Page:Marcellin, Jornandès, Frontin, Végèce, Modestus - Traductions de Nisard, 1860.djvu/257

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physionomie très gaie, et les yeux bleus. Il était d’une stature et d’une corpulence telles qu’on eut peine à trouver des ornements impériaux à sa taille. À l’exemple de Constance, qu’il préférait à Julien comme modèle, on le voyait remettre à l’après-midi les affaires sérieuses, et badiner en public avec ses courtisans.

(15) Attaché à la religion chrétienne, il se montra souvent libéral envers elle ; mais c’était par sentiment plutôt que par conviction éclairée. Par le petit nombre de juges nommés par lui, on put se faire une idée de l’attention qu’il apportait dans ses choix. Il aimait les femmes et la table, faiblesses dont les bienséances du pouvoir auraient pu le corriger.

(16) On a dit que son père Varronien avait eu en songe un avertissement de la haute fortune réservée à son fils, et qu’il en avait fait part à deux de ses amis. Il avait ajouté que lui-même devait revêtir la robe consulaire. Mais si l’une des prédictions se vérifia, l’autre demeura vaine ; car le vieillard apprit seulement l’avènement de Jovien. La mort l’empêcha de voir son fils sur le trône.

(17) Son nom cependant reçut l’honneur promis par le songe, dans la personne de son petit-fils, qui fut, ainsi que je viens de le dire, élevé au consulat avec son père Jovien.


Traduction sous la direction de M. Nisard, Paris Firmin Didot, 1860
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