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sent une à une. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Genet, Arrête-bœuf, Plante. (I)

CROTALE, s. m. (Musiq. ancienne.) espece de castagnette qu’on voit sur les médailles dans les mains des prêtres de Cybele. Voyez Corybante.

Le crotale étoit différent du sistre, quoiqu’on semble avoir confondu quelquefois ces noms. Il consistoit en deux petites lames ou petits bâtons d’airain que l’on remuoit de la main, & qui en se choquant faisoient du bruit. Voyez Sistre.

On en faisoit aussi d’un roseau fendu en deux, dont on frappoit les deux parties l’une contre l’autre ; & comme cela faisoit à-peu-près le même bruit que celui du bec d’une cicogne, on appelloit cet oiseau crotalistria, joüeuse de crotales.

Un ancien, dans Pausanias, dit qu’Hercule ne tua pas les oiseaux du lac Stymphale, mais qu’il les chassa en joüant des crotales : si cela est vrai, les crotales étoient en usage dès le tems d’Hercule.

Clément d’Alexandrie en attribue l’invention aux Siciliens, & en défend l’usage aux Chrétiens, à cause des mouvemens & des gestes indécens que l’on faisoit en joüant de cet instrument. Voyez le dictionn. de Trév. Chambers, & l’article Castagnettes.

CROTAPHITE, adj. pris sub. (Anatom.) muscle temporal qui occupe la cavité des tempes, & tire la mâchoire inférieure en-haut. Voyez Muscle. (L)

CROTIN, (Maréchall.) on appelle ainsi la fiente fraîche du cheval. (V)

Crotin de mouton, (Œconom. rustiq. & Jardin.) c’est ainsi que l’on nomme le fumier de mouton, qui est le meilleur de tous pour engraisser toute sorte de terre, pourvû qu’on le laisse long-tems reposer, & perdre à l’air son trop de chaleur. Rien n’est si actif que les sels de ce fumier. Voyez Engrais. (K)

CROTONE, (Géog. mod.) ville d’Italie au royaume de Naples, sur le golfe de Tarente. Long. 35. 8. lat. 39. 10.

CROTOY, (le) Géog. mod. petite ville de France en Picardie, dans le Ponthieu, à l’embouchure de la Somme. Long. 19. 20. lat. 50. 15.

CROT-PESCHEROT, (Hist. nat.) voyez Orfraie.

CROTTE, se dit de la fiente de lievre, lapin, des chevres, des brebis, &c.

CROULARE, voyez Traquet.

CROULER, v. act. (Marine.) on s’en sert pour rouler.

Crouler un bâtiment, c’est le lancer à l’eau. (Z)

Crouler la queue, (Venerie.) se dit du mouvement que l’animal fait de cette partie lorsque la peur le fait fuir.

* CROUMA, s. m. (Hist. anc. Musiq.) espece de crotales dont on joüoit dans les contrées méridionales de l’Espagne. C’étoit ce qu’on appelle aujourd’hui des castagnettes. On les faisoit ou avec des têts de pot cassé, ou avec des os bien nettoyés. Antiq. expliq. Voyez Crotale.

CROUPADE, s. f. (Manége.) c’est un saut plus relevé que la courbette, & qui tient le devant & le derriere du cheval en une égale hauteur, ensorte qu’il trousse ses jambes de derriere sous le ventre, sans les allonger ni montrer ses fers ; & c’est ce qui met de la différence entre cet air, la ballotade où le cheval s’épare à demi, & la capriole où il s’épare de toute sa force. Voyez Ballotade & Capriole.

Hautes croupades, sont des croupades plus relevées que les croupades ordinaires. On dit manier à croupades, mettre un cheval à l’air des croupades. (V)

Croupe d’église, en Architecture, est la partie arrondie du chevet d’une église considéré par-dehors. Voyez Chevet. (P)

CROUPE, s. f. (Maréchall.) la partie postérieure du cheval, comprise depuis l’endroit où la selle por-

te jusqu’à la queue. Ce mot vient de crouppa, qui se trouve dans les gloses, & est formé de l’allemand grob, qui signifie gros, gras, épais.

Cette partie répond au haut des fesses de l’homme. Les bonnes qualités de la croupe sont d’être large & ronde. La croupe de mulet, qui fait voir une élévation ou arrête sur toute la partie supérieure, depuis les reins jusqu’à la queue, est une marque de force. Les mauvaises qualités de la croupe sont d’être avalée, c’est-à-dire de descendre trop tôt, ce qui est cause que la queue est trop basse. La croupe trop étroite désigne peu de force, & la croupe coupée est creuse dans le milieu.

Tortiller la croupe, se dit d’un cheval sans force, qui en marchant fait aller sa croupe de côté & d’autre.

Gagner la croupe, c’est lorsqu’un cavalier étant en présence d’un autre, fait un demi-tour pour le prendre en croupe. Dans un combat, il faut faire la demi-piroüette au bout de la passade, pour gagner la croupe d’un ennemi qui presse, sans que la croupe échappe. On se sert de cette expression pour les voltes & le galop, & elle signifie, sans que le cheval se traverse, sans que la croupe sorte de la volte ou de la piste du galop. Voyez Volte, Galop, Traverser.

La croupe est quelquefois sujette à des dartres, accompagnées d’une démangeaison extrème.

Lorsque le cheval a les cuisses bien fournies & proportionnées à la rondeur de la croupe, il s’appelle bien gigotté ; & mal gigotté, lorsque cette proportion manque. (V)

Croupe, (Charp.) se dit aussi de la charpente d’un pavillon quarré.

Croupe de Cerf, (Vénerie.) c’est ce qu’on appelle cimier.

CROUPIAT, s. m. (Mar.) c’est un nœud qu’on fait sur le cable ; & l’embossure est proprement quand on frappe, ou l’action de frapper le croupiat sur le cable. Cependant on se sert indifféremment de croupiat & d’embossure pour le nœud même. Voyez Embossure. (Z)

CROUPIER, s. m. (Comm.) associé secret qui prend part dans une entreprise de commerce ou de finance, ou dans un jeu, qui se fait sous le nom d’un autre, & qui en partage les gains & les pertes à proportion de la part qu’il a prise dans l’affaire de ses fonds & de ses avances.

Ce terme est plus en usage chez les gens d’affaires que parmi les négocians, qui se servent plus volontiers de celui d’associé anonyme. Voyez Anonyme. Voyez le dict. de Comm. & Chambers. (G)

CROUPIERE, terme de Bourrelier, c’est une partie du harnois des chevaux, tant de monture que de tirage, qui consiste en une espece de bourrelet, garni de bourre ou de crin, qui passe sous la queue du cheval, & tient à une bande de cuir fendue en deux parties par le bout : cette bande est la suite du surdos dans les chevaux de tirage, & elle est attachée dans les chevaux de selle par une boucle à un crampon de fer, enfoncé dans l’arçon de derriere de la selle. La croupiere sert à empêcher que par le mouvement que le cheval fait en marchant, le harnois ou la selle ne vienne trop en-devant. Voyez CC, fig. 1. & 2. Pl. du Bourrelier.

Croupiere, Croupias, (Marine.) c’est une corde qui tient un vaisseau arrêté par son arriere.

Mouiller en croupiere, ou de croupiere, ou en croupe, c’est mouiller à poupe, afin de maintenir les ancres de l’avant, & empêcher le vaisseau de se tourmenter, ou faire ensorte qu’il présente toûjours le même côté. Pour mouiller de croupiere, le cable passe le long des ceintes, & de-là il va à des anneaux de fer