Quelque six mille proverbes

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Proverbes Français


A

  1. Qui n’a, ne peut.
  2. Où il n’y a que prendre,
    Rien ne sert amende.
  3. Où il n’y a pas de quoi,
    Le roi perd son droit.
  4. Qui a des noix, en casse;
    Qui n’en a pas, s’en passe.
  5. Quand il n’y en a plus, il y en a encore.
  6. Qui terre a, guerre a;
    Qui rien a, pis a.
  7. Abandon fait larron.
  8. Un grand homme ne s’abandonne pas lui-même.
  9. Tout chien qui aboie, ne mord pas.
  10. Un bon chien n’aboie point à faux.
    Cf. Chien.
  11. Abondance de bien ne nuit pas.
  12. Ce qui abonde ne vicie pas.
  13. Qui mieux abreuve, mieux preuve.
  14. Homme sans abri , oiseau sans nid.
  15. Les absents ont toujours tort.
  16. Les présents valent mieux que les absents.
  17. Les os sont pour les absents.
  18. On oublie vite les absents.
  19. Chute d’ardoise pèse plus au présent,
    Que chute de tour à l’absent.
  20. Avant d’admettre l’absurde, on épuise toutes les suppositions.
  21. Qui achète ce qu’il ne peut,
    Vend, après, ce qu’il ne veut.
  22. Qui achète le superflu , vendra bientôt le nécessaire.
  23. Il y a plus de fous acheteurs
    Que de fous vendeurs.
  24. Mieux vaut acheter qu’emprunter.
  25. Ne pas acheter, c’est se faire une rente.
  26. Achète en foire, et vends à la maison.
  27. Il ne faut pas acheter chat en poche.
  28. Les plus accommodants sont les plus habiles.
  29. Un méchant accommodement vaut mieux que le meilleur procès.
  30. Mieux vaut être seul, que mal accompagné.
  31. L’accusation doit donner ses preuves, ou être non avenue.
  32. Il n’est tel acquêt que le don.
  33. Ne fait pas bon trop acquerre.
  34. Ce que l’on acquiert méchamment; On le dépense sottement.
  35. Bien mal acquis ne prospère jamais.
  36. Qui s’acquitte, s’enrichit.
  37. L’admiration est fille de l’ignorance
  38. Adresse passe force.
  39. Pousse tes affaires,
    Et que ce ne soit pas elles qui te poussent.
  40. Les affaires se font à table.
  41. Les affaires font les hommes.
  42. Il n’est point de petite affaire.
  43. Dieu nous garde d’un homme qui n’a qu’une affaire !
  44. Ceux qui n’ont point d’affaires, s’en font.
  45. Les affaires sont ce qu’on les fait.
  46. Qui veut que ses affaires soient bien faites, les fasse lui-même.
  47. Dans les affaires du monde, ce n’est pas la foi qui sauve, mais plutôt l’incrédulité.
  48. Qui a affaire à gens de bien, se repose.
  49. A nouvelles affaires, nouveaux conseils.
  50. Affaire menée sans bruit
    Se fait avec plus de fruit.
  51. Ventre affamé n’a point d’oreilles.
    Cf. Faim.
  52. Qui n’a l’esprit de son âge,
    De son âge a le malheur.
  53. L’âge n’est fait que pour les chevaux.
  54. Aide-toi, le Ciel t’aidera.
    Cf. Conseil, Droit.
  55. Plus on pile d’ail, plus il sent mauvais.
  56. On ne s’aime bien que quand on n’a plus besoin de se le dire.
  57. Qui veut être aimé, qu’il aime.
  58. Qui bien aime, tard oublie.
  59. Qui aime bien, châtie bien.
  60. Quand on n’a pas ce que l’on aime,
    il faut aimer ce que l’on a.
  61. En repos ne doit dormir mie,
    Qui sent qu’aucuns ne l’aiment mie.
  62. C’est trop aimer, quand on en meurt.
  63. Pour gagner un homme, sachez ce qu’il aime.
    Cf. Ami.
  64. Difficile chose est de souffrir aise.
  65. Grand’peine est d’avoir amasser,
    Et brief chose de dépenser.
  66. Les battus paient l’amende.
  67. Ce qui est amer à la bouche peut être doux au cœur.
  68. On perd plus d’amis par ses demandes que par ses refus.
  69. Il ne faut pas laisser croître l’herbe sur le chemin de l’amitié.
  70. Cadran solaire et faux ami,
    Parlent tant que le soleil luit,
    Et se taisent quand il s’enfuit.
  71. Ami de tous, ami de personne.
  72. Bonne femme, bon ami, bon melon,
    Il n’en est pas à foison.
  73. Il n’y a si bons amis qui ne se quittent (comme disait Dagobert à ses chiens).
  74. Ami de table
    Est bien variable.
  75. Les bons comptes font les bons amis.
  76. Au prêter, ami,
    Au rendre, ennemi.
  77. Au besoin on connaît les amis.
  78. Mieux vaut mourir près son ami,
    Que vivre chez son ennemi.
  79. Fol est qui perd bon ami pour femme.
  80. Mieux vaut ami que parenté ;
    Mieux qu’ami, sens et loyauté.
  81. On peut vivre sans frère, mais non pas sans ami.
  82. Entre amis, tous biens sont communs.
  83. On connaît les bonnes sources dans la sécheresse,
    Et les bons amis dans la tristesse.
  84. Il est moins honteux d’être trompé par ses amis, que de s’en défier.
  85. Bonne amitié vaut mieux que tour fortifiée.
  86. Au besoing puet l’on esprouver qui est bon ami.
  87. Quand le besoing court sur la seigneurie,
    Lors voit-on l’amour et ami.
  88. Fol est qui son ami ne croit.
  89. Ne crois nul, s’il n’est ton ami.
  90. Rien n’est si dangereux qu’un indiscret ami,
    Mieux vaudrait un sage ennemi.
  91. Si ton ami est borgne, regarde-le de profil.
  92. Hom qui tout veult veoir et savoir,
    Ne doit ja nom d’ami avoir.
  93. Qui veut garder son ami,
    N’ait nulle affaire avec lui.
  94. Il n’est meilleur ami ni parent, que soi-même.
  95. Blanc corbel trouveras avant,
    Et une asne cornu devant,
    Et la mer partie en mi,
    Que tu trouves un bon ami.
  96. A bon heur est il né, pour voir (vraiment),
    Qui puet sens et amis avoir.
  97. Les amours commencent par anneaux,
    Et finissent par couteaux.
    Cf. Aimer.
  98. Ancienneté a autorité.
  99. Angevin, sac à vin.
  100. A rude âne, rude ânier.
  101. Ane paré ne laisse pas de braire.
  102. Qui ni peut frapper l’âne, frappe le bât.
  103. On ne saurait faire boire un âne, s’il n’a soif.
  104. Les ânes ont les oreilles longues, parce que leursmères ne leur ont point mis de béguin.
  105. Les chevaux courent les bénéfices,
    Et les ânes les attrapent.
  106. Tel fait l’âne pour avoir du son.
  107. La sursomme abast l’asne.
  108. ( Animaux.) Voix de taureau, tête de linotte, mémoire de lièvre, langue de vipère, estomac d’autruche, cœur de lion, grimaces de singe, fin comme un merle, mauvais comme une chenille, têtu comme un âne rouge, malin comme un vieux singe, bavard comme une pie borgne, poltron comme un lapin.
  109. Anneau trop étroit,
    Ne le mets à ton doigt.
  110. Dieu nous garde de la fange d’août et de la poussière de mai !
  111. Il n’est sauce que d’appétit.
  112. L’appétit vient en mangeant.
  113. Pain défendu réveille l’appétit.
  114. Changement de corbillon,
    Appétit de pain bénit.
  115. Bien venu qui apporte.
  116. il n’est que de vivre pour apprendre.
  117. C’est le signe d’un fou, qu’avoir honte d’apprendre.
  118. Apprenti n’est pas maître.
  119. Entre l’arbre et l’écorce il ne faut pas mettre le doigt.
  120. Il faut avoir plus d’une corde à son arc.
  121. Débander l’arc ne guérit pas la plaie.
  122. Arc-en-ciel {matin pluie sans fin ;
                        { du soir, il faut voir.
  123. Argent changé, argent mangé.
  124. Amour fait beaucoup,
    Mais argent fait tout.
  125. Marteau d’argent brise portes de fer.
  126. Veux-tu savoir ce que vaut l’argent ? Empruntes-en.
  127. Trésorier sans argent, apothicaire sans sucre.
  128. Selon l’argent, les violons.
  129. L’argent sert l’homme sage et gouverne le sot.
  130. Argent comptant porte médecine.
  131. Rien de plus éloquent
    Que l’argent comptant.
  132. Quand l’argent marche, tout va bien.
  133. De foi, fi ;
    De pleige, plaid ;
    De gage, réconfort ;
    D’argent comptant, paix et accord.
  134. Qui n’a pas d’argent, rien ne peut.
  135. A la touche voirement,
    Connaît-on le fin argent.
  136. Faute d’argent, est douleur non pareille.
  137. Il n’y a plus belles armes que celles d’un vilain.
  138. Ce qui arrive à l’un, peut arriver à l’autre.
  139. Artésien,
    Tête de chien.
  140. Ne nous associons qu’avecque nos égaux.
  141. S’attendre n’est pas le bon moyen de s’entendre.
  142. Qui attend s’ennuie (ou Il ennuie à qui attend). 143.
  143. Tout vient à temps, à qui peut attendre.
  144. Petit dîner longuement attendu,
    N’est pas donné, mais chèrement vendu.
  145. En attendant les souliers d’un mort,
    On marche longtemps pieds nus.
  146. Qui s’attend à l’écuelle d’autrui,
    Dîne souvent par cœur.
  147. Ne t’attends qu’à toi seul.
  148. Le trop d’attention qu’on a pour le danger,
    Fait le plus souvent qu’on y tombe.
  149. Tout ce qui peut être fait un autre jour, Le peut être aujourd’hui.
  150. Ne renvoie pas au lendemain ce qui peut être fait aujourd’hui.
  151. Tel auteur, tel livre.
  152. Du cuir d’autrui, large courroie.
  153. Ne charge pas autrui de ce que tu peux faire.
  154. Chagrin d’autrui ne touche qu’à demi.
  155. Chacun décharge son péché et charge celui d’autrui.
  156. Jamais par le bras d’autrui,
    Grands États n’ont été conquis.
  157. Qui s’attend à l’écuelle d’autrui,
    Risque de rester sur son appétit.
  158. Le mal d’autrui n’est que songe.
  159. Il faut se prêter à autrui,
    Et ne se donner qu’à soi.
  160. L’avare crierait famine sur un tas de blé.
  161. L’avare, pour vouloir dépenser peu, dépense le double.
  162. Avare pour le son, prodigue pour la farine.
  163. Quand tous les péchés sont vieux,
    Avarice est encore jeune.
  164. Il n’est chère que d’avaricieux.
  165. Un homme averti en vaut deux.
  166. Une poule aveugle peut quelquefois trouver son grain.
  167. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.
  168. On peut donner un bon avis, mais non pas la bonne conduite.
  169. Ceux qui sont de notre avis,
    Sont les vrais hommes d’esprit.
    Cf. Conseil.
  170. Bon avocat, mauvais voisin.
  171. Année de vin, point d’avoine.
  172. Il n’est si gentil mois d’avril,
    Qui n’ait son chapel de grésil.
  173. Avril le doux,
    Quand il se fâche, le pire de tous.
  174. Bourgeon qui pousse en avril,
    Met peu de vin au baril.
  175. Pluie d’avril remplit les greniers.
  176. Tonnerre en avril,
    Apprête les barils.
  177. Avril fait la fleur,
    Et mai s’en donne l’honneur.
  178. En avril, nuée,
    En mai, rosée.

    B

  179. Imprudence, babil, et sotte vanité,
    Et vaine curiosité,
    Ont ensemble étroit parentage;
    Ce sont enfants tous d’un lignage.
  180. Un bon bailleur en fait bâiller deux.
  181. Souvent il faut baiser le bras dont on voudrait que la main fût coupée.
  182. Que chacun balaie devant sa porte, et les rues seront nettes.
  183. Il n’est tel que balai neuf.
  184. Il faut prendre la balle au bond.
  185. Cent ans bannière,
    Cent ans civière.
  186. N’aille au banquet, qui ne veut pas manger;
    Ni sur la mer, qui a peur du danger ;
    Ni à la cour, qui dit tout ce qu’il pense ;
    Non plus au bal, qui n’aime pas la danse.
  187. Barbe bien étuvée est à demi-rasée.
  188. Torche ta barbe, et dis que t’as bu.
  189. Un barbier rase l’autre ;
    Une main lave l’autre ;
    Un âne frotte l’autre.
  190. A barque désespérée, Dieu fait trouver le port.
  191. Coureur comme un Basque.
  192. Bataille à faire n’est mie à tous santé.
  193. Les batailles sont en la main de Dieu.
  194. Qui bâtit, ment.
  195. Il est plus aisé de bâtir des cheminées, Que d’en tenir une chaude.
  196. Qui bâtit, pâtit.
  197. Le bâton est le roi du monde.
  198. Le mort a le tort,
    Et le battu paie l’amende. (Doit son origine aux duels judiciaires.)
  199. Il ne fait pas bon battre un homme la veille de sa mort.
  200. Nous avons battu les buissons,
    Et un autre a pris l’oiseau.
  201. Battre le chien devant le lion.
  202. Autant vaut bien battu que mal battu.
  203. A chemin battu il ne croit point d’herbe.
  204. Le Béarnois,
    Feint, faux, courtois.
  205. Après le beau temps vient le laid ;
    Et après la guerre, la paix.
  206. Besace bien promenée nourrit son maître.
  207. Besogne qui plaît est à demi faite.
  208. Parle peu, fais ta besogne;
    Sage est qui ainsi besogne.
  209. Besoin fait maint sentier tenir.
  210. Le besoin fait vieille trotter.
  211. On ne saurait manier le beurre, qu’on ne s’en graisse les doigts.
  212. Qui approche le beurre du feu, ne l’empêchera pas de fondre.
  213. Si tu as la tête de beurre, ne te fais pas boulanger.
  214. Le bien cherche le bien.
  215. Notre bien et notre mal ne tiennent guère qu’à nous.
  216. On a toujours plus de bien que de vie.
  217. Qui donne son bien avant de mourir,
    Peut s’apprêter à souffrir.
  218. Quand viennent biens, ils viennent à monceaux.
  219. Bienfait qui se fait trop attendre,
    Est gâté quand il arrive.
  220. Bienfait reproché, est à demi payé.
  221. Un bienfait reproché tient toujours lieu d’offense.
  222. Un bienfait n’est jamais perdu.
  223. Faute de blé on mange de l’avoine.
  224. Chacun sait où le bât le blesse.
  225. La guérison n’est jamais si prompte que la blessure.
  226. Il ne faut pas faire marcher les bœufs d’un autre plus vite qu’il ne veut.
  227. Le grand bœuf apprend au petit à labourer.
  228. Voisent (aillent) les bœufs à leur ouvrage.
  229. Qui a bu, boira.
  230. Assez boit, qui a deuil.
  231. Plus on boit, plus on veut boire.
  232. Il n’est bois si vert qui ne s’allume.
  233. Tout bois n’est pas bon à faire flèche.
  234. Il ne faut pas aller au bois sans cognée.
  235. Volontiers gens boiteux haïssent le logis.
  236. Deux fois bon, c’est une fois bête.
  237. Les bonnes gens sont aisés à tromper.
  238. Le bonheur est dans soi , chez soi, autour de soi, et au-dessous de soi.
  239. Le bonheur dépend presque toujours de soi.
  240. Bonheur passe richesse.
  241. Le bonheur est où on le place.
  242. Le bonheur est l’amorce de la témérité.
  243. Où manque le bonheur, tout soin est inutile.
  244. Sous tel bonnet,
    Il y a plus qu’il ne parait.
  245. Chacun est bossu quand il se baisse.
  246. La bouche parle de l’abondance du cœur.
  247. Qui garde bouche , si garde s’âme (son âme).
  248. En close bouche n’entre mouche.
  249. Épargne de bouche vaut rente de pré.
  250. Qui est dans le bourbier, y voudrait mettre autrui.
  251. Il ne faut pas qu’on voie jamais le fond de notre bourse.
  252. Selon ta bourse, te maintiens.
  253. Il n’y a que la première bouteille qui soit chère.
  254. Le jeu et les bouteilles rendent les hommes égaux.
  255. Tel braille au second rang, qui s’enrhume au premier.
  256. Tout ce qui branle ne tombe pas.
  257. Selon le bras, la saignée.
  258. Quand brebis enragent, elles sont pires que loups.
  259. Il faut tondre ses brebis, et non pas les écorcher.
  260. Brebis qui bêle, perd sa gueulée.
  261. Brebis comptée, le loup la mange.
  262. A brebis tondue, Dieu ménage le vent.
  263. Le Breton menace quand il a frappé.
  264. Tout n’est pas or dans ce qui brille.
  265. Dos de brochet, ventre de carpe,
  266. Les gens sans bruit sont dangereux,
    Il n’en est pas ainsi des autres.
  267. Je n’aime point le bruit, si je ne le fais. (Qu’il n’y en ait qu’un qui parle, et que ce soit moi ! )
  268. Plus de bruit que de besogne.
  269. Le bruit perd l’homme.
  270. Tel bat les buissons
    Qui n’a pas les oisillons.
  271. Il n’est si petit buisson qui ne porte ombre.
  272. D’une buse on ne peut faire un épervier.

    C

  273. Bon capitaine, bons soldats.
  274. La caque sent toujours le hareng.
  275. Veux-tu trouver le carême court ?
    Fais une dette payable à Pâques.
  276. On ne peut pas carillonner et aller à la procession.
  277. Qui casse les verres, les paie.
  278. On cause volontiers quand on a les pieds chauds.
  279. Bailler caution est occasion de double procès.
  280. Cent ans ne sont pas si longs qu’ils en ont la mine.
  281. Bon cavalier monte à toute main.
    Cf. Cheval.
  282. Le cérémonial est la fumée de l’amitié.
  283. Cerf bien donné aux chiens, est à demi pris.
  284. On connaît le cerf par ses abattures.
  285. Il n’y a guère de chagrins raisonnables.
  286. Cent ans de chagrin ne paient pas un sou de dettes.
  287. Aujourd’hui en chair,
    Demain en bière.
  288. A telle dame, telle chambrière.
  289. Les choses ne tiennent pas aux champs
    Comme elles sont ordonnées en chambre.
  290. Chance vaut mieux que bien jouer.
  291. A chaque saint sa chandelle.
  292. La chandelle qui va devant éclaire mieux que celle qui va derrière.
  293. On change souvent son cheval borgne contre un aveugle.
  294. Changement de propos réjouit l’homme.
  295. Changement de temps, entretien de sots.
  296. Qui chapon mange, chapon lui revient.
  297. Chapon de huit mois,
    Dîner de roi.
  298. D’un sac à charbon il ne saurait sortir blancbe mouture.
  299. Charbonnier est maître en sa loge.
  300. Il faut prendre le bénéfice avec ses charges.
  301. Charité bien ordonnée commence par soi-même.
  302. Il n’est si bon charretier qui ne verse.
  303. Qui va à la chasse, perd sa place.
  304. Il n’est chasse que de vieux chiens.
  305. Chasseurs, pêcheurs, preneurs de taupes,
    Feraient beaucoup, n’étaient les fautes.
  306. Un clou chasse l’autre.
  307. Inutile est de laidangier (gronder)
    Chat, quand le fromage est mangié.
  308. Chat échaudé craint l’eau froide.
  309. Il ne faut pas réveiller le chat qui dort.
  310. Chat ganté ne prit jamais souris.
  311. Il n’est si petit chat qui n’égratigne.
  312. On ne saurait retenir le chat quand il a goûté à la crème.
  313. A bon chat, bon rat.
  314. On ne prend pas chat sans mitaines.
  315. Quand le chat n’est pas au logis,
    Les rats dansent.
  316. Château pris, ville rendue.
  317. Si rien fors raison ne fust,
    Onques chastiaus fondés ne fust.
  318. Ma maison est mon château ;
    Ma maison est mon Louvre et mon Fontainebleau.
  319. Ja n’auras si bon chastoy (redressement)
    Que celui que tu prends de toy.
  320. Grand’honte a qui autrui chastie,
    Et soi-même à chastier oublie.
  321. De trop près se chauffe, qui se brûle.
  322. Quand le chef fault,
    Tout le corps ne vaut.
  323. Mal chief fait les membres douloir.
  324. Bonne terre, méchant chemin.
  325. En tout pays il y a une lieue de mauvais chemin.
  326. Tout chemin mène à Rome.
  327. En chemin battu, il ne croît point d’herbe.
  328. Au mauvais chemin, double le pas.
  329. Pour reprendre ta chemise,
    Ne mets ton héritage en mise.
  330. Toujours est trop cher
    Ce qui de rien ne sert.
  331. Cherté foisonne.
  332. Jamais bon cheval ne devint rosse.
  333. A jeune cheval, vieux cavalier.
  334. A méchant cheval, bon éperon.
  335. Après bon vin, bon cheval.
  336. Le déjeuner du cavalier est la meilleure avoine du cheval.
  337. Cheval de foin, cheval de rien ;
    Cheval d’avoine, cheval de peine ;
    Cheval de paille, cheval de bataille.
  338. Qui mène les chevaux,
    Mène ses bourreaux.
  339. Bien mérite d’aller à pied
    Qui ne prend soin de son cheval.
  340. A cheval hargneux, étable à part.
  341. Des femmes et des chevaux
    Il n’en est point sans défauts.
  342. Qui aura de beaux chevaux, si ce n’est le roi !
  343. Bon cheval va seul à l’abreuvoir.
  344. A cheval donné on ne regarde pas la bouche.
  345. Il est aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride.
  346. Il n’est si bon cheval qui ne bronche.
  347. A cheval maigre vont les mouches.
  348. Terre chevauchée est à demi mangée. ( Se disait des fiefs sans hébergement, à raison de quoi la terre n’était que de demi-rente.)
  349. Qu’un cheval soit mauvais ou bon,
    Chausse toujours ton éperon.
  350. De chiens, chevaux, armes, amours,
    Pour un plaisir mille douleurs.
    Cf. Cavalier.
  351. La chèvre est la vache du pauvre.
  352. On ne peut pas sauver la chèvre et les choux.
  353. Il n’y a pas de petit chez soi.
  354. Il n’est chère que de gens chiches (quand ils s’y mettent tout y va).
  355. Un chien regarde bien un évêque !
  356. Deux chiens sont mauvais à un os.
  357. Il faut flatter le chien jusqu’à ce qu’on soit aux pierres.
  358. Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage.
  359. A mauvais chien, queue lui vient.
  360. Bon chien n’aboie pas à faux.
  361. Il ne faut pas tuer son chien pour une mauvaise année.
  362. Au chien qui mord, il faut jeter des pierres.
  363. Chien hargneux a toujours oreilles déchirées.
  364. Petit chien, belle queue.
  365. Bon chien chasse de race.
  366. A bon chien, bon os.
  367. Il n’y a toujours que trop de chiens autour d’un os.
  368. Un chien et un coq sont forts sur leur pailler.
  369. Qui prend le chien par les oreilles,
    S’il le mord, ce n’est pas merveille.
  370. Le chien ne peut pas être chèvre,
    Ni le lapin devenir lièvre.
  371. Veux-tu que le chien te suive? donne-lui du pain.
  372. Qui couche avec les chiens, se lève avec des puces.
  373. Quand on veut noyer son chien, on lui fait croire qu’il est enragé.
  374. Chien échaudé ne revient pas en cuisine.
  375. Bon os n’écheoit guère à bon chien.
  376. A méchant chien, court lien.
  377. Il ne faut pas se moquer des chiens, que l’on ne soit hors du village.
  378. Quand les chiens s’entrepillent le loup fait ses affaires.
  379. Chais et chiens,
    Mauvais voisins.
    Cf. Aboyer.
  380. Les chirurgiens ne demandent que plaies et bosses.
    Cf. Médecin, jeune.
  381. Souvent qui choisit, prend le pire.
  382. Fou qui a le choix, et prend le pire.
  383. Bien bas choit, qui trop haut monte.
  384. Ce n’est pas tout que des choux,
    Il faut encore de la graisse.
  385. Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises.
  386. Il met cinq, et retire six.
  387. Trop de civilité,
    Engendre importunité.
  388. La clef dont on se sert
    Est toujours plus claire.
  389. Les plus grands clercs ne sont pas les plus fins.
  390. Qui n’entend qu’une cloche, n’entend qu’un son.
  391. Il ne faut pas clocher devant les boiteux.
  392. On n’engraisse pas les cochons avec de l’eau claire.
  393. Cœur qui soupire,
    N’a pas ce qu’il désire.
  394. Bon estomac et mauvais cœur,
    C’est le secret pour vivre longtemps.
  395. Il faut avoir le cœur haut, eût-on la fortune basse.
  396. Le cœur importe plus que la mine.
  397. Le cuer n’est mie ne au vair ne au gris ;
    Mais est au ventre, où Dieu l’a mis.
  398. Cœur étroit n’est jamais au large.
  399. Cœur facile à donner,
    Facile à ôter.
  400. Qui a les cœurs, il a l’avoir.
  401. A cœur vaillant, rien d’impossible.
  402. Agir dans la colère, c’est s’embarquer durant la tempête.
  403. Il faut savoir obéir avant que de commander.
  404. Qui commence et ne parfait, sa peine perd.
  405. Besogne commencée est plus qu’à demi faite.
  406. N’a pas fait, qui commence.
  407. Le bien commun n’a amis ni prochain.
  408. Le bien commun n’a pas de loi,
    Chacun veut le tirer à soi.
  409. De bien commun, l’on ne fait pas monceau.
  410. Il faut contribuer à la réfection de ce qui est commun , ou y renoncer.
  411. L’âne du commun est toujours le plus mal bâté.
  412. Qui sert au commun, ne sert à pas un.
  413. Par compagnie, on se fait pendre.
  414. Compagnon bien parlant,
    Vaut en chemin chariot branlant (voiture suspendue).
  415. Mieux vaut mauvaise route que mauvais compagnon.
  416. Qui a compagnon, a maître,
    Et principalement si c’est le roi.
  417. Comparaison n’est pas raison. (Omnis comparatio claudicat. )
  418. Tout se fait par compère et commère.
  419. A tout bon compte, revenir.
  420. A vieux comptes, nouvelles disputes.
  421. Qui compte sans son hôte, compte deux fois.
  422. Erreur n’est pas compte.
  423. Faute confessée
    Est à demi pardonnée.
  424. A confesseur, médecin, avocat,
    La vérité ne cèle de ton cas.
  425. Mieux vaut écouter la voix de la conscience,
    Que le bruit de la renommée.
  426. Pour connaître un homme, il faut avoir mangé un muids de sel avec lui.
  427. Pour bien connaître les autres, il faut se connaître d’abord soi-même.
  428. Le vin ne se connaît pas au cercle,
    Ni l’homme à l’habit.
  429. Conseil est bon, mais aide est encor mieux.
  430. Dans les conseils (consultations), les murs ont des oreilles.
  431. Prends bref conseil, et fais ton fait.
  432. Rien ne se donne si libéralement que les conseils.
  433. Les conseillers n’ont pas de gages.
  434. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
  435. Il n’est de bon conseil, à moins qu’on ne le suive.
  436. Point de denrée plus offerte que les conseils.
  437. A parti pris, point de conseil.
  438. On ne pèche point quand on pèche par conseil.
  439. Mauvais conseil retombe sur qui le donne.
  440. Qui n’est pas content, aura deux peines : celle de se fâcher, et celle de se défâcher.
  441. Cœur content, grand talent.
  442. Contentement passe richesse.
  443. Content doit estre chacun de son estat.
  444. Soit chascun content de son lieu.
  445. Qui est content, est assez riche.
  446. Est bien fou du cerveau,
    Qui prétend contenter tout le monde et son père.
  447. Conteur sempiternel, pauvre cervelle.
  448. Le cœur fournit plus à la conversation, que l’esprit.
  449. Il faut puiser tandis que la corde est au puits.
  450. Il ne faut point parler de corde dans la maison d’un pendu.
  451. Les cordonniers sont les plus mal chaussés.
  452. Quand la cornemuse est pleine, on n’en chante que mieux.
  453. Corsaires, attaquant corsaires,
    Ne font pas, dit-on, leurs affaires.
  454. Au premier coup ne choit pas l’arbre.
  455. Il n’y a point de coup mortel sur une méchante bête.
  456. Il ne faut qu’un coup pour tuer un loup.
  457. Tout n’est pas de courir, il faut partir à point.
  458. Rarement à courir le monde
    On devient plus homme de bien.
  459. Le coût fait perdre le goût.
  460. Ce qui ne coûte rien
    Est censé ne valoir rien.
  461. Tel couteau.
    Tel morceau.
  462. Selon le pain, le couteau.
  463. Une fois n’est pas coutume.
  464. Il ne faut pas laisser perdre les bonnes coutumes.
  465. Des mauvaises coutumes naissent les bonnes lois.
  466. Qui crache contre le ciel, il lui retombe dessus.
  467. Qui crache en l’air, cela lui retombe sur le nez.
  468. Qui craint de souffrir, souffre de la crainte.
  469. Qui craint de souffrir, souffre déjà ce qu’il craint.
  470. Qui n’a rien, ne craint rien.
  471. Chacun croit fort aisément
    Ce qu’il craint et ce qu’il désire.
  472. Cruauté est fille de couardise.
  473. Cruaulté est mainte fois bonne,
    Quand sages hom à tens la donne.
  474. Roi, si cruels tu n’ies,
    De plusieurs maux qu’on fait cause es.
  475. Tant va la cruche à l’eau, qu’enfin elle se casse.
  476. En un muids de cuidance,
    N’a plein pot de sapience.
  477. Petite cuisine agrandit la maison.
  478. Jamais bon cuisinier n’a rendu son maître savant.
  479. Gros Jean ne doit pas en remontrer à son curé.

