L’Encyclopédie/1re édition/HERBE

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Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand (Tome 8p. 145-149).
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HERBE, subst. f. (Botan.) selon M. Tournefort, le nom d’herbe, à proprement parler, convient à toutes les plantes, dont les tiges poussent tous les ans après que les semences sont mûres.

Il y a des herbes dont les racines vivent pendant quelques années, & d’autres dont les racines périssent avec les tiges ; on appelle annuelles celles qui meurent dans la même année après avoir porté leurs fleurs & leurs graines, comme le froment, le segle & autres. On nomme bisannuelles celles qui ne donnent des fleurs & des graines que la seconde ou même la troisieme année après qu’elles ont levé, & qui périssent ensuite ; telles sont l’angélique des jardins & quelques autres. Les herbes dont la racine ne périt pas après qu’elles ont donné leurs semences, s’appellent des herbes vivaces ; telles sont le fenouil, la menthe & autres : nous en trouvons plusieurs parmi celles qui sont toujours vertes, comme le cabaret, le violier, &c. & d’autres qui perdent leurs feuilles pendant une partie de l’année, comme le pas-d’asne, le pied de-veau, la fougere, &c.

Herbe aux anes, ou Agra (Bot.) genre de plante à fleur, composée de quatre pétales disposés en rose, & soutenus par un calice. Le pistil sort de la partie supérieure du calice, qui forme un tuyau ; la partie inférieure devient un fruit cylindrique qui s’ouvre en quatre parties, qui est divisé en quatre loges, & qui renferme des semences attachées à un placenta, & le plus souvent anguleuses. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe Saint-Antoine, chamænerion, (Bot.) genre de plante à fleur, composée de quatre pétales disposés en rose ; il sort du milieu de la fleur un pistil qui s’ouvre dans plusieurs especes de ce genre en quatre pieces ; le calice est de forme cylindrique, il a pour l’ordinaire quatre feuilles, il devient un fruit divisé en quatre loges qui s’ouvrent aussi en quatre pieces par la pointe : ce fruit renferme des semences garnies d’aigrettes, & attachées à un placenta qui a quatre feuillets ; ils forment les cloisons du fruit. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe blanche, gnaphalium, (Bot.) genre de plante à fleur, composée de plusieurs fleurons découpés, portés sur un embryon, séparés les uns des autres par des feuilles pliées en gouttiere, & soutenues par un calice écailleux presque demi-sphérique. L’embryon devient dans la suite une semence enveloppée d’une coëffe. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe à coton, filago, (Bot.) genre de plante à fleur composée de plusieurs fleurons découpés en étoile, portés chacun sur embryon, & soutenus par un calice écailleux qui n’est pas luisant : chaque embryon devient une semence garnie d’une aigrette. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

L’Herbe à coton ou gnaphalium vulgare est d’un genre différent que le gnaphalium montanum, ou pié-de-chat.

La racine de l’herbe à coton est fibreuse & chevelue ; ses tiges sont grêles, hautes de six à neuf pouces, droites, cylindriques, blanches à leurs sommités, couvertes d’un grand nombre de feuilles, placées sans ordre, velues, étroites & oblongues. Il naît à l’extrémité des rameaux, ou dans les angles qu’ils font en s’écartant de la tige, des bouquets de plusieurs fleurs ramassées ensemble & sans pédicule ; elles sont composées de fleurons si petits, qu’à peine peut-on les voir, divisés en cinq parties, appuyés sur un embryon & renfermés dans un calice écailleux qui n’est ni doré, ni luisant : cet embryon se change en une semence garnie d’une aigrette. (D. J.)

Herbe cachée, voyez Clandestine.

Herbe aux Chats, (Botan.) cataria, genre de plante à fleur monopétale labiée ; la levre supérieure est relevée, arrondie & découpée en deux pieces ; la levre inférieure est découpée en trois pieces, celle du milieu est creusée en forme de cuiller, les deux autres bordent l’ouverture de la fleur ; il sort du calice un pistil attaché comme un clou à la partie postérieure de la fleur, & entouré de quatre embryons qui deviennent dans la suite autant de semences arrondies & renfermées dans une capsule qui a servi de calice à la fleur. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Boerhaave compte sept especes de cataire, dont la principale est nommée par les Botanistes cataria major vulgaris, ou menta cataria.

