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rique est celle qui considere le ciel tel qu’il se montre à nos yeux ; on y traite des observations communes d’Astronomie, des cercles de la sphere, des mouvemens des planetes, des lieux des fixes, des parallaxes, &c.

L’Astronomie théorique est cette partie de l’Astronomie qui considere la véritable structure & disposition des cieux & des corps célestes, & qui rend raison de leurs différens phénomenes.

On peut distinguer l’Astronomie théorique en deux parties : l’une est, pour ainsi dire purement astronomique, & rend raison des différentes apparences ou phénomenes qu’on observe dans le mouvement des corps célestes ; c’est elle qui enseigne à calculer les éclipses, à expliquer les stations, directions, rétrogradations des planetes, les mouvemens apparens des planetes tant premieres que secondaires, la théorie des cometes, &c.

L’autre se propose un objet plus élevé & plus étendu ; elle rend la raison physique des mouvemens des corps célestes, détermine les causes qui les font mouvoir dans leurs orbites, & l’action qu’elles exercent mutuellement les unes sur les autres. Descartes est le premier qui ait tenté d’expliquer ces différentes choses avec quelque vraissemblance. Newton qui est venu depuis, a fait voir que le système de Descartes ne pouvoit s’accorder avec la plupart des phénomenes, & y en a substitué un autre, dont on peut voir l’idée au mot Philosophie newtonienne. On peut appeller cette seconde partie de l’Astronomie théorique, Astronomie physique, pour la distinguer de l’autre partie qui est purement géométrique. David Gregori a publié un ouvrage en deux volumes in-4°. qui a pour titre : Elemens d’Astronomie physique & géométrique, Astronomiæ physicæ & geometricæ elementa. Voyez les différentes parties de l’Astronomie théorique sous les mots Système, Soleil, Etoiles, Planete, Terre, Lune, Satellite, Comete, &c.

On peut encore diviser l’Astronomie en terrestre & en nautique : la premiere a pour objet le ciel, en tant qu’il est considéré dans un observatoire fixe & immobile sur la terre ferme : la seconde a pour objet le ciel vû d’un observatoire mobile ; par exemple, dans un vaisseau qui se meut en pleine mer. M. de Maupertuis, aujourd’hui Président perpétuel de l’Académie des Sciences de Berlin, à publié à Paris en 1743 un excellent ouvrage, qui a pour titre, Astronomie nautique, ou Elemens d’Astronomie, tant pour un observatoire fixe, que pour un observatoire mobile.

L’Astronomie tire beaucoup de secours de la Géométrie pour mesurer les distances & les mouvemens tant vrais qu’apparens des corps célestes ; de l’Algebre pour résoudre ces mêmes problèmes, lorsqu’ils sont trop compliqués ; de la Méchanique & de l’Algebre, pour déterminer les causes des mouvemens des corps célestes ; enfin des arts méchaniques pour la construction des instrumens avec lesquels on observe. V. Trigonometrie, Gravitation, Secteur, Quart de cercle, &c. & plusieurs autres articles, qui seront la preuve de ce que l’on avance ici. (O)

ASTRONOMIQUE, adj. Astronomicus ; on entend par ce mot tout ce qui a rapport à l’Astronomie. Voyez Astronomie.

Calendrier astronomique. Voyez Calendrier.

Heures astronomiques. Voyez Heure.

Observations astronomiques. Voyez Observations celestes.

Ptolomée nous a conservé dans son Almageste, les observations astronomiques des anciens, entre lesquelles celles d’Hipparque tiennent le premier rang. Voyez Almageste.

