Mémoires (Saint-Simon)/Tome 11

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TABLE DES CHAPITRES


DU ONZIÈME VOLUME.
Chapitre i. — Constitution Unigenitus fabriquée et subitement publiée à Rome. — Soulèvement général difficilement arrêté. — Soulèvement général contre la constitution à son arrivée en France. — Singulières conversations entre le P. Tellier et moi sur la forme de faire recevoir la constitution, et sur elle-même. — Retour par Petit-Bourg de Fontainebleau à Versailles. — Étrange tête-à-tête sur la constitution entre le P. Tellier et moi, qui me jette en un sproposito énorme.
Chapitre ii. — M. de Savoie prend le titre de roi de Sicile. — Il imite le roi sur ses bâtards. — Prie, nommé ambassadeur à Turin, épouse la fille de Plénoeuf, qui devient fatale à la France. — Gouvernement d’Alsace et de Brisach au maréchal d’Uxelles. — Trois cent mille livres à Torcy ; quatre cent mille livres à Pontchartrain ; quatre cent mille livres au duc de La Rochefoucauld. — Lamoignon, greffier, Chauvelin grand trésorier de l’ordre ; Voysin et Desmarets en ont le râpé. — Chauvelin ; quel ; et son beau-père. — Dalon ; quel. — Chassé de sa place de premier président du parlement de Bordeaux. — Prise de Fribourg par Villars, qui envoie Contade à la cour. — Duc de Fronsac apporte la prise de Brisach ; le roi lui donne douze mille livres et un logement à Marly. — Kirn rendu à Besons, qui sépare son armée et revient à Paris. — Conférences à Rastadt entre Villars et le prince Eugène, qui y traitent et y concluent la paix entre la France, l’empereur et l’empire. — Réforme de troupes. — Mort du prince de Toscane. — Mort d’Harleville. — Mort du chevalier de Grignan ou comte d’Adhémar. — Mort de Gassion ; quel il étoit, et sa famille. — Mort de la princesse de Courtenai, sa famille, que le roi montre sentir être de son sang. — Saintrailles ; quel ; sa mort. — Mort et caractère de Phélypeaux. — Mort du duc de Medina-Sidonia. — Ronquillo destitué de la place de gouverneur du conseil de Castille ; on lui donne une pension de dix mille écus. — Retour du duc d’Aumont. — Le roi de Sicile passe avec la reine en Sicile, et laisse le prince de Piémont régent avec un conseil. — Peterborough et Jennings saluent le roi. — Électeur de Bavière à Paris ; voit le roi.
Chapitre iii. — L’Évangile présenté à baiser au roi par un cardinal, de préférence à l’aumônier de jour, en absence du grand et du premier aumônier. — Duc d’Uzeda peu compté à Vienne, et son fils emprisonné au château de Milan. — Duc de Nevers dépouillé par le roi de la nomination à l’évêché de Bethléem. — Duc de Richelieu se brouille avec sa femme et la quitte. — Cavoye prend soin de lui. — Force bals à la cour et à Paris. — Bals, jeux, comédies et nuits blanches à Sceaux. — Mme la duchesse de Berry, grosse, mange au grand couvert en robe de chambre. — Abbé Servien à Vincennes. — Mort, fortune, famille et caractère du duc de La Rochefoucauld. — Bachelier ; sa fortune ; son mérite. — Surprise étrange du duc de Chevreuse et de moi chez le duc de La Rochefoucauld. — Hardie générosité du duc de La Rochefoucauld. — Vieux levain de Liancourt. –Ses deux fils. — Comte de Toulouse grand veneur. — Douze mille livres de pension au nouveau duc de La Rochefoucauld. — Le chancelier voit un homme se tuer. — Commencement de la persécution en faveur de la constitution Unigenitus. — Mariage du prince de Pons et de Mlle de Roquelaure. — Gouvernement de Dunkerque à Grancey en épousant la fille de Médavy, son frère. — Vingt-cinq mille livres de rente fort bizarres au premier président. — Mort de Bragelogne. — Ambassadeurs de Hollande saluent le roi. — Grande maladie de la reine d’Angleterre à Saint-Germain. — Mort du duc de Melford à Saint-Germain. — Mort de Mahoni. — M. le duc de Berry entre au conseil des finances.
