Histoire de France - Cours élémentaire/Texte entier

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ERNEST LAVISSE
DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE


HISTOIRE DE FRANCE
Cours Élémentaire


Librairie Armand Colin
103, Boulevard Saint-Michel, PARIS
1913




PRÉFACE

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Ce volume contient des récits qui encadrent des images.

Les récits sont quelquefois des descriptions, et les images montrent les objets décrits ; plus souvent, ils sont des anecdotes, et les images montrent les actions racontées.

Les descriptions donneront aux enfants une première idée des mœurs et des coutumes de nos pères ; les anecdotes, non pas inventées, mais tirées d’authentiques documents, leur feront connaître les principaux événements et aussi les plus grands personnages de notre histoire.

Par endroits, après un groupe de récits qui se rattachent à une même époque, quelques lignes indiquent la transition de cette époque à la suivante. Les enfants recevront ainsi des notions élémentaires sur la marche générale de l’histoire de France.

Et c’est tout, et je crois que c’est assez.

Plus tard, au cours moyen, au cours supérieur, les écoliers préciseront les connaissances qu’ils auront acquises ; ils en acquerront de nouvelles.

À chaque âge doit suffire sa peine.

L’expérience a montré que l’enseignement de l’histoire dans nos écoles n’a pas donné les résultats espérés. La raison en est peut-être que jusqu’à présent, nous n’avons pas gradué méthodiquement nos efforts.

J’essaye aujourd’hui de marquer le premier degré de cet enseignement.

Ernest Lavisse


AVANT-PROPOS

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Le présent ouvrage se compose d’un texte principal racontant familièrement aux enfants les faits principaux de l’histoire nationale. Ces récits sont reliés entre eux par un texte en italique placé entre crochets [ ]. Ce texte est destiné à compléter la trame historique, en résumant l’essentiel de ce qui peut être enseigné au Cours élémentaire.

On a composé aussi en italique les passages sur lesquels on désirait attirer l’attention des élèves, de même que les réflexions personnelles de l’auteur. Ces dernières sont accompagnées d’un filet sinué vertical du côté de la marge.

L’ouvrage est divisé en livres. Chaque livre est divisé en chapitres, chaque chapitre en paragraphes numérotés.

Chaque chapitre est suivi d’un court résumé (dont les alinéas numérotés correspondent aux paragraphes du chapitre), et d’un questionnaire.

Toutes les gravures sont placées en regard du texte qu’elles suivent de très près ; elles n’ont donc besoin, comme légende, que d’un simple titre.

Les entêtes de livres donnent une suite de scènes enfantines aux grandes époques de notre histoire.

Les en-têtes de chapitres offrent une suite d’illustrations sur l’habitation et le costume.

Les vignettes de fin de chapitre présentent la succession de moyens de transport.

On n’a pas jugé utile de donner des explications pour les costumes, les édifices, etc., représentés sur les gravures. On a craint de tomber dans l’érudition parfaitement inutile au Cours élémentaire. Au maître à voir ce qu’il conviendra d’ajouter.

Le programme d’Histoire du cours élémentaire des écoles primaires demande des « Récits et entretiens familiers sur les grands personnages et les faits principaux de l’Histoire nationale jusqu’à la fin de la guerre de Cent ans ». Nous avons donc donné pour cette période de l’histoire des récits plus nombreux et plus développés. Livres et chapitres sont plus courts pour la période moderne et surtout la période contemporaine qui sont, au contraire, la matière principale du Cours moyen.

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LIVRE PREMIER
LES GAULOIS, LES ROMAINS ET LES FRANCS


CHAPITRE PREMIER
LES GAULOIS ET LES ROMAINS


Autrefois, notre pays s’appelait la Gaule, et les habitants s’appelaient les Gaulois.

Notre pays a bien changé depuis lors, et nous ne ressemblons plus guère à nos pères les Gaulois.


— 1. Comment vivaient les Gaulois. — Les Gaulois habitaient des maisons faites avec de la terre et couvertes en paille. Ces maisons n’avaient qu’une porte et pas de fenêtres. La fumée sortait du toit par un trou parce qu’il n’y avait pas de cheminée. Vous n’aimeriez pas habiter de pareilles cabanes. La fumée vous piquerait les yeux et vous ferait pleurer.

L’image vous montre une maison gauloise.

Vous voyez, à droite, un Gaulois. Il a les cheveux très longs. Sa moustache est très longue aussi. Il est habillé d’une blouse, d’un pantalon et d’un manteau agrafé sur l’épaule. Le manteau est fait d’une peau de bête.

UN GAULOIS ET SON FILS PARTANT POUR LA CHASSE

Si vous rencontriez un homme comme celui-là dans la rue, vous seriez bien étonnés. Vous croiriez que c’est un sauvage.

Le Gaulois va partir pour la chasse. Il tient une lance à la main. Avec cette lance, il attaquera les cerfs, les sangliers et les loups, qui étaient alors très nombreux dans notre pays. Aussi, les Gaulois passaient une grande partie de leur temps à chasser.

La maman gauloise que vous voyez assise donne au plus grand de ses enfants un arc et des flèches pour tirer sur les oiseaux. Le garçon suivra son père à la chasse. Il n’ira pas à l’école pour une bonne raison : c’est qu’il n’y avait pas d’écoles en Gaule. Personne n’y apprenait à lire ni à écrire.

Vous ne voudriez pas être des ignorants comme ces petits-là.

Il vaut mieux être venu au monde en ce temps-ci qu’au temps des Gaulois.


— 2. La cueillette du gui. — Voici un chêne dans une forêt. Un homme est monté sur ce chêne. Il est habillé d’une robe toute blanche, et il a sur la tête une couronne de feuillage.

UN DRUIDE CUEILLE LE GUI

Cet homme est un prêtre. Les prêtres gaulois s’appelaient des druides.

Il tient une serpe à la main ; il va couper une petite plante, le gui, qui a poussé sur une des branches.

Au pied du chêne, vous voyez d’autres druides ; ils tendent un linge pour recevoir le gui.

Les Gaulois croyaient que cette plante guérissait les malades et qu’elle portait bonheur.

Aussi le jour où l’on cueillait le gui était une grande fête. Les habitants y venaient en foule.

La cérémonie finie, on s’asseyait par terre pour manger, boire et chanter ; souvent, on buvait trop et alors on se disputait et on se battait. Les Gaulois aimaient à se disputer et à se battre, comme font les peuples sauvages.


— 3. Le général Vercingétorix. — Un jour, la Gaule fut attaquée par un peuple qui habitait l’Italie. Ce peuple s’appelait les Romains. Il était commandé par un grand général, Jules César.

Les Gaulois choisirent pour général un jeune homme d’Auvergne, Vercingétorix. C’est lui que vous voyez sur l’image, seul en face de plusieurs chefs gaulois.

Il est coiffé d’un casque de fer qui a de petites ailes de fer. Une épée, une hache et un bouclier sont attachés à sa ceinture. Il tient une lance.

Il porte un collier et des bracelets en or.

Il parle aux Gaulois. Il leur parle très bien. Il leur dit :

« Les Romains veulent nous prendre notre pays ; il faut nous défendre. Marchons et chassons-les de la Gaule, notre patrie. »

Les Gaulois ont tiré leurs épées. Ils promettent de suivre Vercingétorix et de combattre avec lui pour chasser les Romains.


— 4. Vercingétorix meurt pour la patrie. — Vercingétorix battit d’abord les Romains. Ce fut une grande joie dans toute la Gaule quand on apprit sa victoire. En réjouissance, on alluma de grands feux sur les collines.

Mais ensuite il fut vaincu. Il alla s’enfermer avec ses soldats dans une ville, Alésia, qu’on appelle aujourd’hui Alise-Sainte-Reine.

César entoura la ville avec son armée. Il l’entoura si bien qu’il fut impossible aux Gaulois d’en sortir. Bientôt ces malheureux n’eurent plus à manger.


VERCINGÉTORIX ENCOURAGE LES GAULOIS À COMBATTRE LES ROMAINS ET À LES CHASSER DE LA GAULE


Vercingétorix ne voulut pas les laisser mourir de faim. Il aima mieux se rendre à César. Il s’en alla vers le camp des Romains, tout seul.

Vous le voyez au moment où il vient d’arriver devant César, qui est assis sur un siège élevé.

Vercingétorix a jeté son casque et sa lance. A présent, il jette son épée. Cela voulait dire qu’il se reconnaissait vaincu.

VERCINGÉTORIX JETTE SES ARMES DEVANT CÉSAR


César croyait que Vercingétorix allait le prier de ne pas le faire mourir. Mais Vercingétorix était trop fier pour prier César. Il le regarda bien en face et ne dit pas un mot.

Vercingétorix fut conduit à Rome. On l’enferma dans une prison ; c’était une cave presque sans air et sans lumière. Il y resta plusieurs années. Souvent il pensait au temps où il marchait par les chemins de la Gaule, suivi de ses soldats, Et il était bien triste. A la fin, César le fit mourir.

Retenez bien le nom de Vercingétorix, qui a combattu pour défendre sa patrie, et qui a souffert et qui est mort dans une affreuse prison.


— 5. Une ville gauloise. — Voici une place d’une ville. Vous y voyez de beaux monuments à colonnes. Une fontaine verse son eau nuit et jour. Cette ville est une ville gauloise. Vous devez être étonnés de voir une si belle ville en Gaule, car vous avez vu l’autre jour une maison gauloise bien misérable.

UNE VILLE GAULOISE AU TEMPS DES ROMAINS


Deux hommes s’arrêtent pour causer. Ils sont habillés d’une robe. Ces hommes sont des Gaulois. Ils ne ressemblent plus du tout à celui que vous avez vu auprès de sa maison, au moment où il allait partir pour la chasse.

Des enfants vont à l’école. Ils sont sérieux comme de petits hommes et bien habillés. Ce sont des petits Gaulois, et je vous disais, l’autre jour, que les petits Gaulois n’allaient jamais à l’école.

Voilà bien des changements. Qu’est-ce donc qui est arrivé ?

Il est arrivé que les Romains sont devenus les maîtres de la Gaule, après les victoires de César.

Les Romains savaient faire beaucoup de choses que les Gaulois ne savaient pas faire. Mais les Gaulois étaient très intelligents. Ils apprirent à faire tout ce que faisaient les Romains.

Alors, ils bâtirent de belles villes. Ils s’habillèrent comme les Romains. Les enfants allèrent à l’école pour apprendre à lire et à écrire, pour apprendre l’arithmétique et d’autres choses encore.


— 6. La belle mort de sainte Blandine. — Il y avait, dans la ville de Lyon, une jeune fille qui s’appelait Blandine. Elle était domestique chez une dame riche.

En ce temps-là, la religion chrétienne commençait à être connue dans la Gaule. Mais les Romains ne voulaient pas permettre cette religion. Ils traitaient les chrétiens comme des malfaiteurs.

Blandine était chrétienne. Elle fut conduite devant le juge. Il lui demanda comment elle s’appelait. Elle répondit : « Je suis chrétienne ». Le juge répéta sa question ; elle répondit encore : « Je suis chrétienne », et jamais ne voulut dire autre chose.

On la conduisit en prison ; on la frappa à coups de fouet. Les bourreaux voulaient lui faire dire qu’elle n’était pas chrétienne, mais la jeune fille, à chaque coup qu’elle recevait, répétait d’une voix tranquille : « Je suis chrétienne ».

Elle fut condamnée à mort, et on la conduisit dans un cirque. Il y avait alors dans les villes des cirques bâtis en pierre, où se donnaient les spectacles. Les cirques étaient très grands. Des milliers de personnes s’y asseyaient sur des gradins de pierre.

SAINTE BLANDINE VA MOURIR


Au milieu du cirque, Blandine est debout, liée à un poteau. Elle n’a pas peur. Elle récite des prières.

Un taureau auquel on vient d’ouvrir la porte court vers le poteau, les cornes baissées. Il va se jeter sur Blandine. La jeune fille mourra en disant de sa voix tranquille : « Je suis chrétienne ».

Beaucoup de chrétiens et de chrétiennes moururent comme sainte Blandine. On admira leur courage et toute la Gaule devint chrétienne.


RÉSUMÉ

1. Nos pères, les Gaulois, vivaient à peu près comme les peuplades sauvages d’aujourd’hui.

2. Le jour où les prêtres gaulois, les druides, cueillaient le gui, était la plus grande fête de l’année.

3. La Gaule fut attaquée par les Romains commandés par Jules César.

4. Vercingétorix, le chef des Gaulois, défendit son pays avec courage, mais il fut vaincu à Alésia.

5. Les Romains devinrent les maîtres de la Gaule. Ils apprirent beaucoup de choses aux Gaulois. De belles villes furent bâties en Gaule.

6. En ce temps, la Gaule devint chrétienne.


QUESTIONNAIRE

Comment s’appelait autrefois notre pays ?

En regardant la gravure page 2, dites comment était faite la maison d’un Gaulois.

Dites comment est habillé le Gaulois qui est debout.

Que fait le druide que vous voyez sur la gravure page 3 ?

Par qui la Gaule fut-elle attaquée ? Nommez le chef des Gaulois. Dites comment Vercingétorix était armé.

Regardez la gravure page 6. Expliquez ce que fait Vercingétorix.

Dites ce que les Romains apprirent aux Gaulois. — Racontez la mort de Blandine.

RETOUR D’UNE CHASSE
GAULOIS PORTANT LE GIBIER



CHAPITRE DEUX
LES FRANCS EN GAULE


Les Romains restèrent maîtres de la Gaule pendant quatre cents ans.

Ensuite ils furent attaqués par des peuples venus d’Allemagne.

L’un de ces peuples, les Francs, s’établit dans le nord de la Gaule.

Les Francs étaient commandés par un roi. Ils le choisissaient dans une famille appelée mérovingienne, parce qu’un roi célèbre de cette famille s’appelait Mérovée.


— 1. Clovis sur le bouclier. — En l’année 481, les Francs choisirent pour roi Clovis.

Ils firent alors la cérémonie qu’ils avaient l’habitude de faire quand ils avaient choisi un roi.

Quatre hommes mirent un bouclier par terre. Le roi se plaça debout sur le bouclier. Puis ils le soulevèrent jusqu’à leurs épaules.

Le roi Clovis était en grand costume de guerre, le casque en tête, une lance à la main. Une épée et un bouclier pendaient à sa ceinture. C’est ainsi que vous le voyez représenté sur l’image. Derrière le bouclier, vous apercevez, à moitié cachée, une hache, qu’on appelait francisque, c’est-à-dire arme des Francs. Les Francs se servaient très bien de la francisque. Ils la lançaient sur les casques de leurs ennemis et leur fendaient la tête.

LE ROI CLOVIS SUR LE BOUCLIER


Vous voyez que les Francs, autour de Clovis, frappent leurs lances sur leurs boucliers. C’était leur façon de dire qu’ils étaient contents.

Ils étaient contents d’avoir un roi jeune et brave comme le roi Clovis.


— 2. Le baptême de Clovis. — Clovis était païen ; il adorait plusieurs dieux. A cause de cela, les Gaulois qui étaient chrétiens ne l’aimaient pas.

Mais il se maria avec une jeune chrétienne, appelée Clotilde. Clotilde le pria de se faire baptiser. Pendant longtemps, Clovis ne voulut pas l’écouter.

Un jour, il se battait contre un peuple qui était l’ennemi des Francs. Il n’était pas le plus fort. Les Francs commençaient à s’enfuir.

Alors il leva les yeux au ciel, et il dit : « Dieu de Clotilde, si tu me donnes la victoire, je me ferai chrétien. » Il fut vainqueur et il résolut de tenir sa promesse.

SAINT REMI FAIT LE CATÉCHISME À CLOVIS


Saint Remi, évêque de Reims, fit le catéchisme à Clovis. La reine Clotilde assistait aux leçons.

Clovis écoutait bien. L’image vous le représente au moment où l’évêque lui raconte comment Jésus-Christ fut battu de verges et cloué sur la croix.

Clovis est très ému. Il met la main sur la poignée de son épée, et il dit : « Ah ! si j’avais été là, les choses ne se seraient pas passées comme cela. »

Quand le roi Clovis sut bien son catéchisme, il fut baptisé dans une église de Reims.

Ce fut une cérémonie magnifique. Tous les cierges étaient allumés. Les prêtres chantaient des cantiques. Et l’encens brûlait dans les encensoirs. Clovis dit que jamais il n’avait rien vu de si beau.

Après son baptême, Clovis devint roi de toute la Gaule. Dans la suite, la Gaule changea de nom. Elle s’appela la France.




RÉSUMÉ

1. Quatre cents ans après la conquête de la Gaule par les Romains, les Francs vinrent s’établir en Gaule.

Ils choisirent pour roi Clovis en l’année 481.

2. Clovis n’était pas chrétien ; mais il épousa une chrétienne, Clotilde. Il se fit baptiser et devint maître de toute la Gaule.


QUESTIONNAIRE

En quelle année Clovis devint-il roi des Francs ?

Quelle cérémonie faisaient les Francs quand ils avaient choisi un roi ?

Avec qui se maria Clovis ?

Dites le nom de l’évêque qui fit le catéchisme à Clovis. Que fait-il sur la gravure où vous le voyez, page 13 ?

UN CHAR TRAÎNÉ PAR DES BŒUFS.



CHAPITRE TROIS
LES ROIS CAROLINGIENS


Les descendants de Clovis furent presque tous de mauvais rois.

En l’année 752, les Francs choisirent leurs rois dans une autre famille.

Cette famille s’appelle la famille carolingienne, c’est-à-dire la famille de Charles, un nom que les Francs prononçaient Karl.

Le roi le plus célèbre de la famille carolingienne fut Charlemagne. Il fit beaucoup de conquêtes et fut nommé empereur à Rome en l’an 800.


— 1. Charlemagne et ses fermiers. — L’empereur Charlemagne était un homme très simple, qui n’aimait pas les grandes cérémonies et ne faisait pas d’embarras.

Il s’habillait ordinairement d’une blouse serrée par une ceinture et de souliers lacés par des bandelettes qui entouraient les jambes.

L’image le représente ainsi vêtu.

Les hommes auxquels il parle sont des fermiers, qui font valoir ses propriétés. Il les a fait venir comme tous les ans à la fête de Noël, pour qu’ils lui rendent leurs comptes, et il leur donne des ordres.

CHARLEMAGNE CAUSE AVEC SES FERMIERS.


Il leur dit : « Je ne veux pas que vous maltraitiez les paysans qui travaillent sur mes terres ; mais je ne veux pas non plus que ces paysans perdent leur temps, les jours de marché, à boire et à bavarder.

« Je veux qu’il y ait dans chaque ferme au moins cent poules, trente oies, des canards, des pigeons.

« Vous ferez préparer proprement le lard, le jambon, les fromages, le beurre et la bière.

« Faites attention aux vendanges. Je ne veux pas qu’on écrase le raisin avec les pieds.

« Surveillez bien mes forêts. Ne laissez pas couper mes arbres. Ayez soin de mon gibier. Ne le laissez pas tuer par les braconniers. »

Ainsi Charlemagne parlait comme un bon propriétaire. Il se nourrissait du produit de ses terres, que ses fermiers lui envoyaient. Il buvait le vin de ses vignes. C’est pour cela qu’il défendait aux vendangeurs d’écraser le raisin avec leurs pieds, qui n’étaient pas toujours propres. Il recommandait d’empêcher les braconniers de tuer son gibier parce qu’il était grand chasseur et parce qu’il aimait à manger du gibier.

CHARLEMAGNE CAUSE AVEC LES ÉVÊQUES ET LES SEIGNEURS.


— 2. Charlemagne cause avec les évêques et les seigneurs. — Mais Charlemagne s’habillait en empereur dans les grandes circonstances.

Il s’asseyait sur un trône, comme vous le voyez sur l’image.

Il portait sur la tête une couronne. Cette couronne était en or. Sa tunique était brodée d’or. Son manteau était attaché à son épaule par une agrafe d’or. Sa main s’appuyait sur une épée dont le pommeau était en or et en pierres précieuses. Ses souliers étaient ornés de pierres précieuses.

A la droite de l’empereur, s’asseyaient les évêques, et à sa gauche, les chefs de son armée.

Charlemagne réunissait ainsi tous les ans des évêques et des chefs francs. Il causait avec eux de tout ce qui se passait dans son empire. Il voulait savoir si les peuples étaient sages et tranquilles.

Un évêque est debout et en train de parler. Il répond à des questions de l’empereur. L’empereur l’écoute avec beaucoup d’attention.

Quand l’empereur Charlemagne avait entendu les évêques et les chefs, il décidait ce qu’il fallait faire pour corriger tout ce qui était mal dans l’empire.

Ses ordres étaient portés dans tous les pays et tout le monde obéissait ; car l’empereur Charlemagne était puissant et sage.


— 3. Charlemagne cause avec un instituteur et des élèves. — Vous voyez ici Charlemagne dans une école. Cette école était dans sa maison. Il allait souvent voir comment les élèves travaillaient.

L’instituteur de cette école était un prêtre, car dans ce temps-là les prêtres seuls étaient instruits et capables de donner des leçons.

Le jour de la visite qui est représentée sur l’image, les élèves riches avaient de mauvaises notes, parce qu’ils avaient mal fait leurs devoirs et mal su leurs leçons. Les enfants pauvres, au contraire, avaient été bien notés, parce qu’ils avaient bien travaillé.

Alors Charlemagne a fait mettre d’un côté les enfants pauvres et, de l’autre, les enfants riches.

CHARLEMAGNE GRONDE LES MAUVAIS ÉLÈVES.


Il a fait de grands compliments aux enfants pauvres. Il leur a dit que, s’ils continuaient à bien travailler, il leur donnerait de bonnes places quand ils seraient grands.

Vous voyez qu’il a l’air fâché en regardant les enfants riches.

Il dit : « Ah ! vous croyez que, parce que vous êtes riches, vous n’avez pas besoin de travailler ? Vous vous trompez. Si vous ne travaillez pas mieux, jamais de ma vie, je ne vous donnerai rien. »


— 4. La belle mort de Roland, neveu de Charlemagne. — De vaillants guerriers combattirent sous les ordres de Charlemagne. Le plus célèbre fut Roland, qui était neveu de l’empereur.

LA MORT DE ROLAND À RONCEVAUX.

Un jour, l’empereur revenait d’Espagne, où il était allé faire la guerre. Il avait traversé la montagne des Pyrénées. Roland, qui commandait l’arrière-garde, était encore dans la montagne, à l’endroit qu’on nomme Roncevaux. Le chemin était étroit. Des deux côtés s’élevaient des rochers, qui semblaient deux hautes murailles.

Tout à coup, de grosses pierres tombent du haut des rochers sur les guerriers francs. En même temps, tombe une pluie de flèches. C’étaient les ennemis qui faisaient rouler ces pierres et qui lançaient ces flèches. D’autres ennemis accourent dans le chemin. Les guerriers francs sont entourés de tous les côtés. Ils tombent l’un après l’autre, morts.

Seul, Roland vivait encore, mais il était blessé, évanoui.

Un ennemi s’approcha de lui et voulut prendre son épée. Elle était célèbre dans le monde entier, à cause de la bravoure de Roland. On lui avait donné un nom : on l’appelait Durandal.

Roland sentit qu’on touchait à Durandal. Il se réveilla, se redressa, et, d’un coup, tua son ennemi.

Mais vous le voyez retombé sur le sol ; son sang coulait ; il n’avait plus de forces. Il sentait venir la mort. Alors Roland pensa dans son cœur à Charlemagne, son empereur, et à la douce France, sa patrie. Ses yeux se fermèrent. Il tenait serrée contre sa poitrine son épée Durandal.


