Utilisateur:Wuyouyuan/model-l

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Créer cette impression a été le but qu’ont voulu atteindre les organisateurs du complot judéo allemand. Ils ont obtenu le résultat qu’ils désiraient, mais ce résultat, au point de vue de la destruction de la France, que les Juifs se proposent, n’a pas été aussi considérable qu’ils auraient pu l’espérer.

Il convient, je crois, de serrer la question de près et d’imiter le médecin qui, sans rien cacher des symptômes alarmants, indique également les symptômes rassurants.

Il n’y a pas de pays où l’on trouverait des êtres assez crapuleux pour aider volontairement, comme les Brisson et les Waldeck, à l’abaissement de l’armée qui défend la Patrie. Il n’y a pas un pays non plus qui serait en état de supporter, comme la France l’a fait, la crise affreuse que nous traversons depuis deux ans.

En réalité, la façon dont la France a résisté à la campagne forcenée que la Juiverie a déchaînée sur nous est le plus éclatant et le plus magnifique hommage qui puisse être rendu à la conscience avec laquelle nos officiers ont rempli ieur devoir.

Depuis 1871, des millions d’hommes ont passé par la caserne. Beaucoup d’entre eux n’avaient aucun goût, mais bien plutôt une antipathie instinctive, pour le métier militaire qui était contraire à leurs habitudes et à leur nature d’esprit. Ces hommes sont des Français de la fin du xixe siècle, c’est-à-dire des citoyens indépendants que le respect n’étouffe pas, des lecteurs de journaux. Pendant les périodes d’exercice, ils ont été dérangés dans leurs intérêts et quelques-uns, sans nul doute, ont eu de la peine à se plier aux exigences d’une discipline qui contraste avec la liberté de la vie actuelle.

Si les officiers avaient été arrogants, injustes, amoureux de leurs aises, s’ils n’avaient pas donné à leurs soldats l’exemple du dévouement et de l’acceptation de toutes les fatigues, la campagne contre l’armée entreprise avec d’aussi effroyables moyens aurait trouvé partout des adhérents.

Or, il est indéniable que le cri de Vive l’armée ! est le cri populaire, le cri populaire dans la France entière et à Paris même où l’on est plus indépendant, moins docile, plus indiscipliné que partout ailleurs.


Vous avez là-dessus le témoignage, véritablement monstrueux d’ailleurs, dans son cynisme, de cet André, le commissaire de police qui a déposé dans le procès Christiani. Ce malheureux a osé dire en plein tribunal : « On criait Vive l’armée ! d’une façon abominable » sans que le président, plus ignoble encore que le commissaire, ait eu la pudeur de répondre à ce témoin extraordinaire :

« C’est votre déposition qui est abominable ; il n’y a rien d’abominable à crier Vive l’armée !

Allez dans n’importe quel quartier de Paris ou dans n’importe quelle ville de France crier : Vive l'armée ! Dès que vous ne vous heurterez pas à une bande organisée par la Sûreté ou par la Juiverie, tout le monde reprendra : Vive l'armée !

Rien n’est plus concluant sous ce rapport que ce qui s’est passé à Longchamp où, par une ironie véritablement énorme, il a fallu pour empêcher le cri de Vive l’armée ! qui est, paraît-il, une offense mortelle pour Loubet, mobiliser une véritable armée.

Il est clair, je le répète, que si tous ceux qui ont passé par l’armée depuis trente ans, n’y avaient vu que des abus, ils ne crieraient pas de si bon cœur Vive l'Armée ! au moment où, grâce à la complicité de gouvernants qui sont des traîtres, on les convie, on les encourage, on les provoque à l’aide de toutes les excitations par la parole, par la plume, par le crayon, à crier A bas l’armée !

Il y a là, encore une fois, un symptôme très rassurant, comme une sorte de mobilisation des âmes, une manière de plébiscite en faveur de nos officiers.

L’Empereur d’Allemagne a l’âme vile, car on ne s’allie pas à la Juiverie pour bouleverser un pays, avec lequel on n’est pas en guerre, à propos d’un espion. Il passe, cependant, pour intelligent et certainement, il aura dû être frappé de cette épreuve préparatoire qui lui a montré quel était, vis-à-vis de nos officiers, le sentiment de la nation française.