Chapitre iv. — Helvétius en Espagne pour la reine à l’extrémité. — Orry et son fils. — La reine d’Espagne, pour ses derniers sacrements, congédie son confesseur jésuite et prend un dominicain. — Sa mort. — Retraite du roi d’Espagne chez le duc de Medina-Celi. — Deuil de la reine d’Espagne. — Conférences de Rastadt barbouillées. — Contade à la cour. — [Conférences] renouées. — Malhabileté de Villars. — La paix signée à Rastadt. — Contade en apporte la nouvelle. — Mort, caractère, maison, famille du duc de Foix. — Mort de Mme de Miossens ; son caractère. — Bâtards d’Albret expliqués. — Maréchal d’Albret ; sa fortune. — Mort et dépouille de Montpéroux. — Mort du Charmel. — Dureté du roi. — Mort et caractère de la maréchale de La Ferté et de sa sœur la comtesse d’Olonne. — Le roi donne au prince Charles douze mille livres de rentes en fonds ; voit en particulier l’électeur de Bavière ; donne les grandes entrées au maréchal de Villars, et à son fils la survivance de son gouvernement de Provence. — Villars, du Luc et Saint-Contest, ambassadeurs plénipotentiaires à Bade. — Époque de la première prétention des conseillers d’État de ne céder qu’aux gens titrés. — Six mille livres de pension à Saint-Contest. — Villars, chevalier de le Toison d’or, fait donner trois mille livres de pension au comte de Choiseul, son beau-frère. — Abbé de Gamaches auditeur de rote ; son caractère. — Maréchal de Chamilly fait donner à son neveu son commandement de la Rochelle, etc.
Chapitre v. — Le roi tête à tête avec le chancelier, qui lui rapporte le procès d’entre M. de La Rochefoucauld et moi, m’adjuge toute préséance. — Mort de Saint-Chamant. — Tessé demandé par l’Espagne pour le siège de Barcelone. — Berwick choisi et Ducasse pour y mener une escadre. — Souveraineté manquée de la princesse des Ursins. — Palais qu’elle se prépare près d’Amboise, et ce qu’il devient. — Décadence de la princesse des Ursins dans l’esprit du roi et de Mme de Maintenon. — Princesse des Ursins gouvernante des infants. — Ses mesures pour se glisser en la place de la feue reine. — Générosité de Robinet, jésuite, confesseur du roi d’Espagne. — Princesse des Ursins se hâte de faire le mariage du roi d’Espagne avec la princesse de Parme ; ses raisons. — Situation du marquis de Brancas en Espagne. — Raisons qui le déterminent à demander d’aller passer quinze jours à Versailles ; il l’obtient. — Alarme de la princesse des Ursins. — Elle dépêche brusquement le cardinal del Giudice en France. — Brancas court après et le devance. — Quel étoit Giudice. — Brancas à Marly. — Giudice après lui avec son neveu Cellamare. — Caractère del Giudice. — Mort et caractère de la chancelière de Pontchartrain. — Mort de la reine douairière de Danemark. — Mort et caractère de l’évêque de Senlis. — Chamillart obtient un logement à Versailles. — Mort et caractère de Mme Voysin. — Caractère de Mme Desmarets. — Mort de Zurbeck. — Mort du président Le Bailleul, dont le fils obtient la charge. — Leur caractère.
Chapitre vi. — Mariage du fils du marquis du Châtelet avec la fille du duc de Richelieu ; [il obtient] la survivance de Vincennes. — Publication et réjouissances de la paix. — Contade grand’croix surnuméraire de Saint-Louis. — Marly. — Giudice bien traité du roi. — Ducasse malade. — Chalois mandé de l’armée à Madrid. — Ronquillo et d’autres exilés. — Bergheyck se retire tout à fait des affaires ; son éloge. — Réforme de troupes. — Électeur de Bavière à la chasse à Marly. — M. le duc de Berry malade et empoisonné. — Mort de M. le duc de Berry ; son caractère. — Quel avec sa famille. — M. [le duc] et Mme la duchesse de Berry ; comment ensemble. — Ordres du roi. — Le corps de M. le duc de Berry très promptement porté à Paris aux Tuileries. — Deuil drapé de six mois. — Le roi ne veut point de révérences, de manteaux, de mantes, de harangues ni de compliments. — État du roi. — Sa visite à Mme la duchesse de Berry. — M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans fort touchés. — Raisons particulières à M. le duc d’Orléans. — Mme de Maintenon et duc du Maine. — Duchesse du Maine. — Évêques usurpent pour la première fois, en gardant, fauteuils et carreaux. — Eau bénite. — Comte de Charolois et duc de Fronsac conduisent le cœur au Val-de-Grâce. — M. le Duc et le duc de La Trémoille conduisent le corps à Saint-Denis. — Fils et petits-fils de France tendent seuls chez le roi. — Précautions chez Mme la duchesse de Berry, qui font quelques aventures risibles.
