Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1784, tome 5.djvu/517

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ou ses tiges périssent, tous les huit jours on couvre les lits avec ses feuilles & ses rameaux, il en résultera que les punaises ne paroîtront pas pendant ce temps-là : mais fussent-elles nichées dans les fentes des lits, elles n’y mourront pas, & l’odeur infecte ne permettra à personne de coucher dans l’appartement. (Consultez l’article Punaise). Lavez souvent à l’eau bouillante les bois de lit, les toiles des garde-pailles, des matelas ; faites recrépir les murs à la fin de l’automne, vernissez les boiseries ; en un mot, tenez le tout dans le plus grand état de propreté ; voilà la meilleure recette pour se débarrasser de cette vermine.

Il en est ainsi de l’hièble, relativement aux charançons, (voyez ce mot) & de toutes les herbes à odeur forte. S’ils fuient, c’est pour quelques jours, mais ils reviennent dès qu’elle est dissipée. Les cordonniers, les selliers se servent des baies de l’hièble dans leur maturité, pour teindre les peaux en noir.


HIPREAU. (Voyez Peuplier).


HIVER, saison qui termine & renouvelle l’année. Les habitans de la campagne l’appellent morte saison, mauvaise saison ; elle l’est, en effet, pour beaucoup d’endroits, & l’extension de ces dénominations varie, suivant les climats, (voyez ce mot), & les abris, (voyez le mot Agriculture). Quant à moi, relativement à la terre que l’on cultive, je la nomme saison de préparation, ou de réintégration. En effet, c’est la saison qui lui rend l’humidité évaporée pendant L’été, & sans cette précieuse humidité, il n’y auroit ni décomposition des sels, ni combinaison & mélange intime de ces sels, avec les substances huileuses ou graisseuses qu’elle contient, ou qu’on lui donne par les engrais. Enfin, sans eau, il n’y auroit point de fermentation au retour de la chaleur. Pendant cette saison, les bruines, les pluies, la neige, entraînent en tombant, ce sel acide, ce sel aérien, cet air fixe, cette masse d’électricité, &c. répandus dans l’atmosphòre. (voyez le mot Amendement, & le dernier chapitre du mot Culture). Tous les pays ont leur hiver ; ici, il se déclare par la neige, les frimats, la glace ; là, par des pluies, plus ou moins longues, & quelquefois de trois mois & sans interruption. Tels sont les pays situés près de la ligne, &, pendant le reste de l’année, à peine y tombe-t-il une goutte d’eau. C’est à la saison de l’hiver qu’on doit la conservation des sources puisqu’elles sont toujours le résultat de l’infiltration des eaux de pluie ; c’est par ces pluies, que l’humidité descend jusqu’aux racines des arbres y porte la vie & la nourriture, & les met en état de supporter l’évaporation causée par les grandes chaleurs de l’été. En un mot, l’hiver est le temps employé par la nature, à réparer ses pertes, & à combiner lès nouveaux principes de fertilité.

Il résulte de ces principes, confirmés par le fait, que tous les labours pratiqués à l’entrée de l’hiver, sont les plus profitables, puisqu’ils facilitent l’infiltration des eaux, & leur permettent de pénétrer à une profondeur plus considérable qu’elle n’auroit pu le faire, si la surface des sols étoit en croûte. À ce premier avantage il en résulte un