Les descendants de Charlemagne se partagèrent son empire et se battirent les uns contre les autres. Les Normands en profitèrent pour envahir le royaume.


— 5. Les hardis Normands. — Normands, cela voulait dire hommes du Nord. Ils habitaient dans les pays qu’on appelle la Suède, la Norvège et le Danemark.

Chaque année, au printemps, ils se réunissaient par bandes au bord de la mer. Chaque bande choisissait un chef qu’on nommait le roi de mer.

Ils montaient sur leurs barques et naviguaient vers les côtes de France.

Il ne fait pas bon de naviguer sur ces mers du Nord. Le vent souffle avec fureur. Il soulève des vagues énormes.

Regardez cette barque normande en haut d’une vague et d’autres barques au loin.

Mais les Normands n’avaient peur ni du vent ni des vagues. Au milieu des tempêtes, ils chantaient.

BARQUES NORMANDES DANS LA TEMPÊTE.


Ils arrivaient sur les côtes de France, ils entraient dans les fleuves. Ils regardaient sur la rive droite, ils regardaient sur la rive gauche.

Quand ils apercevaient un village, ou bien un monastère, ou bien une ferme, ils attachaient leurs barques au bord du fleuve et descendaient à terre. Ils avaient vite fait de tuer les gens. Puis ils prenaient l’argent et tout ce qu’il leur plaisait d’emporter, retournaient à leurs barques, et les remplissaient de ce qu’ils avaient volé.


— 6. Une ruse du Normand Hastings. — Il était plus difficile aux Normands d’entrer dans les villes, parce qu’elles étaient entourées de murailles.

Un jour, un roi de mer, appelé Hastings, arrive auprès d’une ville. Les murailles étaient hautes et les portes étaient solides et bien fermées. Hastings vit bien qu’il ne pourrait jamais la prendre. Alors il eut une idée. Il envoya dire à l’évêque qu’il était mort, et qu’avant de mourir il avait demandé à être enterré dans l’église.

L’évêque crut à ce mensonge et donna l’ordre de laisser entrer le cercueil avec le cortège qui l’accompagnait.

Hastings se mit tout vivant dans le cercueil. Des Normands le portaient ; d’autres suivaient. Ils faisaient semblant d’être désolés d’avoir perdu leur chef.

Ils entrèrent dans la ville et ils allèrent à l’église. L’évêque se mit à bénir le cercueil. Mais, tout à coup, le cercueil s’ouvre. Hastings en sort tenant une hache dans sa main. Les Normands se mettent à frapper de tous les côtés. Puis ils courent dans les rues, pillent les maisons et tuent les gens.

Les Normands firent beaucoup de mal dans le royaume de France.




RÉSUMÉ

1. En 752, les Francs choisirent leurs rois dans la famille carolingienne. Le plus grand roi de cette famille fut Charlemagne. Il fut fait empereur en l’an 800.

2. Charlemagne, avant de donner des ordres, demandait conseil à des gens sages ; aussi il gouverna très bien.

3. Charlemagne aimait les écoliers travailleurs ; il mit une école dans sa maison ; il allait la voir souvent.

4. Charlemagne fit beaucoup de guerres. C’est dans une guerre en Espagne que son neveu Roland fut tué après avoir bravement combattu à Roncevaux.

5. Après la mort de Charlemagne les Normands vinrent en France sur des barques. Ils pillèrent beaucoup de pays et tuèrent beaucoup de gens.

6. Le Normand Hastings prit une ville par ruse.


QUESTIONNAIRE

Que veut dire le mot carolingien ?

En quelle année Charlemagne devint-il empereur ?

Regardez l’image page 16, et dites comment Charlemagne était ordinairement habillé.

Regardez l’image page 17 et dites comment Charlemagne s’habillait dans les cérémonies.

Racontez la visite de Charlemagne à l’école. Que dit-il aux enfants riches ?

Racontez comment Roland fut attaqué dans la montagne. Racontez comment Roland mourut.

D’où venaient les Normands ? Que venaient-ils faire en France ?

Racontez comment fit Hastings pour prendre une ville.

UNE BARQUE NORMANDE.



LIVRE DEUX
LA FRANCE, DEPUIS LE TEMPS DES CAROLINGIENS
JUSQU’A LA MORT DE SAINT LOUIS


CHAPITRE QUATRE
LES CHATEAUX ET LES SEIGNEURS


Pendant que les Normands ravageaient la France, les habitants des campagnes n’étaient jamais tranquilles. Ils ne savaient où se cacher quand les barques arrivaient.

Mais il y avait dans les campagnes des hommes beaucoup plus riches que les autres. Ils possédaient beaucoup de terres et ils avaient des gens pour les servir. On les appelait les seigneurs ou les nobles.

Les seigneurs firent bâtir des châteaux pour se défendre contre les Normands.


— 1. Un château. — Tournez la page : vous trouverez une image qui représente un château. Regardez-la bien.

En bas, vous voyez d’abord un fossé, et, sur ce fossé, un pont, puis, au bout du pont, une porte. Ensuite, vous voyez un mur, et, dans ce mur, des tours qui le dépassent en hauteur. Vous voyez aussi une tour plus haute que tout le reste.

UN CHÂTEAU


Reprenons toutes ces choses-là une à une.

Le fossé est large, profond et plein d’eau.

Le pont est en bois, il n’est pas fixé. Les gens qui sont dans le château peuvent le relever contre la porte, en le tirant par des chaînes.

Le mur est très haut et il est très large. Plusieurs personnes s’y promèneraient de front sans être gênées.

Derrière ce mur, vous apercevez une cour ; c’est dans cette cour que s’élève la tour la plus haute. Cette tour s’appelle le donjon. C’est dans le donjon que le seigneur habite.


— 2. Le château est bien difficile à prendre. — Supposons maintenant que des ennemis veulent attaquer le château.

Ils arrivent au bord du fossé ; mais le seigneur a fait relever le pont. Pas moyen de passer.

Il faut remplir le fossé en y jetant de la terre, des fagots, tout ce qu’on pourra. Après cela il faudra attaquer la porte à coups de hache, ou dresser des échelles contre le mur pour essayer de monter dessus.

Mais les soldats du seigneur se placeront sur le mur et en haut des tours. Ils tireront des flèches sur les ennemis, ou bien ils leur verseront sur la tête de l’huile bouillante ou du plomb fondu.

Si les ennemis réussissent tout de même à briser la porte, ils entreront dans la cour.

Alors ils attaqueront le donjon ; mais, autour du donjon, il y a aussi un fossé, une porte bien fermée.

Il était très difficile de prendre un château. Le seigneur était tranquille derrière ses fossés et ses murs. Il pouvait se défendre contre les Normands et contre n’importe qui.


— 3. Le seigneur s’ennuie ; il chasse. — Mais comme c’était triste de vivre dans un château pareil ! On était comme dans une prison, derrière ces murs, si hauts, si épais, sans fenêtres. Quand on se trouvait dans la cour, on ne voyait que ces murs, des pierres et toujours des pierres. Pour découvrir un peu de pays, il fallait monter sur les murs ou bien en haut du donjon.

Aussi le seigneur s’ennuyait. Pour se distraire, il allait souvent à la chasse.

LA CHASSE AU FAUCON.

Il chassait les grosses bêtes, le cerf, le loup, le sanglier. Sa femme et ses enfants, ses domestiques l’accompagnaient. Ils couraient à cheval à travers les champs et les bois.

Les chiens aboyaient autour d’eux. Des valets soufflaient dans des cors de chasse. C’était comme un tourbillon qui passait.

Il y avait une chasse qui plaisait beaucoup aux dames : c’est la chasse aux oiseaux que l’image représente. Regardez la dame. Elle porte sur le poignet un oiseau. C’est un oiseau de proie, c’est-à-dire un oiseau qui attaque et tue les oiseaux plus faibles que lui. On l’appelle un faucon.

Quand la dame verra une perdrix, elle lâchera le faucon, qui s’envolera vers la perdrix, la prendra dans ses griffes et la rapportera.

Regardez maintenant le seigneur ; il avait tout à l’heure un faucon sur le poignet ; mais il l’a lâché, et le faucon va prendre une perdrix et la rapporter.

C’était un grand amusement pour le seigneur de dresser les faucons pour cette chasse, et de les regarder voler.

UN TROUVÈRE RACONTE L’HISTOIRE DE ROLAND.


— 4. Le seigneur entend raconter une très belle histoire. — L’image vous montre un homme debout. Cet homme est un trouvère. Son métier est d’aller dans les châteaux pour réciter des histoires en s’accompagnant d’un instrument de musique. Devant lui, sont assis le seigneur, sa femme et leurs enfants. Les parents et les amis qu’ils ont invités emplissent la grande salle.

Tout ce monde écoute avec attention. Le seigneur a le coude sur le genou et le menton dans la main. La dame tient la tête haute et ouvre de grands yeux. Derrière elle, un jeune homme se lève et se penche pour mieux écouter.

C’est qu’elle est bien belle, l’histoire que récite le trouvère ! Vous la connaissez : c’est l’histoire du neveu de Charlemagne, Roland, qui mourut à Roncevaux, tenant serrée contre sa poitrine sa bonne épée Durandal.

Les seigneurs aimaient les histoires comme celle-là, où l’on racontait les beaux coups de lance ou d’épée donnés dans les batailles ; car ils étaient braves et ils aimaient la guerre par-dessus toutes choses.


— 5. L’armement du chevalier. — Depuis son enfance, le seigneur était préparé à la guerre. Il n’apprenait pas à lire ni à écrire. Il apprenait à tirer de l’arc, à se servir de l’épée, de la lance et de la hache, à sauter les fossés, à escalader des murs, à monter à cheval.

Il apprenait à n’avoir peur de rien.

Quand il avait vingt et un ans, il devenait chevalier après une grande cérémonie.

Il commençait par passer la nuit en prières dans la chapelle du château. Quand le jour était venu, il assistait à une grand’messe.

Après la messe, il y avait un grand dîner, qui durait longtemps, car on mangeait et on buvait en ce temps-là beaucoup plus qu’aujourd’hui.

Après le dîner, toute la compagnie sortait dans la cour. Alors on mettait au jeune homme sa cuirasse et son casque ; on lui donnait son épée.

LA TAPE SUR LE COU.


L’image vous le montre au moment où il vient de recevoir ses armes. Il est à genoux devant un seigneur qui va lui donner une tape sur le cou. C’est pour savoir s’il est fort et solide. Ensuite le seigneur lui touchera l’épaule avec son épée en disant : « Je te fais chevalier ! »

C’était un honneur de devenir chevalier. Un bon chevalier devait ne jamais mentir, ne faire de mal à personne, protéger les enfants, les femmes et les vieillards. Il devait aussi ne jamais reculer devant l’ennemi.


— 6. Les tournois. — Les chevaliers s’amusaient à lutter les uns contre les autres. Ces luttes s’appelaient des tournois. L’image vous montre un tournoi entre deux chevaliers.

Au fond, vous apercevez le château avec ses tours, et, plus près, une grande tribune où sont assis les parents et les amis des deux chevaliers.

UN TOURNOI.


Pour voir comment les chevaliers sont armés, regardez celui de droite. Il a un casque qui lui couvre la tête. Il tient une longue lance d’une main, et, de l’autre, un bouclier qui lui couvre l’épaule. Il a une cuirasse de fer qui lui enveloppe la poitrine et les reins. Ses jambes sont entourées de fer.

Des chevaliers ainsi couverts de fer ne pouvaient pas se faire beaucoup de mal. Les lances ne perçaient pas les cuirasses. Mais le plus fort des deux pouvait, en poussant vigoureusement sa lance sur la poitrine de l’autre, le faire tomber.

Vous voyez qu’un des deux chevaliers va tomber. Quand il sera par terre, le tournoi sera fini.

Alors le vainqueur conduira son cheval vers l’estrade où sont réunis les parents et amis que l’on a invités au tournoi. On applaudira. Les trompettes sonneront. Une dame remettra au chevalier vainqueur un prix qui sera une fleur ou un bijou.

En luttant ainsi dans les tournois, les seigneurs se préparaient pour la vraie guerre.


— 7. Les méchantes guerres des seigneurs. — Les seigneurs ont combattu vaillamment sous les ordres du roi contre les ennemis du royaume. Leur plus grand plaisir était de se battre. Malheureusement ils se faisaient souvent la guerre les uns aux autres.

PAYSANS QUI SE SAUVENT EN VOYANT ARRIVER LES SOLDATS.


Vous voyez des paysans qui se sauvent de leur village. Ils ont peur, parce qu’ils ont vu venir des soldats que vous apercevez au loin.

Ces soldats ont été envoyés par un seigneur qui est en guerre avec le seigneur de ces pauvres gens.

Les pauvres gens savaient ce qui arrivait quand des soldats ennemis entraient dans un village. Ils prenaient dans les maisons et dans les granges tout ce qu’ils pouvaient emporter. Ils emmenaient les chevaux et le bétail.

Souvent ils maltraitaient les paysans, et ils mettaient le feu au village.

C’est pourquoi les pauvres gens que l’image vous montre se sauvent. Ils emportent les enfants. Ils poussent devant eux leur bétail.

Ils courent vers un bois pour se cacher.

Ces guerres des seigneurs ont fait bien du mal dans tous les pays de France.



RÉSUMÉ

1. Pour se défendre contre les Normands, les seigneurs bâtirent des châteaux entourés de fossés avec de grands murs et de grosses tours.

2. Il était très difficile aux ennemis de prendre les châteaux, aussi les seigneurs étaient très tranquilles derrière leurs murs et leurs tours.

3. Le château n’était pas gai à habiter ; pour se distraire le seigneur allait souvent à la chasse.

4. Pour se distraire encore, le seigneur faisait venir des trouvères qui récitaient de belles histoires.

5. Les jeunes seigneurs n’apprenaient rien autre qu’à se battre. Quand ils avaient vingt et un ans, on les faisait chevaliers et ils promettaient d’être bons et braves.

6. Pour s’amuser, les seigneurs couverts d’armures de fer luttaient les uns contre les autres dans des tournois.

7. Les seigneurs se faisaient souvent la guerre. Le vainqueur ravageait les terres de l’ennemi, incendiait les maisons, tuait les paysans.


QUESTIONNAIRE

Pourquoi les seigneurs construisirent-ils des châteaux ? Regardez l’image page 26. Comment est fait le pont qui permet d’entrer dans le château ? Comment sont les murs ? Qu’est-ce que le donjon ?

Comment les ennemis cherchaient-ils à entrer dans le château ? Comment se défendaient les gens du château ?

Pourquoi était-ce triste d’habiter les châteaux ? Que faisait le seigneur pour se distraire ?

Regardez l’image page 28. Comment se faisait la chasse au faucon ?

Regardez l’image page 29. Qu’est-ce que c’était qu’un trouvère ? Quelle histoire récite le trouvère que vous voyez ?

Qu’est-ce qu’on apprenait aux jeunes seigneurs ?

Regardez l’image de la page 31. Que va faire le seigneur qui lève le bras ?

Qu’est-ce que devait faire un bon chevalier ?

Regardez l’image de la page 32. Dites comment est armé le chevalier de droite.

Comment a-t-il fait pour renverser l’autre chevalier ?

Regardez l’image page 33. Pourquoi ces gens-là se sauvent-ils ?

UN SEIGNEUR VOYAGEANT DANS UNE LITIÈRE.



CHAPITRE CINQ
LES PAYSANS ET LES BOURGEOIS


— 1. La misère des paysans. — Les paysans étaient très malheureux même quand leurs seigneurs ne faisaient pas la guerre.

Les terres qu’ils cultivaient appartenaient au seigneur du village.

Le seigneur pouvait leur demander autant d’argent qu’il voulait.

Quand le seigneur faisait bâtir, ou bien réparer un chemin, il ne prenait pas d’ouvriers. Il envoyait chercher des paysans, et les faisait travailler pour lui, sans les payer. Ce travail-là s’appelait la corvée.

Vous avez vu que le seigneur aimait beaucoup la chasse. Il voulait avoir beaucoup de gibier sur ses terres. Ce gibier mangeait les récoltes. Les paysans n’avaient pas le droit de le détruire. Un paysan qui tuait un lièvre risquait d’être pendu.

Le seigneur pouvait battre les paysans et les mettre en prison quand cela lui faisait plaisir.

Si un paysan se trouvait trop malheureux, il n’avait pas le droit de s’en aller ailleurs. S’il s’en allait, le seigneur le faisait poursuivre et ramener.

Les paysans appartenaient donc au seigneur. La preuve c’est que, quand le seigneur vendait ses terres, il vendait ses paysans avec.

Ainsi les paysans dans ce temps-là étaient traités à peu près comme des bêtes.


— 2. Une révolte de paysans. — Un jour, un paysan dit à ses camarades :

DES PAYSANS SE RÉUNISSENT POUR FAIRE LA GUERRE AU SEIGNEUR.

« Camarades, nous sommes trop malheureux ! Nos seigneurs nous traitent comme des chiens. Et pourtant nous sommes des hommes aussi bien qu’eux. Comme eux, nous avons un cœur dans la poitrine. Et notre cœur est aussi bon que le leur. Voulez-vous que tous les paysans se réunissent pour faire la guerre aux méchants seigneurs ? »

Les pauvres gens répondirent qu’ils le voulaient. Ils se séparèrent. Chacun d’eux s’en alla dans des villages causer avec des paysans. Ils leur dirent de se réunir un jour dans un bois qu’ils indiquèrent.

Vous voyez les paysans arriver dans ce bois. Ils sont armés de faux, de fléaux à battre le blé ou de gros bâtons. Qu’est-ce qu’ils pouvaient faire contre des seigneurs coiffés de leurs casques de fer, protégés par leurs cuirasses, armés d’épées et de lances ? Pourtant, ils se choisirent un chef et ils commencèrent la guerre contre les seigneurs.

Les seigneurs tuèrent un grand nombre de ces malheureux. A d’autres, ils crevèrent les yeux ou coupèrent les poignets. Puis ils les renvoyèrent dans leurs villages, pour faire peur à ceux qui auraient envie de se révolter.

Et les pauvres paysans continuèrent à souffrir de leurs grandes misères.


— 3. Les villes. — Les habitants des villes, qu’on appelait des bourgeois, étaient plus heureux que ceux des campagnes.

Les seigneurs n’osaient pas les maltraiter comme ils maltraitaient les paysans.

Dans beaucoup de villages, les paysans habitaient des maisons éloignées les unes des autres. Ils ne se connaissaient guère et ils n’aimaient pas à causer.

Les bourgeois habitaient les uns tout près des autres. Ils se rencontraient à chaque instant dans les rues. Ils aimaient à causer entre eux.

Ils s’entendirent pour ne pas se laisser maltraiter par leur seigneur. Ils lui promirent de lui donner chaque année une bonne somme d’argent, à condition qu’il les laisserait tranquilles pour tout le reste.

Les villes pouvaient se défendre contre leurs seigneurs, car elles étaient entourées de murs.

L’image vous montre la ville de Carcassonne.

Vous voyez d’abord un premier mur bas, avec des tours de distance en distance ; puis, un second mur, plus haut, et encore des tours. Regardez à gauche. Vous apercevez une entrée très étroite. Elle est défendue par des tours. Derrière, il y a une seconde entrée que vous ne voyez pas. Elle est entre les plus grandes tours.

Pour défendre leur ville, les habitants étaient soldats. Le maire de la ville les commandait.

LES MURS DE LA VILLE DE CARCASSONNE.


Une ville ainsi fortifiée était aussi difficile à prendre qu’un château de seigneurs. Aussi les bourgeois n’avaient pas peur des soldats de leur seigneur.


— 4. Une rue de ville. — Il n’y avait pas de rues larges dans les villes de ce temps-là. Toutes les rues étaient très étroites.

Les maisons étaient drôlement bâties. Le premier étage avançait au-dessus du rez-de-chaussée. Les rues se trouvaient encore plus étroites dans le haut que dans le bas. D’une maison à l’autre, on pouvait se donner une poignée de main. Aussi les rues étaient sombres ; c’est à peine si l’on y voyait à midi un rayon de soleil. Beaucoup de maisons étaient en bois, comme celles que vous apercevez à droite de l’image.

UNE RUE DE VILLE.


Presque chaque maison avait sa boutique au rez-de-chaussée et son enseigne. A la maison de droite, l’enseigne est une roue. Elle annonce la boutique du charron, qui travaille devant la porte.

Vous voyez à gauche le clocher d’une église. Les églises des villes étaient très belles. Les villes avaient aussi de très beaux hôtels de ville.

Mais regardez les chiens qui fouillent des tas d’ordures. Elles n’étaient pas propres, les rues. Les habitants y jetaient tout ce qui les gênait. Il n’y avait pas de balayeurs pour enlever les ordures.

UNE GRAND’PLACE UN JOUR DE FOIRE.


Les rues n’étaient pas éclairées la nuit. C’était très commode pour les voleurs.


— 5. Un jour de foire. — Dans les grandes villes, il y avait tous les ans des foires où les marchands venaient de France et des pays étrangers.

Il venait des marchands d’étoffes, de vêtements tout faits, de chaussures, de fourrures, de mercerie, d’ustensiles de fer ou de cuivre, d’armes, de sellerie, de bijoux en argent ou en or. Il venait aussi des marchands de bestiaux, et des cabaretiers qui vendaient à boire et à manger.

La ville était très animée pendant la foire. L’image, page 41, vous montre la grand’place où travaillent les saltimbanques.

Les uns courent sur des échasses ; d’autres marchent sur des cordes raides ; d’autres font travailler des chiens savants. Les enfants s’amusaient en les regardant.

On venait de loin aux foires pour faire ses provisions de toutes sortes de choses, parce que dans ce temps-là, ce n’était pas comme aujourd’hui. Aujourd’hui, quand on ne trouve pas chez soi ce dont on a besoin, on le fait venir par la poste ou par le chemin de fer. C’était dans les foires que se faisait autrefois le grand commerce.



RÉSUMÉ

1. Au temps des seigneurs, les paysans étaient malheureux ; ils devaient faire toutes les volontés de leurs maîtres et ils étaient maltraités.

2. Quelquefois les paysans se révoltaient contre les seigneurs, mais ils étaient presque toujours vaincus ; alors on les tuait ou on les torturait.

3. Au temps des seigneurs, les habitants des villes étaient moins malheureux que les paysans. Les villes avaient des murailles pour se défendre contre les seigneurs.

4. Les villes avaient de beaux monuments, mais les rues étaient étroites, sombres et malpropres.

5. Dans les villes il y avait de grandes foires où venaient toutes sortes de marchands et de saltimbanques.


QUESTIONNAIRE

A qui appartenaient les terres que les paysans cultivaient ?

Qu’est-ce que c’était que la corvée ? Comment les paysans étaient-ils traités par leurs seigneurs ?

Qu’est-ce que faisaient quelquefois les paysans quand leurs seigneurs étaient trop méchants ?

Regardez l’image, page 37. Comment les paysans sont-ils armés ? Que vont-ils faire ?

Pourquoi les villes pouvaient-elles se défendre contre leurs seigneurs ?

Comment étaient les rues des villes ? Pourquoi n’y voyait-on pas le soleil ? Les rues étaient-elles propres ?

Dites tout ce que vous voyez sur l’image de la page 41.

Qu’allait-on faire à la foire ?

UN SEIGNEUR ET SA DAME VOYAGEANT À CHEVAL.



CHAPITRE SIX
LES CROISADES


— 1. Pierre l’Ermite et le pape prêchent la croisade. — En ce temps-là, beaucoup de chrétiens s’en allaient en pèlerinage à Jérusalem pour prier auprès du tombeau de Jésus-Christ.

