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be est formée principalement par les aiguilles, ou plûtôt par l’aiguille inférieure & la gorgere. On donne aujourd’hui beaucoup d’arc à l’éperon. Voyez la figure de l’éperon, tom. I. Marin. Pl. IV. (Z)

Arc, s. m. partie de la ferrure d’un carrosse. Ce sont les Maréchaux grossiers qui forgent les arcs ; voici la maniere de forger l’arc, & son emploi dans le carrosse. On a une barre de fer que l’on étire toûjours un peu en diminuant, dont on arrondit le milieu, qu’on équarrit par les deux bouts, & qu’on coude par le plus gros bout équarri : après cette premiere façon de forge, la barre a la figure qu’on lui voit, Pl. du Maréch. gross. fig. 2. on prépare ensuite trois viroles, telles qu’on les voit fig. 3. & 4. les deux viroles, telles que celles de la fig. 3. & dont on en voit une appliquée sur l’arc ébauché, fig. 2. servent à faire les poires de l’arc ; & la virole de la figure 4. sert à faire la pomme. On applique la virole destinée à faire la pomme sur l’arc ébauché, entre les viroles destinées à faire les poires ; on soude ces parties avec le corps de l’arc ; on les modele ; on perce ensuite les parties B & A de plusieurs trous ; & l’on a par cette seconde façon l’arc tel qu’on le voit figure 5. la partie A s’appelle le patin ; la partie B la queue ; C la pomme ; D D les poires : cambrez l’arc de maniere que sa courbure soit dans le plan des trous pratiqués aux extrémités, & perpendiculaire au patin, & qu’il ait la forme de la fig. 1. alors il sera forgé, & prêt à recevoir les façons de lime ; elles consistent à enlever les gros traits de forge. Quant à l’usage de l’arc, le voici : le patin A s’encastre dans le lissoire de devant & dans les fourchettes de dessus ; la queue B s’encastre dans la fleche qui passe sous le corps du carrosse ; cette piece est retenue par des chevilles qui passent dans les trous du patin & de la queue de l’arc, & du bois où ces parties sont encastrées ; le patin est tourné extérieurement. Au reste on ne se sert plus guere d’arcs aujourd’hui.

* Arc, riviere de Savoie qui a sa source à la partie septentrionale du grand mont-Cenis, au confins du duché d’Aoste, traverse le comté de Maurienne, & va se jetter dans l’Isere.

* Arc en Barrois, (Géog.) petite ville de France en Bourgogne, sur la riviere d’Anjou. Long. 22. 37. lat. 47. 55.

Arc-boutant, & mieux Arc-butant, en Architecture, est un arc, ou portion d’un arc rampant qui bute contre un mur ou contre les reins d’une voûte, pour en empêcher l’écartement & la poussée, comme on le voit aux églises gothiques. Ce mot est François, & est formé d’arc & de buter.

On appelle aussi assez mal à propos arc-butant, tout pilier ou masse de maçonnerie qui servent à contretenir un mur, ou de terrasse, ou autre. Voyez Pilier-batant, Contrefort, & Eperon. Ce mot d’arc-butant ne convient qu’à un corps qui s’éleve & s’incline en portion de cercle contre le corps qu’il soûtient. (D)

Arcs-boutans, en Marine, ce sont des pieces de bois entaillées sur les baux ou barots, & servant à soûtenir les barotins. Voyez les fig. Marin. Pl. IV. fig. 1. le n°. 73. marque les arcs-boutans & leur situation. On peut les voir encore dans la Planche V. fig. 1. sous le n°. 73. Voyez Baux, Barots, & Barotins.

Arcs-boutans se dit encore d’une espece de petit mât de 25 à 30 piés de long, ferré par un bout avec un fer à trois pointes de 6 à huit pouces de longueur, dont l’usage est de tenir les écoutes des bonnettes en étai, & de repousser un autre vaisseau s’il venoit à l’abordage. Voyez Ecoutes, Bonnettes. (Z)

Arcs-boutans, ou étais des jumelles, ce sont, dans un grand nombre de machines, des pieces de bois EE (fig. 1. & 6. Pl. de l’Imprimerie en taille


douce.) qui assemblent & soûtiennent les jumelles CD sur les piés des patins AB. Voyez Presse d’Imprimerie en taille douce.

