Le Mystère de Quiberon

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Dujarric et Cie, Éditeurs.

TABLE DES MATIÈRES




CHAPITRE PREMIER. — Résistance de l’opinion publique à la constitution républicaine. — Un retour de la monarchie considéré comme inévitable. — Combinaisons successives des principaux meneurs : Danton, Robespierre ; Mission de Maret et Semonville. — Recrudescence du mouvement royaliste après Thermidor. — Divers courants dans le parti royaliste. — Machiavélisme du comte de Provence ; ses menées révolutionnaires avant l’émigration, son attitude d’intransigeance après l’émigration ; son appréciation sur la mort de Louis XVI et ses pronostics sur celle de Louis XVII. — La mort du jeune roi escomptée par les gens de cour et d’affaires. — Sa délivrance souhaitée et prévue par les royalistes de l’intérieur. — Motifs de la défiance des princes à l’égard de la Vendée. — Projets pour la délivrance du jeune roi ; combinaisons diverses ; les illusions de Charette ; les moyens de Frotté ; le concours de Barras acquis par Joséphine de Beauharnais.

CHAPITRE II. — Les premiers soins de Barras après le 9 Thermidor. — Mesures prises pour procurer l’évasion. — Départ de Puisaye pour Londres. — Son entente avec Frotté. — Variations dans la conduite des princes à l’égard de Puisaye. — Les antécédents de Puisaye. — Son œuvre en Bretagne ; organisation insurrectionnelle du pays. — Nomination de Cormatin, major général. — Négociations avec le cabinet de Saint-James ; promesses de Puisaye. — Concours assuré de la Vendée et des autres provinces. — Intelligences pratiquées dans l’armée républicaine. — Connivences non douteuses dans les administrations et les comités de gouvernement. — Chances de réussite pressenties et escomptées dans le public. — Plans de Puisaye approuvés par les princes ; brevet de commandement donné par le Régent. — Le projet était-il réalisable ? Opinion des contemporains et des historiens.

CHAPITRE III. — Préparatifs d’insurrection connus du gouvernement ; mesures prises en sens inverse des intérêts républicains. — Choix des agents militaires et civils. — Esprit de l’armée ; la plupart des généraux engagés dans des combinaisons monarchiques. — Hoche, ses antécédents ; ses tendances ; ses relations royalistes. — Probabilité de son entente avec Frotté et Puisaye. — Sa participation à l’entreprise d’évasion du jeune roi. — Sa nomination et celle de Canclaux à la tête des armées dans l’Ouest. — Choix des commissaires aux armées et des délégués négociateurs fait dans le même esprit. — But réel des négociations ; mesures préparatoires ; décret d’amnistie du 20 frimaire an III.

CHAPITRE IV. — Premières démarches tendant à ouvrir des négociations. — Intermédiaires employés pour s’aboucher avec Charette. — Mme Gasnier-Chambon. — M. Bureau de La Batardière. — Première entrevue ; dispositions intransigeantes de Charette ; lettre de Ruelle et promesses qu’elle contient. — Suspension d’armes. — Conférences préliminaires ; base d’entente impliquant la prévision d’une restauration monarchique. — Réalité des promesses de Ruelle affirmée par un témoignage authentique. — Courant d’opinion dans ce sens déterminé par une série de faits et de manifestations. — Les chouans au théâtre de Nantes ; le dîner des rois. — Les protestations républicaines de Boursault négligées ; Boursault écarté des négociations. — Hoche et Frotté à Nantes dans la même maison ; similitude singulière de leur attitude. — Le secret de Charette ; raisons qui le portent à traiter et qui retiennent Stofflet dans le parti de l’intransigeance. — Charette au rendez-vous de La Jaunaye ; arrivée tardive des délégués conventionnels. — Conditions définitives constituant un territoire indépendant.

CHAPITRE V. — La question des clauses secrètes. — Le manifeste de Cormatin. — Nécessité morale des clauses secrètes. — Les historiens qui en nient l’existence : Thiers ; de La Sicotière. — Comment cette opinion s’est formée. — Les habiletés d’Eckart ; ses aveux involontaires. — Les variations de Beauchamp. — Témoignages de contemporains : Henriot, Boursault, Barère, Boissy d’Anglas, Chateaubriand. — Documents officiels ou publics : lettre de Sieyès au général Beaufort ; lettre du Comité de salut public à Guezno ; déclarations de Cormatin devant ses juges. — Explications embarrassées de Roux (de la Marne) à la tribune de la Convention. — Intervention de Tallien pour étouffer la question. — L’opinion de Napoléon. — La lettre de Charette au Régent de France.

