Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/389

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rités de la physique. L’air, l’eau, le feu & la terre entrent comme parties constituantes, comme élémens dans les végétaux ; il faut donc absolument savoir ce que c’est, comment ils agissent, comment ils deviennent, pour ainsi-dire, plantes eux-mêmes. (On peut voir au mot Air, Ier. vol. de cet Ouvrage, le plan que nous suivrons pour les autres élémens, quand nous les traiterons.) Rarement, ou pour mieux dire, jamais ces élémens ne sont purs & homogènes ; ils se présentent toujours à nous composés, modifiés, combinés entr’eux, & avec d’autres principes qui les altèrent, qui leur donnent des propriétés particulières, & dont les effets sont tous différens. Nouvelle source de recherches & d’étude.

L’astre qui préside à la naissance du jour, qui sème sur sa route des flots de lumière fécondante, qui répand de tout côté l’impression d’une chaleur bienfaisante, qui pénètre tous les êtres du principe de la vie & de la santé, qui donne l’impulsion à tout, qui anime tout ; le dieu, le père de la nature, le soleil a la plus grande influence sur la végétation. Est-il caché, tout prend un air de langueur, de sommeil, de mort ; les plantes redemandent ardemment son retour, elles le cherchent, elles se retournent & se portent vers son côté, elles soupirent après lui. Son absence trop prolongée, entraîne des maladies réelles, la transpiration arrêtée, l’épaisissement des sucs, l’étiolement. Reparoît-il enfin, est-il rendu à leurs desirs, elles semblent saluer son retour par uns nouvelle vigueur ; l’épanouissement de leurs feuilles & de leurs fleurs annonce un nouveau ressort, un agent puissant, un principe d’existence. De quelle utilité n’est donc pas la connoissance de l’influence du soleil sur les plantes ? mais, pouvons-nous nous flatter de quelques vérités, de quelques principes certains dans cette partie ? Nous examinerons & discuterons fidèlement ce que nous avons, comme nous avouerons de bonne foi ce que nous ignorons, aux mots Lumière & Soleil.

Les météores, tant aqueux qu’ignées, tiennent de trop près à la physique générale, & ont tant de rapport avec la végétation, qu’on ne doit pas négliger leur étude. La science de la météorologie les renferme tous ; elle doit avoir un article à part, indépendamment des mots Bouillards, Bruine, Chaleur, Froid, Gelée, Givre, Grêle, Neige, Pluie, Rosée, Tonnerre, Vents & Verglas.

II. C’est peu de connoître les météores & ce qui les constitue, si l’on n’entend pas autant qu’on le peut, comment ils influent sur la végétation ; mais pour cela l’anatomie & la physiologie végétale sont aussi nécessaires à un botaniste & à un agriculteur intelligent, que l’anatomie & la physiologie animale à un médecin. Et en effet, les élémens agissent sur un être quelconque, en raison de ses parties différentes & de leur rapport entr’elles. C’est certainement là une des connoissances les plus utiles & les plus intéressantes. Quel plus merveilleux assemblage, quelles richesses, quelle fécondité de parties ! ici des soli-