L’Encyclopédie/1re édition/HYGIENE

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Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand (Tome 8p. 385-388).
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HYGIENE, subst. fem. ὑγιεινὴ, (Medecine.) c’est un terme qui vient du grec ὑγιεινὸς, sanus, & qui sert à désigner la premiere des deux parties de la méthode medicinale concernant la conduite qu’il faut tenir pour la conservation de la santé actuellement existente ; comme la seconde partie de cette méthode est la Thérapeutique qui traite de la maniere de rétablir la santé lorsque l’on l’a perdue : ainsi ces deux parties renferment le double objet que l’on a pû se proposer pour le bien de l’humanité, par l’institution de la Medecine ; sa partie pratique ne peut pas tendre à autre chose.

Mais de ces deux objets, le plus utile sans doute, est celui qui consiste à rendre l’état de santé aussi durable, que la vie humaine le comporte de sa nature, & à préserver cet état de tout ce qui peut lui causer quelque altération considérable de tout ce qui peut réduire à la triste nécessité de faire usage des secours de l’art, pour le rétablissement de la santé : car, comme dit Seneque, c’est un plus grand service de soûtenir quelqu’un qui est dans le cas de faire une chûte, que de relever celui qui est tombé : pluris est labantem sustinere, quàm lapsum erigere. Ainsi le medecin auquel on peut devoir la conservation de sa santé, n’est pas moins à rechercher que celui auquel on peut devoir la guérison de quelque maladie.

Cependant comme il est très-rare que lorsqu’on se porte bien, ou que l’on croit se bien porter, l’on demande conseil sur la conduite que l’on doit tenir pour continuer à jouir de cet avantage, attendu que l’on est assez généralement dans l’idée, on peut même dire dans l’erreur de croire que la Medecine n’a pour objet que de guérir les maladies ; c’est ce qui a fait que la partie de cette science, qui prescrit des regles à l’égard de la santé, paroît avoir été fort négligée, soit par les maîtres qui ont enseigné la Medecine, soit par ceux qui l’ont enrichie de leurs ouvrages. Ensorte que la plûpart des auteurs d’institutions médicales des derniers siecles, se sont presque bornés à donner la définition de l’Hygiene, sans exposition des préceptes salutaires en quoi elle consiste, préceptes qui avoient fixé l’attention des anciens medecins, parce qu’il leur suffisoit d’en sentir l’importance, pour être déterminés à s’en occuper fortement, parce qu’ils avoient sincérement à cœur de se rendre utiles à l’humanité ; au lieu que la plûpart de ceux de ces tems-ci semblent ne se vouer à son service que pour la faire servir à leur propre utilité, puisqu’ils s’appliquent très-peu à étudier & à prescrire les regles qu’il faut observer pour la conservation de la santé, que l’on peut cependant entretenir bien plus aisément, que l’on ne peut contribuer à la rétablir.

En effet, l’art n’a pas autant de part qu’on le croit communément, à la guérison des maladies. Voyez la dissertation de Sthaal, de curatione æquivocâ. Elle est le plus souvent l’ouvrage de la nature dans les maladies aiguës. Voyez Nature. Et les maladies chroniques, sur-tout lorsqu’elles sont invétérées, sont presque toujours supérieures à tous les secours de l’art.

Ainsi la partie de la science medicinale qui peut être la plus avantageuse au genre humain, est donc sans contredit l’Hygiene, en tant qu’elle a pour objet la durée de la vie saine, le bien de ce monde, qu’il importe le plus de conserver, qui est le plus facile à perdre, & le plus difficile à recouvrer, & sans lequel, comme dit le docteur Burnet, reliqua plus aloës, quàm mellis habent.

Mais pour conserver ce bien si précieux, autant qu’il en est susceptible dans un sujet bien constitué, & qui n’a actuellement en lui aucune autre cause que la vie même qui le dispose à la mort, il est nécessaire de connoître avant toutes choses en quoi consistent la vie & la santé, comme il faut connoître la nature de la maladie avant que d’employer les moyens qui peuvent en détruire la cause. Voyez Vie, Santé, Constitution, Maladie, Medecine.