Sa racine est blanche, ligneuse, divisée en plusieurs branches ; elle pousse une tige qui s’éleve à la hauteur de trois piés & plus, quarrée, velue, rameuse, rougeâtre en bas près de la terre, du reste blanchâtre, & produisant des rameaux opposés deux à deux ; ses feuilles sont semblables à celles de la grande ortie, dentelées en leurs bords, pointues, lanugineuses, blanchâtres, attachées à de longues queues, d’une odeur de menthe, forte, d’un goût âcre & brûlant.

Ses fleurs naissent aux sommités des branches, ordinairement pressées, formées en gueule, purpurines ou blanchâtres, disposées en maniere d’épics ; chacune de ces fleurs est un tuyau découpé par le haut en deux levres, & soutenu par un calice fait en cornet, & à cinq pointes, dans lequel les semences sont renfermées ; elles sont ovales, au nombre de quatre, qui succedent à la fleur quand elle est tombée.

Cette plante croît dans les jardins le long des sentiers, parmi les haies, sur le bord des levées & des fossés, dans les endroits humides : elle fleurit en été, a une odeur forte qui tient de la menthe & du pouliot. On l’appelle herbe aux chats, parce que ces animaux l’aiment beaucoup, sur-tout quand elle est un peu fannée : elle est aromatique, âcre, amere, & ne rougit point le papier bleu, ce qui fait voir qu’elle contient un sel volatil, aromatique, huileux, dans lequel la partie urineuse domine de même que dans le sel volatil huileux artificiel. (D. J.)

Herbe aux Chats, (Mat. med.) on emploie fort rarement cette plante dans les prescriptions magistrales ; on pourroit y avoir recours cependant comme aux autres plantes emménagogues & hystériques, auxquelles elle est très-analogue : elle entre dans les compositions suivantes de la Pharmacopée de Paris, savoir l’eau générale, l’eau hystérique, les trochisques hystériques, le syrop d’armoise, & la poudre d’acier. (b)

Herbe de Saint-Christophe, christophoriana, (Bot.) genre de plante à fleur en rose, composée de plusieurs pétales disposés en rond ; il sort du milieu de la fleur un pistil, qui devient dans la suite un fruit mou ou une baie en forme d’œuf remplie de semences qui tiennent ordinairement les unes aux autres, & qui forment deux files. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Boerhaave en nomme quatre especes étrangeres ; il doit nous suffire de parler de la christophoriane commune, appellée par Tournefort, christophoriana nostras, racemosa & ramosa.

Elle pousse des tiges à la hauteur d’un ou deux piés, menues, tendres, rameuses ; ses feuilles sont assez grandes, divisées en plusieurs parties, oblongues, pointues, dentelées en leurs bords, de couleur verte-blanchâtre : ses fleurs naissent aux sommités, formées en grapes ou épics, composées chacune de cinq pétales blancs, disposés en rose. Quand cette fleur est passée, il lui succede une baie molle, ovale, peu charnue, laquelle noircit comme le raisin en meurissant. Elle renferme deux rangées de semences plates, posées les unes sur les autres. La racine de cette christophoriane est assez grosse, garnie de quelques fibres, noire en-dehors, jaune ou de couleur de buis en-dedans.

Il faut prendre garde d’user de cette plante intérieurement ; car elle est un poison semblable à celui de l’aconit ordinaire. Elle vient plus haut dans les vallons que dans les montagnes, & cependant elle se plaît sur leur sommet, au rapport de Simler ; c’est pour cela que M. de la Mothe le Vayer, domicilié à la cour, disoit joliment de lui : « Je ressemble ici à la christophoriane, qui se tient d’autant plus petite, qu’elle se trouve dans un lieu plus élevé ». (D. J.)

Herbe à coton, (Mat. med.) l’herbe à coton est rarement d’usage, ou plutôt elle est absolument inusitée ; elle est appellée dans les livres vulnéraire & astringente. (b)

