Page:Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844.djvu/494

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1795), dans l’amphithéâtre du Jardin-des-Plantes. Le but que la Convention Nationale se proposait d’atteindre, en créant cette école, était de former des professeurs. L’École Normale fut organisée par des représentants du peuple, et en vertu de leur arrêté du 2 nivôse suivant. Les savants Lagrange, Laplace, Monge, Haüy, Daubenton, Berthollet, Thouin, Volney, Sicard, Garat, Bernardin de Saint-Pierre, La Harpe, etc., y professaient et enseignaient. Leurs leçons n’étaient point écrites. Ils improvisaient. Des sténographes recueillaient leurs discours qu’ils faisaient imprimer et publier. Cette institution qui eut des commencements si brillants, fut supprimée après une existence de plusieurs mois. Une nouvelle École Normale fut créée par décret impérial du 17 mai 1808. Cet établissement était situé dans la rue des Postes, no 26. Réorganisé depuis, il a été transféré, comme nous l’avons dit, dans les bâtiments du collége du Plessis.

En vertu de la loi du 24 mars 1841, un crédit de 1 978 000 fr. a été ouvert au ministre des travaux publics, pour être appliqué aux dépenses que devait nécessiter la construction d’un édifice destiné à l’École Normale.

On a fait choix d’un terrain situé dans la rue d’Ulm ; des bâtiments ont été élevés avec une grande célérité, et bientôt ils seront occupés par l’École Normale.

Normandie (rue de).

Commence aux rues Vieille-du-Temple, no 147, et de Périgueux ; finit à la rue Charlot, nos 18 et 20. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 218 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

La partie de cette voie publique, située entre les rues Charlot et de Périgueux, fut ouverte en vertu d’un arrêt du conseil du 7 août 1696. Elle a été prolongée jusqu’à la rue Vieille-du-Temple, suivant un second arrêt du 21 février 1701. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835, sa largeur est portée à 10 m. Elle tire son nom d’une de nos anciennes provinces de France. — Propriété no 1, redress. ; 3, alignée ; 5, retranch. 40 c.: 5 bis, alignée ; les deux maisons no 5 ; situées entre la rue de Périgueux et le no 7, ret. 2 m. à 2 m. 30 c. ; 7, et encoignure gauche de la rue de Saintonge, alignées ; surplus de ce côté, ret. 1 m. 70 c. à 1 m. 90 c. Maisons du côté des numéros pairs, ret. 1 m. 20 c. À 1 m. 50 c. — Portion d’égout. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Notre-Dame (église métropolitaine).

Située entre le quai de l’Archevêché, la rue du Cloître et le Parvis Notre-Dame. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Un voile mystérieux, des traditions incomplètes, entourent le berceau de Notre-Dame. Il n’est pas croyable que cette église ait été placée, dans le principe, sous l’invocation de Notre-Dame. On sait que le culte de la Sainte-Vierge n’a été ni promptement répandu, ni généralement adopté dans les premiers temps. On ne trouve aucune trace des fêtes célébrées en son honneur, avant le concile d’Éphèse, tenu en 431. Plusieurs actes des années 690, 700, 829 et 861 nous apprennent que la cathédrale de Paris a d’abord porté le nom de Saint-Étienne, premier martyr. La cathédrale était sans doute composée de deux édifices, dont l’un était la basilique de Notre-Dame, et l’autre celle de Saint Vincent. Cet état de choses existait dans le VIe siècle. Grégoire de Tours, en parlant de l’incendie qui consuma toutes les maisons de l’île de Paris, vers l’année 586, dit que les seules églises furent exceptées. Ces églises, dans la Cité, ne peuvent être que celles qui formaient depuis peu la cathédrale. Saint-Étienne avait été le premier de ces édifices ; ensuite, d’après l’usage où l’on était de bâtir de petites églises autour des basiliques, il est à présumer qu’on en avait élevé une à côté sous l’invocation de la Vierge. Ce monument, devenu insuffisant par suite de l’accroissement de la population, on l’aura rebâti et agrandi sous le règne de Childebert Ier ; alors sans doute la nouvelle basilique est devenue la cathédrale, par une autre coutume de cette époque, de donner aux églises neuves un vocable différent du premier patron. Paris, devenu le siège de la monarchie, la cathédrale se trouva encore trop petite. Il fallut songer à sa reconstruction. Vers 1163, Maurice de Sully, que ses vertus et son intelligence avaient élevé à l’épiscopat, entreprit cette reconstruction. Le pape Alexandre III, réfugié en France, posa la première pierre, et, en 1182, le grand autel fut consacré par Henri, légat apostolique. En 1185, la construction de l’église était assez avancée pour qu’il fut possible d’y célébrer l’office divin. Héraclius, patriarche de Jérusalem, qui vint à Paris prêcher la Croisade, célébra, le 17 janvier, la messe dans cette église, en présence de Maurice de Sully et de son clergé. Les travaux de Notre-Dame avaient été entrepris sur une si grande échelle, qu’il fut impossible de les terminer en même temps. En 1257, Jean de Chelles, maître-maçon, commença le portail méridional. En 1312, le portail septentrional fut bâti avec une partie des biens enlevés aux Templiers. Les chapelles du chœur et la délicieuse porte du cloître furent ensuite construites enfin, en 1447, Charles VII donna des sommes considérables pour l’achèvement de Notre-Dame. La cathédrale une fois terminée, parut si belle à nos pères, et produisit sur eux tant d’effet, qu’ils regardaient ce monument comme le plus majestueux de la chrétienté. — Aux xiiie, xive et xve siècles, on était dans l’usage de jeter du haut des voûtes de Notre-Dame, des pigeons, des fleurs, des étoupes sous la forme de langues de feu, et des pâtisseries appelées oblayes (oublies). À l’instant où l’on entonnait l’hymne Veni Creator, un pigeon blanc s’échappait du haut des voûtes, pour figurer la descente du Saint-Esprit. Le