Les Œuvres de Mesdames Des Roches

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Les Œuvres de M. des Roches de Poetiers.

Ode 1.


Si mes escris n’ont gravé sur la face
Le sacré nom de l’immortalité,
Je ne l’ay quis non plus que merité,
Si je ne l’ay de faveur ou de grace.

Je ne descry Neptune en sa tourmente
Je ne prins pas Jupiter irrité,
Le vase ouvert, la fuite d’équité,
Dont nostre terre à bon droict se lamente,

L’enfant venu de Porus & Pœnie,
Qu’on dit brusler le plus froid des glaçons,
Se plaist d’ouyr les superbes chansons.
Et je me play d’une basse armonie,

Mais qui pourroit, chargé de tant de peine,
L’esprit geenné de cent mille malheurs,
Voire Apollon réverer les neuf Seurs,
Et dignement puiser en leur fontaine.

Le Ciel a bien infuz dedans nostre Ame
Les petis feux principes de vertu :
Mais le chaud est par le froid combatu
Si un beau bois n’alimente la flame.

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Bouche dont la douceur m'enchante doucement
Par la douce faveur d'un honneste soubs-rire:
Bouche qui souspirant un amoureux martyre,
Apaisez la douleur de mon cruel tourment.
Bouche de tous mes maux le seul allegement,
Bouche qui respirez un gratieux Zephire :
Qui les plus eloquens surpassez à bien dire
A l'heure qu'il vous plaist de parler doctement.
Bouche plaine de lys, de perles, & de roses,
Bouche qui retenez toutes graces encloses,
Bouche qui recelez tant de petits Amours.
Par voz perfections, o bouche sans pareille,
Je me perds de douceur, de crainte & de merveille
Dans vos ris, voz souspirs, & voz sages discours.

Penser qui m'es plus doux, que les fleurs à l'Abeille,
Et le soleil aux fleurs, penser en qui je voy
L'angelicque beauté qui me desrobe à moy,
Ravi par les soupirs d'une bouche vermeille.
Penser de mes esprits l'agreable merveille,
Penser de mes pensers le seigneur & le Roy:
Penser heureux, penser qui commande ma foy.
Serve de la douceur d'une voix nompareille.
Penser mon cher mignon, ma faveur, mon plaisir
Penser que ma Charite a bien daigné choisir
Pour renger un portraict de sa beauté exquise.
En luy representant son exquise beauté.
Fay luy paroistre aussi ma ferme loyauté,
Afin que me prenant elle demeure prise.

O que j'ayme voz yeux doux tirans de ma vie,
Et que j'ayme voz mains qui m'ont pris & lié.
Que j'ayme vostre poil blond crespe & delié
Qui tient dedans ses laqs ma liberté ravie.
Vous tenez tellement ma raison asservie
Par un regard meslé de honte & de pitié,
Voz mains serrent si fort le nœud de l'amitié
Et vostre poil doré si doucement me lie :
Que plustost que sortir de ma captivité,
Que plustost que manquer à ma fidelité,
Que plustost que faillir à si digne maistresse,
Je veux mourir cent fois en ma douce prison
Laissant ma liberté, ma vie & ma raison
Dans voz yeux, dans vos mains & vostre blõde tresse.


Prin-temps aporte fleurs, dont la riche peinture
Imite la couleur de la robe d'Iris,
Prin-temps suivy du jeu, de la dance & du ris
Qui follatre toujours dans ta gaye verdure,
Prin-temps fils du soleil, cher mignon de nature,
Delices des humains qui doucement nourris,
Tant & tant d'animaux, qui fussent tous peris,
Sans tes herbes & fleurs qu'ils ont pour nourriture.
Prin-temps honneur des prez, des chãps, & des jardins
Quand tu baise les doigts delicats & rosins
De ma belle Charite en pillant les fleurettes.
Oeilladant la splendeur de ses divins regards,
Tu deviens un esté pauvre, tu brule & ards
Admirant le parfaict de ses beautez parfaictes.

Ma nef au gré des vens dedans l’onde poussee
Erroit de toutes parts, quand votre heureuse main,
Piteuse de mon mal, me retira soudain,
En me sauvant des flotz de la mer courroucee.
Follement aveuglé d’une erreur insensee,
Montrant que la raison m’estoit donnee en vain,
Je me laissois guider d’un erreur incertain
Lorsque votre bel œil arresta ma pensee.
Maintenant je mourrois en mon cruel tourment,
Mais de voz doux propos le doux enchantement
De cet aspre douleur promptement me delie.
Ainsi le sainct honneur de voz perfections,
Conduisant sagement toutes mes actions,
Commande sur mes sens, mes pensers, & ma vie.

