L’Encyclopédie/1re édition/PAS

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
◄  PARYPATE
PASARGADE  ►

PAS. POINT, (Synon.) pas énonce simplement la négation. Point appuie avec force & semble l’affirmer. Le premier souvent ne nie la chose qu’en partie ou avec modification. Le second la nie toujours absolument, totalement & sans réserve. Voilà pourquoi l’un se place très-bien devant les modificatifs, & que l’autre y auroit mauvaise grace. On diroit donc n’être pas bien riche & n’avoir pas même le nécessaire ; mais si l’on vouloit se servir de point, il faudroit ôter les modificatifs, & dire n’être point riche, n’avoir point le nécessaire.

Cette même raison fait que pas est toujours employé avec les mots qui servent à marquer le dégré de qualité ou de quantité, tels que beaucoup, fort, un, & autres semblables. Que point figure mieux à la fin de la phrase devant la particule de, & avec le mot du tout, qui au lieu de restraindre la négation, en confirme la totalité.

Ce n’est pas assez de dire que pour l’ordinaire les Philosophes ne sont pas riches ; il faut ajouter que dès qu’il s’agit d’acquérir des richesses aux dépens de la probité, ils n’en veulent point à ce prix. Regle générale, on doit employer la particule négative point, quand elle a la signification de jamais.

Toutes les fois que les particules pas ou point font des pléonasmes, il faut les retrancher. Le P. Bouhours a quelquefois fait cette faute. « Il en est, dit-il, de Tancrede dans la Jérusalem délivrée, comme de Sancerre dans la princesse de Cleves ; leur affliction est plus naturelle au commencement qu’elle ne l’est pas dans la suite. » Maniere de bien penser. Voyez les remarques de Vaugelas sur pas & point, tom. II. avec les notes de Thomas Corneille. (D. J.)

Pas d’ane, s. m. (Hist. nat. Bot.) genre de plante à fleur radiée, dont le disque est composé de plusieurs fleurons, & la couronne de demi-fleurons ; les fleurons & les demi-fleurons sont placés sur des embryons & soutenus par un calice profondément découpé. Les embryons deviennent dans la suite des semences qui sont garnies d’une aigrette, & attachées à la souche. Ajoutez aux caracteres de ce genre, que les fleurs naissent avant les feuilles. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Pas d’ane, (Medecine.) il est pectoral, propre pour les rhumes où les crachats sont épais, visqueux ; c’est un béchique expectorant, détersif ; il adoucit les ulceres de la poitrine ; il est bon pour purifier le sang ; on se sert de ses fleurs & de sa racine. On en fait un sirop, une conserve, dont on fait usage dans les affections de la poitrine, telles que la toux, la pleurésie, & autres.

Pas, (Géogr.) est en général une mesure déterminée par l’espace qui se trouve entre les deux piés d’une personne qui marche. Voyez Mesure.

Le pas ordinaire est de deux piés & demi ; plusieurs le font cependant de trois piés ; le pas géométrique, ou le pas allemand, appellé aussi le grand pas, est de cinq piés. Voyez Pied.

Les anciens milles romains & les milles italiens modernes sont de mille pas, mille passus. La lieue françoise est de trois mille pas ; la lieue allemande est de quatre mille pas. Voyez Mille, Lieue, &c. Chambers. (E)

Pas se dit aussi du pié d’un animal ; j’ai remarqué le pas d’un loup.

Pas, (Droit politiq) ce terme se dit des divers degrés de prééminence entre les princes ; ils sont assez connus, & ne peuvent intéresser essentiellement leurs sujets ; aussi toutes les disputes sur le pas & les préséances dans un congrès pour la paix, ne font qu’arrêter par des difficultés frivoles, la célérité de conventions très-importantes au bien public. (D. J.)

Pas d’armes, en Chevalerie ; est une place que les anciens chevaliers entreprenoient de défendre ; par exemple, un pont, un chemin, &c. par lequel on ne sauroit passer sans combattre la personne qui le garde. Voyez Chevalier, Chevalerie, & Aumônes

Les chevaliers qui défendoient le pas pendoient leurs armes à des arbres, à des poteaux, à des colonnes, &c. élevées pour cet usage ; & quiconque étoit disposé à disputer le passage, touchoit une de ces armoiries avec son épée, ce qui étoit un cartel que l’autre étoit obligé d’accepter ; le vaincu donnoit au vainqueur le prix dont ils étoient convenu avant le combat.