    D

  480. Tel ne se met point en peine,
    Pour ne pas avouer qu’il s’est mis en danger.
  481. N’est pas toujours aise qui danse.
  482. Qui toujours chante et toujours danse,
    Fait un métier qui peu avance.
  483. Qui ne veut point danser, ne doit se mettre en danse.
  484. Après la panse, vient la danse.
  485. Dauphinois, fin matois;
    Ne vous y fiez pas.
  486. Avant de débâtir, il faut savoir où se loger.
  487. Mieux vaut goujat debout, qu’empereur enterré.
  488. Défie-toi d’un homme qui parle peu,
    D’un chien qui n’aboie guère,
    Et de l’et cetera d’un notaire.
  489. Tel dégaîne, qui ne frappe pas.
  490. Les délits sont punis où ils sont commis.
  491. A prompte demande, réponse lente.
  492. Qui demande, achète assez.
  493. Chose vaut bien peu , qui ne vaut le demander.
  494. Demander le sien, n’est pas trop exiger.
  495. A beau demandeur, beau refuseur. ( A bel demandeur, bel esconduiseur.)
  496. Trois déménagements valent un incendie.
  497. S’il pleut le jour de saint Denis,
    Tout l’hiver aurez de la pluie.
    Cf. Pluie, saint Jean, saint Médard.
  498. La meilleure alchimie se fait avec les dents.
  499. Le pain nous vient lorsqu’on n’a plus de dents.
  500. Qui ne peut mordre, ne doit pas montrer les dents.
  501. Ne dépensez que selon vos moyens.
  502. Despends toujours moins que ta rente.
  503. Pain qu’on dérobe et qu’on mange en cachette, Plaît mieux que pain qu’on cuit et qu’on achète.
  504. Pain dérobé réveille l’appétit.
  505. Ce qu’on dérobe
    Ne fait pas garde-robe.
  506. Désir n’est pas volonté.
  507. Désir promet plus que jouissance ne tient.
  508. Qui épouse la veuve, épouse les dettes.
  509. Couche-toi plutôt sans souper, que de te lever avec des dettes.
  510. Le créancier a meilleure mémoire que le débiteur.
  511. Le faiseur de dettes a toujours le mensonge en croupe.
  512. Une dette n’empêche pas l’autre.
  513. Le travail paie les dettes,
    La fainéantise les fait.
    Cf. Doit (devoir), chagrin, mélancolie, payer.
  514. A passage et à rivière,
    Laquais devant, maître derrière.
  515. A la mode des grands,
    La canaille est devant.
  516. Le diable n’est pas toujours à la porte d’un pauvre homme.
  517. On fait toujours le diable plus laid qu’il n’est.
  518. Le diable était beau quand il était jeune.
  519. Quand le diable est vieux, il se fait ermite.
  520. Mieux vaut tuer le diable, que si le diable vous tue.
  521. La monnaie du diable est de faux or.
  522. Tout est sauvé, ce que Dieu garde.
  523. A toile ourdie Dieu envoie le fil.
  524. Sans Dieu,
    Rien ne change en mieux.
  525. Où Dieu veut, il pleut.
  526. L’homme propose, et Dieu dispose.
  527. Ce que Dieu garde eut bien gardé.
  528. A qui Dieu aide, nul ne peut nuire.
  529. A brebis tondue, Dieu ménage le vent.
  530. Dieu envoie le froid selon le drap.
  531. A barque désespérée Dieu fait trouver le port.
  532. Différé, n’est pas perdu.
  533. On ne dîne pas le matin, quand on est de noces le soir.
  534. Dire et faire, sont deux.
  535. Faire bien, et laisser dire.
  536. Quand les mots sont dits, l’eau bénite est faite.
  537. Qui dit tout, n’excepte rien.
  538. Ce n’est pas tout évangile,
    Ce que l’on dit par la ville.
  539. Autre chose est dire, et autre chose faire.
  540. Tel ne dit rien qui n’en pense pas moins.
  541. Il est aisé de dire, mais moins aisé de faire.
  542. Grand diseur n’est pas grand faiseur.
  543. Diseur de bons mots, mauvais caractère.
  544. Contre un plus puissant que soi, on ne dispute pas sans perte.
  545. Mieux vaut un doigt coupé qu’un doigt pendant.
  546. Qui nous doit, nous demande.
  547. Est assez riche qui ne doit rien.
  548. Fais que dois, adviengne que puet. (Fais ce que dois, advienne ce que pourra. )
  549. Qui doit, il a le tort.
  550. Qui ne fait pas ce qu’il doit,
    Ne reçoit pas ce qu’il croit.
    Cf. Dette, s’industrier, etc.
  551. Les domestiques, comme les habits, se gâtent par l’usage.
  552. Qui le sien donne avant mourir,
    Bientôt s’apprête à moult souffrir.
  553. Si tu donnes, tu perdras;
    Si tu retiens, amour n’auras.
  554. Nul ne peut donner ce qu’il n’a.
  555. On ne donne rien pour rien.
  556. A la porte où l’on donne les miches,
    Les gueux y vont.
  557. Qui donne au commun , ne donne à pas un.
  558. A donner, donner ; et à vendre, vendre.
  559. Qui peu donne, veut qu’on vive.
  560. A qui vous donnez, il l’écrit sur le sable ;
    Et à qui vous ôtez, il l’écrit sur l’acier.
  561. Qui donner puet, il a maint bon voisin.
  562. Si tu veux donner par savoir (avec bon sens),l’Que ton don ne passe ton pouvoir.
  563. Une chose bien donnée
    N’est perdue ni égarée.
  564. Donner et retenir, ne vaut.
  565. Qui donne mal, ne donne rien.
  566. Tard donner, c’est refuser.
  567. Sois muet en donnant, et parle en recevant.
  568. Qui donne tôt, donne deux fois.
  569. Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette.
  570. Qui ne donne pas ce qu’il aime,
    Ne reçoit pas ce qu’il désire.
  571. Donner pour Dieu, n’appauvrit l’homme.
  572. Donner un œuf, pour avoir un bœuf.
  573. La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne.
  574. Mieux vaut donner que recevoir.
  575. Renard qui dort la matinée,
    N’a guère la bouche emplumée.
  576. Qui dort, dîne.
  577. Ne réveillez pas le chat qui dort.
  578. Plus fait douceur que violence.
  579. Douces paroles n’écorchent pas la langue.
  580. Tout ce qui est doux à la bouche,
    N’est pas pour cela bon à l’estomac.
  581. Dans le doute, abstiens-loi.
  582. Qui ne doute de rien, ne se doute de rien.
  583. Selon le drap, la robe.
  584. Bon droit ne se trouve pas mal d’aide.
  585. Bon droit ne se passe point d’aide.
  586. Il faut faire vie qui dure.
  587. A dur âne, dur aiguillon.

    E

  588. Il n’est pire eau que celle qui dort.
  589. Pour boire de l’eau et coucher dehors, on ne demande congé à personne.
  590. Il ne faut qu’une voie d’eau
    Pour submerger un vaisseau.
  591. L’eau va toujours à la rivière.
  592. Les eaux calmes sont les plus profondes.
  593. Il ne faut pas porter de l’eau à la rivière.
  594. L’eau la plus claire peut faire de la boue.
  595. Eau-de-vie, eau de mort.
  596. On juge de la pièce par l’échantillon.
  597. N’est pas bien échappé, qui traîne son lien.
  598. Assez écorche, qui le pied tient.
  599. Le plus difficile à écorcher, c’est la queue.
  600. Fier comme un Écossais.
  601. Qui écoute aux portes, entendra mal parler sur son compte.
  602. Qui parle, sème; qui écoute, recueille.
  603. La parole s’enfuit, et l’écriture demeure.
  604. Où il y a un écu, il y a un diable;
    Où il n’y en a pas, il y en a deux.
  605. L’écurie use plus le cheval que la course.
  606. Bien d’Église n’enrichit pas.
  607. Il ne faut pas s’embarquer sans biscuit.
  608. Qui peut, et n’empêche, pèche.
  609. Ce qu’on ne peut empêcher, il le faut vouloir.
  610. A bon emprunteur, bon éconduiseur.
  611. Mieux vaut être marteau qu’enclume.
  612. Qui peu endure,
    Bien peu dure.
  613. Les fous et les enfants pensent qu’on ne voit jamais la fin de vingt ans et de vingt francs.
  614. Enfants et fous sont devins (disent la vérité).
  615. Les enfants et les galères
    Se conduisent par l’arrière. (Naves et pueri, per poste-riora reguntur.)
  616. Les enfants sont ce qu’on les fait.
  617. Les enfants vivent peu quand ils ont trop d’esprit.
  618. Mieux vaut souffrir son enfant morveux,
    Que de lui arracher le nez.
  619. A mal enfourner, on fait les pains cornus.
  620. L’homme est son plus grand ennemi.
  621. Fol est qui se met en enquête.
  622. Trop s’enquérir n’est pas bon.
  623. Quand le paysan est enrichi,
    Il n’a ni parent ni ami.
  624. Qui n’entend qu’une partie, n’instruit pas le procès.
  625. A bon entendeur, demi-mot.
  626. A bon entendeur il ne faut qu’une parole.
  627. Qui s’entremet, doit achever.
  628. Mieux vaut faire envie que pitié.
  629. Les envieux mourront, mais non pas l’envie.
  630. Qui veut être riche, n’apprenne pas seulement comme on gagne, mais aussi comme on épargne.
  631. Si tu veux qu’on t’épargne, épargne aussi les autres.
  632. Bonne épée, point querelleur.
  633. Erreur de calcul ne passe en force de chose jugée.
  634. Erreur n’est pas compte.
  635. De l’esprit comme quatre, et pas de sens comme un.
  636. L’esprit qu’on veut avoir, gâte celui qu’on a.
  637. Chascun veut prendre estats nouveaux.
  638. Il ne faut qu’une étincelle pour causer un grand incendie.
  639. Évêque d’or, crosse de bois ;
    Crosse d’or, évêque de bois.
  640. Qui s’excuse, s’accuse.

    F

  641. Face d’homme fait vertu.
  642. Faute de se fâcher une bonne fois,
    On se fâche tous les jours.
  643. Qui se fâche, aura deux peines : celle de se fâcher,
    et celle de se défâcher.
  644. Tôt ou tard, ou près ou loin,
    Le fort du faible a besoin.
  645. A la faim,
    Il n’y a pas de mauvais pain.
  646. La faim chasse le loup hors du bois.
  647. Un bon repas doit commencer par la faim.
  648. Ne rien faire produit beaucoup d’affaires.
  649. En faisant, on apprend.
  650. A chose faite, conseil pris.
  651. Comme tu fais on te fera.
  652. Bien dire, fait rire ;
    Bien faire, fait taire.
  653. Fais bien, tu auras des envieux ;
    Tu les confondras si tu fais mieux.
  654. Rien n’est fait, tant qu’il reste à faire.
  655. Mieux vaut bien faire, que faire vite.
  656. Bien faire, et laisser dire.
  657. Ce qui est fait n’est plus à faire.
  658. Qui fait bien, trouve bien.
  659. On ne peut faire qu’en faisant.
  660. Au long aller, petit faix pèse.
  661. La familiarité engendre le mépris.
  662. Avant de consulter ta fantaisie, consulte ta bourse.
  663. Il est plus aisé de réprimer une première fantaisie, que de satisfaire celles qui viennent à la suite.
  664. Il faut ce qu’il faut.
  665. La faveur est comme l’opium :
    Un peu, fait dormir ; et beaucoup, fait mourir.
  666. Il n’est point de faveur alors qu’on en est digne.
  667. Par le regard de la femme,
    Ont maint perdu le corps et l’âme.
  668. Nul de femme mal ne conte,
    Qu’il ne dise sa propre honte.
  669. Tous, hommes, femmes honorons ;
    Ou nous nous déshonorerons.
  670. Poule ou femme qui s’écarte, se perd.
  671. Deux femmes font un plaid ;
    Trois, un grand caquet ;
    Quatre, un plein marché.
  672. Les femmes font et défont les maisons.
  673. La femme la mieux louée, est celle dont on ne parle pas.
  674. Injure faite aux femmes se punit au double.
  675. L’épée des femmes, c’est leur langue,
    Et elles n’y laissent pas venir la rouille.
  676. Qui prend femme, prend maître.
  677. Maison sans femme et sans flamme,
    Maison sans âme.
  678. Il ne faut prendre ni femme ni étoffe à la chandelle.
  679. De trois choses, Dieu nous garde :
    De bœuf salé sans moutarde ,
    De valet qui se regarde,
    Et de femme qui se farde.
  680. Femme qui moult se mire, peu file.
  681. Femme sage
    Reste à son ménage.
  682. Femme qui gagne, poule qui pond,
    Sont le diable en la maison.
  683. Bonne femme fait le bon homme.
  684. Qui femme a, noise a.
  685. Jeune femme, pain tendre et bois vert,
    Mettent la maison au désert.
  686. Bonne femme, mauvaise tête.
  687. C’est la femme qui fait ou défait la maison.
  688. Femme de bien n’a ni yeux ni oreilles.
  689. Femme sotte
    Se connaît à la cotte.
  690. Femme grosse,
    Un pied dans la fosse.
  691. Ce que femme veut, Dieu le veut.
  692. Il faut être compagnon de sa femme et maître de son cheval.
  693. Temps pommelé,
    Pomme ridée ;
    Femme fardée,
    Courte durée.
  694. Soleil qui luisarne au matin,
    Femme qui veut parler latin,
    Petit enfant nourri de vin,
    Vont rarement à bonne fin.
  695. Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud.
  696. Tel cuide férir, qui tue.
  697. L’œil du fermier
    Vaut du fumier.
  698. Aux bonnes fêtes les bons coups.
  699. Il ne faut pas chômer les fêtes avant qu’elles ne viennent.
  700. Tant dure le vin, tant dure la fête.
  701. Comme on connaît les saints, on les fête.
  702. Aux vêpres on connaît la fête.
  703. La fête passée, adieu le saint.
  704. Le feu ne va point sans fumée.
  705. Étude de feu, de jeu et de fenêtre,
    N’ont jamais fait un savant prêtre.
  706. Fèves fleuries,
    Temps de folies.
  707. Février est de tous les mois
    Le plus court, et le moins courtois.
  708. Janvier et février
    Comblent ou vident le grenier.
  709. Pluie en février
    Vaut du fumier.
  710. Février doit remplir les fossés
    Et mars les sécher.
  711. Neige de février
    Fuit comme un lévrier.
  712. Tel fiance, qui n’épouse pas.
  713. Veux-tu rendre le voleur honnête homme ? fie-toi à lui.
  714. Aux fièvres et à la goutte,
    Les médecins ne voient goutte.
  715. Une fileuse vigilante ne manque jamais de chemise.
  716. Toute fille qui sort souvent,
    Montre qu’elle a la tête au vent.
  717. Filles, voyez l’épi de blé ;
    Quand il est beau, il baisse le nez.
  718. Que les filles et les étoupes,
    Se tiennent loin du feu.
  719. Quand notre fille est mariée,
    Nous trouvons trop de gendres.
  720. Morte ma fille, mort mon gendre.
  721. Fille oisive,
    A mal pensive.
  722. Fille trop vue et robe trop vêtue
    Ne sont pas bien chères tenues.
  723. Qui veut la fin,
    Veut les moyens.
  724. Avise la fin.
  725. Fin contre fin ne fait pas doublure.
  726. La meilleure finesse,
    C’est simplesse.
  727. Nul n’a estat que sur fait de finances.
  728. Flattez un chien, il vous fera caresse.
  729. Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute.
  730. Ce qui vient par la flûte s’en va par le tambour.
  731. La foi, l’œil et la renommée
    Ne veulent guère être touchés.
  732. Une fois n’est point coutume.
  733. Quand il n’y a plus de foin au râtelier, les ânes se battent. (La misère brouille les ménages.)
  734. Année en foin fertile,
    Année, hélas ! stérile.
  735. Les plus courtes folies sont les meilleures,
  736. Qui fait la folie, doit la boire.
  737. Qui volontiers folie conte,
    Ennemis quiert et nourrit honte.
  738. Il ne faut jamais dire : Fontaine, je ne boirai point de ton eau.
  739. Il faut que force reste à justice.
  740. Force n’est pas droit.
  741. Où force domine, raison n’a pas lieu.
  742. Fort est qui abat, mais plus fort qui se relève.
  743. Contre forts et contre faux,
    Ne valent ne lettres ne sceaux.
  744. Le plus fort chasse le plus faible.
  745. Le plus fort fait la part au faible.
  746. A force de forger l’on devient forgeron.
  747. Quand la fortune est à la porte, il faut lui ouvrir sans la faire attendre.
  748. Qui ne sait pas se servir de la fortune quand elle vient,
    Ne doit pas se plaindre quand elle s’en va.
  749. Chacun est l’artisan de sa fortune.
  750. Qui dit fortune, ne dit pas félicité.
  751. Contre mauvaise fortune, bon cœur.
  752. Il n’est fortune qui ne faille.
  753. Nul ne sait ce que fortune lui garde.
  754. Au bout du fossé la culbute.
  755. Qui conduit dans le fossé,
    Y tombera le premier.
  756. Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat.
  757. Les murailles sont le papier des fous.
  758. Tête de fou ne blanchit guère.
  759. Il ne faut jamais défier un fou de faire des sottises.
  760. Bonne journée fait qui de fou se délivre.
  761. Plus est profit d’âne dompter,
    Que n’est du bien au fol conter.
  762. Ja n’iert au fol fait par autrui,
    Si grant grevance com par lui.
  763. A barbe de fol apprend l’on à raire (raser).
  764. Les fous sont hommes ainsi que nous.
  765. N’est pas sage, qui n’a peur d’un fou.
  766. Le fou se coupe de son couteau.
  767. Garde qu’a l’oreille d’un fou,
    Tu ne dies ne peu ne prou.
  768. Plus on est de fous, plus on rit.
  769. Avec les fous il faut foller.
  770. Tous les fous ne sont pas aux petites maisons.
  771. Les fous font les fêtes, et les sages en ont le plaisir.
  772. Les fous sont plus utiles aux sages, que les sages aux fous.
  773. N’est fouetté qui veut (car qui peut payer en argent, ne paie en son corps).
  774. Qui n’a que dix-neuf sous, ne saurait compter par francs.
  775. Il n’y a qu’un chien ou un Français qui marche quand il a mangé.
  776. Qui frappe du couteau, mourra de la gaîne.
  777. Ne te mêle point d’affaires
    Qui sont entre frères.
  778. Rien ne ressemble mieux à un honnête homme, qu’un fripon.
  779. Pain qui ait des yeux, vin qui pétille, fromage qui pleure.
  780. Fromage, poire et pain,
    Repas de vilain.
  781. Tout fromage est sain,
    Qui vient de chiche main. (Caseus ille bonus quem dat avara manus. )
  782. Le fruit le plus mûr ne vous tombera pas dans la bouche.
  783. Bonne fuite vaut mieux que mauvaise attente.
  784. Pas de fumée sans feu, ni de feu sans fumée.
  785. La fumée cherche les beaux.
  786. Qui double son fumier, double son champ.
  787. Il ne faut pas mettre des armes aux mains d’un furieux.

    G

  788. Ce que l’on ne gagne pas sur ses mains, il faut le retrouver sur ses dents.
  789. Il n’est marchand qui toujours gagne.
  790. Gros gagneur,
    Gros dépenseur.
  791. Le gain s’en va comme il est venu.
  792. Laid gain fuit comme daim.
  793. D’injuste gain
    Juste daim (‘'dommage).
    Cf. Flûte, gantelet, gosier, hoir.
  794. Qui se sent galeux, qu’il se gratte.
  795. Ne laissez pas les gamins
    Sans justice ni sans pain.
  796. Ce que gantelet saisit,
    Gorgeret l’engloutit.
  797. On peut bien garantir du mal, mais non pas de la peur.
  798. Il ne fait pas bon d’attaquer celui qui est sur ses gardes.
  799. Gardez votre maison, elle vous gardera.
  800. Mieux vaut bon gardeur,
    Que bon amasseur.
  801. Qui le sien gaste, à l’autrui tend.
  802. Un gaucher ne fait rien à droite.
  803. Année de gelée,
    Année de blé.
  804. Morte ma fille,
    mort mon gendre.
  805. Qui rencontre un bon gendre, trouve un fils : mais en rencontrer un mauvais, c’est perdre sa fille.
  806. Gènevois, quand je te vois, rien je ne vois.
  807. En affaires, il faut deux Juifs contre un Génois, deux Génois contre un Grec, et deux Grecs contre un Arménien.
  808. Selon les gens, l’encens.
  809. A la saint Georges,
    Sème ton orge ;
    A la saint Marc,
    Il est trop tard.
    A saint Barnabé,
    La faux au pré ;
    En juillet,
    Faucille au poignet.
  810. Georget (23 avril), Marquet (25 avril), Vitalet (28 avril) et Croiset (3 mai),
    S’ils sont beaux, font du vin parfait.
  811. Le gibet ne perd point ses droits.
  812. Un peu plus tard, un peu plus vite,
    Nous venons tous au même gite.
  813. Il fait bon battre un glorieux ( parce qu’il ne s’en vantera pas).
  814. Glose d’Orléans, plus obscure que le texte.
  815. Ventre glouton n’a point cœur généreux.
  816. Ce qu’on gagne par le gosier s’en va par le gésier,
  817. Des goûts et des couleurs on ne dispute pas.
  818. Goutte à goutte, l’eau creuse la pierre.
  819. Goutte à goutte on remplit la cave.
  820. La dernière goutte d’eau est celle qui fait déborder le vase.
  821. Bon grain périt, paille demeure.
  822. Mauvaise graine est tôt venue.
  823. Ne mange pas de cerises avec les grands (ils t’en jetteraient la queue au visage).
  824. Service de grand, n’est pas héritage. ( Vient du temps où les offices cessaient à la mort du roi.)
  825. A la grange va le blé.
  826. Tant gratte chèvre, que mal gît.
  827. Trop gratter, cuit ;
    Trop parler, nuit.
  828. Qui naît poule, aime à gratter.
  829. C’est le greffier de Vaugirard, il ne peut écrire quand on le regarde.
  830. Quand on ne peut pas prendre des grives, on prend des merles.
  831. Grosses gens, bonnes gens.
  832. Où la guêpe a passé, le moucheron demeure.
  833. Il ne faut pas mettre son bâton dans un guêpier.
  834. On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix.
  835. A la guerre comme à la guerre.
  836. Le guerrier doit avoir assaut de lévrier,
    Fuite de loup, et défense de sanglier.
  837. Guerre et pitié ne cheminent pas ensemble.
    Cf. Bataille.
  838. Gueuserie engendre tricherie.
    Cf. Pauvreté.
  839. Quand le guignon est à nos trousses, on se noie dans un crachat.