Jérusalem appartenait aux Turcs, et les Turcs maltraitaient les chrétiens. Ils les battaient, leur prenaient leur argent et les mettaient en prison. Quelquefois même, ils les tuaient.

Un moine appelé Pierre l’Ermite fit le voyage de Jérusalem ; il revint en France, et il raconta les méchancetés des Turcs. Il alla de village en village et de ville en ville. Il marchait nu-pieds, habillé d’une longue robe à capuchon.

Ceux qui l’entendaient pleuraient et disaient qu’il fallait aller à Jérusalem pour en chasser les Turcs.

Quelque temps après, le pape vint en France. Il passa quelques jours à Clermont en Auvergne. Une grande foule de seigneurs et de pauvres gens accourut pour le voir.

L’image vous représente le pape au moment où il parle à la foule. Il est debout sur une grande estrade. Il tient d’une main la croix ; il étend l’autre main vers la foule. Derrière lui sont assis les évêques. Au fond, on aperçoit les montagnes d’Auvergne.

LE PAPE PRÊCHE LA CROISADE À CLERMONT


Le pape raconta les misères des chrétiens et les méchancetés des Turcs. Il termina en disant : « Français, vous êtes la plus brave des nations ! C’est vous qui chasserez les Turcs de Jérusalem ! »

Quand le pape eut fini de parler, la foule l’acclama. Les bras se levaient vers lui. Un grand cri fut répété par tout le monde : « Partons ! Dieu le veut ! Dieu le veut ! »

Des hommes, des femmes, mirent sur leur poitrine des morceaux d’étoffe taillés en forme de croix. C’est pour cela que l’on appela croisés ceux qui partirent pour Jérusalem et croisades les guerres que les chrétiens firent aux Turcs.


— 2. La croisade des pauvres gens. — Regardez cette rue de village. Des paysans mettent dans un chariot attelé de bœufs des provisions pour la route. Un vieillard, qui porte une croix sur l’épaule et marche à côté d’un enfant, va s’asseoir dans le chariot.

PAYSANS QUI SE PRÉPARENT POUR LE GRAND VOYAGE.


D’autres paysans sont assemblés près de l’église. Le curé leur parle et les bénit. Ces paysans s’apprêtent à partir pour le grand voyage vers Jérusalem.

Quand la troupe d’un village était prête, elle partait joyeuse en chantant. Des musiciens jouaient de leurs instruments.

Toutes ces troupes se réunirent, et ce fut une armée de plus de cent mille hommes. Pierre l’Ermite les commandait.

Les pauvres gens ne savaient pas qu’il faudrait marcher longtemps, longtemps, avant d’arriver. Quand ils apercevaient une ville, ils demandaient si c’était Jérusalem.

Ils marchèrent pendant des mois et des mois.

Ils arrivèrent au bout de la France. Ils traversèrent l’Allemagne, puis d’autres pays encore. Beaucoup moururent en chemin, de maladie, de fatigue ou de misère. Les survivants arrivèrent au bout de l’Europe, à Constantinople.

Ces pauvres gens passèrent ensuite sur des barques le bras de mer qui sépare l’Europe de l’Asie.

Arrivés en Asie, ils furent attaqués par les Turcs, qui les massacrèrent presque tous. Aucun d’eux ne vit Jérusalem.

Presque aucun d’eux ne revit le village d’où il était parti joyeux et chantant.


— 3. La croisade des seigneurs. — Les seigneurs ne partirent qu’un peu plus tard pour Jérusalem. Godefroy de Bouillon, duc de Lorraine, les commandait.

Arrivés en Asie, ils eurent beaucoup à souffrir. Les Turcs avaient ravagé le pays ; les croisés ne trouvaient pas de quoi se nourrir.

Presque tous les chevaux périrent. Des chevaliers montèrent alors sur des bœufs. On mit des bagages sur le dos des moutons, des chiens et des porcs.

Pendant plusieurs jours, il fallut traverser un désert sans eau. Les croisés eurent horriblement soif. Vous en voyez qui sont couchés sur le sable ; ils le grattent avec leurs mains pour trouver en dessous un sol un peu plus frais ; ils y collent leurs lèvres pour les rafraîchir.

CROISÉS MOURANT DE SOIF DANS UN DÉSERT.


Enfin, un jour de l’année 1099, ceux qui marchaient les premiers arrivèrent devant Jérusalem. Ils eurent une grande joie ; ils crièrent : « Jérusalem ! Jérusalem ! » C’était Jérusalem en effet.

Ils attaquèrent la ville que les Turcs défendaient. Ils y entrèrent. Ils tuèrent des milliers de Turcs dont le sang coula comme une rivière, et ils allèrent s’agenouiller devant le tombeau de Jésus-Christ.

Alors Godefroy de Bouillon devint roi de Jérusalem. Mais les Turcs attaquèrent ce royaume. Ils finirent par reprendre Jérusalem. Toute la peine que les croisés s’étaient donnée fut perdue.

Mais les chevaliers de France avaient bravement combattu. Aujourd’hui encore on se souvient de leur bravoure dans ces pays-là.



RÉSUMÉ

1. Les Turcs faisaient des misères aux chrétiens qui allaient à Jérusalem voir le tombeau du Christ. Alors le pape et Pierre l’Ermite dirent aux chrétiens d’aller prendre Jérusalem.

2. Une armée de paysans partit pour Jérusalem, mais elle ne put aller jusque-là. Elle périt en route.

3. Une armée de seigneurs commandée par Godefroy de Bouillon partit ensuite ; elle mit trois ans pour arriver à Jérusalem et souffrit beaucoup en chemin ; elle prit la ville en 1099. On appelle ces guerres des croisades.


QUESTIONNAIRE

Pourquoi beaucoup de chrétiens allaient-ils à Jérusalem ? Quelles misères leur faisaient les Turcs ?

Regardez l’image, page 45 ; où est le pape ? Qu’est-ce que crie la foule ?

Expliquez le mot croisades. Regardez l’image, page 46. Que font les gens que vous voyez ? Pourquoi les paysans ne purent-ils pas arriver jusqu’à Jérusalem ?

Qui est-ce qui commandait l’armée des seigneurs ?

Quelles furent les souffrances des seigneurs dans le désert ?

En quelle année prirent-ils Jérusalem ? Gardèrent-ils Jérusalem longtemps ?

________



CHAPITRE SEPT
TROIS BONS ROIS DE FRANCE


Vous avez vu que les descendants de Charlemagne furent de mauvais rois. Aussi, en l’année 987, les Francs choisirent-ils leurs rois dans une autre famille. Le premier roi de cette famille s’appela Hugues Capet. C’est pourquoi cette famille s’appelle les Capétiens.

Il ne fut guère obéi dans le royaume, parce qu’il y avait partout des seigneurs qui faisaient tout ce qu’ils voulaient.

Mais bientôt, il y eut des rois qui se firent obéir.


— 1. Louis le Gros fait la guerre aux méchants seigneurs. — Le premier de ces rois fut Louis six, appelé le Gros parce qu’il devint gros de bonne heure. Cela ne l’empêchait pas de monter à cheval et de bien faire la guerre.

Il fit la guerre aux méchants seigneurs. Un des plus méchants était le seigneur du Puiset, près de Paris.

C’était un vrai brigand. Il maltraitait les paysans et les curés des villages. Il arrêtait les gens qui passaient sur les routes pour leur prendre leur argent.

LA BRAVOURE DU VIEUX PRÊTRE À L’ATTAQUE DU PUISET

Le roi Louis le Gros décida de détruire le château. Il réunit une armée, où il y avait des chevaliers et aussi des paysans commandés par leurs curés. La bataille dura longtemps. Il y avait à un endroit une palissade faite avec de gros pieux plantés en terre, qui barrait la route aux soldats du roi.

Plusieurs soldats avaient été tués. Les autres, qui étaient fatigués, n’osaient plus avancer.

Alors un prêtre marcha vers la palissade. C’était un vieil homme qui n’avait plus de cheveux ; mais il était brave et fort.

Vous le voyez sur l’image arrachant les pieux, il a fait une trouée. Les soldats qui le regardaient reprirent courage. Ils passèrent par la trouée.

Le méchant seigneur fut pris. Le roi Louis fit démolir le château du Puiset et les habitants du pays furent bien contents.

Les pauvres gens aimèrent le roi Louis, parce qu’il punissait les seigneurs qui leur faisaient beaucoup de mal.


— 2. La grande victoire du roi Philippe-Auguste. — Le roi Philippe-Auguste fut un roi très habile et très brave. Il remporta une grande victoire sur Otton, l’empereur d’Allemagne.

PHILIPPE-AUGUSTE PAR TERRE, PENDANT LA BATAILLE DE BOUVINES.


Otton était entré en France avec une grande armée. Il voulait prendre Paris.

Philippe-Auguste alla au-devant de lui. Il le rencontra près de Bouvines, un village pas loin de la ville de Lille.

Devant le roi, un chevalier portait un grand drapeau de soie rouge, que les rois de France faisaient toujours placer devant eux dans les batailles. Ce drapeau s’appelait l’oriflamme.

Le roi s’élança bravement parmi les ennemis. Un moment des soldats d’Otton l’entourèrent ; ils le tirèrent de toutes leurs forces, et le firent tomber de son cheval. Vous le voyez par terre. Les ennemis frappent sur son armure. Le roi de France était en danger de mort.

Mais le chevalier qui tient l’oriflamme l’élève très haut. Il crie de toutes ses forces : « Au secours, au secours du roi ! » Et les Français accourent et ils délivrent le roi.

Philippe-Auguste remonta sur son cheval. Les Français furent vainqueurs. L’empereur Otton s’enfuit au grand galop pour retourner dans son pays.

C’est en l’année 1214 que Philippe-Auguste remporta cette belle victoire.

Quand il retourna vers Paris, on lui fit fête sur toute la route. Les paysans étaient occupés à moissonner. Mais, dès qu’ils voyaient arriver la troupe, ils couraient au bord du chemin en criant : « Vive le roi ! »

Quand le roi passait par une ville, les habitants jetaient des fleurs devant lui. Les cloches des églises sonnaient. Tout le monde criait : « Vive le roi ! »

Les Parisiens sortirent en foule au-devant de lui et crièrent aussi : « Vive le roi ! »

Dans toute la ville, on chanta, on dansa. La nuit, on alluma des torches et des lanternes, et l’on vit aussi clair qu’en plein jour.

Les fêtes durèrent huit jours. Pendant ce temps-là, on ne fit pas la classe, et les écoliers s’amusèrent.

Les Français aimèrent le roi Philippe-Auguste parce qu’il avait battu les Allemands qui avaient attaqué le royaume de France.


— 3. La gentillesse et la charité de Saint Louis. — Saint Louis était un petit enfant quand il perdit son père et devint roi. En attendant qu’il fût grand, sa mère, Blanche de Castille, gouverna le royaume.

SAINT LOUIS PRENANT UNE LEÇON.
D’après Chartran. Fresque de la Sorbonne, photog. Noyer

Blanche de Castille était très pieuse, et elle disait à son fils qu’il vaut mieux mourir que de commettre un péché. Le petit roi avait une jolie figure, de grands yeux bleus, une longue chevelure blonde. On aurait dit une petite fille.

L’image vous le montre au moment où il prend une leçon. Le maître, qui est un moine, lui parle ; lui, il écoute avec attention. Il était très obéissant et travaillait bien.

Saint Louis fut un homme très charitable. Souvent il allait visiter les pauvres malades à l’Hôtel-Dieu. Il n’avait pas peur de gagner leur mal. Les plaies les plus vilaines ne le dégoûtaient pas ; il les soignait de ses mains.

Jamais il ne refusait une aumône. Les pauvres étaient toujours bien reçus dans son palais. Il leur faisait donner à manger.

Quelquefois il les servait lui-même, comme vous voyez par l’image.

SAINT LOUIS SERT À TABLE DES AVEUGLES.


Ce jour-là, c’étaient des aveugles qui étaient réunis autour de la table. Le roi est debout et verse à boire. Un aveugle arrive : il a le bras étendu, comme font les aveugles qui cherchent leur chemin. Saint Louis aimait mieux servir les aveugles que les autres pauvres, parce que les aveugles ne le voyaient pas. Ils ne savaient pas que c’était le roi qui les servait. Il défendait de le leur dire. Saint Louis cachait ses charités autant qu’il pouvait.


— 4. La justice de Saint Louis. — Saint Louis défendait à ses sujets de faire du mal les uns aux autres. Vous le voyez assis sur les marches de la Sainte-Chapelle. Saint Louis avait fait bâtir cette chapelle dans son palais.

Il est là, sans cérémonie. On a seulement mis un tapis sur les marches pour qu’il puisse s’asseoir. Il est coiffé d’un chaperon ; sur sa robe sont brodées des fleurs de lys.

SAINT LOUIS ASSIS SUR LES MARCHES DE LA SAINTE-CHAPELLE POUR JUGER

Devant lui deux hommes se tiennent debout. Un de ces hommes parle au roi. Il se plaint de l’autre homme. Le roi écoute sa plainte. Tout à l’heure il écoutera l’autre avec autant d’attention. Quand il les aura entendus tous les deux, il prononcera son jugement, c’est-à-dire qu’il dira lequel a tort et lequel a raison.

Dans ce temps-là, les seigneurs ne se gênaient pas pour faire tort aux pauvres gens. Ils croyaient que personne n’avait le droit de les punir. Saint Louis ne regardait pas si celui qui avait mal fait était un seigneur ou un pauvre homme. Il punit un des plus grands seigneurs du royaume qui avait commis un crime.


— 5. Le courage de Saint Louis. — L’image vous représente des hommes armés, au bord d’un fleuve. Le fleuve, c’est le Nil, qui coule bien loin de France, en Égypte. Les hommes armés, c’est Saint Louis avec des chevaliers français.

Saint Louis était allé dans ce pays-là faire la guerre aux Turcs.

SAINT LOUIS REFUSE DE SE SAUVER SUR UN BATEAU.


Il s’est battu comme un vaillant chevalier ; mais il a été vaincu. Les Turcs poursuivent son armée. Ils vont bientôt arriver, et alors le roi sera prisonnier.

Vous voyez que Saint Louis est bien fatigué. Il est courbé ; c’est à peine s’il peut se tenir à cheval. Il souffre d’une grande fièvre.

Un chevalier met la main à la bride du cheval du roi. D’autres chevaliers lui montrent un bateau.

Ils veulent qu’il descende de cheval et qu’il monte sur le bateau ; alors, sans fatigue, il naviguera sur le fleuve, et les Turcs ne pourront le prendre.

Ils prient et ils supplient, car ils aiment le bon roi de tout leur cœur.

Mais le bon roi pense à tant de pauvres soldats fatigués comme lui, malades comme lui. Il ne veut pas se sauver. Il dit : « Non, je ne veux pas abandonner mes gens ; j’aime mieux mourir ou être pris avec eux. »

Il resta sur son cheval. Les Turcs arrivèrent. Ils le firent prisonnier. Dans sa prison, il montra beaucoup de courage. Il se racheta en donnant une grosse somme d’argent, et il revint en France, et la France fut bienheureuse de revoir son roi.

Les Français pleurèrent le roi Saint Louis quand il mourut en 1270. Ils l’aimaient, parce qu’il était charitable, parce qu’il était juste, parce qu’il était brave.



RÉSUMÉ

1. En 987 les Francs choisirent Hugues Capet pour roi. Un siècle plus tard, le roi Louis le Gros se fit aimer des pauvres gens en faisant la guerre aux méchants seigneurs.

2. En 1214 le roi de France Philippe-Auguste battit les Allemands à Bouvines, et à cause de cela il fut très aimé par les Français.

3. Saint Louis fut le meilleur des rois de France. Il était très pieux. Il soignait les malades et faisait la charité aux pauvres.

4. Saint Louis fut le plus juste des rois. Il punissait les grands seigneurs qui faisaient tort aux pauvres gens.

5. Saint Louis fut un roi très brave. Il le montra en Égypte où il fit la guerre aux Turcs.


QUESTIONNAIRE

Pourquoi les Francs prirent-ils Hugues Capet pour roi ? En quelle année ?

Pourquoi Louis le Gros fit-il la guerre au seigneur du Puiset ? Que fait le moine que vous voyez sur l’image, page 51 ?

En quelle année eut lieu la bataille de Bouvines ? Où est le roi dans l’image, page 52 ? Que font les soldats qui l’entourent ? Racontez ce qui se passa quand Philippe-Auguste revint à Paris.

Racontez les actes de charité de Saint Louis. Pourquoi aimait-il mieux servir les pauvres aveugles que les autres pauvres ?

Regardez l’image, page 56. Où est Saint Louis ? Que fait-il ? Qui lui parle ?

Qu’était allé faire Saint Louis en Égypte ? Pourquoi ne voulut-il pas quitter ses soldats ?

Pourquoi les Français aimèrent-ils Saint Louis ?

UNE VOITURE AU TEMPS DES CROISADES.



LIVRE TROIS
LA GUERRE DE CENT ANS


CHAPITRE HUIT
LA GUERRE DE CENT ANS JUSQU’À JEANNE D’ARC


Une soixantaine d’années après la mort de Saint Louis, le roi d’Angleterre voulut devenir roi de France. Alors commença une guerre qui devait durer cent ans.

Le roi d’Angleterre amena une armée en France, et fut vainqueur dans une grande bataille.

Il voulut prendre Calais, ville située au bord de la mer, en face de la côte d’Angleterre.


— 1. La belle conduite de six bourgeois de Calais. — Le roi d’Angleterre entoura Calais avec son armée, de façon que personne ni rien n’y pouvait entrer. Au bout de quelques mois, les gens de Calais n’eurent plus ni pain, ni viande, ni légumes. Ils mangèrent les chevaux, les chiens, les chats et les souris.

Quand il ne leur resta plus rien, ils prièrent le roi d’Angleterre de les laisser sortir de Calais sans leur faire de mal.

Mais le roi d’Angleterre leur répondit : « Je veux que six bourgeois de Calais viennent me trouver tête nue, nu-pieds, en chemise avec une corde au cou, et qu’ils m’apportent les clés de la ville. Je ferai d’eux ce qu’il me plaira de faire. Après cela, j’aurai pitié des gens de Calais. »

Les habitants de Calais se réunirent sur la Grand’Place. Ils étaient bien tristes, car ils devinaient bien que le roi voudrait faire mourir les six bourgeois. Ils se demandaient comment on choisirait ceux qu’on enverrait au roi d’Angleterre. Et presque tous pensaient sans le dire : « Pourvu que ce ne soit pas moi que l’on choisisse ! »

Alors, un riche bourgeois, appelé Eustache de Saint-Pierre, parla ; il dit qu’il était prêt à s’en aller vers le roi d’Angleterre. Cinq autres bourgeois dirent la même chose.

Ils se déshabillèrent ; ils s’en allèrent pieds nus, en chemise, la corde au cou, tenant les clés de la ville. Les habitants les conduisirent jusqu’à la porte. Ils pleuraient et gémissaient en regardant ces pauvres gens qu’ils ne reverraient plus.

Le roi, quand ils arrivèrent, ordonna d’aller chercher le bourreau pour leur couper la tête.

Mais la reine d’Angleterre vint se jeter aux genoux du roi.

Elle tend vers lui ses mains jointes. Elle le supplie de ne pas faire mourir les six bourgeois, qui sont là debout, tenant les clés en mains.

Le roi l’écarte du bras, il lui dit de ne pas le prier davantage, que c’est inutile, et qu’il faut que ces gens-là meurent.

LA REINE D’ANGLETERRE SUPPLIE LE ROI DE NE PAS FAIRE MOURIR LES SIX BOURGEOIS DE CALAIS.


Mais à la fin, il s’attendrit ; il dit : « Madame, je vous donne ces bourgeois ; faites-en ce que vous voudrez. » Et la reine répondit au roi : « Mon seigneur, grand merci ! »

La bonne reine emmena les six bourgeois, les conduisit dans sa chambre, et leur donna un bon dîner, qui leur fit plaisir, car ils avaient grand’faim.

Le roi d’Angleterre laissa les habitants sortir de la ville, et il y entra.

Ce furent de braves gens, les six bourgeois qui s’étaient décidés à mourir pour sauver leurs compatriotes.


— 2. Le courage d’un enfant de France. — Les Anglais gagnèrent encore une grande bataille sur les Français auprès de la ville de Poitiers.

LE COURAGE DU ROI DE FRANCE ET DE SON FILS À LA BATAILLE DE POITIERS.


La plus grande partie de l’armée française s’enfuit, mais quelques-uns ne voulurent pas fuir. Ils continuèrent à combattre.

Vous voyez au milieu de l’image un homme qui tient un bouclier devant lui et lève une hache. A côté un enfant tient une épée. Ils sont entourés par des soldats qui les attaquent à coups de lances et d’épées.

Ces soldats sont des Anglais. L’homme qui lève la hache, c’est le roi de France, Jean le Bon. L’enfant est un de ses fils nommé Philippe.

L’enfant regarde les ennemis qui veulent frapper son père. Il l’avertit en criant : « Père, prenez garde à droite », ou bien : « Père, prenez garde à gauche ! »

Mais les ennemis étaient trop nombreux. Le roi Jean fut obligé de se rendre aux Anglais. Son fils Philippe fut aussi fait prisonnier.

Il avait été très brave. A cause de sa bravoure, on l’appela Philippe le Hardi.


— 3. Le bon roi Charles le Sage. — L’image vous représente le roi Charles Cinq, fils de Jean le Bon. Il est assis sur un trône.

Il a la couronne en tête. Il tient à la main un long bâton doré, qu’on appelle un sceptre.

Il est vêtu d’une longue robe où vous voyez dessinées de petites fleurs, des fleurs de lys.

A sa droite, à sa gauche et devant lui sont des hommes, dont un est debout et lui parle. Ces hommes calmes, graves, sont ses conseillers, c’est-à-dire les hommes qu’il consulte sur ses affaires.

Charles Cinq n’était pas un homme de guerre comme les rois d’avant lui. Il était souvent malade ; sa main droite enflée ne savait pas tenir une épée. Il menait une vie tranquille dans son beau palais à Paris.

Il se levait à six heures, il allait à la messe. En sortant de la chapelle, il se rendait dans la salle où il avait l’habitude de causer avec ses conseillers.

Il dînait à dix heures, mangeait peu, et buvait peu. Au dessert, il écoutait des musiciens, car il aimait beaucoup la belle musique.

L’après-midi, il se promenait avec la reine et ses enfants dans son jardin, où il y avait de belles fleurs et de beaux arbres fruitiers. Il visitait sa ménagerie, où se trouvaient des lions et autres bêtes féroces.

Ou bien il lisait des livres, car il aimait beaucoup à s’instruire.

CHARLES LE SAGE ET SON CONSEIL.


Le soir venu, il soupait dans la compagnie de personnes sages et raisonnables comme lui. Puis il allait dormir.

C’était un homme aimable, poli avec tout le monde. Il imitait en toutes choses le bon roi Saint Louis. On lui a donné le nom de Charles le Sage.


— 4. Du Guesclin, le vainqueur des Anglais. — Comme le roi Charles n’allait pas à la guerre, il fit commander ses armées par des généraux. Le plus célèbre de ces généraux fut Bertrand Du Guesclin.

Du Guesclin était fils d’un seigneur pauvre, dont le château était près de la ville de Rennes.

Il était laid et même très laid ; il avait la peau noire, un trop gros nez, une vilaine taille.

DU GUESCLIN SE SAUVE DU CHÂTEAU PATERNEL.


Il était très batailleur. Malgré la défense de son père, il allait se battre avec les enfants des environs.

Une fois, son père le mit en prison. Il trouva le moyen de se sauver, et courut dans les champs. Un domestique était en train de labourer ; Du Guesclin détacha un des chevaux attelés à la charrue et sauta dessus.