On appelloit aussi pas d’armes le combat ou défi qu’un tenant ou seul, ou accompagné de plusieurs chevaliers, offroit dans les tournois contre tous venans ; ainsi en 1514, François, duc de Valois, avec neuf chevaliers de la compagnie, entreprit un pareil combat appellé le pas de l’arc triomphal, dans la rue Saint-Antoine à Paris, pour les fêtes du mariage de Louis XII. & le tournois où Henri II. fut blessé à mort en 1559, étoit aussi un pas d’armes, puisqu’il est dit dans les lettres de cartel, que le pas est ouvert par sa majesté très-chrétienne, &c. pour être tenu contre tous venans dûement qualifiés. Le funeste accident qui mit ce prince au tombeau, a fait cesser ces dangereux divertissemens.

Pas de vis, est la distance qui se trouve entre deux cordons ou trois immédiatement consécutifs de la spirale qui forme la circonférence de la vis. Cette distance se mesure non par la perpendiculaire menée sur les deux tours ou cordons voisins, mais elle s’estime suivant la longueur de la vis. Voyez Vis. (O)

Pas de souris, dans la Fortification, sont les haliers ou degrés qu’on pratique aux angles saillans & rentrans de la contrescarpe pour monter du fossé dans le chemin couvert. (Q)

Pas de camp, (le) est celui dont on se sert ordinairement pour mesurer les différens espaces nécessaires pour camper & pour mettre les troupes en bataille. Ce pas est de trois piés de roi.

Outre le pas de camp, il y en a trois autres, que l’ordonnance du 6 Mai 1755 a établis pour les mouvemens des troupes. Ces pas sont le petit pas, qui est d’un pié mesuré d’un talon à l’autre ; le pas ordinaire, qui est de deux piés, & le pas redoublé, qui se fait une fois plus vîte que les précédens.

Le petit pas & le pas ordinaire doivent se faire chacun dans l’intervalle d’une seconde, pendant laquelle on peut prononcer distinctement un, deux. Dans ce même tems on fait deux pas redoublés.

Le petit pas, l’ordinaire & le redoublé, peuvent être directs ou obliques. Ils sont directs lorsque la troupe marche directement devant elle, & obliques lorsque les soldats s’avancent par le côté.

Le petit pas rend la marche grave & majestueuse ; l’ordinaire la rend propre à durer longtems ; à l’égard du pas redoublé, il convient lorsqu’il faut tomber avec vivacité sur l’ennemi ; comme il se fait avec une fois plus de vîtesse que les autres, on ne peut s’en servir que pour parcourir un espace trop court, pour fatiguer les troupes & les mettre hors d’haleine.

Les soldats doivent être exercés à exécuter ensemble ces différens pas, de la même maniere que si toutes les parties de la troupe ou du bataillon n’avoient qu’un seul & même mouvement. Le bruit des instrumens peut servir très-utilement à faire acquérir cette justesse & cette précision aux soldats ; mais les fréquens exercices peuvent aussi y suppléer. Thucydide dit que dans la bataille de Mantinée, gagnée par Agis sur les habitans de cette ville, les Lacédémoniens s’avancerent posément au son de la flute, dont il y avoit plusieurs entremêlées dans les bataillons, non pour chanter l’hymne du combat, mais pour marcher d’un pas égal & comme en cadence, de peur de rompre les rangs, comme il arrive d’ordinaire aux grandes armées. (q)

Pas, terme de Manege, est une certaine maniere dont un cheval peut se mouvoir & avancer. Voyez Cheval.

Il y a trois sortes de pas naturels au cheval, savoir le pas proprement dit, ou le marcher, le trot, & le galop ; quelques-uns y ajoutent l’amble, parce que ce dernier pas est naturel à quelques chevaux. Voyez Trot, Galop, Amble, &c.

A l’égard des pas artificiels. Voyez Airs.

Les chevaux qui mêlent leurs pas, c’est-à-dire par exemple le marcher & l’amble, &c. sont rarement bons ; leur défaut vient d’un tempérament bouillant & inquiet, & quelquefois aussi d’une foiblesse de reins ou de jambes.