Herbe aux cuillers, cochlearia, (Bot.) genre de plante à fleur composée de quatre pétales disposés en croix ; il sort du calice un pistil qui devient dans la suite un fruit presque rond, divisé en deux loges par une cloison qui porte deux coques ou panneaux ; il se trouve dans chaque loge des semences presque rondes. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe à l’Epervier, hieraceum, (Botan.) genre de plante à fleur composée de plusieurs demi-fleurons portés sur un embryon & soutenus par un calice : les embryons deviennent des fruits garnis d’aigrette & ramassés en bouquet. Ajoutez à ces caracteres que les tiges sont fortes & branchues, ce qui fait distinguer l’herbe à l’épervier du scorsonere, de la dent-du-lion, &c. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe a éternuer, ptarmica, (Bot.) genre de plante à fleur radiée, dont le disque est composé de fleurons, & la couronne de demi-fleurons, portés sur des embryons, & soutenus par un calice écailleux ; les embryons deviennent dans la suite de petites semences. Ajoutez à ces caracteres que les feuilles sont dentelées ou découpées profondément & différemment des feuilles du mille-feuille. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe a éternuer, (Mat. méd.) cette plante a tiré son nom de la propriété sternutatoire qu’elle possede. Nous n’en faisons presque point d’usage, parce que nous avons des sternutatoires plus sûrs.

Herbe aux hémorrhoïdes, (Bot.) Voyez Scrophulaire (petite.)

Herbe au lait, glaux, (Bot.) genre de plante à fleur monopétale, faite en forme de cloche, quelquefois ouverte, quelquefois fermée, & toujours découpée ; il sort du milieu de la fleur un pistil, qui devient dans la suite un fruit ou une coque ordinairement sphérique ; elle s’ouvre par la pointe, & elle renferme de petites semences attachées à un placenta. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe aux mites, blattaria (Bot.) Les plantes de ce genre ne different du bouillon blanc qu’en ce que leur fruit est plus arrondi. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

L’espece la plus commune nommée par Tournefort, & autres Botanistes, blattaria lutea, folio longo laciniato, a quelque rapport avec le bouillon blanc ; mais ses feuilles sont plus petites, plus étroites, plus vertes, dentelées, & découpées sur leurs bords ; les tiges sont hautes de trois à quatre piés, branchues, arrondies, garnies vers le bas de quelques feuilles plus courbées que les supérieures. Ses fleurs sont d’une seule piece, jaunes, taillées en rosette, dont les cinq quartiers sont obtus & arrondis ; du calice de ces fleurs qui répandent une odeur douce, s’élevent cinq étamines purpurines, à sommets jaunes ; le pistil qui enfile la fleur, devient une coque dure, arrondie, & qui s’ouvre en deux parties, contenant des semences menues & anguleuses ; lorsque cette plante est répandue par terre, elle attire les mites, dit Pline, c’est pourquoi nous l’appellons à Rome blattaria ; mais je ne sais si la blattaire de Pline est la nôtre. (D. J.)

Herbe musquée, moschatellina. (Bot.) genre de plante à fleur radiée & découpée ; il sort du calice un pistil qui est attaché comme un clou au milieu de la fleur, & qui devient dans la suite, suivant l’observation de Ray, un fruit mou ou une baie, pleine de suc & de semence applatie. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe aux nombrils, omphalodes, (Bot.) genre de plante à fleur radiée & découpée ; il sort du calice un pistil qui est attaché comme un clou au milieu de la fleur ; il devient dans la suite un fruit composé de quatre capsules concaves ; elles forment chacune une sorte de nombril, & elles portent une semence presque plate, & attachée à un placenta qui a la figure d’une pyramide à quatre faces. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Herbe paris, (Bot.) Les racines de cette plante, que presque tous les Botanistes appellent herba paris, & que nous nommons vulgairement raisin de renard, rampent sur la surface de la terre ; elles sont foibles, de couleur brune, poussent çà & là des branches ou des tiges longues, & à la hauteur d’un demi-pié ; ces tiges ont ordinairement quatre, quelquefois cinq ou six feuilles, larges, rondelettes, & terminées en une pointe aiguë. Du milieu de ces feuilles, s’éleve une foible tige qui a deux ou trois pouces de haut, & qui porte une fleur composée de quatre feuilles vertes, au-dessous desquelles il y en a autant qui sont étroites, & de la même couleur ; au milieu d’elles, croît une baie noire, ovoïde, environ de la grosseur d’un grain de raisin, insipide au goût.

On trouve l’herbe paris dans les lieux humides & couverts ; elle fleurit au printemps, & sa baie est mûre en Juillet ; on regardoit autrefois cette plante comme venéneuse, ensuite on est tombé dans un excès opposé ; on l’a vanté comme un contrepoison ; elle n’a ni ce défaut, ni cette qualité. (D. J.)

Herbe a pauvre homme, (Mat. med.) Voyez Gratiole.

Herbe-aux-perles, (Mat. med.) Voyez Gremil.