Vous voyez sur l’image qu’il a l’air de se moquer du domestique.

Il galopa jusqu’à Rennes. Il avait là un oncle et une tante qui voulurent bien le recevoir.

Quelques années après, il était le meilleur général du roi Charles. Il remporta des victoires sur les Anglais, et leur reprit beaucoup de villes qu’ils nous avaient prises.

Pour récompenser Du Guesclin, le roi Charles décida de le nommer connétable de France. Le connétable était le chef de l’armée ; il commandait à tout le monde, même aux princes de la famille royale.

Du Guesclin était très modeste. Il dit au roi : « Cher seigneur, je suis un bien petit personnage. Je n’oserai jamais commander à vos frères, à vos neveux, à vos cousins qui sont dans l’armée. »

Mais le roi lui dit : « Bertrand, Bertrand, mes frères, mes neveux, mes cousins vous obéiront ; s’ils ne vous obéissent pas, ils auront affaire à moi. »

C’est ainsi que le fils d’un petit seigneur devint le chef des plus grands seigneurs de France.

Dans tout le royaume, on admirait et on aimait le connétable Du Guesclin, parce qu’il servait bien son seigneur le roi Charles et la France sa patrie.


— 5. Le roi Charles Six devient fou. — Il arriva un grand malheur à Charles Six, le fils de Charles Cinq.

Charles Six s’en allait en. Bretagne. Il était malade et souffrait de grands maux de tête.

Après avoir passé la ville du Mans, il traversa une forêt. Tout à coup un homme mal habillé sortit de dessous les arbres. Il prit par la bride le cheval du roi et cria : « Roi, ne va pas plus loin ! Retourne ! Retourne ! Tu es trahi ! »

Ceux qui étaient auprès du roi chassèrent cet homme, et le roi continua de chevaucher.

Au sortir de la forêt, il était midi. Il faisait très chaud. Le roi étouffait sous sa jaquette de velours.

Derrière lui, était un page coiffé d’un casque d’acier. Derrière ce page, un autre, qui portait la lance du roi, s’endormit. Et il laissa la lance tomber sur le casque du page qui allait devant lui.

LA FOLIE DE CHARLES SIX.


Cela fit un grand bruit. Le roi tressauta. Il pensait à l’homme qui lui avait crié : « Tu es trahi ! » Il crut qu’on voulait le tuer. Il tira son épée. Vous le voyez attaquant ceux qui l’entouraient.

On vit bien qu’il était devenu fou. On lui retira ses armes, on le coucha très doucement par terre. La sueur lui coulait sur la figure ; il roulait ses yeux et ne disait mot.

C’est ainsi que le roi Charles Six perdit la raison.

Pendant trente ans, la France eut un roi fou. Il y eut de terribles désordres dans le royaume. Les Anglais s’emparèrent des pays et des villes que le connétable Du Guesclin leur avait repris.

Le roi d’Angleterre vint s’établir à Paris en l’année 1420. Il crut qu’il allait être roi de France.



RÉSUMÉ

1. Une soixantaine d’années après la mort de Saint Louis, le roi d’Angleterre prit Calais. Alors commença une guerre qui dura cent ans.

2. Le roi d’Angleterre battit et fit prisonnier à Poitiers le roi de France Jean le Bon et son fils.

3. Le roi Charles Cinq fut un très bon roi qu’on nomme Charles le Sage.

4. Charles Cinq eut un très bon général, Du Guesclin, qui battit les Anglais, et fut nommé connétable de France.

5. Après Charles Cinq, il y eut de grands malheurs en France. Charles Six devint fou. Les Anglais furent partout vainqueurs et prirent Paris.


QUESTIONNAIRE

Pourquoi le roi d’Angleterre fit-il la guerre à la France ? Comment s’appelle cette guerre ?

Regardez l’image de la page 62. Qu’est-ce que les six hommes que vous voyez en chemise ? pourquoi sont-ils là ?

Qui est assis ? Qui est à genoux devant celui qui est assis. ?

Rappelez les paroles du roi d’Angleterre ?

Regardez l’image de la page 63. Dites ce que faisait Philippe, fils du roi de France. Comment s’appelle cette bataille ? Qui fut vainqueur ?

Regardez l’image de la page 65. Où le roi Charles Cinq est-il assis ? Qu’est-ce qu’il a sur la tête et dans la main ? Comment est-il habillé ? Quelles sont les personnes qui sont avec lui ? Que font-elles ?

De quel pays était Du Guesclin ? Pourquoi se sauva-t-il de chez son père ? Pourquoi Charles Cinq le nomma-t-il connétable ?

Racontez comment devint fou le roi Charles Six. Qui s’empara de Paris en 1420 ?

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CHAPITRE NEUF
JEANNE D’ARC


Quand le roi Charles Six mourut, son fils Charles Sept ne possédait plus que quelques villes, dont la principale était Orléans.

Les Anglais attaquèrent cette ville ; ils allaient la prendre, quand elle fut sauvée par Jeanne d’Arc.


— 1. L’enfance de Jeanne d’Arc. — Jeanne d’Arc est née à Domrémy, un petit village du pays de Lorraine. Son père s’appelait Jean d’Arc et sa mère Isabelle Romée. C’étaient des paysans pauvres.

Ils aimaient bien le roi et la France. Jeanne les entendait parler des grands malheurs qui affligeaient le royaume de France. Elle pleurait en les écoutant.

Un jour à midi, elle était assise dans le jardin de sa maison ; elle crut voir une grande clarté du côté de l’église à droite. Et il lui sembla qu’elle entendait une voix qui lui parlait. Elle pensa que cette voix était celle de l’archange saint Michel.

Une autre fois, elle crut voir et entendre parler deux femmes, dont l’une avait des ailes. Elle pensa que c’étaient sainte Catherine et sainte Marguerite.

Jeanne avait alors treize ans.

JEANNE D’ARC ÉCOUTE DES VOIX.


Depuis ce temps-là, elle revit souvent l’archange et les saintes. Les voix lui ordonnèrent de partir pour aller au secours de la France. Elle répondait : « Je ne suis qu’une pauvre fille ; je ne saurais pas monter à cheval, ni faire la guerre. »


— 2. Jeanne d’Arc à Vaucouleurs. — Au moment où les Anglais attaquèrent Orléans, Jeanne avait dix-sept ans. Les voix lui commandèrent : « Va, Orléans sera délivrée par toi… Va… »

Alors, Jeanne ne put rester tranquille à la maison. Elle pria un de ses oncles de la mener à Vaucouleurs, qui était près de là. Elle voulait demander au chevalier de Baudricourt, gouverneur de cette ville, de la faire conduire auprès du roi.

L’oncle mena Jeanne à Vaucouleurs.

Jeanne se présenta devant Baudricourt. Elle n’eut pas peur de lui. Elle lui dit tranquillement que Dieu lui commandait d’aller au secours du roi.

Baudricourt fut bien étonné d’entendre une petite paysanne parler comme elle faisait de Dieu et du roi. Il se mit à rire et dit à l’oncle : « Donnez-lui des gifles et faites-la reconduire chez ses père et mère. »

Mais Jeanne ne voulut pas se laisser reconduire. Elle retourna chez Baudricourt plusieurs fois. Elle lui dit : « Il faut que j’aille vers le roi, quand même je devrais user mes jambes jusqu’aux genoux. »

Elle avait l’air si sûre de ce qu’elle disait, que Baudricourt à la fin lui permit d’aller vers le roi. Il lui donna six cavaliers pour l’accompagner. Jeanne s’habilla en soldat, monta à cheval, et la petite troupe se mit en chemin.


— 3. Jeanne d’Arc s’en va vers le roi. — On était en plein hiver, au mois de février de l’année 1429. Les chemins étaient mauvais. Les Anglais et des brigands couraient la campagne. Les compagnons de Jeanne avaient peur. Ce fut elle, la jeune paysanne, qui les rassura.

Elle chevaucha pendant dix jours. Elle arriva enfin au château de Chinon, près de la Loire, où habitait le roi Charles.

On la fit entrer, le soir, dans une grande salle. éclairée par des cierges ; il y avait beaucoup de monde. Jeanne n’avait jamais vu le roi ; pourtant elle alla tout droit vers lui, se mit à genoux, puis elle se releva. Vous voyez qu’elle parle bas à l’oreille du roi. On ne sait pas ce qu’elle lui a dit ; mais le roi parut content

JEANNE D ARC PARLE BAS AU ROI

Quelques jours après, elle se mit en route pour Orléans avec une armée.

Un homme tenait devant elle un étendard qu’elle avait commandé de faire pour elle.


— 4. Jeanne d’Arc délivre Orléans. — Les Anglais avaient bâti des châteaux autour d’Orléans ; des soldats y étaient logés ; ils surveillaient les chemins pour empêcher d’entrer dans la ville.

Jeanne y entra pourtant, et, le lendemain, elle attaqua le plus grand des châteaux, qui s’appelait les Tournelles.

Elle dressa une échelle contre le mur et monta. Les Anglais lui lancèrent des flèches. Une flèche l’atteignit à l’épaule et son sang coula. Jeanne crut qu’elle allait mourir et se mit à pleurer. Mais elle reprit courage, elle toucha le mur avec son étendard, et cria aux soldats : « Tout est à vous, entrez. » Et les soldats entrèrent.

Jeanne retourna vers la ville. Les gens d’Orléans accoururent autour d’elle. Vous en voyez qui lui prennent les mains ou qui embrassent ses genoux. Une femme tend vers elle son enfant à qui Jeanne sourit gentiment. Un soldat essaye d’empêcher la foule d’approcher pour voir de plus près la libératrice d’Orléans, car Orléans fut délivrée.

Les Anglais sortirent des châteaux qu’ils occupaient encore et s’en allèrent.


— 6. Jeanne d’Arc conduit le roi à Reims pour y être sacré. — Jeanne retourna vers le roi Charles, qui se trouvait alors à Tours. Elle se mit à genoux devant lui et lui dit qu’il fallait maintenant aller à Reims.

C’était l’usage que tout nouveau roi de France s’en allât dans cette ville, où Clovis fut baptisé par saint Remi. On faisait dans la cathédrale une belle cérémonie qu’on appelait le sacre. L’archevêque mettait la couronne sur la tête du roi.

Le roi Charles se fit prier longtemps. Il n’osait pas aller à Reims. Il disait que le voyage était dangereux. Mais Jeanne répondait : « Je sais bien ; je sais bien, mais cela ne fait rien. »

A la fin le roi Charles se décida. L’armée française se mit en marche vers Reims.

Pendant la marche, Jeanne chevaucha, tantôt à côté du roi, tantôt à l’avant-garde, tantôt à l’arrière-garde. Elle allait et venait ainsi pour donner courage à tout le monde. Et les soldats admiraient cette jeune fille si brave et lui obéissaient.


JEANNE D’ARC RENTRE À ORLÉANS APRÈS AVOIR PRIS LE CHÂTEAU DES TOURNELLES.


Plusieurs fois, il fallut se battre. Jeanne ne se servit jamais de ses armes dans les combats. Jamais elle n’a tué personne. Quand elle attaquait les Anglais, elle prenait en main son étendard. Elle commandait aux soldats : « Entrez hardiment parmi les Anglais », et elle y entrait elle-même.

JEANNE D’ARC AU SACRE DE CHARLES SEPT.
(Peinture de Lenepveu, au Panthéon)

Jeanne et le roi arrivèrent à Reims au mois de juillet 1429.

Vous voyez dans le chœur de l’église le roi à genoux devant l’archevêque, qui lui met une couronne sur la tête.

D’autres évêques et les plus grands seigneurs de France sont là qui regardent. Mais pourquoi le roi, les évêques et les grands seigneurs sont-ils réunis dans la belle église ? C’est parce que Jeanne, la petite paysanne, a vaincu les Anglais et conduit à Reims le roi qui n’osait pas y aller. Fièrement, elle tient son étendard glorieux.


— 6. Jeanne d’Arc prisonnière. — Mais les beaux jours de Jeanne étaient déjà passés.

Elle voulut attaquer Paris qui était alors occupé par les Anglais. Elle fut blessée. Le roi ne voulut pas continuer l’attaque. Il en avait assez de se battre. Il s’en retourna dans son château de Chinon.

Quelque temps après, Jeanne apprit que les Anglais voulaient prendre la ville de Compiègne.

Elle y alla. Le jour même de son arrivée, elle sortit de la ville pour combattre les Anglais.

Mais les soldats qu’elle conduisait eurent peur. Ils se sauvèrent vers la ville et refermèrent les portes.

Jeanne combattait toujours. Les ennemis l’entourèrent. Un soldat la tira à bas de son cheval.

Jeanne était prise. Alors ceux qui l’avaient prise poussèrent de grands cris de joie. De tous les côtés les soldats d’Angleterre accoururent. Ils criaient, ils riaient, ils sautaient, ils se moquaient de Jeanne et l’insultaient lâchement par des paroles grossières.


— 7. La mort de Jeanne d’Arc. — Les Anglais décidèrent de faire mourir Jeanne. Ils l’appelaient sorcière, envoyée du diable.

Elle fut conduite à Rouen et jugée par un tribunal ; l’évêque de Beauvais, un méchant évêque appelé Cauchon, présidait le tribunal.

Jeanne fut interrogée longtemps, répondit fièrement et bien ; elle parlait mieux que cet évêque et les savants hommes qui la jugeaient.

Elle fut condamnée à être brûlée.

Quand elle entendit le jugement, elle pleura : « Hélas, dit-elle, pourquoi me traite-t-on si horriblement et si cruellement ? Faut-il que mon pauvre corps soit brûlé et mis en cendres ? »

On la fit monter sur une charrette. Les Anglais l’entouraient.

Vous la voyez, les yeux levés vers le ciel. Elle qui avait commandé des armées, elle est là toute seule. Son roi ne pense plus à elle. Ses compagnons d’armes sont loin. Personne ne viendra secourir la pauvre Jeanne.

JEANNE D’ARC CONDUITE À LA MORT.

On arriva sur la place du Marché. Une grande foule regardait. Jeanne disait : « Priez pour moi. » Elle parlait si doucement que tous ceux qui l’entendaient pleuraient.

Elle monta sur le tas de bois qui avait été préparé. Le bourreau mit le feu ; la flamme s’éleva. Elle toucha Jeanne qui jeta un grand cri. On l’entendit encore un moment prier à haute voix, puis crier : « Jésus ! » Et sa tête s’abaissa sur sa poitrine. Elle était morte. Jeanne avait sauvé la France ; car les Anglais, quelques années après sa mort, furent chassés de notre pays.

Tous les Français doivent aimer de tout leur cœur l’admirable Jeanne, qui mourut pour son roi, pour la France, pour nous.



RÉSUMÉ

1. Au moment où les Anglais étaient les maîtres de la France, une jeune fille de Lorraine, Jeanne d’Arc, annonça que des saintes lui ordonnaient de les chasser de France.

2. Jeanne d’Arc résolut d’aller trouver le roi de France, Charles Sept, pour lui demander une armée.

3. Jeanne d’Arc vit le roi. Elle lui parla si bien qu’il lui donna une armée pour combattre les Anglais.

4. En 1429 Jeanne alla vers Orléans que les Anglais voulaient prendre ; elle les battit et les força de s’en aller.

5. Jeanne d’Arc mena sacrer le roi à Reims ; ce fut une très belle fête où elle assista, son étendard à la main.

6. Par malheur, Jeanne d’Arc fut faite prisonnière par les Anglais dans un combat à Compiègne.

7. Les Anglais condamnèrent Jeanne à mort et la firent brûler à Rouen en 1431. Mais, comme Jeanne l’avait annoncé, ils furent bientôt chassés de toute la France.


QUESTIONNAIRE

Regardez l’image, page 71. Où est Jeanne ? De quel côté se tourne-t-elle ? Qu’est-ce qu’elle regarde ? Qu’est-ce qu’elle écoute ?

Que dit le sire de Baudricourt quand Jeanne alla le voir ? Que finit-il par faire ?

Que s’est-il passé à Chinon quand Jeanne vit le roi ?

Racontez comment Jeanne attaqua le château anglais des Tournelles à côté d’Orléans.

Où Jeanne mena-t-elle sacrer le roi ? Où se tenait-elle pendant la cérémonie du sacre ?

Où Jeanne fut-elle faite prisonnière ? En quelle année ?

Racontez la mort de Jeanne.

Qu’arriva-t-il aux Anglais après la mort de Jeanne ?

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LIVRE QUATRE
LA FRANCE JUSQU’A LA MORT DE HENRI QUATRE


CHAPITRE DIX
LES INVENTIONS ET LES DÉCOUVERTES


Au temps de la guerre de Cent ans et dans les années qui suivirent, on fit des inventions et des découvertes.

Vous apprendrez, quand vous serez plus grands, comment on les fit.

Vous apprendrez aussi pourquoi le monde fut changé par les inventions et découvertes.

Aujourd’hui je ne vous en dirai que quelques mots.


— 1. L’imprimerie. — Au temps de la guerre de Cent ans, l’imprimerie fut inventée.

Autrefois on écrivait des livres à la main comme vous écrivez vos devoirs. Cela demandait beaucoup de temps. Aussi n’y avait-il pas beaucoup de livres, et ils coûtaient très cher. Les riches seuls pouvaient en acheter.

Gutenberg eut l’idée de faire des lettres en plomb. En mettant ces lettres les unes à côté des autres, il fit des mots, et puis des phrases, et une page entière.

Il frotta toutes les lettres avec de l’encre. Puis il mit dessus une feuille de papier, et il appuya sur la feuille au moyen d’une machine appelée presse.

Alors les lettres furent imprimées en noir sur la feuille de papier. Il retira cette feuille ; il en mit une autre et puis une autre, et ainsi de suite.

Il fallut moins de temps pour imprimer une page qu’on en mettait autrefois pour écrire un mot.

Alors on imprima des livres en grande quantité et qui ne coûtaient pas cher.

Tout le monde put en acheter et s’instruire en lisant.


— 2. Les armes à feu. — Dans ce temps-là aussi, on commença de se servir pour la guerre de canons et de fusils.

Avant les canons et les fusils, on se battait avec des épées, des lances, des haches et des flèches.

C’était bien difficile, avec ces armes-là, de prendre un château entouré de murs très hauts, comme celui que vous avez vu, page 26.

C’était bien difficile aussi de blesser un seigneur couvert de fer de la tête aux pieds.

Regardez les canons que vous montre l’image. Ils envoient des boulets dans le mur d’un château. Ils y font un grand trou.

DES CANONS FONT UN TROU DANS LE MUR DU CHÂTEAU.


Vous apercevez au coin de l’image, à gauche, des soldats qui attendent. Ils attendent que le trou soit assez grand pour y passer. Ils ne sont plus obligés comme autrefois de grimper sur le mur. Les châteaux furent bien plus faciles à prendre.

Les balles des fusils percèrent les cuirasses des seigneurs.

Alors les seigneurs ne furent plus tant à craindre qu’auparavant.


— 3. Les découvertes. — Dans ce temps-là encore, on découvrit l’Amérique et d’autres pays que l’on ne connaissait pas en France.

Des hommes qui n’avaient peur de rien s’en allèrent sur des bateaux dans les mers lointaines.

Le plus célèbre est Christophe Colomb.

Il voulut trouver sur mer des chemins par où personne n’avait passé.

En l’année 1492, trois bateaux, sur lesquels il y avait une centaine d’hommes, partirent d’un port d’Espagne.

Pendant plusieurs semaines, ils naviguèrent sans voir jamais autre chose que le ciel et l’eau.

Les compagnons de Christophe Colomb avaient peur. Ils avaient emporté avec eux de l’eau et des vivres, mais les provisions commençaient à s’épuiser. Ils craignaient de mourir de faim et de soif, et ils voulurent retourner.

Enfin, Christophe Colomb aperçut une terre. Ce fut une grande joie pour ses compagnons. Ils crièrent : « Terre ! Terre ! »

C’est ainsi que fut découverte l’Amérique.



RÉSUMÉ

1. Au temps de la guerre de Cent ans, Gutenberg inventa l’imprimerie, qui permit de faire des livres très vite et à bon marché.

2. Pendant la guerre de Cent ans on commença à se servir de canons qui détruisaient les murs à coups de boulets.

3. Christophe Colomb, qui était un hardi marin, découvrit l’Amérique en 1492.


QUESTIONNAIRE

Comment écrivait-on les livres avant Gutenberg ?

Racontez ce qu’a fait Gutenberg.

Pourquoi a-t-on pu s’instruire plus facilement après que Gutenberg eut inventé l’imprimerie ?

De quelles armes se servait-on avant l’invention des canons et des fusils ?

Pourquoi les châteaux ont-ils été plus faciles à prendre après l’invention des canons ?

Où alla Christophe Colomb ? En quelle année ?

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CHAPITRE ONZE
DE JEANNE D’ARC A HENRI QUATRE


— 1. Le roi Louis Onze. — Le roi Charles Sept eut pour successeur son fils Louis Onze.

Louis Onze était un homme très laid. Il avait un visage maigre et un long nez tout bossué. Ses jambes n’étaient pas droites. Il marchait mal. Il n’était pas coquet. Il mettait des habits de drap grossier. Il se coiffait d’un chapeau mou.

Vous le voyez qui se promène, coiffé de son petit chapeau, les mains derrière le dos.

Les gens qui viennent de le voir passer s’étonnent qu’il soit si mal habillé. Ils disent tout bas : « Comment ? C’est ça, le roi de France ! Mais il n’en a pas pour vingt francs sur lui ! »

Il vivait presque seul dans un château très triste en Touraine. Ses compagnons habituels étaient son barbier et son médecin. Il avait toujours son médecin avec lui parce qu’il avait peur de mourir.

Il n’aimait pas à faire la guerre à ses ennemis. Il aimait mieux obtenir d’eux ce qu’il voulait en les trompant. Comme il était très malin, il réussit souvent à les tromper.

LOUIS ONZE N’AVAIT PAS L’AIR D’UN ROI.

Il était méchant. Il fit mourir des hommes qu’il n’aimait pas, ou bien il les enferma dans des cages où l’on ne pouvait ni se tenir debout ni se coucher.

Il y avait encore dans ce temps-là des seigneurs qui ne voulaient pas obéir au roi. Il les fit obéir. Alors la France fut tranquille. Il agrandit le royaume en acquérant plusieurs provinces.

Ce méchant homme fut un roi qui rendit de grands services à la France.


— 2. La bravoure du chevalier Bayard. — Les rois qui vinrent après Louis Onze allèrent faire la guerre en Italie. Ils voulaient y conquérir des provinces.

Pendant ces guerres s’illustra le chevalier Bayard.

Un jour, l’armée française se trouvait au bord d’une rivière, le Garigliano, et l’armée ennemie de l’autre côté. Entre les deux, il y avait un pont.

Une troupe d’ennemis voulut s’emparer de ce pont. Mais Bayard les aperçut. Vite il sauta sur son cheval. Il traversa le pont au galop, et il arriva au bout comme les ennemis y arrivaient aussi.

BAYARD DÉFEND UN PONT CONTRE LES ENNEMIS.


Il se trouva seul contre eux ; mais il n’eut pas peur. Il frappa de sa grande épée, à droite, à gauche. Vous voyez les ennemis tomber sur le pont, tomber dans l’eau. Mais les ennemis étaient bien nombreux ; le brave chevalier était en grand danger d’être tué.

Heureusement une troupe de Français accourut. Les ennemis s’enfuirent. Ils ne pouvaient croire qu’un homme les avait arrêtés à lui tout seul. Ils racontèrent que c’était le diable lui-même qui les avait empêchés de passer.