Chapitre vii. — Le roi voit en particulier le cardinal del Giudice, tous deux avec surprise ; et peu après l’électeur de Bavière. — Mort de La Taste : sa femme. — Mort du duc de Guastalla. — Cardinal de Bouillon à Rome. — Mort, naissance et caractère de la maréchale d’Estrées douairière. — Congrès de Bade. — Camps de paix. — Nesle quitte le service ; en est puni. — Succession de M. le duc de Berry. — Deux cent mille livres d’augmentation de pension à Mme la duchesse de Berry. — Canal de Mardick. — Trente mille livres d’augmentation de pension à Ragotzy, et quarante mille livres de pension à distribuer dans son parti. — Survivances des gouvernements du duc de Beauvilliers à son gendre et à son frère. — Mort et caractère de la duchesse de Lorges. — Des Forts conseiller d’État. — Mort et caractère de Saint-Georges, archevêque de Lyon. — Mort de Matignon, évêque de Lisieux. — Petite sédition à Lyon ; le maréchal de Villeroy y va. — Chalois à Paris ; Giudice à Marly. — Le roi, à qui il échappe un mot inintelligible sur la princesse des Ursins, résout entièrement sa perte. — L’Espagne signe la paix sans plus parler de souveraineté pour la princesse des Ursins. — Soixante-huit bataillons françois avec Berwick pour le siège de Barcelone. — Giudice, puis Chalois, voient le roi en particulier. — Ducasse, malade, revient ; remplacé par Bellefontaine. — Mort de Menager ; son caractère. — Duchesse de Berry blessée d’une fille. — Mme de Saint-Simon, par méprise du roi, la conduit à Saint-Denis, et le cœur au Val-de-Grâce. — Mort de la première électrice d’Hanovre. — Mort, naissance, famille et caractère de la duchesse de Bouillon. — Mariage de La Mothe avec Mlle de La Roche-Courbon ; et d’une fille du marquis de Châtillon avec Bacqueville. — Mariage de Creuilly avec une Spinola. — Giudice établi à Marly. — Berwick part pour faire le siège de Barcelone. — Chalois donne part particulière au roi du mariage du roi d’Espagne avec la princesse de Parme. — Giudice voit aussitôt après le roi en particulier. — Retraite de Bergheyck ; il arrive d’Espagne, vient à Marly.
Chapitre viii. — Retraite du chancelier de Pontchartrain. — Voysin chancelier, et conserve sa place de secrétaire d’État. — M. du Maine. — Mot plaisant et salé de M. de Lauzun. — Électeur de Bavière deux fois à Marly. — Roi Stanislas aux Deux-Ponts. — Arrivée de la flotte des Indes au Port-Louis. — Trois mille livres d’augmentation de pension à Mme de Saint-Géran. — Le fils de Fagon intendant des finances. — Mariage de Brassac avec la fille du feu maréchal de Tourville. — Reine de Pologne veuve de Jean Sobieski ; causes de sa haine pour la France, de son séjour à Rome, de sa retraite à Blois. — Égalité de rois du cardinal Mazarin. — Reine de Pologne, médiocrement reçue, ne veut aucune réception ; va droit à Blois, sans pouvoir approcher de la cour ni de Paris. — Service de M. le duc de Berry à Saint-Denis. — Prince de Dombes y fait le troisième deuil. — Tranchée ouverte devant Barcelone, 12 juillet. — Maisons président à mortier ; sa femme ; leur famille, leur caractère, leur conduite, leur situation, leurs vues. — Désir de Maisons de lier avec moi ; comment il y réussit. — Première entrevue de Maisons avec moi fort singulière. — Notre commerce s’établit. — Maisons me fait aller de Marly le trouver. — Il m’apprend que les bâtards et leur postérité sont devenus princes du sang en plein, et capables de succéder à la couronne. — Scène singulière chez Maisons. — La nouvelle se publie à Marly, effet qu’elle y produit. — Mon compliment aux bâtards. — Comte de Toulouse. — Cause secrète de la conservation de la place de secrétaire d’État au nouveau chancelier.
Chapitre ix. — Degrés rapides qui, du plus profond non-être, portent à la capacité de porter à la couronne, par droit de naissance, la postérité sortie du double adultère du roi et de Mme de Montespan. — Adresse de la réception de César, duc de Vendôme, au parlement. — Traversement du parquet par les princes du sang ; son époque. — Réflexions. — Position de l’esprit du roi sur ses bâtards paroît bien peu égale.
Chapitre x. — Prostitution du maréchal d’Huxelles. — Embarras de Maisons. — Enregistrement de l’édit. — Bâtards traités en princes du sang au parlement. — Grand présent du roi à Mme la duchesse de Berry. — Électeur de Bavière et Peterborough à Marly. — Promenades nocturnes au Cours à la mode. — Mort de Mme de Vaudemont ; son caractère. — Mort de la marquise de Béthune-Harcourt. — Mort de Virville. — Mort de l’abbé de Clérembault. — Sourches cède à son fils la charge de grand prévôt. — Actions devant Barcelone. — Marlborough retourne en Angleterre. — Mort de la reine Anne. — L’électeur d’Hanovre proclamé. — Routes profondes par lesquelles le duc du Maine parvient à l’état, nom et tout droit de prince du sang, et au testament du roi. — Fortes paroles du roi au duc du Maine.
