Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/I

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I
I.

Iéna (pont d’).

Situé entre les quais Billy et d’Orsay.

« Loi du 27 mars 1806. — Art. 1er. Il sera construit un pont sur la Seine vis-à-vis de l’École-Militaire. — Art. 2. Une taxe semblable à celle statuée par la loi du 24 ventôse an IX sera établie sur ce pont. — Art. 3. La perception de cette taxe pourra être concédée aux particuliers qui fourniraient tout ou partie des fonds nécessaires pour la construction du pont. — Art. 4. Les conditions de la concession et la durée de la perception seront déterminées par un règlement d’administration publique. — Art. 5. Si la construction du pont nécessite des achats, des démolitions de maisons, les propriétaires seront tenus de les céder au prix d’estimation et à la charge du paiement préalable, et en observant les conditions prescrites par les lois pour les cas d’aliénation pour cause d’utilité publique. »

« Au palais de Varsovie, le 13 janvier 1807. Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Art. 1er. Le pont construit sur la Seine en face le Champ-de-Mars s’appellera pont d’Iéna, etc. Signé Napoléon. » La célèbre bataille d’Iéna avait été gagnée le 14 octobre 1806, sur les Prussiens.

« Toulouse, le 27 juillet 1808. Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Art. 1er. Le pont d’Iéna en cinq arches de pierre, avec piles et culées en maçonnerie, les ouvrages accessoires, quais, chemin de halage et rampes aux abords de ce pont, seront exécutés conformément aux projets rédigés le 18 mars dernier, par le sieur Lamandé, ingénieur en chef des ponts et chaussées, chargé spécialement de cette construction, et aux modifications indiquées par l’avis du conseil général des ponts et chaussées du 15 juin suivant, notamment celle qui substitue des arches en pierre à celles en fer, le tout sauf néanmoins une longueur de 200 m. de quai en aval dont la construction sera ajournée jusqu’à nouvel ordre, etc. Signé Napoléon. » Le devis des travaux de construction fut arrêté en 1809 à la somme de 6,175,128 fr. 75 c. Le pont d’Iéna a été terminé en 1813. Il est formé de cinq arches égales de 28 m. d’ouverture dont la courbe directrice est une portion de cercle de 3 m. 30 c. de flèche. La largeur des piles au niveau des naissances est de 3 m., et l’épaisseur de chaque culée de 15 m. La largeur d’une tête à l’autre est de 14 m. La longueur totale est de 140 m. Les demi-piles projetées d’abord en avant de chaque culée ont été supprimées et remplacées par des corps carrés au-dessus desquels s’élèvent des piédestaux destinés à porter des statues équestres.

En 1814, époque de nos revers, l’armée prussienne voulut détruire ce pont. Des ouvriers commandés par un officier, commencèrent à miner la partie inférieure des piles. Les procédés employés exigèrent heureusement un temps assez long pendant lequel Louis XVIII protesta contre ce vandalisme. Le pont fut sauvé, mais, en vertu d’une ordonnance royale du mois de juillet 1814, il dut prendre la dénomination de pont des Invalides. Depuis 1830, on lui a rendu le nom d’Iéna.

Iéna (rue d’).

Commence au quai d’Orsay, no 41 ; finit à la rue de Grenelle, no 150. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par l’esplanade des Invalides ; le dernier pair est 34. Sa longueur est de 519 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. En 1806, on lui donna le nom de rue d’Iéna (voyez l’article précédent). L’alignement approuvé par le ministre de l’intérieur Cretet, le 19 septembre 1807, ne fait subir qu’un faible retranchement aux maisons nos 16, 18 et 20. Toutes les autres constructions sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Imprimerie royale.

Située dans la rue Vieille-du-Temple, no 89. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

L’origine de l’imprimerie royale ne remonte pas au règne de François Ier, ainsi que l’ont avancé plusieurs historiens. Cette fondation ne date que du ministère du duc de Luynes. Le 2 février 1620, Louis XIII rendit l’ordonnance qui constitua le premier privilège des imprimeurs royaux. On lit dans cet acte que les sieurs Nurel et Mettayer, imprimeurs ordinaires du roi, pourront seuls imprimer les édits, ordonnances, règlements, déclarations, etc. Richelieu devenu premier ministre en 1621 s’empara de cette belle création et sut lui donner plus tard de grands développements. L’imprimerie royale fut définitivement organisée en 1642. Sur la présentation du cardinal, Sublet des Noyers reçut le titre d’intendant, Trichet-Dufrène fut nommé correcteur, et Sébastien Cramoisy, imprimeur. On consacra pour ainsi dire ce bel établissement en commençant ses travaux par l’impression de l’Imitation de Jésus-Christ. D’abord établie au Louvre, l’imprimerie royale fut transférée à l’hôtel de Toulouse (aujourd’hui la Banque de France). Un décret du 6 mars 1809 affecta à l’imprimerie royale une partie de l’hôtel de Soubise. Cette dépendance était appelée Palais-Cardinal, en raison d’Armand Gaston, cardinal de Rohan, qui en avait ordonné la construction en 1712. En fondant l’imprimerie royale, la pensée des rois avait pour but de créer cet établissement dans l’intérêt des lettres, et non pour l’utilité des services publics. Cette imprimerie n’avait alors qu’un petit nombre de travaux pour le compte de l’État, et son directeur n’était qu’une espèce d’entrepreneur à qui on livrait un matériel précieux et unique en lui imposant certaines charges. La famille Anisson Duperron, en possession du privilège depuis 1691, employa tous les moyens pour centraliser dans cet établissement toutes les impressions affectées aux services publics.

Un arrêt du 22 mai 1775 réunit à l’imprimerie royale celle qui avait été formée dès 1683 dans l’Hôtel de la Guerre à Versailles, chargée d’imprimer les différents ouvrages relatifs aux départements de la Guerre et de la Marine. Un autre arrêt du conseil, de 1789, y réunit aussi l’imprimerie dite du cabinet, à Versailles. L’Assemblée Constituante conserva l’administration générale de l’imprimerie, mais ne poursuivit pas l’idée d’y réunir toutes les impressions des services publics. La Convention sut réaliser complètement cette idée et constitua, en 1795, l’imprimerie de la république, qu’elle destina à tous les besoins du gouvernement. Le 22 mai 1804, l’imprimerie de la république prit le titre d’imprimerie impériale. Un décret du 24 mars 1809 modifia son organisation, et lui donna plus d’unité. Cette imprimerie resta exclusivement chargée des impressions du ministère, du service de la maison impériale, de celui du conseil d’état, et de l’impression du Bulletin des lois. La restauration, préférant les idées de l’ancienne monarchie, déclara, dans une ordonnance du 28 décembre 1814, que l’imprimerie royale cesserait d’être régie aux frais de l’état. Un directeur dut prendre pour son compte cette administration. Il gardait, en qualité d’usufruitier, les poinçons et tout le matériel de l’administration. Des plaintes nombreuses s’élevèrent contre un pareil état de choses, et une ordonnance royale de 1823 réorganisa l’imprimerie sur le pied où elle est encore aujourd’hui. Après la révolution de juillet, quelques réformateurs imprudents demandèrent la suppression de l’imprimerie, sous prétexte qu’elle était inutile, dispendieuse ou nuisible à l’intérêt privé. Une commission fut nommée ; après un examen approfondi, elle fut d’avis de conserver cette belle institution : — L’administration de l’imprimerie royale est confiée à un fonctionnaire qui porte le titre de directeur. Cinq employés supérieurs dirigent sous ses ordres les diverses parties du service. Ce sont les chefs de la typographie, du Bulletin des lois et des travaux accessoires, du service intérieur, de la comptabilité et du contrôle. Ces employés sont désignés par le garde-des-sceaux. Le directeur est nommé par le roi, entre les mains duquel il prête serment. Le budget des dépenses de l’imprimerie royale a été, pour l’exercice de 1837, de 1 971 200 francs. Les recettes effectives sont évaluées à 2 050 000 francs. L’imprimerie royale occupe 125 presses ordinaires et deux presses mécaniques mues par la vapeur. Elle emploie à son exploitation environ 456 000 kilogrammes de caractères, et conserve annuellement dans sa réserve 5 à 6 000 formes composées dans toutes les dimensions, pour les besoins instantanés des administrations financières. Son cabinet de poinçons possède, pour la typographie étrangère : 1o quarante caractères ou alphabets différents, chacun sur plusieurs corps (on en compte 92), et formant ensemble 9 386 poinçons et 13 632 matrices ; 2o deux corps de chinois gravés anciennement et formant 126 590 groupes en bois ; 3o un autre corps de chinois exécuté d’après un nouveau système, au moyen duquel on pourra avec 5 ou 6 000 groupes en représenter 60 000 ; chacun de ces groupes étant formé de signes mobiles qui peuvent se décomposer selon les exigences de la langue chinoise. Le nombre des poinçons de ce caractère gravé jusqu’à ce jour, est de 5 547. On grave en ce moment deux nouveaux corps de géorgien, un caractère guzarati et l’on frappe deux nouveaux corps de caractères hébreux. La typographie étrangère vient en outre d’être augmentée de neuf corps, nouvelle gravure, de caractères allemands. La typographie française se compose de cinquante-sept corps de caractères romains, dont seize de nouvelle gravure. Les caractères de l’imprimerie royale ont été en grande partie renouvelés dans ces dernières années. La valeur du matériel de l’imprimerie royale était estimée, au 31 décembre 1836, à 1 544 714 fr. 75 cent., dont environ 280 000 francs pour les poinçons, 200 000 francs pour les papiers en magasin, et 300 000 francs pour le dépôt du Bulletin des lois et autres ouvrages. Les caractères sont évalués seulement à 531 624 francs 67 cent., à raison de 1 fr. 20 cent. le kilogramme, ce qui ne représente que la valeur brute. Quant à l’immeuble affecté au service de l’imprimerie royale, le tableau officiel des propriétés mobilières appartenant à l’État l’évalue à 1 038 000 fr.