Les Français furent très fiers du courage de Bayard. Ils l’appelèrent le chevalier sans peur et sans reproche.


— 3. La bonté du chevalier Bayard. — Un jour, les Français prirent la ville de Brescia. Les habitants s’attendirent à souffrir toute sorte de misères.

Le chevalier Bayard qui avait été blessé dans le combat fut porté dans une maison habitée par une dame et par ses deux filles.

La dame trembla quand elle le vit arriver. Elle avait peur qu’il ne fît du mal à elle et à ses filles.

Mais Bayard lui dit : « Madame, personne ne vous fera de mal ; soyez bien tranquille. »

Il resta là cinq semaines. Les jeunes filles, pour le désennuyer, chantaient. Ou bien il les regardait travailler à l’aiguille, et causait gentiment avec elles.

Au bout de cinq semaines, le bon chevalier fut guéri ; alors il parla de s’en aller.

La dame voulut lui donner une grosse somme de pièces d’or pour le remercier de l’avoir sauvée avec ses filles.

Bayard prit les pièces d’or ; mais il commanda aux demoiselles : « Tendez vos tabliers ». Elles obéirent et il versa dans les tabliers les pièces d’or. « Tenez, leur dit-il, cela vous fera une dot pour vous marier. »

Le moment était venu de partir. Vous voyez Bayard prêt à monter à cheval. Il est entre la dame et les deux demoiselles. L’une d’elles lui offre une bourse de soie, et l’autre deux bracelets de fil d’or ; car, dans ce temps-là, les hommes portaient des bracelets.

L’ADIEU DES DAMES À BAYARD QUI LES A SAUVÉES.


Bayard leur dit qu’il les garderait toujours, ces jolis cadeaux, en souvenir d’elles, puis il s’en alla.


— 4. François Premier et Bayard à Marignan. — En l’année 1515, François Premier devint roi de France. Il avait vingt ans. Il était beau et brave.

Il alla en Italie pour conquérir le pays de Milan. Auprès de la petite ville de Marignan, il rencontra les ennemis. On se battit pendant tout l’après-midi.

La nuit arriva et le combat s’arrêta.

Bayard s’était très bien battu. A la nuit, il se trouvait au milieu des ennemis, tout seul.

Il faisait un beau clair de lune. Bayard était donc en danger d’être pris par les ennemis.

Heureusement à cet endroit-là, il y avait des arbres et des vignes qui donnaient de l’ombre.

Regardez Bayard marchant sur les pieds et les mains, à quatre pattes. Le roi fut bien content quand il vit arriver le bon chevalier.

BAYARD, LE SOIR, À MARIGNAN.


Aussitôt qu’il fit clair, la bataille recommença. Et les Français furent vainqueurs.

Alors, le roi François, qui n’avait pas encore été armé chevalier, voulut l’être par Bayard. Bayard n’osait pas. Il disait : « Je suis un trop petit seigneur pour armer chevalier un si grand roi. »

Mais le roi lui dit : « Bayard, mon ami, dépêchez-vous et faites ce que je vous commande. » Bayard obéit.

L’image vous montre le roi à genoux devant Bayard, qui va lui toucher l’épaule avec son épée, en disant : « Par saint Georges, je te fais chevalier. »

Bayard était un bien petit seigneur, et le roi François était le premier roi du monde. Mais le roi voulut faire honneur au chevalier sans peur et sans reproche, et il eut raison.

FRANÇOIS PREMIER ARMÉ CHEVALIER À MARIGNAN.


— 5. Les amusements et les fêtes. — Au temps de François Premier, des grands seigneurs et des grandes dames, qui habitaient dans les provinces, vinrent habiter auprès du roi.

Il fallait donner des distractions à tout ce monde-là. Le roi et les seigneurs jouaient à la balle, au ballon, aux barres. L’hiver, quand il avait beaucoup neigé, ils se battaient à coups de boules de neige.

On chassait beaucoup. Le roi disait que personne n’avait, pour la chasse, d’aussi bons chevaux ni d’aussi beaux chiens que les siens. Le soir, on entendait de belle musique ou bien on dansait. Hommes et femmes portaient des vêtements de velours, de soie, de drap d’argent et de drap d’or. Sur les vêtements étaient cousues des broderies d’or et d’argent, et des perles et des pierres précieuses.

Tous les jours c’était fête. Cette vie-là coûtait cher. Pour la payer, le roi demandait de l’argent à ses sujets. Les pauvres gens trouvaient que le roi dépensait beaucoup trop pour ses plaisirs.


— 6. Les châteaux du roi. — François Premier aimait à vivre dans de beaux châteaux. On en bâtit beaucoup dans ce temps-là, qui ne ressemblaient pas du tout à celui que vous avez vu, page 26.

LE CHÂTEAU DU LOUVRE À PARIS.


Regardez encore une fois ce vieux château-là, entouré de murs si hauts, sans fenêtres. Il est triste comme une prison.

Regardez maintenant l’image de cette page-ci. Elle représente une partie du château du Louvre, où le roi habitait à Paris. Les fenêtres sont hautes et larges, avec de grands carreaux. L’air et la lumière entrent tout à leur aise.

Par endroits, des colonnes encadrent les fenêtres.

Le roi fit aussi bâtir de jolis châteaux dans les provinces, surtout aux bords de la Loire.

Dans les salles des châteaux on mit de beaux meubles, des tapisseries, des tableaux et des statues de marbre ou de bronze. Tout cela était beau à voir.


— 7. Un grand crime. — Au temps de François Premier, des Français ne voulurent plus être catholiques ; ils devinrent protestants. Les catholiques détestèrent les protestants, et les protestants détestèrent les catholiques. Ils se firent beaucoup de mal les uns aux autres.

MORT DE COLIGNY.

En l’année 1572, le roi était Charles Neuf. Sa mère Catherine de Médicis était une méchante femme.

Elle aurait voulu que son fils fît tout ce qu’elle voulait. Elle n’était pas contente parce qu’il écoutait les conseils de Coligny, qui était le chef des protestants.

Elle demanda au roi de faire tuer tous les protestants qui se trouvaient à Paris. Le roi refusa d’abord, puis consentit. Le massacre commença dans la nuit.

Les assassins entrèrent chez Coligny qui dormait tranquillement. Ils le frappèrent à coups d’épée et le jetèrent par la fenêtre. Vous le voyez qui s’accroche à un rebord. Il mourut en tombant.

Dans toute la ville, on tua ; on tua dans les maisons ; on tua dans les rues. Même des femmes et des enfants furent assassinés. On entendait partout des cris, des coups de feu, et les cloches des églises qui sonnaient à toute volée.

La Seine s’emplit de cadavres que les assassins y jetaient. Plusieurs milliers de protestants furent ainsi massacrés. Ce fut un crime abominable et lâche. On l’appelle le massacre de la Saint-Barthélemy, parce qu’il commença le 24 août, jour de la fête de ce saint.


— 8. Le repentir de Charles Neuf. — Le roi Charles se repentit d’avoir laissé commettre un si grand crime. Il ne pouvait plus tenir en place. Il n’osait plus regarder personne en face ; il baissait la tête, fermait les yeux, les rouvrait, puis les refermait. La lumière lui faisait mal.

Pour se distraire, il partait à la chasse. Il courait à travers bois deux et trois jours de suite. Il ne s’arrêtait que pour manger ou pour dormir un moment. Il criait pour commander à ses chiens, ou bien il jouait du cor à se rompre la poitrine. Ses mains, à force de tenir les rênes de son cheval, durcissaient ; on y voyait des coupures et des ampoules.

Il n’écoutait plus ce qu’on lui disait. Quand sa mère, la reine Catherine lui annonçait une nouvelle il disait : « Cela m’est égal, et tout le reste aussi. »

Il tomba malade. Dans ses dernières heures, il était gardé par sa vieille nourrice. Elle l’entendit se plaindre, soupirer et pleurer. Elle s’approcha de lui tout doucement et elle écarta le rideau. Il lui dit : « Ah ! ma nourrice, ma mie, ma nourrice, que de sang et de meurtres ! Ah ! qu’on m’a donné un méchant conseil ! Oh ! mon Dieu, pardonne-moi ; aie pitié de moi, fais-moi miséricorde, s’il te plaît. »



RÉSUMÉ

1. Louis Onze fut un roi très laid et méchant ; mais comme il était très malin, il força les seigneurs à lui obéir et devint très puissant.

2. Après Louis Onze, les rois de France firent la guerre en Italie. C’est là que le brave Bayard défendit à lui tout seul un pont contre les ennemis.

3. Le chevalier Bayard montra à Brescia qu’il était aussi bon qu’il était brave.

4. En 1515 François Premier gagna en Italie la bataille de Marignan. Bayard l’arma chevalier.

5. Au temps de François Premier, le roi et les grands seigneurs bâtirent de beaux châteaux très agréables à habiter.

6. François Premier vivait entouré de seigneurs ; il allait avec eux à la chasse et il leur donnait de très belles fêtes.

7. Au temps de François Premier, des Français se firent protestants. Il y eut des guerres entre protestants et catholiques. Le roi Charles Neuf fit massacrer les protestants le jour de la Saint-Barthélemy, 1572.

8. Charles Neuf se repentit du grand crime qu’il avait commis.


QUESTIONNAIRE

Quelle figure avait Louis Onze ? Comment s’habillait-il ?

Racontez comment Bayard a défendu seul le pont de Garigliano.

Pourquoi la dame de Brescia eut-elle peur quand elle vit arriver Bayard chez elle ? Pourquoi voulut-elle lui donner des pièces d’or ? Et que fit Bayard de ces pièces d’or ?

Racontez ce que fit Bayard la nuit à la bataille de Marignan. En quelle année eut lieu cette bataille ?

Racontez comment Bayard arma chevalier le roi François Premier.

Comment étaient faits les châteaux que l’on bâtit au temps de François Premier ?

Racontez le massacre de la Saint-Barthélemy. Dites la date. Que devint Charles Neuf après le massacre ? Racontez sa mort.

CARROSSE OUVERT AU TEMPS DE CHARLES NEUF.



CHAPITRE DOUZE
LE ROI HENRI QUATRE


Charles Neuf eut pour successeur Henri Trois qui fut un mauvais roi.

Les guerres entre les protestants et les catholiques continuèrent. La France souffrit beaucoup.

Henri Trois fut assassiné. Il eut pour successeur Henri Quatre en 1589.


— 1. L’enfance d’Henri Quatre. — Henri Quatre est né au château de Pau, une ville qui est située au bout de la France, près des Pyrénées.

Il y passa le temps de son enfance. C’était un enfant très vif, toujours en mouvement. Il aimait à jouer au soldat avec des garçons de son âge.

L’image vous montre une troupe d’enfants devant une maison. Henri la commande. Il s’agit de prendre la maison. Les petits soldats mettent des échelles contre le mur.

D’autres petits sont dans la maison pour la défendre. Vous voyez qu’ils versent de l’eau sur la tête de ceux qui attaquent.

Dans ces jeux, Henri s’amusait de tout son cœur. Il plaisantait, criait et riait, car il était très gai.

HENRI QUATRE ENFANT JOUE AU SOLDAT.


Il avait une jolie figure, un front très haut, le nez long, de grands yeux très animés.

Il était très poli, et voulait plaire à tout le monde.


— 2. Les batailles du roi Henri. — Henri Quatre devint roi en 1589 à la mort de son cousin Henri Trois.

Mais il était protestant ; la plupart des Français étaient catholiques. Ils ne voulurent pas obéir à un protestant. Il fut obligé de leur faire la guerre.

En l’année 1590, il y eut une grande bataille entre le roi Henri et le duc de Mayenne, qui était chef des catholiques. Ce fut auprès d’Ivry, qui est une petite ville de Normandie.

HENRI QUATRE À IVRY MONTRE SON PANACHE BLANC.


Le roi se trouvait en tête de son armée avec une troupe de cavaliers. Il portait sur son casque un grand panache blanc.

Mayenne s’avança pour l’attaquer. Alors le roi Henri se tourna vers ses cavaliers. Vous voyez qu’il leur montre son panache. Il leur dit à voix très haute : « Je veux aujourd’hui vaincre ou mourir avec vous. Ne perdez pas de vue mon panache blanc ! Vous le trouverez toujours au chemin de l’honneur. »

Puis il courut bride abattue, l’épée en main, suivi de sa petite troupe, et il entra dans les rangs ennemis.

En une heure, la bataille fut gagnée, et l’armée victorieuse cria de toutes ses forces : « Vive le roi ! »

Henri Quatre était brave entre les braves.


— 3. La bonne humeur du roi Henri. — Quelque temps après, Mayenne fut obligé de se soumettre. Il alla demander pardon au roi d’avoir combattu contre lui.

COMMENT HENRI QUATRE SE VENGEA DE MAYENNE.

Il le rencontra qui se promenait dans son jardin. Le roi l’embrassa trois fois.

Mayenne se mit à genoux ; le roi lui commanda de se relever et l’embrassa encore. Puis il se mit à marcher tout en causant.

Il marchait vite, car il était leste et agile. Mayenne, au contraire, était gros et lourd ; il suait et soufflait. Enfin le roi s’arrêta.

L’image vous le montre à ce moment-là. Il regarde Mayenne qui essuie la sueur de son front. Il lui dit : « Je vais un peu vite pour vous, n’est-ce pas ? Je vous ai fatigué. »

Mayenne, frappant sur son gros ventre, répondit « Par ma foi, je suis si fatigué et essoufflé que je n’en puis plus. » Alors le roi rit aux éclats, tendit la main à Mayenne, et lui dit « Touchez là. C’est tout le mal que je vous ferai. »

Puis il invita Mayenne à aller au château se reposer et se rafraîchir en buvant un verre de vin.

Henri Quatre pardonna ainsi à tous ceux qui avaient été ses ennemis. Il rendit la paix au royaume, qui avait été si longtemps troublé. Il était aussi habile qu’il était brave.


— 4. Henri Quatre joue avec ses enfants. — Henri Quatre eut deux garçons et une fille.

Dans ce temps-là, quand les enfants n’étaient pas sages, on les fouettait. Les instituteurs et les institutrices avaient toujours une trique à la main, et ils triquaient ceux qui bavardaient ou qui perdaient leur temps à regarder les mouches voler.

Quand les enfants du roi n’étaient pas sages, ils étaient punis, comme des enfants ordinaires. Le roi avait permis à leurs maîtres de leur donner le fouet.

Pourtant Henri Quatre aimait beaucoup ses enfants. Il les prenait sur ses genoux. Il leur racontait des histoires pour les faire rire. Même, il jouait avec eux.

Un jour, il était à quatre pattes, ayant son fils aîné sur son dos. A côté, sa fille jouait de la trompette.

Un grand seigneur entra. Il fut bien étonné de voir le roi de France jouer au cheval mais le roi ne se dérangea pas. Et il dit au grand seigneur : « Vous avez des enfants, n’est-ce pas ? Alors vous savez qu’un bon père doit jouer avec ses enfants. »

Henri Quatre était un bon papa.


— 5. Henri Quatre et son ami Sully. — Henri Quatre eut d’excellents conseillers pour l’aider à gouverner son royaume. Celui qu’il aima le mieux fut Sully.

HENRI QUATRE DÎNANT CHEZ SULLY.


Il allait souvent voir Sully et dîner avec lui en tête à tête pour causer tranquillement.

L’image vous le montre se levant de table un jour qu’il avait très bien dîné. Il dit à Sully, en ouvrant les bras : « Mon ami, venez m’embrasser. Je me trouve si bien ici que je veux y souper et y coucher. » Et il resta jusqu’au lendemain.

Pourtant ils n’étaient pas toujours d’accord. Ils discutaient souvent, sans se fâcher. Le roi disait à Sully en riant : « Mon ami, vous êtes une bête. »

D’autres fois, ils se fâchaient pour de bon, mais la brouille ne durait pas longtemps. Ils ne pouvaient pas se passer l’un de l’autre.

C’était Sully qui tenait les comptes du roi. Il les tenait bien et il fit des économies. Henri Quatre et Sully travaillaient tous les deux à guérir les maux que la guerre avait faits. Ils aimaient les paysans qui avaient tant souffert.

Le roi espérait que la paix ferait finir leurs misères, et leur permettrait de mieux se nourrir. Il disait : « Je veux que les paysans mettent la poule au pot tous les dimanches. »


— 6. Henri Quatre est assassiné. — Henri Quatre s’était fait catholique ; mais il avait permis aux protestants de garder leur religion, et défendu à tout le monde de les maltraiter.

Alors, il n’y eut plus de guerre entre les catholiques et les protestants, et la France fut tranquille.

Mais il y avait des catholiques qui croyaient que le roi ne s’était pas fait catholique pour de bon, et qui lui en voulaient.

Henri Quatre pensait souvent qu’il serait assassiné, et alors, lui qui était si gai, il devenait triste.

Un jour du mois de mai 1610, il était plus triste qu’à l’ordinaire. Il marchait à grands pas dans sa chambre, en disant : « Ils me tueront ! Ils me tueront ! »

Il parla d’aller voir Sully, mais il ne pouvait se décider à sortir. Plusieurs fois, il dit : « Irai-je, ou n’irai-je pas ? »

Enfin il monta dans un carrosse. Le carrosse avait fait très peu de chemin quand il rencontra, dans une rue étroite, une grosse charrette. Il ralentit et rasa le petit trottoir, le long des boutiques.

Alors un misérable, appelé Ravaillac, s’approcha. IL frappa le roi de deux coups de poignard.

LES PARISIENS PLEURANT À LA MORT DE HENRI QUATRE.


Le roi poussa un cri. Il dit à ceux qui se trouvaient près de lui : « Ce n’est rien ! » Il répéta : « Ce n’est rien ! » mais d’une voix si faible qu’à peine on l’entendit.

Le carrosse fut ramené au Louvre et le roi mourut en y arrivant.

La triste nouvelle fut bientôt connue dans Paris. Ce fut une désolation générale.

Vous voyez des marchands qui se dépêchent de fermer leurs boutiques. Ils craignent que la guerre recommence et qu’on pille les maisons.

Les gens pleuraient. Ils parlaient bas ; mais de temps en temps, on entendait ce cri : « Nous sommes perdus, notre bon roi est mort ! »



RÉSUMÉ

1. Henri Quatre, dans son enfance, était gai et batailleur.

2. Henri Quatre était protestant ; les catholiques ne voulaient pas lui obéir. Il battit à Ivry Mayenne, qui était chef des catholiques.

3. Henri Quatre se fit obéir par tout le monde. Il pardonna à Mayenne après s’être un peu moqué de lui.

4. Henri Quatre était bon père et il aimait à jouer avec ses enfants.

5. Henri Quatre et son ami Sully tâchèrent de rendre les Français aussi heureux que possible.

6. Henri Quatre fut assassiné en 1610. Tous les Français pleurèrent d’avoir perdu un si bon roi.


QUESTIONNAIRE

Racontez comment s’amusait Henri Quatre enfant.

Pourquoi Mayenne ne voulut-il pas obéir à Henri Quatre ?

Racontez ce que dit Henri Quatre à la bataille d’Ivry.

Que se passa-t-il dans le jardin où Mayenne rencontra le roi ?

Comment Henri Quatre jouait-il avec ses enfants ?

Qui fut le meilleur conseiller d’Henri Quatre ? De quoi s’occupait Sully ?

Racontez la mort d’Henri Quatre. Dites la date de cette mort.

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LIVRE CINQ
DE LA MORT DE HENRI QUATRE À LA RÉVOLUTION


CHAPITRE TREIZE
LOUIS TREIZE ET L’ENFANCE DE LOUIS QUATORZE


— 1. Louis Treize et Richelieu. — Louis Treize, fils de Henri Quatre, était un homme triste, et de mauvaise humeur.

Il était souvent malade. Presque tous les jours, il prenait des remèdes. C’était la mode, dans ce temps-là, de saigner et de purger à tout propos. En un an, son médecin le fit purger deux cents fois et le saigna cinquante fois. Tant de remèdes rendaient le roi plus malade encore.

Louis Treize voulait être un puissant roi, mais il ne savait pas s’y prendre. Il avait besoin de quelqu’un pour lui dire comment il fallait faire.

Heureusement pour lui, il fut conseillé par le cardinal de Richelieu.

Le cardinal de Richelieu n’avait pas du tout l’air d’un homme d’Église. Il portait une moustache retroussée et une barbiche.

Il allait à la guerre avec le roi ; il montait à cheval. Quand il était coiffé du chapeau à plumes, cuirassé et botté, il avait l’air d’un général.

Le roi ne l’aimait pas parce qu’il faisait trop d’embarras. Richelieu avait des soldats pour le garder ; des centaines de personnes le suivaient quand il voyageait. On aurait dit que c’était lui qui était le roi.

Alors le roi était jaloux ; plusieurs fois il voulut renvoyer le cardinal ; mais il ne pouvait pas se passer de lui ; il avait trop besoin de ses conseils.

Une fois, ils étaient malades tous les deux. Le roi se fit porter chez Richelieu, qui était couché. On monta un autre lit où le roi se coucha. Tous les deux se parlèrent longtemps comme de vieux amis.

Richelieu fut un homme très sévère. Il fit mourir ceux qui refusaient d’obéir au roi et à lui. Tout le monde dans le royaume prit l’habitude d’obéir.

Conseillé par Richelieu, Louis Treize fit la guerre aux Espagnols et aux Allemands. Il les vainquit, et il devint le plus puissant roi de l’Europe.


— 2. L’enfance de Louis Quatorze. — Louis Quatorze avait cinq ans quand il devint roi, à la mort de Louis Treize, son père.

A cinq ans, les enfants ne sont occupés qu’à s’amuser. Les petits garçons jouent au soldat et les petites filles jouent à la poupée.

Le petit roi Louis Quatorze, lui aussi, jouait au soldat, mais comme il était le roi, il était obligé d’assister à de grandes cérémonies, comme s’il avait été un homme. On lui disait comment il devait se tenir. On lui apprenait ce qu’il devait dire.

Vous le voyez assis sur un trône. A côté de lui est sa mère, puis des princes et de grands seigneurs.

LE CHANCELIER À GENOUX DEVANT LOUIS QUATORZE ENFANT.


Devant lui, un homme est à genoux. Il est habillé d’une longue robe. C’est le chancelier, c’est-à-dire le chef de la justice en France.

Savez-vous ce que fait le chancelier ? Il demande à l’enfant s’il n’a pas d’ordres à lui donner.

On avait appris au petit roi la phrase qu’il devait répondre ; mais il l’avait oubliée, et il bredouilla je ne sais quoi.

Ainsi Louis Quatorze, étant petit, voyait des hommes s’agenouiller devant lui pour lui parler.

Si l’on faisait tant de cérémonies avec vous, vous seriez orgueilleux. Vous croiriez que tout le monde doit vous servir, et que vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Louis Quatorze fut en effet très orgueilleux et il crut qu’il pouvait faire tout ce qu’il voulait.


— 3. Les drapeaux de Rocroi. — Au moment où Louis Quatorze devint roi, une armée espagnole était entrée en France.

LES SOLDATS PORTENT À NOTRE-DAME LES DRAPEAUX ESPAGNOLS.

Elle s’avança jusqu’à Rocroi, une ville du nord de la France, près de la Belgique. Une armée française l’empêcha d’aller plus loin.

Cette armée était commandée par le prince de Condé, cousin du roi. Il n’avait que vingt-trois ans. Il était brave. Quatre fois, il pénétra dans les rangs ennemis à la tête de ses cavaliers. Il reçut plusieurs balles dans sa cuirasse. Il blessa plusieurs ennemis et fut taché de leur sang. Ses cheveux en désordre sautaient sur ses épaules. On aurait dit que ses yeux lançaient des éclairs.

