Cahier de chansons populaires recueillies en Ille-et-Vilaine

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Couplets par l’Hermite de la T. K.[modifier]


Dis-moi, Guillot, n’entends-tu pas
Des cris de joie dans le village ?
D’où peut venir tout ce fracas
Qui charme notre voisinage ?
Notre curé trouve-t-il bon
Qu’on fasse un si grand carillon ?


D’où viens-tu donc ? pauvre Pierrot !
Sçais-tu pas les bonnes nouvelles
Qui se répandant aussitôt
Semblent déranger nos cervelles ?
C’est le cri chéri des Bourbons
Qui retentit dans nos vallons.
Ce jour à garder tes moutons,
Il ne faut pas que tu t’amuse ;
Prends tes gamaches, tes flacons,
Moi je prendrai ma cornemuse ;
Courons nous joindre à nos amis,
Sous le drapeau des Fleurs de Lis.


L’auguste mère d’un Bourbon,
Cet astre de la bienfaisance,
Vient animer tout ce canton
Des doux rayons de sa présence ;
Prouvons-lui que tout Bas-Breton
Est fidèle à son rejeton.


Avec nos Maires, nos Pasteurs,
Et paraissant de bons apôtres,
Nous pourrons lui offrir nos cœurs,
Et chanterons comme les autres,
Vive à jamais le nom chéri
De la duchesse de Berri.

La fille sans mollets[modifier]

I


C’est une fille de nos cantons
Qui se prom’nait sur un grand ton,
La taille ben faite,
Mes amis, c’est c’qui m’y déplaît :
C’est qu’elle n’avait pas de mollets.

II


Par un beau jour par hasard
A rencontré un pauv’ vieillard :
« Sauriez-vous m’en garder l’secret,
De m’y faire, de m’y faire,
Sauriez-vous m’en garder l’secret,
De m’y faire une paire de mollets ? »

III


En la voyant si chagrine,
Lui répond d’un air malin :
« Ah ! la belle je le voudrais ben,
C’est de vous faire, c’est de vous faire,
Et je vais m’en mettre en peine,
D’vous faire une paire de mollets. »

IV


Le bonhomme y consentant ben
Se mit à travailler en fin,
Le pauv’ bonhomme n’y voit plus goutte
Hélas, il s’est trompé de route
A mis les mollets par devant,
Voyez donc quel désagrément !

(GOVEN).

Le conscrit[modifier]

I


— Adieu, l’objet de mes amours,
Je vous dis adieu pour toujours,
J’ai tiré à la malice ;
M’a arrivé billet noir,
J’ai pour sept ans de service,
Adieu la belle jusqu’au revoir !

II


— Mon bel amant si tu t’en vas,
Je te suiverai pas à pas,
Faut mettre un homme dans ta place,
T’en couterait-il cent écus,
Car dans sept ans l’amour se passe,
Dans moi tu n’y penseras plus.

III


— Console-toi mon petit cœur,
Pour toi n’aura point de malheur,
Car si j’ai pris ton cœur en gage,
La belle au service du roi,
D’autres y passeront tes charmes,
Y a d’autres amants que moi.

(BAULON).

Les changements[modifier]

I


C’est une jeune fille
Que j’aime tant :
— Si tu voulais m’y rendre,
Le cœur content,
Je te donnerais cent francs
De mon argent.

II


— Si tu m’y donnes,
De ton argent,
Je me renderai nonne
Dans les couvents ;
A ma n’a plus d’attendre,[1]
Quevalier blanc.

III


— Ah ! si tu t’y rends nonne,
Dans les couvents,
Je m’y renderai moine
Fort bien chantant,
Je confess’rai les nonnes
Dans les couvents.

IV


— Ah ! si tu t’y rends moine,
Fort bien chantant,
Pour confesser les nonnes,
Dans les couvents,
Je me renderai tanche
Dans le vivier ;
A ma n’a plus d’attendre,
Blanc quevalier.

V


— Ah ! si tu t’y rends tanche
Dans le vivier
Je m’y ferai semblable
D’un batelier,
Je happerai la tanche
Dans le vivier.

VI


— Si tu t’y fais semblable
D’un batelier
Pour attraper la tanche
Dans le vivier,
Je me renderai caille
Dedans les blés ;
A ma n’a plus d’attendre,
Blanc quevalier.

VII


— Ah ! si tu te rends caille
Dedans les blés
Je me ferai semblable
À l’éprivier[2],
Je boulott’rai[3] la caille


Dedans les blés.
VIII


— Si tu t’y fais semblable
À l’éprivrier,
Pour boulotter la caille
Dedans les blés,
Je m’y rendrai étoile
Au firmament ;
A ma n’a plus d’attendre,
Quevalier blanc.

IX


— Si tu t’y rends étoile
Au firmament
Je m’y ferai semblable
À l’arc en ciel
Je couvrirai l’étoile
L’étoile du ciel.

X


— Si tu t’y fais semblable
À l’arc en ciel
Pour y couvrir l’étoile,
L’étoile du ciel,
Je n’en serai malade
Que j’en mourrai ;
A ma n’a plus d’attendre,


Blanc quevalier.
XI


— Si tu en es malade,
Que tu en meure,
Je me renderai terre,
Te pourrirai,
De tes amours la belle,
Je jouirai !

(BAULON).

Cf. : L. Lambert : Chans. pop. du Languedoc, t. I. p. 351, 7. Daymard : Chans. pop. du Quercy, p. 39. — Mistral s’est inspiré de cette donnée dans sa Mireille.


Les Ivrognes[modifier]


— Vends ta cotte
Et ma ma culotte.
Et ton cotillon de dessous,
Vendons tout !


— J’ai tout vendu
Pour baire[4],
Ma marmite et ma cueillère,
Oh ! si j’ai tout vendu,
C’est pour avoir trop bu.

(BAULON).

La noce du papillon[modifier]

I


— Papillon, papillon, marie-ta !
— Il est ben dit, mais faut ô qua[5],
Et de l’argent je n’en ai point,
Pour faire dîneu les parents
Du papillon.

II


Par là, ma fa, s’en vint le loup :
— Je suis gaillard et ben saoul,
J’fournireu brebis et moutons
Pour aideu à fair’ la noce
Du papillon.

III


Par là, ma fa, vint le renard :
— Je suis gai et ben gaillard,
J’fournireu poules et dindons
Pour aideu à fair’ la noce
Du papillon.

IV


Véci venue la grande cheuvre[6]
Qui dans sa goule porte un peunier[7],
Et ses chutiaux[8], et ses chutiaux,
Tout chacun, tout chacun


Leu’s p’tits tourtiaux.
V


Véci aussi venue la lieuve[9] :
— Je suis gai et ben ligeu,
J’sortirai d’la ras[10] du sillon
Pour aller qu’ri[11] les légumes
Du papillon.

VI


Véci aussi venu le chat :
— Je suis gai et délicat,
J’grill’rai ma barbe sur les charbons
Pour fair’ bouillir les marmites
Du papillon.

VII


Véci aussi v’nu l’éprivieu[12]
Qui a mis le pot au feu ;
Et le coucou, et le coucou,
Qui souffle le feu dessous :
S’a brûlé l’cou.

VIII


Véci venue la bondrée[13]
Qu’a trempé les écuellées ;
Et le pivert qu’est sur la table,
Qui les sert, qui les sert,


O[14] son bec vert.
IX


Ah ! véci venue la pie :
— Je suis belle et ben jolie
J’coëffe la mariée ô un frison,
Pour aider à faire la noce,
Du papillon.

(BAULON).

Cf. : Revue des Traditions pop., t. V., fasc. 1, p. 16.

L’artilleur de Rennes[modifier]

I


J’ai travaillé cinq à six ans
Dans cett’ ville de Rennes ;
J’y étais heureux comme un roi
D’avoir ma mie auprès de moi,
Tout le long de la rivière.

II


La belle se mit à genoux :
Elle demandit à sa mère :
— Ma mère, il me vient un aimant,
Je veux me marier promptement,


Comm’ on vous a fait pour mon père !
III


Ma fille, à quoi donc penses-tu ?
Ce n’est rien qu’un soldat de guerre.
Nous n’avons pas d’enfant que toi.
Tu te marieras richement
Ou ben d’moiselle tu rest’ras.

IV


— Que je me marie en richesse,
Tout ça m’est ben égal ma mère ;
Moi j’aimerai dedans mon cœur,
Ce jeun’ soldat, brav’ artilleur,
Puisqu’il est un soldat de guerre.

V


— Il faut écrire à mes parents,
Au gouvernement de la guerre ;
Si le ministr’ il est consent[15]
Et ta mère et l’gouvernement
Nous épouser n’tardera guère.

VI


— Hélas ! hélas ! on m’a écrit
Un’ ben triste nouvelle,
Partout la guerre est déclarée
Les artilleurs vont s’en aller,
Adieu, bell’ vill’ de Rennes.

(VERN.)

Avant le départ[modifier]

I


J’ai fait une maîtresse,
Trois jours, y a pas longtemps,
Je me suis éloigné d’elle,
Je ne la vois pas souvent
A-t-elle changé de sentiment
Je n’en sais rien ;
Je suis engagé pour Bourbon,
Adieu donc, chère Nanon.

II


De grand matin je m’y levai,
Deux heures avant le jour,
À la porte de la belle
J’y ai frappé trois coups.
— Ah ! dormez-vous ? sommeillez-vous ?
Belle Nanon,
Si vous dormez, réveillez-vous,
C’est votre aimant qui parle o[16] vous.

III


Sans feu, ni sans chandelle
Ne prenant que son jupon
Elle s’en va ouvri la porte
À son aimant fidèle,
Elle s’est jetée entre ses bras
En lui disant :
— Oh ! c’est-y ta, mon p’tit aimant,


Celui que mon cœur aime tant ?
IV


— Retire ta, ma belle,
Retire ta, je t’en prie,
Que tu m’y fais de la peine,
Que tu m’y fais langui,
Belle Nanon,
Quand mes sept ans seront passés
Je reviendrai pour t’épouser.

V


— Sept ans ! reprit la belle,
Sept ans ! c’est ben du temps
Pour un aimant que j’aime
Et ne le voirai pas souvent,
Je m’en irai dedans les champs
Toujours pleurant
Hélas ! toujours en regrettant
Celui que mon cœur aime tant !

VI


— Les garçons de ton village
Ils sont des bons enfants,
Te feront l’amour, ma belle,
Pendant que je serai absent.
Ils te diront plus de cent fois :
— Belle aime-ma !
La belle, donne ma ton cœur,


Oh ! je serai ton serviteur !
VII


— Les garçons de mon village,
Ne savent pas faire l’amour,
Toujours le même langage
Toujours les mêmes discours,
Ce n’est pas comm’ ta, cher aimant,
Toujours changeant
De compliment.

(MAXENT).

Cf. : Orain, Chans. pop. de la Haute Bretagne, p. 227.

Il est temps[modifier]


Bonne maman, mariez-ma,
J’ai des raisons pourqua,
Vous m’avez faite à quatorze ans,
Tiderala, tidera la laire,
Vous m’avez faite à quatorze ans,
Je vais en faire autant.

(MAURE).

La fille abandonnée[modifier]

I


— Garçon ! si tu t’en vas
Je suis grosse de ta,
Paieras-tu la nourrice ? (bis).

Refrain :


Oh ! là-là ! quel jeu c’est-y là ?
Ne jouez point à ce jeu-là !

II


— Tiens ! vela cent écus !
La belle, les veux-tu ?
Ils sont à ton service, (bis).

Refr.

III


Quand la belle eut l’argent
Ell’ n’éteut pas contente,
Ell’ vouleut de la taile[17]. (bis).

Refr.

V


— Déchir’ tes ridiaux
Pour fair’ des drapiaux[18],
Ma, j’m’en vas à la guerre. (bis).

Refr.

(MAURE).

V’là l’commerce qui r’prend ![modifier]

I


Ben souvent je vas-t-au marché
C’est pour rire et pour rigoler.
Je l’aperçois d’loin,
C’est mon p’tit coquin.
Oh ! le mentin[19], le mentin ! le mentin !
Oh ! là ! oui vraiment, quand j’y pense,
V’là l’commerce pour ma qui reprend !

II


V’là t’y pas qu’il m’a-z-invitée
D’aller prend’ un’ tass’ de café.
Ce n’est pas tout ça,
C’est qu’il me donne le bras !
Oh ! le petit gueux ! le petit gueux ! le petit gueux !
Oh ! là, oui, etc.

III


V’là t’y pas qu’il vient m’y r’conduire,
En m’y parlant de c’qui m’fait tant rire !
Ce n’est pas tout ça,
C’est qu’il me donne le bras !


Oh ! le petit gueux ! etc.
IV


— Puisque c’est pour tout à bon,
Viens-va donc à la maison.
Tu en r’parleras.
Mais non pas tout bas.
Oh ! le mentin ! etc.

V


Il n’était pas sitôt entré
À papa, à maman en a parlé.
Papa qui veut bien,
Maman qui consent,
Oh ! les bons parents que j’ai là !
Oh ! là ! oui vraiment, etc.

VI


Le v’là t’y pas qui m’a dit :
— Ma bien-aimée tu viendras cheu nous.
Nous couch’rons tous deux,
Comm’ des amoureux !
Oh ! le petit gueux ! Le petit gueux ! le petit gueux !
Oh ! là, oui, vraiment quand j’y pense.
Il y a longtemps qu’il attend c’moment.

(BAULON).

On aime toujours l’argent[modifier]

I


— Maman, j’ai un aimant, (bis)
Qui m’aime si tendrement !
Mais il a une bosse,
Derrièr’ comme devant, ce galant !
Il marche avec des crosses[20],
Il me batt’ra souvent !

II


— Ma fill’ faut l’épouseu, ce bosseu ! (bis)
Ma fill’ faut l’épouseu !
N’argent n’a point une bosse.
Son chapiau cach’ra tout cela.
Et au bord de la fosse,
Son argent restera !

III


On entendit sonneu, sonneu ! (bis)
C’est-y pour l’épouseu, ce bosseu,
C’est-y pour l’épouseu ?
Le curé comm’ les autres
Tout le monde en rieut du bosseu,
Tout le monde en rieut !