    H

  840. Il est bon d’être habile, mais non de le paraître.
  841. On ne connaît pas le vin au cercle, ni l’homme à l’habit.
  842. L’habit fait l’homme.
  843. Si l’habit ne fait pas l’homme, du moins il le pare.
  844. Dis moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.
  845. A face hardie
    Une preuve ne nuit.
  846. Fortune aveugle suit aveugle hardiesse.
  847. Qui ne hasarde rien, n’a rien.
  848. Plus on se hâte, moins on avance.
  849. Qui trop se hâte en cheminant,
    En beau chemin se fourvoie souvent.
  850. Pour soi haster, n’approche temps nouveau.
  851. Ne perdez pas une heure, car vous n’êtes pas sûr d’une minute.
  852. Nous ne comptons les heures que quand elles sont perdues.
  853. Il n’y a qu’heur et malheur.
  854. Il n’est d’heureux que qui croit l’être.
  855. Est heureux qui sait l’être.
  856. Les heureux n’apprennent rien.
  857. Heureux comme un sot.
  858. On se heurte toujours où l’on a mal.
  859. Il est honteux de se heurter deux fois à la même pierre.
  860. Histoire contée
    Abrége la montée.
  861. Garnissez-Vous avant que l’hiver vienne.
  862. Hiver trop beau,
    Été sans eau.
  863. L’hiver n’est bon que pour les choux
    Ou pour faire gagner la toux.
  864. Serein d’hiver et pluie d’été
    Ne feront jamais pauvreté.
  865. Tiers hoir ne jouit de chose mal acquise.
  866. On n’est jamais grand homme pour son valet de chambre.
    Cf. Prophète.
  867. Les honneurs changent les mœurs.
  868. Homme d’honneur n’a qu’une parole.
  869. A tout seigneur, tous honneurs.
  870. Les honneurs coûtent.
  871. L’honneur est à craindre ce que l’on doit, et à y pourvoir.
  872. Un peu de honte est bientôt bue.
  873. Il n’y a que les honteux qui perdent.
  874. A force de prendre dans la huche et de n’y rien mettre, on en voit bientôt le fond.
  875. Il ne faut pas jeter de l’huile sur le feu.
  876. L’huile est plus forte que le fer.
  877. A l’impossible, nul n’est tenu.
  878. De tout homme inconnu, le sage se méfie.
  879. L’indiscret est une lettre décachetée :
    Tout le monde peut la lire.
  880. S’industrier, paie les dettes ;
    Et se désespérer, les augmente.
    Cf. Dettes.
  881. On prend souvent l’indolence pour la patience.
  882. Une belle âme reçoit en donnant,
    Et un ingrat dérobe en recevant.
  883. L’intention fait l’action.
  884. L’intention est réputée pour le fait.
  885. L’enfer est pavé de bonnes intentions.
  886. Il n’est rien d’inutile aux personnes de sens.
  887. La loi voit bien l’homme plein d’ire,
    Mais il ne voit mie la loi.
  888. Un ivrogne remplit plus souvent son verre, que ses engagements.
  889. On voit plus de vieux ivrognes que de vieux médecins.
    Cf. Vin, pain.

    J

  890. Jacobins en chaire, cordeliers au chœur.
  891. Tout paraît jaune à qui a la jaunisse.
  892. Eau de saint Jean (24 juin) ôte le vin
    Et ne donne pas de pain.
    Cf. Pluie.
  893. A beau jeu, beau retour.
  894. Tel jeu ne vaut pas la chandelle.
  895. Le jeu et les bouteilles rendent les hommes égaux.
  896. Jeu de main, jeu de vilain.
  897. Au bon joueur, la balle lui vient.
  898. La balle cherche le joueur.
  899. Joueur n’a pas besoin de cordon à sa bourse.
  900. Jeune procureur et vieil avocat.
  901. De jeune avocat, héritage perdu ;
    De jeune médecin, cimetière bossu.
  902. Si jeunesse savait,
    Si vieillesse pouvait !
  903. Il faut que jeunesse se passe.
  904. Double jeûne, double morceau.
  905. Qui ne sort que de jour, n’a que faire de lanterne.
  906. Loue le beau jour au soir, et la vie à la mort.
  907. Il n’est si grand jour qui ne vienne à vespre.
  908. Un jour en vaut deux,
    Pour qui fait chaque chose en son lieu.
  909. De fou juge, briève sentence (c’est-à-dire prompte).
  910. Juges piteux (débonnaires), simples et mous,
    Est la norrice aux mauvais fous.
  911. Quand le juge juger doit,
    De tout courroux, garder se doit.
  912. Qui tôt juge, et rien n’entend,
    Faire ne peut bon jugement.
  913. Il ne faut pas juger le sac, sur l’étiquette.
    Cf. Justice, plaid.
  914. Qui finement jure, finement se parjure.
  915. Il ne faut jurer de rien.
  916. S’il ne tient qu’à jurer, la vache est à nous.
  917. Qui n’est que juste, est cruel.
  918. Justice punit petits cas.

    L

  919. Mieux vaut semer moins et labourer davantage.
  920. On sait ce qu’on laisse et l’on ne sait ce qu’on prend.
  921. La lame use le fourreau.
  922. Langres, sur un rocher,
    Demi-fou, demi-enragé.
  923. Qui langue a, à Rome va.
  924. Qui langue jengleresse (moqueuse) ara,
    Ja sur terre , amé ne sera.
  925. Hardie langue,
    Couarde lance.
  926. Langue muette n’est jamais battue.
  927. Longue langue, courtes mains.
  928. Male langue en enfer mène.
  929. Un coup de langue est pis qu’un coup de lance.
  930. On ne peut pas avoir le lard et le cochon.
  931. N’est pas larron, qui larron emble.
  932. Demandez à mon compagnon si je suis larron.
  933. Les grands larrons font pendre les petits.
  934. Qui ne se lasse point,
    Arrive à sa fin.
  935. Qui ne se lasse pas, lasse l’adversité.
  936. Qui peut lécher, peut mordre.
  937. Qui se lève tard, dîne tard.
  938. Coucher de poule et lever de corbeau,
    Écartent l’homme du tombeau.
  939. Lever à six, dîner à dix ;
    Souper à six, coucher à dix ;
    Font vivre l’homme dix fois dix.
  940. A beau se lever tard, qui a bruit de se lever matin.
  941. Libertas et pain cuit.
  942. Qui restreint ses besoins,
    Sera d’autant plus libre.
  943. Hom trop lié (joyeux) est en grande aventure :
    De Dieu, ni de sa vie n’a cure.
  944. On ne court pas deux lièvres à la fois.
  945. Qui chasse deux lièvres, n’en prend pas un.
  946. Il faut attendre le lièvre au gîte.
  947. On ne prend pas les lièvres au son du tambour.
  948. Sitôt qu’un autre, vient à Pâques limaçon.
  949. Au long aller la lime mange le fer.
  950. Mangeur de pain comme un Limousin.
  951. Est bien âne de nature,
    Qui ne sait lire son écriture.
  952. Autant vaut celui qui chasse et rien ne prend, que celui qui lit et rien n’entend. (Ou, vieille forme : )
    Tant vaut qui oit et rien n’entend,
    Com cil qui chasse et rien ne prend.
  953. Comme on fait son lit, on se couche.
  954. Le lit est une bonne chose,
    Si l’on n’y dort, on y repose.
  955. Le lit est l’écharpe de la jambe.
  956. Rien ne nuit tant aux lois que leur nombre.
  957. A beau mentir, qui vient de loin.
  958. On va bien loin depuis qu’on est las.
  959. Loin de ses biens, près de sa ruine.
  960. Au long aller, petit faix pèse.
  961. A la longue, tout se sait.
  962. Lorrain, vilain, traître à Dieu et au prochain.
  963. Lorrain, vilain, prête-moi ton lard pour frotter mon pain ? — Nenni, ça s’use !
  964. C’est peu de chose d’être loué de son père, de sa nourrice et de son curé.
  965. On fait toujours le loup plus gros qu’il n’est.
  966. Quand on parle du loup, on en voit la queue.
  967. Les loups ne se mangent pas entre eux.
  968. Il ne faut pas donner des brebis à garder au loup.
  969. Il faut hurler avec les loups.
  970. A chair de loup, dent de chien.
  971. A mauvais berger, loup engraissé.
  972. On apprend à hurler avec les loups.
    Cf. Brebis, mouton.
  973. Lune pendante, terre fendante ;
    Lune en cabriole, terre molle ;
    Lune couchée, matelot levé.
  974. On ne peut sécher la mer avec des éponges
    Ni prendre la lune avec les dents.

    M

  975. Sueur de maçon,
    Où la trouve-t-on ?
  976. Mai clair et venteux,
    Fait l’an plantureux.
  977. Mi-mai, queue d’hiver.
  978. Frais mai et chaud juin,
    Amènent pain et vin.
  979. Maille à maille se fait l’haubergeon.
  980. Dieu ne nous a point bâti de ponts, mais il nous a donné des mains pour en faire.
  981. Mieux vaut tendre la main que le cou.
  982. Une main lave l’autre.
  983. Mains de laine et dents de fer.
  984. Serrez la main, et dites que vous ne tenez rien.
  985. Main serrée, cœur étroit
    Cf. Donner.
  986. Ma maison est mon château.
  987. Fais ta maison ne haut ne bas.
  988. Maison faite, et femme à faire.
  989. Ce que sait la maisnie (la famille, la maisonnée),
    Souvent n’est célé mie.
  990. Tel maître, tel valet.
  991. Les bons maîtres font les bons valets.
  992. Maître indolent,
    Valet insolent.
  993. Voyage de maître, noces de valet.
  994. Au diable tant de maîtres ! dit le crapaud sous la herse.
  995. Pour quitter un mauvais maître, on en prend souvent un pire.
  996. Il n’est, pour voir, que l’œil du maître.
  997. Un maître et la liberté,
    Ne se peuvent accoupler.
  998. Être son maître, vaut de l’or.
  999. Dernier couché, premier debout,
    Doit être chaque maître partout.
  1000. Il faut attacher l’âne comme veut le maître.
  1001. Il ne faut pas se jouer à son maître.
  1002. Qui a compagnon, a maître.
  1003. Il ne faut pas vouloir en remontrer à son maître.
  1004. Mieux vaut user ses souliers pour aller voir son maître, que son chapeau à force de le saluer.
  1005. Tel dit du mal d’autrui,
    Que moult est pire que lui.
  1006. Où il n’y a pas de mal, il ne faut pas d’emplâtre.
  1007. Où la dent fait mal, la langue s’y porte.
  1008. Le mal porte le repentir en croupe.
  1009. Le mal d’autrui ne guérit pas le nôtre.
  1010. A force d’aller mal, tout va bien.
  1011. On ne sent bien que ses propres maux.
  1012. Aux grands maux, les grands remèdes.
  1013. De deux maux, il faut éviter le pire.
  1014. Nuls maux n’est dont bien n’aveigne,
    Ni perte qu’aucun bien n’ateigne.
  1015. Les maladies viennent à cheval et s’en vont à pied.
  1016. Les malentendus font les trois quarts des querelles.
  1017. Ceux que le malheur n’abat point, il les instruit.
  1018. Un malheur amène son frère.
  1019. Un malheur n’arrive guère sans l’autre.
  1020. A quelque chose malheur est bon.
  1021. Pour s’aimer dans le malheur, il faut espérer ensemble.
  1022. Qui est malheureux,
    A beau être courageux.
  1023. La consolation des malheureux est d’avoir des semblables.
  1024. Les malheureux n’ont point de parents.
  1025. Le Manceau vaut un Normand et demi.
  1026. Il ne faut pas jeter le manche après la cognée.
  1027. Long manche, dur gigot.
  1028. Il ne faut pas tant regarder ce qu’on mange,
    qu’avec qui l’on mange.
  1029. Plus en emporte la mangeaille,
    Que baïonnettes et mitraille.
  1030. Bonne bête s’échauffe en mangeant.
  1031. Long à manger, long à tout.
  1032. Manger n’importe, si l’on ne digère.
  1033. A petit manger, bien boire.
  1034. Tu dois manger pour vivre,
    Et non vivre pour manger.
  1035. Quand il fait beau, prends ton manteau ;
    Quand il pleut, prends-le si tu veux.
  1036. Il faut tailler son manteau selon son drap.
  1037. Marchand d’oignon se connaît en ciboule.
  1038. Marchand qui perd, ne peut rire.
  1039. Il n’est marchand qui toujours gague.
  1040. Il faut être marchand ou larron.
  1041. Marchandise qui plaît est à demi vendue.
  1042. De marchand à marchand, il n’y a que la main.
  1043. Mauvaise marchandise n’est jamais bon marché.
  1044. Quand on envoie les enfants au marché,
    Les marchands sont sûrs de gagner.
  1045. Bon marché ruine.
  1046. Bon marché vide le panier,
    Mais il n’emplit pas la bourse.
  1047. A bon payeur, bon marché.
  1048. Les bons mariages se font au ciel.
  1049. Quand Mars fait l’Avril,
    Avril fait le Mars.
  1050. Mars doit être sec,
    Avril humide,
    Mai frais,
    Juin chaud.
    Cf. Mars.
  1051. Visage masqué, cœur à nu.
  1052. Homme fin, se lève matin.
  1053. A qui se lève malin,
    Dieu aide et prête la main.
  1054. Le soleil du matin ne dure pas tout le jour.
  1055. Homme matineux,
    Sain, gai et soigneux.
  1056. Il n’est si male chose qui n’aide,
    Ni si bonne qui ne nuise.
  1057. Plus fait-on de révérence
    Aux malvais por leur malvaistié,
    Qu’aux bénignes par amitié.
  1058. Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette.
  1059. Le méchant est comme les mouches, qui ne s’arrêtent qu’aux plaies.
  1060. Toute médaille a son revers.
  1061. S’il pleut le jour de saint Mèdard (8 juin),
    Le tiers des biens est au hasard ;
    A moins que la saint Barnabé (11 juin)
    Ne vienne lui couper le pied.
  1062. S’il pleut le jour de saint Médard,
    Il pleut quarante jours plus tard.
    Cf. Pluie, saint Denis, saint Jean.
  1063. Vieux médecin, jeune chirurgien et riche apothicaire.
  1064. Heureux le médecin qui vient sur la fin de la maladie.
  1065. La terre couvre les fautes des médecins.
    Cf. Mire, chirurgien, jeune, mort.
  1066. La méfiance est mère de la sûreté.
  1067. La mélancolie ne paie point de dettes.
    Cf. Chagrin.
  1068. Qui ne se mêle de rien, a paix de tout.
  1069. Les prunes et le melon
    Mettent la fièvre en la maison.
  1070. Qui n’a mémoire, qu’il ait jambes.
  1071. Tel menace, qui tremble.
  1072. Gens qu’on menace, vivent longtemps.
  1073. Le sage est ménager du temps et des paroles.
  1074. Il faut qu’un menteur ait de la mémoire.
  1075. Ce qu’on méprise est souvent très-utile.
  1076. Il n’y a point de dette sitôt payée, que le mépris.
  1077. Merlan, viande de laquais et de postillon.
  1078. A bon messager, il ne faut rien dire.
  1079. On ne trouve jamais meilleur messager que soi-même.
  1080. Les petites mesures ne reviennent pas aux grandes.
  1081. Les hommes ne se mesurent pas à l’aune.
  1082. Il n’y a pas de sot métier,
    Il n’y a que de sottes gens.
  1083. De tous métiers, il y en a de pauvres et de riches.
  1084. Il n’y a si petit métier qui ne nourrisse son maître.
  1085. Tout métier fait vivre son maître.
  1086. Suffise à chascun son mestier.
  1087. Qui a mestier, a rente.
  1088. Qui ne sait son métier, l’apprenne.
  1089. Chacun son métier,
    Les vaches seront bien gardées.
  1090. Les mets cuits à petit feu n’en sont que meilleurs.
  1091. Il n’y a rien de plus hardi que la chemise d’un meunier (Elle prend tous les matins un voleur au collet.)
  1092. Qui bien est,
    S’il se meut, il erre.
  1093. Cher est le miel qu’on lèche sur épines.
  1094. Le miel ne fut pas fait pour la gueule de l’âne.
  1095. Trop achète le miel qui sur épines le lèche.
  1096. On prend plus de mouches avec une cuillerée de miel, qu’avec un tonneau de vinaigre.
  1097. Qui ramasse ses miettes,
    N’aura pas disette.
  1098. Béni est de Dieu,
    Qui tient le milieu.
  1099. Bonne mine vaut mieux que lettres de recommandation.
  1100. Qui veut la guérison du mire (médecin),
    il lui convient tout son mal dire.
    Cf. Confesseur.
  1101. Dame qui moult se mire,
    Peu file.
  1102. Jamais miroir n’a dit à une femme qu’elle fût laide.
  1103. A tout péché, miséricorde.
  1104. Les fous inventent la mode,
    Et les sages la suivent.
  1105. L’habit ne fait pas le moine.
  1106. Pour un moine qui manque, on ne laisse pas d’élire l’abbé.
  1107. Le moine répond comme l’abbé chante.
  1108. Il faut laisser aller le monde comme il va.
  1109. Il n’est que de changeur, pour se connaître en monnaie.
  1110. Cil chiet bien bas, qui trop hault veult monter.
  1111. Il ne faut pas se moquer des chiens,
    Que l’on ne soit hors du village.
  1112. Qui dit moquerie,
    Ne dit pas précisément esprit.
  1113. Les moqueurs sont souvent moqués.
  1114. Est bien venu qui moque le moqueur.
    Cf. Langue, plaisant.
  1115. Morceau avalé n’a plus de goût.
  1116. Morceaux caquetés se digèrent mieux.
  1117. Les premiers morceaux nuisent aux derniers.
  1118. Mors doré ne rend pas le cheval meilleur.
  1119. Après la mort, les médecins.
  1120. Les vieux vont à la mort, et la mort vient aux jeunes.
  1121. De l’homme mort le plaid est mort.
  1122. Il y a remède à tout, fors à la mort.
  1123. Grand signe de mort, que ne vouloir pas guérir.
  1124. Contre la mort, point d’appel. Tous les jours vont à la mort,
    Et le dernier y arrive.
  1125. Plus de morts, moins d’ennemis.
    Cf. Mourir.
  1126. Le mortier sent toujours ses aulx.
  1127. Ce ne sont pas les grands mots
    Qui remplissent les boisseaux.
  1128. Les mots sont monnaie pour les sots,
    Et jetons pour les sages.
  1129. Quand les mots sont dits, l’eau bénite est faite.
  1130. Les mots ne se battent pas sur le papier.
  1131. Mou en tout, fou en tout.
  1132. Mieux vaut mourir à honneur, qu’à honte vivre.
  1133. Autant meurt veau que vache.
  1134. Va où tu peux , meurt où tu dois.
  1135. On ne sait qui meurt, ni qui vit.
    Cf. Mort, vie.
  1136. Fais-toi mouton, le loup te mangera.
  1137. Cheptel de moutons et d’abeilles,
    Fait souvent bien gratter l’oreille.
  1138. De mouton à courte laine,
    On n’aura ja bonne toison.
    Cf. Brebis, loup.
  1139. Bonne mule, mauvaise bête.
  1140. Qui monte la mule, la ferre.
  1141. Entêté comme une mule.

    N

  1142. Bons nageurs sont souvent noyés.
  1143. Qui fait deux fois naufrage,
    Ne doit pas s’en prendre à la mer.
  1144. Moins tu auras de nécessités,
    Plus tu auras de liberté.
  1145. Nécessité n’a pas de loi.
  1146. La nécessité fait s’industrier.
  1147. La nécessité est mère de l’invention.
    Cf. Besoin.
  1148. A laver la tête d’un nègre, on perd sa lessive.
  1149. Jamais grand nez n’a gâté beau visage.
  1150. Ce que je dis à vous, ma nièce,
    C’est pour vous, mon neveu.
  1151. Tout vilain cas est niable.
  1152. Encore que nier ne soit larcin,
    Si est-ce de larcin.
  1153. Commettre un crime et le nier,
    N’est pas le chemin de se corriger.
  1154. Noble convaincu d’un vilain cas,
    Est puni comme vilain.
  1155. La vraie noblesse est celle du cœur.
  1156. Noblesse oblige.
    Cf. Cœur.
  1157. A Noël au balcon,
    A Pâques au tison.
  1158. A Noël moucherons,
    A Pâques glaçons.
  1159. Qui demande l’hiver avant Noël, en demande deux.
  1160. Qui se chauffe au soleil, Noël, en ton saint jour,
    Devra brûler du bois quand Pâque aura son tour.
  1161. Le Normand est toujours en deçà de la vérité ;
    Et le Gascon, toujours au delà.
  1162. Le Normand vous attrape quand il peut,
    Et le Provençal, quand il veut.
  1163. En Normandie, on vendange à coups de gaule.
  1164. Dieu nous garde d’un et cetera de notaire
    Et d’un quiproquo d’apothicaire !
  1165. Qui ne nourrit pas le chat, nourrit le rat.
  1166. Nourriture (éducation)
    Passe nature.
  1167. Tout nouveau , tout beau.
  1168. En fait de nouvelles, il faut attendre le boiteux.
  1169. Point de nouvelles, bonnes nouvelles.
  1170. De cent noyés, pas un sauvé ;
    De cent pendus, pas un perdu.
  1171. Ce qui nuit à l’un, duit à l’autre.
  1172. La nuit porte conseil.
  1173. La nuit,
    Tous chats sont gris.

    O

  1174. La guerre s’avance plus à obéir aux chefs,
    Qu’à s’enquérir de leurs desseins.
  1175. On n’obtient guère d’un homme ce qu’il ne veut pas faire.
  1176. L’occasion fait le larron.
  1177. L’œil du maître fait plus que ses deux mains.
  1178. L’œil du maître engraisse le cheval.
  1179. L’œil du fermier
    Vaut du fumier.
  1180. Un seul œil a plus de crédit
    Que deux oreilles n’ont d’audivi.
  1181. Quand on donne un œuf,
    C’est pour avoir un bœuf.
    Cf. Poule.
  1182. A l’œuvre on connaît l’ouvrier.
  1183. A bon jour,
    bonne œuvre.
    Cf. Ouvrier,
  1184. Il n’y a que la vérité qui offense.
  1185. L’office découvre l’homme.
  1186. Les belles offres font perdre les bons procès.
  1187. Qui veut prendre un oiseau, ne doit pas l’effaroucher.
  1188. A chaque oiseau
    Son nid est beau.
  1189. Bon oiseau se dresse lui-même.
  1190. Les oiseaux de même plumage
    S’assemblent sur même rivage.
  1191. Petit à petit
    L’oiseau fait son nid.
  1192. En oiseuse (oisiveté) le diable se boute.
  1193. Oiseuse est l’estanc des pensées
    Et des choses désordonnées.
  1194. Qui est oisif en sa jeunesse,
    Peinera dans sa vieillesse.
  1195. L’oisiveté est mère de tous vices.
    Cf. Paresseux.
  1196. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.
  1197. On est un sot.
  1198. Clé d’or passe partout.
  1199. N’est pas or tout ce qui brille.
  1200. Ni l’or, ni la grandeur ne nous rendent heureux.
  1201. L’or fait l’éclat, mais non pas le bonheur.
  1202. Conserver libre oreille, cœur et main,
    Fait le doux vivre et le mourir serein.
  1203. Ce qui entre par une oreille, sort par l’autre.
  1204. A coup de langue, escu d’oreille. (Savoir opposer le silence à de mauvaises paroles.)
  1205. Quand orgueil chemine devant,
    Honte et dommage suivent de bien près.
  1206. Orgueil ne se daigne aviser.
  1207. La gloire qui dîne de l’orgueil, fait son souper du mépris.
  1208. Bien fou qui s’oublie.
  1209. Il ne faut pas ourdir plus qu’on ne peut tisser.
  1210. Qui oultrepasse sa charge, chet en désaveu.
  1211. L’archer qui outrepasse le blanc, fault comme celui qui n’y arrive point.
  1212. A mauvais ouvrier il n’y a pas de bons outils.
  1213. Bon ouvrier se sert de tous outils.
  1214. Bon ouvrier ne querelle pas ses outils.
  1215. Bon ouvrier n’est pas trop payé.
  1216. Bon ouvrier ne reste jamais sans rien faire.
  1217. Il n’est œuvre que d’ouvrier.
  1218. Méchant ouvrier n’a jamais bons outils. Cf. Œuvre.