Incurables-Femmes (hospice des).

Situé dans la rue de Sèvres, no 55. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

En 1632, Marguerite Rouillé, épouse d’un conseiller au Châtelet, donna à l’Hôtel-Dieu plusieurs terrains et bâtiments situés à Chaillot, sous la condition qu’il y serait fondé un hôpital pour les pauvres gens des deux sexes, atteints de maladies incurables. Cet établissement devait porter le titre de Pauvres incurables de Sainte-Marguerite. Vers la même époque, Jean Goullet, prêtre, avait légué une somme considérable pour la création d’un hôpital qui devait avoir une destination à peu près semblable. Le cardinal de La Rochefoucauld résolut de faire exécuter ce legs, en l’augmentant de ses propres deniers. Il acheta de l’Hôtel-Dieu plusieurs terrains d’une grande étendue, et bordant le chemin de Sèvres au-delà des petites-maisons. Marguerite Rouillé, sur les instances de ce prélat, consentit à transférer en cet endroit la pieuse fondation qu’elle avait entreprise à Chaillot. Les constructions furent commencées ; puis, en 1637, des lettres-patentes confirmèrent cet établissement. L’Hospice des incurables ne contenait alors que 36 lits. Ce nombre s’accrut progressivement. Avant la révolution, il était de 400 ; en 1790 on en comptait 441. Les incurables-hommes furent transférés en 1802 au faubourg Saint-Martin, dans l’emplacement occupé autrefois par les religieux récollets. Depuis cette époque, l’établissement qui nous occupe est spécialement destiné aux femmes, dont le nombre s’élève aujourd’hui à 500. En 1842, la mortalité a été de 1 sur 8/70 ; la dépense s’est élevée à 217 580 fr.

Incurables-Hommes (hospice des).

Situé dans la rue du Faubourg-Saint-Martin, no 150. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Cet hospice ayant été établi dans les bâtiments occupés par les Récollets, nous donnons ici l’historique de cette communauté religieuse. — La congrégation des Récollets (Recollecti, recueillis) fut fondée en Espagne dans le courant de l’année 1496, par un cordelier qui désirait faire revivre l’austérité primitive de la règle de Saint-François. En 1600, plusieurs religieux de cet ordre vinrent à Paris chercher un établissement convenable. Le 4 décembre 1603, les époux Cottard leur donnèrent une vaste maison située au faubourg Saint-Martin. Par lettres-patentes du 6 janvier suivant, Henri IV leur accorda l’autorisation nécessaire, et les religieux firent alors construire une petite chapelle ; bientôt Marie de Médicis leur facilita les moyens d’élever une église spacieuse, qui fut dédiée le 30 août 1614, sous le vocable de l’Annonciation de la Sainte-Vierge. Plus tard, les bâtiments du monastère furent reconstruits par la munificence du surintendant Bullion et du chancelier Séguier. L’établissement des Récollets, confirmé par lettres-patentes du mois de mars 1688, fut supprimé en 1790. En 1802, on y transféra les Incurables-Hommes, qui occupaient en commun avec les femmes la maison de la rue de Sèvres. Cet établissement renferme 500 vieillards pauvres et indigents atteints de maladies graves ou incurables. En 1842, la mortalité a été de 1 sur 7/97 ; la dépense, de 195 846 fr. 60 c.

Industrie (passage de l’).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, no 43 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 42. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Ce passage a été construit en 1827. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Industrie-Française (bazar de l’).

Commence à la rue Montmartre, no 180 ; finit au boulevart Poissonnière, no 27. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Commencé en 1827, ce bazar a été inauguré le 15 avril 1829. On y vend de la quincaillerie et des ustensiles de ménage.

Innocents (marché des).

Limité par les rues de la Lingerie, de la Ferronnerie, Saint-Denis et du Charnier-des-Innocents. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Ce marché a été formé sur l’emplacement de l’église et du cimetière des Saints-Innocents. Plusieurs historiens, parmi lesquels nous citons Dubreuil et Malingre, prétendent que la fondation de cette église est due à Philippe-Auguste, « qui employa pour sa construction une partie de l’argent qu’il tira de la vente des biens confisqués sur les Juifs. Le roi voulait y placer le corps de saint Richard, qui avait souffert le martyre à Pontoise. » Mais plusieurs diplômes des années 1159 et 1178, mentionnant expressément cette église, cette fondation remonterait au règne de Louis-le-Jeune, qui avait, disent les chroniqueurs, une dévotion particulière pour les Saints-Innocents, ou comme il les désignait, pour les saints de Bethléem. Si Philippe-Auguste n’est point le fondateur de cette église, il est certain du moins qu’il la fit rebâtir ou agrandir, et qu’il employa effectivement à cette pieuse destination une partie des biens dont il avait dépouillé les Juifs. Le corps de saint Richard y fut inhumé peu d’années après cette reconstruction. Ces reliques étaient en si grande vénération dans le moyen-âge, que les Anglais, devenus maîtres de Paris, firent exhumer le corps du saint, le transportèrent dans leur île, ne laissant que la tête dans cette église. Les bâtiments furent réparés à diverses époques, comme semblaient l’indiquer les différences très apparentes de ses parties. Ce fut après une de ces réparations, qu’en 1445, Denis Dumoulin, évêque de Paris, en fit la dédicace. L’histoire nous apprend que Louis XI portait un intérêt tout particulier l’église des Innocents. Il fit don à la fabrique de plusieurs droits de voirie, dont le produit servit à l’entretien de six enfants de chœur. Ce qu’on retira de ces droits, ainsi que de la location de plusieurs échoppes dans la rue de la Ferronnerie, se trouva excéder la somme nécessaire à cette fondation ; le surplus fut employé à établir et entretenir une musique qui se fit entendre jusqu’à la démolition de l’église. Louis XI y laissa encore d’autres traces de sa libéralité. Il fit élever à Alix la Burgotte, récluse des Innocents, un tombeau de marbre supporté par quatre lions en cuivre. On lisait l’inscription suivante sur ce mausolée :

En ce lieu gist sœur Alix la Burgotte,
A son vivant récluse très dévotte.
Rendue à Dieu femme de bonne vie
En cet hostel voulut être asservie,

Où a régné humblement et longtemps
Et demeuré bien quarante et six ans,
En servant Dieu augmentée en renom
Le roi Loys, onsièsme de ce nom,
Considérant sa très grande préfecture,
A fait élever icy sa sépulture.
Elle trépassa céans en son séjour,
Le dimanche vingt-neuvième jour,
Mois de juin mil quatre cent soixante et six,
Le doux Jésus la mette en paradis.

Amen !