IV


On l’emmeune à la maison, (bis)
Pour examineu sa façon.
Il a tireu la langue
Un demi pied de long, ce luron !
Il a les dents si longues
Comm’ des ch’vill’s de violon !

V


Il a le chapiau cornu, (bis)
Et le menton fourchu
Et la goule au pareil,
Fendue jusqu’aux oreilles.
Tra la lidera
Tra la la la, lidera la la !

(BAULON).

L’aimable vieux mari[modifier]

I


Voici le jour venu
Où Rosett’ s’y marie ; (bis)
Ell’ prend un homm’ d’quatre-vingt ans
La petite Rosette,
Qui n’a que quinze ans !

II


La prit par sa main blanche
La conduit à l’église : (bis)
— Vois-tu Rosette, tes amis tes parents ?
Ma petite Rosette,


Ton cœur est-il consent[21] ?
III


La prit par sa main blanche,
La conduit à la table : (bis)
— Mange, Rosette, du rôti, du bouilli,
Ma petite Rosette,
Mange à ton appétit !

IV


La prit par sa main blanche,
La conduit à la danse : (bis)
— Danse, Rosette, danse à petits pas,
Ma petite Rosette,
Ne te fatigue pas !

V


La prit par sa main blanche,
La conduit dans sa chambre : (bis)
— Vois-tu, Rosette, ta chambre ô[22] ton lit,
Ma petite Rosette,
Où nous pass’rons la nuit ?

VI


Quand ce fut devers ménuit,
Le vieillard se réveillit : (bis)
— Dors-tu, Rosette ? dormiras-tu toujours?
Ma petite Rosette,
Pensons dans nos amours !

(BAULON).

Cf. : Ad. Orain, Chansons de la Haute Bretagne, p. 77. — J. Daymard : Chants pop. du Quercy, p. 38.

La femme battue[modifier]

I


Sur le bois joli,
C’est entre nous, les filles !
Sur le bois joli,
Qui prenez des maris. (bis)

II


Sur le bois joli,
N’en prenez point un jeune,
Sur le bois joli,
Ni un trop vieux aussi. (bis)

III


Sur le bois joli,
Ma, j’en ai prins un jeune,
Sur le bois joli,
Qui me fait ben languî. (bis)

IV


Sur le bois joli,
Il s’en va-t-à l’auberge,
Sur le bois joli,


Ne revient qu’à ménuit. (bis)
V


Sur le bois joli,
Cogne[23] le pied dans la porte,
Sur le bois joli,
Je m’lève à li ouvrî. (bis)

VI


Sur le bois joli,
Prend le banc[24] de la porte,
Sur le bois joli,
Me reconduit au lit. (bis)

VII


Sur le bois joli,
Il cogne sur la berne,
Sur le bois joli,
Et sur ma aussi. (bis)

VIII


Sur le bois joli,
C’est-y les proumesses
Sur le bois joli,
Que tu m’avais proumis ? (bis)

IX


Sur le bois joli,
Si j’t’ai fait des proumesses,
Sur le bois joli,
À présent j’m’en dédis ! (bis)

(BAULON).

L’amoureux sans le sou[modifier]

I


Par un lundi, par un beau jour
J’m’en suis allé y fair’ l’amour,
Y fair’ l’amour à une fille
Que d’puis longtemps mon cœur désire.

II


Allons-va donc nous promener
En attendant le déjeuner
Allons là-bas dessus l’herbette,
J’accomplirons nos amourettes.

III


Nos amourett’s sont accomplies
Le déjeuner arrive aussi :
— Ah ! bonjour donc ! Madam’ l’hôtesse,
Qu’avez-vous donc pour ma maîtresse ?

IV


— J’avons jambon, j’avons dindon,
J’avons un quartier de mouton.
Ya du vin dedans la cave,
— Buvons en donc, cher camarade !

V


Y n’étaient pas à mi-dîner,
L’hôtesse demandit à compter,
Le garçon fit la triste mine :


— Prêtez-moi de l’argent ma mie !
VI


— Buvons un coup, buvons en deux
À la santé des amoureux.
Nous somm’s ici des connaissances.
La bell’ payez-donc la dépense.

VII


La belle attira ses gants blancs,
Attire de l’or et de l’argent,
Attire de l’or en abondance.
— Pauvre garçon, paie ta dépense.

VIII


Le garçon fit la triste mine,
N’ayant l’argent que d’un’ chopine.
— Non pas d’argent, non pas de fille,
Pauvre garçon rest’ donc tranquille.

IX


Jamais garçon je n’conseill’rai
Hélas! d’y aller voir les filles
S’il n’a l’argent que d’un’ chopine. (bis)

(BOVEL).

Ronde[modifier]

I


En allant à la foire,
À la foire à Lailla[25].

Refrain :
Vouich’ ta,
À la nigousse
Dugain, dugia !
Duvouich tant vouich,
Eh ! mon gas !
Vouich ta !
Raou ! Raou ! Raou !

II


Dans un chemin rencontre
Le fils d’un avocat.

Refr.

III


Lui a demandé : — Belle,
Bell’ que portez-vous là ?

Refr.

IV


— Monsieur, sont des oranges
Que j’y porte à Lailla.

Refr.

V


— Portez-les dans ma chambre,
Ma femme vous les pay’ra.

Refr.

La ménagère toujours grognant[modifier]

I


Mon père s’éteut mis dans la tête,
De m’y marieu,
Je croyeus ma fortune faite
Je l’ai accepteu. (bis)

II


Y m’a donneu une femme
Qui ’teut sans raison
Je croyeus qu’ell’ éteut sage
C’éteut un démon. (bis)

III


Dès le jour de nos noces,
Le soir du festin
Ell’ m’a foutu par la goule
Pusieurs coups d’poing. (bis)

IV


Au bout de neuf mois après,
Nous vient un enfant,
V’là cor ben le diable à quat’
Pire qu’auparavant. (bis)

V


Aussitôt qu’l’enfant fut né
Je prins le pêlon[26]
Je li cuisis de la bouillie,


Comme un chambrion[27]. (bis)
VI


Hélas ! j’y soigneus ma femme
Ben fidèlement
Encor’ la ménagère grionne[28]
Ell’ grisse[29] des dents ! (bis).

(BAULON).

La mariée tondue[modifier]

I


L’aut’ jour je fus à la noce, (parlé)
Je m’en vas vous l’raconteu,
La mariée si ben friseu
Il aveut des papillottes
Que ça faiseut grand dangeu.

Refrain :
Brandelon la, lon la, lalirette,
Brandelon la, lon la, lalira.

II


Le marieu éteut en ribotte[30],
La mariée vouleut s’y coucheu,
Auparavant de se coucheu,
Y faudra la découronneu.

Refr.
III


En y regardant la tête,
Ell’ aveut le pail[31] coupeu,
Y en aveut un’ gousse[32] à Fancheutte,
Et l’autre à Féliciteu.

Refr.

IV


Fancheutte dit : tu vas m’la rendre,
Ou ben j’allons var[33] du jeu !
Et les autr’ y vinr’nt li prendre,
La celle à Féliciteu.

Refr.

V


Garçons, qu’êt’s à marieu,
Prenez ben gard’ d’êtr’ attrappeu,
Regardez-y leur dans la tête
Si n’araient point le pail coupeu.

Refr.

(TALANSAC).

La noce singulière[modifier]

I


Nicolas marie sa fille
Grosse et grasse comme un’ fourmi,
À cheval sur un pourciau,
Veurdin, veurdin, veurdinguette,
À cheval sur un pourciau,
Veurdingot.

II


Quand ils furent dedans l’église
Point d’eau bénite y aveut :
Pissirent dans leurs sabiots,
Veurdin, veurdin, veurdinguette.
Pissirent dans leurs sabiots,
Veurdingot.

III


Quand ils furent devant l’autel
Point de flambeaux y aveut,
Mir’nt le feu dans quat’ fagots,
Veurdin, veurdin, veurdinguette,
Mir’nt le feu dans quat’ fagots,
Veurdingot.

IV


Quand y fur’nt dans la sacristie,
Point de régie[34] n’y aveut,
Écrivirent sur un pot,
Veurdin, veurdin, veurdinguette,
Écrivirent sur un pot,


Veurdingot.
V


Quand ce fut pour y dineu,
Eur’nt la cuiss’ d’un’ fromi[35] en rôt,
Il en restit cor[36] au croc,
Veurdin, veurdin, veurdinguette,
Il en restit cor au croc,
Veurdingot.

VI


Le bon vin qui z’y buvaient[37]
’Tait d’la mare du chemin,
Chacun n’en buveut pas trop
Veurdin, veurdin, veurdinguette,
Chacun n’en buveut pas trop,
Veurdingot.

VII


Quand y fur’nt pour s’y coucheu,
Quat’ à quat’ dans des panieus,
La tête dans leurs sabiots,
Veurdin, veurdin, veurdinguette,
La tête dans leurs sabiots,
Veurdingot.

VIII


Quand ce fut devers ménuit
La mariée pissit au lit,
Ah ! c’eteut manque de pot,
Veurdin, veurdin, veurdinguette,
Ah ! c’eteut manque de pot


Veurdingot.
IX


Le marieu fut pus honnête,
Fit pipi par la fenêtre,
Sur la têt’[38] au porteur d’iau,
Veurdin, veurdin, veurdinguette,
Sur la têt’ au porteur d’iau,
Veurdingot.

X


L’porteur d’iau tout en colère,
Embrassit sa femme au sâr,
Ça fut faute à Louis Angot,
Veurdin, veurdin, veurdinguette,
Ça fut faute à Louis Angot,
Veurdingot.

(BAULON).

Cf. : L. Decombe, Chans. pop. d’Ille-et-Vilaine, p. 202.

La noce à Galuchet (Fragment)[modifier]

I


L’autre jour, j’étions d’ la noce,
De la noce à Galucheu[39] (bis)
Dam’, c’eteut ça une bell’ noce,
Je vas vous la raconteu ! Refrain :
Chacun li rel’vait sa capote,
Et sa cheminse au collet. …

VI


Vlà qu’en s’assiant la mariée,
En s’assiant fit un gros peut. (bis)
Sa bell’ mèr’ qui la regarde,
Li dit : « Bougress’, qu’as-tu fait ? »

Refr.

VII


Sa bell’ mèr’ qui la regarde,
Li dit : Bougress’, qu’as-tu fait ? (bis)
— Pisqu’il est quession d’la guerre,
J’ons dérouillé mon musquet.

Refr.

VIII


— Pisqu’il est quession d’la guerre,
J’ons dérouillé mon musquet, (bis)
J’en ons fait gricher[40] la poudre,
Essuyez-en l’bassinet[41].

Refr.

(RENNES).

Cf. : L. Decombe, Chans. pop. d’Ille-et-Vilaine, p. 157, et A. Orain, Chans. de Haute-Bretagne, p. 186.

J’aime pas la noublesse, ma[modifier]

I


Mon père n’avait de gas que ma
Y m’a dit : Mon gas, marie-ta.

Refrain :
Veauga, veauga,
J’aime pas la noublesse, ma
J’aime pas la noublesse.
bis.

II


Tu prenderas femme à ta,
Et bru à ma s’ra femme à ta.

Refr.

III


Je la menis au bal un sa[42],
Un grand monsieu me l’embrassa.

Refr.

IV


J’l’y dis : C’est pas ta femme à ta,
Mais c’est ben ma femme à ma.

Refr.

V


Un grand coup de poing y’ m’porta,


Je m’en fus pleureu[43] dedans l’tat[44].
VI


Y avait qu’not’ vach’ naire et ma :
E’ m’tournit l’c..., m’bousit dans le pâ[45].

Refr.

VII


J’dis : Ça m’fait des papillott’s à ma,
Je s’rai t’y donc biau avec ça !

Refr.

VIII


Je m’fâchis : J’pris un manche à bala[46],
J’en foutis un coup et m’tiris un â[47].

Refr.

IX


J’dis : Si j’fous un coup à la vache
Elle me tir’ra bin mon autre â.

Refr.

(BAULON).

Cf. : A. Oraln : Chans. de la Haute-Bretagne, p. 55.

Pas un mot de vérité[modifier]

I


J’ai vu ce qu’on n’y voit guère
J’ai vu ce qu’on n’y voit pas,
J’ai vu dedans la rivière
Un’ anguill’ gross’ comm’ le bras
D’une main filer de la laine,
De l’autre tailler du tabac.

II


J’ai vu un musellon d’Honllande
Qui fricassait d’moulis d’avent[48],
Il les mangeait comm’ de la viande,
On dit qu’il en mangea cinq cents.
C’est un régal à la Flamande,
I’ n’ pass’ra pas pour un gourmand.

III


J’ai vu un morpion à la chasse,
Avec un fusil à deux coups,
Il poursuivait une bécasse
On aurait dit qu’c’était un fou,
Il l’a ben trouvée à son goût,
Il en a laissé que les piommes[49].

(BAULON).

Défauts des hommes[modifier]

I


Que les garçons à marier
Y sont fringants ! (bis)
Mais quand ils sont mariés,
Qu’ils sont faignants !

II


Il sont dans le coin du foyer
R’chignant des dents, (bis)
À manger du lait caillé,
Du pain dedans.

III


Font le carnage à la maison,
Toujours grognant, (bis)
À battre leurs pauvres femmes,
Et leurs enfants.

(BAULON).

Les menteries[modifier]

(Parlé). Cette chanson, s’il y a un mot de vérité, je veux qu’on me tonde !

I


L’autre soir j’m’en fus charruer[50],
Dondaine mala !
Dans la cruche[51] d’un chêne,
Eh ! là !
Je mis ma charrue sur mon dos,
Dondaine mala !
Mes bœufs dans ma pochette.
Eh ! là !

Refrain :
Tout est vert, mon Jean Simon,
Tout est vert dans ta maison.

II


Je passis par sous un prunier,
Dondaine mala !
Où y avait des pêches,
Eh ! là !
La bonn’ femm’ à qui était ça
Dondaine mala !
Elle a arrivé là.


Eh! là!
III


Elle a hallé[52] son chien sus ma
Dondaine mala !
La chatte elle m’a môdu
Eh ! là !
Elle me môdit dans un talon
Dondaine mala !
Je saignis de la gorge.
Eh ! là !