    P

  1219. L’un paie les violons, et les autres dansent.
  1220. Qui paie, a bien le droit de donner son avis.
  1221. Pain coupé n’a point de maître.
  1222. C’est pain béni, qu’escroquer un avare.
  1223. Il vaut mieux courir au pain
    Qu’au médecin.
  1224. Qui a des pois et du pain d’orge,
    Du lard, et du vin pour sa gorge ;
    Qui a cinq sous et ne doit rien,
    Il se peut dire qu’il est bien.
  1225. Pain dérobé réveille l’appétit.
  1226. Pain, taut qu’il dure ;
    Vin, à mesure. (Il importe plus de régler son verte, que son assiette.)
  1227. Paix, et peu.
  1228. Si tu veux vivre en paix,
    Vois, écoute, et te tais.
  1229. Qui n’a la paix temporelle,
    A peine a la spirituelle.
  1230. Tel cuide mettre la paix,
    Qui a des coups vilains et laids.
  1231. A petit mercier, petit panier.
  1232. Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans un panier.
  1233. Adieu paniers, vendanges sont faites.
  1234. Il a plus grands yeux que grande panse.
  1235. Mieux vaut belle manche que belle panse.
  1236. Après la panse, vient la danse.
  1237. Il faut servir Dieu avant sa panse.
    Cf. Ventre.
  1238. Qui veut vivre à Rome, ne doit pas se quereller avec le pape.
  1239. Qui se tient à Paris, ne sera jamais pape.
  1240. Le papier souffre tout, et ne rougit de rien.
  1241. Papier parle quand gens se taisent.
  1242. Il faut faire carême-prenant avec sa femme,
    Et Pâques avec son curé.
  1243. Ce n’est pas tous les jours Pâques. Cf. Noël.
  1244. Le pardon aux fautes légères,
    Et la sévérité aux grandes.
  1245. Pardonne à tous, mais non à toi.
  1246. Ne sait point pardonner, qui ne sait pas punir.
  1247. Jeunesse paresseuse, vieillesse pouilleuse.
  1248. Paresseux, veux-tu de la soupe ? fais-en. — Je n’en veux plus.
  1249. Paresseux est toujours pauvre.
    Cf. Oisiveté.
  1250. Paris est bon pour voir ;
    Lyon, pour avoir ;
    Toulouse, pour apprendre,
    Et Bordeaux pour dépendre (dépenser).
  1251. Il ne fait jamais mauvais temps pour aller à Paris.
  1252. Faire comme à Paris, laisser pleuvoir.
  1253. Paris est le paradis des femmes,
    Le purgatoire des hommes,
    Et l’enfer des chevaux.
  1254. Si Paris était plus petit,
    On le mettrait dans un baril.
  1255. Forteresse qui parlemente, est bien près de se rendre.
  1256. Trop gratter, cuit ; trop parler, nuit.
  1257. Oi, voi, parle poi (peu) ;
    Se tu parles, garde-toi
    De qui tu parles, et de quoi.
  1258. Parler tout seul, est signe de folie.
  1259. Il est bon de parler, et meilleur de se taire.
  1260. Écris comme les habiles,
    Et parle comme tout le monde.
  1261. Le peu parler est or, le trop parler est boue.
  1262. Parler est bien, mais faire est encor mieux.
  1263. Beaucoup savent parler, mais bien peu savent faire.
  1264. Pense deux fois avant de parler,
    Tu en parleras deux fois mieux.
  1265. Écoute avant de parler,
    Et peut-être verras-tu qu’il faut te taire.
  1266. Grand parleur, grand menteur.
  1267. Qui parle beaucoup, doit dire des sottises.
  1268. Quand d’autrui parler tu voudras,
    Regarde-toi, et te tairas.
  1269. Frappez haut, et parlez bas.
  1270. A quoi sert de parler, que pour être entendu ?
  1271. On lie les bœufs par les cornes,
    Et les hommes par les paroles.
  1272. Parole jetée prend sa volée.
  1273. Peu de paroles, peu d’affaires.
  1274. Douces paroles n’écorchent langue.
  1275. Bonne parole à cœur mauvais,
    C’est bon vin en vaisseau punais.
  1276. Les paroles du matin ne ressemblent pas à celles du soir.
  1277. A sottes paroles, sourde oreille.
  1278. De belles paroles ne mettent pas de beurre dans les panais.
  1279. Partage de Montgommery (ou du lion) :
    Tout d’un côté, et rien de l’autre.
  1280. Plaisir non partagé, n’est plaisir qu’à demi.
  1281. Le ciel est bleu partout.
  1282. Pas à pas, on va loin.
  1283. Il n’y a que le premier pas qui coûte.
  1284. Patience et longueur de temps,
    Font plus que force ni que rage.
  1285. Patience poussée à bout, se tourne en fureur.
  1286. La patience vient à bout de tout.
  1287. Tel pâtit, qui n’en peut mais.
  1288. Les pauvres gens vivent de ce qu’ils mangent.
  1289. Qui donne aux pauvres, prête à Dieu.
  1290. Povre hom laisse on à la porte.
    Porce que bel habit ne porte.
  1291. Droit veut que povre témoins
    Ne soit crû n’en plus, n’en moins.
  1292. Pauvreté n’est pas vice ( mais guère mieux , disent les Espagnols).
  1293. En grande pauvreté
    Il n’y a guère grande loyauté.
  1294. Pauvreté engendre tricherie.
  1295. Quand pauvreté se montre à la porte, conscience se jette par la fenêtre.
  1296. La pauvreté des biens se peut guérir,
    Celle de l’âme est sans remède.
    Cf. Gueuserie.
  1297. Bride en main sur le pavé.
  1298. De pavé sec et bois mouillé,
    Libéra nos, Domine.
  1299. Il faut payer ou agréer.
  1300. Tant tenu, tant payé.
  1301. Qui bien veut payer,
    Bien se veut obliger.
  1302. C’est assez de payer une fois ses dettes.
  1303. Il faut payer, qui veut acheter.
  1304. Tout comme tu as deniers,
    Ou que tu doives, fais payer.
  1305. Paradis sera aux bien payants.
  1306. Qui paie bien, est bien servi.
  1307. Qui commande, paie.
  1308. Qui ne paie son cens,
    Doit perdre son champ.
  1309. Qui paie mal, paie deux fois.
  1310. Qui paie bien, deux fois emprunte.
  1311. Qui casse les verres, les paie.
  1312. Gens payés d’avance, ont les bras rompus.
  1313. Bon payeur
    Est de bourse d’autrui seigneur.
  1314. D’un mauvais payeur on tire ce qu’on peut.
    Cf. Dettes.
  1315. Autre pays, autre guise.
  1316. Pays ruiné vaut mieux que pays perdu.
  1317. Sous le chapeau d’un paysan
    Peut se trouver le conseil d’un prince.
  1318. A tout péché miséricorde.
  1319. A bon pêcheur parfois échappe anguille.
    Cf. Poisson.
  1320. Toute peine mérite son salaire.
  1321. On ne peut pas peigner un diable qui n’a pas de cheveux.
  1322. Dieu voit qui est bon pèlerin.
  1323. La pelle se moque du fourgon.
  1324. On pardonne au vin, mais on pend la bouteille.
  1325. Dépends le pendard, il te pendra.
  1326. Les pensées ne paient point gabelle.
  1327. Mal pense qui ne repense.
  1328. L’homme sage ne dit pas tout ce qu’il pense,
    Mais il pense tout ce qu’il dit.
  1329. Plus penser que dire.
  1330. Qui perd, pèche.
  1331. Qui perd son bien, perd son sens (d’autres disent son sang).
  1332. A tout perdre, il n’y a qu’un coup périlleux.
  1333. Il ne faut pas laisser perdre les bonnes coutumes.
  1334. Il faut se garder des gens qui n’ont rien à perdre.
  1335. Qui veut perdre quelqu’un, lui trouve assez de torts.
  1336. Bien perdu, bien connu.
  1337. Aile de perdrix, cuisse de bécasse.
  1338. Tout père frappe à côté.
  1339. Tel père, tel fils.
  1340. A père avare, fils prodigue.
  1341. Est bien père qui nourrit.
  1342. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
  1343. Être en péril, n’est pas être perdu.
  1344. N’est pas glorieux tout ce qui est périlleux.
  1345. Persévérance arrive à récompense.
  1346. Petit à petit l’oiseau fait son nid.
  1347. Un petit homme est homme entier comme un grand.
  1348. Il n’y a pas de petit chez soi.
  1349. En petit corps gît bien bonne âme.
  1350. Dans les petites boites sont les fines épices.
  1351. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.
  1352. Peu de biens, peu de soins.
  1353. Pour peu de chose, peu de plaid.
  1354. Peu à peu faut ronger et paître,
    Petit à petit l’on est maître.
  1355. Grand bien ne vient pas en peu d’heures.
  1356. Plusieurs peu font un beaucoup.
  1357. Voix du peuple, voix de Dieu.
  1358. La peur a bon pas.
  1359. La peur donne des ailes (aux talons),
  1360. Tel chante, qui a peur.
  1361. On ne saurait guérir de la peur.
  1362. Qui a peur est à demi battu.
  1363. Qui a peur des feuilles,
    N’aille au bois.
  1364. Il n’y a pas de médecin pour la peur.
    Cf. Craindre.
  1365. Qui a fait ce qu’il pouvait,
    A fait ce qu’il devait.
  1366. Dieu ne veut pas plus qu’on ne peut.
  1367. Qui fait tout ce qu’il peut,
    N’est pas tenu à davantage.
  1368. Qui peut et n’empêche, pèche.
  1369. Qui veut, peut ; et qui ose, fait.
    Cf. Vouloir.
  1370. Cheval qui piaffe n’avance guère.
  1371. Picard, bon enfant.
  1372. Picard, tête chaude.
  1373. Picard n’est fin, mais se ravise.
  1374. Pierre qui roule n’amasse pas de mousse.
  1375. Pierre à aiguiser,
    N’est pas tenue de couper.
  1376. Où il y a pigeon, pigeon y vient.
  1377. Qui a de l’argent, a des pirouettes.
    Cf. Argent.
  1378. On est sage au retour des plaids.
  1379. Il faut trois sacs à un plaideur :
    Un sac de papiers, un sac d’argent, et un sac de patience.
  1380. On plume les oies au village,
    Et les plaideurs à la ville.
  1381. Il plaide bel, qui plaide sans partie.
    Cf. Avocat, procès, procureur.
  1382. On doit plaire par mœurs,
    Et non par robe de couleurs.
  1383. Marchandise qui plaît, est à moitié vendue.
  1384. Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire,
    Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère.
  1385. Tout ce qui est plaisant, n’est pas salutaire.
  1386. Qui fait métier d’être plaisant,
    Est parfois bien déplaisant.
  1387. Nul plaisir sans peine.
  1388. Pour un plaisir, mille douleurs.
  1389. Fi du plaisir que la crainte peut corrompre!
  1390. Plaisir engendre deuil.
  1391. Le plaisir court après ceux qui le fuient.
  1392. Plaisir et bonheur, sont deux.
  1393. Pour néant plante, qui n’enclôt.
  1394. Bâtir est parfois nécessaire,
    Mais planter est toujours utile.
  1395. Ce que maître veut et valet pleure, sont larmes perdues.
  1396. En hiver, partout il pleut ;
    En été, là où Dieu veut.
  1397. S’il pleut le jour de saint Gervais (19 juin),
    Il pleut quarante jours après.
  1398. S’il pleut la veille de saint Pierre (28 juin),
    La vinée est réduite au tiers.
  1399. S’il pleut le jour de sainte Pétronille (31 mai),
    Elle est quarante jours à sécher ses guenilles.
  1400. Saint Pierre et saint Paul (29 juin) pluvieux,
    Pour trente jours dangereux.
  1401. Il faut laisser choir la pluie,
    Courir les brouillards,
    Étancher les propos.
  1402. Après la pluie, le beau temps.
  1403. Petite pluie abat grand vent.
    Cf. Saint Denis, saint Jean, saint Médard, saint Urbain.
  1404. Mieux vaut plier que rompre.
  1405. La belle plume fait le bel oiseau.
  1406. Soit à chacun sa plume belle.
  1407. Il n’y a pas de plume tombée sans oiseau plumé.
  1408. Il faut savoir plumer la poule sans la faire crier.
  1409. Nul n’est plus empêché que qui tient la queue de la poêle (sauf, toutefois, qui est dedans).
  1410. Bon poëte, mauvais homme.
  1411. Poignée de main, ne vaut pas poignée de pain.
  1412. Il faut garder une poire pour la soif.
  1413. Quand la poire est mûre, elle tombe.
  1414. Petits pois en ville (avec les riches),
    Cerises au village (avec le paysan).
  1415. Qui a pris un poisson, est pécheur.
  1416. Petit poisson deviendra grand,
    Pourvu que Dieu lui prête vie.
  1417. Les gros poissons mangent les petits.
  1418. Jeune chair, et vieux poisson.
  1419. Les meilleurs poissons
    Nagent près du fond.
  1420. Poisson d’eau douce ne descend pas à la mer.
  1421. Chaque plat de poisson est payé cinq fois au fisc,
    et une fois au pêcheur. (Proverbe hollandais ?)
    Cf. Pêcheur.
  1422. Faute d’un point, Martin perdit son âne.
  1423. Trop tranchant ne coupe pas,
    Trop pointu ne perce pas.
  1424. Qui touche la poix, s’en barbouille.
  1425. On ne manie pas la poix sans se poisser.
  1426. Mieux vaut être poltron, et vivre plus longtemps.
    (Comme dit Marot : Fi de l’honneur ! vive la vie !)
  1427. La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre.
    Cf. Poire.
  1428. A la porte où l’on donne les miches, les gueux y vont.
  1429. Porte fermée, le diable s’en va.
  1430. Qui de félon fait son portier,
    De traiteur (traître) son conselier,
    De fole femme sa moillier (épouse),
    Ne puet mourir senz encombrier.
  1431. Qui ne peut porter, traîne.
  1432. Qui se possède bien , devient maître des autres.
  1433. Possession vaut titre. (Qui possidet et contendit,
    Deum tentat et offendit.)
  1434. Les pots fêlés durent le plus longtemps.
  1435. Il ne faut pas que le pot de terre
    S’accouple avec le pot de fer.
  1436. On se salit toujours près des pots noirs.
  1437. La potence n’est faite que pour les malheureux.
  1438. Les poules pondent par le bec.
  1439. Qui veut l’œuf, doit supporter la poule.
    Cf. Plume.
  1440. Vie de pourceau, courte et bonne.
  1441. Au pourceau l’ordure ne pue point.
  1442. Le pouvoir s’avilit aussitôt qu’il compose.
  1443. Praticien passe loi et logicien.
  1444. Pratique le premier ce que tu dis aux autres.
  1445. Homme inutile vaut mieux en terre qu’en pré.
  1446. Le pré convie l’âne.
  1447. Ne plaçons notre espoir qu’en nos précautions.
  1448. Trop de précautions entraîne trop de soins.
  1449. On a beau prêcher à qui n’a cure de bien faire.
  1450. Chacun prêche pour son saint.
  1451. La précipitation est la plus grande ennemie de la véritable activité.
    Cf. Hâte.
  1452. Fruit précoce et fruit durable, sont deux.
  1453. Les premiers vont devant.
  1454. Qui premier arrive (au moulin), premier engrène.
  1455. Qui prend, se vend.
  1456. On sait ce qu’on laisse, et l’on ne sait ce qu’on prend.
  1457. A donner et à prendre,
    On peut bien se méprendre.
  1458. Ce qui est bon à prendre,
    Est bon à rendre.
  1459. Qui prend, s’engage.
  1460. Tel est pris, qui croyait prendre.
  1461. Qui a pris un œuf,
    Prendra un bœuf.
  1462. Présence d’esprit est courage.
    Cf. Absent.
  1463. Les petits présents entretiennent l’amitié (et les grands la gâtent).
  1464. A la presse vont les fous.
  1465. Qui est pressé, qu’il coure devant !
  1466. Qui prête à l’ami, perd au double.
  1467. Au prêter, ami ; au rendre, ennemi.
  1468. Qui preste, non r’a ;
    Si r’a, non tost,
    Si tost, non tout ;
    Si tout, non gré ;
    Si gré, non tel.
  1469. Au prêter, Dieu ; au rendre, diable.
  1470. Nulle chose n’est plus chère
    Que celle achetée par prière.
    Cf. Demander.
  1471. Ne parle jamais des princes :
    Si tu en dis du bien, tu mens ;
    Si tu en dis du mal, tu t’exposes.
  1472. Prince doit faire qu’on le craigne.
  1473. Les princes ont les bras et les oreilles longues.
    Cf. Roi, seigneur.
  1474. Grand’ privauté
    Engendre vileté.
  1475. Bon ami en cour,
    Rend le procès plus court.
  1476. Le meilleur procès ne vaut pas un mauvais accommodement.
    Cf. Plaider.
  1477. Ne vous tuez pour le prochain.
  1478. Qui agit par procureur est trompé en personne.
  1479. Les rois et les seigneurs
    Plaident par procureurs.
  1480. Chose prohibée,
    D’autant plus désirée.
  1481. Promesse de grand
    N’est pas testament.
  1482. On promet comme on veut,
    Et l’on tient comme on peut.
  1483. Promettre est quelque chose, Mais tenir est encore mieux.
  1484. Tel se ruine à promettre, qui s’acquitte à ne rien tenir.
  1485. Promettre et tenir, sont deux.
  1486. Qui promet tout, ne donne rien.
  1487. Promets peu, et tiens ton don.
  1488. Mieux vaut donner sans promesse,
    Que promettre sans tenir.
  1489. Qui tarde à tenir ce qu’il a promis,
    Se repent d’avoir promis.
  1490. Chose promise, chose due.
  1491. Nul n’est prophète en son pays.
  1492. Il y a une providence pour les fous, les enfants et les ivrognes.
  1493. Qui a provision, a rente.
  1494. Une puce qui naît le matin est grand’mère le soir.
  1495. Quand le puits est sec, on sait ce que vaut l’eau.

    Q

  1496. Les querelles ne dureraient pas longtemps si le tort n’était que d’un côté.
  1497. Querelles de gueux, se raccommodent à l’écuelle.
  1498. Mieux vaut pain sec et la paix,
    Que bonne chère et querelle.
  1499. Il ne faut pas quitter le certain pour l’incertain.
  1500. Quand on quitte un maréchal, il faut payer les vieux fers.
  1501. Qui quitte la partie, la perd.
  1502. Qui quitte sa place, la perd.
  1503. On sait ce que l’on quitte, et non pas ce qu’on prend.

    R

  1504. Souvent les railleurs sont raillés.
    Cf. Langue, plaisant, moqueur.
  1505. Grande déraison, de prétendre toujours avoir raison.
  1506. Qui n’écoute la raison,
    Doit se conduire au bâton.
  1507. La raison du plus fort est toujours la meilleure.
  1508. Bon atelier
    Vaut mieux que bon ratelier.
  1509. Donne au reconnaissant plus qu’il ne te demande.
  1510. Quand on ne peut plus reculer,
    Il faut savoir sauter.
  1511. Qui refuse, muse.
  1512. Il n’est règle sans exception.
  1513. Tout ce qui reluit n’est pas or.
  1514. A la saint Rémi,
    Tous perdreaux sont perdrix.
  1515. Un renard change de poil, mais non pas de nature.
  1516. Bon renard cache sa queue.
  1517. Il est avis au renard, que chacun mange poules comme lui.
  1518. Il faut coudre la peau du renard à celle du lion.
  1519. Quand le renard se met à prêcher, gare aux poules !
  1520. Bon renard ne se prend pas deux fois au même piége.
  1521. Bon renard ne mange jamais les poules de son voisin.
  1522. A la fin, le renard va chez le pelletier.
  1523. Il ne faut pas se confesser au renard.
  1524. Les montagnes ne se rencontrent point, mais les hommes se rencontrent.
  1525. Bon renom s’acquiert par bonne hantise.
    Cf. Hanter.
  1526. Acquiers bonne renommée,
    Et dors grasse matinée.
  1527. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.
  1528. Léger repas, léger sommeil.
  1529. Bon repas doit commencer par la faim.
  1530. Ceux qui viendront les derniers au repas,
    Dîneront tard, ou ne dîneront pas.
  1531. Repentance vaut mieux que peine.
  1532. Qui répond, paie.
  1533. Il ne faut pas troubler le repos des morts.
  1534. Mauvais est qui se repose,
    Quand il a empris grand’chose.
  1535. La réputation vaut une armée aux grands capitaines.
  1536. Trop grand respect,
    Est suspect.
  1537. Du dérober au restituer, on gagne trente pour cent.
  1538. Mieux vaut restreindre son estat,
    Qu’en povreté cheoir tout plat.
  1539. A beau jeu, beau retour.
  1540. Qui veut être riche au bout de l’an,
    Sera pendu à la Saint-Jean.
  1541. Celui-là est riche, qui est content.
  1542. Rien de plus orgueilleux
    Qu’un riche qui a été gueux.
  1543. N’est richesse qui honneur vaille.
  1544. Fi de richesse sans honneur !
  1545. Tel ne dit rien, qui n’en pense pas moins.
  1546. De rien l’on ne fait rien.
  1547. On ne donne rien pour rien.
  1548. Rien n’arrive pour rien.
  1549. A ne rien faire, on fait des dettes.
  1550. Il se chatouille pour se faire rire.
  1551. Rire, est toujours s’amuser.
  1552. Rire et être bien aise, sont deux.
  1553. Tel rit au main (matin), qui le soir pleure.
  1554. Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
  1555. Tel rit, qui mord.
  1556. Plus on est de fous, plus on rit.
  1557. On cherche les rieurs, et moi je les évite.
  1558. On n’est jamais bien juste à l’égard d’un rival.
  1559. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.
  1560. Qui aime saint Roch, aime son chien.
  1561. Mieux vaut s’adresser au roi qu’à ses ministres. (On dit aussi :... à Dieu qu’à ses saints.)
  1562. Aux échecs, les fous sont les plus près des rois.
  1563. A cour de roi,
    Chacun pour soi.
  1564. Volonté de roi, n’a loi.
  1565. Si veut le roi, si veut la loi.
  1566. Qui a mangé l’oie du roi,
    Cent ans après il en rend la plume.
  1567. Sergent à roi, est pair à comte.
  1568. Les rois ont de longs bras.
  1569. Devant les rois et les grands,
    Sois muet ou complaisant.
  1570. Alléguer l’impossible aux rois, c’est un abus.
  1571. Rois et dieux, mettent, quoi qu’on leur die,
    Tout en même catégorie.
    Cf. Prince, grand, seigneur.
  1572. Jamais cheval ni méchant homme,
    N’amenda pour aller à Rome.
  1573. A Rome, comme à Rome. (Si fueris Romœ, romano vivito more ; si fueris alibi, vivito sicut ibi. )
  1574. Tel vient de Rome,
    Qui ne vaut pas mieux qu’en y allant.
  1575. Tout chemin conduit à Rome
    (sauf de rester au logis).
  1576. Bon cheval ne devient jamais rosse.
  1577. Pierre qui roule, n’amasse pas de mousse.
  1578. A barbe rousse et noirs cheveux[1],
    Ne te fie si tu ne veux.
  1579. Roux, tout bons ou tout méchants.
  1580. Vainquons par valeur, ou par ruse ;
    Le succès sera notre excuse.