Pour satisfaire à ce qu’exige la conservation de la santé, on doit se proposer trois objets à remplir, savoir 1°. de maintenir l’état de l’individu qui en jouit actuellement, & d’y employer les moyens qui sont conformes à la complexion, au tempérament, qui lui sont propres, qui conviennent à son âge, à son sexe, au climat qu’il habite, à la profession, à l’état dans lequel il vit. Voyez Complexion, Tempérament, Age, Sexe, Climat, Profession. 2°. D’éloigner toutes les causes de maladie, de corriger l’influence de celles dont on ne peut se garantir, de changer la disposition qu’elles donnent à en être affecté. Voyez Prophylactique. 3°. De rendre sa vie durable autant qu’elle en est susceptible, en établissant, en préparant, ou en faisant subsister sans interruption, toutes les conditions nécessaires pour le maintien de la santé. Voyez Régime.

Ces conditions sont essentiellement renfermées dans le bon usage des six choses, que l’on appelle d’après les anciens, non-naturelles, qui deviennent naturelles, lorsque l’usage qu’on en fait tourne au profit de la santé ; & contre nature, lorsque l’on en use d’une maniere qui est nuisible à l’économie animale, c’est-à-dire que ces choses qui existent indépendamment de la nature considérée comme puissance, qui regle l’exercice de toutes les fonctions du corps humain, doivent cependant être regardées comme lui étant absolument nécessaires, & comme susceptibles de l’affecter avantageusement ou desavantageusement, selon qu’elles ont avec elles un rapport conforme ou contraire à ses besoins & à l’ordre qui doit y subsister.

Ces six choses sont donc 1°. l’air, & tout ce qui se trouve dans l’atmosphere, comme le feu, les météores, les exhalaisons de la terre, &c. Voyez Air. 2°. La matiere des alimens & de la boisson. Voyez Aliment, Pain, Viande, &c. Eau, Vin, &c. Diete. 3°. Le mouvement & le repos. Voyez Exercice, Mouvement, Repos. 4°. Le sommeil & la veille. Voyez Sommeil, Veille. 5°. La matiere des excrétions, celle des suppressions. Voyez Sécrétion, Excrétion, Flux. 6°. Enfin les passions de l’ame. Voyez Passion.

Ces différentes choses sont par conséquent de nature à influer indispensablement sur la conservation de la santé ; par conséquent les regles qui doivent être prescrites sur leurs bons & leurs mauvais effets, constituent la partie de la Medecine pratique, qui est l’Hygiene : ainsi on trouvera une exposition sommaire de ces regles par rapport à chacune des choses non-naturelles, sous le mot non-naturel, ou sous le nom de chacune des dénominations particulieres qui viennent d’être mentionnées.

On se bornera ici à rapporter les sept lois ou préceptes proposés par le célebre Hoffman (dissert. sept. leg. sanit. exhib. tom. V. opusc. diætetic.) pour servir à diriger sur tout ce qui a rapport à la conservation de la santé.

1°. Il faut éviter tout excès en quelque heure que ce soit, parce qu’il est extrèmement nuisible à l’économie animale ; la sobriété & la modération en tout, par conséquent même en fait de vertu, ne sauroit trop être recommandée ; c’est un conseil du sage Hippocrate, le meilleur connoisseur des vrais besoins du corps & de l’esprit (aphor. 51. sect. 2.) ; cette maxime est applicable à toutes les choses de la vie qui sont susceptibles d’influer sur la santé, & de porter quelque altération dans l’équilibre des solides & des fluides, c’est-à-dire dans la juste proportion du mouvement qui se fait entre eux, d’où dérive la disposition à l’exercice libre de toutes les fonctions du corps humain. Moderata durant, atque vitam & sanitatem durabilem præstant.