IV


Le médecin qui me soigna,
Dondaine mala,
Me pansit dans une épaule
Eh ! là !
Il me donna des onguents gris
Dondaine mala !
Où m’en fallait des jaunes.
Eh ! là !

V


Je croyais brider mon cheval
Dondaine mala !
Je bridai une mouche
Eh ! là !
J’lui mis la cropière dans la bouche
Dondaine mala !
Et la bride sous la quoue.


Eh ! là !
VI


Je passis par dans une église
Dondaine mala !
Où y n’y avait point de porte
Eh ! là !
Je croyais embrasser l’autel,
Dondaine mala,
J’embrassis une chouche[53].
Eh ! là !

VII


Je croyais prend’ de l’eau bénite,
Dondaine mala !
Je mangeai de la soupe
Eh! là !
Je croyais fair’ mon signe de croix,
Dondaine mala,
Je chaffourais[54] les mouches.
Eh ! là !

VIII


Le prêtre qui ’tait à dir’ la messe
Dondaine mala !
Il rouchait[55] une carotte
Eh ! là !
Quand je fus rendu chez ma,
Dondaine mala.
Je trouvis bon ménage.


Eh ! là !
IX


Je trouvis ma femme endormie
Dondaine mala !
Et mes poules qui filaient,
Eh ! là !
Les canards qu’allaient qu’rî d’l’iau
Dondaine mala !
Les oies qui pétrissaient.
Eh ! là !

X


Le chat dans le coin du fouyeu[56]
Dondaine mala
Fait bouillir la marmite,
Eh ! là !
Il a voulu goûter aux choux
Dondaine mala !
Il s’a brûlé la grippe[57],
Eh ! là !

(Parlé). Les mouches qui sont au plancher s’en sont crevé de rire !

(BAULON).

Cf. : A. Orain : Chans. de la Haute-Bretagne, p. 118.

Fillette à marier[modifier]

I


— De tant bonjour, petit bonhomme
Eh ! la ! la !
De tant…
Je suis venu te demandeu
Si tu as des fill’s à marieu ?

II


— Oui ! j’en ai cor[58] une petite,
Eh ! la ! la !
Oui !…
Il faut aller li demandeu
Si ell’ veut ben se marieu.

III


— De tant bonjour, petite fille,
Eh ! la la !
De tant…
Je suis venu te demandeu
Si tu vouleus te marieu ?

IV


La fillette elle a répondu :
Eh ! la ! la !
La fillette…
— Oh ! si mon père le veut ben


Nous le ferons ben dès demain !
V


— Faut alleu baire[59] une chopine
Eh ! la ! la !
Faut...
Comm’ la chopine ell’ se buveut
Le p’tit bonhomme se dédiseut.

VI


— Galant ! tu n’auras pas ma fille,
Eh ! la ! la !
Galant...
Car si ma fille aveut du bien
Tu en ferais comme du tien.

VII


— Si j’ai vendu mes métairies,
Eh ! la ! la !
Si j’ai…
C’est pour avoir des bagues d’or,
Des cotillons, des ceintur’s d’or !

(BAULON).

Les filles de Poligné[modifier]

I


Allons donc voir les filles,
Au bourg de Poligneu
Oh ! bougreu !
Au bourg de Poligneu.

II


Y aveut qu’la bonn’ femme
Dans le coin d’son foyeu[60]
Oh ! bougreu !
Dans le coin d’son foyeu.

III


— Approchez-vous, mes gars,
Approchez-vous du feu
Oh ! bougreu !
Approchez-vous du feu.

IV


— Ça n’est point votre feu
Que nous venons chercheu,
Oh ! bougreu !
Que nous venons chercheu.

V


C’est votre fille ainée
Si vous v’lez m’la donneu,
Oh ! bougreu !


Si vous v’lez m’la donneu.
VI


— Je n’ai point berceu d’fille
Pour des gas couturieus[61],
Oh ! bougreu !
Pour des gas couturieus !

VII


Le garçon s’en retourne
Maudissant son moitieu[62],
Oh ! bougreu !
Maudissant son moitieu.

VIII


— Sans ma maudite aiguille
Je serais menuisieu,
Oh ! bougreu !
Je serais menuisieu.

IX


J’aurais la pus bell’ fille
Qui y a dans l’quartieu,
Oh ! bougreu !
Qui y a dans l’quartieu.

X


Elle a la taill’ ben faite,
Mais ben aise à futeu[63]
Oh ! bougreu !
Mais ben aise à futeu.

(GOVEN).

Chantez, les filles…[modifier]

I


Chantez, chantez les filles,
Tant que vous êtes,
Turlututu
Tant que vous êtes,
Lanlas tiralire,
Fillettes à marier.

II


Et quand vous serez mariées,
Vous ne pourrez plus,
Turlututu,
Vous ne pourrez plus,
Lanlas tiralire,
Vous ne pourrez plus chanter.

III


L’un vous demandera son bas
Et l’autre son
Turlututu,
Et l’autre son
Lanlas tiralire,


Et l’autre son souiller[64].
III


L’un vous demandera à boire
Et l’autre à
Turlututu,
Et l’autre à
Lanlas tiralire,
Et l’autre à manger.

(BAULON).

Le guide attrapé[modifier]

I


— Ah ! qui me passerait les bois ?
Moi qui suis si gentille !
Sommes-nous sur le bord du pré ?
Sommes-nous sur la rive ?
Sommes-nous sur le bord du pré
Où l’on pêche les anguilles ?

II


— Ah ! je vous les passerai bien, moi !
Sans jamais rien vous dire.


Sommes-nous, etc.
III


Quand il fut au milieu du bois,
Il se mit à en rire.
Sommes-nous, etc.

IV


— Oh ! dites-moi sans mentir
À qui vous êtes fille.
Sommes-nous, etc.

V


— Je suis la fille d’un coquin,
De la grande coquinerie,
Sommes-nous, etc.

VI


Quand elle fut hors du bois
Ell’ se mit à en rire.
Sommes nous, etc.

VII


— Je suis la fille d’un bourgeois
Le plus rich’ de la ville,
Sommes-nous, etc.

VIII


— Belle, rentrez donc dans le bois,
Je vous donn’rai cent livres,


Sommes-nous, etc.
IX


— Oh ! non je n’y rentrerai pas,
Vous m’en donneriez mille,
Sommes-nous, etc.

X


Fallait plumer la perdrix
Comm’ vous la teniez prise.
Sommes-nous, etc.

XI


— Si jamais je retrouve perdrix,
Je la plumerai tout en vie.
Sommes-nous, etc.

Les trois gars de Nantes[modifier]

I


Nous étions trois bons gas (bis)
Dondaine et mala
De la ville de Nantes, eh ! là !
Dondaine et mala.


De la ville de Nantes.
II


Nous avons embarqué, (bis)
Dondaine et mala
Pour aller à vendanges[65], eh ! là !
Dondaine et mala,
Pour aller à vendanges.

III


Le vent ’tait ben d’agré[66], (bis)
Dondaine et mala
La mer était contraire, eh ! là !
Dondaine et mala,
La mer était contraire.

IV


Elle nous a repoussés, (bis)
Dondaine et mala
Las ! jusqu’en Angleterre, eh ! là !
Dondaine et mala,
Las ! jusqu’en Angleterre.

V


Proch’ d’un moulin à vent, (bis)
Dondaine et mala
Où y avait trois bell’s fill’s, eh ! là !
Dondaine et mala,


Où y avait trois bell’s fill’s.
VI


La plus jeune des trois, (bis)
Dondaine et mala
Ell’ se mit à me rire, eh ! là !
Dondaine et mala,
Ell’ se mit à me rire.

VII


Je lui ai demandé, (bis)
Dondaine et mala
— D’où vient cett’ connaissance ? eh ! là !
Dondaine et mala,
D’où vient cett’ connaissance ?

VIII


— Ne t’en souviens-tu pas ? (bis)
Dondaine et mala
Que nous étions à Nantes, eh ! là !
Dondaine et mala,
Que nous étions à Nantes.

IX


Que nous étions ensemble, (bis)
Dondaine et mala
À cheoisir des bagues, eh ! là !
Dondaine et mala,


À cheoisir des bagues.
X


J’en cheoisîm’s un cent (bis)
Dondaine et mala
Nous en prîm’s que cinquante, eh ! là !
Dondaine et mala,
Nous en prîm’s que cinquante.

XI


Ton père, aussi le mien, (bis)
Dondaine et mala
Y sont à boire ensemble, eh ! là !
Dondaine et mala,
Y sont à boire ensemble.

XII


Ton cœur, aussi le mien, (bis)
Dondaine et mala
Y sont à la balance, eh ! là !
Dondaine et mala,
Y sont à la balance.

XIII


Si le tien emporte le mien, (bis)
Dondaine et mala
Nous coucherons ensemble, eh ! là !
Dondaine et mala,


Nous coucherons ensemble.
XV


Dans un beau lit carré, (bis)
Dondaine et mala
Garni de toile blanche, eh ! là !
Dondaine et mala,
Garni de toile blanche.

XVI


Aux quatre pieds du lit, (bis)
Dondaine et mala
Des boutons d’or y pendent, eh ! là !
Dondaine et mala,
Des boutons d’or y pendent.

XVII


Et au chevet du lit, (bis)
Dondaine et mala
Le rossignol y chante, eh ! là !
Dondaine et mala,
Le rossignol y chante.

XVIII


Et par dessous le lit, (bis)
Dondaine et mala
La rivière est courante, eh ! là !
Dondaine et mala,


La rivière est courante.
XIX


Où les chevaux du roi, (bis)
Dondaine et mala
Y vont boir’ à grand’ bande, eh ! là !
Dondaine et mala,
Y vont boir’ à grand’ bande.

Cf. : L. Decombe : Chans. pop. d’Ille-et-Vilaine, p. 35.

La religieuse amoureuse[modifier]

I


C’est une jeune religieuse,
Tant amoureuse,
Qu’a voulu se mettre au couvent
Dès l’âge de quinze à seize ans.

II


C’est un garçon de son village,
Tout le plus riche,
Qui l’a suivie dans le couvent,
Dès l’âge de quinze à seize ans.

III


Tous deux ils ont monté ensemble,
Dans une chambre,
Au jeu de cartes ils ont joué :


Cent écus la belle a gagné.
IV


La mère abbesse est aux fenêtres,
Qui les regarde :
— Bell’ vous sortirez du couvent,
Car vous aimez trop les galants.

V


— Si je sors du couvent, ma mère,
(Y en a guère)
Ah ! je haïrai le moment,
Que j’ai rentré dans le couvent.

VI


Je détest’rai l’fil et la toile
Qu’ont fait mon voile,
Et les ciseaux, les malheureux,
Qui ont coupé mes blonds cheveux.

VII


Je haïrai la pierre, la chaux
Qu’ont fait ces bâtiments si hauts,
Les religieus’ qui sont dedans,
Je m’en vas avec mon amant.

(BAULON).

L’amante oubliée[modifier]

I


Voici la Toussaint,
Aussi les veillées
Où tous les amants,
Vont soirs et soirées.
Va, mon ami, va, la lune elle se lève,
Va, mon ami, va, la lune elle s’en va.

II


Le mien n’y vient point,
J’en suis assurée,
Il est à Paris
Ou dans la Vendée.
Va, mon ami, va, la lune elle se lève,
Va, mon ami, va, la lune elle s’en va.

III


Qu’apportera-t-il
À sa bien-aimée ?
Coiffure ou dentelles
Ceinture dorée ?
Va, mon ami, va, la lune elle se lève,


Va, mon ami, va, la lune elle s’en va.
IV


Il s’en est venu,
N’a rien apporté,
Il m’a oubliée,
Dedans la Vendée.
Va, mon ami, va, la lune elle se lève,
Va, mon ami, va, la lune elle s’en va.

(BAULON).

Cf. : A. Orain : Chans. de la Haute-Bretagne, p. 196.

Les quatre commères[modifier]

I


Ces quatre commères
S’en venant de la ihas[67]
Elles ont mangé une vache
Os et viande, même le pa[68]
Elles s’en léchaient les dats[69].

II


Elles burent une pipe de cidre
S’en manquit que de deux dats,
Mais quand ce fut pour payer
Elles s’en a tiré des pieds
Bon ! bon ! a dit l’hotesse, faut v’ni payer ô[70] ma.

(BAULON).

Cf. : A. Orain : Chans. de la Haute-Bretagne, p. 69.

Les filles des Forges de Paimpont[modifier]

I


Diguedon, madondon
Ce sont les filles des Forges
Diguedon, madondon,
Des Forges de Paimpont. (bis).

II


Diguedon…
Elles s’en vont à confesse,
Diguedon…
Pour obtenir pardon. (bis).

III


Diguedon…
— Qu’avez-vous fait, les filles,
Diguedon…
Pour demander pardon ? (bis).

IV


Diguedon…
— J’avons porté des culottes
Diguedon…
Par dessous nos cotillons, (bis).

V


Diguedon…
— Allez vous-en, les filles,
Diguedon…


Sans absolution. (bis).
VI


Diguedon…
Ell’s s’en vont à l’auberge
Diguedon…
Sans savoir s’il[71] était bon. (bis).

VII


Diguedon…
En ont bu quinze litres
Diguedon…
Sans savoir s’il était bon. (bis).

VIII


Diguedon…
Les fill’s ell’s s’en retournent
Diguedon…
Jurant le curé de Bignon[72]. (bis).

Cf. : A. Orain : Chans. de la Haute-Bretagne, pp. 37 et 40.

Ma mie[modifier]

I


En passant par l’en-haut
Je m’en fus voir ma mie (bis).

Refrain :
Et bon ! bon !
Si l’amour vous gêne !


Mais non !
II


J’ai trouvé Rifaut
Assis auprès d’elle (bis).

Refr.

III


Je lui ai dit : — Rifaut,
Approche, mon Rifaut (bis).

Refr.

IV


Tu n’auras jamais
Ce que j’ai eu d’elle (bis).

Refr.

V


J’ai eu de son cœur
La fleur la plus belle (bis).

Refr.