    S

  1581. Il ne saurait sortir du sac que ce qui y est. (Non est de sacco tanta farina tuo.)
  1582. De sac à charbon, il ne peut sortir blanche farine.
  1583. D’un sac on ne peut tirer deux moutures.
  1584. Dommage rend sage.
  1585. Être sage après coup, ce n’est pas grand’merveille.
  1586. Tout le monde sait être sage après coup.
  1587. Il n’est si sage qui ne faille.
  1588. Vent au visage, rend sage.
  1589. Il est plus aisé d’être sage pour autrui que pour soi-même.
  1590. Les plus sages ne le sont pas toujours.
  1591. Les sages sont souvent la dupe des sots.
  1592. Qui désire vivre sain.
    Dîne peu et soupe encor moins.
  1593. Tel croit être sain,
    Qui porte la mort en son sein.
  1594. A chaque saint, sa chandelle.
  1595. Saint qui ne guérit de rien,
    N’a guère de pèlerins.
  1596. Il n’est si petit saint qui ne veuille avoir son offrande.
  1597. Foi de Saintongeois,
    Foi de Carthaginois. (Peut-être à cause du calvinisme de la Rochelle. )
  1598. On n’est jamais sali que par la boue.
    Cf. Poix, pots.
  1599. Bon sang ne peut mentir.
  1600. Qui n’a santé, n’a rien.
    Cf. Sain.
  1601. La sauce fait manger le poisson.
  1602. De savoir, vient avoir.
  1603. On peut perdre ami et avoir,
    Mais on ne perd pas le savoir.
  1604. Trois savoirs gouvernent le monde :
    Le savoir, le savoir-vivre, et le savoir-faire ;
    Et le dernier tient souvent lieu des deux autres.
  1605. Il n’importe combien on sait, mais comment on sait.
  1606. Qui ne sait rien, ne douta de rien.
  1607. La science n’est pour rien gâter.
  1608. La science est bonne drogue,
    Mais elle dépend du vase.
  1609. Le secret est l’âme des affaires.
  1610. Rien ne pèse tant qu’un secret.
  1611. Ce que l’on ne confie à personne, est plus secret que ce que l’on confie au plus discret des hommes.
  1612. Mieux vaut séduire que sévir.
  1613. Un seigneur de paille, feurre, ou beurre,
    Vainc et mange un vassal d’acier.
  1614. Tant que le seigneur dort, le vassal veille ;
    Et tant que le vassal dort, le seigneur veille. (Se disait des services et fruits du fief, faute de quoi la terre pouvait être saisie.)
  1615. A grand seigneur, peu de paroles.
  1616. De grand seigneur, grand fleuve, et grand chemin
    Fuis, si tu peux, d’être voisin.
    Cf. Grand, prince, roi.
  1617. Entre deux selles, le cul à terre.
  1618. Qui sème clair, récolte épais ;
    Qui sème épais, récolte clair.
  1619. Qui sème trop épais, vide son grenier.
  1620. Il vaut mieux semer moins et labourer davantage.
  1621. Il ne faut pas laisser de semer, par crainte des pigeons.
  1622. Avec du bon sens, le reste vient.
  1623. Avec hommes de bon sens,
    Il y a ressource souvent.
  1624. Pour trop serrer l’anguille, on la perd.
  1625. Tout sert au besoin.
  1626. Il n’y a qu’un mot qui serve.
  1627. Assez, demande qui bien sert (et se tait. — Cest-à-dire que cela devrait être).
  1628. Le mieux servi n’est pas celui
    Qui au bout de ses bras met les mains d’autrui.
  1629. On n’est jamais si bien servi que par soi-même.
  1630. Qui prend service (reçoit un bienfait), et guerredon (retour) ne rend,
    Jugé doit être comme larron qu’on pend.
  1631. N’était le si et le mais,
    Nous serions tous parfaits.
  1632. Qui n’a pas de siége, s’accote contre le mur.
  1633. A chacun le sien, n’est pas trop.
  1634. Le silence est pris pour un aveu.
    Cf. Taire, parler.
  1635. Chacun chez soi, c’est le meilleur.
  1636. Le défaut de soin nuit plus que le défaut de savoir.
  1637. Rouge soir et blanc matin,
    C’est la journée du pèlerin.
  1638. Le soleil luit pour tout le monde.
  1639. Ce n’est pas tout d’avoir bonne cause,
    Il faut encore savoir solliciter.
  1640. On est mieux seul qu’avec un sot.
  1641. Les jeunes gens disent ce qu’ils font,
    Les vieillards ce qu’ils ont fait,
    Et les sots ce qu’ils feront.
  1642. Le sot forge lui-même des contes,
    Pour puis après y croire.
  1643. Un sot savant est plus sot qu’un sot ignorant.
  1644. Il n’est si sot qui n’ait sa ruse.
  1645. Les grandes noces font les sots,
    Et le sage y est sans écot.
  1646. De sottise faite à plaisir,
    On se repent à loisir.
  1647. Nul n’est censé avoir voulu faire une sottise.
  1648. Sottise, orgueil, et ne rien faire ,
    Lèvent plus d’impôts que la guerre.
    Cf. Fou.
  1649. Vivent les gens d’esprit pour faire des sottises !
  1650. Qui se soucie, malencontre lui vient.
  1651. Je ne me soucie pas qui fera les vignes après ma mort.
    Cf. Précaution, mélancolie, chagrin.
  1652. De soubdain vouloir, longue repentance.
  1653. Souffrance et accoutumance,
    Est deshéritance.
  1654. Souffre ce qu’amender ne peus.
  1655. Onques souhaits n’emplirent sac.
  1656. Le roi des souhaits est mort à l’hôpital.
  1657. Si souhaits fussent vrais,
    Pastoureaux rois seraient.
  1658. Après le fait,
    Ne vaut le souhait.
  1659. Quand les cochons sont soûls,
    ils renversent le baquet.
  1660. A merle soûl cerises sont amères.
  1661. Mieux vaut user des souliers que des draps.
  1662. Cœur qui soupire, n’a pas ce qu’il désire.
  1663. Il n’est pire sourd que qui ne veut pas ouïr.
  1664. Souris qui n’a qu’un trou, est bientôt prise.
  1665. Ce qui ne fut, ni ne sera,
    C’est le nid d’une souris dans l’oreille d’un chat.
  1666. Mieux vaut suer que grelotter. ( Trop chaud, que trop froid.)
  1667. Ce qui suffit, ne suffit pas.
  1668. Qui n’a suffisance, n’a rien.
  1669. Il n’est de sûr que ce qu’on tient.
  1670. Deux sûretés valent mieux qu’une.
  1671. Ne pas surveiller ses gens,
    C’est leur livrer son argent.
  1672. Suzerain de paille, emporte vassal de fer.
    Cf. Seigneur.

    T

  1673. Table vaut bien école.
  1674. On ne vieillit pas à table.
  1675. De toute taille bons lévriers.
  1676. Il est bon de parler et meilleur de se taire.
  1677. Qui ne sait rien, est un habile homme, quand il sait se taire.
  1678. On se tait plus par jugement, que par bêtise.
  1679. Qui ne sait se taire, ne sait dire.
  1680. Ce qui vient par la flûte, s’en va par le tambour.
  1681. Tarder, en fait de labourage,
    Est la ruine du ménage.
  1682. Taverne est la fosse au diable.
  1683. Témoins passent lettres.
  1684. La simple honnêteté est la meilleure politesse ;
    Et la tempérance, le meilleur médecin.
  1685. L’homme ne fait rien sans le temps.
    Ni le temps sans l’homme.
  1686. Rien ne sert de courir,
    il faut partir à temps.
  1687. Il faut prendre le temps comme il vient.
  1688. Le temps passé ne revient jamais plus.
  1689. Le temps ne maintient que ce qu’il a élevé.
  1690. Entretien sur le temps,
    Entretien de sottes gens.
  1691. Rien ne se fait sans le temps.
  1692. Perte de temps,
    Pis que perte d’argent.
  1693. Il y a temps pour l’âne, et temps pour le meunier.
  1694. Ce que nous appelons assez de temps, se trouve souvent trop court.
  1695. Si vous aimez la vie, ne dissipez pas le temps ; car la vie en est faite.
  1696. Il faut prendre le temps comme il vient,
    Les hommes comme ils sont,
    L’argent pour ce qu’il vaut.
  1697. Mieux vaut tenir que courir.
  1698. Qui est bien, qu’il s’y tienne.
  1699. Nous sommes bien, tenons-nous-y ; Peut-être ailleurs serions-nous pis.
  1700. Autant pèche celui qui tient le sac, que celui qui met dedans.
  1701. Qui a terme, ne doit rien.
  1702. Qui terre a, guerre a.
  1703. La terre rend ce qu’on lui donne.
  1704. Grosse tête, peu de sens.
  1705. Grosse tête et petit cou,
    C’est le commencement d’un fou.
  1706. Mauvaise tête, bon cœur.
  1707. Qui n’a pas de tête, n’a que faire de bonnet.
  1708. Tête froide, ventre libre et pieds chauds,
    Sûrs remèdes à tous les maux.
  1709. Il tombe sur le dos et se casse le nez.
  1710. Ce qui tombe dans le fossé, est pour le soldat.
  1711. C’est le ton qui fait la chanson.
  1712. Qui trop tond son bestial, il se déçoit.
  1713. Tonneau plein,
    N’en résonne que moins.
  1714. Assez tôt se fait
    Ce qui bien se fait. ( Sat cito, qui sat bene.)
  1715. De Tourangeaux et Angevins,
    Bons fruits, bons esprits, et bons vins.
  1716. De la Toussaint à la fin de l’Avent,
    Jamais trop de pluie ou de vent.
  1717. Tout passe,
    Tout casse,
    Tout lasse.
  1718. La rouille use plus que le travail.
  1719. Le travail vient à bout de tout.
  1720. La montagne en travail enfante une souris.
  1721. Travaillez, prenez de la peine,
    C’est le fond qui manque le moins.
  1722. Qui travaille, prie.
  1723. Les trésoriers sont les éponges des rois.
  1724. Tel tribunal, telle déposition.
  1725. La tricherie ( déloyauté ) retourne à son maître.
  1726. Il ne faut jamais s’étonner, qu’on ne voie ses tripes dans son giron.
  1727. A la trogne,
    On connaît l’ivrogne.
  1728. Il n’y a que ceux qui ne font rien,
    Qui ne se trompent point.
  1729. Le vrai moyen d’être trompé,
    C’est de se croire plus fin que les autres.
  1730. Qui trompe aux épingles, trompera aux écus.
  1731. C’est un double plaisir, de tromper le trompeur.
  1732. A trompeur, trompeur et demi.
  1733. Le trop d’expédients peut gâter une affaire.
  1734. Qui prouve trop, ne prouve rien.
  1735. Qui trop embrasse, mal étreint.
  1736. Autant de trous, autant de chevilles.
  1737. Les étourneaux sont maigres
    Parce qu’ils vont en troupe.

    U

  1738. Voix d’un, voix de n’un ( d’aucun. — Testis unus, testis nullus).
  1739. Une fois, n’est pas coutume.
  1740. Erbinet (saint Urbain, 25 mai), le pire de tous quand il s’y met ;
    Car il casse le robinet.
    Cf. Pluie.

    V

  1741. Qui s’en va, se fait oublier.
  1742. Qui va, lèche ;
    Qui repose, sèche.
  1743. A la tannerie, tous bœufs sont vaches ; et à la boucherie, toutes vaches sont bœufs.
  1744. Où la vache est attachée, il faut qu’elle broute.
  1745. Il ne faut qu’une queue de vache pour atteindre au ciel, mais moyennant qu’elle soit longue.
  1746. Vache, de loin, a lait assez.
  1747. Viendra le temps que les vaches auront affaire de leurs queues.
  1748. Vaillant et veillant.
  1749. A vaillant homme, courte épée.
  1750. A cœur vaillant, rien d’impossible.
  1751. Tant vaut la chose qu’elle se peut vendre.
  1752. Tant vaut la chose comme on peut en avoir.
  1753. Quand on sait ce que vaut l’aune, on y met Ie prix.
  1754. Tant vaut l’homme, tant vaut la terre.
  1755. Une once de vanité gâte un quintal de mérite.
  1756. Il n’y a que les sots qui se vantent.
  1757. En grande vanterie,
    Grande menterie.
  1758. Varier les occupations,
    Est à l’esprit récréation.
  1759. Dans un grand vase on met ce que l’on veut
    Et dans un petit ce qu’on peut.
  1760. Jeune qui veille, et vieux qui dort,
    Sont tous deux près de la mort.
  1761. A qui veille, tout se révèle.
  1762. Les velours et les galons
    Refroidissent le chaudron.
  1763. Tel vend, qui ne livre pas.
  1764. Qui vend le pot,
    Dit le mot.
  1765. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait pris.
  1766. Mieux vaut vendre de la marchandise, que de se vendre.
  1767. L’on n’a pas plutôt vendu la chose, qu’on n’y a plus rien.
  1768. De male vente,
    Telle rente.
  1769. Vente, mort et mariage,
    Résolvent tout louage.
  1770. Selon le vent, la voile.
  1771. On ne peut pas empêcher le vent de venter.
  1772. Il n’y a pas de mauvais pilote quand le vent est bon.
  1773. Si le vent vient t’atteindre à travers une fente,
    Dicte ton testament et règle ta conscience.
  1774. Tout fait ventre,
    Pourvu qu’il entre.
  1775. Ne fais pas four de ton bonnet,
    Ni de ton ventre, jardinet.
  1776. Robe de velours, ventre de son.
    Cf. Velours.
  1777. Le plus petit ver se recoquille quand on le presse.
  1778. Jamais on n’avance les verges dont on est battu.
  1779. Toute vérité n’est pas bonne à dire. (Ou, vieille forme : Tout voir ne sont bel a dire. )
  1780. Le dire voir (vrai) est moult doubteux (dangereux),
    Mentir n’est pas si périlleux,
    En la coutume de l’empire (des cours).
  1781. La vérité surnage comme l’huile.
  1782. La vérité est amère, mais ne laisse pas de s’avaler.
  1783. Il n’y a que la vérité qui offense.
  1784. Qui casse les verres, les paie.
  1785. Il n’est bois si vert qui ne s’allume.
  1786. La vertu consiste dans le milieu.
  1787. Tel est mal vêtu,
    Qui est fourré de vertus.
  1788. Il n’y a point de viande sans os.
  1789. En toute viande il y a du gras et du maigre.
  1790. La viande prie les gens.
  1791. Le plus grand commencement de la victoire, c’est de pourvoir à n’être pas vaincu.
  1792. Telle vie, telle fin.
  1793. On a toujours plus de bien que de vie.
  1794. Quiconque a sa vie en mépris,
    Est maître de celle d’autrui.
  1795. Mets ta vie pour ton honneur,
    Et tous deux pour ton Créateur.
  1796. Il faut faire vie qui dure.
  1797. Qui vit, peut vivre.
  1798. N’est bien de vivre, mais bien vivre.
  1799. A vivre, on acquiert de l’âge.
  1800. A vivre, on apprend toujours quelque chose.
  1801. Pour vivre longtemps, il faut être vieux de bonne heure.
  1802. Il n’est que vivre et avoir du mérite.
  1803. Toujours fait bon vivre du sien.
  1804. Il faut vouloir vivre,
    Et savoir mourir.
  1805. L’enfant et le vieillard aiment qu’on les écoute.
  1806. A vieille mule, frein doré.
  1807. Les vieilles savent faire bonne soupe.
  1808. Il faut vieillir, ou mourir jeune.
  1809. En vieillissant, on devient plus sage ou plus sot.
  1810. Pour être vieux longtemps, il faut l’être de bonne heure
  1811. Boisson de vieux vin, conseil de vieilles gens.
  1812. Vieux bœuf fait sillon droit.
  1813. Il n’est chasse que de vieux chiens.
  1814. Il n’est miracle que de vieux saints.
  1815. Quand le diable est vieux, il se fait ermite.
  1816. Graissez les bottes d’un vilain,
    Il dira qu’on les brûle.
  1817. Poignez vilain , et vous oindra ;
    Oignez vilain, et vous poindra.
  1818. Peine de vilain n’est pour rien comptée.
  1819. Tous gentilshommes sont cousins,
    Et tous vilains, compères.
  1820. A gens de village, trompette de bois.
  1821. ( Villes ) : Rome la sainte, Bologne la docte, Gènes la superbe, Florence la belle, Venise la riche.
  1822. Paris pour voir,
    Lyon pour avoir,
    Toulouse pour apprendre
    Et Bordeaux pour despendre (dépenser).
  1823. Après bon vin, bon cheval.
  1824. C’est du bon vin que se fait le plus fort vinaigre.
  1825. Vin versé, n’est pas avalé.
  1826. Le vin est le lait des vieillards.
  1827. Vin sur lait, bien fait ;
    Lait sur vin, venin.
  1828. Après la soupe, un verre de vin
    Ote une visite au médecin.
  1829. Vin tiré, il faut le boire.
  1830. Bon vin n’a pas besoin d’enseigne.
  1831. Le bon vin
    Fait parler latin.
  1832. Bien met l’argent, qui en bon vin l’emploie.
  1833. Vin de trois vertus (qui mouille, lave et rafraîchit), et d’aucune force.
  1834. Vinaigre donné, vaut mieux que vin acheté.
  1835. S’il pleut le jour de Saint-Vincent ( 22 janvier ),
    Le vin monte au sarment ;
    Quand il gèle, il en descend.
  1836. A la Saint-Vincent, clair et beau,
    Autant de vin que d’eau.
  1837. A la Saint-Vincent,
    L’hiver s’en va, ou il reprend.
  1838. Ce qui est violent ne dure pas.
  1839. Qui paie les violons ne danse pas toujours.
  1840. Mieux vaut bien faire, que faire vite.
  1841. Selon le vent, la voile.
  1842. On tend les voiles du côté que vient le vent.
  1843. Mange bien des mouches, qui n’y voit pas.
  1844. Ce que le cœur ne voit pas, le cœur n’y rêve guère.
  1845. Chose trop vue
    N’est pas chère tenue.
  1846. Qui a bon voisin, a bon matin.
  1847. Qui a félon voisin,
    A mauvais matin.
  1848. Il n’est voisin qui ne voisine.
  1849. Il ne faut pas voler avant d’avoir des ailes.
  1850. Qui vole une fois, est appelé voleur.
  1851. Voler un voleur, n’est pas voler.
  1852. La paix pend les voleurs,
    Et la guerre les met en honneur.
  1853. Jusqu’à une souris effraie un voleur.
  1854. Quand les voleurs se brouillent,
    Les vols se découvrent.
    Cf. Larron.
  1855. Bonne volonté est réputée pour le fait.
  1856. Les grandes âmes ont des volontés,
    Les autres n’ont que des velléités.
  1857. Le vouloir fait le pouvoir.
  1858. Mieux vaut dire : Veux-tu du mien,
    Que non pas : Donne-moi du tien.
  1859. Fol est qui veut ce qu’il ne peut avoir.
  1860. Qui veut, peut ; et qui ose, fait.
  1861. Qui veut voyager loin, ménage sa monture.

    Y

  1862. Tel a beaux yeux, qui n’y voit goutte.
  1863. Mal d’yeux, guéris-le avec le coude.
  1864. Quatre yeux voient mieux que deux.
  1865. Les yeux sont le miroir de l’âme.
  1866. Loin des yeux, loin du cœur.
  1867. Il a les yeux plus gros que le ventre. (Ou :... plus gros yeux que gros ventre.)
    Cf. Œil, voir.

    Z

  1868. Mieux vaut moins de zèle,
    Et plus de sel.
  1869. Je pose zéro, et retiens tout.< br>
    Proverbes Russes


    A

  1870. Tout moine ne peut être abbé
  1871. Abeilles sans reine, ruche perdue.
  1872. Accord vaut mieux qu’argent.
  1873. Où va l’aiguille, le fil suit.
  1874. Il aime, comme le loup aime la brebis.
  1875. Aimer un méchant, c’est se perdre.
  1876. Tout est amer à qui a du fiel dans la bouche.
  1877. On n’est jamais ami par force.
  1878. Pour un ami , sept verstes ne font pas un détour.
  1879. Cherche un ami avec soin ;
    L’as-tu trouvé, garde-le bien.
  1880. Ton ami te fait un château,
    Et ton ennemi, un tombeau.
  1881. Au festin et au cabaret, beaucoup d’amis.
  1882. Ne te fie pas à l’amitié d’un bouffon.
  1883. Vécusses-tu un sciècle, apprends toujours.
  1884. Le filet pour l’oiseau, l’argent pour l’homme.
  1885. Garde ton argent
    Pour le mauvais temps.
  1886. Le pain est cher quand l’argent manque.
  1887. Arracher, mais se sauver.
  1888. Sept n’attendent pas un.
  1889. Sois attentif, mais sois discret.
  1890. On ne vit pas longtemps avec l’esprit d’autrui.
  1891. Il couvre le toit d’autrui, et le sien est percé.
  1892. En mains d’autrui, le morceau est toujours gros.
  1893. Il est facile de payer avec l’argent d’autrui.
  1894. Le fardeau est léger sur l’épaule d’autrui.
  1895. Avarice n’est pas bêtise.

    B

  1896. N’emporte pas les balayures du logis. (La chronique intime du ménage.)
  1897. La barbe n’amène pas toujours la sagesse.
  1898. Après la bataille, bien des braves.
  1899. Le tombeau redresse un bossu ;
    Et le bâton, un méchant.
  1900. Sans berger, brebis ne font pas troupeau.
  1901. Qui n’a pas senti le besoin, ne connaît pas le bonheur.
  1902. Besoin n’attend pas le beau temps.
  1903. Ne blâme pas ce que tu ne saurais louer.
  1904. A bois noueux, hache affilée.
  1905. Si tu n’allumes pas le bois, il ne brûlera pas.
  1906. Mieux vaut être boiteux que toujours assis.
  1907. A force de bonnes, l’enfant est devenu aveugle.
  1908. On tond une brebis, l’autre attend son tour.

    C

  1909. La chose casse où elle est mince.
  1910. La rouille ronge le fer ; et les chagrins, le cœur.
  1911. Jeux de chats, pleurs de souris.
  1912. La bande est forte par le chef.
  1913. Cher, mais bon ; bon marché, mais gâté.
  1914. Cheval mal nourri, ne va pas loin.
  1915. Le cheval ne vaut pas l’avoine.
  1916. Chien hargneux, proie de loup.
  1917. Par le poil on nomme le chien.
  1918. Chien sournois
    Mord en tapinois.
  1919. A un même clou
    Tu ne pendras pas tout.
  1920. Commerce sans intelligence, argent au hasard.
  1921. Plus tu conduis loin le voyageur,
    Plus tu verseras de pleurs.
  1922. Il a visé un corbeau, et tué une vache.
  1923. Vieux corbeau
    Ne croasse pas à faux.
  1924. Si tu as saisi la corde, ne dis pas que les forces te manquent.
  1925. Tu recevras une corde, et tu rendras une courroie.
  1926. Ne mets pas un couteau dans la main d’un furieux.
  1927. Cuillère sèche déchire la bouche.
  1928. Ce n’est pas le champ qui nourrit, c’est la culture.

    D

  1929. Le beau moment d’une dette, c’est quand on la paie.
  1930. Où il y en a deux, qu’un troisième ne vienne.
  1931. Ce que Dieu a mouillé, il peut le sécher.
  1932. Il fait bon disputer quand on a des témoins.
  1933. Sur un lit mollet, on peut dormir durement.

    E

  1934. Ne descends pas dans l’eau sans connaître le gué.
  1935. Économie vaut mieux que profit.
  1936. Mieux vaut de l’eau chez l’ami,
    Qu’hydromel chez l’ennemi.
  1937. Ensemble, querelles ; séparés, supplice. (Nec tecum possum vivere, nec sine te.)
  1938. Bête épouvantée, court plus loin.
  1939. L’été recueille, et l’hiver mange.
  1940. Une année n’a pas deux étés.
  1941. En été prépare le traîneau,
    Et en hiver le chariot.

    F

  1942. La faux a rencontré une pierre.
  1943. Qui se réjouit de voir venir la fête, est ivre avant le jour.
  1944. Suis le fil, tu atteindras le peloton.
  1945. La fille est bonne si la mère la loue.
  1946. Parole flatteuse,
    Plus que bâton dangereuse.
  1947. Veau qui flatte, tette deux mères.
  1948. Tirer sur une pierre, c’est perdre ses flèches.
  1949. Plus on avance dans la forêt, plus le bois est grand.
  1950. A génisse qui frappe de la tête,
    Dieu ne donnera pas de cornes.
  1951. On ne sème ni ne plante les fous,
    Ils croissent d’eux-mêmes.
  1952. Un chemin pour qui fuit,
    Et cent, pour qui le poursuit.

    G - L

  1953. En cueillant grain à grain, tu empliras ton panier.
  1954. On vous reçoit selon l’habit,
    Et l’on vous reconduit selon l’esprit.
  1955. La langue est sans os, on la tourne comme on veut.
  1956. Le limaçon vient, quand arrivera-t-il ?
  1957. Louange, pour un sot,
    Vaut mieux que cadeau.
  1958. Apprivoise le loup, il rêvera toujours au bois.
  1959. On ne bat pas le loup parce qu’il est gris,
    Mais parce qu’il a mangé la brebis.
  1960. Cheval sur ses gardes ne sera pas mangé du loup.
  1961. Malheur aux brebis quand le loup est leur gardien.
  1962. Loup affamé brise le loquet.

    M

  1963. Mains blanches aiment le travail d’autrui.
  1964. Une main perd l’autre, un pied fait lever l’autre.
  1965. Le malheur est voisin de la sottise.
  1966. Tel donne à manger avec le cuilleron, qui crève les yeux avec la spatule.
  1967. Mange ou ne mange pas.
    On te le comptera pour un repas.
  1968. Le maréchal forge des pinces pour ne pas se brûler.
  1969. La vieillesse est plus sage que la jeunesse,
    Mais le matin est plus sage que le soir.
  1970. Un grand merci ne se met pas en poche.
  1971. Mesure dix fois, mais ne coupe qu’une.
  1972. Un petit mot
    Peut briser les os.
  1973. On ne joue pas avec ce qui fait mourir.
  1974. Prépare-toi à mourir, mais ne renvoie pas tes semailles.
  1975. On ne meurt pas deux fois, mais on ne l’échappe pas une.