Cette récluse avait pour demeure une espèce de cellule étroite où le jour et l’air ne pénétraient que par deux meurtrières grillées, dont l’une ouvrait sur la voie publique et servait à la récluse pour recevoir ses aliments, et l’autre, pratiquée dans l’église même, lui permettait de prendre part aux cérémonies religieuses. Il y eut aussi des récluses volontaires ou forcées dans les autres églises de Paris. Parmi ces dernières était Renée de Vendomois, femme noble, adultère, voleuse, qui fit assassiner son mari, Marguerite de Barthélemi, seigneur de Souldai. Le roi, en 1485, lui fit grâce de la vie, et le parlement la condamna à demeurer perpétuellement récluse et emmurée au cimetière des Saints-innocents à Paris, en une petite maison qui lui sera faicte à ses dépens et des premiers deniers venans de ses biens, joignant l’église, ainsi que anciennement elle estoit. À côté de cette église, se trouvait un cimetière dont l’origine remonte à la plus haute antiquité. On sait que les premiers chrétiens, à l’exemple des Romains, n’ensevelissaient pas leurs morts dans les villes. Ils élevaient les tombeaux au milieu des champs, ou sur le bord des grandes routes. Les rois, les princes, les grands de l’église, avaient seuls le privilège d’être inhumés dans la crypte des basiliques. Le cimetière des Innocents, réservé ensuite aux seuls paroissiens de Saint-Germain-l’Auxerrois, servit plus tard aux autres paroisses qui furent séparées de cette église. Après l’établissement des halles, ce cimetière fut perpétuellement traversé pendant le jour par une population commerçante. Les animaux séjournaient dans la partie la moins fréquentée et déterraient les cadavres ; les voleurs s’y cachaient la nuit et pillaient les imprudents qui s’y risquaient. Philippe-Auguste, en 1186, fit cesser le scandale et entoura le cimetière d’une clôture en pierre. Dans la suite on construisit autour de cette muraille une galerie voûtée appelée les Charniers. C’est là qu’on enterrait ceux que la fortune séparait encore du commun des morts. Cette galerie sombre, humide, malsaine, servait de passage aux piétons ; elle était pavée de tombeaux, tapissée de monuments funèbres et bordée d’étroites boutiques de modes, de lingerie, de mercerie et de bureaux d’écrivains publics. Elle avait été construite par le maréchal de Boucicaut et Nicolas Flamel. Cette galerie occupait une partie de la largeur actuelle de la rue de la Ferronnerie, et de ce côté était peinte la fameuse danse Macabre ou danse des morts. Cette danse offrait une série de tableaux représentant la mort qui frappe indifféremment toutes les classes de la société, et qui entraîne avec elle dans son branle terrible tous les âges et toutes les conditions. C’était une consolation bien grande pour l’homme du peuple, accablé de souffrances et de misère, de voir ce grand niveleur jeter au favori de la fortune ces leçons ironiques et de sentir qu’il exposait aux grands de la terre l’avertissement de leur commune destinée. On a dit que ce ne fut point la peinture qui la première conçut la pensée d’une danse bizarre dans laquelle la mort se faisait successivement la partenaire de tout être humain, elle n’aurait fait en cela que reproduire des mascarades en usage au XIVe siècle. Selon d’autres écrivains, la peinture de la danse macabre était une traduction fidèle représentant par des images les poèmes d’un troubadour appelé Macabrus, dont le nom serait ainsi resté à ses inventions fantastiques. L’immense mortalité qui désola les XIVe et XVe siècles développa sans doute cette idée du poète qui fut accueillie par le peuple, dont elle caressait si agréablement les instincts d’égalité absolue. Ces compositions, qui dans le principe n’avaient été destinées qu’à la décoration des lieux funèbres, ne tardèrent point à prendre une telle extension, qu’on les retrouva bientôt dans les marchés, dans tous les lieux publics les plus fréquentés et jusque dans les palais des rois. La miniature les reproduisit sur les marges des heures et des missels, et dans le XVIe siècle, elles ornaient les gardes des épées et les fourreaux des poignards. Sur les tombes qui tapissaient les charniers des Innocents, on lisait plusieurs épitaphes ; on remarquait celle-ci :

Cy gist Yollande Bailly,
Qui trépassa l’an 1514, la 82e année de son âge
Et la 42e de son veuvage laquelle a vit ou a pu voir
Deux cent quatre-vingt-treize enfants issus d’elle.

Parmi les morts illustres enterrés dans le cimetière ou dans ces charniers, on distinguait les tombes de Jean le Boullanger, premier président au parlement ; Nicolas le Fêvre, habile critique, et François Eudes de Mézerai, célèbre historiographe de France. Le cimetière des Innocents, situé dans un quartier populeux et au centre de Paris, compromettait depuis longtemps la santé publique.

« Arrêt du conseil, 9 novembre 1785. Le roy s’étant fait représenter en son conseil le plan des halles de la ville de Paris, sa majesté a reconnu que malgré les changements et démolitions par elle précédemment ordonnés, pour en augmenter l’étendue, le terrain sur lequel elles sont situées ne présente pas encore un espace suffisant pour y placer le marché aux herbes et légumes qui se déposent journellement dans les rues adjacentes, notamment dans les rues Saint-Denis et de la Ferronnerie où elles occasionnent un engagement considérable et quelquefois dangereux ; sa majesté, toujours attentive à ce qui peut être utile aux habitants de sa bonne ville de Paris, a déterminé de transférer le marché aux herbes et légumes dans le terrain connu sous le nom de cimetière des Saints-Innocents, déclaré domanial par arrêt du 25 octobre 1785. Ce terrain a paru d’autant plus convenable à cette destination, que se trouvant à la proximité des halles dont il formera la continuation, il procurera aux habitants l’avantage de trouver réunies dans un même arrondissement, les denrées nécessaires à leur consommation. À quoi voulant pourvoir ; ouï le rapport. Le roy étant en son conseil, a ordonné et ordonne que le marché aux herbes et légumes qui se tient actuellement tous les matins dans les rues Saint-Denis et de la Féronnerie d’autres adjacentes, sera transféré et établi sur le terrain qui formait ci-devant le cimetière des Saints-Innocents ; après néanmoins que toutes les formalités et conditions prescrites par les lois canoniques et civiles, pour autoriser sa nouvelle destination, auront été remplies et que le dit terrain aura été disposé conformément aux plans qui ont été adoptés pour que le d. marché y soit établi de la manière la plus commode pour le public. Signé Hue de Miroménil et de Calonne.» (Archives du royaume, section administrative, registre E, no 2613). En 1786 l’église et les charniers des Innocents furent démolis ; on enleva les ossements et plusieurs pieds de terrain de ce cimetière, qu’on transporta hors de la barrière Saint-Jacques, dans les carrières voisines de la maison dite de la Tombe-Issoire. Toutes les constructions hideuses disparurent pour faire place à un établissement d’une grande utilité publique, le sol fut renouvelé, exhaussé, pavé. En 1813, on construisit autour de ce marché des galeries en bois où les marchands sont abrités. Le matin on vend en gros les denrées qui sont débitées en détail dans le cours de la journée.

Le marché des Innocents a été cédé à la ville de Paris, en vertu d’un décret impérial du 30 janvier 1811.

La perception du prix des places dans cet établissement a produit, en 1840, une somme de 68 320 fr. 80 c.

À l’angle formé par la rencontre des rues aux Fers et Saint-Denis, on voyait une jolie fontaine adossée à l’église des Innocents. Cette belle construction était due aux talents réunis de Pierre Lescot et de Jean Goujon. Lors de la démolition de l’église, on chercha les moyens de conserver ce précieux monument de la sculpture du XVIe siècle. Un ingénieur nommé Six proposa d’ériger une fontaine au centre du marché des Innocents, et de conserver pour la construction tous les éléments reproduits dans le gracieux monument de la rue aux Fers. Sa proposition fut heureusement adoptée ; on démolit d’abord, ou plutôt on détacha lentement et avec précision toutes les parties qui formaient la décoration de cette fontaine. Mais les deux faces de la décoration ancienne étaient insuffisantes pour orner les quatre côtés de la nouvelle fontaine, il fallait y suppléer par de nouveaux pilastres, de nouveaux bas-reliefs, ajouter, et c’était là le plus difficile, aux cinq figures de Naïades exécutées avec tant de grâce, par Jean Goujon, trois autres Naïades dans le même style. Voici de quelle manière on opéra : les pierres des deux faces anciennes furent employées à la construction des quatre faces, on les mêla alternativement avec des pierres nouvelles et toutes préparées, on donna aux unes et aux autres une teinte générale qui détruisit la différence de leur couleur. Par cet amalgame de pierres, par cette teinte commune qu’elles reçurent, l’ensemble du monument fut en harmonie parfaite avec ses anciennes parties, et son architecture conserva son caractère primitif, sans qu’on pût apercevoir aucun des nouveaux raccords. Les trois Naïades ajoutées sont dues à M. Sajou. L’artiste n’a pu leur donner cette beauté pleine de grâces et de naïveté qui distingue les compositions de Jean Goujon. Les sieurs L’Huillier, Mezières et Danjon ont exécuté les ornements et bas-reliefs qui restaient à faire. Cette fontaine est la plus jolie, la plus coquette de toutes celles qui décorent la capitale.

Innocents (passage du charnier des).

Commence à la rue Saint-Denis ; finit à la rue de la Lingerie, no 2. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

La formation de ce passage, qui doit son nom au Charnier des Innocents, a été autorisée en vertu de l’arrêt du conseil du 18 octobre 1669, dont nous avons donné un extrait à l’article de la rue de la Ferronnerie. Le grand bâtiment sous lequel se trouve ce passage appartenait, en 1789, au chapitre de Notre-Dame. Devenu propriété nationale, il fut vendu en 1791 avec l’obligation suivante commune à tous les acquéreurs : « L’adjudicataire sera tenu de contribuer pour un septième à l’entretien du grand passage de 4 pieds de largeur, régnant dans toute la longueur de la masse totale du bâtiment situé le long de la rue de la Ferronnerie et du marché des Innocents. Il sera aussi tenu de le laisser libre et ouvert au public tout le temps du jour qu’il est d’usage et de contribuer également pour un septième à l’entretien du pavé, dans toute sa longueur, ainsi qu’à celui des quatre grilles qui le ferment aux deux extrémités et sur le grand passage du milieu de la masse totale dudit bâtiment. »

Innocents (rue du charnier des).

Commence à la rue Saint-Denis ; finit à la rue de la Lingerie, no 2. Le dernier impair est 25. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le marché des Innocents. Sa longueur est de 120 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Elle a été livrée à la circulation vers 1786, époque de la formation du marché des Innocents. Les constructions qui bordent le côté gauche de cette rue ont été élevées en vertu de l’arrêt du conseil du 18 octobre 1669, que nous avons cité à l’article de la rue de la Ferronnerie. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette voie publique. Portions d’égout et de conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Institut (place de l’).