2°. On doit prendre garde à ne pas faire des changemens précipités dans les choses qu’on a accoutumées, parce que l’habitude est une seconde nature : cette regle est aussi importante à suivre dans le physique que dans le moral & dans le politique ; parce que les choses que l’on éprouve ordinairement, lors même qu’elles ne sont pas bien conformes aux intérêts de la santé, peuvent moins causer de desordre dans l’économie animale, que ce qui étant essentiellement salutaire ne seroit pas accoutumé. C’est ce qui est confirmé par l’expérience journaliere, depuis Hippocrate, qui dit d’après le même témoignage (aphor 49. sect. 11.) que les personnes foibles ne sont pas incommodées par certaines choses auxquelles elles sont habituées, tandis que des personnes robustes ne peuvent pas les éprouver impunément, parce qu’elles leur sont extraordinaires, quoiqu’elles ne soient pas essentiellement nuisibles, ainsi lorsqu’on juge qu’il y a quelque changement à faire dans la maniere de vivre, dans la conduite, en quelque genre que ce soit, il faut se faire peu-à-peu une habitude contraire à celle que l’on avoit, & ne rien précipiter dans l’innovation. Omnis mutatio subita mala ; quod paulatim & successivè fit, id tutum est.

3°. Il faut se conserver ou se procurer la tranquillité de l’esprit, & se porter à la gaieté autant qu’il est possible, parce que c’est un des moyens des plus sûrs pour se maintenir en santé, & pour contribuer à la durée de la vie. En effet, les passions de l’ame, dont elle est satisfaite, favorisent la distribution du fluide nerveux dans toutes les parties du corps ; par conséquent l’exercice de toutes les fonctions se fait avec facilité & d’une maniere soutenue ; au lieu que la trop grande contention, les peines d’esprit, les chagrins, la tristesse habituelle retiennent ce même fluide dans le cerveau, pour le seul exercice de la faculté pensante, & tous les autres organes en sont privés à proportion ; d’où s’ensuit un ralentissement général dans le cours des humeurs, & tous les mauvais effets qui peuvent s’ensuivre : ainsi la plûpart des hommes abregent leur vie plus par l’effet des maladies de l’esprit, que par celles du corps ; c’est pour quoi l’on peut dire avec Juvenal, que rien n’est plus à desirer pour la santé du corps, que la conservation de celle de l’ame. Optandum ut sit mens sana in corpore sano.

4°. Il faut tâcher, autant qu’il est possible, de vivre dans un air pur & tempéré, parce que rien ne contribue davantage à entretenir la vigueur du corps & de l’esprit. Rien n’affecte plus nos corps que l’air, & ne nuit davantage que ses impuretés & ses autres mauvaises qualités, comme l’excès, les variations subites de pesanteur, de légéreté, de chaleur, de froid & d’humidité qui operent à l’égard de nos solides, de nos fluides, & du cours de nos humeurs en général, des altérations, des changemens de la plus grande conséquence, qui peuvent avoir les suites les plus funestes. Voyez Air, Chaleur, Froid, Humidité, Température, Intempérie. Certe sanitas ad extremam senectutem duraret, dit Hoffman, si ceteris paribus, aëre, per quatuor anni tempora, puro, moderato & temperato semper frui liceret.

5°. On doit dans le choix des alimens & de la boisson, préférer toujours ce qui est le plus conforme au tempérament & à l’usage ordinaire, qui n’a pas été essentiellement nuisible, parce que la digestion, l’élaboration des humeurs qui en résultent, & leur distribution dans toutes les parties se font avec plus de facilité & d’égalité. Voyez Régime. Ainsi la matiere des alimens & de la boisson devant pénétrer dans les vaisseaux de notre corps, pour être changée en notre propre substance, ou pour servir aux autres différentes destinations ; ensorte que le superflu, ou ce qui est inutile, ou ce qui pourroit devenir nuisible, étant retenu, doit être porté hors du corps par les différens émunctoires destinés à cet usage ; il est nécessaire que cette matiere, dont doivent être formées nos différentes humeurs, soit de nature à favoriser la dissolution, la séparation des parties nourricieres, des recrémens & des excrémens, d’une maniere proportionnée aux besoins de l’économie animale, dans chaque individu : c’est ce qu’on apprend par l’expérience, qui n’a eu pour guide que le sentiment & l’habitude, & par la réflexion que l’on fait en conséquence sur les suites. C’est cette expérience raisonnée qui doit fournir les regles d’après lesquelles chaque homme sensé doit être le medecin de soi-même, pour se diriger non pas dans le traitement des maladies, mais dans l’usage des choses qui servent à la conservation de la santé. Tout ce qu’on peut dire à ce sujet se trouve renfermé dans les paroles suivantes de l’Hippocrate allemand. Ingesta salubriora languidis, infirmis, ægrotantibus, maxime commendanda sunt ; cùm aliàs non negandum sit robustiora & exercitata corpora, etiam duriora, insalubritatis titulo notata, præcipuè usitata, sæpè sine læsione ferre posse.