    O - P

  1976. Ne touche pas à l’ouvrage de ton journalier, mais ne t’en éloigne pas.
  1977. Pain en voyage, n’est pas fardeau.
  1978. Sans plat, sans pain, nulle bonne compagnie.
  1979. Veux-tu manger du pain, ne reste pas assis sur le four.
  1980. Avec un morceau de pain
    On trouve le paradis sous un sapin.
  1981. Il est toujours fête pour un paresseux.
  1982. En parlant peu, tu entends davantage.
  1983. As-tu donné parole ? tiens-la ;
    Ne l’as-tu pas donnée ? tiens bon.
  1984. Parole n’est pas flèche
    Et n’en perce que mieux.
  1985. Patiente, Cosaque, tu deviendras hetman.
  1986. Plutôt pauvre (et libre), que riche et serf.
  1987. Une bouchée pour un pauvre est un grand morceau.
  1988. L’orgueil va au pauvre, comme la selle à une vache.
  1989. Pauvreté n’ôte ni l’esprit ni l’honneur.
  1990. Pitié pour le crime, c’est cruauté contre la vertu.
  1991. Plaider pour une bagatelle,
    C’est perdre plus qu’elle ne vaut.
  1992. Ne lutte pas contre un homme fort,
    Ne plaide pas contre un riche.
  1993. Si l’enfant ne pleure pas,
    La mère ne le comprend pas.
  1994. Si tu ne prêtes pas, inimitié ;
    Si tu prêtes, procès éternel.
  1995. Prière et service, Dieu et le prince récompenseront.
  1996. Ne crache pas dans le puits, il peut se faire que tu en boives.
  1997. Ne te tiens pas à la queue, si tu as lâché la crinière.

    Q - S

  1998. Rassasié n’entend pas affamé.
  1999. Telle vie, telle réputation.
  2000. La rivière est basse, mais les bords sont hauts.
  2001. Avec une cuillère on ne tarit pas la rivière.
  2002. On ne peut saisir tout ce qui flotte sur la rivière.
  2003. Fais asseoir le serf à ta table, il mettra les pieds dessus.
  2004. Appelle frère un serf, il voudra s’appeler père.
  2005. Quoi qu’on mette dans le sac, le serf le porte.
  2006. Bon silence vaut mieux que mauvaise dispute.
  2007. La pierre qu’un sot a jetée dans la mer,
    Cent sages ne l’en retireront point.
  2008. Théodora est grande, mais elle est sotte.
  2009. Tu ne partageras pas ce que tu auras trouvé en la compagnie d’un sot.
  2010. Qui se sauve du soleil, aura toujours froid.
  2011. Il n’y a pas deux messes pour un sourd.

    T - V

  2012. A bonne tête, cent mains.
  2013. Tête sans esprit, tête de statue.
  2014. Tonneau sans fond, tu ne rempliras pas.
  2015. Si le tonnerre n’éclate pas,
    Le paysan ne fait pas le signe de la croix.
  2016. A grand vaisseau, grand voyage.
  2017. A dire la vérité, on perd l’amitié.
  2018. Passer la vie, n’est pas traverser une plaine.
  2019. Tu ne traversas pas la vie sans quelque accroc.
  2020. Visite rare, aimable convive.
  2021. N’achète pas la maison, mais achète le voisin.
  2022. L’œil le voit bien, mais la dent ne l’a pas.
  2023. Qui vole, pèche une fois ;
    Qui est volé, pèche dix.
  2024. Le voleur ne vole pas toujours, mais prends-y toujours garde.
  2025. Épargner le voleur, c’est perdre l’honnête homme.

    Proverbes chinois
  2026. Qui n’a rien dans son assiette, regarde au plat
  2027. Les tuiles qui garantissent de la pluie ont été faites dans le beau temps.
  2028. Avec le temps et la patience, la feuille du mûrier devient satin.
  2029. Les plus jolis oiseaux sont en cage.
  2030. Il n’y a point de rose de cent jours.
  2031. Beau tableau paie son cadre.
  2032. Quand les cuisiniers se battent, tout se refroidit ou se brûle.
  2033. Fruit mûr tombe de lui-même.
  2034. Il n’y a que les fous et les Européens qui voyagent.
  2035. Qui a soif, rêve qu’il boit.
  2036. Qui n’a pas de bonnet, ne craint pas de s’enrhumer.
  2037. Les beaux chemins ne vont pas loin.
  2038. Qui est borgne, plaint les aveugles.
  2039. L’œil le plus juste ne vaut pas une règle.
  2040. Qui est aveugle, entend mal.
  2041. Bride de cheval ne va pas à un âne.
  2042. A chaque coffre sa clé, on les ouvrira tous.
  2043. Prétendre contenter ses désirs par la possession, c’est compter qu’on étouffera le feu avec de la paille.
  2044. On connaît le cheval en chemin, et le cavalier à l’auberge.
  2045. Agneau en peau de tigre, craint encore le loup.
  2046. Qui voit le ciel dans l’eau, voit les poissons sur les arbres.
  2047. Le plus gros brin de chanvre ne saurait faire un cable.
  2048. Ce ne sont pas les puces des chiens qui font miauler les chats.
  2049. Qui ne peut pas dormir, trouve son lit mal fait.
  2050. Lorsque l’on tombe, ce n’est pas le pied qui a tort.
  2051. Qui bat les buissons, fait sortir les couleuvres.
  2052. N’attends pas des autres ce que tu ne veux pas leur promettre.
  2053. Quand le peigne est trop fin, il arrache les cheveux.
  2054. Ce n’est pas faute de voir loin, que l’on tombe.
  2055. Il ne faut pas attendre la soif pour tirer l’eau du puits.
  2056. Qui suit le villageois, ira au village.
  2057. Qui est à cheval sur un tigre, n’en descend pas aisément. ( Teneo lupum auribus. )
  2058. Le bœuf mange la paille, et la souris le blé.
  2059. Oiseau qui chante n’a pas soif ; agneau qui bêle veut teter.
  2060. Il n’est si bon miroir que plus belle que soi.
  2061. Tout bois est gris quand il est réduit en cendres,
  2062. Gagner un procès, c’est acquérir une poule en perdant une vache.
  2063. Les nuages passent, mais la pluie reste.
  2064. Qui voit l’orage dans les nuées, ne sera pas mouillé.
  2065. Qui a dix lieues à faire, doit compter neuf pour la moitié.
  2066. Vent arrière et beau temps rapprochent les écueils.
  2067. Arbre renversé par le vent, avait plus de branches que de racines.
  2068. Les plats du premier service sont toujours les plus chauds.
  2069. Fleuve paisible, rives fleuries.
  2070. Chien au chenil aboie à ses puces,
    Chien qui chasse ne les sent pas.
  2071. Cœur gâté, bouche puante.
  2072. Le pied de la lampe est le moins éclairé.
  2073. Peu de paroles, peu d’affaires.
  2074. Un champ de mille ans, compte plus de huit cents (onze cents ?) maîtres.
  2075. Qui a les mains gelées ne trouve pas l’écuelle trop chaude.
  2076. Qui donne du mauvais vin à ses hôtes, ne boit chez eux que du thé.
  2077. Qui se laisse donner, n’est pas bon à prendre.
  2078. La rose n’a d’épines que pour qui veut la cueillir.
  2079. Quand tout le monde a dîné, il n’y a plus de différence que dans les écots.
  2080. La porte la mieux fermée, est celle qu’on peut laisser ouverte.
  2081. Porte battante se déjette,
    Maître indolent est mal servi.
  2082. Qui élargit son cœur, rétrécit sa bouche.
  2083. Que de bons jours qui n’ont pas de bons soirs !
  2084. Le plus beau lendemain ne nous rend pas la veille.
  2085. À femme hargneuse, mari brutal.
  2086. La gravité n’est que l’écorce de la sagesse, mais elle la conserve.
  2087. Qui boit sans soif, fera diète malgré son appétit.
  2088. Dès qu’il s’agit d’argent et de comptes, finissez tout, ou vous ne finirez rien.
  2089. Qui ne sait par où il est venu, ne saura par où s’en aller.
  2090. Qui bat le chien, doit songer au maître.
  2091. Chaumière où l’on rit, vaut mieux que palais où l’on pleure.
  2092. Il n’y a point de soleil pour les aveugles ni de tonnerre pour les sourds, s’ils ne veulent pas en croire aux autres.
  2093. Chien qui relève la queue, méprise son ennemi ; tigre qui la baisse, va le dévorer.
  2094. Plus le piédestal est beau, plus la statue doit l’être.
  2095. Un courrier a plus tôt fait une lieue, que le paresseux n’a fini d’ouvrir un œil.
  2096. Qui est ce qu’il paraît, fera ce qu’il a promis.
  2097. Mieux vaut mécontenter par cent refus, que de manquer à une seule promesse.
  2098. Les réflexions qui descendent dans le cœur, mènent plus loin que celles qui vont au bout du monde.
  2099. Quel est l’homme le plus insupportable ? Celui qu’on a offensé, et à qui l’on ne peut rien reprocher.
  2100. Le matin, pluie et boue ; le soir, vent et poussière ; hier froid, demain chaud ; voilà comme on voyage, même sans sortir de chez soi.
  2101. Mieux vaut essuyer une larme du paysan, que d’obtenir cent sourires du ministre.
  2102. Les revenants viendront toujours si les domestiques s’entendent.
  2103. Il n’y a de tache qu’en un endroit, et tout l’habit est gâté.
  2104. Il n’est métal si dur que le feu n’amollisse, ni affaire si mauvaise que l’argent n’accommode.
  2105. C’est dormir toute la vie, que de croire à ses rêves.
  2106. Qui a fermé sa porte, est au fond des déserts.
  2107. La mémoire peut contrefaire l’esprit, mais non le suppléer ; mille souvenirs ne donnent pas une pensée.
  2108. La mère la plus heureuse en filles, est celle qui n’a que des garçons.
  2109. Siècle de luxure : siècle de faussetés, d’erreurs et de chimères.
  2110. Le médecin guérit des maladies, mais non pas de la mort ; il est comme le toit, qui garantit de la pluie, mais non pas du tonnerre.
  2111. La science est toujours utile, on ne perd pas le temps employé à l’acquérir.
  2112. Les siècles où l’on a nié le plus de vérités, sont ceux où l’on a rêvé le plus de fables.
  2113. Si la cuisine n’est pas un art dans les campagnes, la pharmacie n’y est pas une science.
  2114. Nul n’a si peur des revenants que qui ne croit pas aux esprits.
  2115. Plus le méchant est riche, puissant et honoré, plus l’extinction de sa race est assurée.
  2116. Plus les repentirs sont prompts, plus ils en épargnent d’inutiles.
  2117. Il en est du génie, du talent et de la science, comme de la vertu : plus ils attirent les regards, plus ils menacent ruine.
  2118. Qui se craint lui-même, n’a plus rien à craindre.
  2119. L’usage du monde conduit à la défiance,
    La défiance mène aux soupçons,
    Les soupçons mènent à la finesse,
    La finesse à la méchanceté,
    Et la méchanceté à tout.
  2120. Il faut être bien sage ou bien borné pour ne rien changer à ses pensées.
  2121. La lance la plus émoussée, est celle dont la poignée est rompue.
  2122. Un jour en vaut trois pour qui fait chaque chose en son temps.
  2123. Les âmes peuvent être plus nobles que le sang ; témoin l’esclave qui disait : « J’étoufferais mon fils sur-le-champ, si je soupçonnais qu’il dût ressembler un instant à mon maître. »
  2124. Qui s’endort en médisant, se réveille calomnié.
  2125. Il faut croire ses domestiques, et ne pas les écouter.
  2126. Qui connaît son cœur, se défie de ses yeux.
  2127. Qui médit de moi en secret, me craint ;
    Qui me loue en face, me méprise.
  2128. Qui est embarrassé de son loisir, est toujours accablé d’affaires.
  2129. Les profits injustes sont comme la fausse monnaie ; plus on en a, plus on risque.
  2130. Qui cède le haut du pavé, s’élargit le chemin.
  2131. Plus on approche de l’ennemi, plus les tigres de cour deviennent agneaux.
  2132. Les fautes les mieux reprises, sont celles dont on fait rougir par ses exemples.
  2133. Les tombeaux s’ouvrent à chaque instant, et se ferment pour toujours.
  2134. Qui emprunte pour bâtir, bâtit pour vendre.
  2135. Qui ment trois fois, n’est pas cru une.
  2136. Le vide d’un jour perdu ne sera jamais rempli.
  2137. Si les princes savaient parler, et les femmes se taire, les courtisans dire ce qu’ils pensent, et les domestiques s’effacer, tout l’univers serait en paix.
  2138. La boue cache un rubis, mais ne le tache pas.
  2139. Le gouvernement doit être doux, et les ordres sévères.
  2140. Nul ne parle si hardiment d’un général qu’un goujat ; ni d’un sage, qu’un étourdi.
  2141. On ne rit jamais si fort, si longtemps et si haut, que lorsqu’on veut cacher sa douleur.
  2142. C’est véritablement s’enrichir, que de s’ôter des besoins.
  2143. Il faut faire vite ce qui ne presse pas , pour pouvoir faire lentement ce qui presse.
  2144. Mieux vaut remplir ses greniers que ses coffres.
  2145. Quand il y a du riz qui se moisit à la cuisine, il y a un pauvre qui meurt de faim à la porte.
  2146. Mieux vaut ne pas tirer un tigre, que de ne faire que le blesser.
  2147. Qu’est-ce qu’un sot qui a fait fortune ?
    C’est un pourceau qui ne sait quoi faire de son lard.
  2148. Une réponse qui ne résout pas la difficulté, en fait naître mille autres.
  2149. On ne jouit bien de toute sa sensibilité que par un amour innocent.
  2150. C’est s’aimer bien peu, que de haïr quelqu’un ; mais c’est haïr tout le monde, que de n’aimer que soi.
  2151. Ce qui était vrai hier, l’est encore aujourd’hui ; mais ce qui est bien aujourd’hui, pourra ne pas l’être demain.
  2152. Ce n’est pas le puits qui est trop profond, mais c’est la corde qui est trop courte.
  2153. Il en est des poëtes, des peintres et des musiciens, comme des champignons : pour un bon, dix mille mauvais.
  2154. Le mérite de ceux qui louent, fait le prix des louanges.
  2155. C’est se rendre le complice d’une impertinence, que d’en rire.
  2156. Qui peut panser sa plaie, est à moitié guéri.
  2157. Les maladies entrent par la bouche, les malheurs en sortent.
  2158. Le malheur n’entre guère que par la porte qu’on lui a ouverte.
  2159. Le secret le mieux gardé est celui qu’on garde pour soi.
  2160. Il en est de la cour comme de la mer : le vent qu’il fait y décide de tout.
  2161. Mieux vaut sauver un mourant que d’enterrer cent morts.
  2162. Qui a la vue courte, doit regarder de près.
  2163. L’on craint d’autant moins les autres, qu’on se craint plus soi-même.
  2164. Une femme laborieuse arrange sans cesse ses meubles, un bomme studieux dérange sans cesse ses livres.
  2165. Qui change de couleur en voyant de l’or, changerait de geste s’il n’était pas vu.
  2166. Ce n’est qu’avec les yeux des autres qu’on peut bien voir ses défauts.
  2167. Il en est des lois comme des digues : la brèche d’un seul endroit y rend tout le reste presque inutile.
  2168. On peut guérir d’un coup d’épée, mais guère d’un coup de langue.
  2169. La singularité n’est un mérite que pour ceux qui n’en ont pas un autre.
  2170. Rien ne manque aux funérailles des riches, que des gens qui les regrettent.
  2171. Les plus bouchés ont de l’esprit pour deviner ce que veut dire un riche, les plus spirituels ne comprennent qu’à demi ce que dit un pauvre.
  2172. Les bijoux sont la dernière chose qu’on achète, et la première chose qu’on vend.
  2173. Le vin n’est jamais si bon que quand on le boit avec un ami ; il en est de même des livres, ceux qu’on lit avec lui redoublent d’agrément et de lumière.
  2174. Ce n’est pas le glaive qui coupe, ni le vin qui enivre.
  2175. Il n’y a pas de bonnes raisons pour les sots.
  2176. On va à la gloire par le palais,
    A la fortune par le marché,
    Et à la vertu par le désert.
  2177. Les vérités qu’on aime le moins à apprendre, sont celles qu’on a le plus d’intérêt à savoir.
  2178. On a beau noyer sa raison dans le vin, on n’y noie pas le sujet de ses peines.
  2179. Ce sont les gens sans affaires qui en suscitent aux autres.
  2180. Le riche exagère encore plus sa bonne volonté, que le pauvre sa misère.
  2181. C’est être bien riche, que de n’avoir rien à perdre.
  2182. On gagne toujours à taire ce qu’on n’est pas obligé de dire.
  2183. Un fils qui fait verser des larmes à sa mère, peut seul les essuyer.
  2184. Les plus bêtes le sont moins que ceux qui abusent de leur esprit.
  2185. Qui a le courage de réparer ses fautes, n’en fait pas longtemps.
  2186. On pardonne tout à qui ne se pardonne rien.
  2187. Qui cache ses fautes, en veut faire encore.
  2188. Qui attend le superflu pour donner aux pauvres, ne leur donnera jamais rien.
  2189. Ce sont les plus riches qui manquent de plus de choses.
  2190. On gagne plus à connaître les bonnes qualités de son ennemi, qu’à être instruit de ses fautes.
  2191. C’est suer à vendre de la glace, que se fâcher en exhortant à la patience.
  2192. Rien ne peut suppléer la joie qu’ont ôtée les remords.
  2193. Pas de plus grand menteur que qui parle beaucoup de soi.
  2194. Qui m’insulte en face, peut être un honnête homme et mon ami ; mais qui me loue à tout propos, est un sot qui me méprise, ou un fourbe qui veut me jouer.
  2195. Quel est le vrai héros ?
    Celui qui a le plus de courage contre soi-même.
  2196. Il ne faut pas employer ceux qu’on soupçonne, ni soupçonner ceux qu’on emploie.
  2197. Sur cent projets d’un riche, il y en a quatre-vingt-dix-neuf pour le devenir davantage.
  2198. L’économie donne aux pauvres tout ce que la prodigalité ôte aux riches.
  2199. La séparation et le divorce sont des poignards à deux lames, il faut s’en blesser d’un côté pour les enfoncer de l’autre.
  2200. Quand les chansons donnent de la célébrité, la vertu n’en donne guère.
  2201. On n’a jamais tant besoin de son esprit que lorsqu’on a affaire à un sot.
  2202. Rien n’abrége la vie comme les pas perdus, les paroles oiseuses, et les pensées inutiles.
  2203. La vie la plus heureuse finit avant la mort.
  2204. La plus courte vie a des siècles de douleur.
  2205. Laissez au peuple toutes les ignorances qui ne le trompent pas.

