars s’excuse de servir, puis va sur le Rhin ; Besons sur la Moselle — Harcourt, destiné au Rhin, hors d’état de servir. — Cent mille livres à Villars. — Départ des généraux. — Steinbok et ses troupes prisonniers des Danois. — Châteauneuf ambassadeur en Hollande ; Bonac à Constantinople ; du Luc en Suisse. — Abbé de Mornay ; quel, et pourquoi en Portugal. — Lassai fils envoyé en Prusse, où il ne fut point. — Lœwenstein évêque de Tournai.
Chapitre xvii. — Menées sourdes et profondes du P. Tellier et de Bissy, évêque de Meaux. — Voysin substitué à Torcy pour les.affaires du cardinal de Noailles. — Bissy nommé au cardinalat. — Projet énorme du P. Tellier. — L’affaire du cardinal de Noailles portée à Rome. — P. Daubenton et Fabroni ; quels. — Ils dressent seuls, et en secret, la constitution Unigenitus. — Le pape engagé de parole positive à ne donner sa constitution que de concert et approuvée du cardinal de La Trémoille en particulier, et du sacré collége en général. — Audacieuse visite du P. Tellier au cardinal de Rohan. — Caractère du cardinal de Rohan ; son éducation. — Il doit tout au cardinal de Noailles. — Priviléges de la vie des cardinaux. — Combat intérieur du cardinal de Rohan. — Tallard entraîne le cardinal de Rohan au P. Tellier. — Cardinal de Rohan grand aumônier. — Cardinal de Polignac maître de la chapelle du roi. — Orgueil de son serment. — Il reçoit le bonnet de la main du roi ; il le harangue à la tête de l’Académie française sur la paix. — Vittement recteur de l’Université ; sa belle harangue et son très-singulier effet.
Chapitre xviii. — Histoire de France du P. Daniel ; son succès ; son objet ; sa prompte chute ; récompense. — Cardinal Gualterio à la cour. — Cause de sa disgrâce à Rome, et de ce que les nonces en France n’y reçoivent plus la nouvelle de leur promotion à. la pourpre. — Grâces faites au cardinal Gualterio, qui retourne à Rome. — Retour du maréchal d’HuxelIes et de Ménager — Mérite de Ménager, à qui le roi donne une pension de dix mille livres. — Mort, caractère, friponnerie, état et famille de Sainctot. — Branche très-effective de La Tour non reconnue par les La Tour-Bouillon. — Plaisant tour là-dessus de Wartigny au cardinal de Bouillon, — Querelle du duc d’Estrées et du comte d’Harcourt. — Prétentions des maréchaux de France et leurs tentatives de juridiction sur les ducs, avortées. — Court abrégé de la nouveauté, de l’absurdité et du peu de succès des prétentions d’autorité des maréchaux de France sur les ducs, et de la manière d’accommoder leurs querelles. — Maréchal d’Estrées commissaire du roi sur l’insulte de Mademoiselle à Madame.
Chapitre xix. — Proposition de mariage conduite par Mlle de Conti entre une fille de M. le duc d’Orléans et M. le prince de Conti. — Mlle de Conti, accusée de faire manquer le mariage pour son intérêt, en est irréconciliablement brouillée avec Mme la duchesse de Berry. — Mme la Princesse fait ordonner par le roi le double mariage de M. le Duc avec Mlle de Conti, et de M. le prince de Conti avec Mlle de Bourbon. — Présent ordinaire du roi aux princes et princesses du sang qui se marient. — Fiançailles, mariage, festin, chemises et visites du double mariage de M. le Duc et de M. le prince de Conti. — Mauvois ménage du prince et de la princesse de Monaco. — Grâces très-insolites accordées à M. de Monaco pour la transmission de son duché-pairie. — Mariage du fils du comte de Roucy proposé avec Mlle de Monaco, que Mme de Monaco rompt avec éclat ; [elle] vient à Paris et à la cour, où elle trouve peu d’agréments. — Mariage du duc d’Olonne avec Mlle de Barbezieux. — Mariage de Pontchartrain avec Mlle de Verderonne, où le chancelier me force d’assister. — Mort de la comtesse de Prado. — Extraction et fortune des Prado. — Mort de la duchesse d’Angoulême, veuve du bâtard de Charles IX. — Mort de l’évêque de Rosalie ; sa famille ; sa vie. — Mort de l’abbé Régnier. — Changement de charges chez Madame. — Beauvau archevêque de Toulouse. — Amusements du roi chez Mme de Maintenon. — Audience de congé du duc et de la duchesse de Shrewsbury, à Marly, tout à fait inusitée.
Chapitre xx. — Siége de Landau. — La garnison et celle de Kayserslautern se rendent prisonnières. — Biron perd un bras à Landau et en a le gouvernement. — Villars, chevalier de la Toison d’or, passe le Rhin ; investit Fribourg. — Cardinal de Bouillon s’achemine des Pays-Bas à Rome. — Électeur de Bavière voit le roi à Marly. — Voyage de Fontainebleau par Petit-Bourg. — L’électeur de Bavière y vient passer quinze jours et retourne à Compiègne. — Mariage du prince de Robecque et de la fille du comte de Solre. — Branche de Robecque de la maison de Montmorency. — Fortune du prince de Robecque en Espagne ; sa mort, et son frère. — Branche de Solre de la maison de Croï. — Origine de cette maison. — MM. de Solre sortis de la branche de Chimay. — Évêque de Cambrai fait duc. — Chimère du fils aîné du dernier comte de Solre. — Branche d’Havré de la maison de Croï sortie de la branche de Solre. — Éclat près d’arriver entre le duc de La Rochefoucauld et moi, arrêté par le duc de Noailles. — Trois mille livres d’augmentation de pension à Saint Hérem. — Douze mille livres d’appointements à Bloin sur la Normandie pour le gouvernement de Coutances. — Comte de La Mothe, rappelé, voit le roi dans son cabinet. — Sage politique du roi sur les emplois dans les provinces. — Naissance de l’infant don Ferdinand.
NOTES
I. Des chanceliers et gardes des sceaux pendant la première moitié du xviie siècle 451
II. Règlement fait par Louis XIV, à la mort du chancelier Séguier, pour la tenue du sceau 454
III. Madame la comtesse et Vardes 455
IV. Le duc de Mazarin 457


FIN DE LA TABLE DES CHAPITRES




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