Page:Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844.djvu/175

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Croix-Rouge (carrefour de la).

Situé à la jonction des rues du Four, du Dragon, de Grenelle, de Sèvres, du Cherche-Midi et du Vieux-Colombier. — 10e arrondissement, quartiers de la Monnaie et Saint-Thomas-d’Aquin ; 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était au XVe siècle le carrefour de la Maladrerie, en raison de plusieurs granges bâties au coin de la rue du Four pour loger les pauvres atteints du mal de Naples. Sa dénomination actuelle lui vient d’une croix peinte en rouge qu’on avait élevée sur ce carrefour. En 1793, c’était le carrefour du Bonnet-Rouge. Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a déterminé pour cette voie publique un alignement qui soumet à un fort retranchement les propriétés situées aux encoignures des rues du Four et du Vieux-Colombier, de Sèvres et de Grenelle. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

Croulebarbe (barrière).

Située sur le boulevart des Gobelins, no 5.

Aucun bâtiment ne décore cette barrière, qui doit son nom à la rue Croulebarbe.

Croulebarbe (rue).

Commence à la rue Mouffetard, nos 270 et 272 ; finit à la rue du Champ-de-l’Alouette. Le dernier impair est 19 ; le seul pair, 2 ; ce côté est bordé, en partie, par la manufacture des Gobelins et la rivière de Bièvre. Sa longueur est de 550 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Plusieurs titres de 1214 font mention du moulin de Croulebarbe sur la rivière de Bièvre ; d’autres, en 1243, parlent des vignes de Croulebarbe. Ce moulin, qui existait encore en 1840, servait à faire mouvoir des mécaniques. — Une décision ministérielle, à la date du 10 juin 1819, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Plusieurs propriétés sont alignées.

Crucifix (rue du Petit-).

Commence à la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, nos 18 et 22 ; finit à la place Saint-Jacques-la-Boucherie. Le dernier impair est 7 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 53 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Plusieurs actes prouvent que cette rue était entièrement bâtie vers 1250. Elle tire son nom du fief du Crucifix, dont la principale maison, qui avait un crucifix pour enseigne, était située au coin de la rue Saint-Jacques-la-Boucherie. En 1270, elle était désignée sous le nom de petite rue en face le portail de l’église Saint-Jacques. On la nomma également rue du Porce et Porche Saint-Jacques. Elle fut élargie en 1564. — Une décision ministérielle à la date du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, sa moindre largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un fort retranchement ; celles du côté opposé sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Crussol (passage).

Commence à la rue de Ménilmontant, no 5 ; finit à la rue Crussol, no 8. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Bâti en 1827, sur l’emplacement d’une ancienne fabrique de porcelaine, il prit le nom de passage Biette, du propriétaire qui l’avait fait construire. Dès 1829, on commença à le désigner sous le nom de passage Crussol. (Voir pour l’étymologie l’article suivant).

Crussol (rue).

Commence à la rue des Fossés-du-Temple, no 12 ; finit à la rue Folie-Méricourt, nos 5 et 7. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 314 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Autorisée et dénommée par lettres-patentes du 13 octobre 1781, registrées au parlement le 26 février suivant, cette rue fut ouverte en 1783, sur les marais du Temple, appartenant au GRAND PRIEURÉ DE FRANCE. Sa largeur était fixée à 5 toises (9 m. 74 c.) — Le nom donné à cette voie publique est celui de M. Alexandre-Emmanuel Chevalier de Crussol, brigadier des armées de France, chevalier non-profès de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, capitaine des gardes du comte d’Artois et administrateur-général du grand-prieuré de France. Il avait été nommé à ce dernier emploi par lettres-patentes du 13 mars 1777. (Voyez l’article de la rue d’Angoulême-du-Temple.) — Une décision ministérielle du 28 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue Crussol à 10 m. — Cette décision porte ce qui suit à : « D’après la demande des propriétaires de la rue de Crussol et autres riverains, cette rue doit être prolongée jusqu’à la contre-allée du boulevart. Ce prolongement qui aura 11 m. 69 c. de large, suivra la même direction que cette rue ; et attendu l’avantage qui en résultera pour eux, il a été proposé de les charger de l’acquittement des indemnités à payer au propriétaire d’une maison et terrain particuliers qu’il faudra traverser. » En vertu d’une autre décision ministérielle du 16 frimaire an XIV, la largeur de 9 m. 74 c., fixée par les lettres-patentes pour la rue Crussol, a été maintenue. Les constructions riveraines sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue des Fossés-du-Temple. — Conduite d’eau depuis la rue de Malte jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le plan indiquant le projet de prolongement de la rue Crussol jusqu’au boulevart du Temple et d’établissement de constructions sur une partie de la contre-allée, a été déposé à la mairie du 6e arrondissement, conformément à un arrêté préfectoral du 22 août 1842. Ce prolongement aura 12 m. de largeur.