    Proverbes indiens
  2206. Le corbeau est le paria des oiseaux,
    Et l’âne est le paria des quadrupèdes ;
    Mais le paria des contemplatifs, est un saniassy (pénitent) irascible ;
    Et le paria des parias, c’est l’homme qui méprise ses semblables.
  2207. L’homme vertueux ressemble à l’arbre touffu, qui, exposé aux rayons du soleil, répand la fraîcheur sous ses branches.
  2208. Le juste doit imiter le bois du sandal, qui parfume la hache dont on le frappe.
  2209. N’accorde point de confiance à un ami dissimulé ;
    N’attends point de plaisir près d’une femme méchante ;
    Ne compte point sur celui qui travaille contre son inclination ;
    Attends toutes sortes de maux là où règne l’injustice.
  2210. Toute l’eau de la mer ne va qu’aux genoux d’un homme qui ne craint pas la mort.
  2211. Point de dépense sans profit,
    Point d’entreprise sans réflexion,
    Point de querelle sans nécessite.
  2212. Le dard du mépris perce l’écaille de la tortue.
  2213. Tiens-toi à cinq brasses d’un chariot,
    A dix d’un cheval, et à cent d’un éléphant ;
    Mais pour éviter le méchant, point de distance qui suffise.
  2214. Qui approche le beurre du feu, veut probablement qu’il fonde.
  2215. Qui est diligent, n’aura pas faim ;
    Qui médite, ne pèchera point ;
    Qui veille, ne craindra point ;
    Qui sait parler et se taire à propos, n’aura point de querelles.
  2216. Trois sortes de gens entrent partout :
    Un guerrier, un savant, une femme.
  2217. Lorsqu’au jeu de dames (au jeu de nard) on sépare les pions, ils sont perdus.
  2218. Six choses ne vont guère sans une mauvaise fin :
    Servir des rois, faire le métier de voleur,
    Être cavalier habile, accumuler des biens,
    Être sorcier, se mettre en colère.
  2219. Vis toujours de bonne intelligence avec ton cuisinier,
    Avec les poëtes, les médecins, et les magiciens,
    Avec celui qui gouverne ton pays, avec les riches et les obstinés.
  2220. Le sens d’un songe, l’effet des nuages d’automne, la pensée des femmes et le naturel des rois , nul ne le sait.
  2221. Veux-tu éprouver la finesse de l’or ? Frotte-le sur la pierre de touche. — La force d’un bœuf ? Charge-le. — Le naturel d’un homme ? Écoute-le. — La pensée d’une femme ? Point de moyen.
  2222. Qui est prudent, ne dira jamais ses pensées à un autre avant d’avoir connu celles de cet homme.
  2223. N’habite pas là où l’on manque de temple, d’école, d’astrologue ou de médecin.
  2224. Il est heureux de tomber à terre, si, pendant que vous y êtes étendu, votre main rencontre un diamant.< br>
    Proverbes arabes
  2225. La vengeance (la punition, si l’on veut) ne répare pas un tort, mais elle en prévient cent autres.
  2226. Vinaigre donné vaut mieux que miel acheté.
  2227. Si tu passes dans le pays des borgnes, fais-toi borgne.
  2228. Si tu ne peux venir à bout de tout, ce n’est pas une raison pour abandonner tout.
  2229. Quand les affaires t’embarrassent par la tête, prends-les par la queue.
  2230. Faire l’éloge d’une méchante action, c’est la prendre à son compte.
  2231. Dès que tu as prononcé un mot, ce mot règne sur toi ; jusque-là, c’est toi qui règne sur lui.
  2232. L’homme qui est au pouvoir, doit imiter le médecin, et ne pas appliquer les mêmes remèdes à tous.
  2233. Quand tu seras enclume, prends patience; mais si tu es marteau, frappe droit et ferme.
  2234. Qui ne comprend pas un regard, ne comprendra pas mieux une explication.
  2235. Il vend sa vigne pour acheter un pressoir.
  2236. Trois choses éprouvent la force de l’esprit : les livres, les présents, les messages.
  2237. Habit d’emprunt ne tient pas chaud.
  2238. Tel n’a de chaleur pour ses amis, que pour les brûler.
  2239. La mère d’un homme assassiné, dort ; mais non pas la mère d’un assassin.
  2240. Les meilleures visites, ce sont les plus courtes.
  2241. Les charpentiers font le mal, et l’on pend les maçons.
  2242. Il arrache la dent du chien, et aboie lui-même.
  2243. Baise le chien sur la gueule, jusqu’à ce que tu puisses le museler.
  2244. Prends conseil d’un plus grand et d’un plus petit que toi, et puis forme ton opinion.
  2245. Les sciences sont des serrures dont la clé est l’étude.
  2246. Si tu dis que le lion est un âne, va lui mettre un licou. (Se dit pour les fanfarons.)
  2247. Les mules ont été demander des cornes, et sont revenues sans oreilles.
  2248. Le sage, dans son pays natal, est comme l’or dans la mine. (Nul n’est prophète en son pays.)
  2249. La Providence ne permet guère qu’un méchant homme sorte de la vie sans avoir ajouté à ses crimes celui de l’ingratitude.
  2250. Courageux comme les lions d’Agla, auxquels les veaux mangent la queue.
  2251. Une nuit d’anarchie
    Est pire que des années de tyrannie.
  2252. Qui tue le lion, en mange ;
    Qui ne le tue pas, en est mangé.
  2253. Menacer le brave de la mort,
    C’est menacer le canard de la rivière.
  2254. Si tu rencontres un personnage puissant monté sur un âne, dis-lui : Oh ! Monseigneur, sur quel beau cheval vous voilà !
  2255. Ne laisse pas ta langue te couper la gorge.
  2256. L’étang se forme goutte à goutte.
  2257. Celui qui désire exceller dans la sagesse,
    ne doit pas se laisser gouverner par les femmes.
  2258. Il est plus facile de détourner le méchant de son amour pour le mal, que de distraire de son chagrin l’homme triste.
  2259. Les grandes choses dérivent souvent des petites.
  2260. Méfie-toi de celui que tu ne connais point.
  2261. Tout chien aboie sur sa porte,
    Tout lion se carre dans sa forêt.
  2262. Celui qui monte le char de l’espérance,
    Y a souvent pour compagnon la pauvreté.
  2263. Qui cache son secret, obtient ce qu’il désire.
  2264. L’esprit se trompe une fois, et réussit une autre fois.
  2265. Le chirurgien s’instruit aux dépens de l’orphelin.
  2266. Celui qui te dit du mal des autres,
    Médit de toi devant les autres.
  2267. Le savant conçoit l’ignorance, parce qu’il en a tâté ; mais l’ignorant n’a pas été savant.
  2268. Dans le Bilédulgérid (pays des dattiers) on nourrit les ânes avec des dattes.
  2269. Si le jour sert à voir, il sert aussi à être vu.
  2270. Tel éclaire les autres, qui se brûle.
  2271. Le temps sera le maître de celui qui n’a pas de maître.
  2272. Quand le chat et la souris vivent en bonne intelligence, les provisions en souffrent.
  2273. Rase ton menton quand la barbe de ton fils est poussée.
  2274. Tel construit un minaret, qui détruit une ville.
  2275. Tout homme peut sauter un petit fossé.
  2276. Le besoin développe l’esprit.
  2277. Les meilleurs amis sont ceux qui excitent à bien faire.
  2278. Ne chevauche pas sur la selle de ton voisin.
  2279. Mieux vaut la tête d’un chien que la queue d’un lion.
  2280. L’ivresse de la jeunesse est plus forte que l’ivraie du vin.
  2281. L’homme de la pire espèce est celui qui ne prend pas garde au mal qu’on lui fait.
  2282. Informe-toi du voisin avant de prendre logis, et du compagnon avant de te mettre en route.
  2283. Condamne tes défauts comme tu condamnes ceux des autres.
  2284. La mort de l’âne est la noce des chiens.
  2285. Effraie les bêtes avant qu’elles ne t’effraient.
  2286. Prépare-toi au malheur avant qu’il n’arrive.
  2287. Le fer ne se coupe qu’avec le fer.
  2288. De rien ne sert le témoignage à qui ne veut croire.
  2289. Le pire de tous les pays est celui où l’on ne trouve point d’ami.
  2290. Ce que tu plantes dans ton jardin, te rapportera profit ;
    Mais si tu y plantes un homme, il t’en chassera.
  2291. Tout matin devient soir.
  2292. Celui qui se chauffe au feu, doit savoir qu’il brûle.
  2293. Parfois la santé est revenue à force de maladies.
  2294. Ne lance pas une flèche que tu ne puisses retrouver.
  2295. Qui habite un promontoire, est nageur.
  2296. Qui a été mordu par le serpent, se méfie des cordes.
  2297. Bon cheval juge son cavalier.
  2298. Chien qui court, vaut mieux que lion couché.
  2299. La visite d’un ennemi chez un malade est pire que la maladie.
  2300. Les maisons s’épaulent l’une l’autre.
  2301. Qui verse à boire aux autres, boit le dernier.
  2302. Ce n’est pas l’eau déjà écoulée qui fera tourner la meule.
  2303. Le meilleur compagnon pour passer le temps, est un livre.
  2304. Agis envers autrui comme Dieu agit envers toi.
  2305. Rire sans raison, éducation à refaire.
  2306. Reconnaissance fait durer le bienfait.
  2307. Selon l’habit, l’hospitalité.
  2308. Qui est content de son état, est riche.
  2309. Qui veut paraître grand, est petit.
  2310. Pour un jour de joie, un an de larmes.
  2311. Comme le feu, la vie débute par la fumée et finit par la cendre.
  2312. Amitié d’un jour, souvenir d’une minute.
  2313. La patience tue l’envie ; car quand le feu ne trouve plus rien à dévorer, il se dévore lui-même.
  2314. L’or n’appartient pas à l’avare, mais l’avare à l’or.
  2315. Ne méprise pas ton ennemi, pour petit qu’il te semble.
  2316. Ennemi sot ne vaut pas mieux qu’ennemi sage ; l’épaisseur de l’un peut être aussi fâcheuse que la finesse de l’autre.
  2317. A la différence de la richesse, la science te garde là où il te faudrait garder l’autre ; et l’usage augmente le savoir, tandis qu’il diminue l’or.
  2318. On aime toujours celui qu’on a aimé le premier.
  2319. Si le prince a l’épée et la lance,
    Le sage a sa science et sa langue.
  2320. Avoir des griffes n’est pas être lion.
  2321. Les rois n’ont point de frères.
  2322. Le légume ne vient qu’en terre cultivée.
  2323. Mort du prince, sujet d’accusations ;
    Mort du riche, sujet de désirs ;
    Mort du savant, source de regrets ;
    Mort du pauvre, heure du repos.
  2324. Peu de richesses vont plus loin avec de la conduite, que des trésors mal gouvernés.
  2325. Savant sans ouvrage, nuage sans pluie.
  2326. Pauvre sans patience, lampe sans huile.
  2327. Jeunesse sans discipline, maison sans toit.
  2328. Femme sans pudeur, ragoût sans sel.
  2329. Beau visage, bonne étoile.
  2330. Homme sans éducation, corps sans âme.
  2331. L’ami ne se connaît que quand on recourt à lui.
  2332. L’humanité se divise en deux classes :
    Gens qui ont trouvé sans être satisfaits,
    Gens qui cherchent sans trouver.
  2333. S’il n’y avait de bonheur qu’éternel, les hommes n’en goûteraient pas.
  2334. Sois content, tu seras riche ;
    Aie du cœur, tu seras fort.
  2335. Il n’est pas d’un brave homme de tarder à rendre service, ni de se presser à la vengeance.
  2336. Qui se plaît, déplaît à bien d’autres.
  2337. Trois choses donnent la mesure de l’homme : richesse, commandement et malheur.
  2338. Fréquente les sages : sot, ils te redresseront ; sage, ils te perfectionneront.
  2339. Ahhnaf-Ben-Kaïsi, loué de sa douceur, répondit : Pardieu ! si je ne riposte pas à un mot piquant, ce n’est que dans la crainte d’attraper quelque chose de pis.
  2340. Paroles du cœur, vont au cœur ; paroles de la langue, aux oreilles tout au plus.
  2341. Quand est-ce que la vérité ne vaut rien ?
    Quand elle fait tort à un absent.
    Quand est-ce que le silence vaut le mieux ?
    Dans une dispute.
  2342. Les hommes du monde sont comme des passagers que le vaisseau emporte durant leur sommeil.
  2343. S’embarquer est courir un grand risque, mais bien pis est de hanter les princes.
  2344. Si ton ami est de miel, ne le mange pas tout entier.
  2345. Interroger le sage, c’est être déjà sage à demi.
  2346. Tais-toi, et tu éviteras le danger ;
    Écoute, et tu apprendras.
  2347. Les rois jugent la terre,
    Et les sages jugent les rois.
  2348. Sois sage en paroles,
    Mais bien plus en actions.
  2349. L’homme est sage, tant qu’il cherche la sagesse ;
    Mais dès qu’il croit l’avoir trouvée, il perd la tête.
  2350. Tu ne peux être sage, si tu méprises plus petit que toi,
    Ou si tu jalouses plus grand que toi,
    Ou si tu te fais payer ta sagesse.
  2351. Il y a cinq degrés pour arriver à être sage,
    Se taire, écouter, se rappeler, agir, étudier.
  2352. La crainte fait perdre l’espoir,
    Et la timidité fait manquer la sagesse ( la science ).
  2353. Fuis le sot qui fait mine d’être habile,
    Et l’habile qui est méchant.
  2354. La vieillesse qui étudie, écrit sur le sable ;
    Et la jeunesse grave dans la pierre.
  2355. Enseigne l’ignorant, et écoute le savant :
    Tu apprendras ce que tu ignorais,
    Et tu te rappelleras ce que tu savais.
  2356. La douceur est la force de l’homme avisé,
    La colère est la force de l’insensé.
  2357. Le silence est la meilleure réponse que l’on puisse faire à un sot.
  2358. Rien ne réussira à qui n’a ces trois choses :
    La patience pour supporter les sots ;
    La crainte de Dieu, pour éviter les vices ;
    Le calme d’esprit, pour persuader les hommes.
  2359. Le résultat le plus clair de toute contestation, c’est le repentir.
  2360. La vraie force est à maîtriser sa colère.
  2361. Qui sait endurer, aura la paix.
  2362. Qui peut entendre en silence ce qui lui déplaît, aura ce qui lui plaît.
  2363. La douceur est plus forte que tous les secours d’autrui.
  2364. Nier une faute, double faute.
  2365. Si tu te venges, tu t’en repentiras ;
    Pardonne, tu t’en réjouiras.
  2366. Attends, et tu te tireras d’affaire ;
    Si tu te hâtes, tu en auras du regret.
  2367. La lenteur arrive souvent au but,
    Tandis que la précipitation s’empêtre en chemin.
  2368. Si tu veux éviter la tristesse,
    Ne possède rien dont la perte te puisse affliger.
  2369. Quelque mal que le médisant puisse dire de moi,
    Dieu en sait bien d’autres sur mon compte.
  2370. Ni l’inquiétude n’enrichit,
    Ni la générosité n’appauvrit.
  2371. Qui ne sait recevoir en paix les châtiments divins, est un fou incurable.
  2372. Le bien et le mal d’ici-bas,
    S’en vont comme ils sont venus :
    Au plus tard, avec la vie.
  2373. Supporte la vertu, pour amère qu’elle soit.
  2374. Celui-là ne sait pas prendre les événements,
    Qui n’accueille pas les maux avec patience,
    Et les biens avec reconnaissance.
  2375. S’attrister de l’avenir, c’est avoir l’esprit malade.
  2376. Autant vaut boire le poison,
    Que de s’abandonner à la tristesse.
  2377. Le chagrin est en proportion de la faiblesse de l’âme.
  2378. La mesure de la hauteur, est celle de la chute.
  2379. La patience d’un cœur
    Est en proportion de sa grandeur.
  2380. Tel gémit, qui s’estimera bien heureux s’il se compare à d’autres.
  2381. Ne t’afflige pas avant le malheur.
    L’instant où il te frappera viendra bien assez vite.
  2382. Qui sait patienter, arrive à ce qu’il désire.
  2383. Désir et contentement ne vont jamais de compagnie.
  2384. Quand tu auras à te conseiller toi-même, défie-toi du parti où te poussent tes désirs ; car raison et désir sont deux.
  2385. On ne trouve point le conseil où est la légèreté ;
    Ni la sagesse, où est la discorde ;
    Ni le repos, où est le désir du gain.
  2386. Le désir et l’aveuglement vont de pair.
  2387. Trois choses font aller le monde de travers :
    Ne pas écouter les vieillards,
    Écouter ses désirs,
    Avoir bonne opinion de soi-même.
  2388. Le sage réfléchit avant d’agir ;
    Après, c’est un peu tard.
  2389. Si tu veux être sage, prévois les choses avant qu’elles n’arrivent, abstiens-toi des mauvaises actions, et sache te consoler de ce que tu ne peux empêcher.
  2390. Comme le jour éclaire les hommes et aveugle la chauve-souris, la réprimande améliore le cœur sage et fait empirer la sottise.
  2391. Ne loue pas trop l’homme de bien avant de connaître ce que vaut sa tête, car il y a des gens de bien qui sont un peu sots.
  2392. Sottise complète est plus tolérable que demi-sottise.
  2393. Si tu rencontres un ami fidèle, garde-le ;
    Tu n’en trouveras pas aisément un autre.
  2394. Celui qui pousse à la vengeance, est le frère de l’homicide.
  2395. Ce n’est pas peu de chose qu’un ami,
    Et ce n’est pas trop de mille.
  2396. Un homme sans ami,
    C’est la main gauche sans la droite.
  2397. Il y a trois marques certaines de folie :
    Adresser à autrui la réprimande que tu mérites ;
    Demander à ton prochain ce qui ne doit point te servir ;
    Froisser ton voisin sans utilité pour toi-même.
  2398. La bonne amitié se reconnaît à trois signes :
    Saluer le premier son ami quand on le rencontre,
    Le faire asseoir à son aise quand il nous visite,
    Le louer quand il est absent.
  2399. Quand tu veux choisir un ami, adresse-toi à celui dont l’amitié t’honorera, qui te traite avec égards si tu lui témoignes de la considération, qui t’aide dans le besoin, te soutienne quand tu parles, et sache supporter tes impatiences ; quand tu l’auras trouvé, passe-lui ses défauts.
  2400. Il y a trois espèces de compagnons :
    Ceux dont nous ne pouvons nous passer, pas plus que de boire et de manger ;
    Ceux dont nous n’éprouvons le besoin qu’en certains cas, comme de la médecine en temps de maladie ;
    Et ceux dont nous nous passerions volontiers toujours, comme des infirmités et de la souffrance.
  2401. Fuis la compagnie où tu n’auras rien à apprendre de bon.
  2402. On ne se repent guère du silence, et l’on se repent mainte fois d’avoir parlé.
  2403. Si j’écoute, c’est moi qui profite ;
    Si je parle, ce sera tout au plus les autres.
  2404. Ne te fixe pas en un pays où le roi n’est point respecté.
  2405. Les grands sont comme le feu :
    Il n’en faut être ni trop loin, ni trop près, sous peine de brûler ou de grelotter.
  2406. La justice du prince importe plus au peuple que la bonne récolte.
  2407. L’enfant naît pour mourir ;
    La maison s’élève pour tomber.
  2408. Quatre espèces de querelles doivent être évitée par-dessus tout :
    Avec Dieu, avec le roi, avec tes parents, avec tes maîtres.
  2409. Visite ton ami, mais de loin en loin ; trop de visites te le feront perdre.
  2410. Marche un mille, pour visiter un malade ;
    Deux, pour réconcilier deux hommes ;
    Trois, quand il s’agit d’honorer Dieu.
  2411. Un visiteur fâcheux est plus importun au malade, que sa propre maladie.
  2412. Voici les caractères d’un fâcheux :
    Arriver dans une réunion sans avoir été invité,
    S’asseoir à la table d’autrui sans en être prié,
    Rire quand les autres pleurent,
    Se mêler à une dispute qui ne le regarde point,
    Prendre une place qui n’est pas la sienne,
    Donner un conseil sans qu’on le lui demande,
    Accoster des gens qui ne se soucient point de sa compagnie ,
    Demander avec importunité,
    Ne savoir pas finir ses discours,
    Et dévoiler le secret d’autrui.
  2413. Entre un fâcheux et la fièvre quarte, la différence n’est pas grande ; mais nul remède au premier de ces maux, sauf d’être sourd et aveugle.
  2414. Un fâcheux qui se connaît pour tel, ne l’est déjà plus.
  2415. Ami fidèle et richesses bien acquises, deux choses fort rares.
  2416. Les yeux ne servent de rien à une cervelle aveugle.
  2417. Veux-tu savoir ce qu’est un homme ?
    Informe-toi de ses amis.
  2418. Ce que tu ne veux pas laisser savoir à ton ennemi,
    Ne le dis pas à ton ami.
  2419. Rire fréquent et bruyant, signe de sottise.
  2420. Ne tiens pas tête à la colère d’un roi ni au débordement d’un fleuve.
  2421. Crains les méchants, et ne blesse pas les bons.
  2422. Un des pires effets qu’ait la société des méchants, c’est qu’elle fait soupçonner d’hypocrisie les gens de bien.
  2423. Celui à qui son âme est chère, fait peu de cas de ce monde.
  2424. L’amertume de la mort est en raison de la crainte qu’elle inspire.
  2425. Richesse et pauvreté sont affaire d’opinion : qui ne croit pas les avoir, ne les a pas.
  2426. On n’emporte pas de la vie les richesses acquises, mais on emporte les crimes qui les ont fait acquérir.
  2427. Si l’on se donne parfois en ce monde bien de la peine pour n’arriver à rien,
    Où veut-on arriver dans l’autre, sans en avoir pris nul souci ?
  2428. J’ai goûté bien des substances amères, et nulle ne l’est plus que de demander.
  2429. Mieux vaut vivre dans la gêne, que demander à celui qui ne mérite pas qu’on lui demande.
  2430. Les hommes ont besoin les uns des autres, mais heureux qui n’a pas besoin des esprits mal faits.
  2431. La haine n’est pas sans remède, sauf quand elle naît de la jalousie.
  2432. Qui croit le délateur, n’aura guère d’amis.
  2433. Un mauvais voisin tait vos bonnes qualités et divulgue vos défauts.
  2434. Qui sème la mésintelligence, récoltera le repentir.
  2435. Veux-tu te venger de tes ennemis ? sois sans tache.
  2436. Il ne faut point se jouer de la haine des petites gens,
    De fort grands personnages ont été suffoqués par une mouche.
  2437. Celui pour qui nulle différence n’existe entre un homme et un autre, est atteint d’une folie sans remède.
  2438. L’emporter en colère ou en vengeance, c’est se faire battre par celui qu’on prétend surpasser.
  2439. Il y a huit façons de s’attirer le mépris sans avoir droit de s’en plaindre :
    Venir à un repas où l’on n’a pas été prié,
    Commander chez autrui,
    Vouloir être honoré par ses ennemis,
    Demander à un avare,
    Se mêler à un tête-à-tête,
    Traiter le prince sans respect,
    Prendre une place qu’on ne mérite pas,
    Faire un récit à des gens qui n’écoutent pas.
  2440. La précipitation a pour suivante le repentir.
  2441. La sagesse n’habite pas là où séjournent la bonne chère et le rire.
  2442. Sage qui éclate de rire, sera pris pour un sot.
  2443. Quand deux hommes disputent sur la religion, il y en a au moins un qui est fou.
  2444. La cruauté est la force des lâches.
  2445. Si tu repousses les avis sincères,
    Comment permets-tu que ton serviteur nettoie tes habits ?
  2446. Les affaires ne cheminent bien que par les hommes de cœur,
    Comme la meule ne tourne bien que sur un pivot de fer.
  2447. Manger peu, chasse beaucoup de maladies.
  2448. Sois sans désirs, tu seras riche ;
    Sois sans crainte, tu seras fort.
  2449. Trois pierres de touche font juger l’homme :
    Les richesses, l’autorité, l’adversité.
  2450. Il n’est pas d’un grand cœur de différer un bienfait,
    Ni de hâter une vengeance.
  2451. L’homme qui a de la consistance ne change pas plus pour être élevé en dignité, que la montagne pour être exposée aux vents ;
    Mais le cœur léger s’y agite, comme le roseau sous l’impulsion du moindre souffle.
  2452. Informe-toi du compagnon avant d’entreprendre un voyage ; et du voisin, avant d’acheter une maison.
  2453. Peste soit du bienfait que les délais précèdent, et que suit le reproche !
  2454. Il n’y a qu’un vilain homme qui puisse prêter la main à l’oppresseur contre l’opprimé.
  2455. Deux choses ne s’apprécient bien que quand on ne les a plus : la jeunesse et la santé.
  2456. Le doute gâte la foi, comme le sel gâte le miel.
  2457. Ne charge pas un seul jour des soucis de toute une année ;
    Tu n’es pas sûr du jour entier, et tu t’inquiètes de l’année entière !
  2458. Quand une besogne est faite, on ne demande pas précisément combien elle a duré ; mais on demande qu’elle soit bien faite.
  2459. L’amour et la haine sont un voile devant les yeux : l’un ne laisse voir que le bien ; et l’autre, que le mal.
  2460. Qui t’accuse ou te loue sans sujet, n’importe, il ne t’aime pas.
  2461. Parmi les hommes, le plus faible est celui qui ne sait pas garder un secret ;
    Le plus fort, celui qui maîtrise sa colère ;
    Le plus patient, celui qui cache sa pauvreté ;
    Le plus riche, celui qui se contente de la part que Dieu lui a faite.
  2462. Celui qui enseigne le bien aux autres, sans le faire, est semblable à l’aveugle qui porterait une lanterne.
  2463. Le riche avare est semblable à un âne chargé d’or, qui mange de la paille.
  2464. La vérité n’est bonne à rien quand elle découvre les fautes d’autrui.
  2465. Il est malséant à un homme dans son bon sens, de causer avec celui qui est ivre ; et à un homme de bien, de s’entretenir avec le méchant.
  2466. Le Messie a guéri des aveugles et des lépreux, mais jamais des sots.
  2467. Dans une contestation, ne te laisse pas gagner par la colère : elle t’enlève une partie de ta force, et te livre désarmé à ton ennemi.
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    Proverbes juifs
  2468. Pour honorer le médecin, n’attends pas que tu en aies besoin.
  2469. Un mauvais fils, laisse-le nager sans lui tendre la main.
  2470. Ronge l’os que le sort t’a jeté.
  2471. L’or a besoin d’être frappé pour avoir sa valeur, et l’enfant aussi.
  2472. As-tu vu mon âne rouge ? — Ni rouge, ni gris.
  2473. Ne te charge jamais d’épauler le méchant.
  2474. Tel va à la noce, qui ne se doute guère de ce que le temps lui réserve.
  2475. Au sage, un signe suffit ;
    Au sot, à peine le bâton.
  2476. Des cheveux blancs sont un bon signe pour la maison où on les trouve.
  2477. Si tu as des intérêts communs avec un honnête homme, il te faudra cent instances pour les dégager ; mille instances ne te tireront pas d’affaire avec le méchant.
  2478. La nappe mise termine bien des disputes.
  2479. S’il te faut compter avec un homme, tâche du moins que ce soit un honnête homme.
  2480. Affaires voisines peuvent nourrir leur maître ; Affaires éloignées le mangent à coup sûr.
  2481. Une amitié qui a pu vieillir, ne doit pas mourir.
  2482. Eusses-tu soixante conseillers, consulte-toi pourtant toi-même.
  2483. Ne donne pas à penser, dans tes largesses, que tu aies été gueux.
  2484. Il y a trois espèces de sueur : celle de la maladie, celle de l’étuve, et celle du travail, qui est la meilleure de toutes.
  2485. Quand tu aurais un millier d’amis, ne dis ton secret qu’à un seul.
  2486. Ton voisin fût-il un méchant homme, rends-lui service,
    Il témoignera pour toi au jour du procès.
  2487. Trois choses mènent le monde :
    La loi, la religion et la bienfaisance.
  2488. Malheur au méchant, et à son voisin.
  2489. Aime le travail, fuis la dignité, et ne fais pas connaissance avec les princes.
  2490. En acquérant la renommée, on cesse bientôt de la mériter.
  2491. Qui n’ajoute pas quelque chose à son avoir, s’endette.
  2492. Ne dis pas : Je verrai quand j’aurai le loisir. Qui t’a dit que tu en auras ?
  2493. Si tu veux qu’on te comprenne, fais-toi comprendre.
  2494. L’homme timide n’apprend pas,
    Ni l’homme colère n’enseigne.
  2495. L’homme affairé ne saurait être sage.
  2496. Là où il n’y a pas d’homme, raison de plus pour être homme.
  2497. Beaucoup de chair, beaucoup de vers ;
    Beaucoup de richesses, beaucoup de soucis ;
    Beaucoup de femmes, beaucoup d’empoisonneuses ;
    Beaucoup de serviteurs, beaucoup de fripons;
    Beaucoup d’étude, beaucoup de science ;
    Beaucoup de justice, beaucoup de paix ;
    Beaucoup de reflexion, beaucoup de sagesse.
  2498. Parle peu, et fais beaucoup.
  2499. Rien de meilleur à l’homme, que de se taire.
  2500. Gare-toi des princes ; ils ne cherchent guère que leur intérêt, et Dieu sait comme ils l’entendent !
  2501. Il faut se mettre en règle un jour avant la mort ;
    Il faut donc se mettre en règle aujourd’hui, puisque nous pouvons mourir demain.
  2502. L’honneur de ton ami te doit être aussi cher que le tien.
  2503. La journée (la vie) est courte, l’ouvrage long, les ouvriers paresseux, le salaire considérable ; et le maître (Dieu) presse.
  2504. Pleure-t-on quand il faut rendre un dépôt ?
    Or, ce que nous perdons, c’est Celui qui nous l’avait donné, qui le reprend.
  2505. Le rire et la légèreté conduisent à la honte.
  2506. Le repentir et les bonnes actions sont un bouclier contre la colère du Ciel.
  2507. L’homme sage est celui qui trouve à s’instruire avec tous les hommes ;
    L’homme fort, celui qui sait brider ses désirs ;
    L’homme riche, celui qui se contente de son lot ;
    L’homme honoré, celui qui honore les autres.
  2508. Ne méprise personne, il n’est personne qui ne puisse avoir son moment.
  2509. Choisis plutôt d’être la queue du lion, que la tête du renard.
  2510. Songe dans le vestibule (la vie) à te mettre en état de paraître dans la salle (l’éternité).
  2511. Ne cherche pas à calmer ton ami quand il est en colère,
    Ni à le consoler près du cadavre de celui qu’il pleure,
    Ni à l’interroger quand il est en prière,
    Ni à l’égayer quand il est dans l’abjection.
  2512. Celui qui a un jeune homme pour maître, est semblable à l’homme qui mange des raisins verts, et boit du vin doux ; mais le disciple du vieillard mange des grappes mûres et boit du vieux vin.
  2513. Ne regarde pas la cruche, mais ce qu’elle contient.
  2514. Le bonheur des méchants et les malheurs des gens de bien, sont choses où nous n’avons rien à voir.
  2515. La jalousie, la convoitise et l’ambition mènent l’homme au cimetière.
  2516. Fût-ce pour tout l’or du monde, je n’habiterais pas où Dieu n’est point servi.
  2517. Trois choses font connaître l’homme :
    La bouteille, la bourse et la colère.
  2518. Cinq propriétés caractérisent le sage :
    Ne pas interrompre celui qui parle,
    Écouter et réfléchir,
    Ne faire de questions que celles qui mènent à un but,
    Répondre à propos et par ordre,
    Dire : je ne sais pas, quand on ignore.
    Le sot fait tout le contraire.
  2519. Tel s’irrite facilement, et se calme de même ; celui-là retrouve d’un côté ce qu’il perd de l’autre.
    Tel s’irrite difficilement, et se calme difficilement aussi ; c’est perdre autant qu’il gagne ;
    Celui qui ne s’irrite qu’à la longue, et s’apaise promptement, est un serviteur de Dieu ;
    Celui qui s’irrite promptement, et ne s’apaise qu’à la longue, est un impie.
  2520. Tel apprend pour soi, et n’en communique rien aux autres ;
    Tel enseigne les autres, mais n’apprend pas pour soi ;
    Un autre apprend pour lui-même et pour autrui ;
    Un quatrième n’apprend ni pour lui-même, ni pour les autres.
  2521. Tel apprend vite, et oublie de même; celui-là perd d’un côté ce qu’il gagne de l’autre.
    Tel apprend difficilement, et oublie difficilement aussi ; celui-là gagne d’une part ce qu’il perd de l’autre.
    Un autre saisit sans peine, et oublie difficilement ; c’est le meilleur lot.
    Un quatrième saisit lentement, et oublie vite ; c’est le pire partage.
  2522. Tel donne, qui voudrait que les autres ne donnassent point ; c’est vanité.
    Tel veut que les autres donnent, mais ne donne rien ; c’est avarice.
    Un autre donne, et désire que les autres donnent aussi ; c’est charité.
    Un quatrième ne veut ni donner, ni que l’on donne ; c’est dureté.
  2523. Parmi ceux qui écoutent les savants, il y a quatre espèces :
    L’éponge, l’entonnoir, le filtre et le crible.
    L’éponge s’empare de tout,
    L’entonnoir laisse échapper par un bout ce qu’il reçoit de l’autre,
    Le filtre abandonne la liqueur pour ne garder que la lie,
    Le crible rejette la paille pour ne garder que le froment.
  2524. Trois choses ruinent le monde :
    L’oppression des serviteurs de Dieu,
    La justice mal rendue,
    L’enseignement négligé (ou perverti).
  2525. À ces trois choses : droiture de cœur, esprit humble, et modération dans les désirs, on reconnaît les disciples d’Abraham ;
    À l’esprit retors, à l’orgueil et à l’ambition, les disciples de Balaam.
  2526. Prendre sur son sommeil pour le service de Dieu, bon signe ;
    Mais sacrifier la nuit à des passe-temps, mauvais signe.
  2527. Quatre choses portent leur fruit en ce monde et en l’autre :
    L’honneur gardé aux parents.
    L’aumône abondante,
    La réconciliation des voisins brouillés,
    Et l’étude de la loi de Dieu.
          Mais quatre autres portent leur peine dès ici-bas (sans compter la vie à venir) :
    L’impiété,
    L’impudicité,
    Le sang versé,
    Et la mauvaise langue.
  2528. Il y a trois sortes d’hommes d’étude :
    Celui qui consulte et conseille ;
    Celui qui consulte, mais ne conseille pas ; et il ne vaut pas le premier ;
    Mais celui qui ne demande d’avis, ni n’en donne, vaut bien moins encore.
  2529. Le menteur finit par ne plus obtenir créance, même en disant vrai.