Chapitre xi. — Testament du roi. — Ses paroles en le remettant au premier président et au procureur général pour être déposé au parlement. — Paroles du roi à la reine d’Angleterre sur son testament. — Lieu et précautions du dépôt du testament du roi. — Édit remarquable sur le testament. — Consternation générale sur le testament, et ses causes. — Duc d’Orléans ; sa conduite sur le testament. — Dernière marque de l’amitié et de la confiance du roi pour le duc de Beauvilliers, et de celles du duc pour moi. — Mort du duc de Beauvilliers. — Sa maison ; sa famille. — Son caractère et son éloge. — Époque et nature de la charge de chef du conseil royal des finances, que le duc de Beauvilliers accepte difficilement. — Malin compliment du comte de Grammont au duc de Saint-Aignan.
Chapitre xii. — Duc de Beauvilliers ; quel sur le cardinal de Noailles, Rome, Saint-Sulpice, les jésuites. — Mesures futures pour l’archevêque de Cambrai. — Ambition de ce prélat. — Grandeur d’âme et de vertu du duc de Beauvilliers. — Comparaison des ducs de Chevreuse et de Beauvilliers. — Mot plaisant et vrai du chancelier de Pontchartrain. — Caractère de la duchesse de Beauvilliers. — Fortune et conduite des Saumery. — Épreuve et action de vertu héroïque de la duchesse de Beauvilliers. — Mort de la duchesse de Beauvilliers en 1733.
Chapitre xiii. — Ma situation à la cour. — Conduite étrange de Desmarets. — Brutalité avec moi, qui lui est fatale. — Maréchal de Villeroy chef du conseil royal des finances. — Son fils archevêque de Lyon. — Continuation de ma situation à la cour. — Macañas ; quel. — Cardinal del Giudice fait fonction à Marly de grand inquisiteur d’Espagne ; choque les deux rois ; est rappelé ; donne part publique du mariage du roi d’Espagne ; part à grand regret ; se morfond longtemps à Bayonne avec défense de passer outre. — Moyens en Espagne contre les entreprises de Rome. — Repentir inutile de la princesse des Ursins du mariage de Parme. — Mariage à Parme de la reine d’Espagne, qui part pour l’Espagne ; sa suite. — Mariage du fils du prince de Rohan avec la fille de la princesse d’Espinoy. — Mariage du comte de Roye avec la fille d’Huguet, conseiller au parlement. — Voyage de Fontainebleau par Petit-Bourg. — Le roi de fort mauvaise humeur. — Électeur de Bavière à Fontainebleau. — Amusements du roi redoublés et inusités chez Mme de Maintenon. — Paix de l’empire et de l’empereur signée à Bade. — Le roi d’Angleterre donne part au roi de son avènement à cette couronne, passe en Angleterre et y fait un entier changement. — Maréchal de Villeroy arrive à Fontainebleau ; est fait ministre. — Ministres ne prêtent point de serment. — Ineptie parfaite du maréchal. — Retour du maréchal de Villars. — Duc de Mortemart apporte au roi la nouvelle de l’assaut général de Barcelone, qui se rend à discrétion avec Mont-Joui et Cardone. — La Catalogne soumise. — Broglio, gendre de Voysin, apporte le détail de la prise de Barcelone. — Vues et conduite domestique du roi de Pologne, qui fait voyager son fils incognito. — Il arrive à Paris et à la cour ; très-bien reçu. — Ce qu’on en trouve. — Ses conducteurs. — Sa conversion secrète. — Électeur de Bavière voit le roi en particulier et retourne à Compiègne.
