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préjudice pour l’avenir, accompagnée de dispense. On a fait de cooptation coopter, qui a le même sens. Voyez Augures, Pontifes, Etudes, Université, Nomination

COP

COPA, (Géog. mod.) riviere d’Italie dans le duché de Milan, qui prend sa source dans le comté de Bobbio, & se jette dans le Pô dans le Pavesan.

COPAGE, s. m. (Jurisp.) est dit en quelques endroits par erreur pour capage, capagium, c’est-à-dire droit de chéfage, qui se payoit par chaque chef de maison. Il en est parlé dans des lettres du roi Jean du mois d’Août 1356, accordées aux habitans d’Alzonce en Languedoc, où ce droit est nommé copagium : mais il est nommé plus communément & plus régulierement capage. Voyez Chefage. (A)

COPAGINAIRES, s. m. pl. (Jurispr.) on appelle ainsi dans certaines provinces plusieurs cotenanciers d’un même héritage, & qui en ont passé conjointement déclaration ou reconnoissance au terrier du seigneur, in eadem paginâ du terrier. C’est de-là qu’on les appelle copaginaires. Voyez Cotenancier. (A)

COPAHU (Baume de), Hist. nat. bot. Pharm. Med. huile balsamique qu’on tire par incision d’un arbre du Bresil. Balsamum copaïva, ou copaü. Off. Voyez Huile. Suc résineux, liquide, de la consistance de l’huile lorsqu’il est récent ; d’un blanc jaunâtre, devenant tenace & gluant avec le tems ; d’un goût âcre, amer, aromatique ; d’une odeur pénétrante, & qui approche de l’odeur de ce bois odoriférant nommé calembourg, qui vient des Indes en grosses & longues bûches.

Les Portugais apportent ce baume en Europe du Bresil, de Rio de Janéïro, de Fernambouc, & de Saint-Vincent, dans des pots de terre pointus par le bout, qui contiennent encore quelquefois beaucoup d’humidité & d’ordures jointes au baume. Voyez Baume.

On trouve dans les boutiques deux especes de ce suc résineux ; l’un plus limpide, de couleur pâle ou jaunâtre, d’une odeur agréable, d’un goût un peu amer, d’une consistance plus ou moins épaisse selon qu’il est plus ou moins vieux, approchant de celle de la térébenthine : c’est le meilleur. L’autre est plus grossier, blanchâtre, moins limpide, tenace, de la consistance du miel, d’une odeur moins suave, d’un goût amer, desagréable, avec une portion d’eau trouble au fond : cette espece paroît falsifiée ou du moins prise dans une mauvaise saison, ou peut-être extraite par la décoction des branches & de l’écorce de l’arbre ; c’est pourquoi on ne l’estime pas.

Léry, de Laët, Herrera, Linschot, Jarrisc, de Moraïs, Labat, Corréal & autres, s’étendent beaucoup sur l’histoire de ce baume & de l’arbre qui le produit ; mais on ne peut guere se fier à des écrivains qui se contredisent, & qui n’étoient ni les uns ni les autres gens du métier. Heureusement nous avons un auteur capable de nous éclairer sur cette matiere ; c’est Marcgrave, dans sa description du Bresil imprimée en latin à Amsterdam en 1648, infolio.

Il appelle l’arbre d’où découle ce suc, copaïba. Il est assez élevé, & Labat lui donne au moins vingt-deux piés de haut ; ses racines sont grosses & nombreuses ; son tronc est droit, fort gros, couvert d’une écorce épaisse ; son bois est d’un rouge foncé ; ses feuilles en grand nombre sont portées sur une assez grosse queue de la longueur d’environ 2 pouces ; ses fleurs sont à cinq pétales : quand elles sont tombées, il leur succede des gousses de la longueur du doigt, arrondies & brunes, lesquelles étant mû-


res, s’ouvrent aussi-tôt qu’on les presse, & laissent sortir le noyau qu’elles contiennent, qui est ovalaire, de la grosseur & de la figure d’une aveline, dont l’écorce extérieure est une peau mince, noirâtre, recouverte jusqu’à la moitié d’une pulpe jaune, visqueuse, molle, qui a l’odeur des pois lorsqu’on les écrase. L’amande qu’il renferme, bonne à manger, & molle comme de la corne bouillie, se brise aisément entre les dents.

Cet arbre croît dans les forêts épaisses qui sont au milieu des terres du Bresil ; il vient aussi dans l’ile de Maranhaon que nous écrivons Maragnan, & dans les îles Antilles voisines.

Lorsqu’on veut tirer l’huile de cet arbre, on fait dans le tronc une profonde incision perpendiculaire de six à sept pouces de longueur ; on glisse ensuite dans cette incision un morceau de calebasse pour diriger l’huile balsamique, & la faire tomber dans une calebasse entiere : il découle sur le champ par l’incision une liqueur huileuse & résineuse, qui est d’abord limpide comme l’huile distillée de térébenthine ; elle devient ensuite plus épaisse & d’un blanc jaunâtre. Cette liqueur qui coule la premiere, se garde séparément comme la meilleure. Si on fait cette incision dans le tems convenable, dans un arbre fort & sain, & qu’elle soit profonde, on dit que dans l’espace de trois heures on retire jusqu’à douze livres de baume. Cette incision étant couverte aussitôt avec de la cire ou de l’argile, elle répand encore sa liqueur résineuse en assez grande quantité, une quinzaine de jours après.

Labat assûre que le tems le plus propre pour faire l’incision, est le mois de Mars pour les arbres qui se trouvent entre la ligne équinoctiale & le tropique du Cancer ; & le mois de Septembre pour ceux qui sont de l’autre côté de la ligne, c’est-à-dire entre elle & le tropique du Capricorne.

Les Menuisiers & Ebénistes employent le bois de l’arbre pour leurs ouvrages, à cause de son rouge foncé ; on s’en sert aussi pour la teinture, mais je ne sais si le bois de Bresil de Fernambouc est du même arbre qui produit le baume.

La différence qu’il y a entre le baume de Copahu & celui du Pérou, est que ce dernier se seche & se durcit plus aisément ; au lieu que le baume de Copahu ne fait que s’épaissir, & devenir d’une couleur plus foncée sans se durcir.

On le falsifie souvent avec des huiles de moindre prix : on le contrefait par le mêlange de l’huile distillée de térébenthine avec de l’huile exprimée d’amandes douces : on vend aussi sous son nom la résine la plus pure & la plus récente du Méleze ; il arrive même quelquefois en Europe déjà sophistiqué ; en un mot il n’est pas facile d’en avoir de pur de la premiere sorte, & l’on sait que les épreuves pour découvrir s’il est véritable sont assez fautives, du moins l’art peut les rendre telles.

La Chimie nous instruit que ce baume est composé d’une huile subtile éthérée, & d’une huile grossiere mêlée avec un sel acide ; c’est de ces principes que dépend son efficacité.

Sa dose est depuis dix gouttes jusqu’à trente dans quelque liqueur convenable, en conserve, en eléosaccharum, en pilules avec de la réglisse, ou dissous dans un jaune d’œuf. On l’employe intérieurement & extérieurement.

Plusieurs auteurs lui accordent des vertus admirables à ces deux égards. Ils l’ordonnent intérieurement dans le scorbut, la dyssenterie, les flux de ventre, les fleurs blanches, la gonorrhée, la néphrétique, le crachement de sang, la phthysie. Fuller le vante aussi comme un excellent béchique pour déterger les bronches, & rendre le ton aux poumons. Mais toutes ces ordonnances ne sont plus de mise