6°. Rien n’est plus important que d’établir une proportion raisonnable entre la quantité des alimens que l’on prend & celle du mouvement, de l’exercice du corps que l’on est en état de faire, ou que l’on fait réellement, eu égard au degré de forces dont on jouit, parce qu’il faut que la dépense soit égale à la recette pour se préserver de la surabondance ou du défaut d’humeurs. Voyez Exercice (Econom. anim.) Il suffira de rapporter ici la maxime du pere de la Medecine, l’oracle de Coos ; parce qu’elle renferme en peu de mots tout ce qu’on peut dire à ce sujet : Non satiari cibis & impigrum esse ad labores, sanum efficit corpus.

7°. Enfin, on ne sauroit trop s’éloigner de ceux qui conseillent le fréquent usage des remedes, parce que rien n’est plus contraire à la santé que de causer des changemens dans l’économie animale, de troubler les opérations de la nature, lorsqu’elle n’a pas besoin de secours, ou qu’elle peut se suffire à elle-même. C’est d’après cette vérité bien sentie, que le célebre medecin Montanus, & à son imitation Wepfer & Branner, terminoient toutes leurs consultations, tant pour les malades, pour les valétudinaires, que pour les gens en santé, par la recommandation de se livrer le moins possible aux Medecins & à la Medecine, parce qu’il y a fort à craindre que l’on ne donne sa confiance à des ignorans, qui n’ont souvent que le titre de docteur pour tout mérite ; le nombre de ces gens-là étant fort supérieur à celui des habiles maîtres de l’art, puisqu’ils sont extrêmement rares, & les autres aussi communs que dangereux ; ensorte qu’ils peuvent être regardés, tant qu’ils font les fonctions de medecin, comme des fléaux de l’humanité, de véritables pestes endémiques : ce qui fait douter, avec raison, si cette profession n’est pas plus nuisible qu’utile, non par elle-même, mais par ceux qui l’exercent mal. Ainsi, lorsqu’on jouit de la santé, & qu’il ne s’agit que de la conserver avec la tempérance & la modération, on peut éviter d’avoir besoin de medecins, & de s’exposer à être les victimes de l’ignorance : lorsque la santé se dérange, & qu’on est menacé de maladie, la diete & l’eau, selon le célebre praticien de Paris M. Molin, dit Dumoulin, sont les meilleurs remedes pour prévenir le danger des suites. En général, on a raison de dire que l’on doit éviter de vivre medicinalement, si l’on ne veut pas vivre misérablement ; & d’après cette maxime, Celse commence de cette maniere son traité de re medicâ, concernant les moyens de conserver la santé : Sanus homo, qui & bene valet & suæ spontis est, nullis obligare se legibus debet, ac neque jatralipta egere. Et ailleurs, il ajoûte, optimâ medicinâ est non uti medicinâ. L’école de Salerne, dont les préceptes ne sont pas toûjours à mépriser, persuadée que l’on peut très-bien se passer de Medecins, renferme, dans un seul distique, les principales regles de l’Hygiene, avec l’observation desquelles on peut se servir de medecin à soi-même, sur-tout si on n’est pas à portée d’en avoir de bons, ce qui est pis que d’en manquer entierement. Elle s’exprime donc ainsi :

Si tibi deficiant Medici, Medici tibi fiant
Hæc tria, mens hilaris, requies moderata, diæta.

Pour supplément à ce que la nature de cet ouvrage n’a pas permis de traiter plus au long, & de mentionner même dans cet article, concernant les différentes choses qui intéressent la conservation de la santé, il ne reste qu’à ajoûter ici la loi générale que prescrit l’admirable Hippocrate, epidem. lib. VI. §. 6. sur la plûpart de celles qui influent le plus à cet égard : Labor, cibus, potus, somnus, venus, omnia sunto mediocria. De cette maniere, & par une seule épithete, il détermine, avec toute la précision possible, l’ordre même que l’on doit observer dans l’usage de ces choses par rapport au tems où il convient de le placer pour chacune en particulier ; en les énonçant dans l’ordre successif qu’elles doivent avoir entre elles ; c’est-à-dire, que l’on doit faire de l’exercice avant de prendre ses repas ; que l’on ne doit se livrer aux plaisirs de l’amour qu’après le sommeil, & que l’on doit mettre beaucoup de modération dans ces différens actes de la vie.