Située sur le quai de Conti. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle a été formée à la même époque que le palais dont elle tire son nom. Un mandement du roi, à la date du 8 août 1662, prescrivit au prévôt des marchands de n’apporter aucun retard à la construction de cette place. Des lettres-patentes du 22 avril 1769, que nous avons rapportées à l’article du quai de Conti, ordonnèrent la démolition des deux pavillons qui bordent cette place. Cette disposition n’a pas été exécutée. — Conformément à une décision ministérielle du 12 février 1810, la première arcade de chacun des pavillons de l’Institut doit être démolie et l’on ouvrira, sous l’arcade contiguë, un passage couvert pour les piétons. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Institut de France.

Situé sur le quai de Conti. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.
1re partie. — Collége Mazarin.

Le 6 mars 1661, dans une des salles de l’antique forteresse de Vincennes, le cardinal Mazarin s’apprêtait à mourir. Le ministre fit venir maîtres Nicolas le Vasseur et François le Fouin, notaires, garde notes du Chastelet de Paris. Il déclara qu’il avait depuis longtemps formé le dessein d’employer en œuvres de piété et de charité une somme considérable, des grands biens qu’il tenait de la divine providence et de la bonté du roi. Il ajouta qu’il n’avait trouvé rien de plus utile que la fondation d’un collége et d’une académie pour l’instruction des enfants des gentilshommes ou des principaux bourgeois de Pignerol et de son territoire, d’Alsace et pays d’Allemagne, de l’état ecclésiastique, de Flandre et de Roussillon. Dans l’acte de fondation que le cardinal fit dresser, il est dit : « Que des soixante écoliers qui doivent être entretenus et instruits dans le dit collége, il y en ait quinze de Pignerol ; territoire et vallées y jointes, et de l’état ecclésiastique en Italie préférant ceux de Pignerol à tous les autres, les Romains ensuite, et au défaut d’eux, ceux des autres provinces de l’état ecclésiastique en Italie ; quinze du pays d’Alsace et autres pays d’Allemagne contigus, vingt du pays de Flandres, Artois, Hainaut et Luxembourg, et dix du pays de Roussillon, Conflans et Sardaigne. Les quinze personnes pour l’académie seront tirées du collége sans aucune distinction des dites nations, et si le collége n’en peut fournir un si grand nombre, le surplus jusqu’au dit nombre de quinze sera pris des personnes d’ocelles nations, quoiqu’elles n’aient pas étudié au dit collége. Les soixante écoliers du collége et les quinze personnes de l’académie seront logés, nourris et instruits gratuitement, au moyen de la présente fondation. Les gentilshommes seront toujours préférés aux bourgeois, tant pour le collége que pour l’académie, et ceux qui auront le plus longtemps étudié au dit collége, préférés à ceux qui auront le moins étudié pour être admis à l’académie, pourvu que ceux qui auront le plus étudié soient également propres pour l’académie. Son éminence se réserve le nom et le titre de fondateur du dit collége de l’académie, et à son défaut l’aîné de ceux qui porteront son nom et ses armes, aura les mêmes droits avec toutes les prérogatives des fondateurs. » — Pour consolider à jamais cette fondation, le cardinal légua deux millions en argent, plus 45 000 livres de rente sur l’Hôtel-de-Ville de Paris. Ce contrat de fondation fut confirmé, loué et approuvé par lettres-patentes du roi, datées de Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1665. De nouvelles lettres-patentes interprétant les premières furent données en juin 1669. Nous en rapportons un extrait : « Louis, par la grâce de Dieu, etc., à tous présents et avenir, salut. Nous avons par nos lettres-patentes du mois de juin 1665, registrées en notre cour de parlement, le 14 août de la même année, confirmé la fondation faite par feu notre très cher et très amé cousin le cardinal Mazarini, duc de Nivernois, etc. d’un collége et académie dans notre bonne ville de Paris pour y instruire et élever gratuitement aux exercices de corps et d’esprit convenables à la noblesse, les jeunes gentilshommes qui auraient pris naissance ès villes et pays cédés à la couronne par les traités de Munster et des Pyrénées savoir, en la ville de Pignerolles, son territoire et vallées y jointes, avec l’état ecclésiastique en Italie, et provinces d’Alsace et pays d’Allemagne qui y sont contigus, et à partie des provinces de Flandre, Artois, Hainaut, Luxembourg, Roussillon, Conflans et Sardaigne cédés par le dit traité le tout aux clauses du contrat passé par devant le Vasseur et le Fouin, notaires au Chastelet, le 6 mars 1661, par lequel don est fait au dit collége d’une bibliothèque et académie nommées Mazarini, et la fondation censée et réputée royale et jouir des mêmes avantages, privilèges et prérogatives dont jouissent celles qui ont été fondées par les rois nos prédécesseurs ou par nous, et d’autant plus que depuis les dites lettres, les bâtiments de l’église, du collége et de la bibliothèque sont tellement avancés qu’il y a lieu d’espérer que dans peu l’on pourra célébrer la sainte messe dans l’église commencée, les exercices dans le collége et que tous les livres légués et donnés seront placés et rangés dans la nouvelle bibliothèque qui doit être publique deux jours de chacune semaine, que ces lieux étant situés vis-à-vis notre château du Louvre, y apportent un fort bel ornement ; que le dit établissement sera d’une très grande utilité au public, et que nous désirons d’ailleurs donner en toutes choses les marques de l’estime que nous conservons pour la mémoire de notre dit cousin le cardinal Mazarini, et pour l’affection qu’il a témoignée au public par une fondation si illustre et si peu commune et vu le contrat de fondation, lettres-patentes et autres pièces ci-attachés sous le contre-scel de notre chancellerie ; à ces causes et mettant en considération les services notables que nous a rendus notre dit cousin le cardinal Mazarini, et de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, en interprétant et amplifiant nos lettres du mois de juin 1665, nous avons ordonné et par ces présentes signées de notre main, ordonnons, voulons et nous plaît que le dit collége, bibliothèque et académie, ensemble les places et maisons y appartenant, soient sous notre protection, justice, voirie et censive, comme faisant partie de l’ancien hôtel de Nesle, nonobstant tous actes, contrats, transactions, arrêts, jugements, sentences et possessions contraires que nous ne voulons nuire, ni préjudicier à la dite fondation ; ce faisant avons amorti, amortissons à perpétuité tous les dits lieux, sans qu’à présent ni à l’avenir il puisse être prétendu aucun droit pour le dit amortissement, etc… Sera loisible aux libraires et imprimeurs d’habiter et s’établir aux maisons et boutiques qui sont aux deux pavillons et en la grande place du dit collége, pour y vendre et débiter des livres ainsi qu’ils pourraient faire dans l’étendue de l’Université, etc… Accordons au dit collége les droits et privilèges dont jouissent les colléges les plus célèbres ; ce faisant, le déclarons être du corps de l’Université, avec pouvoir d’y admettre toutes sortes de pensionnaires et écoliers, et d’y faire tous les actes et exercices qui se font aux colléges les plus fameux. Accordons pareillement à la dite académie tous les droits et privilèges dont jouissent les autres académies de notre royaume ; et sera la dite bibliothèque publiquement ouverte aux jours et heures qui seront marqués en chacune semaine par les exécuteurs de la fondation, etc… Donné à Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1669, et de notre règne le 27e, signé Louis… Par le roi, signé Colbert, et scellé du grand sceau de cire verte. »

Un plan avait été dressé le 23 juin 1665, par Louis Levau, architecte du roi. Il fut exécuté par Lambert et d’Orbay. La façade principale placée sur le quai est de forme demi-circulaire ; elle est composée d’un avant corps d’ordonnance corinthienne qui en occupe le centre et de deux ailes dont la courbe se termine en avant sur le quai, et ne laisse en cet endroit qu’une route trop étroite. L’avant-corps qui formait le portail de l’église fut couronné d’un fronton et surmonté d’un dôme circulaire qui est terminé par une lanterne. Ce dôme, qui présente à l’extérieur une forme circulaire, a dans l’intérieur une forme elliptique. À droite du sanctuaire on voyait le tombeau du cardinal Mazarin ; ce tombeau, un des beaux ouvrages de Coysevox, avait été transféré au musée des monuments français. Ce mausolée fait actuellement partie du musée de Versailles. Le collége Mazarin, auquel on avait aussi donné le nom de Collége des quatre Nations, pour indiquer les pays auxquels appartenait le bénéfice de cette fondation, ne subit aucun changement jusqu’à l’époque de la révolution.

Bibliothèque Mazarine. — Le cardinal Mazarin posséda successivement deux bibliothèques ; l’une et l’autre furent formées par Gabriel Naudé, l’homme de son temps qui se connaissait le mieux en livres. Ce savant parlait de la première collection comme étant la plus curieuse des bibliothèques de l’Europe. Elle était, disait-il, composée de plus de 40 000 volumes. Un arrêt du parlement de Paris, lors des troubles de la Fronde, en ordonna, en 1652 la confiscation et la vente. Le cardinal Mazarin étant rentré dans Paris, plus fort et plus puissant qu’il n’avait jamais été, chargea encore Naudé de rassembler les livres qu’il pourrait retrouver de l’ancienne collection ; cet infatigable bibliographe, aidé de Lapoterie, réunit un grand nombre de précieux ouvrages. Ce savant étant mort le 30 juillet 1633, Lapoterie continua son œuvre. « Le syndic de la librairie (dit Guy Patin) s’y employa tout de bon. On acheta pour augmenter cette collection la bibliothèque de Descordes, chanoine de Limoges, moyennant la somme de 19 000 livres. Déjà le cardinal, par les conseils de Lapoterie, avait fait l’acquisition de la bibliothèque de Naudé pour la somme de 20 000 livres. Le même Guy Patin dit « qu’elle était très pleine de petits livres bons, rares, curieux qui ne se pourraient qu’avec grande peine retrouver ni rencontrer ailleurs. » Cette bibliothèque fut confiée à l’administration et à la direction de la société de Sorbonne, le 14 avril 1688, jusqu’au 7 mai 1791. À cette époque Luce-Joseph Hooke en fit la remise à l’occasion de son refus de prêter serment à la constitution civile du clergé.