Belle plustost les eaux enflameront la terre
Et le feu glacera les fruicts herbes & fleurs,
Les aveugles plustost jugeront des couleurs,
Et plustost sans verdeur on verra le l'hyerre.
La paix sera plustost moins bonne que la guerre,
Venus ira sans grace, & l'Amour sans douceurs,
Les Princes seront serfs, & les serfs Empereurs
Qui frapperont les Dieux avec le tonnerre.
Plustost seront les Cieux à la terre pareils,
Plustost aparoistront mill'& mille soleils,
Dans le centre profont de cette lourde masse,
Plustost seront tousjours les hommes sans couroux,
Tous les pensers plustost se liront en la face,
Que je puisse jamais aymer autre que vous.

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Qui d’une saincte amour sainctement nous assemble,
Mon cueur jure qu’il s’est pour le vostre changé
Et que luy seul vous tient à nostre amour rangé,
Ma bouche maintenant veut affermer pour elle.
Que si ce n’eust esté son gracieux accueil
Ny la force du cueur, ny la force de l’œil.
N’eussent peu arrester cette flame nouvelle.


Puis que le ferme nœud d’une amitié tant saincte,
Vous doit unir à moy, faictes vostre devoir
D’egaller voz vertus à vostre grand sçavoir
Et que ce ne soit point une aparence feinte.
Si vous estes meschant, las je seray contrainte,
De vous abandonner: car je craindroy d’avoir
Un amy vitieux , & je ne veux point voir
Mon honneste amitié compaigne de la crainte.
La vertu seulement rend l’homme bien-heureux,
Soyez donc s’il vous plaist de vertu desireux
Suivant de l’ypsilon la moins commune adresse.
Faictes que la raison commande à voz desirs,
En esperant de moy les honnestes plaisirs
Que l’on doit esperer d’une chaste maistresse.

Amy je ne sçaurois rompre ce doux lien,
Ce doux lien d’amour, dont vous me tenez prise,
Aussi ne veux-je point faire telle entreprise
Puis que tous mes efforts, n’y serviroient de rien.
Je vous ayme & honore, & voy assez combien
La troupe des neuf sœurs sur tout vous favorise,

Si je veux m'acquiter on ne me doit reprendre
De ce dont est repris le prodigue donneur,
Qui depend follement & richesse & honneur
Sans esperer le bien qu'il en pourroit attendre.
Recevant un amour, un amour je veux rendre
A vous mon Sincero, & confesse mon heur
D'avoir sçeu rencontrer un si rare sonneur
Pour nostre affection dignement faire entendre.
Or je doy vous aymer pour trois occasions,
Pource que vous m'aymez, pour voz perfections,
Pource que je vous suis liee de promesse :
Et vous payant ainsi je ne vous donne rien,
Que pourrois je donner, vous estes tout mon bien,
Vous estes mon honneur, mon plaisir, ma richesse.

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Si je connois en vous une presomption,
Grande peste des cueurs que l’on met en servage,
Si je vous voy changer de mœurs & de langage,
Vous me voirrez bien tost manquer d’affection.
Si vous m’estes constant, je vous seray constante,
Si vous voulez changer, & bien j’en suis contente,
Cherchez une autre amie & moy un autre amy :
Cherchez une maistresse honneste, aymable, & belle,
Et moy un serviteur sage, accort, & fidelle :
Car je ne veux jamais que l’on m’ayme à demy.

Sincero mon doux feu, si j’ay peu attirer
De voz perfections, une amitié non feinte,
Et si j’ay doucement escouté vostre pleinte,
Craignant que vostre mal peut croistre ou empirer.
Dittes moy s’il vous plaist, qui vous peut retirer
De mon affection inviolable & saincte ?
Avez vous point senti quelque nouvelle atteinte,
Qui pour un autre amour vous face souspirer ?
Et que peut-ce estre donc qui de moy vous esloigne ?
Mais ne seroit-ce point que le Roy de Pouloigne,
Vous eut faict oublier vostre amoureuse foy ?
Ha mon Dieu que je crain que cet excellent Prince,
Pour honorer de vous sa nouvelle Province,
Vous derobe à la France, à l’amour, & à moy.

S’il est vray, Sincero, que la perseverance
Demeure dedans vous, si vous avez tousjours,
Dans la bouche mon nom, dans l’esprit mes amours,

Jamais mon Sincero, je ne prendray plaisir
De vous assujectir à des lois rigoureuses.
Ha ! vrayement je hay trop ces ames langoureuses
Qui sans cause d’espoir renforcent leur desir.
Je vous sçauray bon gré, s’il vous plaist, de choisir
Le temps le plus commode aux œuvres serieuses ;
Mais ne me racontez voz plaintes amoureuses
Sinon quand vous serez aux heures de loisir.
La plus grand part du temps demeurez à l’estude,
Puis quand vous serez las de votre solitude,
De raisonner en vous, & de penser en moi,
Allez voir le Palais, & la paume, & l’escrime,
Et les Dames d’honneur, de vertu, & d’estime,
Gardant tousjours l’amour, l’esperance, & la foy.

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