Arc-buter, v. act. en Architecture, c’est contretenir la poussée d’une voûte ou d’une plate-bande avec un arc-butant : mais contre-buter, c’est contretenir avec un pilier butant ou un étai. Voyez Contrebuter. (P)

Arc-en-ciel, iris, s. m. (Physiq.) météore en forme d’arc de diverses couleurs, qui paroît lorsque le tems est pluvieux, dans une partie du ciel opposée au soleil, & qui est formé par la réfraction des rayons de cet astre, au-travers des gouttes sphériques d’eau dont l’air est alors rempli. V. Météore, Pluie & Réfraction.

On voit pour l’ordinaire un second arc-en-ciel qui entoure le premier à une certaine distance. Ce second arc-en-ciel s’appelle arc-en-ciel exterieur, pour le distinguer de celui qu’il renferme, & qu’on nomme arc-en-ciel intérieur. L’arc intérieur a les plus vives couleurs, & s’appelle pour cela l’arc principal. Les couleurs de l’arc extérieur sont plus foibles, & de là vient qu’il porte le nom de second arc. S’il paroît un troisieme arc, ce qui arrive fort rarement, ses couleurs sont encore moins vives que les précédentes. Les couleurs sont renversées dans les deux arcs ; celles de l’arc principal sont dans l’ordre suivant à compter du dedans en dehors, violet, indigo, bleu, verd, jaune, orangé, rouge : elles sont arrangées au contraire dans le second arc en cet ordre, rouge, orangé, jaune, verd, bleu, indigo, violet : ce sont les mêmes couleurs que l’on voit dans les rayons du soleil qui traversent un prisme de verre. Voyez Prisme. Les Physiciens font aussi mention d’un arc-en-ciel lunaire & d’un arc-en-ciel marin, dont nous parlerons plus bas.

L’arc-en-ciel, comme l’observe M. Newton, ne paroît jamais que dans les endroits où il pleut & où le soleil luit en même tems ; & l’on peut le former par art en tournant le dos au soleil & en faisant jaillir de l’eau, qui poussée en l’air & dispersée en gouttes, vienne tomber en forme de pluie ; car le soleil donnant sur ces gouttes, fait voir un arc-en-ciel à tout spectateur qui se trouve dans une juste position à l’égard de cette pluie & du soleil, sur-tout si l’on met un corps noir derriere les gouttes d’eau.

Antoine de Dominis montre dans son livre de radiis visus & lucis, imprimé à Venise en 1611, que l’arc-en-ciel est produit dans des gouttes rondes de pluie par deux réfractions de la lumiere solaire, & une réflexion entre deux ; & il confirme cette explication par des expériences qu’il a faites avec une phiole & des boules de verre pleines d’eau, exposées au soleil. Il faut cependant reconnoître que quelques Anciens avoient avancé antérieurement à Antoine de Dominis, que l’arc en-ciel étoit formé par la réfraction des rayons du soleil dans des gouttes d’eau. Kepler avoit eu la même pensée, comme on le voit par les lettres qu’il écrivit à Brenger en 1605, & à Harriot en 1606. Descartes qui a suivi dans ses météores l’explication d’Antoine de Dominis, a corrigé celle de l’arc extérieur. Mais comme ces deux savans hommes n’entendoient point la véritable origine des couleurs, l’explication qu’ils ont donnée de ce météore est défectueuse à quelques égards. Car Antoine de Dominis a crû que l’arc-en-ciel extérieur étoit formé par les rayons qui rasoient les extrémités des gouttes de pluie, & qui venoient à l’œil après deux réfractions & une réflexion. Or on trouve par le calcul, que ces rayons dans leur seconde réfraction doivent faire un angle beaucoup plus petit avec le rayon du soleil qui passe par l’œil, que l’angle sous lequel on voit l’arc-en-ciel intérieur ; & cependant l’angle sous lequel on voit l’arc-en-ciel extérieur, est beaucoup plus grand que celui sous lequel on voit l’arc-en-ciel intérieur : de