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partie des accidens qu’attirent presque toujours les points de suture.

Si un gonflement, une érésipelle, ou quelques éruptions cutanées obligeoient de lever l’emplâtre agglutinatif avant la consolidation parfaite de la plaie, ou lorsque la cicatrice est encore récente, il faudroit avoir la précaution de le lever par l’une de ses extrémités, jusqu’auprès de la division, en appuyant un doigt sur la peau qui couvroit l’emplâtre, à mesure qu’il se détache, pour favoriser sa séparation, & empêcher les dilacérations qu’il pourroit occasionner par son adhérence ; on reprend ensuite l’autre extrémité pour la conduire à pareille distance de l’autre levre de la division ; on détache le reste par de petits mouvemens opposés & alternatifs ; faute de prendre les mesures prescrites, on risqueroit de déchirer une cicatrice tendre, en tirant l’emplâtre d’un bout à l’autre suivant la même direction.

Le reste du pansement d’une plaie, réunie par la situation de la partie, le bandage & la suture seche, ne différe point du traitement ordinaire des plaies. Voyez Plaie & Suture. (Y)

RÉUNIR, v. act. (Gramm.) rejoindre, rapprocher, remettre ensemble ce qui étoit auparavant séparé. Réunissez-vous par un même repas ; les églises qui s’étoient séparées de la communion romaine, s’y sont réunies ; que de vertus réunies dans la même femme ! Voyez Réunion.

RÉVOCABLE, adj. (Jurisprud.) signifie qui peut être révoqué ; une donation est revocable par survenance d’enfans. Voyez Donation & Révocation. (A)

RÉVOCATION, s. f. (Jurisprud.) est l’acte par lequel on en révoque un précédent ; le prince révoque une loi, lorsqu’il y reconnoît quelqu’inconvénient ; on révoque une donation, un testament, un legs, un procureur, des offres, une déclaration, un consentement. Voyez Edit, Loi, Ordonnance, Donation, Testament, Legs, Procureur, Offres, Déclaration, Consentement. (A)

RÉVOCATOIRE, adj. (Jurisprud) signifie qui a l’effet de révoquer. Ainsi une clause révocatoire est celle qui a pour objet de révoquer quelqu’acte. Voyez Révocable, Révocation. (A)

REVOIR, v. act. (Gram.) voir de nouveau. Que j’aurois de plaisir à revoir cette femme, cet homme qui m’étoient si chers ! ne vous lassez point de revoir votre ouvrage ; c’est un procès à revoir ; il faut que l’étalon revoye cette jument. Voyez les articles Vue & Voir.

Revoir d’un cerf, (Vénerie.) On en revoit par le pié, par les fumées, par les abattures, par les portées, par les foulées, par le frayoir & par les rougeurs.

REVOLER, v. n. (Gramm.) c’est voler de nouveau. Voyez les articles Vol & Voler.

REVOLIN, s. m. (Marine.) c’est un vent qui choque un vaisseau par réflexion ; ce qui cause de fâcheux tourbillons dont les vaisseaux sont tourmentés soit qu’ils fassent voile ou qu’ils soient à l’ancre.

RÉVOLTE, s. f. (Gouvern. polit.) Soulevement du peuple contre le souverain. L’auteur du Télémaque, liv. XIII, vous en dira les causes mieux que moi.

« Ce qui produit les révoltes, dit-il, c’est l’ambition & l’inquiétude des grands d’un état, quand on leur a donné trop de licence, & qu’on a laissé leurs passions s’étendre sans bornes. C’est la multitude des grands & des petits qui vivent dans le luxe & dans l’oisiveté. C’est la trop grande abondance d’hommes adonnés à la guerre, qui ont négligé toutes les occupations utiles dans le tems de la paix. Enfin, c’est le desespoir des peuples mal-traités ; c’est la dureté, la hauteur des rois, & leur


mollesse qui les rend incapables de veiller sur tous les membres de l’état, pour prévenir les troubles. Voilà ce qui cause les révoltes, & non pas le pain qu’on laisse manger en paix au laboureur, après qu’il l’a gagné à la sueur de son visage.

Le monarque contient ses sujets dans leur devoir, en se faisant aimer d’eux, en ne relâchant rien de son autorité, en punissant les coupables, mais en soulageant les malheureux ; enfin, en procurant aux enfans une bonne éducation, & à tous une exacte discipline au milieu d’une vie simple, sobre, & laborieuse ; les peuples ainsi traités, seront toujours très-fideles à leurs princes ». (D. J.)

RÉVOLUTION, s. f. signifie en terme de politique, un changement considérable arrivé dans le gouvernement d’un état.

Ce mot vient du latin revolvere, rouler. Il n’y a point d’états qui n’aient été sujets à plus ou moins de révolutions. L’abbé de Vertot nous a donné deux ou trois histoires excellentes des révolutions de différens pays ; savoir, les révolutions de Suede, celles de la république romaine, &c.

Révolution, (Hist. mod. d’Angl.) Quoique la Grande-Bretagne ait éprouvé de tous tems beaucoup de révolutions, les Anglois ont particulierement consacré ce nom à celle de 1688, où le prince d’Orange Guillaume de Nassau, monta sur le trône à la place de son beau-pere Jacques Stward. La mauvaise administration du roi Jacques, dit milord Bolinbroke, fit paroître la révolution nécessaire, & la rendit praticable ; mais cette mauvaise administration, aussi-bien que toute sa conduite précédente, provenoit de son attachement aveugle au pape & aux principes du despotisme, dont aucun avertissement n’avoit pu le ramener. Cet attachement tiroit son origine de l’exil de la famille royale ; cet exil avoit son principe dans l’usurpation de Cromwel ; & l’usurpation de Cromwel avoit été occasionnée par une rebellion précédente, commencée non sans fondement par rapport à la liberté, mais sans aucun prétexte valable par rapport à la religion. (D. J.)

Révolution, est aussi un terme de Géométrie. Le mouvement d’une figure plane qui tourne autour d’un axe immobile, est appellé revolution de cette figure. Voyez Axe.

Un triangle rectangle tournant autour d’un de ses côtés engendre un cône par sa révolution ; un demi-cercle engendre une sphere, &c. Voyez Cône, Sphere, &c.

Révolution se dit aussi en Astronomie, de la période d’une planete, comete, &c. c’est-à-dire, du chemin qu’elle fait depuis qu’elle part d’un point, jusqu’à ce qu’elle revienne au même point. Voyez Planete, Période, &c.

Les planetes ont deux especes de révolution ; l’une autour de leur axe qu’on appelle rotation diurne, ou simplement rotation, & qui dans la terre, par exemple, constitue ce que nous appellons les jours & les nuits. Voyez Jour & Nuit. L’autre révolution des planetes se fait autour du soleil : on l’appelle révolution annuelle ou periode ; c’est la révolution annuelle de la terre qui constitue nos années. Voyez An.

Saturne, selon Kepler, fait sa révolution annuelle en 29 ans 174 j 4 h. 58′ 25″ 30′" ; Jupiter en 11 ans 317 j. 14 h. 49′ 31″ 56′" ; Mars en un an 321 j. 23 h. 31′ 56″ 49′" ; Vénus en 224 j. 17 h. 44′ 55″ 14′" ; Mercure en 87 j. 23 h. 14′ 24″. Voyez Saturne, Jupiter, Mars, &c. Chambers. (O)

Revolutions de la terre, (Hist. nat. Phys. & Minéralogie.) c’est ainsi que les naturalistes nomment les événemens naturels, par lesquelles la face de notre globe a été & est encore continuellement altérée dans ses différentes parties par le feu, l’air &