VI


Elle a eu trois enfants
Dont je suis le père (bis).

Refr.

VII


Y sont tous les trois grands
Tous carressent les belles (bis).

Refr.

Le moine audacieux[modifier]

I


Derrièr’ chez nous y a un couvent (bis)
Couvent de moines, (bis)
Malon alanlas
Couvent de moines.

II


Le plus jeune est venu me voir, (bis)
Dans ma cuisine, (bis)
Malon alanlas
Dans ma cuisine.

III


Il s’est assis auprès de moi (bis)
Toujours me rit, (bis)
Malon alanlas,
Toujours me rit.

IV


— Bell’ si t’as d’l’amitié pour moi (bis)
Faut me la dire, (bis)
Malon alanlas
Faut me la dire.

V


— Tout’ l’amitié que j’ai pour toi, (bis)
Je vas t’la dire, (bis)
Malon alanlas


Je vas t’la dire.
VI


Je te voudrais dans un four chaud, (bis)
Moi la fournière, (bis)
Malon alanlas
Moi la fournière.

VII


Je te brûlerais si menu (bis)
Comme la cendre, (bis)
Malon alanlas
Comme la cendre.

VIII


Comm’ la poussier’ de la Saint-Jean (bis)
Qui vole en l’air, (bis)
Malon alanlas
Qui vole en l’air.

IX


J’en jetterais la cendre au vent, (bis)
Parmi ces landes, (bis)
Malon alanlas,
Parmi ces landes.

Qui j’épouserai[modifier]

(Parlé). Je peux bien me marier, j’ai six amants qui me demandent et qui sont tous ben joyeux :
I


Le premier c’est un pêcheur (bis)
Mais c’ti-là[73] n’aura pas mon cœur : (bis)
À toutes les fois qu’il vient m’y voir
Le cœur m’y dégobille[74],
Non, non, je n’en veux pas
De ce pêcheur d’anguilles !

II


Le deuxième c’est un tailleur (bis),
Mais c’ti-là n’aura pas mon cœur : (bis)
Il fait trop son fanfaron
Le long de ma ceinture,
Mais il n’aura pas l’honneur
D’en prendre la mesure.

III


Le troisième c’est un meunier (bis),
Mais c’ti-là n’aura pas mon cœur : (bis),
Tout’s les fois que j’vas au moulin,
On crie : force au voleur !
Non, non je n’en veux pas,
De ce garçon trompeur.

IV


Le quatrième, c’est un menuisier (bis)
Mais c’ti-là n’aura pas mon cœur : (bis),
Il vient toujours pour m’embrasser
Sans tirer sa casquette,
Qu’il aille, ce mal élevé,


Je le coince[75] dans sa berouette[76].
V


Le cintième, c’est un charron (bis),
Mais c’ti-là n’aura pas mon cœur : (bis)
J’ai peur qu’il jouerait du bâton
En faisant ses charrettes
Et qu’il me ferait marcher
Au son d’son herminette[77].

VI


Le sixième c’est un chanteur (bis),
C’est c’ti-là qu’ aura mon cœur : (bis)
Nous irons de bourg en bourg,
De bourgade en bourgade,
Il jouera du violon
Et moi de la bombarde.

(LE VERGER & BAULON).

L’amoureux mal reçu[modifier]

I


Il est venu hier au sar
Un bel amont pour me var (bis)
Parlant de mariage
Mais il n’est pas fin assez
Pour m’avar en gage.

II


Il était v’nu pour m’embrasser,
Sans savoir ma volonté (bis)
Et aussi mon avis
Jamais j’n’avais vu
D’amoureux si bête dans ma vie.

III


Ses souilliers sont décousus,
Et ses bas sont tout rompus,
Ses cheveux sont mal peignés
Sa barb’ ben mal faite
Je lui dis de s’en aller
Que la porte était ouverte.

(BAULON).

De Chateaugiron à Chateaubourg[modifier]

I


Chateaugiron, ce petit bourg
Où y a des belles filles,
Y en a une par dessus toutes
À qui j’y ai tant fait l’amour.

II


Par un dimanch’ la matinée
Je m’en fus la veoir chez elle,
Je la trouvis dessur son lit
Qui faisait semblance de dormir.

III


Je lui ait dit : — Ma Leouison
Allons prenons courage,
Allons donc jusqu’à Chateaubourg,
Ce s’ra pour finir nos amours.

IV


À Chateaubourg ’tant arrivés
Son petit cœur soupire :
— Qu’avez vous donc, bell’ Leouison ?
Regrettez-vous Chateaugiron ?

V


— Je n’regrett’ point Chateaugiron
Je ne regrette que ma mère,
Ma mère, aussi tous mes parents,
Adieu donc, ma chère maman

VI


Adieu donc, chère maman,
— Adieu donc, ma chère fille ;
Un’ fille que j’ai tant aimée
Est-il possible de la quitter ?

(BAULON).

La lessive[modifier]

I


J’avons trempé la buée[78],
Que l’amour est aimée !
Où la mènerons-nous ?
C’est un plaisir, c’est un charme !
Où la mènerons-nous ?


C’est un plaisir que l’amour !
II


Ce s’ra dans nos chaudières,
Que l’amour elle est fière,
Où on la mène tourjous,
C’est un plaisir, c’est un charme !
Où on la mène tourjous,
C’est un plaisir que l’amour !

III


La lessive est menée,
Que l’amour est aimée,
Où la laverons-nous?
C’est un plaisir, c’est un charme !
Où la laverons-nous?
C’est un plaisir que l’amour !

IV


La lessive est à la rivière,
Que l’amour elle est fière !
Où qu’on la lav’ tourjous,
C’est un plaisir, c’est un charme !
Où qu’on la lav’ tourjous,
C’est un plaisir que l’amour !

V


La lessive est lavée,
Que l’amour est aimée !
Où la sècherons-nous ?
C’est un plaisir, c’est un charme !
Où la sècherons-nous ?


C’est un plaisir que l’amour !
VI


Là-haut sur ces montagnes,
Que l’amour est mondaigne[79] !
Où qu’on la sèch’ tourjous,
C’est un plaisir, c’est un charme !
Où qu’on la sèche tourjous,
C’est un plaisir que l’amour !

VII


La lessive est séchée,
Que l’amour est aimée !
Où la metterons-nous ?
C’est un plaisir, c’est un charme !
Où la metterons-nous ?
C’est un plaisir que l’amour !

VIII


J’la mettrons dans nos coff’es,
Que l’amour elle est sotte !
Où qu’on la met tourjous,
C’est un’ bêtis’ c’est un’ farce !
Où qu’on la met tourjous,
C’est un’ bêtis’ que l’amour !

(BAULON).

Le moine et la vache[modifier]

I


C’était un petit moine
De Sainte-Anne d’Auray
Oh ! tantirlaire ! Oh ! vouichtanlaire !
Qui s’en va voir les filles
Le soir après souper.

II


Dans son chemin rencontre
Un’ jeun’ fill’ qui pleurait.
Oh !…
Lui a demandé : — Belle,
Qu’avez-vous à pleurer ?

III


— J’ai mon ouvrage à faire
Et mes vaches à tirer.
Oh !…
— Que don’rez-vous, la belle,
Je vous les tirerai ?

IV


— La moitié de mon beurre,
La moitié de mon lait.
Oh !…
Le moine a pris la jatte,


S’assit sur le carret[80].
V


La vache était friquette[81],
Elle sacqua[82] du jarret.
Oh !…
A renversé le moine
De travers le tas d’blé.

VI


Le moine tout en colère,
Le moine tout en fureur.
Oh !…
Le moine il a juré
De n’plus recoumencer.

(BAULON).

Cf. : L. Decombe : Chans. pop. d’Ille-et-Vilaine, p. 100 ; Ad. Orain : Chans. pop. de la Haute-Bretagne, p. 59.

L’enlèvement[modifier]

I


M’y promenant le long de ces vertes prées[83]
J’ai entendu un marinier chanter ;
M’en revenant du marché la ville[84]
Il m’a fort bien priée d’entrer dans son asile.

II


Le marinier il m’a paru si beau,
J’ai mis le pied dedans son vaisseau,
Un coup de vent nous a pris pris dessur mer
Nous a mené bien loin vers ces villes étrangères.

III


Je crie, je pleure et je m’y désespère
De m’y voir éloigner aussi loin de la terre
Je crie, je pleure et je m’y désespère,
De m’y voir éloigner aussi loin de la terre.

IV


Le marinier m’a aperçue pleurer
Il m’a fait signe qu’il fallait cesser.
— Cessez vos pleurs, car ils m’y sont amers
Avant sept ans d’ici vous revoirez la terre.

V


— Que diront-elles, les filles de mon pays ?
D’être sept ans sans m’y en revenir ?
Que diront-ils, mon père, aussi ma mère
D’avoir été sept ans sans revenir sur terre ?

VI


Et vous jeunes filles à marier,
Ne prenez point de ces garçons mariniers
Pour un moment de plaisir dans la vie
On en a bien souvent un trop grand repentir.

(BAULON).

Les regrets[modifier]

I


Je suis lassée d’être à mon aise,
Il m’a fallu prendre un mari,
À mon désagrément, j’en ai le cœur saisi.
Car il est comm’ les autres :
C’est un vrai sans-souci.

II


Dès le lend’main d’mes noces.
Il m’a mené le carillon,
Il a vendu ma robe,
Aussi mon blanc jupon
Encore il vient me dire qu’il vendra ma maison.

III


Il est là-bas sur la grand’route,
Il s’en revient quand il est saoul,
Et, quand il ne tient pas debout,
Crotteux comme un hibou,
Encore il vient me dire qu’il me rouera de coups.

IV


— Oh ! tais-toi donc, mon pauvre Pierre,
Ne fais donc point tant d’embarras
J’ai trois enfants petits,
J’en ai deux sur les bras,


Et cor tu viens me dire que tu t’engageras.
V


Il est là-bas sur la grand’route,
Je le regarde s’en aller
Il a fait un pas en arrière
M’a aperçue pleurer et dit :
— Ma chère amie, je ne pourrai pas te quitter !

VI


J’m’en retourn’rai dans mon village
Et je serai bon ménager,
Hé, là ! j’n’irai plus à l’auberge
Comme un accoutumé,
J’ai eu à m’repentir d’y avoir trop été.

(BAULON).

Mari et femme[modifier]

I


D’où t’en viens-tu,
Mon cher mari ?
Dondaine,
D’où t’en viens-tu,
Mon cher époux ?
Le mari[85] : — Du marcheu !

II


Que m’apportez-vous,
Mon cher mari ?
Dondaine,
Que m’apporteu-vous,
Mon cher époux ?
— Des noix !

III


Comben en payez-vous,
Mon cher mari ?
Dondaine,
Comben en payez-vous,
Mon cher époux ?
— Trente sous !

IV


Vous avez l’air ben rude,
Mon cher mari,
Dondaine,
Vous avez l’air ben rude,
Mon cher époux !
— Je suis malade !

V


Où ça vous tient-y donc,
Mon cher mari ?
Dondaine,
Où ça vous tient-y donc,
Mon cher époux ?
— À la tête, grosse bête !

VI


P’t’êtr’ ben qu’vous en mourrez,
Mon cher mari,
Dondaine,
P’t’êtr’ ben qu’vous en mourrez,
Mon cher cher époux.
— On m’enterrera !

VII


Où vous enterr’ra-t-on,
Mon cher mari,
Dondaine,
Où vous enterr’ra-t-on,
Mon cher époux ?
— Dans le pra[86] !

VIII


Vous s’rez ben mal coucheu,
Mon cher mari,
Dondaine,
Vous s’rez ben mal coucheu,
Mon cher époux.
— Ça n’te r’gard’ pas !

IX


Les bœufs bous’ront[87] sur vous,
Mon cher mari,
Dondaine,
Les bœufs bous’ront sur vous,
Mon cher époux.


— Tais-ta, bête !
X


Si j’meurs, t’marieras-tu,
Mon cher mari ?
Dondaine,
Si j’meurs, t’marieras-tu,
Mon cher époux ?
— Pas envie d’recoumenceu !

(BAULON).

La chèvre de ma grand’mère[modifier]

I


Ma grand’mère aveut une cheuvre
Qu’aveut ben quatre-vingts ans,
Lire pampire !
Et qui s’en alleut aux champs,
Lire pampan !

II


Elle a passeu par le jardrin,
Par le jardrin de Jean Bertrand.
Lire pampire !
Elle a mangeu un chou d’cent francs,
Lire pampan !

III


Jean Bertrand se mit en coleure,
C’est qu’il n’éteut pas content,
Lire pampire !
Il la coursa[88] de son champ,
Lire pampan !

IV


Il a assigneu la cheuvre,
Par quatre-vingts sergents !
Lire Pampire !
Et pis s’en alla-t-aux champs
Lire pampan !

V


La cheuvre fut la pus fine,
S’en fut au Parlement,
Lire pampire !
Trouss’ sa coue, s’assit sur un banc,
Lire pampan !

VI


La cheuvre a prins un livre,
Se met à lir’ dedans,
Lire pampire !
Et rit tout son content,
Lire pampan !

VII


Elle rit de tout le monde,
Elle a fourré sa corne,
Lire pampire !
Dans l’c… du Peursident,


Lire pampan !
VIII


Devinez : sur cett’ corne,
Devinez : y a d’l’onguent,
Lire pampire !
Et de la bonne onguent,
Lire pampan !

IX


C’ s’ra pour graisseu les leuvres
À tous les Peursidents,
Lire pampire !
Peursident pas content,
Lire pampan !

X


Ell’ fit un boisseau d’crottes,
Pour payeu Jean Bertrand,
Lire pampire !
Et envoya fair’ fout’ ceux qu’éteut pas contents,
Lire pampan !

(BAULON).

Cf. : L. Decombe : Chans. pop. d’Ille-et-Vilaine, p. 95 ; Ad. Orain : Chans. de la Haute-Bretagne, p. 302.

Je me marierai[modifier]

I


Mon père a fait bâtir maison (bis).