Herbe a la puce, toxicodendrum, (Bot.) genre de plante à fleur composée de plusieurs petales disposés en rose ; il sort du calice un pistil qui devient dans la suite un fruit arrondi & sec ; il est ordinairement cannelé, & il renferme une semence. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe aux puces, psylliun. (Bot.) Les plantes de ce genre ne different du plantain & de la corne de cerf, qu’en ce quelles s’élevent en tiges & en branches ; tandis que les fleurs & les fruits du plantain & de la corne de cerf sont soutenus par de simples pedicules. Tournefort, Instit. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe aux puces, (Mat. med.) la semence de cette plante est la seule partie qui soit d’usage en Médecine. On en tire, soit par la digestion avec l’eau commune tiede, soit par l’eau de rose, l’eau de fenouil, l’eau de plantain, &c. un mucilage dont plusieurs auteurs ont vanté l’utilité particuliere dans tous les cas où il faut rafraîchir, adoucir, calmer, à qui Mesué attribue avec aussi peu de fondement, une acreté maligne, cachée, qui doit rendre suspect son usage intérieur ; mais auquel nous ne connoissons véritablement que les qualités communes des mucilages. Voyez Mucilages. Au reste cette plante est plus connue dans les boutiques sous le nom de psyllium que sous celui-ci.

Herbes aux rhagades, rhagadiolus, (Bot.) genre de plante à fleur composée de plusieurs demi-fleurons portés sur un embryon dont le filet s’emboite dans un trou qui est au bas de chaque demi-fleuron ; ils sont soutenus par un calice dont les feuilles deviennent des gaînes, qui sont pour l’ordinaire disposées en étoiles, & qui renferment une semence le plus souvent longue & pointue. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe a robert, geranium robertianum. (Bot.) Sa racine est menue, de la couleur du buis. Ses tiges sont hautes de neuf à dix pouces, velues, noueuses, rougeâtres, sur-tout près des nœuds & de la terre, branchues & garnies de quelques poils. Ses feuilles sortent en partie de la racine, & en partie des nœuds ; elles sont cotonneuses, un peu rouges à leurs bords, quelquefois toutes rouges, découpées à peu-près comme celles de la matricaire, en trois segmens principaux ; ses fleurs sont purpurines, rayées de pourpre clair, à cinq pétales disposés en rose, renfermés dans un calice velu, d’un rouge foncé, partagé en cinq quartiers, garni à son milieu d’étamines jaunes. Quand ces fleurs sont tombées, il leur succede des fruits en forme de becs pointus, chargés de petites graines oblongues, & brunes dans leur maturité.

Toute cette plante a une odeur assez forte, mais cependant agréable ; ses feuilles ont une saveur styptique, salée & acidule. Elles rougissent le papier bleu, & sentent le bitume, ou le pétrol. Il paroît de là, que la plante contient un sel essentiel & alumineux, uni avec un peu d’huile fœtide & de sel ammoniacal. (D. J.)

Herbe a robert, ou Bec de grue, (Mat. med.) Cette plante est regardée comme un bon vulnéraire, astringent, tempéré. On le donne dans les décoctions vulnéraires pour l’usage intérieur. On croit que ces décoctions, ou le vin dans lequel on a fait macérer cette plante, arrête toutes sortes d’hémorrhagies.

On l’employe encore extérieurement en cataplasme & en lotion, pour déterger les ulceres, & dans la vue de résoudre les tumeurs œdémateuses. Fabrice de Hilden recommande l’application de la décoction de cette plante, sur les cancers des mamelles ; mais toutes ces propriétés sont peu constatées.

On emploie presque indifféremment l’herbe à robert, le bec de grue sanguin, & le pié de pigeon, qui sont trois especes du même genre ; l’herbe à robert est cependant la plus usitée des trois ; au reste elles ne le sont beaucoup ni les unes ni les autres. (b)

Herbe du siége, (Bot.) plante du genre appellé scrophulaire. Voyez Scrophulaire.

Herbe du siége, (Mat. med.) Voyez Scrophulaire aquatique.

Herbe aux teigneux, (Mat. med.) Voyez Bardane.