La bibliothèque Mazarine a reçu depuis la révolution des accroissements considérables. Elle possède aujourd’hui près de cent mille volumes imprimés et quatre mille cinq cents manuscrits. Outre cette bibliothèque, le même édifice en renferme une seconde, c’est celle de l’Institut. Quoique moins nombreuse, elle est précieuse par le nombre des ouvrages modernes qui y sont déposés. Ces deux bibliothèques avaient été réunies par ordonnance du 16 décembre 1819. Elles ont été séparées par une autre ordonnance du 26 décembre 1821, et chacune d’elles est placée sous un régime administratif particulier. Le personnel de la bibliothèque Mazarine se compose d’un bibliothécaire administrateur, de cinq conservateurs et de deux sous-bibliothécaires. Elle est ouverte au public tous les jours, excepté les dimanches et fêtes. Les vacances commencent le 15 août et finissent le 1er octobre.

2e Partie. — Académie Française. — Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. — Académie des Sciences. — Académie royale de Peinture et Sculpture. — Académie royale d’Architecture. — Institut de France.

Nous allons parler des différentes académies qui, supprimées au commencement de la révolution, ont été depuis organisées sous la dénomination d’Institut de France. Nous nous occuperons d’abord de l’Académie Française. — Un littérateur parisien, Valentin Conrart, conseiller et secrétaire du roi, avait réuni, dès 1632, dans une petite maison de la rue Saint-Denis, une société de gens de lettres. Ces conférences n’avaient pour objet que le mérite des compositions, les délicatesses fleuries du style et les intérêts de la grammaire. Dans cette agréable réunion, on distinguait Godeau, Gombault, Chapelain, Giry, Habert, l’abbé de Cérisy, tous gens instruits et spirituels. Lorsqu’un membre de cette société avait composé un ouvrage, il le communiquait à ses collègues qui lui donnaient librement leurs avis. Les conférences étaient suivies tantôt d’une promenade, tantôt d’une collation. « Ils s’assemblèrent ainsi durant trois ou quatre ans (dit Pellisson, le premier historien de l’Académie Française) et comme j’ai ouï dire à plusieurs d’entr’eux, avec un profit et un plaisir incroyable, de sorte que quand ils parlent aujourd’hui de ce temps-là, ils en parlent comme d’un âge d’or, durant lequel avec toute l’innocence et la liberté des premiers siècles, sans bruit et sans pompe, et sans autres lois que celles de l’amitié, ils goûtaient ensemble tout ce que la société des esprits et la vie raisonnable ont de plus doux et de plus charmant. » Cette agréable réunion devait être bientôt troublée. Un nommé Faret introduisit dans la société Bois-Robert, l’un des poètes aux gages du cardinal de Richelieu. Ce nouveau membre parla bientôt de cette compagnie au ministre. Richelieu engagea Bois-Robert à demander à ces hommes de lettres s’ils voulaient former un corps et s’assembler régulièrement sous la protection de l’autorité. « M. de Bois-Robert, ajoute Pellisson, ayant répondu qu’à son avis cette proposition serait reçue avec joie, il lui demanda de la faire et d’offrir à ces Messieurs sa protection pour leur compagnie qu’il ferait établir par lettres-patentes, et à chacun d’eux en particulier son affection qu’il leur témoignerait en toute rencontre. » On devine tout l’intérêt que le cardinal-ministre attachait au succès de sa proposition. Résister à l’affection calculée de Richelieu, c’était engager la lutte et se perdre. « Cependant, continue Pélisson, à peine y eut-il aucun de ces messieurs qui n’en témoignât du déplaisir et ne regrettât que l’honneur qu’on leur faisait vînt troubler la douceur et la familiarité de leurs conférences. » La proposition du ministre fut discutée dans une réunion solennelle. Plusieurs membres voulaient qu’on refusât l’offre du cardinal. Chapelain prit la parole : « À la vérité, Messieurs, dit-il, nous nous serions bien passés de l’éclat qu’on veut donner à nos conférences, mais dans l’état actuel des choses, voyons si nous sommes libres de suivre le parti qui nous parait le plus agréable. Nous avons affaire à un homme qui ne veut pas médiocrement ce qu’il a arrêté ; il n’est pas, vous le savez, habitué à la résistance, et ne la souffre pas impunément. Il regardera comme une injure le mépris que vous feriez de sa protection, et chacun de nous pourrait en ressentir les terribles effets. D’après les lois du royaume, toutes les assemblées qui s’organisent en dehors de l’autorité du souverain peuvent être défendues. Il sera fort aisé à monseigneur le cardinal, si l’envie lui en prend, de rompre notre société que chacun de nous en particulier désire être éternelle. » Ces raisons déterminèrent l’assemblée ; M. de Bois-Robert fut prié de remercier très humblement M. le cardinal de l’honneur qu’il leur faisait, et de l’assurer qu’encore ils n’eussent jamais eu une si haute pensée, et qu’ils fussent fort surpris du dessein de son éminence, ils étaient très résolus de suivre ses volontés.

Sur le rapport de son premier ministre, Louis XIII donna, au mois de janvier 1635, des lettres-patentes, portant qu’il serait formé une société de gens de lettres au nombre de quarante, sous le nom d’Académie française. Ces lettres ne furent enregistrées que le 10 juillet 1637, après une longue résistance du parlement, qui voulut qu’on insérât cette clause : Que l’Académie ne pourrait connaître que de la langue française et des livres qu’elle aurait faits ou qu’on exposerait à son jugement. L’opinion publique ne fut pas entièrement favorable à la nouvelle institution. Les partisans de Richelieu en parlaient avec admiration c’était une pensée sublime, une émanation du génie. Ses adversaires n’y voyaient qu’un appui redoutable prêté à la dévorante ambition du cardinal. D’autres s’en moquaient comme d’une chose sans portée. Jean Scarron, conseiller de la grand’chambre du parlement, père du poète burlesque, ayant été appelé pour donner son avis sur la vérification des lettres-patentes portant établissement de l’Académie, s’exprima en ces termes : « Cette rencontre me remet en mémoire ce qu’avait fait autrefois un empereur romain qui, après avoir ôté au sénat la connaissance des affaires publiques, l’avait consulté sur la sauce qu’il devait faire à un grand turbot qu’on lui avait apporté de bien loin. » Ce rapprochement exprimé avec tant de hardiesse excita la haine du ministre, qui priva le conseiller de sa charge et l’envoya en exil. La faveur publique dédommagea plus tard Jean Scarron, qui fut élevé en 1644 à la haute fonction de prévôt des marchands. L’Académie tint encore ses séances chez un de ses membres, ou chez Richelieu lui-même. Après la mort du cardinal, le chancelier Séguier, qui avait brigué l’honneur d’entrer à l’Académie, leur prêta une salle de son vaste hôtel. Le roi Louis XIV s’étant déclaré protecteur de cette compagnie, le titre d’académicien devint un objet d’envie. Des ministres, des grands seigneurs, des prélats voulurent se mettre sur les rangs. Cette condescendance flatta la vanité des académiciens roturiers, qui ne s’aperçurent pas que l’admission de ces hommes puissants les mettrait sous la dépendance du gouvernement. Patru, l’ami de Racine et de Boileau, leur fit sentir ce danger par un apologue. Il était question de recevoir un gentilhomme dont l’esprit n’était pas très cultivé. « Messieurs, dit Patru, un ancien Grec avait une lyre admirable, une corde se rompit ; au lieu d’en remettre une de boyau, il en prit une d’argent, et la lyre perdit son harmonie. » L’apologue de Patru fit sensation ; cependant la corde d’argent eut la préférence. — En 1673, l’Académie française vint occuper une des salles du Louvre. Cette salle fut ornée des portraits des académiciens, de ceux de Richelieu, de Pierre Séguier, de Christine de Suède, etc. L’Académie française, après avoir jeté un vif éclat durant le règne de Louis XIV, tomba bientôt dans une obscurité qui dura près d’un demi-siècle. Sa régénération commença lorsqu’elle proposa à l’éloquence des éloges tels que ceux de Descartes, de Fénelon, de Catinat et de l’abbé Suger.

Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. — Louis XIV ayant désiré qu’une société de gens de lettres s’occupât du soin de recueillir des médailles et d’inscrire sur les monuments, sur les tapisseries de ses palais, tout ce qui pouvait immortaliser son règne et la gloire de la nation, Colbert choisit parmi les membres de l’Académie française ceux qu’il crut les plus habiles à ce genre de travail. Chapelain, Charles Perrault, l’abbé Cassagne et l’abbé Bourleix, formèrent une réunion à laquelle on donna le nom de Petite Académie. Établie en 1663, elle tint ses séances dans la bibliothèque de Colbert, rue Vivienne. Le nombre des académiciens, d’abord fixé à quatre, fut porté à huit. Un nouveau règlement du 16 mai 1701 fixa le nombre des membres à quarante ; savoir dix honoraires, dix pensionnaires, dix associés et dix élèves. Des lettres-patentes confirmèrent leur organisation. Le nom de Petite Académie, ne pouvant plus convenir, fut changé en celui d’Académie des Sciences et des Médailles, puis en celui d’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. Le premier ouvrage publié par cette académie est l’Histoire de la numismatique sous le règne de Louis XIV. La première édition, qui parut en 1703, comprend 286 médailles. La seconde, imprimée vers 1723, renferme la collection entière des médailles qui ont été frappées pour retracer les événements du règne de ce prince ; elle se compose de 318 médailles. Ces travaux importants ne mirent pas néanmoins les académiciens à l’abri des railleries des écrivains. Piron avait commencé l’attaque, en composant cette épitaphe :

Ci-git un antiquaire opiniâtre et brusque,
Il est esprit et corps dans une cruche étrusque.

Cependant l’on ne saurait oublier les services rendus aux sciences historiques par l’ancienne Académie des Inscriptions, où siégeaient encore au moment où elle fut supprimée, l’abbé Barthélemy, Bréquigny, la Porte-Dutheil, Choiseul-Gouffier, de Laverdy, de Paulmy, Bailly, D. Poirier, D. Clément, Dacier, Sylvestre de Sacy.

Académie des Sciences. — Après avoir établi l’Académie des Inscriptions, Colbert, qui savait deviner les grandes idées de Louis XIV, chercha les moyens de donner de nouveaux développements aux sciences. Pour atteindre son but, ce grand ministre se fit faire un rapport sur tous les savants qui s’assemblaient chez M. de Montmort, conseiller d’État, puis demanda Huyghens, Duclos, Bourdelin, Delachambre, Auzout et plusieurs autres, et leur proposa de les réunir en un corps sous la dénomination d’Académie des Sciences, en leur disant qu’ils féconderaient par l’association des travaux que l’isolement devait toujours paralyser. Cette Académie devait s’occuper de cinq sciences principales : des mathématiques, de l’astronomie, de la botanique, de la chimie et de l’anatomie. On proposa de joindre à ces sciences celle de la théologie ; les observations de la Sorbonne firent repousser cette proposition. L’Académie des Sciences occupa d’abord une des salles basses de la bibliothèque du roi. Jusqu’en 1699, cette société ne subsista qu’en vertu d’une simple autorisation du roi. À cette époque, elle reçut une existence légale, et on lui donna un appartement au Louvre. Ces avantages furent confirmés par lettres-patentes de février 1713. L’Académie des Sciences comptait à cette époque parmi ses membres, Fontenelle, Tournefort, Mallebranche, Ozanam, Réaumur et plusieurs autres savants distingués. Elle s’était associé Boërhaave, Leibnitz, Maupertuis et les hommes les plus illustres de l’Europe. Dans les dernières années de son existence, son illustration ne s’était point affaiblie ; on citait parmi ses membres, Lalande, Daubenton, Portal, de Jussieu, Darcet, Buffon, Cassini, Monge, Berthollet, Fourcroy, Haüy, etc.

Académie royale de Peinture et de Sculpture. — Il fallait un complément aux corps savants et littéraires. Colbert voulut élever les arts au même rang. Une querelle survenue entre les peintres de cette époque fournit au ministre l’occasion de féconder sa pensée. Ces artistes étaient alors divisés en deux classes. On désignait ceux qui faisaient partie de la première par le nom de maîtres. Ceux de la seconde étaient appelés peintres sans maîtrise ou privilégiés. Lebrun, à la tête des peintres privilégiés, était parvenu, par la protection du chancelier Séguier, à former une société qu’il fit autoriser par un arrêt du conseil privé et confirmer par lettres-patentes. On avait accordé à ces artistes la galerie du collége de France. Colbert, qui venait de créer une école de peinture et de sculpture à Rome pour former des élèves entretenus par le roi, réunit bientôt cette dernière à la compagnie de Lebrun et fonda ainsi l’Académie royale de Peinture et de Sculpture qui occupa six grandes pièces du Louvre. Il lui adjoignit l’ancienne académie de Saint-Luc, et cette réunion éteignit l’ancienne querelle. L’Académie royale de Peinture et de Sculpture se maintint sans éprouver de changement jusqu’à l’époque de la révolution.

Académie royale d’Architecture. — Projetée en 1671 par Colbert, cette Académie se forma avec une simple autorisation jusqu’au mois de février 1717, époque où elle reçut une existence légale. L’Académie royale d’Architecture eut alors, comme l’Académie de Peinture et de Sculpture, ses écoles, ses prix et ses pensionnaires à Rome. Elle tenait aussi ses séances au Louvre et continua de former un corps séparé jusqu’à sa suppression.

Institut de France. — Au commencement de la révolution, les académies délaissées poursuivaient néanmoins leurs travaux. Dès 1791, leurs dépenses furent fixées provisoirement. Grégoire, en 1793, fit prononcer leur suppression et apposer les scellés sur le lieu de leurs séances. Une députation de l’Académie des Sciences, admise à la barre de la Convention, obtint pour elle et pour les autres Académies la faculté de continuer leurs travaux avec des règlements provisoires. La promulgation de la Constitution de l’an III porte, au titre 10 : « il y aura pour toute la République un Institut national chargé de recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences. » Un nouvel ordre de choses commandait la réorganisation des anciennes académies. C’est alors que fut arrêté le projet de l’Institut national, admirable conception qui, en réunissant par un lien commun les diverses parties des connaissances humaines, depuis l’observation matérielle jusqu’aux sublimes émanations du génie, les fortifiait, les attachait l’une à l’autre pour les porter au plus haut point de développement. La loi du 3 brumaire suivant, promulguée le 1er vendémiaire an IV (23 octobre 1795), sur l’instruction publique, donna, dans son titre 4, l’organisation de l’Institut. Il fut divisé en trois classes : la première, sciences physiques et mathématiques ; la seconde, sciences morales et politiques ; la troisième, littérature et beaux-arts. La première classe, qui comprenait l’ancienne Académie des Sciences, était composée de 60 membres et de 60 associés. La seconde, qui correspondait à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, comptait 36 membres et 36 associés. La troisième, qui réunissait l’Académie française et celles de Peinture, de Sculpture et d’Architecture, avait 48 membres et 48 associés. Les voyages à faire pour les progrès des sciences, les encouragements et les concours furent aussi soumis à des règles par cette loi. L’Institut tint ses premières séances au Louvre. En 1803, Bonaparte introduisit quelques changements dans cette organisation. Il divisa l’Institut en quatre classes, en séparant les beaux-arts, la littérature et l’histoire. Par décret impérial du 1er mai 1806, l’Institut fut transféré au collége Mazarin ; tous les gouvernements introduisirent ensuite leurs innovations dans cette société de savants et de littérateurs. En 1815, on lui conserva le nom d’Institut, mais on rendit aux quatre classes qui le composaient leurs anciennes dénominations. La première classe fut nommée Académie des Sciences ; la deuxième, Académie française ; la troisième, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et la quatrième, Académie de Peinture et Sculpture ; enfin, une ordonnance royale du 27 octobre 1833 rétablit l’ancienne Académie des Sciences morales et politiques, et l’Institut se trouva composé de cinq classes. Cet état de choses subsiste encore aujourd’hui.

Instruction publique (ministère de l’).

Situé dans la rue de Grenelle-Saint-Germain, no 116. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Voici les plus importantes attributions de ce ministère : enseignements supérieur et secondaire, facultés, colléges, instruction primaire, établissements scientifiques et littéraires, bibliothèques publiques, travaux historiques, comités historiques, écoles des Chartes.

Intérieur (ministère de l’).

Situé dans la rue de Grenelle-Saint-Germain, no 101. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin. Les bureaux de ce ministère sont dans la même rue au no 103.

Dans les attributions de ce ministère, sont compris : le personnel et la nomination des préfets, sous-préfets, secrétaires généraux, conseillers de préfecture, le travail général relatif aux nominations dans l’ordre royal de la Légion-d’Honneur, les gardes nationales du royaume, leur recensement, leur organisation, la direction de la police générale du royaume, l’administration communale, la voirie urbaine, la direction des Beaux-Arts, l’administration des lignes télégraphiques, les archives du royaume, etc.

Invalides (boulevart des).

Commence à la rue de Grenelle-Saint-Germain, no 121 ; finit à la rue de Sèvres, nos 104 et 106. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 1 250 m. — 10e arrondissement ; de 1 à 9 inclus et tous les numéros pairs sont du quartier des Invalides ; de 11 à la fin, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Il a été formé, en vertu des lettres-patentes du 9 août 1760, registrées au parlement le 26 novembre suivant (voyez Enfer, boulevart d’). Sa dénomination lui vient de sa proximité de l’hôtel royal des Invalides. La largeur de la chaussée est de 19 m. 50 c. — En vertu d’une décision ministérielle du 14 vendémiaire an XI, les constructions riveraines doivent être établies à 4 m. de distance des arbres des contr’allées. Les propriétés bordant le boulevart des Invalides sont presque toutes sur cet alignement. Celles qui portent les numéros de 1 à 9 inclus devront reculer de 1 m. 30 c. à 2 m. 30 c. — Égout entre les rues de Grenelle et Plumet, bassin d’égout dans le surplus. — Conduite d’eau dans une petite partie. — Éclairage au gaz (compe Française).

