L’Encyclopédie/1re édition/BRAS

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

BRAS, s. m. (Anatomie.) est une partie du corps humain, qui se termine d’un côté à l’épaule, & de l’autre à la main. Voyez Corps, Épaule, &c.

Chez les Medecins & les Anatomistes, bras signifie seulement cette partie qui est entre l’épaule & le coude ; le reste depuis le coude jusqu’au poignet, se nomme l’avant-bras. Voyez Main.

Le bras dans ce dernier sens, n’a qu’un seul os appellé humerus. Voyez Humerus.

Le bras a cinq sortes de mouvemens qui s’exécutent par neuf muscles ; un mouvement en haut, par le deltoïde, le susépineux, & le coracobrachial ; un mouvement en bas, par le grand rond, le petit rond, & le grand dorsal ; un mouvement en devant, par le grand pectoral & le sous-scapulaire ; un mouvement en arriere, par le sous-épineux ; un mouvement circulaire, par l’action combinée de tous ces muscles. Voyez chacun de ces muscles sous son article particulier.

L’autre partie du bras ou l’avant-bras, est composée de deux os, le radius & le cubitus. Voy. Radius & Cubitus.

Les muscles qui fléchissent l’avant-bras, sont le biceps & le brachial interne ; ceux qui l’étendent sont le long extenseur & le court extenseur, le brachial externe, l’anconée ; le mouvement de pronation s’exécute par le rond pronateur & le quarré pronateur ; & celui de supination, par le long supinateur & le court supinateur. V. chacun de ces muscles en son lieu. La saignée ordinaire se fait au bras. V. Saignée & Phlébotomie.

Bras de la moelle allongée, voyez Branches & Moelle allongée. (L)

Bras se prend au figuré pour un instrument ou pour la partie d’une machine, qui a par sa longueur & par sa fonction des rapports, quelquefois bien éloignés, avec la forme & les usages du bras dans le corps humain. C’est en ce sens qu’on appelle chez les marchands Ciriers, bras de flambeaux, les longs cordons de meche dont ils forment leurs flambeaux, en les enduisant de cire. Voyez Flambeau & Cire.

Chez les Menuisiers & Charpentiers, bras de scie, sont les deux pieces de bois paralleles auxquelles la feuille de la scie est attachée. Voyez Scie.

Chez les Charpentiers, bras de chevre, les deux longues pieces de bois qui portent le treuil sur lequel le cable s’enveloppe quand on monte un fardeau. Voyez Chevre, &c.

Chez les Massons, bras de bar & de civiere, les extrémités des deux principales pieces de ces engins, celles que les porteurs tiennent à leurs mains, quand ils s’en servent. On dit encore bras de grue, voy. Grue ; bras de baleine, pour nageoires, voyez Baleine ; bras d’engin, voyez Engin ; bras de Tourneur, bras d’ancre, bras de riviere, &c. voyez ces articles, les uns ci-dessous, les autres à leurs renvois.

Bras séculier, terme usité en Droit, est l’autorité, la main ou puissance du juge séculier, que l’on employe pour faire exécuter les ordonnances du juge d’église, ou pour faire subir à un ecclésiastique coupable d’un délit privilégié, les peines que l’Église ne peut imposer. Le juge d’église n’a pas le pouvoir de mettre à exécution ses sentences sur les biens temporels de ceux qu’il auroit condamnés, ni d’imposer des peines grieves & qui aillent jusqu’à l’effusion du sang. Diction. de Droit de Deferriere.

Bras, en Manege, se dit de la partie de la jambe de devant, qui s’étend depuis le bas de l’épaule jusqu’au genou. On dit qu’un cheval plie bien le bras, pour dire qu’il plie bien la jambe, quoique le bras même ne plie point. Un cheval qui plie bien les bras, & leve le devant avec liberté, n’a plus besoin d’être mis entre deux piliers pour lui rendre le devant léger. Le bras pour être bien fait, doit être large, long, & charnu. (V)

Bras, (Jardinage.) est un terme dont on se sert en parlant des melons, des concombres, des citrouilles, pour exprimer les branches qu’ils poussent. On distingue les bons bras d’avec les mauvais qui sont veules, & qu’il faut supprimer. Les bons melons ne viennent jamais que sur les bons bras. (K)

Bras, en Marine, ce sont des cordages amarrés au bout de la vergue, pour la mouvoir & gouverner selon le vent. La vergue d’artimon outre les bras, a une corde appellée ourse, à l’extrémité de la vergue.

Halez sur les bras, terme de commandement pour ordonner aux matelots de roidir ces cordages.

Tenir un bras, c’est-à-dire, haler & amarrer un de ces cordages nommés bras.

Bon bras, cela se dit quand on brasse au vent, en sorte que le vent ne soit pas au plus près.

Bras de revers ; larguer le bras du vent ou de service.

Bras, les grands bras, ou bras de la grande vergue, fig. 1. n° 44.

Bras de la vergue de misene, n° 45.

Bras de la vergue du grand hunier, n° 73.

Bras de la vergue du petit hunier, n° 75.

Bras de vergue de foule, n° 71. Le cordage appellé ourse ou hource, . 43.

Bras de vergue de perroquet de foule, n° 72.

Bras de la vergue de grand perroquet, n° 74.

Bras de la vergue du perroquet de misene, fig. 1. n° 76.

Bras de la vergue de civadiere, n° 46.

Bras de la vergue de perroquet de beaupré, n° 77. (Z)

Bras, terme dont se servent les Géographes, pour dire une partie de mer ou de riviere resserrée entre des terres. Voyez Mer, Océan, Riviere

L’Italie est séparée de la Sicile par un bras de mer.

Le bras de S. George dans la Méditerranée, est l’ancien bosphore de Thrace, aujourd’hui le détroit des Dardanelles.

Bras d’une ancre, est une des moitiés de la partie courbe, dite croisée. Voyez Ancre.

Bras d’une balance, sont les deux parties du levier qui la forme, prise de part & d’autre du centre : & auxquelles on suspend les poids. Voyez Balance. (O)

Bras, en terme de Diamantaire, n’est autre chose qu’une piece de bois AB, Pl. XI. du Diamantaire, d’environ deux piés de long, garnie de deux poignées, & montée sur une autre piece perpendiculaire CD, qui tourne par en-bas sur une crapaudine scellée en terre, & par en-haut au moyen d’un tourillon dans un collet qui l’embrasse. Voyez la figure premiere, Pl. II. du Diamantaire.

Pour faire mouvoir la roue, un ouvrier pousse & tire alternativement le bras AB, par le moyen des deux poignées qu’il tient dans ses mains ; le mouvement ainsi imprimé au bras, se communique par le moyen de l’épée au coude de l’arbre, qui porte la roue de bois. Voyez les figures.

Bras, (parties de la presse en taille-douce.) ils sont au nombre de quatre assemblés par une de leurs extrémités oo, dans les parties latérales des jumelles CD ; leur autre extrémité FF, porte sur les colonnes G, qui sont de même au nombre de quatre. Voyez Presse d’Imprimerie en taille-douce, & les fig. prem. & 6. oo, FF, Pl. de l’Imprimerie en taille-douce.

Bras, (terme de Tourneur.) ce sont deux pieces de bois qui traversent les poupées du tour un peu au-dessous des pointes, & qui servent à soûtenir la barre sur laquelle l’ouvrier appuie ses outils en travaillant. Ces bras s’avancent & reculent à la volonté de l’ouvrier, & selon que l’ouvrage le demande. Voyez Tour.

Bras de presse, bras de force, pieces du métier à bas. Voyez l’article Bas.