L’armée espagnole fut battue. Un grand nombre de ses drapeaux furent pris par nos soldats.

Condé envoya les drapeaux à Paris.

Vous voyez des soldats qui les portent à l’église Notre-Dame, où on les suspendra aux voûtes.

La foule est joyeuse. Un petit garçon montre à un enfant plus petit que lui les drapeaux. Il lui explique qu’ils ont été pris sur l’ennemi et que les Français ont été vainqueurs.

C’est en l’année 1643 que Condé gagna la bataille de Rocroi, une des plus glorieuses de notre histoire.


RÉSUMÉ

1. Louis Treize fut un roi triste et malade. Aidé par le cardinal de Richelieu, il devint le roi le mieux obéi et le plus puissant de l’Europe.

2. Louis Quatorze fut roi à cinq ans ; on lui parlait à genoux. Il apprit à croire qu’il pouvait faire tout ce qu’il voulait.

3. En l’année 1643, le jeune prince de Condé battit les Espagnols à Rocroi.


QUESTIONNAIRE

Comment s’appelait le principal conseiller de Louis Treize ?

Pourquoi Louis Treize n’aimait-il pas Richelieu ?

Pourquoi n’a-t-il pu se passer de lui ?

Qu’est-ce qu’est devenu Louis Treize grâce à Richelieu ?

Regardez l’image page 107. Qui est à genoux devant le roi ? Pourquoi Louis Quatorze devint-il orgueilleux ?

Quand eut lieu la bataille de Rocroi ? Que fit Condé dans cette bataille ?

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CHAPITRE QUATORZE
LE RÈGNE DE LOUIS QUATORZE


— 1. Comment était Louis Quatorze. — Quand Louis Quatorze devint roi, il était trop jeune pour gouverner. Ce fut sa mère qui gouverna. Il ne fut vraiment roi de France qu’à partir de l’année 1661.

Il était beau. Il se tenait si bien qu’il avait l’air d’être grand, bien qu’il fût d’une taille ordinaire.

Il était très poli avec tout le monde. Il saluait toutes les femmes qu’il rencontrait, même quand c’étaient des domestiques.

Mais il n’était familier avec personne. Il était toujours sérieux et on voyait bien qu’il était très fier d’être le roi. Aussi, quoiqu’il ne fût pas méchant, on avait un peu peur de lui.

Un jour, un vieil officier eut quelque chose à lui demander. Vous voyez qu’il n’a pas l’air d’être à son aise. Lui, qui n’avait jamais eu peur dans les batailles, se mit à trembler et à bredouiller.

Enfin il put dire : « Ah ! sire, je ne tremble pas ainsi devant vos ennemis. » Le roi lui parla très gentiment et lui accorda ce qu’il demandait.

UN VIEIL OFFICIER QUI TREMBLE DEVANT LOUIS QUATORZE.


Même ceux qui voyaient tous les jours Louis Quatorze n’osaient pas le regarder en face.


— 2. Les cérémonies. — Louis Quatorze était toujours en cérémonie.

Quand il s’habillait, le matin, des centaines de personnes défilaient devant lui pour le saluer. C’était un prince ou un très grand seigneur qui lui donnait sa chemise. C’étaient des seigneurs qui lui donnaient ses vêtements, son chapeau, sa canne et sa montre.

A table, il était servi par des seigneurs. Quand il demandait à boire, un de ces seigneurs lui faisait un grand salut, et il allait chercher un plateau d’or où se trouvaient un verre, une carafe de vin et une carafe d’eau. Puis il revenait accompagné de deux autres seigneurs. Et tous les trois faisaient un grand salut.

Le roi se versait à boire. Quand il avait bu, les trois seigneurs faisaient encore un grand salut et ils emportaient le plateau.

Un homme que l’on servait de cette façon-là devait se croire fort au-dessus des autres hommes. Louis Quatorze crut presque qu’il était un dieu.


— 3. Une fête à Versailles. — Louis Quatorze fit bâtir à Versailles, près de Paris, un château si beau qu’il n’y en avait pas un pareil dans le monde.

Un soir d’été, il y donna une fête, où trois mille personnes furent invitées.

A six heures, le roi et la reine commencèrent à se promener dans les allées du jardin, qui était très grand. Les princes, les princesses et la foule des seigneurs et des dames les suivirent.

On s’arrêta dans un rond-point, où des buffets étaient chargés de viandes, de bonbons et de confitures.

Entre les buffets on avait placé des caisses d’où sortaient de petits arbres. Les branches de ces arbres portaient des fruits confits.

Vous voyez le roi au moment où il vient de cueillir des fruits pour les offrir à des personnes qui le suivent.

Puis le roi dîna dans une salle tout en feuillage, avec la reine, les princes, les princesses, et les plus grands seigneurs.

Des candélabres d’argent posés sur des piédestaux d’argent éclairaient la salle. La vaisselle d’or s’étalait sur un grand buffet.

LE ROI OFFRE DES FRUITS AUX DAMES.

Des centaines de domestiques servaient. On mit d’abord sur la table cinquante-six plats ; puis on les enleva. Quatre fois encore, on servit cinquante-six plats et on les enleva. Cela fit donc en tout deux cent quatre-vingts plats.

Quand la nuit fut venue, le jardin et le château furent illuminés.

Tout le long des allées, tout le long des terrasses, des lumières brillaient. Le château semblait en feu.

Et enfin, tout à coup, on entendit comme le bruit d’une fusillade et d’une canonnade. C’était un feu d’artifice ; des fusées montèrent et retombèrent comme une pluie de feu. La fête était finie, la nuit aussi. Au moment où le roi rentra au château, le soleil se levait. Louis Quatorze donnait souvent des fêtes. On en parlait dans toute la France et dans les pays étrangers.


— 4. Le grand travailleur Colbert. — Le roi Louis Quatorze ne passait pas tout son temps à des fêtes et à des cérémonies. Il ne fut pas un roi paresseux. Il trouvait plusieurs heures pour travailler avec ses ministres.

COLBERT SE FROTTE LES MAINS EN ARRIVANT À SA TABLE DE TRAVAIL

Le plus grand ministre de Louis Quatorze fut Colbert.

Colbert travaillait jusqu’à seize heures par jour. Il tenait les comptes du roi et du royaume. Il s’occupait des routes, des canaux, des ports de mer, du commerce, des fabriques et des ouvriers, de l’agriculture et des paysans, et puis de la marine, et puis des colonies, et puis d’autres choses encore.

Vous le voyez au moment où il arrive le matin dans son cabinet. Il aperçoit sur sa table, et à côté, beaucoup de papiers.

Il va falloir lire tout cela, écrire les réponses. C’est bien de l’ouvrage à faire ; mais plus Colbert a d’ouvrage et plus il est content. Regardez bien : il se frotte les mains.

Mais Colbert ne fut pas toujours content. Le roi donnait trop de fêtes, il faisait trop souvent la guerre. Cela coûtait beaucoup d’argent. Colbert ne savait plus comment payer les dettes que faisait Louis Quatorze.

Alors Colbert devint triste. Il ne se frotta plus les mains en entrant dans son cabinet.


— 5. Une révolte sous Louis Quatorze. — Vous voyez une porte de la ville de Rennes.

PAUVRES GENS CHASSÉS DE LA VILLE DE RENNES.


Des hommes, des femmes, des enfants en sortent chassés par des soldats.

Quel mal ont-ils fait ?

Ils n’ont pas voulu payer les impôts qu’on a mis sur le sel et sur le tabac.

Ils n’ont pas voulu les payer parce qu’ils n’en ont pas le moyen. Ce sont des gens du peuple. Ils gagnent difficilement leur vie et, chaque année, le roi demande plus d’argent à son peuple, car le roi fait des dépenses de plus en plus grandes.

Alors les pauvres gens de Rennes se sont assemblés dans les rues. Ils ont crié, cassé les vitres, maltraité les gens qui voulaient leur faire payer les impôts.

Le roi a envoyé des soldats à Rennes. Les soldats ont démoli la rue où ces malheureux habitaient, et les ont chassés de la ville.

Vous voyez qu’ils portent des paquets. Ils y ont mis le peu qu’on leur a permis d’emporter.

Où vont-ils ?

Ils n’en savent rien. On a défendu à tout le monde de les recevoir. Ils s’en vont au hasard. Plusieurs certainement mourront de misère.

On était bien dur en ce temps-là pour les pauvres gens.


— 6. Les protestants aux galères. — Rappelez-vous que le bon roi Henri Quatre avait permis aux protestants de conserver leur religion ? Louis Quatorze retira cette permission.

Les protestants qui ne voulurent pas se faire catholiques furent envoyés aux galères.

Les galères étaient des vaisseaux qui marchaient à la rame. C’était si pénible, si dur de manœuvrer les grandes rames, qu’on envoyait aux galères des hommes qui avaient été condamnés pour avoir commis des crimes.

Voyez sur l’image les galériens. Ils ont le crâne rasé, le corps à moitié nu.

Ils se penchaient pour enfoncer la lourde rame dans l’eau, et se redressaient pour l’en retirer avant de l’y plonger encore.

S’ils étaient fatigués, s’ils ne ramaient plus aussi bien, un homme que vous voyez les frappait avec un bâton.

GALÉRIENS RAMANT.


C’était bien dur de traiter ainsi même des criminels. C’était abominable d’envoyer aux galères des protestants qui n’avaient pas commis de crimes, et qui étaient d’honnêtes gens.


— 7. La mort de Louis Quatorze. — Le roi Louis Quatorze, âgé de soixante-dix-sept ans, va mourir.

Il a fait tranquillement ses adieux à tout le monde. Il a donné ses ordres pour son enterrement, comme il les aurait donnés pour une promenade.

Voyant ses domestiques pleurer, il leur a dit : « Pourquoi pleurez-vous ? Avez-vous cru que je ne mourrais pas ? »

Il a fait venir son arrière-petit-fils. C’est le petit enfant que vous voyez sur le lit. Il est l’héritier du roi qui a perdu son fils et son petit-fils.

A ce moment-là, Louis Quatorze se souvient que son peuple a souffert par sa faute. Il regrette d’avoir fait trop souvent la guerre, et dépensé trop d’argent en construisant des châteaux et en donnant des fêtes.

LOUIS QUATORZE MOURANT FAIT SES RECOMMANDATIONS À SON HÉRITIER.


Il dit au petit enfant :

« J’ai trop aimé la guerre ; ne m’imitez pas en cela, non plus que dans les trop grandes dépenses que j’ai faites. »

Ainsi Louis Quatorze confessa les grandes fautes qu’il avait commises et mourut avec un beau courage.


RÉSUMÉ

1. Louis Quatorze était très poli, mais très fier. On avait peur de lui parler.

2. Louis Quatorze passait sa vie en cérémonie ; on le servait comme s’il avait été un dieu.

3. Louis Quatorze donnait au château de Versailles de belles fêtes dont on parlait dans le monde entier.

4. Louis Quatorze travaillait souvent avec ses ministres. Le plus célèbre fut Colbert, qui tenait les comptes du roi et faisait encore beaucoup d’autres choses.

5. Au temps de Louis Quatorze on était dur pour les malheureux. Les pauvres gens de Rennes, qui se révoltèrent, furent chassés de leurs maisons et de la ville.

6. Louis Quatorze voulut forcer les protestants à se faire catholiques. Il envoya aux galères ceux qui ne lui obéirent pas.

7. Louis Quatorze mourut en 1715, à l’âge de soixante-dix-sept ans. En mourant, il regretta d’avoir tant fait la guerre et dépensé tant d’argent.


QUESTIONNAIRE

Pourquoi avait-on peur quand on parlait à Louis Quatorze ?

Racontez ce qui se passait quand le roi demandait à boire.

Regardez l’image de la page 114. Que fait Colbert ? Pourquoi se frotte-t-il les mains ?

Regardez l’image de la page 115. Qu’avaient fait les pauvres gens que l’on chasse de Rennes ? Comment ont-ils été punis ?

Qu’est-ce qu’a dit Louis Quatorze mourant à son arrière-petit-fils ?

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CHAPITRE QUINZE
LES INJUSTICES QU’IL Y AVAIT EN FRANCE


— 1. Un mauvais roi. — Louis Quinze devint roi à cinq ans. C’était un enfant très joli. Il avait de grands yeux noirs, avec de longs cils qui frisaient. Ses joues étaient roses.

Il fut gâté pendant son enfance. Ses maîtres ne l’obligeaient pas à travailler. Le maître qui venait lui apprendre le latin apportait un jeu de cartes et il le faisait jouer quand la leçon paraissait l’ennuyer. Vous voyez que le petit roi a jeté ses livres par terre et qu’il lève sa carte avec plaisir.

Il n’était pas bon. Il s’amusait à égorger des oiseaux. Il avait une biche apprivoisée qui lui faisait des caresses. Un jour, il tira sur elle un coup de fusil et la tua.

Il ne devint pas meilleur en grandissant. Très égoïste, il n’aima jamais que lui. Il resta très paresseux et ne s’occupa que de ses plaisirs.

Avant lui, la France était le premier pays du monde. Par sa faute, elle perdit beaucoup de sa puissance. Louis Quinze a été le plus mauvais des rois de France.


— 2. La misère des paysans. — Sous le mauvais roi Louis Quinze, les Français commencèrent à se plaindre de beaucoup de choses.

LOUIS QUINZE ENFANT JOUE AUX CARTES.


Les paysans n’étaient plus si malheureux que vous l’avez vu à la page 33 ; mais beaucoup avaient encore bien de la peine à vivre.

Quand un paysan était en train de labourer son champ, le seigneur pouvait l’envoyer chercher. Alors le pauvre homme quittait sa charrue. Il allait au château, et le seigneur le faisait travailler à n’importe quoi sans le payer.

Quand le paysan avait fait sa moisson, il était obligé d’en donner une partie à son seigneur et une partie au curé.

Il payait aussi des impôts au seigneur et il en payait au roi. Il ne lui restait presque pas d’argent pour lui.

Vous vous rappelez que le roi Henri Quatre voulait que chaque paysan pût mettre la poule au pot le dimanche ; mais bien peu en avaient le moyen.

FAMILLE PAYSANNE MANGEANT SA BOUILLIE.


Regardez une famille paysanne en train de dîner. De mauvaises planches posées sur des tréteaux servent de table. Au milieu de la table est une marmite. Les pauvres gens y puisent avec des cuillers de bois. Ce qu’ils mangent, c’est une bouillie d’avoine ou bien de seigle, ou bien de châtaignes. Le pain qu’ils mangeaient était du pain noir.

Pourtant c’étaient les paysans qui labouraient la terre, qui semaient le blé et le récoltaient. Ils nourrissaient le royaume. C’était une injustice de les laisser dans la misère.


— 3. Un terrible impôt. — En ce temps-là, le sel ne se vendait pas comme aujourd’hui chez les épiciers. Tout le sel appartenait au roi, qui le faisait vendre dans des magasins par des commis.

Le sel était vendu si cher que les pauvres n’avaient pas le moyen de le payer.

DES COMMIS CHERCHENT DU SEL DE CONTREBANDE DANS UNE MAISON.


Des contrebandiers le vendaient à bon marché. Ils l’apportaient dans les maisons, le plus souvent la nuit, et ceux qui en achetaient le cachaient.

Mais les commis avaient le droit d’entrer dans les maisons pour voir si du sel n’y était pas caché. C’étaient des gens très méchants. Les paysans avaient peur quand ils les voyaient entrer chez eux.

Vous voyez des commis qui fouillent une maison. Ils ont découvert un sac de sel qui était caché dans des fagots. Un des commis prend par le bras le père de famille. Il va le conduire en prison. La mère et les enfants pleurent. Ils seront longtemps sans revoir le malheureux, car, lorsqu’on avait acheté du sel à un contrebandier, on était puni comme si on avait commis un grand crime.

Punir si sévèrement pour une chose comme celle-là, c’était une injustice.


— 4. Jeune colonel et vieil officier. — Vous voyez un colonel à cheval. Il passe la revue de son régiment. Il est jeune, il a vingt ans.

JEUNE COLONEL ET VIEIL OFFICIER

Il parle à un lieutenant. Ce lieutenant est vieux. Il a reçu des blessures à la guerre.

Le jeune homme est déjà colonel parce qu’il est riche. En ce temps-là, on achetait le grade de colonel, qui coûtait fort cher. Il fallait aussi, pour devenir colonel, avoir des amis auprès du roi. Le vieil officier est pauvre ; il n’a pas d’amis auprès du roi. Il a beau être brave et bien faire son service. Il ne sera jamais colonel.

Ainsi, dans ce temps-là, des hommes arrivaient aux belles places sans les avoir méritées. D’autres hommes qui avaient du mérite n’étaient pas récompensés. C’était une injustice.


— 6. La prison sans jugement. — Peut-être avez-vous déjà vu passer un homme entre deux gendarmes qui le conduisaient en prison.

Quand l’homme est en prison, on lui dit pourquoi on l’y a mené. On le conduit devant les juges. On l’interroge ; il répond. S’il est condamné, il sait à quoi on le condamne, par exemple à huit jours de prison, ou bien à un an, ou bien à dix ans.

UN HOMME CONDUIT EN PRISON PAR ORDRE DU ROI.


Autrefois, le roi avait le droit de faire mettre des gens en prison sans dire pourquoi, sans les faire juger et sans dire pour combien de temps.

Vous voyez un carrosse devant une porte et des mousquetaires à cheval devant et derrière le carrosse. Un homme sort de la maison entre deux soldats. On va le conduire en prison par ordre du roi. Cet homme n’a pas tué, il n’a pas volé. Il a seulement dit des choses qui ont déplu au roi ou bien à un seigneur.

Il restera en prison sans être jugé. Il y restera quelques mois ou quelques années, ou toujours.

Ces emprisonnements sans jugement étaient une injustice.


— 6. Le roi faisait tout ce qu’il voulait. — Le roi de France faisait tout ce qu’il voulait. Personne n’avait le droit de l’en empêcher.

Il dépensait follement. A Versailles, des milliers de personnes vivaient autour de lui pour le servir.

Les princes et les princesses de la famille royale avaient beaucoup de serviteurs. Des enfants de votre âge étaient servis par quatre-vingts personnes.

Le roi avait dans son écurie plus de deux mille chevaux, et deux cents voitures dans ses remises.

Il fallait des millions pour nourrir, loger et payer cette foule de gens qui vivaient à ne rien faire.

Le roi ne s’en inquiétait pas. Il demandait à son peuple autant d’argent qu’il voulait, et son peuple était obligé de payer.

Dépenser tant d’argent quand tes pauvres gens n’avaient pas de quoi manger de la viande ni de bon pain, c’était une injustice.

On commença de se plaindre tout haut. Des écrivains réclamèrent contre toutes les injustices.



RÉSUMÉ

1. Louis Quinze, dès son enfance, fut méchant et paresseux. Devenu grand, il fut le plus mauvais des rois de France.

2. Alors, les paysans étaient malheureux. Ils avaient à peine de quoi manger. C’était injuste.

3. Ceux qui achetaient du sel à des contrebandiers étaient punis comme s’ils avaient commis un grand crime. C’était injuste.

4. Pour devenir colonel, il fallait être riche et avoir des amis auprès du roi. C’était injuste.

5. Le roi pouvait faire mettre des gens en prison sans les faire juger et les y faire rester autant qu’il voulait. C’était injuste.

6. Le roi faisait tout ce qu’il voulait. Il dépensait un argent fou. Tout le monde se plaignait.


QUESTIONNAIRE

Par qui et pourquoi les paysans étaient-ils dérangés quand ils labouraient ?

A qui les paysans payaient-ils des impôts ?

Qui revendait le sel dans ce temps-là ?

Regardez l’image de la page 123. Racontez ce qui se passe dans cette maison.

Que fallait-il pour devenir colonel ? Pourquoi le lieutenant que vous voyez page 124 ne sera-t-il pas colonel ?

Pouvait-on être mis en prison sans avoir tué ni volé ?

Pourquoi le roi dépensait-il tant d’argent ?

LA CHAISE À PORTEURS.



LIVRE SIX
LA RÉVOLUTION


CHAPITRE SEIZE
LE COMMENCEMENT DE LA RÉVOLUTION


Le mauvais roi Louis Quinze ne fit aucune attention aux plaintes contre les injustices.

Il disait que cela lui était égal, et que les injustices dureraient bien autant que lui, et qu’après arriverait ce qui pourrait.

Ce qui arriva au temps du malheureux roi Louis Seize, ce fut une révolution, c’est-à-dire que tout fut changé en France tout d’un coup.


— 1. La faiblesse du roi Louis Seize. — Louis Seize avait un bon cœur. Il aurait voulu voir tout le monde heureux dans son royaume.

Mais il était bien jeune, il n’avait que vingt ans. Puis il n’était pas très intelligent.

LOUIS SEIZE FORGEANT.

Son plus grand plaisir était de chasser. Il chassait plusieurs heures tous les jours.

Il s’amusait aussi à forger le fer. Vous le voyez travailler dans une salle arrangée en atelier.

Il avait besoin de se donner de l’exercice parce qu’il était gros et parce qu’il mangeait trop. Le pire, c’est qu’il n’avait pas de volonté. Il ne savait se décider à rien. Il était toujours de l’avis de la dernière personne qui lui parlait.

Il n’était pas fait pour être roi. Ce fut un grand malheur pour lui de devenir roi de France.


— 2. Louis Seize obligé de convoquer une assemblée de députés. — Louis Seize se trouva dans un grand embarras parce qu’il avait des dettes à cause des grandes dépenses, et pas d’argent pour les payer. Il fit nommer des députés pour leur demander l’argent dont il avait besoin. Les députés se réunirent à Versailles le 5 mai 1789.

A gauche de l’image, vous voyez un des députés qui ont été élus par les évêques et par les prêtres, et qu’on appelait les députés du clergé ; ils portaient un beau costume, une robe et un manteau orné.

Au milieu est un des députés qui ont été élus par les nobles et qu’on appelait députés de la noblesse. Leur habit, leur manteau et leur culotte étaient de soie noire et leur gilet d’étoffe dorée. Les boutons de leur gilet étaient en or. Ils portaient un chapeau orné de plumes.


A droite un des députés nommés par les Français qui n’étaient ni prêtres ni nobles et qu’on appelait les députés du tiers état. Ils étaient habillés de simple drap noir, n’avaient ni boutons d’or à l’habit ni plumes sur leurs chapeaux.

Vous voyez qu’à côté d’un député du clergé et d’un député de la noblesse, un député du tiers état avait presque l’air d’un pauvre homme.

Pourtant les députés du tiers état pensaient qu’ils valaient autant, et même plus que ceux du clergé et de la noblesse. En effet, il y avait en France vingt-cinq millions de gens du tiers état, et seulement quatre ou cinq cent mille prêtres et nobles.


— 3. La prise de la Bastille. — Les députés du tiers état voulaient supprimer toutes les injustices. Ils voulaient aussi que le roi n’eût plus le droit de faire tout ce qui lui plaisait.

LES PARISIENS ENTRENT DANS LA BASTILLE (14 JUILLET 1789).


Pour faire peur aux députés le roi réunit des troupes à Versailles. Alors les Parisiens se révoltèrent. Le 14 juillet 1789, ils attaquèrent le château de la Bastille. L’image vous montre la foule, au moment où elle entre par la porte qui vient d’être brisée.

Elle avait combattu plusieurs heures ; quelques centaines de personnes avaient été tuées.

Je vous ai dit que le roi faisait mettre des hommes en prison, quand cela lui plaisait. C’était à la Bastille que ces hommes étaient emprisonnés.

A cause de cela, la Bastille était détestée par les Parisiens. Dans toute la ville, on chanta et on dansa, quand on apprit qu’elle avait été prise.