Invalides (hôtel royal des).

Circonscrit par la rue de Grenelle, le boulevart des Invalides, l’avenue de Tourville et le boulevart Latour-Maubourg. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

La sollicitude des rois de France cherchait depuis longtemps à améliorer le sort de nos vieux soldats qui, après avoir consumé leurs plus belles années au service de l’État, étaient souvent réduits dans leurs vieux jours à mendier leur pain. Henri IV plaça quelques invalides dans la maison de la Charité, située dans la rue de Lourcine. Animé du même esprit d’équité et de reconnaissance, Louis XIII leur destina le château de Bicêtre. En 1634 on y fit par son ordre des réparations considérables ; on y ajouta de nouveaux bâtiments, et cette maison fut appelée la commanderie de Saint-Louis. La mort du fils de Henri IV, les troubles qui survinrent, paralysèrent l’exécution complète de ce dessein ; Louis XIV disposa de la maison de Bicêtre en faveur de l’hôpital-général et résolut de créer un établissement qui répondit à la grandeur de la nation.

Édit du roi du mois d’avril 1674, registré au parlement le 5 juin suivant. « Considérant que rien n’est plus capable de détourner ceux qui auraient la volonté de porter les armes, d’embrasser cette profession, que de voir la méchante position où se trouveraient réduits la plupart de ceux qui s’y étaient engagés, et n’ayant point de biens, y auraient vieilli ou été estropiés, si l’on n’avait point soin de leur subsistance et entretènement ; nous avons pris la résolution d’y pourvoir. Nous, de l’avis de notre conseil, avons par ce présent édit perpétuel et irrévocable, fondé, établi et affecté, fondons, établissons et affectons à perpétuité l’Hôtel Royal, que nous avons qualifié du titre des Invalides, lequel nous faisons construire au bout du faubourg Saint-Germain, pour le logement, subsistance et entretènement de tous les pauvres officiers et soldats de nos troupes, qui ont été ou seront estropiés, ou qui ayant vieilli dans le service en icelles, ne seront plus capables de nous en rendre ; duquel hôtel, comme fondateur, nous voulons être aussi le protecteur et conservateur immédiat, sans qu’il dépende d’aucun de nos officiers, et soit sujet à la visite et juridiction de notre grand-aumônier, ni autres ; et afin que le dit hôtel royal soit doté d’un revenu suffisant et assuré, qui ne puisse jamais manquer pour la subsistance et entretènement dans icelui des dits officiers et soldats invalides, nous y avons affecté et affectons à perpétuité, par ce présent édit, tous les deniers provenant des pensions, des places, des religieux laïcs, des abbayes et prieurés de notre royaume, qui en peuvent et doivent porter selon et ainsi qu’il a été réglé par nous, tant par notre déclaration du mois de janvier 1670, que par les arrêts de notre conseil d’état des 24 janvier 1670 et 27 avril 1672, etc. »

Louis XIV sut donner à l’institution dont la pensée appartenait à ses prédécesseurs les développements qu’entraînait l’accroissement des forces militaires de la France. Le roi avait posé, en 1670, la première pierre de l’Hôtel royal des Invalides. Dès l’année 1674, les bâtiments étaient assez avancés pour contenir une certaine quantité d’officiers et de soldats ; mais ce ne fut que trente ans plus tard que ce grand établissement put être achevé dans tout son ensemble, d’après les plans et sous la direction de Jules Hardouin Mansart. La façade qui regarde le septentrion a 390 m. d’étendue. La statue équestre de Louis XIV est placée au-dessus de la porte principale ; on entre ensuite dans la cour royale, qui a 118 m. de longueur sur 62 de largeur. Elle est entourée de quatre corps de logis ayant chacun deux rangs d’arcades l’un sur l’autre formant galerie. Le milieu de chaque face est accompagné d’une espèce de corps avancé avec un fronton. Quel goût dans cette simplicité ! quelle beauté dans cette cour qui n’est pourtant qu’un cloître militaire, où l’art a mêlé les idées guerrières aux souvenirs attendrissants d’un hospice. — Le grand état-major de l’hôtel habite les bâtiments de l’aile droite et de l’aile gauche de la façade. Du côté de la plaine de Grenelle sont disposés des appartements particuliers pour loger les officiers supérieurs et quelques officiers subalternes. Les autres chambres sont là pour la plupart en commun, mais leur arrangement est si bien ordonné que les militaires qui les occupent n’éprouvent aucune gêne. Dans les corps de bâtiments qu’on voit à droite et à gauche de la cour principale se trouvent quatre réfectoires où l’on remarque des peintures à fresque, représentant les sièges et les batailles les plus mémorables du règne de Louis XIV. Des galeries latérales conduisent de la cour principale à six autres cours qui ont toutes leurs destinations particulières. Les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul soignent les malades avec un zèle admirable ; ces religieuses, qui sont au nombre de 28, occupent un bâtiment entièrement séparé des autres.

Au fond de la cour royale, on aperçoit l’entrée de l’église ; cet édifice, heureux complément de l’Hôtel royal des Invalides, fut commencé en 1675 ; les travaux durèrent trente ans. Il se compose d’une grande nef et de deux bas-côtés, décorés de pilastres corinthiens ; cette église est surmontée d’un magnifique dôme. Sa forme majestueuse s’élève à 71 m. et domine Paris ; la façade est tournée vers le midi ; cet édifice a 58 m. 50 c. de largeur, et 31 m. 18 c. de hauteur. Il est élevé sur un perron de plusieurs degrés, décoré des ordres dorique et corinthien, couronnés par un fronton triangulaire. Deux niches, placées à l’entrée du portail, sont remplies par les deux statues colossales de Charlemagne et de saint Louis. Un troisième ordre de colonnes corinthiennes règne autour du dôme. Les victoires de la révolution, du consulat et de l’empire, avaient orné la nef de 960 drapeaux et étendards arrachés à l’ennemi ; ces trophées disparurent en 1814. Ne voulant pas supporter l’humiliation de les rendre aux vainqueurs, les invalides les brûlèrent eux-mêmes ; 179 drapeaux ont déjà remplacé les premiers.

Dans cette magnifique église ont été déposés, le 15 décembre 1840, les restes de Napoléon. En ce moment l’art élève sous le dôme, au milieu de ce temple consacré par la religion au Dieu des armées un tombeau digne du nom qui doit y être gravé.

Ce monument, dont la construction est confiée à M. Visconti, se distinguera par une beauté simple, par des formes grandes et cet aspect de solidité inébranlable qui semble braver l’action du temps.

Les caveaux renferment les dépouilles mortelles de plusieurs maréchaux de France et officiers généraux morts gouverneurs de l’hôtel. Le nombre des invalides est de trois mille environ dans cet établissement ; pour avoir droit d’admission, il faut compter 30 ans de service et soixante ans d’âge, ou avoir perdu un ou plusieurs membres. — Lorsque le roi entrait dans l’hôtel, la garde ordinaire du prince cessait toutes ses fonctions pour être relevée sur-le-champ par une compagnie de ces vieux soldats. Cet usage prit naissance dans les premiers temps que Louis XIV alla visiter cet établissement. Les invalides qui se pressaient autour du roi, se voyant repoussés un peu brutalement par la garde, furent sensibles à cette espèce d’affront. Louis XIV s’en aperçut et, avec cette bienveillance si naturelle à la grandeur, il ordonna qu’on traitât plus doucement ses anciens serviteurs, déclarant qu’il était toujours en sûreté au milieu d’eux. — En 1800, le premier consul fit établir une batterie sur l’esplanade des Invalides. Depuis 1830, cette batterie s’est augmentée des bouches à feu de divers calibres, provenant de la conquête d’Alger. Le canon des Invalides annonce à la grande cité les réjouissances publiques, les victoires remportées par nos armées et la naissance des princes.

Le nombre effectif des anciens militaires entretenus à l’hôtel des Invalides, se compose de : 1 colonel, 1 chef de bataillon, 16 capitaines, 65 lieutenants, 49 sous-lieutenants, 24 chefs de division et adjudants, 12 adjudants sous-officiers, 71 capitaines honoraires, 267 lieutenants honoraires, 51 sergents majors, 260 sergents, 1603 soldats, 16 tambours ; — 17 sont épileptiques, 10 sont privés des deux jambes, 365 sont privés d’une jambe, 5 ont les deux bras coupés, 255 sont privés d’un bras, 180 sont aveugles, 154 sont affligés de blessures diverses réputées équivalentes à la perte d’un membre. Il y a 667 vieillards âgés de plus de 70 ans ; les chevaliers de Saint-Louis sont au nombre de 16 ; les membres de la Légion d’Honneur sont au nombre de 211.