Chapitre xiv. — Mort et famille de Mme de Bullion ; son caractère. — Mort et caractère de Sézanne ; sa famille. — Mort et caractère du bailli de La Vieuville et de la comtesse de Vienne. — Le bailli de Mesmes lui succède et ne le remplace pas dans l’ambassade de Malte. — Mort, caractère, famille, testament de la marquise de Saint-Nectaire. — La reine d’Espagne débarque à Monaco et va par terre en Espagne. — Sa dot. — Sa réception incognito. — Béthune, premier gentilhomme de la chambre de M. le duc de Berry en année à sa mort, reporte sa Toison en Espagne, et l’obtient. — Le duc de Saint-Aignan porte un médiocre présent du roi à la reine d’Espagne à son passage. — Chalois grand d’Espagne avec exclusion d’en avoir en France le rang et les honneurs. — Prince de Rohan et prince d’Espinoy ducs et pairs. — Manéges qui les font. — Ruse orgueilleuse du prince de Rohan. — L’autre prend le nom de duc de Melun. — Voyage et retour de Sicile de son nouveau roi. — Maffei ; ses emplois ; son caractère. — Retour de Fontainebleau par Petit-Bourg ; le roi chagrin pendant le voyage. — Embarras sur la constitution. — Amelot envoyé à Rome pour la tenue d’un concile national en France. — P. Tellier me propose d’être commissaire du roi au concile ; son ignorance ; surprise de mon refus. — Mort singulière de Brûlart, évêque de Soissons ; son caractère. — Mort de M. de Saint-Louis retiré à la Trappe. — Avary ambassadeur en Suisse. — Comte du Luc ambassadeur à Vienne et conseiller d’État d’épée. — L’impératrice couronnée reine de Hongrie à Presbourg. — Électeurs de Cologne et de Bavière voient le roi à Marly. — Saumery fils envoyé du roi près l’électeur de Bavière. — Pompadour et d’Alègre vainement ambassadeurs en Espagne et en Angleterre. — Retour du duc de Berwick avec une épée de diamants donnée par le roi d’Espagne. — Taxe du prix des régiments d’infanterie. — Pension de dix milles livres au prince de Montbazon. — Cent cinquante mille livres d’augmentation de brevets de retenue sur ses charges à Torcy. — Dix mille écus à Amelot pour son voyage. — Procès d’impuissance intenté au marquis de Gesvres par sa femme ; accommodé. — M. le duc d’Orléans se trouve assez mal. — Grand témoignage du roi sur moi. — Apophtegme du roi sur M. le duc d’Orléans.
Chapitre xv. — Le roi de Suède arrivé de Turquie à Stralsund. — Croissy ambassadeur vers lui. — Entrevue des deux reines d’Espagne. — Maison de la régnante. — Duc de Saint-Aignan l’y joint et l’accompagne à Madrid. — Mort d’Alex. Sobieski à Rome. — Van Holl, riche financier ; ce que devient son fils. — Mort de la comtesse de Brionne. — Mort de Jarnac ; son caractère. — Mort, extraction, famille, fortune, caractère du cardinal d’Estrées. — Bon mot de l’abbé de la Victoire. — Distractions. — Cardinal d’Estrées se démettant de l’évêché de Laon, cardinal depuis dix ans, obtient le premier un brevet de continuation du rang et des honneurs de duc et pair. — Trait de l’évêque-comte de Noyon au festin de la réception au parlement de l’évêque-duc de Laon chez le cardinal d’Estrées. — Trait du cardinal d’Estrées pour se délivrer de ses gens d’affaires. — Bon mot du cardinal d’Estrées. — Projet constant et suivi des jésuites d’établir l’inquisition en France. — Mariage du fils de Goesbriant avec la fille du marquis de Châtillon. — Prince électoral de Saxe au lever du roi. — Bergheyck prend congé pour sa retraite. — Électeur de Bavière voit le roi en particulier. — Albergotti de retour d’Italie. — Divers envoyés nommés. — Bissy abbé de Saint-Germain des prés. — Rohan et Melun reçus ducs et pairs, Melun avec dispense et condition. — Folies de Sceaux. — Inquiétude du duc du Maine ; mot plaisant qui lui échappe là-dessus. — Noir dessein du duc du Maine. — Digression nécessaire en raccourci sur la dignité de pair de France, et sur le parlement de Paris et autres parlements.
Chapitre xvi. — Origine et nature de la monarchie française, et de ses trois états. — Son gouvernement. — Champs de mars, puis de mai. — Pairs de France sous divers noms, les mêmes en tout pour la dignité et les fonctions nécessaires, depuis la fondation de la monarchie. — Pairs de fief ; leurs fonctions. — Hauts barons ; leur origine, leur usage, leur différence essentielle des pairs de France. — Changement du service par l’abolition de celui de fief et l’établissement de la milice stipendiée. — Origine des anoblissements. — Capitulaires de nos rois. — Légistes ; quels ; leur usage ; leurs progrès. — Conseillers ; origine de ce nom. — Parlements ; origine de ce nom. — Progrès du parlement. — Multiplication des magistrats et de cours ou tribunaux de justice. — Sièges hauts et bas de grand’chambre des parlements. — Parité, quant à la dignité de pairs de France et ce qui en dépend, de ceux d’aujourd’hui avec ceux de tous les temps. — Noms donnés aux pairs par nos rois de tous les âges. — Pairie est apanage, témoin Uzès. — Réversibilité à la couronne. — Apanage ; ce que c’est. — Ducs vérifiés ; Bar. — Ducs non vérifiés. — Officiers de la couronne. — Ducs non vérifiés en compétence continuelle avec les officiers de la couronne.
