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Arbres en mannequin. Arbores in corbe, sont ceux que l’on met à part, plantés dans des mannequins pour les lever dans le besoin, & les mettre en motte à la place de ceux qui sont morts dans un nouveau plan.

Arbres sur franc, sur Coignassier. Voyez au mot Greffer.

Arbres fatigués, sont ceux qui paroissent usés, soit de vieillesse, soit faute de culture, & qui sont chargés de mousse & de gale. Arbores vetulæ, defectæ seni, cariosæ.

Arbres bien aboutis, sont ceux qui ont beaucoup de boutons à fruit. Arbores gemmatæ.

Arbres qui s’emportent, qui poussent trop de branches, nimiâ ramorum luxurie sese efferentes.

Arbres bien conditionnés. Benè compositæ, affectæ.

Un arbre, pour mériter d’être choisi, quand il est encore en pépinière, doit avoir l’écorce nette & luisante, & les jets de l’année longs & vigoureux. Et s’il est hors de terre, il faut qu’il ait les racines belles, bien saines, & qu’à proportion de la tige elles soient passablement grosses. Je ne prends jamais de ces arbres qui n’ont que du chevelu. Les arbres les plus droits, & qui n’ont qu’une tige, me paroissent les plus beaux à choisir pour planter. La Quint. En toutes sortes d’arbres nains que l’on veut planter, excepté les pêchers & les pommiers sur paradis, la grosseur est celle de deux ou trois pouces par le bas. La grosseur des arbres de tige est celle de cinq à six pouces par le bas, & la hauteur de six à sept pieds. La greffe des petits arbres doit être à deux ou trois doigts de terre ; & quand elle est couverte, c’est une marque de vigueur au pied, aussi-bien que de soin & d’habileté au Jardinier qui l’a élevé. Id. Préparer un arbre pour le planter. Id.

La Quintinie traite de la connoissance des arbres fruitiers, part. ch. 3, art. 6. De la manière de préparer un arbre, tant par la tête que par la racine, avant que de le planter, au même endroit, art. 7 & part. III, ch. 19. De la manière de planter les arbres, part. III, ch. 20. Du temps qu’il faut choisir pour bien planter, art. 8. De la taille des arbres, art. 9 & part. IV, entière. Des terres qui conviennent à chaque espèce d’arbres fruitiers. part. II, ch. 25. Du choix des arbres, part. III, ch. 57 & 58. Des greffes & pépinières des arbres, part. V. ch. 11. & suiv.

On dit, abattre des arbres, c’est les couper par le pied, à fleur de terre. Arbores cædere, excidere. Elaguer ou émonder des arbres, quand on en coupe quelques branches pour les faire mieux croître, & les rendre plus agréables à la vue, & plus propres à l’usage auquel on les destine, comme à former des allées, &c. Arbores collucare. Deshonorer les arbres, quand on en coupe seulement la cime, ou le houppier. Arbores decacuminare. Préparer un arbre, tant par la tête que par la racine, c’est en ôter tout ce qui est nuisible, ou superflu, & couper les branches & les racines, comme elles doivent être, pour qu’on le plante. Planter un arbre, tailler un arbre, ébourgeonner les arbres, pincer & repincer un arbre, accoler les arbres, palisser les arbres espaliers, greffer un arbre, enter un arbre, fumer un arbre, arrêter un arbre, émonder les arbres, élaguer les arbres, élever un arbre, abaisser un arbre, pousser, fatiguer, épuiser un arbre, déchausser un arbre, espacer des arbres de tant l’un de l’autre, étronçonner un arbre, encaisser un arbre, ragréer un arbre ; un arbre qui s’échappe ; un arbre qui s’évase trop. Voyez tous ces verbes à leur place.

☞ Les arbres se multiplient par leurs semences, par leurs rejetons, par les provins ou marcottes, & de bouture. Voyez ces différens mots.

☞ La vie & la santé des arbres consistent dans la circulation du suc nourricier. Tout ce qui peut empêcher la circulation de ce suc dans les différentes parties de l’arbre, le rend malade. Il languit, & si le mal continue, il meurt.