En souvenir de cet événement, le 14 juillet est le jour de notre fête nationale.


— 4. Les Parisiens vont chercher le roi à Versailles. — C’étaient là des choses bien extraordinaires. Dans toute la France, on en parlait. On était très inquiet. Le commerce n’allait plus. A Paris, le pain était si cher que les pauvres ne pouvaient plus en acheter.

LE ROI EST AMENÉ DE VERSAILLES À PARIS.


Ils crurent que, si le roi venait habiter Paris, le pain deviendrait moins cher. Ils décidèrent d’aller chercher la famille royale à Versailles.

Ils partirent plusieurs milliers, armés de fusils et de lances. Dans cette foule, il y avait surtout des femmes. Elles criaient plus haut que les autres : « Du pain ! Du pain ! »

On eut grand peur à Versailles quand on les vit arriver. Le roi n’osa pas résister à cette foule ; il monta en voiture avec la reine Marie-Antoinette et ses deux enfants, un garçon et une fille.

Vous voyez la voiture au moment où elle va entrer dans Paris. Regardez cet homme du peuple, qui a le fusil sur l’épaule, et la main levée. Il montre le roi en criant : « Le voilà ! nous le ramenons ! »

Dans la voiture, la reine est assise entre les enfants. Le roi, en face d’eux, baisse la tête.

Louis Seize et sa famille furent conduits au château des Tuileries.

A partir de ce moment-là, le roi est comme prisonnier dans Paris.



RÉSUMÉ

1. Louis Seize avait un bon cœur, mais il ne savait pas gouverner. Il était faible de caractère.

2. Il fut obligé de convoquer une assemblée de députés qui se réunit à Paris le 5 mai 1789.

3. Louis Seize ne voulait pas faire ce que l’assemblée demandait. Les Parisiens se révoltèrent et prirent la Bastille, le 14 juillet 1789.

4. Les Parisiens allèrent chercher Louis Seize à Versailles et le ramenèrent à Paris pour le mieux surveiller.


QUESTIONNAIRE

Quel était le grand défaut de Louis Seize ?

Pourquoi fut-il obligé de faire nommer une assemblée de députés ? En quelle année ?

Regardez l’image de la page 130. Comment étaient habillés les députés de la noblesse et ceux du tiers état ?

Dites ce que voulaient les députés du Tiers État.

Quand la Bastille fut-elle prise ?

Pourquoi le 14 jullet est-il le jour de la fête nationale.

Pourquoi une troupe de Parisiens est-elle allée chercher le roi à Versailles ?

Racontez le voyage du roi de Versailles à Paris.

COCHE DU TEMPS DE LOUIS SEIZE.



CHAPITRE DIX-SEPT
LA MORT DU ROI


— 1. La fuite de Louis Seize. — Quelque temps après qu’il avait été amené à Paris, le roi essaya de s’enfuir. Une nuit, il monta en voiture avec sa famille. Il s’était habillé en domestique, pour n’être pas reconnu.

Mais à Paris on s’était aperçu de son départ. On avait envoyé partout l’ordre de le faire arrêter. Il fut arrêté à Varennes, petite ville du pays de Champagne.

On le conduisit chez un épicier qui était maire de Varennes. C’est là que vous le verrez sur l’image, en tournant la page.

La nuit était venue. La famille royale est réunie dans une chambre derrière la boutique. La chambre est éclairée par une chandelle. Le roi est assis. Sa figure est inquiète et triste. Sa fille et son fils dorment dans un lit où on les a couchés tout habillés. La reine Marie-Antoinette regarde fièrement vers la porte, où sont debout des hommes armés de fusils.

LE ROI, LA REINE ET LEURS ENFANTS, DANS L’ÉPICERIE DE VARENNES


La famille royale fut ramenée à Paris. Deux députés que l’Assemblée avait envoyés s’assirent avec elle dans la voiture. Il faisait très chaud. On étouffait. La voiture allait lentement. Le roi entendit de grosses injures que criaient des gens accourus pour le voir passer.

A Paris, personne ne salua le roi. Il fut enfermé aux Tuileries. Des sentinelles mises aux portes l’empêchèrent de sortir même pour aller au jardin.


— 2. Louis Seize à la prison du Temple. — Le roi espérait toujours redevenir le maître comme il l’avait été autrefois.

Il demanda à l’empereur d’Allemagne, qui était le frère de la reine, de venir le délivrer. Une armée ennemie envahit la France.

Alors il y eut une grande colère contre le roi, qui avait appelé des étrangers pour combattre son peuple.

Le 10 août 1792, des insurgés, armés de fusils et de canons, marchèrent sur les Tuileries. Des soldats de la garde du roi défendaient le château.

Le combat dura deux heures. Des deux côtés, des centaines d’hommes tombèrent blessés ou tués.

Le roi s’était réfugié dans l’Assemblée des députés qui était tout près des Tuileries. Il envoya l’ordre à ses soldats de ne plus tirer.

La foule massacra un grand nombre de ces malheureux soldats. Elle entra dans le château, où elle brisa les meubles et les vitres.

La famille royale fut conduite à la prison du Temple.

C’était un vieux château ; les murs en étaient très hauts, comme ceux de la Bastille. Les fenêtres très petites étaient garnies de gros barreaux de fer.

La famille royale était surveillée par des gardiens pendant le jour et pendant la nuit.


— 3. Les derniers moments de Louis Seize. — Alors on nomma une nouvelle assemblée de députés qu’on appela la Convention nationale.

La Convention ordonna le 22 septembre 1792 qu’il n’y aurait plus de roi en France et elle proclama la république.

La Convention condamna à mort le roi parce qu’il avait appelé en France les étrangers.

L’image vous montre Louis Seize et sa famille réunis pour la dernière fois. Derrière la porte vitrée, les gardiens de la prison regardent.

La reine est debout près du roi qui est assis. Les deux enfants sont à genoux : le roi étend les mains vers son fils et sa fille pour leur donner sa bénédiction. Tous les quatre pleurent. Les gardiens entendent les sanglots et les cris. Mais le roi n’a pas peur de la mort. Il est calme et résigné.

LES ADIEUX DE LOUIS SEIZE À SA FAMILLE.


Il fallut bien se séparer. Le roi embrassa une dernière fois sa femme et ses enfants. Puis il fit venir un prêtre pour se confesser, et il acheva la journée en priant.

Le lendemain, il mourut sur l’échafaud avec un admirable courage.


RÉSUMÉ

1. Louis Seize essaya de s’enfuir, il fut arrêté et ramené à Paris.

2. Louis Seize, pour redevenir le maître, appela les ennemis en France. Il fut enfermé à la prison du Temple.

3. Une nouvelle assemblée de députés, la Convention nationale, mit la France en république, le 22 septembre 1792. Louis Seize fut condamné à mort et guillotiné.


QUESTIONNAIRE

Racontez comment Louis Seize s’est enfui de Paris. Comment il y est revenu.

Pourquoi le peuple de Paris s’est-il révolté le 10 aout 1792 ?

Comment s’appelle l’assemblée qui se réunit alors ?

Quel jour et en quelle année a-t-elle remplacé la royauté par la république ?

Pourquoi Louis Seize fut-il condamné à mort ?

Racontez les adieux de Louis Seize à sa famille.

UN VAISSEAU À VOILES AU TEMPS DE LOUIS SEIZE.



CHAPITRE DIX-HUIT
LA GUERRE ET LA TERREUR


— 1. Une belle victoire. — Vous avez vu qu’avant la mort de Louis Seize, les ennemis étaient entrés en France. C’étaient des Prussiens et des Autrichiens.

Un jour du mois de septembre 1792, notre armée était rangée sur une colline près de Valmy, un petit village du pays de Champagne. Beaucoup de nos soldats étaient très jeunes ; ils n’avaient pas encore été à la guerre, au lieu que les ennemis étaient tous de vieux soldats, habitués à se battre.

Le général Kellermann commandait notre armée. L’image vous le montre à cheval près d’un moulin. Il voit les ennemis marcher vers la colline ; il a mis son chapeau au bout de son épée, et crie : « Vive la France ! » Nos canons tirent ; les musiques jouent ; nos soldats crient : « Vive la France ! »

Les ennemis furent très étonnés, car ils avaient cru que les Français se sauveraient tout de suite. Ils s’arrêtèrent, et les deux armées se battirent de loin à coups de canon.


KELLERMANN, À VALMY, LÈVE SON CHAPEAU EN L’AIR. IL CRIE ET TOUS LES SOLDATS CRIENT : « VIVE LA FRANCE ! »

Nos soldats ne bronchèrent pas. Un d’eux apprit que son frère, qui était au premier rang, venait d’être tué. Il demanda la permission d’aller l’embrasser. Il y alla, embrassa son frère, puis il se releva en pleurant, cria : « Vive la France ! » et retourna à sa place.

A la fin, les Prussiens s’en allèrent. Ils retournèrent dans leur pays, honteux d’avoir été vaincus.

Nos jeunes soldats furent courageux, et ils furent victorieux parce qu’ils aimaient de tout leur cœur la France notre patrie.


— 2. La Terreur. — Après la mort de Louis Seize, tous les rois de l’Europe s’unirent pour faire la guerre à la France.

Il y avait en France des pays comme la Bretagne et la Vendée qui regrettaient le roi. Ils se révoltèrent contre la République.

La France eut alors à se défendre contre les rois qui l’attaquaient de tous les côtés et contre les révoltés. Elle se trouva en grand danger.

Il se passa des choses terribles.

La Convention fit mettre en prison ceux qui n’aimaient pas la République. Ils furent jugés par un tribunal appelé le tribunal révolutionnaire.

Tous les jours, une charrette sortait de la prison. Elle était chargée de condamnés. On la conduisait sur une place où la guillotine était dressée.

L’image vous montre la charrette au moment où elle arrive sur la place.

Il s’y trouve des hommes et des femmes. Autour d’eux, la foule pousse des cris. Une femme hurlante montre aux condamnés la guillotine que vous apercevez au loin. Un homme est debout à côté de la guillotine. C’est le bourreau qui, tout à l’heure, coupera les têtes.

Plus de deux mille cinq cents personnes furent guillotinées à Paris. Un plus grand nombre furent exécutées dans le reste de la France.

LA CHARRETTE DES CONDAMNÉS.


On appelle ce temps-là le temps de la Terreur. Il n’y a pas eu de plus affreux moment dans toute l’histoire de France.


— 3. Les soldats de la République. — Nos soldats défendirent la France contre tous les rois. Quels braves soldats c’étaient ! Ils n’avaient peur de rien.

Il y en a un qui nous a raconté son histoire, et c’est une belle histoire.

Il s’appelait Bricard et il était ouvrier tapissier à Paris. Il s’engagea au moment où les Prussiens et les Autrichiens entraient en France.

La République n’était pas riche. Elle n’avait pas de quoi habiller ses soldats. L’uniforme de Bricard était en loques et souvent il marchait pieds nus.

PATIENCE ET GAIETÉ DES SOLDATS DE LA RÉPUBLIQUE.


Une fois, il resta vingt-quatre heures sans rien manger. Il fut bien content de trouver un oignon qu’il avala tout cru.

Un soir, une troupe, où était Bricard, arriva près des ennemis. Elle avait marché pendant des heures sous la pluie. Bricard était trempé jusqu’aux os.

La troupe eut l’ordre de se tenir dans un bas-fond, pour n’être pas vue par les ennemis, qu’elle devait attaquer le lendemain matin.

Le sol était humide, on y enfonçait jusqu’aux genoux. Il était impossible de se coucher ou de s’asseoir. Vous voyez nos soldats debout, serrés les uns contre les autres. Ils ne se plaignent pas. Un vieux soldat, que vous voyez étendant la main, raconte des histoires pour faire rire les camarades. Derrière lui, les camarades rient aux éclats.

Quand le matin arriva, nos soldats attaquèrent l’ennemi et ils furent vainqueurs.

Après avoir fait la guerre pendant dix ans, Bricard revint à Paris et il reprit son métier de tapissier.

Il y eut en ce temps-là beaucoup de braves comme Bricard, qui supportèrent toutes les souffrances et bravèrent tous les dangers pour servir la Patrie et la République.



RÉSUMÉ

1. Les Prussiens voulaient prendre Paris. L’armée française les battit à Valmy en 1792.

2. Au temps de la Terreur beaucoup de Français, qui n’aimaient pas la République, furent guillotinés.

3. Nos soldats défendirent bravement la patrie contre tous les ennemis et les battirent presque toujours.


QUESTIONNAIRE

Quels ennemis sont entrés en France en 1792 ?

Que fit le général Kellermann quand il vit les Prussiens s’avancer à Valmy ?

Que fit à Valmy le jeune soldat qui apprit que son frère venait d’être tué ?

Contre qui la France eut-elle à se défendre après la mort de Louis Seize ?

Expliquez l’image de la page 143. Qui est dans la charrette ? Qu’est-ce que montre la femme qui est près de la charrette, le bras tendu ?

Quand Bricard s’est-il engagé ? Comment était-il habillé ? Comment était-il nourri ?

Pourquoi nos soldats étaient-ils si braves ?

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LIVRE SEPT
NAPOLÉON


CHAPITRE DIX-NEUF
LES VICTOIRES


En l’année 1795, la Convention se sépara. Il y eut alors un gouvernement qu’on appela le Directoire.

C’est pendant le Directoire que Napoléon Bonaparte devint célèbre.


— 1. La jeunesse de Napoléon.Napoléon Bonaparte est né en l’année 1769 à Ajaccio dans l’île de Corse. Son père, qui n’était pas riche, eut de la peine à élever ses huit enfants.

À l’âge de dix ans, Napoléon fut envoyé en France pour se préparer à être officier.

Il commença ses études au collège de Brienne, une petite ville du pays de Champagne.

Il n’était pas beau à ce moment-là. Il avait un teint jaune, des yeux enfoncés, des joues creuses et des cheveux mal peignés.

NAPOLÉON AU COLLÈGE DE BRIENNE.

Il parlait mal le français. Dans sa famille, on parlait le corse, qui est un patois italien. La première fois que le professeur lui demanda son nom en classe, Napoléon le prononça comme on le prononçait à Ajaccio : Napolioné.

Ses camarades se moquèrent de lui et ils l’appelèrent la paille au nez.

Il aimait à être seul. Vous le voyez assis sur un banc. Il est occupé à réfléchir. Des camarades, pour le faire enrager, l’appellent en criant : « Ohé ! la paille au nez ! »

En 1784, à l’âge de quinze ans, il fut reçu à l’École militaire de Paris. À la fin de l’année, il fut nommé sous-lieutenant d’artillerie.


— 2. Napoléon au pont d’Arcole. — À l’âge de vingt-six ans, Napoléon fut nommé général. Il alla commander l’armée française qui faisait la guerre en Italie contre les Autrichiens.

On n’avait pas encore vu un général pareil à lui.

Il faisait marcher ses troupes dix fois plus vite que les autres généraux. Il arrivait devant les ennemis au moment où ils ne l’attendaient pas.

NAPOLÉON AU PONT D’ARCOLE.


Il faisait semblant de les attaquer d’un côté, puis tout à coup, il les attaquait d’un autre côté.

Les Autrichiens n’y comprenaient rien, et ils étaient toujours battus.

Avec sa seule armée, Napoléon battit cinq armées autrichiennes.

Il était très brave dans les batailles.

Un jour, il arriva devant un pont construit sur des marécages, près d’un petit village qu’on appelle Arcole.

Le pont était gardé par des ennemis qui tiraient. Les soldats n’osaient pas avancer.

Napoléon prend un drapeau, et s’élance sur le pont. Vous le voyez en avant, presque seul, tenant haut le drapeau. C’est un miracle qu’il n’ait pas été tué ce jour-là.

Les soldats, en voyant la bravoure de leur général, furent honteux de leur peur. Ils s’élancèrent sur le pont.

Il y eut alors une mêlée. Napoléon tomba dans le marécage. Les soldats le délivrèrent. Ils aimaient leur jeune général qui les commandait si bien.

Dans toute la France on parla du pont d’Arcole et des belles victoires de Napoléon.


— 3. Le passage de la montagne. — En l’année 1799, Napoléon fut nommé Premier consul. Alors, il devint le maître de la France comme l’avaient été les anciens rois.

Il alla encore une fois combattre les Autrichiens en Italie. Il voulait les surprendre en passant par un chemin qu’on ne pouvait pas croire qu’il prendrait. Il décida que l’armée monterait sur le mont Saint-Bernard, pour redescendre en Italie.

Cette montagne est haute de plus de deux mille mètres ; cela fait plus de cent fois la hauteur de votre clocher. Aucune route ne conduisait en haut. Il n’y avait que des sentiers pierreux entre des rochers d’un côté et des précipices de l’autre.

Le plus difficile, ce fut de faire monter les canons. On mit chaque canon dans un tronc d’arbre creusé.

Des soldats placés l’un derrière l’autre tiraient sur une corde attachée à l’arbre. Un de ces braves nous a raconté l’histoire de cette montée. Il s’appelait Coignet. C’est lui que vous voyez en tête. Ses camarades l’appelaient le cheval de devant, et ils criaient : « Hue, Coignet ! hue ! » Et Coignet riait, les camarades aussi.

LE PASSAGE DU MONT SAINT-BERNARD.


Enfin, les soldats arrivèrent en haut. Ils avaient les pieds écorchés par la marche, et les mains déchirées par les cordes.

L’armée descendit l’autre côté de la montagne en Italie. Et Napoléon battit les Autrichiens comme il en avait l’habitude.


— 4. Napoléon à Austerlitz. — En l’année 1804, Napoléon fut élu empereur par le peuple français. Comme les Autrichiens étaient encore en guerre avec nous, il voulut aller les battre dans leur pays.

Il les attaqua près d’Austerlitz. Vous le voyez sur son cheval ; quelques officiers sont derrière lui.

Il est coiffé d’un petit chapeau sans galons, ni dorure. Il est vêtu d’une simple redingote grise.

Il regarde au loin ses soldats qui attaquent les ennemis rangés sur une colline.

NAPOLÉON À AUSTERLITZ.

Il écoute le bruit des coups de fusil et des coups de canon, et la voix de ses soldats qui chantent :

« On va leur percer le flanc.
Ra ta plan, tire lire lire. »

Les musiques accompagnent la chanson des soldats. C’est un bruit d’enfer.

Il est content, l’Empereur. Nos soldats ont escaladé la colline, baïonnette en avant ; les ennemis se sauvent.

Il est content. Il lève le bras. Savez-vous pour quoi faire ? Il va priser. Toutes les fois qu’il était content, il prenait prise sur prise de tabac.

Le lendemain, il dit à ses soldats : « Soldats, je suis content de vous ! Quand vous serez retournés en France, il vous suffira de dire : « J’étais à Austerlitz », pour qu’on vous réponde : « Voilà un brave ».



RÉSUMÉ

1. Napoléon fait ses études au collège de Brienne pour être officier.

2. Il est nommé général à 26 ans ; il bat les Autrichiens et montre sa valeur au pont d’Arcole.

3. Napoléon passe le mont Saint-Bernard et bat encore les Autrichiens en Italie.

4. Napoléon, nommé empereur en 1804, gagne, l’année d’après, la grande bataille d’Austerlitz.


QUESTIONNAIRE

Pourquoi les camarades de Napoléon se moquaient-ils de lui à Brienne ?

À quel âge Napoléon a-t-il été nommé général ?

Regardez l’image de la page 148. Pourquoi Napoléon est-il seul en avant sur le pont ?

Regardez l’image de la page 150. Comment s’appelle la montagne où sont les soldats ? Que font-ils ?

En quelle année Napoléon a-t-il été nommé Empereur ?

Expliquez l’image de la page 151. Où est Napoléon ? Comment est-il habillé ? Que fait-il ?

CARROSSE DE CÉRÉMONIE DE NAPOLÉON.



CHAPITRE VINGT
LES REVERS


Napoléon remporta encore bien d’autres victoires. Mais il aimait trop la guerre.

Il voulut commander en Europe comme il commandait en France où il était le maître comme avaient été les rois.

Après avoir battu les Autrichiens, les Prussiens, les Espagnols, il déclara la guerre à l’Empereur de Russie.

Cette guerre fut désastreuse.


— 1. La retraite de Russie. — Après de rudes batailles, Napoléon arriva à Moscou, capitale de la Russie. Mais les habitants avaient quitté la ville en y mettant le feu.

Napoléon espérait que les Russes lui demanderaient la paix et que l’Empereur de Russie se soumettrait à ses volontés. Mais les Russes ne lui demandèrent rien.

Napoléon voulait rester à Moscou quand même ; mais l’hiver vint. Il était impossible de tenir plus longtemps. L’armée serait morte de faim.

L’Empereur ordonna le retour vers la France.

Le froid devint terrible. Les routes étaient gelées et brillaient comme des miroirs.

La neige tomba par gros flocons pendant des jours et des jours, des nuits et des nuits. Les soldats en étaient tout recouverts. On aurait dit des statues blanches qui marchaient.

SOLDATS AFFAMÉS PENDANT LA RETRAITE DE RUSSIE.


Ils ne parlaient pas. Sur la neige, la marche ne faisait pas de bruit. C’était un silence de mort. À chaque instant, des soldats à bout de force tombaient pour ne plus jamais se relever.

Vous voyez quelques soldats arrêtés dans un village désert. Un cheval affamé tire la paille des toits pour la manger. Des soldats se penchent sur un cheval qui vient de tomber. Avec leurs sabres, ils découpent des morceaux de chair, qu’ils dévoreront toute crue.

Hommes et bêtes moururent par milliers. L’immense route se couvrit de cadavres.

L’armée de Napoléon était de cinq cent mille hommes quand elle entra en Russie. Trois cent mille hommes y restèrent, morts, blessés ou prisonniers.


— 2. Waterloo. — Après la retraite de Russie, tous les rois que Napoléon avait vaincus se réunirent contre lui. Leurs armées entrèrent en France.

Elles prirent Paris.

Napoléon fut obligé de quitter la France. Mais il y revint et la guerre recommença en 1815.

L’Empereur alla attaquer une armée anglaise auprès de Waterloo, un petit village de Belgique.

Les Anglais allaient être battus ; mais voici qu’on entend une fusillade et une canonnade. C’était une armée prussienne qui arrivait au secours des Anglais.

La bataille continue. Napoléon espère encore la victoire. Mais voici qu’on entend encore une fusillade et une canonnade. Et c’est une seconde armée prussienne qui arrive.

Le soir venait. Il y avait huit heures que nos soldats se battaient par une journée de juin très chaude. Ils étaient accablés de fatigue.

Des voix crient : « Sauve qui peut ! » Une troupe des plus vieux soldats de l’Empereur se forme en carré. Elle se défend avec un admirable courage. Le reste de l’armée s’enfuit,

Alors l’Empereur veut mourir. Vous le voyez au moment où il vient de tirer son épée. Mais un vieux soldat prend son cheval par la bride. Les généraux le supplient de quitter le champ de bataille.

NAPOLÉON À LA FIN DE LA BATAILLE DE WATERLOO.


L’Empereur se laissa emmener. Il retourna à Paris. Mais il ne put y rester longtemps. Les ennemis approchaient, il n’avait plus de soldats. Il voulut aller en Angleterre, espérant que les Anglais le laisseraient vivre dans leur pays.

Les Anglais l’envoyèrent très loin, dans l’île de Sainte-Hélène où il mourut, après avoir longtemps souffert de mauvais traitements.



RÉSUMÉ

1. Napoléon remporta encore beaucoup d’autres victoires. Mais il aimait trop à faire la guerre. Il attaqua l’Empereur de Russie, qui ne voulait pas lui obéir. Il alla jusqu’à Moscou, mais il fut obligé de battre en retraite en hiver. Beaucoup de ses soldats moururent de froid et de faim. Une grande partie de son armée fut détruite.