CHAPITRE VI. — Signature du traité de La Jaunaye. — Teneur des clauses secrètes. — L’appréciation de Napoléon. — Portée réelle du traité. — Fête de la Pacification ; entrée de Charette à Nantes ; manifestations royalistes coupées par Bureau de La Batardière. — Mouvement prononcé de l’opinion. — Les délégués pacificateurs à la Convention ; protestations jacobines ; explications embarrassées des négociateurs ; incident préparé pour enlever le vote.

CHAPITRE VII. — Caractère précaire de la pacification. — Le véritable danger menaçant du côté de la Bretagne ; symptômes qui en annoncent la gravité. — Négociations sur la rive droite de la Loire ; premiers pourparlers entre Humbert et Cormatin. — Répétition des manœuvres employées sur la rive gauche ; M. Le Deist de Botidoux et la vicomtesse Turpin de Crissé. — Premières propositions rejetées. — Nouvelles propositions basées sur les conditions offertes à Charette. — Compromis avec Bois-Hardy et Chantreau. — Entrevue de Turpin et de Bancelin. — Adhésion de quelques chefs au compromis Bois-Hardy. — Armistice dénoncé par Turpin. — Conférence à La Chaufournaie ; nouvel armistice accepté par la plupart des chefs de la rive droite. — Entrevue à Moncontour ; rendez-vous pris par Hoche et Danican, Bois-Hardy et Cormatin. — Conférences de La Mabilais. — Hoche, porteur de pleins pouvoirs, refuse de s’y rendre ; motifs de ce refus ; revirement soudain de la presque totalité des chefs chouans.

CHAPITRE VIII. — Conduite parallèle de Hoche et de Frotté en ce qui concerne les négociations. — Explication de cette conduite ; lettres de Hoche et lettres du gardien du Temple, Laurent. — Singulier résultat des conférences de La Mabilais ; revirement subit des principaux chefs royalistes et de Hoche. — Le traité signé en dehors du porteur des pleins pouvoirs. — Entrée de Cormatin à Rennes. — Message des délégués au Comité de salut public. — Reprise immédiate des préparatifs insurrectionnels.

CHAPITRE IX. — Puisaye à Londres poursuit et achève les préparatifs de l’expédition. — Importance des secours fournis par l’Angleterre. — Fabrique d’assignats. — Composition des corps expéditionnaires. — Pouvoirs de commandant en chef donnés à Puisaye par le Régent de France. — Lettres de service à lui remises par le ministère anglais. — Commission donnée à d’Hervilly. — Conflit entre les deux commandants ; raisons de ce conflit. — Mort de Louis XVII annoncée ; croyance générale à son évasion. — Notes de police. — Mme Royale ne prend pas le deuil de son frère. — Sa lettre datée d’Huningue. — Dépêches contradictoires de l’agence royaliste de Paris. — Sens réel de ces dépêches. — Avis de la mort de Louis XVII reçu pendant la traversée ; accepté par les uns, rejeté comme faux par les autres.

CHAPITRE X. — Rencontre de l’armée expéditionnaire et de l’escadre républicaine. — Attitude hésitante de Villaret-Joyeuse. — Combat naval ; retraite malheureuse de l’escadre républicaine. — Sommation de Belle-Isle par le commodore Ellison. — Termes de cette sommation faite au nom de Louis XVII ; fausse version introduite dans l’histoire. — Deuxième sommation au nom de Louis XVIII. — L’escadre anglaise dans la baie de Quiberon. — Temporisation de d’Hervilly. — Débarquement des premiers régiments. — Altercation publique entre les deux commandants. — La messe de Carnac ; scission entre les corps royalistes ; proclamation de Louis XVII ou de Louis XVIII ; nouvelle version fausse. — Les motifs de d’Hervilly entrevus par Michelet. — La proclamation de Puisaye au nom de Louis XVII.

CHAPITRE XI. — Distribution des armes. — Ardeur des chouans. — Tactique de d’Hervilly. — Raisons de cette tactique ; instructions de l’agence de Paris à d’Hervilly et aux chefs royalistes. — Refus d’autoriser la marche en avant. — Conflit d’autorité entre Puisaye et d’Hervilly. — Premiers succès des chouans ; concours des populations. — Mouvement contrarié par les mesures de d’Hervilly. — Offensive reprise par les républicains. — Singulière inaction de Hoche. — Prise du fort Penthièvre et occupation de la presqu’île par les royalistes.