Refrain :
Sur le vertibi, sur le barbari,
Sur le culorum, sur le salorum,
Beneficarum duton dutin
La belle à Pontavi
Les amourettes en Argenton
Lirlaliron, flonflon lariflon
Des châtaignes, des biscuits,
Des macarons
Tintin, du boudin,
J’aime le goût du vin
Quatre andouilles et mille andouillettes
Cinq andouilles, un demi cent d’oignons.

II


Pour qui sera-t-elle cett’ maison ?
Pour qui…
— Ell’ sera pour ma fill’ Jeann’ton.
Elle sera…

Refr.

III


— La belle promettez-moi donc,
La belle…
De n’épouser jamais garçon,
De n’épouser…

Refr.
IV


— J’aim’rais bien mieux cette maison,
J’aim’rais…
Dedans la mer jusqu’au fond,
Dedans la…

Refr.

V


Et vous mon père sous le pignon
Et vous
Que d’n’épouser jamais garçon,
Que d’n’épouser…

(BAULON).

Le mari libertin[modifier]

I


Une pauvre femme
Va chercher son mari, (bis)
D’auberges en auberges :
Ne l’a point retrouvé
Qu’à la plus grande auberge.

II


— Bonjour, l’hôtesse,
Mon mari est-il ici ?
— Oh ! oui ! dit-elle, il est là-haut
Dans la plus grande chambre
À boire et à manger,


Caressant la servante.
III


— Bonjour, pochard.
Buveur de cabarets
Ah ! te voici ici
À faire bonne chère
Et moi et les enfants
Nous sommes dans la misère !

IV


— Retourne donc,
Torchon ! à la maison !
Eh là ! je n’entends pas
Que personne me dérange
Eh ! là ! quand je serai
À caresser ma blonde.

V


La pauvre femme
S’en retourne en pleurant ;
— Ah ! pleurez, mes enfants !
Vous n’avez plus de père,
Vous voilà donc réduits
À mourir de misère !

VI


— Pourquoi nous dire cela ?
Nous le savons très bien
Que nous avons un père,
Un père libertin


Les enfants sont de même.
VII


Il y a un proverbe
Qui dit : tel père, tel fils.
Ah ! si le père
Est riboteur[89], lidera
Les enfants sont de même.

(GOVEN).

Jeanneton-la-Gambade[modifier]

I


Jeanneton-la-Gambade,
Elle est au leut[90] malade,
Il lui faut Jean Dupont
Pour la rendre gaillarde.

Refrain :
Détache ta vache, mon Jean Micheut,
Détache ta vache, ton pignon cheut.

II


Jean Dupont n’a point manqueu,
Autour du leut s’en est alleu,
A fait trois sauts autour du leut,
Que la Gambad’ s’en réjouisseut.

Refr.

III


— Jean Dupont, mon aimant,
Nous n’avons point de vache,
— Tiens, voilà de l’argent,
Va-t-en en ach’teu quat’e !

Refr.

IV


N’acheute pas les pus cornues,
Car ce n’sont pas les pus laitues[91],
El’ ne nous donn’raient guèr’ de beurre
Et ça ne f’rait pas not’ bonheur.

Refr.

V


— Jean Dupont, mon ami,
Nous avons une fille,
Elle n’est pas ici,
Elle est à la nourrice.

Refrain :
Elle est à ta, elle est à ma,
Elle est brunette comme ta.

VI


Jean Dupont, mon ami,
Nous avons une cheuvre,
Elle n’est pas ici,
Elle est à la bruyeure[92].

Refrain :
Elle est à ta, elle est à ma,
Elle est barbue comme ta.

(MAXENT).

Cette chanson paraît être un mélange de deux pièces.

En rentrant[modifier]

I


Je m’engagis dimanche, eh ! là là !
Je m’engagis dimanche,
Je m’en suis revenue lundi,
J’entends mes amours, laissez les venî.

II


Je frappe du pied dans la porte, eh ! là là !
Je frappe du pied dans la porte.
Maman se lève à me l’ouvrî,
J’entends mes amours, laissez les venî.

III


Papa, il me demande : Eh ! là là !
Papa, il me demande :
— Où as-tu couché cette nuit ?
J’entends mes amours, laissez les venî.

IV


— J’ai couché sur la dure, eh ! là là !
J’ai couché sur la dure,
Au pied d’un ormeau j’m’endormis,
J’entends mes amours, laissez les venî.

V


Mon père il me demande, eh ! là là !
Mon père il me demande :
— Vot’ bel amant y était-il ?


J’entends mes amours, laissez les venî.
VI


— Oh oui ! oh oui ! dit-elle, eh ! là là !
Oh oui ! oh oui ! dit-elle,
Entre ses bras je m’endormis,
J’entends mes amours, laissez-les venî.

(MAXENT).

L’amant délaissé[modifier]

I


L’autre jour me promenant,
Dans ces champs, dans ces champs,
Je rencontrai une bergère
Qui gardait ses blancs moutons
Sur le jonc, sur le jonc,
Sur le bord d’une fontaine.

II


— Belle, vous faudrait un berger,
Pour garder, pour garder,
Vos blancs moutons dans la plaine.
Nous somm’s deux frères amoureux,
Tous les deux, tous les deux,
Lequel aimeriez-vous le mieux ?

III


— C’n’est point à moi qu’il faut parler
Mon berger, mon berger.
Faut en parler à mon père ;
Si mon père il le veut bien
Dès demain, dès demain,
J’aimerai bien mieux votre frère.

IV


— Adieu, la belle, je m’en vas
Dans ces bois, dans ces bois,
Faire bâtir un abritage[93]
Où je prierai le dieu d’amour,
Nuit et jour, nuit et jour,
De changer votre langage.

V


Qu’est-ce qui a fait cette chansonnette,
Sur l’herbette, sur l’herbette,
Ce sont trois jeunes demoiselles
Qui l’ont faite et composée,
Sous le laurier, sous le laurier,
En filant de la dentelle.

(SAINT-THURIAL).

Nanon délaissée[modifier]

I


— Ah ! tant bonjour, ma petite Nanon,
Il y a longtemps que je ne t’avais vue,
J’ai ouï de tes nouvelles
Des nouvelles du pays,
Que tu n’étais pas sage


Depuis que j’étais parti.
II


— Mon cher amant, que dis-tu donc là ?
Mon cher amant, ne croués[94] donc pas ça !
Il m’en est venu d’autres
Qui ’taient ben à mon gré
À seule fin de t’attendre
Je les ai refusés.

III


— Ma petite Nanon, que me dis-tu donc là ?
Ma petite Nanon, je ne crérai[95] pas ça !
Tu ne recevais plus de lettres
Ni de mes biaux papiers.
Tu d’vais ben voir, Nanette
Que je t’avais délaissée !

IV


— Venez donc tous par ici écouter :
La jalousie vient de m’y parler ;
Le garçon n’est pas riche
Il n’a même pas d’argent
De qua[96] payer les gages
Qu’on prend en se mariant.

V


— Petite Nanon, que nous dis-tu donc là ?
De les payer j’ai assurément de qua.
Je les payerai à une autre
Cent fas[97] pus belle que ta.
Pour ta, ma petite Nanette
Adieu, jusqu’au revâr.

(BAULON).

Cf. : L Decombe : Chans. pop. d’Ille-et-Vilaine, p. 182.

Lamentations de commères[modifier]

I


Ah ! ma pauvre coumère,
Nous arons[98] mal[99] année,
Faurra souvent veiller
Pour attendre nos maris
Qu’iront vâr leurs compères,
Nous resterons ici.

Refrain
Ah ! ma coumère ! ma coumère !
Ah ! ma coumère !

II


Quand y sont sis[100] à table
Tournent le dos au feu,
Ils tirent dans des pots,
Y beuvent à coups d’écuelles,
Aux rayons du graissot[101],
À force de chandelles.

Refr.

III


Les poumiers de Savates
Y fait trop beau les vâr,
Les poumiers de Bourgeois
Et la menue Locard
Les poumiers de Dourdain
Ployent[102] jusque par terre.

Refr.
IV


Y crient : Déchargez-nous,
Et on vous fera baire !
Les pipes et les barriques
S’en vont ben rencherdir[103],
Et les pilous[104] de poumes
Qui n’aront point de prix.

Refr.

V


Nos maris, ma coumère
Aront toujours trop bû,
Y s’assiront par terre
Et ne travaill’ront pus.
Faudra gauler les pommes
I’s’en bairont le jus.

Refr.

(BAULON).

Bonne année de pommes[modifier]

I


La Bretagne et la Normandie
Ont éteu longtemps affligeu
De cherté et de maladie,
Mais Dieu les a récompenseu.
Dieu par sa main libérale
Leur a donné un grand régal.
Et pour adoucir leur ennui,


Une grande abondanc’ de fruit.
II


Si tous les bois de Saint-Vincent
’Taient mis en tonneaux et en pipes,
Encore ne pourraient pas suffire,
Nous sommes obligés de le dire.
Venez, mes amis, cet hiver,
Boir’ de mon cidre qui se perd.
...

III


Qui qu’a fait cette chansonnette ?
C’est un garçon novenciau[105],
Il a fait dresseu[106] sa couchette,
La tête auprès de son tonneau.
Il dorment à son sommeil,
Il beuveut à son réveil,
Il a prins pour ses conducteurs
Cinq à six des meilleurs buveurs.

IV


I’s ont fait provision pour baire
De nœuds d’échine de cochon
Et ainsi que des saucissons.
Et après des pommes cuites,
Et des châtaignes frites.

En buvant du bouillon saleu
I’s étaient tourjous altéreus.

(BAULON).

La ronde des piloux[107] de pommes[modifier]

I


Mon père il m’a marieue,
Vive le rossignol du gueu !
Il m’a donné un vieux grison,
Qui m’y bat, qui m’y tue (bis).

II


Il m’a meneue conduir’ charrue,
Vive le rossignol du gueu !
Je ne saveus ni piqueur[108] bœuf
Ni tenir la charrue (bis).

III


Il a prins son cureau[109],
Vive le rossignol du reau[110] !
Il a prins son cureau,
M’a battue, ben battue (bis).

IV


Ma, j’ai prins mon aiguillon,
Vive le rossignol mignon !
Ma, j’ai prins mon aiguillon,
Je m’y suis défendue (bis).

V


Il m’a envoyeue fair’ son lit,
Vive le rossignol joli !
Il m’a envoyeue fair’ son lit,
De pleume ben menue (bis).

VI


Je li ai mis dessous sa tête,
Vive le rossignol des bêtes !
Je li ai mis dessous sa tête,
Une roche pointue (bis).

VII


Je li ai mis dessous son dos,
Vive le rossignol du reau !
Je li ai mis dessous son dos,
Le soc de la charrue (bis).

VIII


Je li ai mis dessous ses pieuds,
Vive le rossignol des preus[111],
Je li ai mis dessous ses pieuds,
Un bougan[112] de la rue (bis).

IX


Le vieux grison en s’y couchant,
Vive le rossignol des champs !
Le vieux grison en s’y couchant,
Il s’est casseu la tête (bis).

X


Attrapp’, attrapp’, mon vieux grison,
Vive le rossignol mignon !
Attrapp’, attrapp’, mon vieux grison,
Attrapp’, ce sont des prunes (bis).

XI


El’s ne sont pas de perdrigeon,
Vive le rossignol mignon !
El’s ne sont pas de perdrigeon,
El’s sont un peu plus dures (bis).

XII


Si n’sont pas mur’s el’s muriront,
Vive le rossignol mignon !
Si n’sont pas mur’s el’s muriront,
Ou resteront tourjous dures (bis).

XIII


Ça t’apprendra, mon vieux grison,
Vive le rossignol mignon !
Ça t’apprendra, mon vieux grison,
À caresser les filles (bis).

XIV


Ça n’appartient qu’aux jeun’s garçons,
Vive le rossignol mignon !
Ça n’appartient qu’aux jeun’s garçons,
Qui ont la barbe fine (bis).

(Pays de BAULON).

La chanson des scieurs de long[modifier]

I


Y a-t-il des gens pus drôles
Elanlas, parmadet,
Ditongas, sistombret,
Y a-t-il des gens plus drôles
Que les scieurs de long ? (bis).

II


I’s s’assisent[113] sur leurs billes
Elanlas, parmadet,…
I’s s’assisent sur leurs billes
Pour scier du chevron. (bis)

III


La maîtresse va les var :
Elanlas, parmadet,…
La maîtresse va les var :
— Travaillez mes garçons ! (bis)

IV


Nous arons[114] de l’ouvrage,
Elanlas, parmadet,…
Nous arons de l’ouvrage,


Pour toutes les saisons. (bis)
V


Nous irons voir nos femmes
Elanlas, parmadet,…
Nous irons voir nos femmes
Tous ceux qui en aront. (bis)

VI


Y a qu’ le petit Pierre,
Elanlas, parmadet,…
Y a qu’ le petit Pierre
Mais nous le marierons. (bis)

VII


Avec la p’tite Fanchette,
Elanlas, parmadet,…
Avec la p’tite Fanchette,
Elle est faite à son goût. (bis)

VIII


Lui a fait de la soupe
Elanlas, parmadet,…
Lui a fait de la soupe
De la soupe à l’oignon. (bis)

IX


La soupe ell’ n’est pas cuite,
Elanlas, parmadet,…
La soupe ell’ n’est pas cuite,
Mais les oignons sont bons. (bis)

(Pays de BAULON).

L’amant qui regrette sa belle[modifier]

I


— Ce soir à la promenade,
Ma maîtresse y vienderez-vous ?
— Oh ! nenni ! Oh ! non ! dit-elle,
Je n’irai point seule ô[115] vous.

II


— Il en est ben venu d’autres
Qui ’taient pus belles que vous
Qui ’taient pus belles à la lune
Que vous n’êtes au clair du jour.

III


— Qui c’est ces petites sottes,
Qui hasardent leur beauteu ?
Mais pour ma j’en ai jureu
Et je veux la conserveu.

IV


— Taisez-vous, petite sotte,
Je vous aie vue l’autre jour
Dedans le bois de la Motte,
Votre aimant auprès de vous.

V


— Que voulez-vous donc en dire,
De mon aimant et de ma,
Il me parleut d’amourette,


Je li ai proumis ma fa[116].
VI


— Oh ! dites-ma donc la belle,
Dites-ma donc votre nom,
— Cœur de Rose je m’appelle,
Blanche Rose c’est mon nom.