☞ Un suc trop abondant peut crever les vaisseaux. Alors il se fait des épanchemens pernicieux, ou bien il n’a pas assez d’espace pour couler, il s’arrête. Le suc qui monte continuellement des racines, occupe peu-à-peu les trachées, empêche l’action de l’air : l’arbre meurt suffoqué.

☞ Le manque de sucs produit le même effet. Les fibres destituées d’humeurs se resserrent, se dessechent, & deviennent incapables de recevoir de nouveaux sucs.

☞ La malignité des sucs altère les organes. Des sucs corrosifs déchirent le chevelu des racines. Un suc trop gluant s’épaissit, se fige.

☞ Les arbres trop fertiles durent moins que les autres. Ils donnent trop de sucs à leurs fruits, & n’en conservent pas assez pour se nourrir.

☞ La gelée en dilatant les sucs, déchire les fibres, & fait quelquefois éclater les arbres.

☞ La chaleur atténue les sucs, ouvre les ports, en exprime ces sucs. Les fibres se relâchent, l’arbre languit.

☞ Les arbres augmentent en grosseur par l’addition des couches ligneuses qui se forment sous l’écorce, & s’ajoutent au bois déjà formé. Voyez Aubier.

☞ Au printemps, lorsque les arbres sont en pleine seve, j’enlevai, dit M. Duhamel, à un jeune arbre un morceau d’écorce qui découvroit le bois jusqu’à la moitié du diamètre du corps de l’arbre que j’avois mesuré avec un compas d’épaisseur. Ayant conservé l’ouverture de ce compas, je posai une pièce d’étain battue immédiatement sur le bois, & je remis ensuite le morceau d’écorce à sa place où je l’assujettis avec une bandelette chargée de térébenthine. Cette écorce se greffa, l’arbre grossit en cet endroit comme ailleurs. Plusieurs années après je sciai mon arbre à l’endroit de cette greffe. Je trouvai ma petite lame d’étain recouverte d’une couche de bois assez épaisse ; mais après avoir mesuré la portion du corps ligneux qui avoit été renfermé par la lame d’étain, je trouvai qu’elle n’avoit pas sensiblement augmenté de grosseur. Ce qui prouve très-bien que le bois qui étoit formé au commencement de l’expérience, n’avoit pas contribué à l’augmentation de grosseur de cet arbre.

☞ Les bourgeons s’alongent dans toutes les parties, tant qu’ils sont tendres & herbacées. L’alongement diminue à mesure que le bois se durcit. Il cesse, quand la partie ligneuse est entièrement endurcie.

☞ Tout le monde peut avoir remarqué qu’une branche qui sort d’un arbre à une certaine distance du terrain, reste toujours à cette même hauteur, quoique l’arbre qui la porte, croisse beaucoup. De même quand les essieux des roues ont endommagé la tige d’un jeune arbre, on remarque que la cicatrice reste toujours à la hauteur des essieux quoique l’arbre croisse. Ainsi le corps ligneux, une fois endurci, ne s’étend plus en longueur.

☞ Mais il est aisé de concevoir l’accroissement des arbres en hauteur, quand on sait que les boutons contiennent les rudimens d’une nouvelle branche, ainsi que le mamelon, qui est à l’extrémité des semences, renferme les rudimens d’une tige, & que de ces boutons sortent les jeunes branches, de la même manière que les tiges sortent des semences. Ces branches naissantes s’élèvent par la suite de la même manière que les jeunes tiges, Voyez Bouton, Couches ligneuses & Aubier.

☞ Il paroît que les couches ligneuses de certains arbres, tels que le maronnier d’Inde, &c. s’endurcissent beaucoup plus lentement que d’autres, tels que le buis, &c. Celles qui s’endurcissent lentement, doivent conserver plus long-temps la propriété de s’étendre. C’est peut être ce qui fait que certains arbres croissent plus promptement que d’autres.

☞ Par la même raison un arbre qui se trouve à l’abri du soleil, transpirant peu, conserve long-temps l’humidité qu’il contient, l’endurcissement se fait plus lentement que dans un arbre fort exposé au soleil ; & l’on remarque assez constamment que les arbres tenus à l’abri poussent plus vigoureusement que ceux qui sont brûlés du soleil.

☞ Un sarment de vigne, dit M. Hales, qui commence