CHAPITRE XII. — Mouvement rétrograde ordonné par d’Hervilly ; déplorables dispositions. — Mécontentement marqué des Chouans. — Attaque des lignes royalistes par les républicains. — Retraite protégée par Cadoudal. — Exclamation admirative de Hoche. — Inaction complète de d’Hervilly. — La presqu’île bloquée du côté de la terre. — Temporisation inexplicable de Hoche. — Débarquement de corps chouans pour tourner l’armée républicaine. — Le corps de Tintiniac détourné par des instructions perfides émanant de l’agence de Paris. — Mort de Tintiniac ; dislocation de son corps d’armée. — La division de Jean-Jean dissoute par l’effet des mêmes intrigues. — Système de contre-ordres et de faux ordres pratiqué pour empêcher le succès au nom de Louis XVII.

CHAPITRE XIII. — Documents contemporains. — Ordre du jour d’un chef de canton et ordre du jour d’un comité correspondant à l’agence de Paris. — Preuve qui en résulte du conflit entre les partisans de Louis XVII et ceux de Louis XVIII. — Lettre du comte de Talhouët confirmant cette preuve. — Fausse annonce de la reconnaissance de Louis XVIII par le roi d’Angleterre. — Réserve de l’Angleterre sur cette question, établie par les journaux de l’époque. — Persistance des Vendéens et des Chouans à reconnaître Louis XVII. — Une adresse du Comité de surveillance de Nantes. — Un récit d’un chef royaliste attestant la fidélité à Louis XVII en septembre 95.

CHAPITRE XIV. — Attaque des lignes républicaines résolue contre l’avis de Puisaye. — Imprudence manifeste de cette attaque et chances évidentes de succès perdues par la précipitation. — Dispositions malhabiles. — Vauban chargé d’une diversion inexécutable ; échec de ce mouvement. — Surprise manquée. — Assaut donné sur le point le moins abordable. — Retraite ordonnée. — D’Hervilly blessé à mort. — Confusion dans les troupes royalistes ; défaite désastreuse. — Absence singulière de Hoche. — Résultats de la journée ; pertes considérables subies par les royalistes. — Examen de la situation. — Considérations sur la similitude de conduite expectative de la part de Hoche et de Puisaye.

CHAPITRE XV. — Caractère particulier des relations qui s’établissent entre les deux camps. — Mouvement des désertions qui se produisent en sens inverse. — Pourparlers entre le général Humbert et le marquis de Contades. — Intervention de Vauban. — Raisons secrètes de la rencontre. — Coïncidence de ces pourparlers avec la présence de Tallien. — Prolongation de l’expectative de la part des deux généraux et des représentants. — Intervention de Guezno pour la faire cesser. — Arrivée de Hoche au camp ; les acclamations des troupes ; l’attitude soucieuse de Hoche.

CHAPITRE XVI. — Ordre de bataille pour l’attaque de la presqu’île. — Marche retardée par une tempête violente. — Gaieté de Hoche en face de ce contre-temps. — Attaque des retranchements par la colonne de Hoche et retraite inexplicable de cette colonne. — Aile gauche républicaine maltraitée par le feu de l’escadre. — Reddition du fort Penthièvre par la trahison de la garnison. — Prise à revers des retranchements. — Jonction et marche en avant des deux ailes républicaines. — Absence singulière du centre. — Retraite des royalistes. — Commandement remis à Sombreuil et embarquement de Puisaye. — Appréciation de la conduite de Puisaye.

CHAPITRE XVII. — Embarquement des royalistes sur l’escadre anglaise. — Retraite dirigée par Sombreuil. — Évacuation successive des divers postes. — Refuge cherché dans le Fort-Neuf. — Position des deux armées séparées par les feux de l’escadre. — Propositions faites aux royalistes par Humbert et ses grenadiers. — Pourparlers de Sombreuil avec Humbert, puis avec Hoche. — Capitulation promise. — Condition imposée de faire cesser le feu de l’escadre. — Dévouement de Gesril du Papeu. — Reddition des royalistes. — Mise en marche vers le fort Penthièvre. — Attitude mélancolique de Hoche ; réflexions à ce sujet. — Rapports de cordialité qui s’établissent entre les vainqueurs et les vaincus. — Parole d’honneur demandée aux prisonniers. — Conditions singulières de la conduite à Auray et à Vannes. — Le fait de la capitulation connu sur l’escadre.