Il est manifeste, néanmoins, qu’après la crise qu’elle vient de traverser, la France, au point de vue militaire, n’est point dans cette période d’enthousiasme et d’élan qui rend les peuples redoutables. Elle n’est point absolument abattue, sans doute, mais elle est visiblement détendue et peu confiante en elle-même.

Le fait s’explique aisément.

Pendant le règne de Louis-Philippe, la France vécut sur les souvenirs de la prodigieuse épopée impériale.

La guerre de Crimée et surtout la guerre d’Italie furent, au point de vue politique, des conceptions parfaitement déraisonnables. Ces campagnes terminées par des victoires ne nous en avaient pas moins donné un nouveau patrimoine de gloire, c’est-à-dire un nouveau fonds de confiance et d’espoir sur lequel nous avons vécu jusqu’aux dernières heures de ce siècle, même après les désastres de l’Année Terrible.

Il n’en est plus tout à fait de même aujourd’hui. Près de trente ans de paix, c’est long pour une nation qui fut pendant des siècles une nation militaire. Pour que l’ardeur du patriotisme, la poésie du drapeau survivent, il a fallu l’effort de tous les braves gens, la coalition presque unanime de tous les écrivains, Zola, bien entendu, excepté. Il a fallu que l’on magnifie le moindre épisode de la guerre de 1870, qu’on maintienne, un peu artificiellement, l’âme française à un certain diapason.

C’est par cette action sur l’opinion que Déroulède fut vraiment grand. Toujours vibrant, toujours éloquent, indifférent à toutes les railleries, il parlait superbement de la Patrie sans s’inquiéter de savoir si sa parole trouvait toujours un écho aussi profond qu’il l’eût désiré. Grâce à ce pieux artifice, on a grandi, surfait, gonflé un peu des hommes comme Jamont, comme Négrier, comme Boisdeffre, qui, sans doute, étaient de bons généraux, mais dont la personnalité un peu mince n’avait pas les proportions qu’on leur prêtait avec une patriotique complaisance.

Dans l’assaut furieux que la Juiverie cosmopolite a donné à l’armée, ces chefs, il faut bien le reconnaître, n’ont pas été brillants ; ils n’ont pas justifié la situation un peu exceptionnelle que l’on avait faite à des hommes qui n’étaient pas auréolés par la Victoire.

En ce qui les concerne, ils n’ont su faire preuve, devant de si ignominieuses attaques, ni d’énergie, ni de volonté, ni d’initiative ; ils ont apparu un peu comme ces mandarins militaires chinois dont le costume est orné d’emblèmes terrifiants, mais qui, dans l’Empire du Milieu, ont une place tout à fait effacée derrière les mandarins administratifs ou les lettrés qui savent les 5.000 mots dont est composé le dictionnaire chinois.

Ces chefs, qui n’ont rien voulu sacrifier des avantages que leur procurait leur rang dans la hiérarchie, n’ont usé de l’autorité que leur conférait leur grade que pour menacer de toutes les rigueurs les jeunes officiers qui frémissaient sous tant d’outrages et qui trouvaient raide tout de même de se laisser insulter sans répit et sans trêve par les stipendiés d’Israël.

C’est donc enregistrer purement et simplement un fait social que de constater que l’armée française a subi en pleine paix une diminution morale plus considérable que celle que lui aurait causée une défaite glorieuse ; c’est elle qui sort humiliée de cette campagne.

Il nous reste à examiner comment cette campagne a été organisée, et la signification exacte de l’attitude nettement hostile à la France que la Juiverie a prise dans cette circonstance…


II


L’AFFAIRE ET L’EUROPE


Quelle est la signification exacte de la campagne frénétique organisée par la Juiverie du monde entier pour affoler la France, déshonorer l’armée française et nous mettre ainsi hors d’état de jouer un rôle en Europe ?

Cette campagne signifie tout simplement que l’ensemble des intérêts qui composent la Juiverie a pris parti contre la France, tend à la destruction de la France, trouve avantageux que la France cesse d’être une grande Puissance européenne.