Pas se dit plus particulierement de l’espece de marcher tranquille, où un cheval leve en même tems les jambes diamétralement opposées, une devant & l’autre derriere, ce qui est le mouvement du trot. Voyez Trot.

Pas, s. m. pl. (Architect.) petites entailles, par embrevement, faites sur les plate-formes d’un comble, pour recevoir les piés des chevrons. (D. J.)

Pas d’une porte, (Architect.) c’est précisément la pierre qu’on met au-bas d’une porte entre ses tableaux, & qui differe du seuil, en ce qu’elle avance au-delà du nud du mur en maniere de marche.

Pas, (Arpentage.) mesure dont on se sert pour arpenter les terres ; le pas d’arpentage à la Martinique est de trois piés & demi de la mesure de Paris ; à la Guadeloupe & aux autres îles Antilles françoises il n’est que de trois piés.

Pas, terme de Carrier, signifie chaque tour que le gros cable fait sur l’arbre de la roue d’une carriere ; ainsi lorsque les carriers d’en-bas crient à ceux d’en-haut de lâcher un pas pour débrider, ils veulent faire entendre qu’il faut lâcher un tour de roue pour débrider la pierre qui a été mal bridée, & la brider plus surement. (D. J.)

Pas, (Charpenterie.) est un embrevement dans les sablieres & plateformes pour recevoir le pié des chevrons.

Pas, en terme de Danse, se dit des différentes manieres d’y conduire ses pas en marchant, en sautant & en pirouettant : voici les noms des principaux pas de danse.

Le pas se prend en général pour une composition faite sur un air ; ainsi on dit il a fait un beau pas sur une telle chacone, sur une telle gigue. Au propre c’est un mouvement d’un pié d’un lieu à un autre, ce qui se fait en cinq manieres, quand on porte également les deux piés ou en-avant, ou en-arriere, ou de côté.

Le pas droit est un pas qui se fait en ligne droite.

Le pas grave ou ouvert, se dit lorsqu’on écarte en marchant un pié de l’autre en décrivant un demi-cercle.

Le pas battu, est lorsqu’on passe une des jambes par-dessus l’autre, ou par-dessous, avant que de poser le pié à terre, ou qu’on bat d’une cuisse contre l’autre.

Le pas tourné est lorsqu’on fait un tour des jambes, ou qu’on décrit un cercle entier avec le pié en-avant ou en-arriere ; il s’appelle aussi tour de jambes.

Le pas tortillé est lorsqu’on fait mouvoir un pié sur une ligne parallele à celui qui est posé à terre, & qu’en le posant à terre on le remet à angle droit ; ou autrement, c’est lorsqu’en partant on met la pointe du pié en-dedans, & en le posant on la remet en-dehors ; il se fait de la hanche.

On appelle pas avec mouvement, ceux que l’on fait avec les plis des genoux.

Le pas relevé ou neuf, se fait lorsqu’après avoir plié au milieu du pas, on se releve en le finissant.

Pas balancé, ou balancement, se fait lorsqu’on se jette à droite avec mouvement sur la pointe du pié, pour faire ensuite un coupé ; on l’appelle demi-coupé.

Pas coupé, c’est lorsqu’après avoir fait un pas avec mouvement, on en fait un autre plus lent, de quelque maniere qu’il soit.

Pas dérobé, est lorsque les deux piés se meuvent en même tems dans un sens opposé.

Pas glissé, est lorsqu’on fait un pas plus grand qu’il ne doit être naturellement ; car sa grandeur naturelle & déterminée est la largeur des épaules.

Pas chassé, ou simplement chassé, c’est lorsqu’on plie avant que de mouvoir le pié.

Pas tombé, se dit lorsqu’on ne plie qu’après avoir posé le pié qu’on a mu.

Les pas mignardés se font quand le mouvement des piés suit les dimensions qui sont sur les notes de musique, comme lorsqu’on étend les cinq minimes blanches en dix minimes noires.

Il y a aussi des pas qu’on appelle pas de courante, de bourrée, de menuet, de gavotte, de branle, de canarie, de traquenart, de bocane, de sissonne, de ballet, &c. danser les cinq pas.