Chapitre xvii. — Parlement de Paris et les autres sur son modèle. — Leur origine ; leur nature ; d’où nommés parlements. — Récapitulation abrégée. — Ancien gouvernement. — Légistes. — Conseillers ; d’où ce nom. — Légistes devenus juges. — Origine et monument des hauts et bas sièges. — Parlement, par quels degrés prend la forme présente. — Pairs seuls des nobles conservent voix et séance au parlement toutes fois qu’ils veulent en user. — Préséance des pairs en tous parlements ; y entrent seuls de nobles avant le roi lorsqu’il y vient, et pourquoi. — Le chancelier seul des officiers de la couronne aux bas sièges aux lits de justice, et n’y parle au roi qu’à genoux, seul d’entre eux non traité par le roi de cousin, et seul de la robe parle et y opine assis et couvert. — Pourquoi toutes ces choses. — Origine de la présidence et de sa prétention de représenter le roi. — Séance des présidents en tout temps à gauche de celle des pairs. — Origine de l’enregistrement des édits, etc., aux parlements ; d’y juger les causes majeures, etc., et du titre de cour des pairs affecté par celui de Paris. — Nécessité de la mention de la présence des pairs aux arrêts des causes majeures et aux enregistrements des sanctions. — Origine de la prétention des parlements d’ajouter par les enregistrements un pouvoir nécessaire. — Origine des remontrances, bonnes d’abord, tournées après en abus. — Entreprises de la cour de Rome réprimées par le parlement ; ne lui donnent aucun droit de se mêler d’autres affaires d’État ni de gouvernement. — Parlement uniquement compétent que du contentieux entre particuliers ; l’avoue solennellement sur la régence de Mme de Beaujeu. — Cour des pairs en tout lieu où le roi les assemble. — Enregistrements des traités de paix faits au parlement uniquement pour raison purement judicielle. — Régence de Marie de Médicis est la première qui se soit faite au parlement, et pourquoi. — Époque de sa prétention de se mêler des affaires d’État et de cette chimère de tuteurs des rois, qui les ont continuellement réprimés à tous ces égards. — Précautions de Louis XIII à sa mort aussi admirables qu’inutiles, et pourquoi. — Régence d’Anne d’Autriche ; pourquoi passée au parlement. — Avantages dangereux que la compagnie en usurpe, que Louis XIV réprime durement depuis. — Régence de M. le duc d’Orléans au parlement se traitera en son temps. — Duc de Guise qui fait tout pour envahir la couronne, est le premier seigneur qui se fait marguillier, et pour plaire au parlement, laisse ajouter à son serment de pair le terme de conseiller de cour souveraine. — Dessein du parlement dès lors à l’égard des pairs. — Le terme de conseiller de cour souveraine ôté enfin pour toujours du serment des pairs. — Nécessité d’exposer un ennuyeux détail. — Ordre et formes de l’entrée et de la sortie de séance aux bas sièges. — Présidents usurpent nettement la préséance sur les princes du sang et les pairs à la sortie de la séance des bas sièges. — Ordre et formes d’entrer et de sortir de la séance des hauts sièges. — Séance, aux lits de justice, des pairs en haut qui opinent assis et couverts, et les officiers de la couronne aussi ; des présidents et autres magistrats en bas, qui opinent découverts et à genoux, et du chancelier en bas, qui ne parle au roi qu’à genoux, parce qu’il est légiste, mais opine et prononce assis et couvert, parce qu’il est officier de la couronne. — Présidents usurpent d’opiner entre la reine régente et le roi ; sont remis à opiner après le dernier officier de la couronne en 1664 ; ce qui a toujours subsisté depuis. — Changement par entreprise et surprise de la réception des pairs, des hauts sièges où elle se faisoit, aux bas sièges où elle est demeurée depuis 1643. — Contraste de l’état originel des légistes dans les parlements avec leurs usurpations postérieures. — Efforts et dépit des présidents en 1664 et depuis. — Novion, premier président, ôté de la place pour ses friponneries, jaloux de l’élévation des Gesvres.