La rouille des siècles, qui commence à couvrir le monument de Louis XIV, lui donne de nobles rapports avec ces vétérans, ruines animées qui se promènent sous ses vieux portiques. Dans les avant-cours, tout retrace l’idée des combats : fossés, glacis, remparts, canons, tentes, sentinelles. Lorsqu’on pénètre plus avant, le bruit s’affaiblit par dégrès et va se perdre à l’église, où règne un profond silence. Ce bâtiment religieux est placé derrière les constructions militaires comme l’image du repos et de l’espérance au fond d’une vie pleine de troubles et de périls.

L’or du commerce anglais a élevé les fastueuses colonnades de l’hôpital de Greenwich ; mais il y a quelque chose de plus fier et de plus noble dans la masse des Invalides. Placée admirablement dans le magnifique panorama de Paris, elle excite profondément l’imagination. C’est un de ces traits imposants qui donnent une physionomie toute particulière à une grande cité ; c’est l’accident le plus heureux, le plus pittoresque, le plus caractéristique de l’ensemble de Paris.

Invalides (pont des).

Situé entre le quai de la Conférence et le quai d’Orsay.

Une ordonnance royale du 6 décembre 1827 a autorisé la construction de ce pont, dont M. Desjardins a été déclaré concessionnaire. La durée de cette concession est fixée à quarante-cinq années qui, partant du 1er janvier 1831, doivent expirer le 2 janvier 1876. Élevé sous la direction de MM. Vergez et Bayard, ce pont suspendu en chaînes de fer, est composé d’une travée de 67 m. 80 c. et de deux demi-travées ayant, l’une 27 m. 33 c., l’autre 24 m. 70 c. d’ouverture. Sa largeur entre les garde-corps est de 7 m. 95 c. Commencé en 1828, il a été livré à la circulation en 1829. La dépense s’est élevée à plus de 600 000 fr. On lui donne également le nom de pont d’Antin.

Irlandais (rue des).

Commence à la rue de la Vieille-Estrapade, nos 15 et 17 ; finit à la rue des Postes, nos 9 et 11. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 93 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Dans les censiers de sainte Geneviève, à l’année 1602, elle est appelée rue du Cheval-Vert. Elle devait ce nom à une enseigne. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Par un arrêté préfectoral du 6 février 1807, rendu sur la demande du proviseur du collége des Irlandais, Anglais et Écossais réunis, la rue qui nous occupe dut prendre la dénomination de rue des Irlandais. — La propriété no 3, celle qui est située sur le côté droit à l’angle de la rue de la Vieille-Estrapade et le mur de clôture à l’angle de la rue des Postes, sont à l’alignement.

Le collége des Irlandais situé au no 3, a été établi par arrêtés des 19 fructidor an IX 24 vendémiaire, 3 messidor an XI et 28 floréal an XIII. Il est sous la surveillance de l’Université, en vertu d’une décision du gouvernement en date du 11 décembre 1808.

Italie (barrière d’).

Située à l’extrémité de la rue Mouffetard.

C’était anciennement la barrière Mouffetard. Elle fut ensuite appelée barrière de Fontainebleau. Son nom actuel, donné depuis 1806, indique sa direction vers l’Italie (voir l’article Barrières).

Italie (place de la barrière d’).

Située à l’extrémité de la rue Mouffetard. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette place est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Sa forme est circulaire. — Une ordonnance royale du 27 janvier 1837 a déterminé l’alignement de cette voie publique par une parallèle au centre des arbres des contr’allées et à 4 m. de distance. Les constructions situées entre la barrière d’Italie et le boulevart des Gobelins sont seules soumises à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Italiens (boulevart des).

Commence aux rues de Richelieu, no 113, et Grange-Batelière, no 1 ; finit aux rues Louis-le-Grand, no 32, et de la Chaussée-d’Antin, no 2. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 425 m. — 2e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier Feydeau ; les numéros pairs dépendent du quartier de la Chaussée-d’Antin.

Il a été formé en vertu des lettres-patentes du mois de juillet 1676. Il doit sa dénomination au théâtre des Italiens, occupé aujourd’hui par les artistes de l’Opéra-Comique. — Une ordonnance royale du 16 avril 1831 a déterminé l’alignement de ce boulevart, dont la largeur est fixée à 35 m. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. La largeur de la chaussée est de 19 m. 50 c. — Égout du côté de la rue Louis-le-Grand. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Italiens (place des).

Située au-devant du théâtre de l’Opéra-Comique. Le dernier numéro est 3 bis. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Des lettres-patentes, données à Marly le 14 octobre 1780 et registrées au parlement le 24 du même mois, autorisèrent la compagnie Reboul de Villeneuve à faire construire, sur l’emplacement de l’hôtel de Choiseul, une salle de spectacle pour la Comédie-Italienne, et à former au-devant une place de 400 toises de superficie. Ces lettres-patentes reçurent immédiatement leur exécution. Cette voie publique devrait porter le nom de place de l’Opéra-Comique, les artistes de ce théâtre ayant remplacé les acteurs italiens. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Italiens (théâtre des).

Situé entre les rues Dalayrac et Marsollier. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Une ordonnance royale du 8 octobre 1826 porte : « Article 1er. La nouvelle salle du théâtre royal de l’Opéra-Comique sera placée dans l’axe de la rue Ventadour, à 40 m. environ de la rue Neuve-des-Petits-Champs, et sera isolée au-devant par une place d’environ 18 m. de largeur ; à droite, derrière et à gauche, par des rues larges environ, les deux premières de 12 m. et la dernière de 11 m., le tout conformément au plan ci-annexé. — Art. 2e. La délibération prise par le conseil municipal de notre bonne ville de Paris, à l’effet de contribuer pour une somme de 500 000 fr., aux dépenses des abords de la nouvelle salle, est approuvée. — Art. 3. Les plans définitifs de la construction de la nouvelle salle seront communiqués à notre ministre de l’intérieur pour être adoptés par lui en tout ce qui peut intéresser la sûreté et la salubrité publiques, etc. »

En vertu de cette ordonnance on a ouvert les rues Dalayrac, Marsollier, Méhul et Monsigny. — La nouvelle salle fut construite sur les dessins de MM. Huvé et Guerchy, architectes. Les acteurs de l’Opéra-Comique y restèrent jusqu’au mois de septembre 1832, puis allèrent occuper le théâtre de la place de la Bourse. En 1833, la salle Ventadour portait le titre de Théâtre-Nautique. La nouvelle entreprise eut peu de succès. Cet édifice remarquable ne servit plus qu’à des bals publics ou à de grandes réunions. Après l’incendie de la salle Favart, les artistes italiens y donnèrent des représentations. M. Anténor Joly obtint un privilège qui lui permettait de jouer le drame, l’opéra de genre, la comédie, etc. Après quelques changements intérieurs, la salle fut ouverte de nouveau, le 8 novembre 1838, sous le nom de Théâtre de la Renaissance. L’habile direction de M. Anténor Joly lutta vainement contre la mauvaise fortune. Son théâtre fut fermé en 1840. En 1841, une nouvelle tentative eut lieu et n’obtint aucun succès. Enfin au mois d’octobre de la même année, les artistes Italiens sont venus s’installer définitivement dans cette salle qui contient 1 700 personnes. — Prix des places en 1844 : stalles d’orchestre et de balcon, 1eres loges, 2mes loges de face et rez-de-chaussée de face, 10 fr. ; rez-de-chaussée et 2mes de côté, 7 fr. 50 c. ; 3mes loges de face, 6 fr. ; 3mes loges de côté, 5 fr. ; 4mes loges et parterre, 4 fr.

Ivry (barrière d’).

Située à l’extrémité des rues d’Austerlitz et de l’Hôpital-Général.

Cette barrière qui était autrefois située sur le boulevart de l’Hôpital, a été construite à l’endroit où nous la voyons aujourd’hui, lorsque le village d’Austerlitz a été réuni à la ville de Paris. Elle n’est décorée d’aucune construction monumentale. (Voir l’article de la Grande rue d’Austerlitz.)

Ivry (chemin de ronde de la barrière d’).

Commence à la barrière d’Ivry et à la rue de l’Hôpital-Général ; finit à la barrière d’Italie et à la place de la barrière d’Italie. Pas de numéro. Sa longueur est de 362 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Il a été formé, vers 1818, sur une partie du village d’Austerlitz. Les propriétés particulières sont alignées. (Voyez Grande rue d’Austerlitz.)

Ivry (place de la barrière d’).

Pas de numéro. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Une décision ministérielle du 18 octobre 1822 a prescrit la formation de cette place qui est circulaire et dont le rayon est de 32 m. Cette voie publique, nommée aussi place des Deux-Moulins n’est pas entièrement construite. L’emplacement qu’elle occupe dépendait du village d’Austerlitz. (Voyez l’article de la Grande rue d’Austerlitz.)

Ivry (rue d’).

Commence à la rue du Banquier, no 1 ; finit au boulevart de l’Hôpital. Pas de numéro. Sa longueur est de 52 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Construite à la fin du XVIIIe siècle, cette rue doit son nom à l’ancienne barrière d’Ivry. — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 27 janvier 1837, cette largeur est portée à 10 m. Les propriétés du côté gauche en entrant par la rue du Banquier sont à l’alignement. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement de 2 m. 20 c.

Avril 1844.
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