CHAPITRE XVIII. — Emprisonnement des captifs à Auray. — État dressé par catégories pour faciliter les mesures de clémence. — Les dispositions favorables détruites par la crainte des soupçons. — Les projets d’amnistie confiés par Tallien à Rouget de Lisle. — L’intervention de Lanjuinais. — Revirement de Tallien ; son discours à la Convention. — Mesures de Blad pour attendre le décret d’amnistie promis par Tallien. — Première commission militaire se déclarant incompétente ; ses actes supprimés.

CHAPITRE XIX. — Départ hâtif de Hoche et des bataillons de grenadiers. — Pression exercée sur Blad par le Directoire du département. — Progression des empiètements d’autorité pris par le Directoire pour forcer aux mesures de rigueur. — Réquisition formelle signifiée au général Lemoine. — Effet produit par la nouvelle de la mise en jugement. — Entrevue de Sombreuil et d’Humbert. — Tentative de suicide de Sombreuil. — Sa comparution devant la commission ; son serment sur le fait de la capitulation. — Protestation des grenadiers. — Suppression des procès-verbaux d’interrogatoires ; singuliers commentaires de M. de Closmadeuc et de M. Chassin. — Demande de sursis adressée par la commission militaire à Blad. — Arrêté de Blad cassant la commission ; sa lettre explicative au Comité de salut public. — Transfert des premiers condamnés à Vannes et leur exécution. — Déclaration de Blad aux commissions militaires et proclamation au peuple pour proscrire tout rappel de la capitulation. — Les accusés privés de défenseurs.

CHAPITRE XX. — Fonctionnement des Commissions. — La sévérité prescrite tempérée par l’indulgence des juges militaires. — Refus de siéger du commandant Douillard ; les commentaires de M. de Closmadeuc et de M. Chassin infirmés par une lettre authentique du général Lemoine. — L’opinion générale de l’armée sur la réalité de la capitulation prouvée par l’ensemble des documents. — Nouvelle intervention du Directoire départemental pour faire éluder l’obligation de lire les sentences au lieu de l’exécution ; soumission docile de Lemoine. — Faits de complaisance pour l’évasion de quelques condamnés. — Satisfaction donnée à la justice de la République. — Remords de Hoche.

CHAPITRE XXI. — Lettres remises par Sombreuil à Humbert. — Celle destinée à Hoche, mutilée. — Celle destinée à Tallien, supprimée. — Celle destinée à l’amiral Warren, publiée par indiscrétion. — Ce qu’il faut penser des griefs qu’elle contient contre Puisaye. — Le caractère de la lettre trahi par la publication faite. — Doutes graves sur son authenticité ; opinion de Rouget de Lisle, de Beauchamp. — Conjectures sur les motifs qui l’auraient fait supposer.

CHAPITRE XXII. — L’expédition de la seconde armée retardée par les hésitations du comte d’Artois. — Motifs de ces hésitations. — Pourquoi le comte d’Artois avait désiré ce commandement et pourquoi il cherchait à s’en dégager. — L’esprit de la Bretagne après Quiberon. — La confession de d’Hervilly. — Les accusations portées contre Puisaye ; ce qu’on doit penser de ses intentions. — Défaut d’entente entre le comte d’Artois et lui. — Avances faites à Charette par les Princes. — Rectitude de la conduite de Charette ; ses trois manifestes successifs. — Missions de divers agents de Vérone et de Londres.

CHAPITRE XXIII. — Embarquement du comte d’Artois. — Effectif du corps expéditionnaire qu’il commande. — Son séjour à l’île d’Houat et ses négociations avec les chefs bretons. — Sa rupture avec Puisaye. — Sa démonstration devant les côtes de Vendée. — Ordres et contre-ordres envoyés à Charette. — Séjour à l’île d’Yeu. — Négociations avec Charette et Stofflet. — Attitude de Charette. — Dernier mouvement ordonné et contremandé. — Charette accepte son arrêt de mort.

CHAPITRE XXIV. — Conduite du comte d’Artois expliquée par les faits. — Attitude des chefs vendéens en face de la question dynastique. — Réserve de Stofflet. — Acceptation par Charette du brevet de lieutenant-général et refus des décorations. — Supposition absurde de Crétineau-Joly. — Véritable raison du malentendu. — Demande d’explications catégoriques adressée à Charette. — Sa lettre au Comité de salut public et sa réponse à l’envoyé du comte d’Artois. — Départ du comte d’Artois déterminé par l’inflexibilité de Charette. — Lettre de Charette au sujet de ce départ. — Révélations de Vauban éclairant tout le mystère.