Chapitre xviii. — Les deux Novion, Harlay et Mesmes premiers présidents ; quels. — Affaire du bonnet. — Les princes du sang et les pairs cessent de suivre les présidents à la sortie de la séance des bas sièges. — Nouvelle forme pour les princes du sang et deux autres successives pour les pairs. — Huissiers d’accompagnement. — Nouveautés à cet égard et usurpations des présidents. — Orgueil des présidents à l’égard des princes du sang. — Nouvelle usurpation d’huissier très indécente. — Princes du sang et pairs exclus de la tournelle par la ruse et l’innovation des présidents. — Conseiller usurpe de couper la séance des pairs, sans toutefois marcher ni opiner parmi eux. — Nouvelle usurpation manquée. — Pairs ont partout à la grand’chambre la droite très nettement sur les présidents. — Distinction et préférence du barreau de la cheminée sur l’autre. — Usurpation aussi singulière qu’indécente du débourrage et surbourrage des places près le coin du roi. — Nouvelle usurpation aux bas sièges d’un couvercle sur le banc des présidents. — Saluts. — Origine de la séance du grand chambellan sur les marches du trône au lit de justice. — Nouveauté, en 1715, du passage des princes du sang par le petit degré du roi pour monter à sa suite aux hauts sièges, au lit de justice. — Siège unique du chancelier, et du garde des sceaux en son absence, aux Te Deum et au lit de justice ; en ce dernier comment couvert. — Pairs ecclésiastiques rétablis en leur préséance sur les cardinaux au parlement, le roi présent ou absent, par la décision de Louis XIV, qui n’a point été enfreinte. — Vaine tentative et honteuse du cardinal Dubois. — Nouveauté, indifférente et consentie pour commodité, de la séance des officiers de la couronne au-dessous des pairs ecclésiastiques, au lieu d’au-dessous des pairs laïques, au premier lit de justice de Louis XV, qui subsiste depuis. — Choix donné des deux côtés au duc de Coislin, évêque de Metz ; pourquoi il préfère le droit.
Chapitre xix. — Courte récapitulation. — État premier des légistes. — Second état des légistes. — Troisième état des légistes. — Quatrième état des légistes. — Cinquième état des légistes. — Sixième état des légistes. — Septième état des légistes devenus magistrats. — Parlements et autres tribunaux. — Légistes devenus magistrats ne changent point de nature. — Origine du nom de cour des pairs arrogé à soi par le parlement de Paris. — Origine des enregistrements. — Incroyables abus. — Fausse mais utile équivoque du nom de parlement ; sa protection ; son démêlement. — Anciens parlements de France. — Parlements d’Angleterre. — Moderne chimère du parlement de se prétendre le premier corps de l’État, réfutée. — Époque du tiers état. — Parlement uniquement cour de justice pour la rendre aux particuliers, incompétent des choses majeures et des publiques. — Parlement ne parle au roi, et dans son plus grand lustre, que découvert et à genoux comme tiers état. — Inhérence de la partie de légiste jusque dans le chancelier. — Jamais magistrat du parlement ni d’ailleurs, député aux états généraux, ne l’a été que pour le tiers état, quand même il seroit d’extraction noble. — Exemples d’assemblées où la justice a fait un corps à part, jamais en égalité avec l’Église ni la noblesse, et jamais aux états généraux jusqu’aux derniers inclus de 1614. — Absurdité de la représentation ou de l’abrégé des états généraux dans le parlement. — Court parallèle du conseil avec le parlement. — Conclusion de toute la longue digression.
Chapitre xx. — M. du Maine, devenu prince du sang, me dit un mot du bonnet, que je laisse tomber. — M. du Maine, sans qu’on pût s’y attendre, s’offre sur l’affaire du bonnet, dont il n’étoit pas question, et, à force d’art et d’avances, jette les ducs dans le danger du refus ou de l’acceptation. — Il répond du roi, du premier président et du parlement. — On accepte, et pourquoi, mais malgré soi, les offres du duc du Maine. — M. du Maine répond des princes du sang et de Mme la Princesse. — Merveilles du premier président aux ducs de Noailles et d’Aumont. — Le roi parle le premier à d’Antin du bonnet. — Échappatoire préparée. — M. du Maine exige un court mémoire au roi. — Précautions extrêmes sur ce mémoire. — M. le duc d’Orléans me donne sa parole positive, et Mme la Duchesse aux ducs de La Rochefoucauld, Villeroy et d’Antin, d’être en tout favorables aux ducs sur le bonnet, et la tiennent exactement et parfaitement. — Précédentes avances sur le bonnet à moi et à d’autres ducs froidement reçues, et de plus en plus redoublées par le duc du Maine jusqu’à l’engagement forcé de l’affaire. — Premier président à Marly, tout changé, y reçoit la recommandation de M. le duc d’Orléans et le mémoire du roi, qui lui parle favorablement. — État du premier président sur le mémoire, contre parole et vérité, de propos délibéré. –Il fait longtemps le malade. — Premier président visité des ducs de Noailles et d’Antin, leur propose, en équivalent du bonnet, de suivre les présidents entrant et sortant de séance. — Divers points singulièrement discutés, sans que les deux ducs eussent compté de parler de quoi que ce fût au premier président, lesquels rejettent cette suite et tout équivalent du bonnet. — Inquiétude des présidents. –Personnage de Maisons ; son extraction. — Ruse de Novion qui dévoue Maisons aux présidents. — Dîner engagé chez d’Antin, à Paris, avec le premier président ; convives. — Le roi y envoie les seigneurs de son service ; s’en passe pour la première fois de sa vie ; est servi par Souvré, maître de la garde-robe, et cela se répète trois fois ; les deux dernières sans repas, simples conférences. — Tout sans succès. Premier président manque malhonnêtement au dîner. — Maisons s’y trouve, sa conduite ; se relie plus que jamais au duc et à la duchesse du Maine, dont il étoit mécontent.