2. Napoléon fut battu à Waterloo (1815) par les Anglais et les Prussiens. Les Anglais l’envoyèrent à Sainte-Hélène où il mourut.


QUESTIONNAIRE

Pourquoi Napoléon fut-il obligé de quitter Moscou ?

Racontez la retraite de Russie : le froid, la neige, la faim.

Contre qui Napoléon a-t-il combattu à Waterloo ?

Pourquoi nos soldats se sont-ils enfuis à la fin de la bataille ?

Dites la date de la bataille de Waterloo ?

Où Napoléon est-il mort ?

VOITURE DE NAPOLÉON AUX ARMÉES.



LIVRE HUIT
DE NAPOLÉON À AUJOURD’HUI


CHAPITRE VINGT ET UN
LES RÉVOLUTIONS ET LES GUERRES


Depuis 1815, il y eut en France plusieurs révolutions.

C’est une histoire difficile que vous apprendrez quand vous serez plus grands.

En attendant, mettez dans votre mémoire les faits que je vais vous dire :

Après Napoléon, les deux frères du roi Louis Seize, Louis Dix-huit et Charles Dix, ont régné l’un après l’autre. Charles Dix voulut devenir maître de la France, comme avaient été les rois avant la Révolution de 1789. Il fut chassé par une révolution en 1830.

Alors Louis-Philippe, cousin de Charles Dix, devint roi. Il fut chassé par une révolution en 1848, parce qu’il ne voulut pas permettre à tout le monde de voter pour nommer les députés.

La France fut alors en république pendant trois ans. Louis-Napoléon, neveu de Napoléon, fut nommé empereur en 1852. On l’appela Napoléon Trois.

En 1870, il y eut une grande guerre entre la France et l’Allemagne. Les soldats allemands étaient beaucoup plus nombreux que les nôtres. Ils avaient des généraux mieux préparés que les nôtres à la guerre. Ils avaient de meilleurs canons.

Nos soldats furent admirablement braves, mais ils furent vaincus. Une armée française où se trouvait l’empereur Napoléon Trois fut faite prisonnière à Sedan.

Il y eut alors une révolution à Paris. La république fut proclamée.

Les armées allemandes se mirent en marche vers Paris.


— 1. La belle défense de Paris en 1870. — Les Allemands entourèrent Paris de tous les côtés. Ils empêchèrent les vivres d’entrer.

Bientôt, la viande, la volaille, les œufs, le lait, la farine manquèrent.

On mangea des chevaux, des chiens, des chats, même des souris et des rats. On mangea les bêtes du Jardin des Plantes.

Les boulangers ne fabriquaient plus qu’un affreux pain noir.

La mauvaise nourriture amena des maladies. Les enfants et les vieillards moururent en grand nombre.

Chaque jour, on voyait dans les rues des voitures qui se suivaient, conduisant des morts au cimetière.


LE BOMBARDEMENT DE PARIS.


Les Allemands, furieux de voir que la ville ne se rendait pas assez vite, la bombardèrent.

L’image vous montre une rue de Paris où un obus vient de tomber. Il a éclaté. Les éclats ont brisé la devanture d’une boulangerie.

Un enfant qui passait avec sa mère a été tué. Sa mère, à genoux auprès du pauvre petit corps, pleure et crie.

Le bombardement ne fit pas peur aux Parisiens. Ils étaient tous soldats et montaient la garde sur les remparts.

Ils espéraient que des armées françaises viendraient les délivrer ; mais aucune armée ne put arriver jusqu’à Paris.

Alors, les Parisiens furent obligés de se rendre. Il fut convenu que la défense cesserait le 28 janvier 1871 à minuit.

Ce jour-là, jusqu’à minuit, on entendit le canon. Quand minuit sonna, la canonnade s’arrêta. Ce fut un grand silence.

À ce moment-là, beaucoup de Parisiens firent comme moi, qui ai vu ces terrible choses et qui en ai tant souffert ; ils pleurèrent en pensant : « Tout est fini ! La France est vaincue. »


— 2. Le devoir des petits Français. — Plus tard, vous apprendrez mieux l’histoire de cette guerre. Vous saurez que vos grands-pères ont fait bravement leur devoir en défendant notre patrie.

Les Allemands nous obligèrent à leur donner cinq milliards, une somme si grosse qu’on croyait que la France ne pourrait jamais la payer.

Ils nous prirent aussi deux beaux pays, l’Alsace et la Lorraine.

Les Alsaciens et les Lorrains étaient de bons Français. Ils aimaient la France comme vous l’aimez. Ils ont été forcés de devenir Allemands ; mais ils aiment toujours la France, et, à cause de cela, les Allemands les font souffrir.

Les Allemands sont un peuple très orgueilleux. Ils cherchent toutes les occasions de nous faire du mal.

Mais la France n’a pas perdu courage après la malheureuse guerre.

Nos soldats aujourd’hui sont aussi braves que ceux qui combattirent en 1870, et ils sont bien plus nombreux.

Nos généraux sont aussi braves que ceux qui combattirent en 1870, et ils sont plus instruits.

Nos fusils, nos canons sont meilleurs qu’en 1870. Nous sommes beaucoup mieux préparés à la guerre.

Tous les ans, aux grandes manœuvres, notre infanterie, notre artillerie et notre cavalerie se réunissent pour s’exercer.

L’image vous montre, à gauche, deux généraux qui causent avec un officier ; au milieu sont les soldats d’infanterie, dont plusieurs sont à genoux comme on se met pour tirer. Vous voyez aussi des voitures d’artillerie ; plus loin, dans la plaine, des cavaliers.

En l’air, un gros ballon dirigeable vole entre deux aéroplanes.

Généraux, officiers, fantassins, cavaliers, aérostiers tous savent leur métier. Si la France est attaquée, tous feront leur devoir.

La France est bien défendue.



NOS SOLDATS AUX GRANDES MANŒUVRES


RÉSUMÉ

1. Depuis 1815, il y a eu en France plusieurs révolutions. En 1870, Napoléon Trois était empereur. Il fut vaincu et fait prisonnier par les Allemands à Sedan. Depuis ce temps, la France est en république.

Les Allemands ont pris Paris, malgré la courageuse défense des Parisiens.

2. La France a été obligée de payer aux Allemands cinq milliards et de leur céder l’Alsace et la Lorraine, deux belles provinces qui regrettent de n’être plus françaises.

Aujourd’hui, la France a une armée nombreuse, bien instruite, capable de la défendre contre ses ennemis.


QUESTIONNAIRE

Dites quelles révolutions il y a eu en France depuis Napoléon. Dites les dates.

Regardez l’image page 160. Pourquoi la devanture de la boutique est-elle brisée ?

Que fait la femme à genoux ?

Racontez les souffrances de Paris pendant le siège.

Dites ce que vous voyez page 163. Quels sont les hommes qui sont à gauche ?


SOLDATS CYCLISTES.



CHAPITRE VINGT-DEUX
LES CONQUÊTES DE LA FRANCE


En l’année 1830, le roi Charles Dix envoya des vaisseaux attaquer la ville d’Alger, parce que les Algériens faisaient beaucoup de tort à notre commerce en arrêtant et pillant nos navires.

La ville fut prise. Ensuite il fallut conquérir l’Algérie.

La guerre dura pendant tout le règne de Louis-Philippe.


— 1. Le combat de Mazagran. — Pendant cette guerre, il y eut bien des batailles. L’Algérie est habitée par des Arabes qui sont des soldats très braves.

Une des plus célèbres batailles fut celle de Mazagran.

Cent vingt-trois Français occupèrent un fort qui portait ce nom. Ils y furent attaqués par les Arabes.

L’image vous montre des Arabes qui arrivent au grand galop de leurs chevaux. Ils sont vêtus d’un manteau blanc, qu’on appelle un burnous.

Vous en voyez qui tirent des coups de fusil vers le haut du mur. Nos soldats répondent.

Derrière les Arabes que vous voyez, d’autres arrivèrent. Ils furent bientôt douze mille.

ATTAQUE PAR LES ARABES DU FORT DE MAZAGRAN.


Pendant trois jours, ils demeurèrent autour de Mazagran. Ils essayèrènt de grimper à des échelles pour atteindre le haut du mur.

Mais nos soldats les repoussaient à coups de crosse. Les douze mille Arabes virent qu’ils ne viendraient jamais à bout des cent vingt-trois Français, et ils s’en allèrent.

Dans toute la France, on parla du combat de Mazagran. Tout le monde fut fier de la vaillance de nos soldats.


— 2. Une école en Algérie. — Aujourd’hui, toute l’Algérie est soumise à la France.

Cinq cent mille Français habitent en Algérie. Les villes anciennes se sont tant embellies qu’on ne les reconnaît plus. Il a y des villes nouvelles et surtout des villages nouveaux en très grand nombre.

UNE ÉCOLE DE PETITS FRANÇAIS ET DE PETITS ARABES EN ALGÉRIE.


L’image vous représente une école en Algérie.

Parmi les élèves, vous en voyez qui sont habillés comme vous. Ce sont de petits Français. Les autres sont vêtus du burnous blanc. Ce sont de petits Arabes.

L’instituteur et l’institutrice sont des Français.

Ils enseignent aux petits Français et aux petits Arabes tout ce que vous apprenez à l’école.

Les Arabes sont de bons petits écoliers. Ils apprennent aussi bien que les petits Français. Ils font d’aussi bons devoirs.

La France veut que les petits Arabes soient aussi bien instruits que les petits Français.

Cela prouve que notre France est bonne et généreuse pour les peuples qu’elle a soumis.


— 3. La bonté de la France. — Vous avez vu des marchés, où l’on vend des chevaux, des vaches et d’autres animaux.

Dans beaucoup de pays d’Afrique habités par les nègres, il y a des marchés où l’on vend des hommes.

Celui qui les achète les attache deux par deux, l’un derrière l’autre. Ils ont le cou serré dans un collier ; leurs jambes sont liées l’une à l’autre par une corde. Ils peuvent marcher, mais ils ne peuvent pas courir pour se sauver.

Ces malheureux s’appellent des esclaves. Un esclave appartient à l’homme qui l’a acheté, comme une bête appartient à son maître.

L’esclavage est donc une chose abominable. Aussi la France ne veut pas qu’il y ait des esclaves dans les pays qu’elle possède.

Regardez l’image. Vous y voyez un homme debout près d’un drapeau. Cet homme est un Français qui s’appelle Brazza.

Il porte des vêtements tout blancs et un chapeau en liège, recouvert de toile blanche. Deux autres Français sont vêtus de la même façon. C’est à cause de la grande chaleur qu’ils sont ainsi habillés.

Brazza fut un homme admirable. Il voyagea dans un grand pays d’Afrique appelé le Congo. Il ne fit pas de mal aux habitants. Il leur parlait doucement, et leur demandait d’obéir à la France.

Quand ils avaient promis, il plantait par terre une grande perche, en haut de laquelle on hissait le drapeau français. Cela voulait dire que ce pays-là appartenait à la France.

Un jour où le drapeau fut hissé près d’un village du Congo, une troupe d’esclaves passa.

Brazza la fit arrêter et il dit : « Partout où est le drapeau de la France, il ne doit pas y avoir d’esclaves. »

BRAZZA DÉLIVRE DES ESCLAVES.


Et vous voyez que l’on enlève aux esclaves les colliers qui emprisonnent leurs cous et les cordes qui lient leurs jambes.

Deux de ces pauvres gens qui viennent d’être délivrés sont si joyeux qu’ils font des cabrioles.

Cela prouve encore que la France est bonne et généreuse pour les peuples qu’elle a soumis.


— 4. Les propriétés de la France. — La France possède aujourd’hui hors de l’Europe un grand nombre de pays.

D’un côté de l’Algérie, nous avons la Tunisie ; de l’autre côté, nous sommes en train de conquérir le Maroc.

Dans d’autres parties de l’Afrique, nous possédons encore de grands territoires.

En Asie, nous avons aussi de vastes possessions dans un pays qu’on appelle l’Indo-Chine.

Une grande partie de ces conquêtes ont été faites par la République après la malheureuse guerre de 1870.

Les pays que nous possédons sont vingt fois plus vastes que la France. Ils sont habités par cinquante millions d’hommes. Des hommes blancs comme nous dans l’Afrique du nord, des hommes noirs dans d’autres parties de l’Afrique, des hommes jaunes en Indo-Chine.

Partout la France enseigne le travail. Elle crée des écoles, des routes, des chemins de fer, des lignes télégraphiques.

La France a le droit d’être fière de ces conquêtes. Elle est reconnaissante envers ses marins et ses soldats, dont beaucoup sont morts en combattant dans ces pays lointains.



RÉSUMÉ

1. En 1830, les Français ont pris Alger. Ensuite ils firent la conquête de l’Algérie. Il y eut beaucoup de batailles. À Mazagran, cent vingt-trois Français ont été vainqueurs de douze mille Arabes.

2. Les Français ont créé en Algérie des écoles où les petits Arabes sont instruits avec les petits Français.

3. Un Français, Brazza, a conquis sans batailles de grands territoires au Congo.

Il a délivré des esclaves et fait beaucoup de bien dans le pays.

4. La France possède aujourd’hui, en Afrique, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, et d’autres territoires encore. Elle possède en Asie une grande partie de l’Indo-Chine. Elle est fière d’avoir conquis un si grand empire.


QUESTIONNAIRE

Pourquoi Charles Dix a-t-il envoyé des vaisseaux à Alger ?

Regardez l’image de la page 166. Comment sont habillés les Arabes ? Que font-ils ?

Regardez l’image de la page 167. Expliquez ce que vous voyez. Pourquoi la France fait-elle instruire les petits Arabes ?

Regardez l’image de la page 169. Qui est l’homme debout auprès du drapeau ? Pourquoi est-il habillé de blanc ? Que portent autour du cou les nègres que vous voyez ? Qu’a dit Brazza en voyant arriver une troupe d’esclaves ?

Dites quels sont les pays que la France possède en Afrique et en Asie.

UN FACTEUR DE LA POSTE AU DÉSERT.



CHAPITRE VINGT-TROIS
LES INVENTIONS


— 1. La diligence. — Autrefois, il n’y avait pas de chemins de fer. On voyageait dans des voitures appelées diligences.

La diligence que vous voyez sur l’image est traînée par quatre chevaux. Le conducteur est tout en haut, sous la capote. Sur un des chevaux de devant, un postillon tient un fouet à la main.

Dans la voiture, vous apercevez des voyageurs. D’autres sont descendus. Le chemin monte ; les chevaux tirent de toutes leurs forces. Ces voyageurs sont descendus pour se dégourdir un peu les jambes, car dans la voiture, on était serré les uns contre les autres.

Une diligence faisait seulement une douzaine de kilomètres par heure. Elle mettait trois jours et trois nuits pour aller de Paris à Lyon.

Elle ne pouvait prendre qu’une vingtaine de personnes. Aussi, quand on voulait voyager, il fallait retenir ses places longtemps à l’avance.

UNE DILIGENCE MONTANT UNE CÔTE.


À cause de tout cela, on ne voyageait pas beaucoup dans ce temps-là.


— 2. Les chemins de fer. — C’est au temps de Louis-Philippe qu’on commença de construire en France les premiers chemins de fer.

Beaucoup d’entre vous ont fait au moins un petit voyage en chemin de fer. Ils sont montés dans un train où des voitures attelées les unes aux autres sont entraînées par une machine à vapeur, la locomotive. Les voitures, qu’on appelle des wagons, roulent sur des rails de fer.

Les trains qu’on appelle rapides marchent avec une vitesse effrayante. Pour aller de Paris à Lyon, ils mettent huit heures, au lieu de trois jours et trois nuits qu’il fallait autrefois.

UNE LOCOMOTIVE.


Vous êtes-vous déjà trouvés sur le trottoir d’une gare quand un rapide va passer sans s’arrêter ? Les employés de la gare crient : Attention ! Attention ! Tout le monde recule. On entend un grand bruit, le sol tremble, une poussière s’élève ; on sent comme un coup de vent ; c’est le train qui passe, rapide comme un éclair.

Quand le chemin monte, les voyageurs ne sont pas obligés de descendre. Le train marche un peu moins vite, et c’est à peine s’ils s’en aperçoivent.

Quand une montagne est trop haute, on y perce un grand souterrain qu’on appelle un tunnel, et, par le tunnel, passent les trains. Il y a des tunnels longs de vingt kilomètres.

Ainsi, on voyage bien plus vite qu’autrefois. Et puis on est mieux dans un train que dans une diligence. Et puis cela coûte bien moins cher. Aussi on voyage beaucoup plus à présent qu’au temps passé.


— 3. Les bateaux à vapeur. — Autrefois on allait sur l’eau dans des bateaux à rames ou à voiles.

UN PAQUEBOT.


Les bateaux à rames ne marchaient pas vite. Les bateaux à voiles ne marchaient bien que lorsqu’ils avaient un bon vent qui soufflait dans les voiles. Quand le vent ne soufflait plus, ils s’arrêtaient.

Aujourd’hui, les bateaux sont mis en mouvement par une machine à vapeur. Ils marchent par tous les temps et par tous les vents.

Ils marchent très vite, cinquante fois plus vite que les bateaux à voiles.

Les bateaux à voiles ne pouvaient pas contenir beaucoup de personnes. Aujourd’hui on construit de grands bateaux à vapeur (paquebots). La population de plusieurs villages y trouverait place ; car ils contiennent jusqu’à trois mille personnes.

Autrefois, c’était une grande affaire de voyager sur mer. Aujourd’hui, on n’y pense plus. On parle d’aller en Afrique et en Amérique, comme si c’était une chose ordinaire.

Pour faire le tour du monde, on met sept à huit semaines. Autrefois, on mettait des années.


— 4. Les aéroplanes. — Les hommes avaient depuis longtemps envie de monter dans les airs.

DEUX AÉROPLANES.


Ils furent bien contents quand les ballons furent inventés, il y a cent et quelques années.

Mais les ballons ne marchaient que poussés par le vent. Ils allaient où le vent voulait.

Il y a quelques années, on a construit des ballons munis d’une machine. Grâce à cette machine, on dirige le ballon du côté où l’on veut. Ces ballons s’appellent des dirigeables (voir page 163).

On a construit aussi des aéroplanes. Aéroplane, cela veut dire qui voyage dans l’air.

L’aéroplane ressemble à un grand oiseau.

Les dirigeables et les aéroplanes montent très haut ; ils passent au-dessus des plus hautes montagnes. Ils volent par-dessus les mers.


— 5. Autres inventions. — Vous connaissez encore d’autres inventions.

Vous savez que le télégraphe envoie des dépêches aussi loin que l’on veut. Et les dépêches arrivent en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Vous savez qu’avec le téléphone on peut causer avec des gens qui sont très loin, avec des gens qui sont en Amérique. On cause avec eux comme s’ils étaient tout près. On entend et on reconnaît leur voix.

Quand vous serez plus grands, vous apprendrez comment ont été inventés le téléphone, le télégraphe, les aéroplanes, les bateaux à vapeur, les chemins de fer.

On vous expliquera aussi que les inventions ont bien changé la vie des hommes.

Mais vous êtes assez grands pour comprendre ce que je vais vous dire :

Au commencement du monde, il n’y avait que les oiseaux qui volaient dans l’air. Il n’y avait que les poissons qui voyageaient dans l’eau. L’homme marchait péniblement sur terre.

Aujourd’hui, l’homme se fait porter très vite sur terre et sur l’eau, à des distances énormes. Il vole très vite, très haut, très loin dans l’air.

Vous voyez que l’homme peut faire bien des choses qu’il ne pouvait faire autrefois. Il règne sur la terre, sur l’eau et dans l’air.


— 6. Pasteur. — Vous avez tous été vaccinés. Le vaccin vous empêche d’avoir la petite vérole.

PASTEUR FAIT VACCINER UN ENFANT MORDU PAR UN CHIEN ENRAGÉ.

C’est une maladie terrible. Autrefois, presque tous ceux qui en étaient atteints mouraient.

Un grand homme, Pasteur, qui est mort il y a quelques années, a inventé un vaccin contre la rage.

Autrefois, ceux qui étaient mordus par des chiens enragés avaient la rage. Ils souffraient atrocement et mouraient en hurlant dans des convulsions.

Voyez l’image. On conduit chez Pasteur un enfant qui a été mordu par un chien enragé. C’est un brave garçon, cet enfant-là. Il a été mordu en se battant contre un chien pour l’empêcher de mordre ses camarades. Il est debout devant un médecin assis qui le vaccine. Derrière lui, on lui tient les bras pour qu’il ne bouge pas.

Pasteur, les mains derrière le dos, regarde. Il se demande si le pauvre petit sera guéri. Vous voyez que sa figure est inquiète. Il était très bon, le grand Pasteur.

L’enfant sentit à peine la piqûre. Pasteur le garda quelque temps au laboratoire. Puis il le renvoya dans son pays, bien guéri.

Depuis, dans tous les pays du monde, des centaines et des centaines d’hommes ont été préservés de la rage par le vaccin de Pasteur. Et Pasteur a guéri encore beaucoup d’autres maladies.

Chers enfants, les hommes qui ont fait toutes les inventions dont je viens de vous parler sont célèbres dans le monde entier. Ils ne sont pas tous Français ; mais beaucoup le sont.

La France est un grand pays, pas seulement parce qu’il a de braves soldats pour le défendre, mais aussi parce qu’il a des savants dont les découvertes font du bien aux hommes de tous les pays.


VIVE LA FRANCE !


RÉSUMÉ

1. Autrefois, il fallait trois jours et trois nuits pour aller de Paris à Lyon en diligence.

2. Aujourd’hui, on met huit heures pour aller de Paris à Lyon en chemin de fer.

3. Autrefois on allait sur l’eau dans des bateaux à rames ou à voiles, qui étaient très lents. Aujourd’hui on voyage sur des bateaux à vapeur qui vont très vite.

4. Autrefois on s’élevait en l’air dans des ballons, qu’on ne pouvait pas diriger. Aujourd’hui, on voyage en l’air dans des dirigeables et des aéroplanes.

5. Par le télégraphe et par le téléphone, on peut écrire ou parler à des distances énormes.

6. Un grand savant français, Pasteur, a découvert un vaccin contre la rage.

La France est un grand pays, qui a de braves soldats pour la défendre et des savants qui font du bien à tous les hommes.


QUESTIONNAIRE

Dites, d’après l’image de la page 173, comment était conduite une diligence. Combien de temps mettait-on pour aller de Paris à Lyon ?

Combien met-on de temps pour aller de Paris à Lyon en chemin de fer ?

Qu’est-ce que c’est qu’un paquebot ?

Combien fallait-il de temps autrefois pour faire le tour du monde ? Combien en faut-il aujourd’hui ?

À quoi servent le télégraphe et le téléphone ? Qu’est-ce qu’un aéroplane ?

Regardez l’image de la page 178. Qu’est-ce qu’on fait au petit garçon qui est là ? Qui est le monsieur qui se tient debout, les mains derrière le dos ?

Pourquoi la France est-elle un grand pays ?


TABLE DES MATIÈRES

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Pages.
 III


LIVRE PREMIER.
Les Gaulois, les Romains et les Francs.


LIVRE DEUX.
La France depuis le temps des carolingiens
jusqu’à la mort de saint Louis.


LIVRE TROIS.
La guerre de Cent ans.


LIVRE QUATRE.
La France jusqu’à la mort de Henri Quatre.


LIVRE CINQ.
De la mort de Henri Quatre à la Révolution.


LIVRE SIX.
La Révolution.


LIVRE SEPT.
Napoléon.


LIVRE HUIT.
De Napoléon à aujourd’hui.


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