Les pirouettes, les sauts, les cabrioles, les demi-cabrioles & fleurets sont mis au rang des pas, Voyez-les à leur ordre.

Pas de menuet, (Danse.) ce pas est composé de quatre autres, qui par leur liaison n’en font qu’un ; il a trois mouvemens & un pas marché sur la pointe du pié. Le premier mouvement est un demi-coupé du pié droit & un du gauche. Le second est un pas marché du pié droit sur la pointe, & les jambes étendues. Le troisieme enfin, est qu’à la fin de ce pas, on laisse poser doucement le talon droit à terre pour laisser plier le genoux, qui par ce mouvement fait lever la jambe gauche qui se passe en-avant, en faisant un demi-coupé échappé ; ce troisieme mouvement fait le quatrieme pas du menuet : mais comme ce pas demande trop de force dans le coup-de-pié, on a trouvé le moyen de l’adoucir.

Pas du menuet adouci. Il se commence par deux demi-coupés, le premier du pié droit, & le second du pié gauche ; ensuite deux pas marchés sur la pointe des piés, savoir l’un du droit & l’autre du gauche, ce qui s’exécute dans le cours de deux mesures à trois tems, dont l’une s’appelle cadence, & l’autre contre-cadence.

On peut encore le diviser en trois parties égales. La premiere est pour le demi coupé ; la seconde pour la deuxieme, & les deux autres pas marchés pour la troisieme.

Ce pas se fait de suite en plaçant le pié gauche devant. Alors on apporte le corps dessus, en approchant le pié droit auprès du gauche à la premiere position, là on plie sans poser le pié droit à terre ; on passe le même pié devant soi à la quatrieme position, & l’on s’éleve du même tems sur la pointe du pié en étendant les deux jambes l’une près de l’autre. On pose ensuite le talon droit à terre afin d’avoir plus de fermeté, & l’on plie du même tems sur le droit, sans poser le gauche que l’on passe devant jusqu’à la quatrieme position, comme on a déjà fait du pié droit. Du même tems on se leve en-dessus, & l’on marche les deux autres pas sur la pointe des piés, l’un du droit & l’autre du gauche ; mais au dernier il faut poser le talon à terre afin de prendre le pas de menuet avec plus de fermeté.

A l’égard des demi-coupés, il faut ouvrir exactement les genoux & tourner la pointe fort en-dehors, en faire plusieurs de suite en-avant pour en contracter l’habitude ; s’élever également pour faire succéder ces deux mouvemens ; après s’être élevé au second demi-coupé, ne pas laisser tomber le talon afin de faire une liaison avec les deux pas marchés ; & au dernier, qui est du pié-gauche, laisser poser le talon à terre pour reprendre un autre pas.

Le pas en-arriere se fait à-peu-près de la même maniere que le pas en-avant, excepté qu’au premier demi-coupé du pié droit, on laisse la jambe gauche étendue devant soi, & que l’on plie en même tems sur le droit. Pour le second pas, on approche le talon gauche du pié droit, ou on l’arrête en pliant jusqu’à la derniere extrémité qu’on le passe derriere soi pour se relever.

Le pas de côté. Il y en a de deux sortes, l’un qui se fait à droite & qui est nommé ouvert, & l’autre qui se fait à gauche. Dans le premier, on porte le premier pas à la seconde position ; il se fait de même que le pas en-arriere, dont il ne differe que dans le chemin ; l’arriere se fait en reculant sur une même ligne droite ; & celui de côté se fait sur une ligne horisontale en allant à droite. L’autre pas de côté se fait en revenant du côté gauche, il n’est différent du droit qu’en ce qu’il est croisé, quoiqu’il se fasse sur une même ligne, mais en revenant de droite à gauche, le corps étant sur le pié gauche, on plie dessus ; on croise ensuite le droit devant jusqu’à la cinquieme position ; alors on se leve, & la jambe suit & s’étend à côté de la droite, les deux talons l’un contre l’autre. De-là on pose le talon droit & l’on plie dessus les pointes tournées en-dehors ; on glisse ensuite le pié gauche jusqu’à la deuxieme position, où l’on se leve sur la pointe les jambes bien étendues sans poser le talon, & l’on fait après deux pas.