Chapitre xxi. — Duc d’Aumont essaye de me tonneler sur la suite des présidents. — Délais sans fin du premier président. — Il est mandé à Marly, et pressé par le roi très favorablement pour les ducs ; sort furieux. — Impudence de ses plaintes et des propos qu’il faisoit semer. — Cause de son dépit. — Maisons mène d’Aligre au duc et à la duchesse du Maine demander grâce pour le parlement. — Efforts de Maisons à me persuader, et à quelques autres, la suite des présidents. — Le roi cru de moitié avec le duc du Maine. — Raisons de ne le pas croire. — Opinion du roi du duc du Maine. — Profondeurs du duc du Maine. — Embarras du premier président. — Manèges qui font durer l’affaire. — Noires impostures du premier président au roi contre les ducs, à qui le roi les fait rendre aussitôt. — Éclat sans mesure contre le premier président. — Premier président se plaint au roi du duc de Tresmes dont il a peu de contentement. — Affront fait au premier président de Novion, par le duc d’Aumont, dans la chambre du roi, tout près de lui, dont il ne fut rien. — Double embarras du duc du Maine avec le premier président, avec les ducs, engage les ducs, et toujours malgré eux, à une conférence à Sceaux avec la duchesse du Maine seule. — Personnage étrange du duc d’Aumont. — Conférence à Sceaux entre la duchesse du Maine et les ducs de La Force et d’Aumont. — Propositions énormes de la duchesse du Maine. — Monstrueuses paroles de la duchesse du Maine, qui terminent la conférence. — Exactitude du récit de la conférence de Sceaux. — Le duc du Maine introduit Mme la Princesse, dont il avoit nommément répondu, et finit l’affaire du bonnet, en le laissant comme il était. — Évidence du jeu du duc du Maine. — Je visite le duc du Maine et lui tiens les plus durs propos. — Réflexion sur le péril de former des monstres de grandeur. — Réflexion sur le bonnet. — Présidents ne représentent point le roi au parlement. Les pairs y ont sur eux la droite, etc., tant aux hauts sièges qu’aux bas sièges. — Comparaison du chancelier, qui se découvre au conseil pour prendre l’avis des ducs, et du premier président. — Étrange pension donnée au premier président.
Chapitre xxii. — Année 1715. — Grillo vient faire au roi les remercîments de la reine d’Espagne. — Trois cent mille livres de brevet de retenue au duc de Bouillon sur son gouvernement d’Auvergne. — Trois mille livres de pension à Arpajon ; six mille à Celi, intendant à Pau. — Électeur de Bavière à Versailles. — Électeur de Cologne y prend congé du roi et retourne dans ses États. — Mariage du prince héréditaire de Hesse-Cassel avec la sœur du roi de Suède. — Mort de la princesse d’Isenghien (Pot), sans enfants. — Mort ; caractère et famille du comte de Grignan ; sa dépouille. — Mort et caractère du maréchal de Chamilly ; sa dépouille. — Caractère, vie, conduite et mort de Fénelon, archevêque de Cambrai. – Menées de Fleury, évêque de Fréjus, pour être précepteur de Louis XV. — Origine de la haine implacable et de la persécution sans bornes ni mesure de Fleury, évêque de Fréjus, depuis cardinal et maître du royaume, contre le P. Quesnel et les jansénistes. — La Parisière, évêque de Nîmes, Zopyre du P. Tellier. — Son invention ultramontaine ; sa misérable mort. — Mort et caractère de l’abbé de Lyonne et d’Henriot, évêque de Boulogne. — Gesvres, archevêque de Bourges, obtient la nomination au cardinalat des deux rois de Pologne, Stanislas et l’électeur de Saxe. — Languet fait évêque de Soissons, et quelques autres bénéfices donnés. — Mort et caractère de la duchesse de Nevers. — Infructueuse malice de M. le Prince.



NOTES
I. Morceau inédit de Saint-Simon relatif à l’Académie française. 455
II. Lettre de Richelieu mourant à Mazarin. 456
III. Terres distribuées aux leudes francs après la conquête. 457
IV. Assemblées des Francs, dites champs de mars et champs de mai. 458
V.
Lits de justice. Origine du nom. Cérémonial des lits de justice. Toutes les séances royales en parlement n’étaient pas lits de justice. Séance royale pour la condamnation du prince de Condé en 1654
460
VI. Louis XIV au parlement, en 1655. 464
VII. Épices. 468


FIN DE LA TABLE DES CHAPITRES




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