Il me semble bien inutile dans ces articles, qui sont écrits à un point de vue philosophique et social, de se livrer à ce sujet à de puériles indignations et à des déclamations vaines. Si les circonstances voulaient que je fusse investi d’une autorité qui me permît de sauver mon pays, je confierais les grands Juifs et leurs complices à une cour martiale qui les ferait fusiller. Mais, dans le domaine théorique et spéculatif, je trouve assez naturel et assez logique que les Juifs fassent ce qu’ils font. Penser autrement serait tomber dans la manie ordinaire aux Français qui se trouvent si aimables qu’ils s’imaginent que tout le monde doit les aimer.


Les Juifs avaient jadis une nationalité, ils l’ont perdue par leurs divisions et leur manque absolu de tout instinct de hiérarchie et d’ordre. Grâce à leur génie de conspirateurs et de trafiquants, ils se sont reconstitué un Pouvoir d’argent qui est formidable, non point seulement par la force propre que possède l’argent, mais parce que les Juifs ont surbaissé ou détruit les autres Pouvoirs pour que le leur restât seul debout, parce qu’ils ont modelé, façonné, pétri une société où l’Argent est le véritable maître de tout.

Cette Puissance d’argent, comme toutes les puissances, s’inspire uniquement de ses propres intérêts ; elle se porte dans le sens qui lui paraît le plus profitable. Au moment de la Révolution, elle a été pour nous ; elle a appuyé ensuite Bonaparte ; en 1815, elle était nettement contre lui, et, au moment de Waterloo, elle a combattu avec Rothschild aussi énergiquement que Wellington.

Elle était pour le second Empire, au début, et elle était contre lui à la fin. Elle travaillait pour l’Allemagne, elle subventionnait les journaux républicains de la nuance Ferry comme elle subventionne aujourd’hui les journaux internationalistes et anarchistes ; elle préparait notre écrasement comme elle le prépare aujourd’hui.

Après nos désastres, cette Puissance s’est remise avec nous. Elle nous a donné une apparence ou une illusion de relèvement et de prospérité par le mouvement financier, et elle en a profité pour faire de la France une proie sur laquelle se sont rués tous les Juifs du monde entier. Les financiers ont raflé nos économies ; les autres ont envahi les places, les grandes situations mondaines, et se sont partagés les honneurs et les décorations.

Aujiourd’hui les Juifs pensent qu’il n’y a plus rien a tirer de nous, en dehors peut-être des derniers hochets honorifiques de l’Exposition. Ils savent que nos caisses sont vides, que la Caisse d’épargne serait incapable de rembourser les milliards qu’on lui a confiés ; ils connaissent la profondeur du gouffre que cache le décor imposteur de nos budgets ; ils se préparent à liquider la France comme on a liquidé l’Espagne.

Si les Antisémites n’arrivent pas à sauver la France par les moyens qu’a employés Danton, la liquidation se fera très rapidement en deux temps quatre mouvements.

Jamais l’heure ne fut plus grave, en effet nous allons assister, nous assistons déjà, à un nouveau partage du monde. La question était de savoir si nous interviendrions dans ce partage ou si nous en serions exclus. Au moment où a été conclue l’Alliance russe, il était décidé que nous en serions ; aujourd’hui on ne voit plus la nécessité de nous faire notre part.

Le vrai but de la campagne organisée par les Juifs, pour lesquels Dreyfus n’a jamais été qu’un prétexte, a été de détruire la force ou l’apparence de force que nous donnait une armée qui, il y a quelques années, semblait vraiment être un élément avec lequel l’Europe devait compter.

Un gouvernement autocratique comme celui du Tzar avait dû passer par dessus bien des préjugés et bien des préventions pour se rapprocher d’un gouvernement aussi instable et aussi bizarre que le nôtre. Ce qui avait décidé le Tzar ce n’était évidemment pas la sympathie que lui inspiraient nos politiciens, c’était cette masse encore imposante et solide qu’était l’armée française, il y a trois ans à peine. Les Juifs ont dit à la Russie :

« Vous croyez à cela ? Vous êtes naïfs. Nous allons faire un consortium, ajouter quelques millions à ceux que nous donnera l’Allemagne, rassembler, grouper et confédérer tous les écumeurs de la Presse, tous les non lieu, tous les véreux et tous les tarés du Panama et des Chemins de fer du Sud. Vous verrez après cela ce qu’il restera de cette armée.