Herbe aux varices, circium, (Bot.) genre de plante à fleur composée de plusieurs fleurons découpés, portés sur un embryon, & soutenus par un calice écailleux qui n’a point d’épines ; l’embryon devient dans la suite une semence garnie d’aigrettes. Ajoutez à ces caracteres que les feuilles ont des épines molles ; l’herbe aux varices a donc des épines sur les feuilles, mais non pas sur le calice ; au contraire, le calice du chardon est épineux, & la jacée n’a point d’épines sur le calice ni sur les feuilles. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe aux verrues, heliotropium, (Bot.) genre de plante à fleur monopétale en forme d’entonnoir, plissé en étoile dans le centre, & dont les bords sont découpés en cinq parties, entre lesquelles il s’en trouve cinq autres beaucoup plus petites ; il sort du calice un pistil attaché comme un clou à la partie inférieure de la fleur, & entouré de quatre embryons qui deviennent dans la suite autant de semences inégales d’un côté, & renflées de l’autre. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Herbe, (Nomenclat. Botan.) On a tellement altéré ou changé les noms que les Botanistes ont donnés aux plantes, que nous prions les lecteurs de chercher les mots suivans, sous leurs dénominations botaniques.

Herbe aux ânes.  Voyez  Onagra.
Herbe des aulx. Alliaire.
Herbe à cent maux. Nummulaire.
Herbe aux charpentiers. Millefeuilles.
Herbe citronnée. Mélisse.
Herbe aux cueillers. Cochléaria.
Herbe enchanteresse. Circée.
Herbe à épervier. Hieracium.
Herbe à éternuer. Ptarmique.
Herbe aux fleches. Touloula.
Herbe flottante. Sargazo.
Herbe Gérard. Angélique.
Herbe de la goutte. Rossolis.
Herbe aux gueux. Clématite.
Herbe aux hémorrhoïdes. Chélidoine.
Herbe de la houalt. Apocyne.
Herbe jaune. Gaude.
Herbe de la lacque. Phytolacca.
Herbe aux mamelles. Lampsane.
Herbe à lait. Polygala.
Herbe maure. Réséda.
Herbe aux moucherons. Conise.
Herbe musc. Ketmia.
Herbe musquée. Moschatelline.
Herbe au nombril. Omphalodes.
Herbe d’or. Hélianthème.
Herbe à la paralysie. Primevere.
Herbe du Paraguay. Cassine.
Herbe à pauvre homme. Gratiole.
Herbe aux perles. Grémil.
Herbe aux poumons. Pulmonaire.
Herbe aux pous. Staphysaigre.
Herbe aux puces. Psyllium.
Herbe à la reine. Nicotiane.
Herbe aux rhagades. Rhagadiolus.
Herbe de S. Benoît. Bénoite.
Herbe de S. Etienne. Circée.
Herbe de S. Jacques. Jacobée.
Herbe de S. Jean. Armoise.
Herbe de S. Julien. Sarriete
Herbe de S. Laurent. Bugle.
Herbe de S. Pierre. Primevere.
Herbe sans couture. Ophioglosse.
Herbe de Scythie. Réglisse.
Herbe du siége. Scrophulaire aquatique.
Herbe aux sorciers. Pomme épineuse, ou Stramonium.
Herbe aux teigneux. Pétasite.
Herbe à sept tiges. Statice.
Herbe de la Trinité. Hépatique.
Herbe de Vulcain. Renoncule.
Herbe vénéneuse. Cigüe.
Herbe aux verrues. Héliotrope.
Herbe aux vers. Tanaisie
Herbe aux viperes. Vipérine.
Herbe vive. Sensitive, &c.

Il seroit à souhaiter qu’on n’eût point introduit tous ces faux noms d’herbe à, aux, de, des, du, Saint, Sainte, & plusieurs autres semblables, à la place des noms botaniques : car il est arrivé de-là, que dans tous nos dictionnaires françois, celui de Richelet, de Furetiere, de l’académie, de Corneille, de Trévoux, &c. on trouve ici quantité de doubles emplois & de définitions, explications ou descriptions qui ne sont pas à leur lieu, indépendamment qu’on ne les a pas tirés communément des meilleures sources, parce que les auteurs qui y ont travaillé, n’étoient pas des gens de l’art. (D. J.)

Herbes mauvaises, (Agricult.) les jardiniers & les laboureurs nomment mauvaises herbes, toutes celles qui croissent d’elles-mêmes dans leurs jardins & dans leurs champs, & qu’ils ne se proposent pas d’y cultiver.

Elles dérobent aux autres une grande partie de la substance de la terre qu’elles épuisent, prennent souvent le dessus sur les bonnes plantes, & les étouffent par leur multiplication. Mais comme les mauvaises herbes nuisent principalement aux blés, nous les considérerons ici sous cette face, comme a fait M. du Hamel dans son Traité de la culture des terres.