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    Proverbes turcs


    A-B

  2530. Bois et mange avec ton ami,
    Mais n’aie point d’affaires avec lui.
  2531. Mille amis, ce n’est pas trop ; un ennemi, c’est beaucoup.
  2532. Qui cherche un ami sans défauts, reste sans ami.
  2533. Qui veut être aimé, se rende aimable.
  2534. L’animal blessé se plaint bien haut.
  2535. Ne meurs pas, mon âne, le printemps viendra, et alors l’herbe poussera.
  2536. Le bât ne compte pas dans la charge de l’âne.
  2537. Qui joue avec l’âne, ne doit pas se piquer s’il pette.
  2538. Âne qui sent la douleur,
    Dépassera le cheval en vigueur.
  2539. Qui apprend à jouer d’un instrument à quatre-vingts ans,
    Se fera entendre le jour du jugement.
  2540. Demander à l’avare, c’est creuser dans la mer.
  2541. La dépense de l’avare finit par égaler celle de l’homme généreux.
  2542. Que désire l’aveugle ? — Deux yeux.
  2543. Celui-là est vraiment aveugle, qui tombe deux fois dans le même fossé.
  2544. Dans le pays des aveugles, ferme les yeux.
  2545. Nul qui ne soit un peu aveugle sur ses défauts.
  2546. Deux baladins ne dansent pas sur la même corde.
  2547. Il faut savoir sacrifier la barbe pour sauver la tête.
  2548. La blancheur de ta barbe viendrait-elle du moulin ?
  2549. Un bienfait
    Doit être parfait.
  2550. Fais du bien à qui te nuit ;
    Tu seras aimé de Dieu, et même de ton ennemi.
  2551. Ne regarde pas à la blancheur du turban,
    Peut-être le savon était pris à crédit.
  2552. Les cornes ne pèsent pas au bœuf.
  2553. Qui boit à crédit, s’enivre doublement.
  2554. La bouche ne reste pas ouverte, sans avaler quelque chose.
  2555. Je te le dis, à toi, ma fille ; entendez-le, ma bru.
  2556. Auprès de ce qui est sec, ce qui est humide brûle.

    C
  2557. S’il y a un homme sans chagrins, ce n’est pas un homme.
  2558. Quand le chariot est brisé, beaucoup de gens vous diront par où il ne fallait point passer.
  2559. Le chariot n’avance pas s’il n’est graissé.
  2560. Le chasseur, au bois ; le piéton, à la chaussée.
  2561. Deux chats peuvent tenir contre un lion.
  2562. C’est aujourd’hui jeûne, dit le chat, en voyant du foie qu’il ne peut atteindre.
  2563. La route pour cheminer ;
    Et pour aller au bois, la cognée.
  2564. Qui voit le village, n’a que faire de demander son chemin.
  2565. Est-ce quand le cheval a été volé, que tu fermes l’écurie ?
  2566. Parce qu’un cheval a bronché,
    Faut-il le tuer ?
  2567. Trop d’avoine fait crever le cheval.
  2568. À cheval leste, on augmente sa ration d’avoine.
  2569. Qui monte le cheval d’autrui, sera bientôt à terre.
  2570. Le chien aboie, la caravane passe.
  2571. Chien qu’on mène à la chasse contre son gré,
    Ne prendra pas de gibier.
  2572. Le cœur est un enfant, il désire tout ce qu’il voit.
  2573. Ne regarde ni la monture, ni le vêtement ; regarde le cœur.
  2574. Qui se lève avec colère, se couche avec dommage.
  2575. Rien de plus inutile que conseils à un fou, et savon à un nègre pour se blanchir la peau.
  2576. Le conseil d’une femme, n’est bon que pour une femme.
  2577. Qui n’est pas content,
    Reprenne son argent,
  2578. Quels sont les plus jolis oiseaux ? demandait-on à la corneille. — Ce sont mes petits, répondit-elle.
  2579. Avant que la corneille ait atteint la perdrix, elle aura oublié son chemin.
  2580. Un doigt coupé justement,
    Ne cause pas de tourment.
  2581. Qui court trop vite, reste en chemin.
  2582. Renouvelle ton sang, mais non pas tes coutumes.
  2583. N’étends tes pieds que selon la longueur de ta couverture.
  2584. Ce qui croît vite,
    Meurt vite.

    D - G
  2585. Ce qui a franchi trente-deux dents, courra dans trente-deux armées.
  2586. Si tout ce qu’on désire arrivait,
    Le mendiant deviendrait bey.
  2587. Nul ne profite de ce que le destin réserve à un autre.
  2588. Deux patrons font chavirer une barque.
  2589. Le diable ne détruit pas sa maison.
  2590. Pense à ce que tu veux dire, et parle en conséquence.
  2591. Tout ce que tu donnes, tu l’emporteras avec toi.
  2592. Donner aux riches, c’est porter de l’eau à la mer.
  2593. Qui ne sait pas avoir ce qui lui est dû, ne saura pas payer ce qu’il doit.
  2594. Eau qui ne coule, pas, crève ses conduits.
  2595. Gagne et mange, mais n’économise pas sur la nourriture de ton âne.
  2596. Ce qui enrichit, c’est encore moins le travail que l’économie.
  2597. Ecoute mille fois, ne parle qu’une.
  2598. L’écrivain ( l’employé ) ne fait pas de rapports à sa charge.
  2599. L’ennemi ne sait pas ce qui se passe chez son ennemi.
  2600. Ce n’est pas trop de mille amis,
    Mais c’est trop d’un ennemi.
  2601. Tiens pour un homme ton ennemi,
    Ne fût-il qu’une fourmi.
  2602. Avant d’entrer, songe à la sortie.
  2603. L’envoyé ne répond pas de ce qu’on lui fait dire.
  2604. Les roses croissent sur les épines ; et les épines, sur les roses.
  2605. L’homme qui a des épreuves, accroît son savoir ; celui qui vit sans épreuves, accroît ses fautes.
  2606. L’érudition n’est pas plus la science, que les matériaux ne sont l’édifice.
  2607. C’est degré par degré, qu’on monte l’escalier.
  2608. Je suis aux ordres de qui m’estime ; et qui me méprise, je me mets au-dessus de lui.
  2609. Un épervier ne vit pas, s’il n’a de la viande.
  2610. Quand l’épine est sale, ne l’approche pas.
  2611. Si l’étoffe est là, l’aune est ici.
  2612. Qui entre dans l’étuve, sortira en sueur.
  2613. Trop de façons
    Gâte affection.
  2614. La face du mendiant est poudreuse, mais souvent sa besace est pleine.
  2615. Il a pu faillir, mais je dois lui pardonner.
  2616. Qui s’éloigne de la feinte, s’approche de Dieu.
  2617. C’est la femelle qui fait le nid.
  2618. Souvent on se jette dans le feu pour éviter la fumée.
  2619. Où le feu tombe, le feu prend.
  2620. Prends l’étoffe d’après la lisière,
    Et la fille d’après la mère.
  2621. Si la mère ne se montre pas, la fille ne prépare pas la table.
  2622. Le flambeau n’éclaire pas son pied.
  2623. L’aigle a été percé avec la flèche faite de sa plume.
  2624. Le capital du forgeron
    Doit être en charbon.
  2625. Ne lutte pas contre plus fort que toi.
  2626. Un jour au bout de l’autre, amène la force.
  2627. Pour un sage, on trouve deux fous.
  2628. Pour le fou, c’est tous les jours fête.
  2629. A un fou, ne dis pas où sont les pierres.
  2630. Quand les ailes viennent à la fourmi,
    C’est tant pis.
  2631. Arbre qui ne porte pas de fruits, on ne lui jette pas de pierres.
  2632. Mange le fruit, sans t’occuper de l’arbre.
  2633. Mon affaire est de fuir,
    Et la tienne de me saisir.
  2634. Si tu n’as pas de dettes, fais-toi garant (caution).
  2635. Ne te fie pas aux discours des grands,
    A la durée du calme de la mer,
    A la clarté du jour qui baisse,
    Ni à la vigueur de ton cheval.
  2636. Baisse la tête devant plus grand que toi.
  2637. Qui n’écoute pas les grands,
    Est plus mort que vivant.
  2638. Pour se gratter, il faut des ongles.

    H - L
  2639. Un habit déchiré ne va pas avec des boutons d’or.
  2640. L’herbe que le serpent hait, naît justement sous son nez.
  2641. L’ignorant est l’ennemi de lui-même, comment serait-il l’ami d’un autre?
  2642. Quand l’iman s’oublie, l’assemblée perd le respect pour lui.
  2643. Mieux vaut se faire désirer, que d’être importun.
  2644. Moyennant informations,
    On trouve son chemin à travers monts.
  2645. Le maître donne, et l’intendant refuse.
  2646. Si l’on t’invite à table servie, un refus te fera prendre pour un ingrat.
  2647. Une heure de justice vaut soixante dix ans de prières.
  2648. Une femme vaut mieux qu’un lâche.
  2649. La lance ne se met pas dans le sac.
  2650. Langue douce, tire le serpent de son trou.
  2651. Qui garde sa langue, garde sa tête.
  2652. Plaie de cimeterre se guérit ;
    Plaie de langue, non pas.
  2653. Le fou tient son cœur sur sa langue,
    Le sage tient sa langue dans son cœur.
  2654. Le lièvre en veut à la montagne, et la montagne ne lui en garde pas rancune.
  2655. Il dit au lièvre : Sauve-toi ; et au chien : Prends-le.
  2656. On prend parfois le lièvre avec une charrette.
  2657. Une fois le lion mort, il ne manque pas de braves pour lui arracher la crinière.
  2658. Le loup ne pille pas ses voisins.
  2659. Quand ce qui est lourd, s’abaisse,
    Ce qui est léger, s’enlève.

    M - O
  2660. Si tu te présentes les mains vides, on te dira : Le maître dort ;
    Si tu viens avec un présent, on te dira : Le maître, vous prie de vouloir bien entrer.
  2661. Une main que tu ne peux pas couper,
    Baise-la, et mets-la sur ta tête.
  2662. Une main toute seule ne fait pas de bruit.
  2663. Tends la main à qui tombe, Dieu te la tendra aussi.
  2664. Le mal atteint celui qui le fait.
  2665. Le mal de l’an prochain,
    Ne t’en inquiète point.
  2666. Ne cherche jamais à abaisser l’homme malheureux ;
    un jour vient où Dieu le relève.
  2667. Qui mange peu, profite beaucoup ;
    Qui mange beaucoup, dépérit.
  2668. Qui mange le pain et le sel d’autrui sans en garder mémoire, est au-dessous d’un chien.
  2669. Pour manger fer, il faut dents d’acier.
  2670. Il ne faut pas en savoir long pour manger,
    Mais bien pour être cuisinier.
  2671. L’un ne mange pas de gras, et l’autre ne veut pas de maigre.
  2672. Ceux-là trouveront à manger, qui se trouveront à leur chambrée.
  2673. Il demande au maquignon l’âge du cheval.
  2674. Marche rapide,
    Prompte fatigue.
  2675. La langue d’un muet vaut mieux que celle d’un menteur.
  2676. La mer n’achète pas de poissons.
  2677. Mesure-toi à ton aune.
  2678. Ce n’est pas à force de dire miel, miel, que la douceur vient à la bouche.
  2679. Le miel est bonne chose, mais le prix la gâte.
  2680. Le voleur de miel se lèche les doigts.
  2681. Si la montagne ne veut pas venir, on ira la trouver.
  2682. L’homme mort laisse un nom,
    Le cheval mort laisse une charogne.
  2683. Qui voit un mouton blanc,
    Le croit plein de graisse au dedans.
  2684. Ce qu’on ne croyait pas nécessaire,
    On en a parfois affaire.
  2685. Mille cavaliers ne sauraient dépouiller un homme nu.
  2686. Oiseau rapide, tiens-lui les deux pieds.
  2687. Selon l’oiseau, la queue.
  2688. L’œuf d’aujourd’hui vaut mieux que la poule de demain.
  2689. Il y a plus de profit à manger seul un œuf, qu’à manger une poule entre plusieurs.
  2690. Le coup d’œil du maître vaut pour le cheval un pansement.
  2691. L’outil se donne du mal ; et c’est la main qu’on vante.

    P
  2692. La chair la plus maigre trouve à se marier avec le pain.
  2693. Qui veut vivre en paix,
    Doit être sourd, aveugle et muet.
  2694. Le paresseux dit : Je n’ai pas la force.
  2695. Parle au peuple la langue qu’il entend.
  2696. Assieds-toi de travers, si tu veux ; mais parle droit.
  2697. Au doux, parle doucement.
  2698. On connaît l’oiseau par son nid ;
    Et par les paroles, l’esprit.
  2699. Qui n’est pas homme de parole,
    N’est pas un homme.
  2700. Bonne parole au soldat, lui vaut mieux que sa solde.
  2701. L’animal se mène par la bride, et l’homme par la parole.
  2702. Il y a des paroles qui ressemblent à des confitures salées.
  2703. La patience est la clé de la joie.
  2704. La patience doit être mise en tête de tout projet.
  2705. La patience mène à bien;
    Et la précipitation, à mal.
  2706. Moyennant patience, l’amer devient doux, et la feuille de mûrier devient velours.
  2707. Au riche, la bastonnade ;
    Au pauvre l’amende.
  2708. Qui donne aux pauvres, donne à Dieu.
  2709. Accueille le pauvre avec bonté, fût-il un infidèle.
  2710. Pense d’abord à ce qu’il te faut faire, et puis mets-toi à la besogne.
  2711. A la perruche, du sucre ; et au pourceau, des glands.
  2712. Le petit fait la volonté du grand.
  2713. Qui a peur des moineaux, ne doit pas semer du millet.
  2714. Une pierre, pour casser la tête, n’a pas besoin d’être grosse.
  2715. Avec une pierre, on ne fait pas un mur.
  2716. Qui pleure pour tout le monde, finit par perdre les yeux.
  2717. Enfant qui ne pleure pas, n’aura pas à teter.
  2718. L’un pleure, et l’autre rit.
  2719. Plutôt que de passer sur le pont d’un vilain homme,
    Fie-toi au torrent.
  2720. Ne frappe pas à la porte d’un autre, si tu ne veux pas qu’on frappe à la tienne.
  2721. La poule du voisin nous paraît une oie.
  2722. Un pourceau n’en blesse pas un autre.
  2723. N’accepte aucun présent ; on te le redemanderait soit aux jours de noces, soit aux jours de fête.
  2724. Servir un jeune prince, et panser un cheval fringant.
    Deux métiers compromettants.
  2725. L’homme trop prudent finit par se blesser l’œil contre une poutre.

    R
  2726. Assieds-toi en haut, et regarde en bas.
  2727. Tête coupée ne se raccommode pas,
    Repentir tardif ne répare pas.
  2728. Une demande fait un mauvais visage ; un refus en fait deux.
  2729. La fin ordinaire du renard, est la boutique du pelletier.
  2730. Qu’est-ce qui peut amener un renard au marché ?
  2731. Renard qui trotte, vaut mieux que lion qui dort.
  2732. Le respect que tu veux obtenir, c’est toi qui en décideras.
  2733. Si nous n’avons point de richesses, ayons de l’honneur.
  2734. Un riche sans générosité, est un arbre sans fruits.
  2735. Ne t’associe pas à plus riche que toi.
  2736. La richesse donne le droit de parler.
  2737. Mieux vaut être l’esclave d’un riche, que le fils d’un pauvre.
  2738. Qui rit beaucoup, pleure beaucoup.
  2739. Un roi sans justice, est un fleuve sans eau.
  2740. Roitelet apprivoisé, vaut mieux que rossignol effarouché.

    S
  2741. Qui sait beaucoup, se trompe encore souvent.
  2742. Un homme doit savoir ce qui lui convient.
  2743. Richesse de l’Inde, science des Francs, faste des Osmanlis.
  2744. Le sang ne se lave pas avec du sang, mais avec de l’eau.
  2745. On a ouvert la veine à l’un, et quarante ont saigné.
  2746. Je donnerai ma tête, si l’on veut ; mais mon secret, jamais.
  2747. Que le ragoût soit salé,
    Mais que le sel soit modéré.
  2748. Tu dis ton secret à ton ami,
    Mais ton ami a un ami aussi.
  2749. Soleil qui doit me réchauffer,
    Je m’en aperçois dès son lever.
  2750. Bien des choses sont sur pied
    Avant le soleil levé.
  2751. Selon la face, le soufflet (pour un double visage, il faut double soufflet).
  2752. Ce que tu souhaites à ton prochain, t’armera à toi-même.
  2753. Les vieux souliers se jettent à la porte.
  2754. Il n’est soulier qui ne se crotte.

    T - V
  2755. On couvre de beaux mets la table de l’iman. — Que t’importe à toi, pauvret !
  2756. Quand la tête se perd, les pieds ne portent plus (ou ; Quand la tête tombe, les pieds ne soutiennent pas le corps).
  2757. L’homme à la tête légère, perd son bonnet dans la foule.
  2758. Il y a un temps pour chaque affaire.
  2759. L’oiseau ne vole qu’à l’aide du temps.
  2760. Si tu n’es pas riche, pourquoi tant de toilette ?
  2761. On passe un torrent furieux,
    Mais non un fleuve silencieux.
  2762. Il n’y a que Dieu qui ne se trompe pas.
  2763. Savoir beaucoup, n’empêche pas de se tromper un peu.
  2764. Ici des vaisseaux ont été submergés, qu’y viens-tu faire avec ta frêle nacelle ?
  2765. Le vaisseau est recourbé, mais il fait droite route.
  2766. On ne vend pas le poisson qui est encore dans la mer.
  2767. Qui dit la vérité, se fait exiler.
  2768. Ce n’est pas à vivre longtemps, mais à voir beaucoup, que l’on apprend quelque chose.
  2769. Je viens pour tes beaux yeux, et je fais mon affaire.
  2770. On vient comme on veut,
    Et l’on s’en va comme on peut.
  2771. Vieux coton ne fait pas bonne toile.
  2772. Ne mets pas le pied sur la queue de la vipère, si tu ne veux qu’elle te morde.
  2773. L’influence d’un mauvais voisin se fait sentir jusqu’au bout de la ville.
  2774. Le voleur qui ne se laisse pas surprendre, passe pour le plus honnête homme.
  2775. Vivre est quelque chose pour apprendre, mais voyager est mieux.


Proverbes italiens[modifier]

A
2777. Abondanza genera fastidio.
De la quantité, naît la satiété.
2778. Chi col fuoco fa star l’acqua per forza,
Fache o questa svapora, o quel si smorza.
Prétendre réunir l’eau et le feu, c’est vouloir au moins la perte de l’un des deux.
2779. Acqua torbida non fa specchio.
En eau troublée,
On ne peut se mirer
.
2780. Chi vuol dell’acqua chiara, vada al fonte.
Pour avoir de l’eau claire, il n’est que d’aller à la source.
2781. Acqua lontana, non ispegne il fuoco vicioo.
L’eau éloignée n’éteint pas le feu qui nous menace.
2782. Agosto matura, e settembre vendemmia.
Août mûrit les fruits, et septembre les cueille.
2783. Volete aver molti in ajuto ?
Fate di non averne bisogno.
Voulez-vous beaucoup d’offres de service ?
Tâchez de n’en avoir pas besoin.
2784. Dell’ albero caduto tutti si fan legna.
Arbre tombé, approvisionnement pour tout le monde.
2785. Chi a bella posta alterca,
La verità non cerca.
Qui dispute par plaisir, ne cherche pas la vérité.
2786. Chi non sa far i fatti suoi, peggio sa far quei d’altri.
Qui ne sait conduire ses propres affaires, bien moins fera-t-il celles des autres.
2787. Chi fabbrica su quel d’altri, perde la calcina e le piètre.
Qui bâtit hors de ses terres,
Perd son mortier et ses pierres.
2788. Chi dell’ altrui prende,
La sua libertà vende.
Qui accepte d’autrui, engage sa liberté.
2789. Chi fa l’altrui mesliere,
Fa la zuppa in un panière.
Qui d’autrui fait le métier,
Fait la soupe en un panier.
2790. Non ha il dolce a caro,
Chi provato non ha l’amaro.
Qui n’a pas goûté l’amertume, ne sait pas apprécier les douceurs.
2791. Chi apre il cuore all’ambizione, il chiude al riposo.
Ouvrir son cœur à l’ambition, c’est le fermer au repos.
2792. Chi perfettamente ama, perfettamente serve.
Selon que l’on aime, l’on sert.
2793. Amato non sarai,
Se a te solo penserai.
Tu ne seras pas aimé, si tu ne penses qu’à toi.
2794. Uovo d’un’ ora, pan d’un di, vin d’un anno, pesce di dieci, amico di trenta.
Œuf d’une heure, pain d’un jour, vin d’un an, poisson de dix , ami de trente.
2795. É meglio un buon amico, che cento parenti.
Mieux vaut un bon ami, que cent parents.
2796. Amico vecchio è cosa nuova.
Vieil ami, chose nouvelle.
2797. Ama l’amico tuo, tanto che da del suo.
Tel aime, tant qu’on lui donne.
2798. È meglio esser amici da lontano, che nemici da presso.
Mieux vaut être amis de loin, qu’ennemis de près.
2799. Chi non ha amici, non fa gran fortuna.
Sans amis, on n’arrive pas à une grande fortune.
2780. Grand’ amor, gran dolor.
Grand amour, grandes peines.
2781. Amor tenero dalla madre,
Amor forte del padre.
La mère aime tendrement.
Et le père solidement.
2782. Dove è grand’ amore, quivi è gran dolore.
Grand amour ne va pas sans grand’peine.
2783. Aprile fa il fiore,
E maggio ne ha l’onore.
Avril produit la fleur, et mai en a l’honneur.
2884. Ad arca aperta, il giusto pecca.
Coffre ouvert, rend le saint pervers.
2805. Arco per ralentar, piaga non sana.
Débander l’arc, ne guérit pas la plaie.
2806. Chi non arde, non incende
On n’enflamme pas, si l’on n’est en feu.
2807. In casa, argo ; di fuori, talpa.
Cent yeux chez soi ; dehors pas un.
2808. Aria di finestra,
Colpo di balestra ;
Aria di porta,
Al sepolcro porta.
Air de fenêtre,
Coup d’arbalète ;
Air de porte,
Personne morte.
2809. Chi ha arte,
Per tutto ha parte.
Avec de l’habileté, on trouve toujours à se nicher.
2810. Chi ha arte , ha parte.
Qui s’ingénie, trouve son lot.
2811. Con arte e con inganno,
Si vive raezzo l’anno ;
Con inganno e con arte,
Si vive l’altra parte.
Avec esprit et habileté,
On atteint le milieu de l’année ;
Avec habileté et esprit,
On se tire de l’autre partie.
2812. Chi non vuol ascoltare,
Gli converrà provare.
Qui ne veut croire aux leçons, apprendra à ses dépens.
2813. Legar l’asino dove vuol il padrone.
Il faut attacher l’âne où veut le maître.
2814. Chi aspettar puote,
Viene a ciò che vuole.
Qui peut patienter.
Finira par arriver
.
2815. Uomo assalilo , è mezzo preso.
Homme surpris,
Est à moitié pris
.
2816. Chi non ha, non è.
Qui n’a rien, n’est rien.
2817. Uomo avertito, mezzo munito.
Gens qu’on menace, vivent longtemps.
2818. Chi troppo avventura,
Rare volte ha ventura.
Qui risque trop, ne réussit guère.

  1. C’est-à-dire à celui qui réunit ces deux qualités, comme on le verra dans les proverbes allemands.