« Tous les jours vous pourrez lire dans les journaux, en caractères énormes, qu’il faut envoyer au bagne le général Mercier qui a poussé l’audace jusqu’à faire arrêter un Juif infâme qui avait livré les secrets militaires de la France à l’Allemagne. Quant à Boisdeffre, celui qu’on croyait devoir jouer le rôle de de Moltke, le grand chef de l’état-major, le général qui a mis son nom au bas de la convention militaire franco-russe, il disparaîtra piteusement sans même essayer de se défendre devant une poignée de misérables qui auraient tous été rejoindre Baïhaut à Mazas si Loubet n’avait pas commis une véritable forfaiture en cachant la liste des Panamistes à la justice. Pour ce fait, d’ailleurs, Loubet fut flétri à l’unanimité par la Chambre avant d’être acclamé par elle après avoir été hué à Auteuil par le peuple de Paris. »

Les Juifs ont fait ce qu’ils avaient annoncé, et il faut reconnaître qu’ils ont procédé à cette destruction morale de l’armée française avec une virtuosité sans égale.


Ceci vous explique que nos rivaux, nos alliés ou les alliés que nous aurions pu avoir, aient jugé à propos de nous laisser nous dépêtrer de l’affaire Dreyfus et qu’ils aient préféré employer leur temps à se nantir vigoureusement.

L’Angleterre s’est taillé un empire qui va d’Alexandrie au Cap. Elle nous a signifié que nous n’avions plus rien à faire dans cette Égypte que nous avions ressuscitée à la vie de la civilisation, fécondée par notre activité et nos capitaux.

La Russie s’est créée un empire asiatique au moins aussi formidable : elle s’est annexée la Mandchourie et elle a occupé Port-Arthur.

L’Amérique s’est affirmée comme nation conquérante : elle prendra, quand elle le voudra, celles de nos colonies qui pourront être à sa convenance, comme elle a pris Cuba, et elle dira à M. Cambon :

« Au lieu de protester, vous avez été assez gentil pour négocier le traité qui a consacré la prise de possession de Cuba, et vos journaux ont été assez snobs pour représenter comme un hommage rendu à la France votre incompréhensible intervention dans le dépouillement d’une nation latine. Vous ne pouvez mieux faire que de continuer en ce qui concerne vos possessions à vous. »

Quant à l’Allemagne, elle attend l'évènement que toute l’Europe escompte déjà et auquel M. Deschanel a été le seul à faire allusion dans un discours de rentrée à la Chambre : la mort de l’Empereur d’Autriche qui sera le signal de la dissolution de l’empire austro-hongrois et qui amènera le retour assez naturel des provinces allemandes à l’empire d’Allemagne.


Sans doute, tous ces gens d’un formidable appétit trouvent que l’appétit de leur voisin n’est pas mince, mais ils finiront par s’arranger entre eux, par arbitrer aux dépens des nations faibles les différends qu’ils pourraient avoir.

Quant à nous, que voulez-vous que nous fassions ?… Quand il a raconté son histoire de Fachoda, Delcassé a été plus applaudi par la Chambre que s’il avait déposé sur la tribune les drapeaux de Sedan où de Metz reconquis sur l’ennemi.

Un député modeste, dont le nom ne me revient pas, obtint aussi un vif succès. Il avait annoncé qu’il interpellerait là-dessus ; il annonça qu’il renonçait à son interpellation et on lui sut gré de ne pas avoir usé du droit qu’il avait d’attrister le monde en évoquant des images pénibles. Il n’eut pas le triomphe comme Delcassé, il eut ce qu’on appelait à Rome le petit Triomphe, c’est-à-dire l’Ovation, ainsi nommé parce qu’au lieu de sacrifier des bœufs on sacrifiait seulement des brebis, oves.

Ce fut véritablement touchant. Chacun semblait dire à cet homme de bonne compagnie : « Voilà un homme qui pourrait nous faire de la peine et qui s’abstient, qu’il soit loué ! »

C’est comme cela. Rien ne pourrait traduire l’accent pas méchant, mais plutôt paternel et affectueux, avec lequel M. Deschanel me dit, quand je vins à prononcer le nom de Fachoda : « Monsieur Drumont, vous froissez le sentiment de la Chambre ! ».