La plûpart des ouvrages ou traités d’Astronomie, qui ont été publiés sous les regnes de François I. & de ses successeurs, n’étoient que des extraits de l’Almageste de Ptolomée, traduit de l’Arabe ou sur les


manuscrits Grecs ; ceux-ci furent recueillis, & les passages restitués dans la belle édition de Bâle de 1538. Cet ouvrage renferme non seulement les hypotheses, les méthodes pratiques, & les théories des anciens, mais encore plusieurs observations astronomiques faites en Orient & à Alexandrie, depuis la 27e année de Nabonassar, qui est le tems de la plus ancienne éclipse qu’on sache avoir été observée à Babylone, jusques vers l’année 887, qui répond, selon nos chronologistes, à l’année 140 de l’ere chrétienne. Cet ouvrage avoit été publié sous l’empire d’Antonin, & il ne restoit guere que ce livre d’Astronomie qui eût échapé à la fureur des barbares ; les autres livres qui s’étoient sans doute bien moins multipliés, avoient été détruits pendant les ravages presque continuels qui se firent durant cinq cents ans dans toutes les provinces Romaines.

L’empire Romain ayant fini, comme l’on sait, en Occident l’an 476 de l’ere chrétienne, & les nations Gothiques qui en avoient conquis les provinces, s’y étant pour lors établies, une longue barbarie succéda tout d’un coup aux siecles éclairés de Rome ; & cette grande ville, de même que celles de la Gaule, des Espagnes & de l’Afrique, ayant été plusieurs fois prise & saccagée, les manuscrits furent détruits & dissipés, & l’univers resta long-tems dans la plus profonde ignorance. Inst. Astr. de M. le Monnier.

En 880 le Sarrasin Albategni se mit à observer. En 1457, Regiomontanus se livra à la même occupation à Nuremberg. J. Wernerus & Ber. Waltherus ses éleves continuerent depuis 1475 jusqu’en 1504 : leurs observations réunies parurent en 1544. Copernic leur succéda, & à Copernic le Landgrave de Hesse, secondé de Rothman & de Byrgius : Tycho vint ensuite, & fit à Uranibourg des observations depuis 1582 jusqu’en 1601 : toutes celles qu’on avoit jusqu’alors, avec la description des instrumens de Tycho, sont contenues dans l’Histoire du ciel, publiée en 1672, par les ordres de l’empereur Ferdinand. Peu de tems après, Hevelius commença une suite d’observations, avec des instrumens mieux imaginés & mieux faits que ceux qu’on avoit eus jusqu’alors : on peut voir la description de ces instrumens dans l’ouvrage qu’il a donné sous le titre de Machina cælestis. On objecte à Hevelius d’avoir observé à la vûe simple, & de n’avoir point sû ou voulu profiter des avantages du télescope. Le docteur Hook donna à ce sujet en 1674, des observations sur les instrumens d’Hevelius, & il paroît en faire très-peu de cas, prétendant qu’on n’en peut attendre que peu d’exactitude. A la sollicitation de la Société royale, M. Halley fit en 1679 le voyage de Dantzik, examina les instrumens d’Hevelius, les approuva, & convint que les observations auxquelles ils avoient servi, pouvoient être exactes.

Jer. Horrox & Guill. Crabtrée, deux Astronomes Anglois, se sont fait connoître par leurs observations qu’ils ont poussées depuis 1635 jusqu’en 1645. Flamsteed, Cassini, Halley, de la Hire, Roemer & Kirch leur succéderent.

M. le Monnier fils, de l’Académie royale des Sciences, & des Sociétés royales de Londres & de Berlin, a publié en 1741 un excellent recueil des meilleurs observations astronomiques, faites par l’Acad. royale des Sciences de Paris, depuis son établissement. On n’en a encore qu’un volume qui doit être suivi de plusieurs autres : l’ouvrage a pour titre, Histoire céleste ; il est dédié au Roi, & orné d’une préface très savante.

Lieu astronomique d’une étoile ou d’une planete ; c’est sa longitude ou le point de l’ecliptique auquel elle répond, en comptant depuis la section du Bélier in consequentia ; c’est-à-dire, en suivant l’ordre naturel des signes. Voyez Lieu, Longitude.