VII


— Cœur de Rose et Blanche Rose !
Oh ! que tu m’est cher vendue !
Tu m’y coûtes double par double
La monnaie de cent écus !

VIII


Cent écus n’est pas grand chose,
Pas comme ce que j’ai perdu :
J’ai perdu vêpres et grand messe,
Ma maîtresse que je n’ai pas eue.

(MAXENT, BAULON).

La belle perdue[modifier]

I


La belle va-t-au jardrin d’amour (bis)
C’est pour y passer la semaine
Laridondon, Laridondaine.

II


Son père i’ la cherche partout (bis)
Et son amant qui est en peine,


Laridondon, Laridondaine.
III


— Berger, berger, tu n’as point vu (bis)
Ici passer la beauté même ?
Laridondon, Laridondaine.

IV


— Oh, si ! oh si ! je la z-ai vue, (bis)
Elle est là-bas dedans la plaine,
Laridondon, Laridondaine.

V


Qui dans sa main tient un-z-oiseau (bis)
À qui qu’la belle racont’ ses peines,
Laridondon, Laridondaine.

VI


— Petit oiseau qu’tu es t’heureux (bis)
D’être entre les mains de ma belle,
Laridondon, Laridondaine.

VII


Et moi qui suis son anmoureux (bis)
Ah ! je n’peux pas m’approcher d’elle !
Laridondon, Laridondaine.

VIII


Faut-il être au proch’ du rosier, (bis)
Sans y pouvoir cueillir la rose,
Laridondon, Laridondaine.

(PLÉLAN).

Yvonne et le marinier[modifier]

I


Yvonne elle est assise
Dessus l’bord de la mer
En pensant à son gage,
À l’anneau d’son aimé.

Refrain :
Et tirlonfa,
Fa de la mi fa
De la sol fa
La mi ré ut.

II


En pensant à son gage,
À l’anneau d’son aimé.
Son anneau était large
À la mer est tombé.

Refr.

III


Son anneau était large
À la mer est tombé.
Sur le bord du rivage,
Un marinier chantait.

Refr.

IV


Sur le bord du rivage
Un marinier chantait.
— Qu’avez-vous donc la belle,
Qu’avez-vous à pleurer ?

Refr.

V


— Qu’avez-vous donc la belle,
Qu’avez-vous à pleurer ?
— Je pleurerai mon gage :
Dans la mer est tombé.

Refr.

VI


— Je pleurerai mon gage :
Dans la mer est tombé.
— Que m’donn’rez vous la belle,
Je vous le renderai ?

Refr.

VII


— Que m’donnerez-vous la belle
Je vous le renderai ?
— Je vous donn’rai, dit-elle,
Vous donn’rai mon baiser.

Refr.

VIII


— Je vous donn’rai, dit-elle,
Vous donnerai mon baiser.
Tout aussitôt il plonge
Tout au fond de la mer.

Refr.
IX


Tout aussitôt il plonge
Tout au fond de la mer.
À la première plonge
Il n’a rien retrouvé.

Refr.

X


À la première plonge,
Il n’a rien retrouvé ;
À la seconde plonge
Le galant l’a touché.

Refr.

XI


À la seconde plonge
Le galant l’a touché ;
À la troisième plonge,
Le galant s’est noyé.

Refr.

XII


À la troisième plonge,
Le galant s’est noyé.
Et après lui dans l’onde
Yvonne s’est jetée.

Refr.

XIII


Et après lui dans l’onde,
Yvonne s’est jetée.
Ah ! n’allez pas, les filles,
Sur le bord de la mer !

Refr.

(SAINT-SERVAN).

Ad. Orain : Chans. pop. de la Haute-Bretagne, p. 109.

Le moine pipé[modifier]

I


C’était un petit moine
Qu’on ne savait pas son nom,
Une jeune et jolie dame
En savait ben le nom,
Elle lui dit : Mon bel ami,
Mon beau François,
Mon petit frère,
Mon frère Nicolas,
Viens ce soir dans ma chambre,
Avec ma tu souperas.

II


Le pauvre moine
Il n’a pas manqué,
Et chez la dame
Tout droite s’en est allé.
Elle lui dit : Mon bel ami,
Mon beau François,
Mon petit frère,
Mon frère Nicolas,
Jette tes habits à bas,
Avec ma tu coucheras.

III


Le pauvre moine,
Son habit il jeta,
La jeune jolie dame
Dans son coffr’ l’enferma,
Elle lui dit : Mon bel ami
Mon beau François,
Mon petit frère,
Mon frère Nicolas,
Saute donc par la fenêtre
J’entends mon mari en bas !

IV


Le pauvre moine,
Par la fenêtre il sauta
Dessus une pierre
Son estomac il cassa.
Elle lui dit : Mon bel ami,
Mon beau François,
Mon petit frère,
Mon frère Nicolas,
Compte les chevill’s de la porte
Tu sauras comben y en aura.

V


— Ma bonne Dame,
Rendez-ma mon argent
Que je m’en retourne
Tout droite à mon couvent.
Elle lui dit : Mon bel ami,
Mon beau François,
Mon petit frère,
Mon frère Nicolas,
Je t’en donnerai ben la bourse


Mais l’argent tu l’auras pas.
VI


— Ma Bonne Dame,
Rendez-ma donc mes draps,
L’habit de moine
À vous n’appartient pas.
Elle lui dit : Mon bel ami,
Mon beau François,
Mon petit frère,
Mon frère Nicolas
Je les ferai peindre[117] en rouge,
Mon mari les portera.

VII


Le pauvre moine
À son couvent s’en va
Et à ses frères
S’en fut conter cela.
Ils lui ont dit : Mon bel ami,
Mon beau François,
Mon petit frère,
Mon frère Nicolas,
Que Dieu bénisse la Dame,
Mais ta, tu goberas[118].

(BAULON).

Cf. : Ad. Orain : Chans. pop de la Haute-Bretagne, p. 65.

Le gas qui ne veut pas se marier[modifier]

I


Tourjous ma mère me tourmente,
Me dit que faut me marieu,
Ma qui n’a pas cor eu d’amante,
Coument donc faire à y penseu ?

Refrain :
— Tous vos discours sont bons, ma mère,
Les écoutera qui voudra,
Mais ma je ne m’en soucie guère,
Nous mettons point dans l’embarras !

II


— Tu y prenderas une femme,
Qui t’aimera ben tendrement,
Qui te tiendra la porte ouverte
De la maison en arrivant.

Refr.

III


— Au bout de neuf mois on d’vient père,
On a des enfants sus les bras.
Cet état-là n’me convient guère
Ma qui n’aim’ point les embarras.

Refr.
IV


— Hélas! mon fils ne sais-tu pas
Qui dit : Aid’ta, le ciel t’aid’ra ?
Hélas ! mon fils, vit’, marie-ta,
Tu ne t’en repentiras pas.

Refr.

V


— Étant marieu, ’tant enchaineu,
On a tourjous l’air chagrineu ;
J’aime ben mieux baire un’ bouteuille
Et prend’ ma tasse de cafeu.

Refr.

(RENNES).

La ceinture[modifier]

I


Vous, jeunes fill’s à marier,
Prenez garde d’être attrapées,
Les garçons qui vienn’nt vous parler,
Ne cherchent qu’à vous attraper.

Refrain :
C’est le lien, le lien,
C’est le lien qui lie.

II


Ils vous prennent par votre main,
Ils vous montent sur les pieds,
Vous disent tout bas dans l’oreille :
— La belle, voudrais-tu m’aimer ?

Refr.
III


— Ah ! comment vous aimerais-je ?
Vous ne m’avez rien donné !
Donnez-moi la ceinturette
Qui est à votre côté.

Refr.

IV


— Comment vous la donnerais-je ?
Vous n’oseriez la porter.
Vous la porteriez à la messe :
Ma mère la reconnaîtrait.

Refr.

V


Vous amèneriez la guerre
Où elle n’a jamais été.
Je tiens à la conserver,
J’aim’ ben mieux n’point vous aimer !

Refr.

(BAULON).

Cherche un mari sans pareil[modifier]

I


Maman voudrait me donner un mari
Je veux le choisir à ma guise,
J’veux en avoir un qui sait ben m’obéî,
Je n’veux point lui être soumise,
Car j’en ai vu dans c’pays-ci
Que les femm’s les font ben obéî.
Si je n’en ai pas un comm’ ça,


Non, maman je n’me marierai pas !
II


Si quelquefas il m’y prendrait envie
D’y visiter quelques coumères
Je veux que mon mari vienne me qu’rî[119]
Qu’il mette le genou en terre,
En me disant : Mon p’tit tendron
Vous plairait-y de v’nir à la maison ?
Ah ! j’en veux un qui soit comm’ ça
Ou ben je ne me marierai pas !

III


Si quelquefas[120] par un jour de biau temps,
Je voulais aller à la danse,
J’ veux qu’mon mari me garde les enfants
Qu’il aye de la vigilance ;
Je veux qu’il lave les drapiaux[121]
Et que ça soye fait comme il faut.
Y m’en faut un qui soye comme ça
Ou sans ça je ne me marierai pas !

IV


Pour avoir un mari comme cela,
Faudra faire cent lieues à la ronde ;
Pour avoir un mari si bobia[122]
Faudra ben fair’ le tour du monde,
J’ai biau tourner, j’ai biau virer
De c’moitieu[123] je suis ben ennuyée.
Si je n’en trouve pas un comm’ ça,
Non, maman, je n’marierai pas !

(MAXENT).

Deux maris pour une femme[modifier]

I


Dès le soir de mes noces
M’y vint un mandement
C’est d’aller à la guerre
Servir le roi puissant.

II


Ma tant jolie maîtresse,
Ne faisait que pleurer,
Je n’savais comment faire,
Pour la reconsoler.

III


— Ma tant jolie maîtresse,
Ne pleurez va point tant,
Le congé militaire,
Ne dure que deux ans !

IV


La campagne fut longue,
Elle a duré sept ans.
Ma tant jolie maîtresse
A fait un autre aimant.

V


Il s’en fut chez l’hôtesse
Demande logement.
— Logerez-vous ce soir


Un militair’ passant ?
VI


— Tant brave militaire
Nous n’pouvons vous loger
Notre fille s’y marie
Nous somm’s embarrassés.

VII


Pose sa valise à terre
Son or et son argent :
— Vous logerez ce soir,
Militaire, en passant

VIII


Tous les gens de la noce,
Buvaient à sa santé.
Il en a pris un verre,
Il les a salués.

IX


Au milieu de la table,
Au milieu d’ses cousins,
Madame la mariée
Avait le verre en main.

X


— Faudra tirer aux cartes,
Aux cartes ou aux billets,
Qu’aura la mariée


Ce soir à ses côtés.
XI


— Brav’ militair’ de guerre,
Ne vous en fâchez-pas ;
Ce soir la mariée
Ne vous appartient pas.

XII


— Je suis soldat de guerre,
En congé absolu ;
Avant d’êtr’ militaire,
Sa foi j’avais reçu.

XIII


— Mon mari il est mort,
J’en ai oui parler,
J’en ai reçu des lettres
Et sa mortalité.

XIV


J’ai fait dire des messes,
Des services chantés,
Et deux ans, dit la belle,
Le deuil j’en ai porté.

XV


— Où sont-ell’s donc tes bagues,
Tes jolies alliances
Dont je t’avais fait gage


Y a ce soir sept ans ?
XVI


— Ell’s sont dedans mon coffre,
Dans mon coffr’ renfermées ;
Ah ! si tu veux les voir,
Tiens en voilà la clef.

XVII


La bell’ s’est écriée :
— Douce Vierge Marie,
J’ai été sept ans veuve,
Ce soir, j’ai deux maris !

XVIII


Tous les gens de la noce
En fur’nt ben étonnés,
Disant : — Rendez les gages
Au nouveau marié !

XIX


— Oh ! prends va donc mon sac
Et ma boîte à congé,
Va-t-en faire compagne,
Après je te la donnerai.

XX


Donnez-vous bien d’agarde
Garçons à marier ;
N’allez point à ces veuves


De peur d’être trompés.
XXI


Allez à ces fillettes
Quelles soient belles ou pas belles
Allez et m’y croyez,
Au moins vous les aurez.

(BAULON).

Cf. : Revue des Traditions populaires, t. II, p. 68.

La belle trompée[modifier]

I


— Ma Joséphine, que tu es malheureuse,
Tu ne sais pas ce que l’on dit de ta ?
On dit partout
Las ! que tu n’es pas sage,
D’avoir passé la nuit avecque ma.

II


— Mon bel aimant, tu connais ma misère,
Oh ! je t’en prie, ne la découvre pas,
Je m’en irai
Quelques jours chez ma tante[124]


En attendant ce triste avènement.
III


Oh ! je sais ben où j’ai fait la sottise,
Dessous l’ormeau en gardant mes troupeaux.
Oh ! je sais ben
Où j’ai fait la bêtise
Je m’en répend, à présent n’est pus temps.

IV


Ma Joséphine, j’ai un voyage à faire,
J’apporterai, oh ! de ces beaux rubans,
J’apporterai
De ces belles collerettes,
Tu deviendras aussi belle qu’avant.

V


— Je ne veux point de tes bell’s collerettes,
Ni aussi que de tes beaux rubans,
J’aimerais mieux
Que tu m’y ferais femme.
Pour mon honneur, celle de mes parents.

VI


— Ma Joséphine, tu n’es pas assez riche,
Cor que tu sois d’une bonne maison.
— Comm’ j’étais fille
Tu m’as rendue nourrice.
Tu ne m’en sais aucune obligation.

(BAULON).

Prenez garde aux bergères[modifier]

I


Bergère assise dessus l’herbette,
Dessus le bord du grand chemin,
Un quevalier enfin
Voyant l’éclat de son joli visage
Un quevalier enfin
Lui offrit son tendre bien.

II


— La belle, si tu voulais,
J’ai cinq cents francs
Dans une bourse
Si tu voulais m’aimer
Je te les donnerais
Et je t’épouserais.