C’était moins un président qui intervenait qu’un maître de maison bien élevé qui aurait vu la conversation s’engager sur des sujets affligeants pour la société et qui aurait dit : « Si nous parlions d’autre chose ? »

Si la situation est déjà ce qu’elle est à l’heure présente, que sera-ce lorsque des nations comme l’Angleterre et l’Allemagne auront atteint leur maximum de développement, seront devenues véritablement énormes ? Ce serait folie de penser même à lutter contre elles avec une marine confiée à ce Lanessan qu’on a appelé le Chevalier de la haute industrie, avec une armée où les Juifs seront absolument les maîtres ; lorsque l’acquittement de Dreyfus aura prouvé que la trahison est un commerce licite, lorsque Picquart, nettoyé, restauré et promu aura repris sa place à l’état-major.

C’est alors que les Puissances regarderont la France avec les yeux luisant de convoitises. qu’eurent l’Autriche, la Russie et la Prusse en regardant la malheureuse Pologne.

Dans les pays où règne une anthropophagie organisée, on ne se précipite pas d’une manière désordonnée sur la viande humaine. Chacun vient à son tour et marque au crayon sur la peau des victimes les morceaux sur lesquels il a fixé son choix ; on abat quand tout est retenu. Il en fut ainsi pour la Pologne. Dieu veuille qu’il n’en soit pas de même pour la France !


Remarquez que toutes ces perspectives et toutes ces éventualités sont, depuis longtemps, dans le domaine de la discussion courante pour ceux qui suivent attentivement le mouvement de ce siècle qui n’a pris que dans ces dernières années la physionomie qu’il aura dans l’histoire. Il finit, en effet, tout autrement qu’il n’a commencé. Après avoir été, en naissant, l’apothéose de la Force, il s’achève dans l’apothéose de l’Argent ! Il a eu deux maîtres : Napoléon, au début ; Rothschild, personnification de la Conquête juive, au déclin.

On comprend mieux la France juive qu’on ne la comprenait au moment où elle a paru (1886) on ne la comprendra complètement que dans quelques années. On y trouve à chaque pas, en effet, des notations que les événements se sont chargés de mettre en valeur comme le temps donne leur relief exact à des détails d’architecture perdus dans l’éclat criard d’un monument trop neuf.

Dès 1875, un Juif un peu oublié aujourd’dhui, mais qui alors était presque célèbre et qui était, en tout cas, un esprit très intéressant et très curieux, Alexandre Weill, m’expliquait que la France devait subir le sort de la Pologne et qu’il serait bon, dans l’intérêt supérieur de l’Humanité, que les Français, dispersés et sans patrie comme les Polonais, aillent répandre à travers le monde des vérités d’ordre général sur la civilisation et le progrès.

Alexandre Weill, qui est mort tout récemment, était déjà très âgé à cette époque. C’était un vieux Nabi qui avait des lueurs de prophétisme et de génie. Il avait une peur terrible de l’Antisémitisme français, qui, alors, n’existait qu’à l’état latent dans le cerveau d’un écrivain qui attendait son heure et dans le cœur de milliers d’êtres qui attendaient qu’un écrivain qu’ils ne connaissaient pas parlât pour eux.

Alexandre Weill habitait à cette époque, à l’entrée du faubourg Saint-Honoré, fit il s’en allait vers midi promener sous les arcades, libres alors, qui s’étendaient sous le Garde-meuble et le ministère de la Marine, des petits chiens blancs frisés, qui étaient habitués, paraît-il, à ne descendre qu’à une certaine heure.

J’ai toujours été désireux de m’instruire et, en revenant de mon journal, j’échangeais quelques idées avec lui. Devant cette place tragique je pensais que ce n’était peut-être pas la peine d’avoir coupé le cou au descendant de quarante rois pour être gouvernés par les Rothschild qui occupent, à quelques pas de là, l’hôtel de l’Infantado, et pour s’entendre dire que la France finirait comme la Pologne, par un vieux Juif qui promenait des petits chiens blancs frisés.

C’est ainsi, qu’à mon insu même, l’œuvre libératrice germait peu à peu dans mon cœur.