Entre les mauvaises herbes que le laboureur redoute le plus dans les champs qu’il a ensemencés en blé, on compte 1°. une sorte de lychnis qu’on nomme nielle, & qui noircit le pain ; 2°. la queue de renard, dont la semence rend le pain amer ; 3°. le ponceau ou pavot sauvage, dont la graine est très fine, & qui étouffe le froment ; 4°. le vesceron, qui couvre le blé quand il est versé, & le fait pourrir ; 5°. le chiendent & le pas-d’ane, qui se multiplient par leurs semences, par leurs racines qui s’étendent en traînasse, & même par les tronçons de leurs racines, qu’on coupe en labourant la terre ; 6°. le mélilot, qui donne au pain une mauvaise odeur ; 7°. l’yvraie, qui le rend de qualité nuisible ; 8°. enfin, les chardons, les hiebles, la folle avoine, la renouée, l’arrête-bœuf, & quantité d’autres plantes, dont le vent jette la graine de toutes parts, & qui ruinent le bon grain.

Pour empêcher que ces mauvaises herbes ne se multiplient, il faudroit les détruire avant que leur graine fût mûre ; mais cela n’est pas possible dans les terres ensemencées à l’ordinaire, puisqu’elles croissent avec le bon grain, & que la plûpart meurissent plutôt que le froment : les graines de ces mauvaises herbes se sement d’elles-mêmes en tombant à terre, & les plantes nuisibles qu’elles fournissent, se multiplient en dépit du laboureur.

On ne peut pas non plus les détruire en laissant les terres en friche, car leurs semences se conservent en terre plusieurs années, sans s’altérer. M. du Hamel a observé que si l’on seme en sain-foin un champ où il y ait beaucoup de ponceau, dès la seconde année du sain-foin, l’on n’appercevra presque pas un pié de cette plante ; mais lorsqu’au bout de neuf ans on défrichera le sain-foin, l’on verra souvent reparoître le ponceau ; ce fait prouve bien que les graines de cette plante s’étoient conservées en terre pendant ce tems-là. Il y en a qui s’y conservent des quinze & vingt ans, & nous ignorons même jusqu’où le terme de leur conservation peut s’étendre.

Pour remédier à ce mal, plusieurs cultivateurs labourent soigneusement les terres qu’on laisse en jachere, c’est-à-dire en friche, & il est vrai que comme quantité de graines levent pendant cette année de repos, les labours répétés en détruisent beaucoup ; mais il y a plusieurs sortes de plantes, telles que la folle avoine & la queue de renard, dont la graine ne venant à lever que quand elles ont resté en terre deux ou trois ans, inutilement laboureroit-on avec tout le soin possible, les champs où elles se trouvent, on ne réussiroit point à les faire lever plûtôt.

D’autres fermiers, pour détruire ces mauvaises herbes, ces plantes si nuisibles, ont cru ne pouvoir rien imaginer de mieux, que de dessaisonner leurs terres, c’est-à-dire de mettre l’avoine dans l’année où on auroit dû les ensemencer en blé. L’expérience a appris qu’on fait par ce moyen périr certaines plantes, qui paroissant seulement tous les trois ans, ne se montrent que dans les blés ; mais le laboureur perd une recolte, & il lui reste encore beaucoup de mauvaises herbes à détruire. Alors il prend quelquefois le parti de faire sarcler ses blés, c’est-à-dire d’arracher avec un sarcloir les méchantes herbes qui paroissent ; mais cette opération se réduit presque seulement à détruire quelques têtes de chardons, & quelques piés de ponceau, ou de bluets ; les plantes les plus menues qui sont aussi préjudiciables, telles que le vesceron, la folle avoine, l’yvraie, la nielle, la renouée, l’arrête-bœuf, la queue de renard, & tous les petits piés de ponceau, restent dans le champ. De plus, en coupant les mauvaises herbes, il n’est guere possible qu’on ne coupe du blé ; enfin toutes les plantes bisannuelles qui sont dans ce champ, poussent de leurs racines, deux, trois, quatre tiges, au lieu d’une, & le mal devient encore plus considérable.

Le meilleur moyen connu jusqu’à ce jour, de déraciner & de détruire les mauvaises herbes des champs, est de continuer les labours pendant que les blés sont en terre, suivant la méthode de M. Tull, & c’est encore là un des beaux avantages de cette méthode. (D. J.)