III


— Monsieur, c’est un bon bien
Vous pouvez le dire ;
Vous pouvez vous en dédire :
On voit bien à vos yeux
Que vous n’êtes qu’un trompeux
Vous êtes trop vite amoureux ;

IV


Le garçon mit le pied à terre
Tout en faisant ses embarras ;
Il attachit son cheval
À la barrière d’une hâ[125]
Croyant ben caresser
Cette tant jolie beauté.

V


La fille fut prompte et hardi,
Elle s’est approchée du cheval
A mis le pied dans l’étrier,
Adroitement comme un quevalier
Donnit le coup de l’éperon
Comme un maître dragon.

VI


— Où vas-tu, la belle, sans malice?
Dit le galant en soupirant,
Rends-moi mes cinq cents francs,
Mon beau manteau et ma valisse.
Rends-moi mes cinq cents francs,
C’est tout mon bien valant.

VII


— Restez, beau galant, dans ma place,
Vous serez un fort bon ouvrier
Mon maître a de bon bien
Il vous nourrira bien
Vous nourrira de pain et de fromage


Du lait et du pain bis pour vous rafraîchî.
VIII


— Oh ! que les filles ont de malice !
Dit le garçon en soupirant,
Elles m’ont pris mes cinq cents francs,
Mon beau manteau et ma valisse.
Oh ! maudit soit l’amour
Qui m’a joué ce vilain tour !

(BAULON).

Le galant refusé[modifier]

I


Voulez-vous entendre, filles et garçons,
Une nouvelle chanson?
Nous vous la dirons
Cette chansonnette nouvelle,
C’est d’une bergère de Rennes.

II


Elle est à gardeu ses moutons,
Sur ces montagnes,
Dans ces vallons,
À l’ombre dessous une alise,
Filant sa quenouille gentille.

III


Par là passit un beau monsieur,
Un gentilhomme,
Un chevalieu,
— À ma main blanche, touche ma blonde,


Je t’emmeunerai dans le monde !
IV


— À vous, monsieur, n’appartient pas
Mettre vos qualités si bas,
Je suis la fille
D’un pauvre homme,
Et vous, monsieur, qu’êt’s un rich’ homme.

V


— Ah ! monsieur, c’est votre plus court,
C’est d’y retourneu à la cour,
Vous trouverez
Ces demoiselles,
Qu’ont des rubans et des dentelles.

VI


— Hélas, la belle, j’aime ben mieux,
Vos biaux regards et vos biaux yeux,
Cent fois plus belle
Qu’ces demoiselles,
Ô leurs rubans et leurs dentelles.

VII


— Ah ! monsieur, nous en voyons tant
Ah ! de ces jeunes courtisans,
Qui s’y promènent,
Par dedans Rennes,
Pour s’y moquer des bergerettes.

(BAULON).

L’amoureuse de quinze ans[modifier]

I


Je suis lassée d’être fille,
Je ne le suis qu’en regrettant.
Toutes les filles de ce pays,
Oh ! qu’elles badinent !
Elles vont disant à quinze ans :
M’y faut un aimant !

II


— Taisez-vous, petite sotte,
Vous n’avez pas cor quinze ans,
Ah ! croyez-ma, soyez sage,
À votre âge ;
Et quand vous aurez vingt ans
Sera temps.

III


— Peut-être que je serai morte,
Avant l’âge de vingt ans ;
Mon bel aimant qui m’attend
M’a dit : Ma Rose,
Je serai ton fidèle aimant,
Assurément.

IV


— Le bel aimant qui vous parle,
On dit qu’i’ se rit de vous.
Et que c’est par badinage,
Qu’il entretient ce langage.
Dans l’amour, y a des détours,


Méfiez-vous[126] !
V


— Ce n’est point par badinage,
Qu’on entretient ce langage ;
Ah ! il m’a donné un gage,
De mariage.
Je l’ai gravé dans mon cœur
Mais tout à l’heure.

VI


— Taisez-vous, petite sotte,
Je vous f’rai mettre au couvent.
Tu marcheras en diligence
Avec prudence,
Parler ô ces pauvres sœurs,
Mais tout à l’heure !

VII


— Pour aller avec ces nonnes,
Maman, il faut de l’argent,
Maman, donnez-ma la somme,
Avec un homme !
Vous rendrez mon cœur pus content
Qu’d’aller au couvent !

VIII


— Maman, voilà donc la route,
Cell’ qui conduit au couvent ;
Mais pour ma voici la mienne,
Chos’ certaine,
Mon aimant m’attend là-bas,
Et ma j’y vas !

(MAXENT).

L’amoureux qui manque à son devoir[modifier]

I


— Mon bel aimant venez à d’c’sar[127],
Mon papa ne sera pas là.
Le bel aimant n’a point manqueu
Tiderala, tidera lalaire,
Le bel aimant n’a pas manqueu,
Le soir, après soupeu.

II


— Mon bel aimant, dépouillez-vous
Dans mon lit couchez-vous.
Le bel aimant n’a point manqueu
Tiderala, tidera lalaire,
Le bel aimant n’a point manqueu,
Dans le lit s’est coucheu.

III


La nuit passit et le jour vint
Sans qu’il lui parlit de ren,
Et quand ce fut le matin jour,
Tiderala, tidera lalaire,
Et quand ce fut le matin jour,
Il lui souhaita le bonjour.

IV


— Je me moque de votre bonjour
Vous n’aurez pas mes amours.
Il dit : Si j’ai manqué à mon devar,
Tiderala, tidera lalaire,
Si j’ai manqué à mon devar,
Je reviendrai ce sar.

V


— Je ne veux point de ta ce sar,
Tu ne sauras point mon savar
Tant qu’tu étais dedans le lit,
Tiderala, tidera lalaire,
Tant qu’tu étais dedans le lit,
Il fallait jouir de la peudrix.

(MAURE).

Les trois galants[modifier]

I


Dans la Basse-Bretagne
Du pays d’où qu’j’étais (bis)
Y avait trois beaux galants,
Sont amoureux de mai[128].

Refrain :
Dort-il, dort-il, putt, putt,
Dort-il, dort-il, putt ma fai !
Oh vère, boun Dai, oh chis ma fai !


Oh ! qu’il a de l’amour pour mai !
II

Y en a un le fils d’un comte,
Et l’autre le fils d’un rai[129] (bis)
Et l’autre le fils d’un prince,
C’est celui-là que j’aimais.

III

Il aveut une bague
Y m’la passit au dai[130] (bis)
Et il m’a dit : ma fille,
Ce que j’ai, c’est pour tai.

IV

Mon père a vu la bague,
En peine qui me hantait[131] (bis)
Mon père, c’est un beau prince,
Qu’est amoureux de mai.

(MAURE, BAULON).

Robin[modifier]

I

Robin a une chèvre
Toujours la queue lui lève :
El’ n’la rabattra point,
Ma mère, ma bonne mère
El’ n’la rabatt’ra point,
Ma mère je veux Robin.

II


Robin a deux chevaux
Toujours la queue en haut,
La jument et l’poulain,
Ma mère, ma bonne mère,
La jument et l’poulain,
Maman, je veux Robin.

III


Robin a une huche
Où les souris y druchent[132],
Les rats en ont la fin,
Ma mère, ma bonne mère,
Les rats en ont la fin,
Maman, je veux Robin.

IV


Robin a un bonnet
Qu’est tout percé de vers
Les poués[133] cour’nt par-dessus,
Ma mère, ma bonne mère
Les poués courent par-dessus,
De Robin je n’veux pus.

(BAULON).

Cf. : L. Decombe : Chans. pop. d’Ille-et-Vilaine, p. 116.

Mauvaise rencontre[modifier]

I


Le petit bonhoume
S’en va-t-au marcheu,
C’est pour du tabac acheteu.
C’est pour son usage,
Et aussi de l’eau de vie
Pour son petit ménage.

II


Dans son chemin a rencontreu
Quatre bon gas se proumeneu
— Vous avez de l’eau de vie,
Et du tabac de contrebande ?
Vous serez bon à ramasseu,
Vous en payerez l’amende.

III


Le bonhoume a dit qu’c’était bon,
Le bonhoume a prins son bâton,
Il les a ben fait danseu
Tous les quat’ ensemble.
Ils les a tant fait danseu
Qu’ils avaient mal aux jambes.

IV


— Ramassez votre eau de vie
Et votre bout de carotte,
Remettez-le ben promptement
Au fond de votre hotte !
— Et vous, allez vous en n’aller,
Car sur votre route
Soyez-en ben assurés
Vous n’y trouverez pas la goutte.

(BAULON).

L’aventure de Joséphine[modifier]

I


Quand Joséphine va au marcheu,
C’est pour des cerises y ach’teu. (bis).

Refrain :
Comme ci, comme ça,
Joséphine est comme ça,
Avec son petit tablieu blanc
Pour cacher son p’tit accident.

II


Dans son chemin a rencontreu
Son bel aimant se promeneu. (bis).

Refr.

III


— Savez-vous ce qu’on dit partout ?
Que je suis enceinte de vous. (bis).

Refr.
IV


— Si tu es enceinte de ma,
C’est ben par ta bêtise, da. (bis).

Refr.

V


Car je t’aveus toujour ben dit
Que tu ne m’aurais pas pour mari. (bis).

Refr.

VI


— Si je ne t’ai pas pour mari,
Donne ma quelque chose, dis. (bis).

Refr.

VII


Donne ma cinq à six cents francs
Pour nourrir la mère et l’enfant. (bis),

Refr.

VIII


— Cinq à six cents francs ! c’est beaucoup
Pour un tailleur de pierres ! (bis).

Refr.

IX


Cinquante écus c’est ben assez
Pour m’être si peu ameusé ! (bis).

Refr.

(MAXENT).

Le jaloux et sa femme[modifier]

I


— Morbleur et ventrebleur !
Ah ! dis-moi donc, Marion,
Où étais-tu donc allée
Que je t’ai tant appelée ?
Morbleur !

II


— Mon Dieu, mon doux ami,
Je n’étais point en allée,
J’étais dans mon lit couchée
Mon Dieu !

III


— Morbleur et ventrebleur !
Ah ! dis-moi donc, Marion,
Qui c’tait ce grand queval[134]
Qui ’tait dans notre étable?
Morbleur !

IV


— Mon Dieu, mon doux ami
Ce n’était point un grand qu’val
C’était l’ombr’ de notre vache,


Mon Dieu !
V


— Morbleur et ventrebleur !
Ah ! dis-moi donc, Marion,
Que c’était-y cett’ grand’ botte
Qui ’tait derrière notr’ porte ?
Morbleur !

VI


— Mon Dieu, mon doux ami,
C’n’était point une grand’ botte,
C’était l’ombr’ de not’ porte,
Mon Dieu !

VII


— Morbleur et ventrebleur !
Ah ! dis-moi donc, Marion,
Qui c’était-y c’grande épée
Qu’était dans la ch’minée ?
Morbleur !

VIII


— Mon Dieu, mon doux ami,
Ce n’était point une épée,
C’était l’ombr’ de ma qu’nouille
Mon Dieu !

IX


— Morbleur et ventrebleur !
Ah ! dis-moi donc, Marion,
Qui était cette barbe nare[135]
Couchée ô ta hier au sar ?


Morbleur !
X


— Mon Dieu, mon doux ami
C’n’était point un’ barb’ nare,
C’était ma sœur Victoire.
Mon Dieu !

XI


— Morbleur et ventrebleur !
Ah ! dis-moi donc, Marion,
Qui croirait qu’ta sœur Victoire
Arait eu la barbe si nare ?
Morbleur !

XII


— Mon Dieu, mon doux ami,
C’était ma sœur Hélène
Qu’ô les mûres elle s’est teinte,
Mon Dieu !

XIII


— Morbleur et ventrebleur !
Ah ! dis-moi donc, Marion,
Si entre Mars et Féverieu
Ya des mûres au mûrieu ?
Morbleur !

XIV


— Mon Dieu, mon doux ami,
Dans l’jardrin de mon père
Y en a été comme hiver,


Mon Dieu !
XV


— Morbleur et ventrebleur !
Ah ! dis-moi donc, Marion,
Un dimanche la matinée
Tu devrais ben m’y m’ner,
Morbleur !

XVI


— Mon Dieu, mon doux ami,
Il a passé des grinettes
Qui les ont mangées mur’set vertes.
Il a passé des femm’s enceintes,
Ah ! qui les ont tout’s atteintes.

(SAINT-THURIAL, BAULON).

Cf. : Lambert : Chans. pop. du Languedoc, t. II, p. 301 ; J. Daymard : Chants pop. de Quercy, p. 92.

La moqueuse[modifier]

I


C’est trois garçons ben drôles,
S’en r’venant du pays bas,
Dans leur chemin ont rencontré
Une fillette
Qui leur cœur elle a charmé


Par amourette.
II


Le pus jeun’ de ces drôles
Lui a dit en souriant :
— La bell’, donne-ma un baiser,
Sur votre bouche
En attendant le moment
Que j’vous épouse.

III


— Non, monsieur, un baiser
N’vous s’ra point accordé,
J’commence à m’aviser
De vos finesses ;
Vous avez femme et enfants
Dedans Marseille[136].

IV


— Ah ! Marseille, la jolie ville !
C’est un joli port de mer !
Je quitterai ce port de mer,
Aussi Marseille
Je m’y rendrai amoureux,
De vous, la belle !

V


— Ce pays-ci n’est que des landes,
Monsieur, vous vous y plairiez pas
— Si les montagnes et les vallons
Étaient de fonte,
La belle, je vous aimerais mieux


Que tout le monde !
VI


— De fonte, mon cher aimant
De fonte ils ne seront point,
Car le soleil ne les fond point,
Cor[137] moins la lune,
Tout garçon à marier
Cherche fortune.

(MAURE).

La boudeuse[modifier]

I


— Ah ! dites ma donc, la belle,
Où est votre père ?
— Allez !
Mon père est mort y a longtemps
Aussi ma mère
Et tous mes proches parents
Je n’ai qu’un frère.

II


— Ah ! dites-ma donc, la belle,
Où est votre frère ?
— Allez !
Il est là-haut, il est là-bas
Courir la biche ;
J’entends les chiens s’écrier :


La biche est prise !
III


— Ah ! dites-ma donc, la belle,
Où sont vos moutons ?
— Allez !
Il sont là-haut, ils sont là-bas ;
Parmi ces landes
Laissez-les tourjous courir
La lande est grande.

