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assesseurs ; & encore actuellement dans plusieurs villes, ils ont conservé quelque portion de l’administration de la justice. Voyez Echevins, & Loiseau, en son Traité des Offices. (A)

PAIRE, s. f. (Gram.) ce mot signifie deux choses semblables, dont l’une ne se vend guere sans l’autre ; comme une paire de pendans d’oreilles, de bas, de gans, de jarretieres, de souliers, de manchettes, &c. Ce mot se dit aussi de certaines marchandises composées de deux parties pareilles, encore qu’elles ne soient point divisées : on dit en ce sens une paire de lunettes, de ciseaux, de mouchettes, &c. Enfin, ce mot se dit par extension d’une chose seule qui n’est point appareillée. Ainsi on dit une paire de tablettes, une paire de vergettes, pour dire, des tablettes, des vergettes. (D. J.)

Paire, en Anatomie, signifie un assemblage de deux nerfs qui ont tiré origine commune de la moëlle alongée, ou de la moëlle de l’épine, & qui se distribuent de-là dans toutes les parties du corps, l’un d’un côté, & l’autre de l’autre. Voyez Nerf.

C’est dans ce sens que nous disons les dix paires de nerfs de la moëlle alongée, la premiere, la seconde, la troisieme, &c. les sept paires de nerfs cervicaux, la premiere, la seconde, la troisieme, &c. les douze paires dorsales, la premiere, la seconde, &c. les cinq paires lombaires, &c. Voyez Cervical, Dorsal, & Lombaire.

Paire vague, ou la huitieme paire, est une très-considérable conjugaison des nerfs de la moëlle alongée ; ils sont ainsi appellés à cause de leur distribution large & étendue dans plusieurs parties du corps. Voyez leur origine, leurs cours, leur distribution, sous l’article Vague.

PAIREMENT, adv. (Arithméthique.) un nombre pairement pair, est celui qu’un nombre pair mesure par un nombre pair ; ainsi 16 est un nombre pairement pair, parce que le nombre pair huit le mesure par le nombre pair deux, qui est aussi un nombre pair.

Au contraire, un nombre pairement impair, ou impairement pair, est celui qu’un nombre pair mesure par un nombre impair ; tel est le nombre pair 18, que le nombre pair 2, mesure par le nombre impair 9. Voyez Nombre & Pair.

Le nombre pairement pair est divisible exactement par quatre, c’est-à-dire, peut se diviser en quatre nombres entiers égaux ; le nombre pairement impair, ou impairement pair ne l’est point, & n’est divisible exactement que par deux, c’est-à-dire, n’est divisible qu’en deux nombres entiers égaux. (E)

PAIRIE, voyez l’article Pair.

PAIRLE, s. m. (Blason.) figure composée de trois latis mouvans des deux angles du chef & de la pointe, & qui se joignent au fort de l’écu, en forme d’y grec, ou espece de pal qui, mouvant du pié de l’écu, se divise en arrivant au milieu en deux parties égales, qui vont aboutir aux deux angles du chef. On dérive le mot pairle, les uns de palirum, parce qu’il en a la figure, n’étant représenté qu’à moitié ; d’autres ou de pergula, perche fourchue dont on se servoit autrefois pour suspendre les lampes & étendre les habits sacrés dans les sacristies ; ou de pariles, parce qu’il est fait de trois branches de longueur égale. Issoudun porte d’azur au pairle d’or, accompagné de trois fleurs de lis mal ordonnées de même.

PAIS. Voyez Pays.

PAISAGE. Voyez Paysage.

PAISAGISTES. Voyez Paysagistes.

PAISAN. Voyez Paysan.

PAISIBLE, adj. (Gram.) qui aime le repos & la paix. Il se dit des personnes ; un homme paisible ; une vie paisible.

Paisible possession, (Jurisprud.) Voyez Possession paisible.


Paisible, (Maréchal.) un cheval paisible est celui qui n’a aucune ardeur.

PAISSANT, adj. en terme de Blason, se dit des vaches & des brebis qui ont la tête baissée pour paître. Berbisay en Bourgogne, d’azur à une brebis paissante d’argent sur une terrasse de synople.

PAISSE. Voyez Moineau.

Paisse de bois. Voyez Pinçon-montain.

PAISSEAU, s. f. (Sergerie.) c’est une étoffe de laine croisée, une espece de serge qui se fabrique en Languedoc, particulierement à Sommiers, & aux environs.

Paisseau, s. m. Paisseler, v. act. (Gram. écon. rustique.) c’est en quelques provinces un synonyme d’échalat. On dit dans ces endroits paisseler la vigne, pour la garnir d’échalas ; & on appelle paisselure, les brins menus de chanvre dont on se sert pour attacher l’échalat au sep.

PAISSOMME, s. m. (Marine.) c’est un bas-fond où il y a peu d’eau.

PAISSON, s. m. (Jurisprud.) terme ancien, qui vient du latin pascere, & qui est encore usité en matiere d’eaux & forêts, pour exprimer le droit de pacage, ou l’exercice même de ce droit, c’est-à-dire l’acte même de faire paître les bestiaux ; il signifie aussi quelquefois les herbes & fruits que les bestiaux paissent dans les forêts & dans la campagne.

Le réglement général pour les eaux & forêts fait par Henri IV. au mois de Mai 1597, pour éviter les fraudes & les abus qui se commettoient par le passé sous couleur de délivrance d’arbres faite aux marchands adjudicataires de la paisson & glandée pour leur chauffage, ordonne qu’à l’avenir les paissons & glandées soient adjugées, sans qu’aux marchands paissonniens soient délivrés aucuns arbres pour leur chauffage ; mais seulement que ceux qui auront en garde les porcs à leur loge de bois traînant ès forêts ou de bois sec abattu au crochet.

L’article suivant porte, que dans les publications qui se feront des paissons & glandées avant l’adjudication d’icelles, sera comprise la quantité de porcs que pourra porter la glandée de la forêt, suivant l’estimation qui en aura été faite, & que le nombre des officiers usagers, & autres privilégiés ayant droit de paisson, sera restraint à proportion de ladite estimation.

Enfin l’article 35 défend aux usagers, officiers & autres ayant droit de paisson, d’y mettre d’autres porcs que de leur nourriture, sans qu’ils puissent vendre leur droit (de paisson) aux marchands paissonniers, ni que les marchands les puissent acheter d’eux, sous peine d’amende arbitraire & confiscation des porcs, & privation desdits droits & offices pour les usagers, officiers & privilégiés, & contre les marchands, sur peine d’amende arbitraire.

Le titre xviij. de l’ordonnance des eaux & forêts est intitulé, des ventes & adjudication des pascages, glandées & paissons ; il n’est cependant point parlé de paisson nommément dans le corps du titre, mais seulement du cas où il y aura assez de glands & de feines pour faire vente de glandée, & que l’on reglera le nombre des porcs qui seront mis en pacage ou glandée, tant pour les usagers que pour les officiers, ce qui fait connoître que paisson & pacage sont quelquefois synonymes ; & que la glandée est aussi prise le plus souvent pour paisson, parce que le gland est le fruit qui se trouve le plus communément dans les bois, propre à la nourriture des porcs. Voyez Pacage.

Dans les bois de haute futaye la glandée n’est ouverte que depuis le premier Octobre jusqu’au premier Février ; il n’y a pendant ce tems-là que les propriétaires ou leurs fermiers, & les usagers, qui puissent envoyer des bestiaux dans la futaye. Voyez