Il reste encore à désigner les principaux auteurs qui ont écrit sur les regles à observer pour la conservation de la santé. On est, à cet égard, comme à bien d’autres, plus redevable aux anciens qu’aux modernes, dont ceux qui ont donné les meilleurs traités d’Hygiene, n’ont fait que commenter ce qui leur avoit été transmis sur cette matiere par les Grecs & les Romains.

En effet, il semble qu’on ne peut rien ajoûter pour le fond, à ce que le pere de la Medecine nous a laissé concernant la conservation de la santé, dans son excellent traité de aëre, aquis & locis, dans son livre de alimento, dans ses dissertations de diætâ salubri, de liquidorum usu, & passim, dans presque tous ses ouvrages, particulierement dans ses livres de flatibus, de geniturâ, où il traite de l’acte vénérien, & dans ses aphorismes.

Galien a beaucoup écrit sur l’Hygiene : outre les commentaires qu’il a donnés des ouvrages d’Hippocrate sur ce sujet, & particulierement des aphorismes 1, 4, 5, 17, du troisieme livre ; on trouve encore, parmi les ouvrages de cet auteur, quatre livres de sanitate tuendâ, trois livres de alimentis, un livre de attenuante victu, d’autres de consuetudine, de salubri diætâ, un autre de exercitatione parvæ pilæ. On peut consulter, sur les ouvrages de Galien en ce genre, l’abrégé qu’en a donné Fuchsius dans son épitome, ainsi que celui de Valleriola in locis communibus.

Le Cicéron des Medecins, Celse, ne s’occupe, dans le premier de ses huit livres de re medicâ, que de ce qui a rapport à la conservation de la santé : on a un excellent commentaire de ce beau morceau d’Hygiene par Lommius.

On trouve, dans les œuvres d’Avicene, un traité particulier d’Hygiene, sous le titre de correctione sex rerum non-naturalium. On a aussi un ouvrage complet de Jules Alexandrin sur les choses salutaires, où il est sur-tout amplement question de tout ce qui a rapport aux alimens : cette hygiene est divisée en trente-trois livres.

Pour ce qui regarde la Gymnastique medicinale, outre ce qu’en a donné Galien dans ses livres de sanitate tuendâ & dans le dernier de ses ouvrages, qui viennent d’être cités, on a un excellent traité de Mercurial, de arte gymnasticâ. Voy. Gymnastique.

Tous les auteurs d’institutions de Medecine ont traité de l’Hygiene comme une des parties principales de cette science ; cependant plusieurs d’entre eux, tel qu’Ethmuller, se sont très-peu étendus sur cette matiere, par les raisons alléguées au commencement de cet article. Sennert & Riviere en ont traité avec assez de détail ; ce dernier sur-tout, qui donne de fort bonnes choses sur la nature & le choix des alimens.

On peut consulter une dissertation sur l’Hygiene, donnée par M. Bon, professeur de l’université de Valence : mais un des meilleurs ouvrages en ce genre, est celui du docteur Cheyne, intitulé de infirmorum sanitate tuendâ vitâque producendâ, qui ne peut être surpassé que par le traité complet d’Hygiene que l’on trouve dans les institutions du célebre Hoffman, tom. I. lib. II. & par les savantes dissertations diététiques insérées dans la partie citée ci-devant des ouvrages de cet auteur, un des modernes auxquels la saine théorie de la Medecine est le plus redevable de son avancement, ainsi qu’à Boerrhaave, dont le petit abrégé d’hygiene que l’on trouve dans les institutions & dans les préleçons qui y sont relatives, pourroit fournir matiere à un très-beau & très-utile commentaire, dont il eût été à souhaiter que le baron de Haller eût voulu se charger, ou au moins donner le supplément par des notes, comme il a fait avec tant de gloire à l’égard de la physiologie de cet auteur.