Pas d’ane, terme d’Eperonnier, sorte de mords qu’on donne aux chevaux qui ont la bouche forte. (D. J.)

Pas-dur, terme de Fabriquant en gase, c’est la partie du métier du gasier, où répond une des trois marches, & qui sert à foncer, c’est-à-dire à baisser la soie ; on l’appelle pas-dur, parce qu’il est le plus pesant & le plus difficile à faire mouvoir. Voyez Gase ; l’autre pas s’appelle pas-doux.

Pas, (Horloger.) c’est en Horlogerie chaque tour que fait la fusée, ou chaque tour que fait la chaîne on la corde autour de la fusée ; les fusées ont ordinairement sept pas, ou sept pas & demi. (D. J.)

Pas d’ane, terme d’Horlogerie, c’est un petit ressort oblong qui a une fente qui va depuis l’extrémité de sa longueur jusqu’au milieu. Voyez la fig.

Ce ressort est courbé, comme on peut le voir dans nos Planches d’Horlogerie : son usage est de presser deux pieces, deux roues, &c. l’une contre l’autre, de façon cependant qu’on puisse les faire tourner l’une sur l’autre d’un mouvement assez doux.

Supposant, par exemple qu’on veuille faire tenir ensemble les deux pieces A, CDER étant l’arbre de la roue CD qui passe au-travers de l’autre AB, on l’entaille de chaque côté de l’axe, de façon que l’épaisseur II ne soit pas plus grande que la fente du ressort, & que la distance IE entre le haut de l’entaille & le plan de la roue AB soit moindre que la hauteur RT de la convexité du ressort ; ensuite tournant sa concavité vers la roue AB, on le fera entrer sur l’arbre, c’est-à-dire on fera entrer cette partie II dans sa fente, & on la poussera jusqu’au milieu de sa longueur : par ce moyen ces deux roues seront pressées l’une contre l’autre par l’élasticité du ressort, de façon cependant qu’elles pourront tourner indépendamment l’une de l’autre avec assez de facilité. Voyez Réveil, &c.

Pas, (Rubanier, Passementier, Ourdisseur.) On entend par ce mot toute levée de chaîne opérée par l’enfoncement d’une marche, laquelle levée donne passage à la navette. Il faut expliquer cette opération, relative au passage du patron sur lequel roule presque toute la méchanique de ce métier. Un patron dont toute la largeur est de huit dixaines sur le papier reglé, fait en tout 80 rames, dont on verra le passage à l’article Passage des rames, où l’on expliquera seulement le passage d’une seule, ce qui suffira pour toutes : que ce patron soit de six retours ; & pour se faire une idée du mot pas la plus succinte & la plus claire qu’il est possible, il faut entendre que tous les points noirs de la largeur du patron sont autant de rames qui levent sur cette premiere marche, & qui occasionnent la levée d’autant de parties de la chaîne, qui donne par conséquent passage au premier coup de navette ; la seconde marche fera lever de même les rames de la seconde ligne du patron, & ainsi des autres. Observez sur cette seconde marche, & sur toutes les autres, que comme elles se trouvent alternativement seconde eu égard à chaque premiere, que tous les points qui sont noirs sur chaque premiere, sont blancs sur chaque seconde, ce qui fait la liaison de la trame & la formation du dessein par les croisés des parties de la chaîne, & ce qui en produit les différens contours. Cette répétition des points noirs & blancs doit faire aisément comprendre à tout homme sensé que toutes les rames qui ne levent point sur un pas sont censées & effectivement restent en repos : ce repos ne laisse pas d’opérer son effet en dessous de l’ouvrage, qui par conséquent n’a point d’envers, puisque ce qui vient d’être fait en dessus va se faire de même en-dessous. Les croisés dont on vient de parler se nomment parfil ou parfilure (Voyez Parfilure) ; il faut se souvenir que ce qui vient d’être dit des deux premieres lignes du patron, doit s’entendre de deux en deux, de même de toutes les autres qui les suivent jusqu’à la fin du patron.

Pas, terme de Tisserand ; c’est le passage du fil dans la lame. Etre hors du pas, c’est prendre un fil pour un autre, ou en échapper un sans le prendre.