IV


— Ah ! dites-ma donc, la belle,
Votre lit est-y
Ben grand ?
— S’il est petit il n’est pas grand,
À la mesure.
Et allez donc vous faire fout’
À l’aventure !

(MAURE).

Le soldat libéré[modifier]

I


Lonlanla lirlaliré,
Nous n’irons plus aux guerres
Lonlanla lirlaliré,


Nous y avions trop été. (bis)
II


Lonlanla lirlaliré,
J’y ai trois coups de lance
Lonlanla lirlaliré,
Qu’un Anglais m’a portés. (bis)

III


Lonlanla lirlaliré,
J’en ai un dans la tête
Lonlanla lirlaliré,
L’autre dans un côté. (bis)

IV


Lonlanla lirlaliré.
Et l’autre dans le coeur
Lonlanla lirlaliré,
Je crois que j’en mourrai. (bis)

V


Lonlanla lirlaliré,
Si l’on voit que j’en meure
Lonlanla lirlaliré.
On me f’ra confesser. (bis)

VI


Lonlanla lirlaliré,
De quoi me confess’rai-je ?
Lonlanla lirlaliré,


Je n’ai jamais péché. (bis)
VII


Lonlanla lirlaliré,
J’n’ai point embrassé filles
Lonlanla lirlaliré,
Ah ! sans qu’ell’s le voulaient, (bis)

VIII


Lonlanla lirlaliré,
Y a qu’ma mie Jeannette
Lonlanla lirlaliré,
Encore elle le voulait. (bis)

IX


Lonlanla lirlaliré,
Si c’est un fils qu’ell’ porte,
Lonlanla lirlaliré,
Il sera grenadier. (bis)

X


Lonlanla lirlaliré,
Il portera les armes
Lonlanla lirlaliré.
Que son père il portait. (bis)

Les amants morts[modifier]

I


Un chasseur qui toujours chasse,
Qui s’en va-t-au bois chassant, (bis)
Les perdrix par les bruyères,
Qui s’en va-t-au bois chassant,
Les perdrix parmi les champs.

II


Il a trouvé deux aimants
Morts sur la verte bruyère, (bis)
Il a trouvé deux aimants
Tous deux morts en s’entraimant.

III


Nous faut les faire enterrer
De peur des bêtes sauvages, (bis)
Nous faut les faire enterrer
De peur qu’ils s’raient dévorés.

IV


Je plac’rai un mot d’écrit
Sur l’écorcelage de l’arbre, (bis)
Afin que tous les passants
Prieraient Dieu pour ces aimants.

Regrets[modifier]

I


On ne voit plus les bergers
Avec les bergèr’s dans la plaine.
Oh ! qu’y a du changement,
Hélas ! depuis quelque temps !

II


Je ne regrette point le temps
Que j’ai passé avec elle,
Je ne regrette point le temps
Que j’ai passé en l’aimant.

III


Je ne regrett’ que ma maîtresse,
C’était elle que j’aimais
La mort me l’a enlevée,
Nous voilà donc séparés.

La fille indiscrète[modifier]

I


En allant à la chasse,
À la chasse à l’amour,
J’ai rencontré Tristi
Assis dessous un houx.

Refrain :
— Ah ! si je vous prie de m’aimer


Me refuseriez-vous ?
II


— J’en aurais trop à faire,
Monsieur, retirez-vous,
Car j’aperçois ma mère
Qu’arrive en grand courroux.

Refr.

III


— Qu’aperçois-je, ma fille !
Un homme à vos genoux !
— Ma mère, c’est un garçon
Qui me parle d’amour.

Refr.

IV


— Je ne veux pas, ma fille,
D’hommes à vos genoux.
— Ma mère, à mon âge,
Que faisiez-vous ?

Refr.

V


— D’un regard sévère
Je les renvoyais tous.
— Ma mère, à mon père
Que faisiez-vous?

Refr.

VI


— Ça n’est point vos affaires,
Mam’zelle, taisez-vous ;
Je n’veux point, j’espère.
Qu’on vous parle d’amour.

Refr.

(SAINT-THURIAL, BAULON).

Le curé et sa servante[modifier]

I


D’où donc vous en rev’nez-vous,
Monsieur le Curé ?
— Je m’en reviens du marcheu,
Julie, eh ! ma Julie !
Je m’en reviens du marcheu,
Ma petite Julie.

II


— Que m’avez-vous apporteu,
Monsieur le Curé ?
— Des souliers pour y danseu,
Julie, eh ! ma Julie !
Des souliers pour y danser
Ma petite Julie !

III


— Quand donc que vous m’les donn’rez,
Monsieur le Curé?
— Quand tu auras ben travailleu,
Julie, eh ! ma Julie !
Quand tu auras ben travailleu,
Ma petite Julie !

IV


— Que faudra-t-il donc faire,
Monsieur le Curé ?
— Il faudra coudre et fileu,
Julie, eh ! ma Julie !
Il faudra coudre et fileu,
Ma petite Julie.

V


— Coudre et fileu !
J’ m’y lass’reu,
Monsieur le Curé !
— J’te mettrai à te n’alleu,
Julie, eh ! ma Julie !
J’ te mettrai à te n’alleu,
Ma petite Julie.

VI


— Si je m’en vas je mourreu,
Monsieur le Curé !
— Si tu meurs je t’enterrereu,
Julie, eh ! ma Julie !
Si tu meurs, je t’enterrereu,
Ma petite Julie.

VII


— Pour ma qu’est-c’que vous chant’rez,
Monsieur le Curé?
— Requiescat in pace !
Julie, eh ! ma Julie !
Requiescat in pace,
Ma petite Julie.

(BAULON).

Randonnée[modifier]

I


Dans le jardrin de mon père,
Devinez, devina,
Dans le jardrin de mon père,
Devinez ce qu’il y a :
Il y a une ente[138],
Comm’ vous n’avez jamais vu ente,
L’ente est dans la hâ[139], dans la hâ, dans la hâ,
L’ente est dans la hâ du jardrin.

II


Dedans cette ente-là,
Devinez, devina,
Dedans cette ente-là,
Devinez ce qu’il y a :
Il y a une branche,
Comme vous n’avez jamais vu branche,
La branche est dans l’ente,
L’ente est dans la hâ, dans la hâ, dans la hâ,
L’ente est dans la hâ du jardrin,

III


Dedans cette branche là,
Devinez, devina,
Dedans cette branche là,
Devinez ce qu’il y a :
Il y a un nid,
Comm’ vous n’avez jamais vu nid,
Le nid est de la branche,
La branche est dans l’ente, etc.

IV


Dedans ce nid-là,
Devinez, devina,
Dedans ce nid-là,
Devinez ce qu’il y a :
Il y a un œuf,
Comm’ vous n’avez jamais vu œuf,
L’œuf est dans le nid,
Le nid est dans la branche, etc.

V


Dedans cet œuf-là,
Devinez, devina,
Dedans cet œuf-là,
Devinez ce qu’il y a :
Il y a un oiseau,
Comm’ vous n’avez jamais vu oiseau,
L’oiseau est dans l’œuf,
L’œuf est dans le nid, etc.

VI


Dessus cet oiseau-là,
Devinez, devina,
Dessus cet oiseau-là,
Devinez ce qu’il y a :
Il y a de la plume,
Comm’ vous n’avez jamais plume,
La plume est sur l’oiseau,
L’oiseau est dans l’œuf,


L’œuf est dans le nid, etc.
VII


De cette plume-là,
Devinez, devina,
De cette plume-là,
Devinez ce qu’on en fera :
On en fera une couitte[140],
Comm’ vous n’avez jamais vu couitte.
La couitte est de plume,
La plume est de l’oiseau, etc.

VIII


Dessus cette couitte-là,
Devinez, devina,
Dessus cette couitte-là
Devinez ce qu’on mettera :
On mettera une nonne,
Comm’ vous n’avez jamais vu nonne.
La nonne est sus la couitte, ,
La couitte est de plume, etc.

IX


Avec cette nonne-là,
Devinez, devina,
Avec cette nonne-là,
Devinez ce qu’on mettera :
On mettra un moine,
Comm’ vous n’avez jamais vu moine.
Le moine ô[141] la nonne,
La nonne sus la couitte,
La couitte est de la plume,
La plume est de l’oiseau,
L’oiseau est de l’œuf,
L’œuf est du nid,
Le nid est de la branche,
La branche est de l’ente,
L’ente est dans la hâ, dans la hâ, dans la hâ,
L’ente est dans la hâ du jardrin.

(Pays de BAULON).

Le beau chanteur[modifier]

I


Chez mon père j’étions trois filles,
Toutes les trois comm’ ma,
Quand nous allions le sar,
Le sar à la veillée,
J’avions assurément,
Chacun’ not’ biau galant.

II


Le mien veneut m’y var,
Il y veneut le sar.
Les chiens de not’ village
Sur li y crient tous :
N’l’ayant point connaissu,


Ils l’auraient ben mordu.
III


Quand il est à la danse,
Oh ! qu’c’est un biau pas !
Il écalle[142] des bras,
Y fait des manigances
Ah ! qu’il est à mon greu,
Ce joli métayeu !

IV


Quand il va à la messe,
Il enteur[143] au lustrin,
Il chante le latin,
Bien mieux que tous nos prêtres,
J’en restons tous bégauds[144]
Tant qu’y s’écotit[145] haut.

(MAXENT).


Cf. : L Decombe : Chans. pop. d’Ille-et-Vilaine, p. 199.

La fille qui aime le vin[modifier]

I


La petite Jeann’ton n’avait pas quinze ans
Qu’elle levait le cul comme sa maman,
Qu’elle levait le cul du verre,
Non pas, non pas, non pas le matin,
Qu’elle levait le cul du verre,
Quand il était plein de vin.

II


Son petit papa s’en est aperçu,
Que la p’tit’ Jeann’ton levait bien le cul,
Qu’elle levait le cul du verre,
Non pas, non pas, non pas le matin,
Qu’elle levait le cul du verre,
Quand il était plein de vin.

III


Y a ben des dames à Paris
Qui lèvent le cul sans leurs maris,
Qui lèvent le cul du verre,
Non pas, non pas, non pas le matin,
Qui lèvent le cul du verre,
Quand il était plein de vin.

(BAULON).

.


  1. Var. : A ma n’faut pus t’attendre.
  2. Épervier.
  3. Réduirai en boule.
  4. Boire.
  5. Avec quoi.
  6. Chèvre.
  7. Panier.
  8. Chevreaux.
  9. Le lièvre.
  10. Raie.
  11. Quérir.
  12. Épervier.
  13. C’est un oiseau.
  14. Avec.
  15. Consentant.
  16. Avec.
  17. Toile
  18. Langes.
  19. Mâtin.
  20. Bâtons.
  21. Consentant. — Var. : content.
  22. Avec.
  23. Frappe.
  24. Var. : la barre.
  25. Laillé. — Var. : Noia (Noyal).
  26. Poëlon.
  27. Chambrion, chambrière
  28. Gronde.
  29. Grince.
  30. Était saoul.
  31. Poil.
  32. Mèche.
  33. Voir.
  34. Registre.
  35. Fourmi.
  36. Encore.
  37. On prononce : buvint.
  38. Var. : Dans la buie (buire).
  39. Var. : Georgiquet, Jean Jaquet.
  40. Éclater en grinçant.
  41. Var. : V’nez donc flairer l’bassinet.
  42. Soir.
  43. Var. : Breureu (braire).
  44. Étable
  45. Cheveux.
  46. Balai.
  47. Œil.
  48. Des moulins à vent.
  49. Plumes.
  50. Pousser la charrue.
  51. Creux.
  52. Excité de la voix.
  53. Souche.
  54. Pourchassais.
  55. Rongeait.
  56. Foyer.
  57. Gueule.
  58. Encore.
  59. Boire.
  60. Foyer.
  61. Couturiers (tailleurs).
  62. Métier.
  63. Bien facile à gâter.
  64. Soulier.
  65. Var. : En voyage.
  66. Favorable.
  67. L’aguibra, (de faire des déménagements).
  68. Poil.
  69. Doigts.
  70. Avec.
  71. Le cidre.
  72. Baignon.
  73. Celui-là.
  74. Fait vomir de dégoût.
  75. Accule.
  76. Brouette.
  77. Outil à travailler du bois.
  78. Linge mouillé, lessive.
  79. ?.
  80. Petit banc.
  81. Agitée.
  82. Donna brusquement un coup.
  83. Prairies.
  84. Var. : cett’ ville, Séville.
  85. Le chanteur ou la chanteuse imite une grosse voix brutale.
  86. Pré.
  87. Fienteront.
  88. Lui donna la chasse.
  89. Buveur.
  90. Lit.
  91. Celles qui ont le plus de lait.
  92. Bruyère.
  93. Abri. Var. : hermitage.
  94. Crois.
  95. Croirai.
  96. Quoi.
  97. Fois.
  98. Aurons.
  99. Mauvaise.
  100. Assis.
  101. Lampion à graisse.
  102. Plient.
  103. Renchérir.
  104. Pileurs.
  105. ?.
  106. Dresser.
  107. Pileurs.
  108. Piquer.
  109. Instrument pour nettoyer le soc de la charrue.
  110. Ruisseau.
  111. Prés.
  112. Pavé ?
  113. S’assoient.
  114. Aurons.
  115. Avec.
  116. Foi.
  117. Teindre.
  118. Seras battu.
  119. Quérir, chercher.
  120. Fois.
  121. Langes.
  122. Bête.
  123. Métier.
  124. Var. : Mère.
  125. Haie.
  126. Var. : Figurez-vous.
  127. Ce soir.
  128. Moi.
  129. Roi.
  130. Doigt.
  131. Fréquentait.
  132. S’amusent.
  133. Poux.
  134. Cheval.
  135. Noire.
  136. Var. : Melesse.
  137. Encore.
  138. Jeune pommier greffé.
  139. Haie.
  140. Couette.
  141. Avec.
  142. Fait des gestes.
  143. Entre.
  144. Ouvrant la bouche comme des niais.
  145. Chante à perdre haleine.